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Extradition de Julian Assange : justice ou règlement de comptes ?

17 décembre 2021

Dans la matinée du 10 décembre, la justice de Grande-Bretagne a annulé le refus d’extrader Julian Assange vers les États-Unis. Son crime ? Avoir publié dans Wikileaks des informations qui lui avaient été transmises en tant que journaliste, notamment des preuves de crimes de guerre commis par les États-Unis. Assange fait l’objet d’obscures accusations d’espionnage, pour lesquelles il encourt 175 ans de prison !

En appel, la Haute-Cour de Londres a jugé recevables les garanties offertes par le département américain de la Justice (DOJ) stipulant qu’Assange ne serait pas incarcéré dans la prison de haute sécurité de Florence, au Colorado, ne serait pas soumis à des « mesures administratives spéciales », notamment l’isolement dans sa cellule, sous réserve de son comportement ultérieur, et qu’en cas de condamnation, il serait autorisé à purger sa peine en Australie.

La fiancée du journaliste, Stella Moris, a demandé comment cela peut être « possible d’extrader Julian vers le pays même qui a comploté son assassinat ». Le journaliste d’investigation Glenn Greenwald se demande comment la Haute-Cour pouvait avoir confiance dans les garanties américaines, sachant que la CIA, dirigée à l’époque par Mike Pompeo, avait « ourdi un complot pour l’enlever ou même l’assassiner ». Pourtant, la Cour s’est déclarée convaincue que la santé physique et mentale d’Assange serait protégée aux Etats-Unis.

Après avoir passé neuf ans en asile dans une ambassade de Londres pour échapper à un système judiciaire américain notoirement injuste, Assange se trouve depuis 32 mois incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres. En janvier dernier, un tribunal londonien avait jugé que la détention d’Assange dans une prison américaine mettrait en danger sa santé mentale déjà fragilisée, tout en l’obligeant néanmoins à retourner dans le « Guantanamo britannique » en attendant l’appel. Comme le rappelle Greenwald, de 2010 à 2016, la gauche libérale américaine avait pris la défense d’Assange pour avoir révélé au monde des cas de torture et de crimes de guerre commis. « Une chose et une seule a changé entre-temps », explique-t-il, à savoir qu’en 2016, Wikileaks a dévoilé les efforts de la campagne présidentielle d’Hillary Clinton et du Parti démocrate pour saboter la campagne de Bernie Sanders ...

La publication de ces documents compromettant le Parti démocrate a par ailleurs servi de prétexte au FBI et à d’autres agences de renseignement pour lancer l’affaire du « Russiagate », qui a paralysé les efforts pour améliorer les relations entre les États-Unis et la Russie, tout en minant la présidence de l’outsider Donald Trump, démocratiquement élu en 2016.


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