« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Visio-conférence internationale 25-26 avril 2020

L’héritage de Lyndon LaRouche dans la science économique

Session 4

3 mai 2020

discours de Dennis Small, Directeur de l’Institut Schiller pour l’Amérique latine

Vous avez probablement eu le soupçon, en vous connectant à cette conférence, que nous sommes à l’heure actuelle devant la pire crise que l’humanité ait jamais connue, ou du moins la pire de ces 600 dernières années. J’espère que ce qui a été développé dans les sessions précédentes vous aura donné un sens qu’il est possible de sortir par le haut de cette crise et que la réhabilitation des idées de Lyndon LaRouche devient une priorité.

C’est le sujet de notre panel.

C’est sans doute la plus grave crise que l’humanité ait jamais connue. Il s’agit en réalité d’un recul, voire d’un effondrement civilisationnel, avec des dimensions stratégiques, scientifiques, culturelles et économiques.

Sur le plan financier, nous sommes asphyxiés par une bulle spéculative de 2 millions de milliards de dollars qui nous pompe tout notre oxygène. Nos nations et la plupart des dirigeants sont tétanisés, comme des lapins éblouis par la lumière des phares d’un train fonçant à toute vitesse vers un ravin.

Le rythme qu’impose la pandémie de coronavirus n’est pas moins étourdissant. Au cours des trois premières semaines d’avril, le nombre de personnes infectées par le COVID-19 dans le monde est passé de 1 million à 2,7 millions au 23 avril, et tout indique que le nombre réel est largement sous-estimé, en particulier dans les pays moins développés. Aux États-Unis, le nombre de décès est passé de 5100 à plus de 48 000 dans la même période, et le nombre total de morts dans le monde, de 47 000 à 185 000.

Alors que le système financier international se précipitait déjà vers l’abîme bien avant l’émergence de la pandémie, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a jeté de l’huile sur le feu en annonçant le 29 mars le plus important plan de sauvetage financier de l’histoire : 4000 milliards de dollars seront injectés par la Réserve fédérale pour renflouer le système bancaire transatlantique désespérément en faillite… tout cela, aux États-Unis et en Europe ! Et avec le soutien du Trésor américain, c’est-à-dire des contribuables américains... une fois de plus. Vous avez entendu parler de l’arnaque de l’assouplissement quantitatif qui a été lancé lors de la crise de 2008 et qui, le 4 mars atteignait les 4200 milliards de dollars de liquidités créées de toutes pièces par la Fed ; le 15 avril, la somme totale a explosé à 6400 milliards de dollars, soit une augmentation de 50 % en seulement six semaines. Voici une capture d’écran de ce qu’on trouve sur le site de la Fed et qui en dit long.
 

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Mais ce n’est pas seulement la Fed.

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La Banque centrale européenne, celles du Japon, d’Angleterre et de Suisse, participent toutes à cette orgie spéculative. Le cumul mondial de l’assouplissement monétaire s’élevait à quelque 17 000 milliards de dollars au début de cette année. On a alors ouvert les vannes et, à la fin du premier trimestre de 2020, le total avait dépassé 20 000 milliards de dollars (ce qui est indiqué par la ligne verticale brisée). A ce rythme, d’ici la fin de 2020, nous aurions quelque 30 000 milliards de dollars de QE. Mais bien sûr, cela n’arrivera pas.

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Voici pourquoi. Ce type d’hyperinflation accélérée de la bulle des actifs, alors qu’en même temps, l’économie physique plonge dans l’abîme, est la bonne recette pour une explosion thermonucléaire financière. Alors que tout cela se passait dans la sphère de l’économie de casino, le chômage américain grimpait à 22 millions au cours des quatre dernières semaines. Nous avons maintenant un taux de chômage réel de l’ordre de 25 à 30 %, supérieur à celui de la Grande Dépression des années 1930. Et comme le montreront les orateurs suivants, la production alimentaire aux États-Unis est en soins intensifs - ou le serait, si l’on trouvait un respirateur disponible.

Certaines parties des États-Unis, véritable quart-monde, sont déjà confrontées aux conditions du tiers-monde - nos prisons, nos maisons de retraite, bon nombre de nos centres-villes avec leurs dizaines de milliers de sans-abri. Et bien sûr, les pays en voie de développement sont également confrontés aux conditions du tiers monde.

Considérons la situation de l’Afrique, du point de vue de quelques paramètres de sous-développement de l’économie physique.

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41% des Africains souffrent d’une pauvreté extrême, définie par la Banque mondiale comme un revenu inférieur à 1,90 dollar par jour. Mais ce chiffre se traduit par des paramètres physico-économiques mortels : 55 % manquent d’électricité. 55 % des citadins vivent dans des bidonvilles. A Haïti, 80 % de ses 11 millions d’habitants vivent dans l’extrême pauvreté.

Et maintenant, en plus de tout cela, la pandémie de coronavirus et l’effondrement financier mondial commencent à frapper ces pays.

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Lavez-vous les mains fréquemment ! Gardez une distanciation sociale de 1,5 mètre ! On se moque du monde.

A Haïti, on prévoit que quelque 800 000 personnes pourraient mourir de la pandémie de coronavirus, soit 7 % de la population !

Il est difficile de prendre la mesure de cette crise. Il est encore plus difficile de l’appréhender du point de vue émotionnel. Comment en est-on arrivé là ? Si seulement nous l’avions su à l’avance, nous aurions pu prendre des mesures pour empêcher que cela se produise…

[CLIP VIDÉO LAROUCHE # 1]

« J’espère, et je pense qu’il y a de bonnes raisons d’espérer, que dans les années à venir, vous pourrez considérer ce jour comme l’un des plus importants de votre vie. Nous sommes au milieu de la pire crise à laquelle la civilisation européenne a été confrontée en 600 ans, depuis le grand effondrement bancaire auquel on associe l’expression d’Age des ténèbres, au cours du XIVe siècle. C’est une époque qui vit s’effondrer l’ensemble du système bancaire, qui s’appelait alors le système bancaire lombard.

Plus d’un siècle auparavant, la civilisation avait connu, après la mort de Frédéric II Hohenstaufen, qui avait été une figure dirigeante de l’Europe, un déclin par rapport au niveau qu’elle avait atteint auparavant. Ainsi, au milieu du XIVe siècle, après un long processus de décomposition, puis l’effondrement du système bancaire, le nombre de communes et la population de l’Europe avaient diminué de moitié, à cause de la famine, des épidémies et de la folie, y compris religieuse.

Aujourd’hui, nous sommes dans une situation semblable, mais bien pire. La crise ne se limite pas à la civilisation européenne, elle s’étend à l’échelle mondiale. Déjà, l’Afrique est décimée par des politiques dont on peut attribuer la responsabilité à la plus grande puissance de la planète, l’Empire britannique [alliance entre la City de Londres et Wall Street]. L’Empire britannique existe bel et bien.

Avant le tournant du XXe siècle, la majeure partie du système financier et monétaire international actuel sera en lambeaux, y compris le Fonds monétaire international et la Réserve fédérale américaine. Ils sont condamnés. Ils sont fichus. (…)

Dans ces conditions, à moins de remplacer le système actuel du FMI en faillite, comme on quitterait le Titanic quand il commence à couler, à moins d’évacuer les passagers – les nations et leur population – de ce système avant qu’il ne coule, nos sociétés sont globalement condamnées à rejoindre l’état que nous voyons se développer en Afrique, ou en Colombie, sous l’influence des cartels de la drogue protégés par Londres et son dealer local, Samper Pisano.

Pareil pour les États-Unis : cette nation peut se retrouver broyée en très peu de temps. C’est une question de mois. Imaginez le jour où toutes les banques tomberaient en faillite, où la convertibilité du dollar américain serait remise en question. Un jour où l’épargne serait anéantie, car les banques qui la gèrent ont fermé leurs portes. Un jour où les fonds communs de placement [FCP] ne valent plus rien, et où personne ne peut plus récupérer son argent. Un jour où la bourse de New York perdrait plus de mille points. Un jour où la banque du coin, qui gardait vos économies, fermerait boutique, sans même une procédure de redressement judiciaire. Tout s’arrête. Plus de crédit, plus de services, plus d’approvisionnement alimentaire, ou très peu.

Ce qui arriverait alors aux Etats-Unis, c’est ce qui arrive aujourd’hui à l’Afrique, et cela se propage à travers l’Amérique du Sud et Centrale, et dans certaines parties de l’Asie. Lorsque les gens ne mangent pas à leur faim, lorsque les conditions sanitaires s’effondrent, que la violence et le désespoir éclatent, que se passe-t-il ? On voit arriver les « quatre cavaliers de l’Apocalypse » !

Et c’est l’effondrement du système tout entier. C’est le jour où le Titanic de l’économie mondiale passera sous le niveau de l’eau, à moins que nous n’intervenions.

Moi, je sais ce qu’il faut faire. C’est très simple. N’importe quel bon avocat sait ce qu’il faut faire. Lorsque la banque fait faillite, l’État reprend la main et lance une procédure de mise en faillite ordonnée.

Que fait-on lorsque tout un système bancaire, comme celui des États-Unis, et le système de crédit lui-même font faillite ? Vous avez l’État fédéral, avec les différents Etats, qui ouvre une procédure de mise en faillite ordonnée de l’ensemble du système.

On a déjà fait ce genre de choses dans le passé, que ce soit avant, pendant ou après une guerre, et en d’autres cas dits de « force majeure ». On va devoir le refaire. Car si on ne sauve pas le pays et les gens, que reste-t-il ?

On arrive à un moment où l’on se fiche totalement de ce qui arrive aux banques. On s’en tape de la bourse. On ne soucie pas des grands créanciers. Parce que nous devons d’abord prendre soin des gens !

Que veut dire LaRouche lorsqu’il dit : « Les gens d’abord » ?

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La science économique n’a rien à voir avec la finance ou la monnaie. C’est pourquoi les économistes diplômés de Harvard, de Chicago ou de Yale doivent être confinés, avec les banquiers de Wall Street dont ils justifient les politiques de pillage criminel par leurs écrits, conférences et conseils aux gouvernements victimes.

La science économique n’est rien d’autre que l’économie physique. C’est celle qui étudie la façon dont l’homme utilise sa caractéristique unique en tant qu’espèce - sa créativité volontaire - pour changer l’univers physique qui l’entoure, grâce à la découverte de principes physiques universels et aux progrès technologiques qui en découlent, ce qui conduit à une augmentation du potentiel de densité démographique relative [relative au niveau de développement du pays et aux difficultés imposées par sa géographie] - ce concept original qui constitue l’apport précieux de Lyndon LaRouche à la science de l’économie physique de Leibniz.

Le potentiel de densité démographique relative (PDDR), cette métrique non-linéaire, correspond à la capacité d’une société à soutenir sa croissance en nombre d’individus disposant d’une longévité croissante, d’un niveau de vie en hausse et d’un accès accru à la culture de haut niveau, de sorte que le taux de découvertes scientifiques et technologiques dépasse celui de la hausse démographique en tant que telle. C’est simple, non ?

Cela dépend de notre capacité à améliorer la production et le « panier moyen » de biens de consommation, biens de production et infrastructures, par habitant et par kilomètre carré. Si cette capacité recule, la société déclinera de manière prévisible, au point où le potentiel de densité démographique relatif tombera en dessous de la population totale réelle - comme cela s’est produit à l’échelle mondiale au cours des 50 dernières années, avec les conséquences désastreuses que nous connaissons aujourd’hui avec la pandémie de coronavirus.

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Ce que nous voyons aujourd’hui est un remake de ce qui se produisit au milieu du XIVe siècle, lorsque la « peste noire » décima environ la moitié de la population européenne de l’époque. Lorsque le PDDR plonge en dessous du niveau de la population réelle et ne s’inverse pas rapidement, alors la seule question qui demeure est de savoir lequel des « quatre cavaliers de l’apocalypse » apparaîtra le premier. Aujourd’hui, c’est une pandémie mondiale.

Cependant, le problème auquel nous sommes confrontés est en réalité un peu plus complexe. Il ne s’agit pas simplement d’une baisse du PDDR en dessous de la population totale. Le problème est tel que Lyndon LaRouche l’a posé en 1985 :

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« La société fait partie intégrante de la biosphère, tant globalement que régionalement (…) Plutôt que de considérer une chute critique du potentiel de densité démographique relative simplement comme une baisse de la valeur relative de la société, voyons-la plutôt comme une chute du niveau relatif de la biosphère qui comprend cette société. La biosphère tendra alors à équilibrer les choses, en augmentant le rôle des formes de vie relativement inférieures [qui] « consomment » alors des formes humaines et autres formes de vie supérieures en tant que « carburant » de leur propre prolifération. (…) Dans cette variante, les pandémies humaines et animales, et sylvestres, tendront à resurgir et évoluer sous l’effet des de chocs infligés à la biosphère par l’extrême concentration de la chute du potentiel démographique. »

C’est pourquoi il est à la fois scientifiquement incompétent et moralement abject d’ignorer le sort de l’Afrique, d’Haïti, du Guatemala, ou encore des 40 millions d’Américains vivant dans la pauvreté et qui souffrent également de malnutrition.

Qu’elle est alors la véritable relation de l’homme avec la biosphère ? Ce n’est certainement pas ce que soutiennent les écologistes malthusiens. Le grand biogéochimiste russe Vladimir Vernadski montra au milieu du XXe siècle que, alors que la caractéristique du temps dans le domaine inanimé peut être réversible (par exemple, passer de l’eau à la glace et inversement), celle du temps dans la biosphère, c’est-à-dire le domaine du vivant, est irréversible. Enfin, dans le cas de la noosphère, domaine de l’exercice de la créativité volontaire de l’homme, l’espace-temps physique réel est fondamentalement différent. LaRouche a rigoureusement prouvé que la caractéristique de l’homme, c’est qu’il vit dans le futur, en utilisant sa créativité pour placer le présent sur la bonne trajectoire pour atteindre ce futur. LaRouche a qualifié ce phénomène de « causalité inversée dans le temps ». C’est l’essence même du militantisme politique. C’est pourquoi vous êtes ici aujourd’hui – et je comprends que vous soyez surpris de l’apprendre !

C’est aussi pourquoi Lyndon LaRouche organisa durant toute sa vie des mouvements de jeunes se succédant les uns aux autres. Ce n’est pas seulement parce qu’il a été démontré que la meilleure façon d’éduquer un dirigeant se fait par l’intermédiaire d’un mouvement de jeunes. Plus fondamentalement, c’est parce que nous trouvons chacun en nous notre vrai moi, le meilleur aspect de nous-mêmes, lorsque nous accordons notre identité avec la jeunesse qui forgera cet avenir. Vous voulez voir un voyou, ou même un trafiquant de drogue, devenir un peu humain, ne serait-ce qu’un instant ? Parlez-lui de son fils ou de sa fille de 4 ans. Je l’ai vu.

Si nous voulons être rigoureux, nous dirons que l’homme ne vit vraiment que dans l’avenir, même après sa propre mort. Telle est l’ironie confuse, souvent troublante et aigre-douce de l’existence humaine : nous sommes à la fois mortels et immortels. C’est l’héritage vivant légué par Lyndon LaRouche, et c’est pourquoi Helga Zepp-LaRouche a lancé la LaRouche Legacy Foundation, afin de réaliser une archive complète et numérisée de l’œuvre prolifique de son mari et de publier ses œuvres complètes, dont nous sommes fiers de présenter ici le premier volume. Nous devons considérer cela comme faisant partie de notre exigence implacable que Lyndon LaRouche, l’homme et ses idées, soient pleinement et immédiatement réhabilités.

Lyndon LaRouche a identifié à plusieurs reprises les points cardinaux permettant de ramener l’économie mondiale sur la bonne voie, notamment dans ses célèbres « quatre principes » de 2014, où il décline une politique d’ensemble en quatre volets :

1) Remettre en vigueur la loi Glass-Steagall, c’est-à-dire la séparation stricte entre les banques utiles et les banques spéculatives, aussi bien aux États-Unis qu’à l’étranger. Cela placerait immédiatement la City de Londres et Wall Street, comme on dit, à un endroit « où le soleil ne brille pas ».

2) Remplacer le système financier spéculatif en faillite par un système de crédit productif public (« hamiltonien »), notamment en revenant aux principes de banque nationale comme celui établi par le premier secrétaire américain au Trésor, Alexander Hamilton.

3) Utiliser ce système de crédit d’Etat pour « susciter un élan de productivité supérieure par la création d’emplois hautement qualifiés, afin d’élever la productivité physico-économique et le niveau de vie des personnes et des ménages ». Rétablir, par des accords entre Etat-nations souverains, un système de parités fixes mais ajustables entre devises, permettant, à l’échelle du monde, de réaliser d’un commun accord des grands projets d’infrastructures au bénéfice de toutes les nations - en d’autres termes, transformer la « Nouvelle Route de la soie » en un véritable « Pont terrestre mondial ».

4) Relancer la flamme de la découverte créative volontaire et des percées scientifiques, en particulier dans les domaines de l’énergie de fusion nucléaire, des vols habités dans l’espace et de la biophysique optique.

Réfléchissons un instant, en quoi une telle approche permettrait-elle aux États-Unis, à la Chine, à la Russie et à l’Inde, mais pas seulement, de coopérer pour former un concert de nations vers un tel avenir ? Comme le souligne le résumé des pistes programmatiques de l’Institut Schiller, « La mission Apollo de LaRouche pour vaincre la pandémie mondiale » : « Unissant ses forces, le monde doit agir au nom de toute l’humanité pour empêcher l’imminence d’une hécatombe sur le continent africain, à mesure que le coronavirus se propage. Des brigades d’ingénieurs, de médecins et d’autres personnels qualifiés venant de dizaines de pays doivent y être mobilisées, déployées et coordonnées, sous l’égide des Nations unies et de l’Union africaine, et dans le plein respect de la souveraineté de chaque nation. La construction d’infrastructures sanitaires et d’assainissement, la fourniture des équipements médicaux et de protection nécessaires et l’aide à la gestion des systèmes de santé font partie des tâches urgentes à accomplir. »

C’est également dans cette perspective qu’on lancera une grande politique de réindustrialisation des Etats-Unis, de l’Europe et du reste du monde. Remettons-nous au travail, au travail humain !

Mais plutôt que de m’étendre sur les étapes pratiques de la façon dont on peut, et doit, mettre en œuvre chacun des quatre principes de LaRouche, je préfère lui laisser la parole :

[CLIP VIDÉO LAROUCHE # 2]

« De quoi a-t-on besoin en termes d’investissement dans les infrastructures, par exemple, à Washington, D.C. ? De quel genre de système d’égouts aurait-on besoin ? De quel type de réseau électrique, de système d’eau potable ? De quoi a-t-on besoin en termes de sécurité dans les quartiers ? Et d’autres choses de ce genre, les écoles, etc. ?

On a besoin d’un système fourni par la société, par le gouvernement, principalement. Comme quelque chose qui nous revient. Qu’est-il arrivé à nos canalisations d’eau ? Qu’est-il arrivé à notre système de santé ?

On a besoin aussi de l’industrie. On a besoin de technologie pour améliorer la société, pour résoudre les nouveaux problèmes qui se présentent. On a besoin d’investissements dans l’industrie. Il faut une gestion compétente, ça fait marcher les choses. On doit pouvoir améliorer le design et la conception des produits. Il faut des processus permettant aux technologies d’évoluer. Cela forme des « paniers moyens » [market baskets] qu’on peut évaluer en termes de main-d’œuvre, par opérateur, par ménage, par personne et par kilomètre carré.

Ceci est parfois appelé « l’énergie du système ». Quel est l’input que vous devez fournir à une population pour maintenir son système en bon état de fonctionnement, à l’avenir et en pensant à la prochaine génération ? (Il est vrai qu’actuellement, ça décline…)

Vous constatez également que la préservation de la vie de chacun et notre capacité à la prolonger afin de profiter plus longtemps des apports de personnalités exceptionnelles, sont des choses importantes et tout à fait réalisables.

Cependant, nous sommes tous destinés à mourir. Et cela pose la question de ce que nous sommes : que signifie la vie, si nous devons tous mourir ? N’est-ce pas la question à laquelle un gouvernement devrait répondre, puisqu’il s’agit du sujet principal de l’art de gouverner, et du droit, au sens vrai du terme ? N’est-ce pas là la question ? Est-ce que nous offrons à chaque individu l’occasion de mener une vie qui ait du sens, une vie qui répondrait implicitement à la question de savoir quel est le sens de ce voyage, de ce transit de la naissance à la mort ?

On ne peut y répondre que dans le domaine des idées, ce qui n’est pas forcément possible pour un animal. Parce que si nous sommes porteurs de grandes idées, d’idées véridiques, que nous transmettons à d’autres générations, lorsque que nous sommes en vie, si nous sommes dépositaires de la confiance que l’humanité place en nous, si nous sommes de bons dépositaires, si nous résolvons des problèmes quand il le faut, parce que nous sommes là pour ça, si nous contribuons à alimenter le stock d’idées qui rendent l’humanité meilleure, le gouvernement ne peut-il pas dire, sans être accusé d’y mêler la religion, que sa responsabilité est de donner à chaque individu la possibilité de se réaliser, en tant que créature faite « à l’image de Dieu », dans l’universalité et la simultanéité de l’éternité ?

Cela devrait être l’objectif de tout gouvernement. Je pense que c’est l’esprit de l’agapè. Et nous devons trouver le lien avec la pratique, que je viens d’indiquer sommairement, en comprenant que l’obstacle, ce ne sont pas les mesures à prendre, car elles sont tout à fait réalisables et reposent sur de nombreux précédents que nous pouvons invoquer pour leur mise en œuvre.

C’est un problème de volonté, d’engagement, de passion, de réponse au besoin de changement. Le grand défi qui nous attend ici aujourd’hui, nous et tant d’autres comme nous, c’est de devenir comme un virus, afin de contaminer l’humanité avec de l’optimisme et avec la volonté de provoquer un changement. Si nous y parvenons, et si vous avez tiré profit, à quelque niveau que ce soit, de ce que j’ai dit aujourd’hui, ou de ses répercussions à l’avenir, alors j’espère que ce jour aura peut-être été le plus important de votre vie ».

Je vous remercie.

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