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Visio-conférence internationale 25-26 avril 2020

La Fédération de Russie défend la coopération aux Nations-Unies

Session 1

2 mai 2020

discours de S.E.M. Dmitry Polyanskiy, 1er représentant permanent adjoint de la Fédération de Russie aux Nations-Unies, New York

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Distingués collègues,

Le COVID-19 a créé de très graves problèmes, dont les plus importants portent sur la nécessité de sauver des vies humaines, d’assurer la sécurité des individus, leur sécurité biomédicale, ainsi que la préservation de l’environnement humain, qui devrait être convenable et ne porter atteinte ni à la vie ni à la santé.

Aucun État, aussi riche et puissant soit-il, ne dispose de tous les outils pour lutter contre la pandémie. Afin de contenir l’épidémie, tout le monde a dû mettre en place des mesures drastiques, parfois néfastes pour chaque économie nationale. Jusqu’à présent, personne ne dispose d’un vaccin ni de traitements efficaces.

Cependant, chaque crise n’est pas seulement un défi, c’est aussi une opportunité. Nous devons aujourd’hui ressentir encore plus la nécessité de travailler ensemble et de coordonner la réponse mondiale à de telles situations. Ce n’est pas le moment d’organiser des concours pour savoir qui a fait quoi et de qui a eu plus de succès que les autres. Ce n’est pas le moment de blâmer et de montrer du doigt. C’est le moment de s’entraider, de partager des expériences, de s’écouter mutuellement et de trouver des moyens de travailler ensemble, en adoptant un nouveau paradigme d’interaction entre États.

C’est pourquoi, nous, la Russie, tout en prenant les mesures nécessaires pour lutter contre la propagation du coronavirus au niveau national, nous estimons qu’il est également de notre devoir de fournir une assistance à nos partenaires. Début février, nous avons fait don d’équipements de protection individuelle (EPI) et de matériels médicaux à la Chine. Des équipes de médecins et d’experts en virologie russes ont été déployées plus d’une fois en Italie et en Serbie. En outre, des envois de matériel spécialisé y ont été assurés. Au début du mois d’avril, suite à un accord entre des dirigeants de la Russie et des États-Unis, nous avons livré une cargaison d’aide humanitaire à New York. Nous pensons que la serviabilité, l’ouverture et la disposition à s’entraider devraient devenir la norme pour tous les acteurs mondiaux responsables. Ainsi, dans le cas de la Chine en particulier, une fois que sa situation a commencé à se stabiliser, elle a fourni une assistance en retour à la Russie. Nous avons apprécié la proposition des États-Unis, nous offrant, si nous avions besoin d’aide, notamment de ventilateurs, de nous en fournir s’ils parviennent à lancer leur production au niveau nécessaire. Récemment, un certain nombre d’États africains se sont tournés vers la Russie pour demander de l’aide dans le combat contre la pandémie. Actuellement, toutes ces demandes sont examinées à Moscou en fonction de l’acuité de la situation épidémiologique sur le terrain et de nos capacités de régulation. C’est un exemple d’entraide mutuelle dans les moments difficiles.

Nous sommes convaincus que la réponse à cette menace mondiale doit également être mondiale. Ce serait une erreur de fragmenter les mesures et de les cantonner à l’intérieur de nos propres frontières. L’ONU doit jouer ici un rôle pivot. Il est important que nous soutenions tous l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en tant que principale agence spécialisée des Nations unies, que nous l’aidions à coordonner les mesures mondiales et que nous écoutions ses recommandations. Ces derniers mois, l’OMS a été au centre de toutes les informations sur la pandémie. Je pense que quiconque étudie la chronologie de ses actions, déclarations et décisions spécifiques sera convaincu que l’OMS a été efficace. En outre, le fait qu’elle a joué et continue de jouer un rôle majeur dans la lutte contre la pandémie se reflète dans la résolution consensuelle adoptée récemment par l’Assemblée générale de l’ONU et dans la déclaration finale du sommet extraordinaire du G20. Dans les deux cas, les États-Unis ont validé les documents de consensus. Nous ne pouvons qu’en déduire que c’est leur position officielle.

Il est également important que le document du Groupe des 77 et de la Chine ait souligné le rôle de coordination de l’OMS dans les efforts mondiaux et la nécessité d’assurer une couverture universelle des soins médicaux.

La propagation du coronavirus a eu un impact sur l’économie de certains pays, sur l’économie mondiale, sur le commerce et l’investissement, ainsi que sur les taux de change. On peut le voir au niveau de la demande de divers produits très recherchés, notamment énergétiques, bien sûr. Le G20 devrait jouer le même rôle pour déterminer l’ordre du jour économique : nous aider à établir un cadre commun de réponses pour relancer l’économie mondiale après le choc provoqué par la pandémie.

Il est également temps de faire preuve de solidarité, quels que soient les agendas et les préférences politiques. Les pays en développement sont confrontés à d’énormes défis et devraient être aidés en priorité.

Nous sommes d’accord avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sur la menace imminente de propagation du coronavirus parmi les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur des pays (PDI). Nous pensons qu’il est nécessaire de fournir d’urgence une assistance à grande échelle à ces groupes vulnérables et aux pays qui les accueillent.

L’ONU est la meilleure plateforme pour coordonner une telle assistance. Dans ce contexte, nous appelons tous les pays du monde à lever toutes les mesures coercitives et les sanctions multilatérales ou unilatérales non-onusiennes contre les pays en développement. Nous ne pouvons pas aider d’une main et causer du tort de l’autre.

Dire que la pandémie n’affectera pas le maintien de la paix et de la sécurité internationales serait tout simplement faux. La nécessité de faire face à l’épidémie de COVID-19 affecte la capacité des États à lutter contre le terrorisme international. D’un autre côté, les conflits entravent sans aucun doute les capacités des gouvernements nationaux à faire face à la crise sanitaire et à porter secours à la population. Dans cet esprit, l’initiative de cessez-le-feu du secrétaire général de l’ONU [Antonio Guterres] arrive à point nommé.

L’épidémie de COVID-19 a également un impact significatif sur le fonctionnement des opérations de maintien de la paix des Nations unies et des missions politiques spéciales, ainsi que sur leur capacité de s’acquitter efficacement de leurs mandats, car des cas de COVID-19 ont été confirmés dans tous les pays hôtes. Dans ces circonstances sans précédent, il est de la plus haute importance d’assurer la sûreté et la sécurité des soldats de la paix [casques bleus] et de prendre des mesures appropriées afin de leur permettre de continuer à exécuter efficacement leur tâche, tout en réduisant le risque de propagation du virus à l’intérieur des missions. Un soutien aux États hôtes dans leur réponse au COVID-19 pourrait être fourni, si possible, dans le cadre des mandats respectifs et à la demande des gouvernements nationaux.

Pour conclure, j’aimerais mentionner un autre sujet à prendre en considération : le rôle et la responsabilité des médias et des réseaux sociaux. L’impact de ce flux d’informations sur les esprits, dans lequel les utilisateurs, c’est-à-dire les consommateurs, ont souvent du mal à faire le tri, est immense. Cela signifie que pendant l’épidémie, nous devons pratiquer l’hygiène du cerveau, en plus de celle des voies respiratoires supérieures et des extrémités.

En conclusion, je voudrais dire que la crise a mis en lumière nos points les plus faibles, mais elle nous permet aussi d’analyser les lacunes et de faire de la coopération internationale une priorité incontournable. Ce n’est qu’en agissant ensemble que nous pourrons vaincre notre ennemi commun et nous élever vers une nouvelle spirale de développement mondial.

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