« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Appels à libérer Julian Assange et défendre la liberté de la presse

27 février 2020

Ce sont des centaines de manifestants qui s’étaient rassemblés à Londres le 22 février pour demander la libération du prisonnier politique Julian Assange, deux jours avant l’audition à la Cour qui doit décider si le fondateur de Wikileaksdoit ou non être extradé aux Etats-Unis. Les procureurs américains l’accusent d’espionnage pour avoir publié sur son site des documents secrets du gouvernement qui lui avaient été transmis. S’il est reconnu coupable, Assange encourt une peine de 175 ans de prison !
 
Les documents en question démontrent notamment des cas d’assassinats illégitimes et d’actes de torture pratiqués par l’armée américaine, en particulier en Afghanistan et en Irak. En les publiant, Assange a agi en tant que journaliste, exerçant le droit de liberté de la presse, qui est protégé par le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis. Il n’a commis aucun crime, et certainement pas au Royaume-Uni, comme le soulignent ses avocats.
 
Néanmoins, Assange est détenu depuis le mois d’avril dans des conditions kafkaïennes à la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres, condamné à l’isolement total, sans accès au téléphone ni même à des documents lui permettant de préparer sa défense. Pire, il a subi une exposition prolongée à la torture psychologique. Cela a été établi par Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, dans un rapport de mai 2019, et confirmé plusieurs fois depuis. Ses avocats, sa famille, ses nombreux soutiens dans le monde craignent pour sa vie, car sa condition physique s’est gravement détériorée.
 
Melzer accuse les autorités britanniques d’avoir délibérément négligé ses efforts pour obtenir justice pour Assange. Il les accuse de persécuter le prisonnier pour impressionner et dissuader d’autres journalistes de publier des documents révélant des crimes de guerre commis par certains gouvernements, dont ceux des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne. De fait, les médias mainstream (y compris les journalistes moralisateurs qui aiment à dénoncer les violations des droits de l’homme ailleurs dans le monde) n’évoquent le cas Assange que du bout des lèvres.

Il y a également, dans cette affaire, un angle particulièrement pervers du « Russiagate », les procureurs américains accusant Assange d’avoir obtenu ces documents secrets de la part de « Russes », ce qui ferait de lui un « espion russe ». Et ce, bien que le fondateur de Wikileaks ait dit et répété que sa source n’était ni la Russie, ni tout autre Etat. Ce que le président Trump n’a apparemment pas compris, c’est que le « Deep State » qui fomente le putsch contre lui est le même qui veut réduire au silence Julian Assange, peut-être pour toujours…

Après l’audition de cette semaine à Londres, une seconde est prévue en mai. Entre-temps, ses avocats comptent demander à la France l’asile pour leur client.