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Visio-conférence internationale 25-26 avril 2020

Faire de la fusion nucléaire une réalité

Session 2

11 mai 2020

discours de Joseph « Joe » Pennacchio, sénateur (républicain) de l’Etat du New Jersey, 2008

Partisan enthousiaste de la fusion nucléaire, le sénateur Pennachio présenta, le 20 juin 2019, une résolution au Sénat du New Jersey (SR 146), appelant le président des Etats-Unis à augmenter le financement de la fusion nucléaire.

Question : A la fin de votre audition, à laquelle assistaient un groupe d’élèves du secondaire ainsi que des universitaires, vous avez dit que le développement de la fusion changerait fondamentalement leur vie. Comment voyez-vous les 50 prochaines années pour ces jeunes et pour les deux prochaines générations, si nous obtenons un engagement à réaliser la fusion ?

Pennacchio : Je ne sais s’il faut employer le conditionnel. D’après ce que j’ai lu, ce n’est pas « si » mais « quand ». En réalité, ils ont mis en place des paramètres et des dates pour y arriver d’ici cinq ans. En 2025, ils obtiendront une réaction de fusion, puis 25 ans plus tard, ils pensent pouvoir disposer de la première application commerciale de la fusion. Je pense que cela correspond plus ou moins à ce qui s’est passé avec la fission nucléaire, à son application et à son développement. J’espère que, si nous y mettons un effort concerté, si nous partageons nos connaissances avec les autres chercheurs dans le monde, en particulier sur le réacteur Tokamak, avec tous les pays qui ont adhéré à ce consortium [ITER], j’espère qu’on y arrivera avant.

C’est autant pour leur avenir que pour le mien. J’ai 65 ans : mon avenir ne se mesure plus qu’en quelques décennies, si Dieu le veut, mais le leur se mesure à beaucoup plus. Encore une fois, imaginez une source d’énergie propre, sûre et renouvelable, pour laquelle nous n’aurons pas à nous faire la guerre les uns aux autres pour l’obtenir, ni à nous inquiéter d’avoir à respirer des gaz qui peuvent être nocifs, en produisant de l’énergie.

Question : Lors de cette séance au Sénat, vous avez dit que les politiciens se croient toujours à l’origine des bonnes choses, mais que pour vous, en fait, ce sont les scientifiques qui ont changé l’histoire. J’aimerais vous entendre sur ce point, et aussi sur l’influence des idées de la Révolution américaine, pour laquelle la science devait être au centre de l’action publique, depuis Benjamin Franklin, Alexander Hamilton et, bien sûr, quelqu’un dont vous avez affiché le portrait dans votre bureau, Abraham Lincoln.
Parlez-nous du « système américain », de l’engagement envers la science et de la relation entre la direction politique et le progrès scientifique : quelle est la responsabilité des politiciens pour faire avancer cela et quel rôle doivent jouer les citoyens pour s’assurer que ce soit fait ?

Pennacchio : L’évolution de nos conditions de vie, le fait qu’elles s’améliorent est le fruit de la science. Ce ne sont pas les politiciens qui nous ont débarrassés du choléra, de la typhoïde, de la variole et de la polio : c’est la science. Ce ne sont pas les politiciens qui nous ont amenés sur la Lune, c’est la science. Mais ce sont les politiciens qui nous ont mis au défi et qui ont orienté une partie de nos ressources de telle façon que nous puissions vaincre ces maladies infectieuses, ou que nous puissions aller sur la Lune. Nous pouvons améliorer et remonter le moral de tous les Américains et de toute l’humanité ! Ainsi, mon travail en tant qu’homme politique consiste à élaborer des politiques publiques et à servir de catalyseur pour certaines de ces bonnes choses que la science pourra faire. Un aspect de ce processus est économique, bien sûr, et je pense qu’en générant cet enthousiasme pour la fusion nucléaire, nous pourrions également relancer avec profit une « ressource » de notre État : l’université de Princeton.

C’est donc du gagnant-gagnant pour tous ceux qui nous entourent. Pour une raison quelconque, nous avons abandonné cette responsabilité à ITER, le réacteur de type tokamak installé dans le sud de la France. Et étant le politicien égoïste du New Jersey que je suis, j’aimerais que nous la récupérions...

La bonne nouvelle est que, comme pour ITER, un consortium a été constitué, et j’espère que tout ce matériel, toute cette science seront partagés en temps réel. Ainsi, nous pourrons pousser de l’avant tout ce travail et en faire une réalité pour les jeunes qui assistaient à cette réunion ce jour-là.

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