« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Lyndon LaRouche et Helga Zepp-LaRouche :
40 ans de lutte pour un nouvel ordre économique mondial

16 février 2019

Bien souvent diffamés en Occident par les tenants du système, ils ont créé un pont, au fur et à mesure des années, entre la bataille des droits civiques, celle des non-alignés, les BRICS et la Nouvelle Route de la soie.

ANNEES 1970

Première prévision économique de Lyndon LaRouche

Le 15 août 1971, la destruction des accords monétaires de Bretton Woods, signée de la main du président Nixon (et confirmée un an plus tard par la conférence des Açores de 1972), ouvre la voie à la dérégulation de l’économie mondiale – plus connue sous le nom de « mondialisation ». Elle fait suite à l’effondrement de la livre anglaise en novembre 1967 et à la crise du dollar en janvier-mars 1968. En réaction à ces événements, le gouvernement américain lui-même prend des mesures d’austérité draconiennes qui prendront le nom de « phase I », « phase II » et « phase III ».

Cette rupture dans l’ordre monétaire, l’économiste Lyndon LaRouche l’avait prévue dès les années 1959-1960. A cette époque il faisait sa première prévision à long terme, affirmant que vers le milieu des années 1960 ou juste après, le monde connaîtrait la première d’une série de perturbations importantes sur le plan monétaire, débouchant inévitablement sur la fin des accords de Bretton Woods. Dès cette époque il anticipait, dans la même veine, l’accroissement du pillage des « pays en voie de développement » par les milieux financiers ainsi que des politiques d’austérité brutales dans les pays « développés ». La validité de ces prévisions allaient définir tout son engagement, ainsi que celui de son épouse, pour un nouveau système monétaire international permettant le développement à long terme et la coopération entre Etats-nations souverains pour la paix.

LaRouche appelle à la création d’une Banque internationale pour le développement (IDB)

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En 1975, Lyndon LaRouche rédige un rapport détaillant sa proposition de Banque internationale pour le développement (IDB).

Avril 1975. Au cours d’une conférence de presse à Bonn en Allemagne, puis trois semaines plus tard à Milan en Italie, LaRouche présente son projet pour la création d’une Banque Internationale pour le Développement (IDB dans son acronyme anglais). La Banque devra selon lui être « créée par un accord entre trois parties du monde : le secteur capitaliste industriel, celui des pays en voie de développement, et celui des pays socialistes. » Il propose que les investissements se concentrent sur le développement industriel et agricole.

LaRouche, qui entrevoit déjà la faillite de l’ensemble du système monétaire international basé sur le FMI, conçoit une institution telle que l’IDB comme une véritable alternative à ce dernier. Elle devra faciliter l’accès au crédit à long terme et à bas taux d’intérêt, pour investir directement dans l’équipement et les transferts de technologie, et ce depuis le secteur industrialisé vers le secteur en développement. L’objectif : surmonter le sous-développement en Asie, en Amérique latine et en Afrique.

Dans le document destiné à une diffusion internationale, Comment fonctionnera l’IDB ? il propose :

  • « La déclaration d’un engagement en faveur d’une réorganisation totale du système monétaire international, impliquant un moratoire sur la dette et la création d’une institution calquée sur l’IDB.
  • « Un engagement immédiat pour mettre en œuvre, au sein de chaque nation du secteur capitaliste, ces mesures urgentes de réorganisation financière destinées à faciliter une reprise économique, en lien avec les efforts réalisés par l’IDB. »

Le plan Oasis pour mettre fin au conflit israélo-palestinien

En cette même année 1975, Lyndon LaRouche présente son « Plan Oasis » comme fondement pour la paix au Proche-Orient. Il propose qu’Israël et la Palestine créent deux Etats, côte à côte, dont la paix serait cimentée par une coopération économique autour d’une problématique essentielle pour la région : l’accès à l’eau.

Cinq fleuves importants irriguent le Moyen-Orient mais leurs bassins sont comme des oasis dans des déserts. La croissance démographique très forte et les conflits pour le contrôle de ces fleuves aggravent le problème. L’urgence est donc de construire des canaux depuis la Méditerranée et la mer Rouge jusqu’à la mer Morte pour rétablir son niveau, et ce aux confins d’Israël, de la Cisjordanie et de la Jordanie. Grâce au dénivelé de 400 mètres entre ces deux points, l’idée est également de générer de l’électricité. Les premiers projets de ce type remontent à Eisenhower, qui, pour concurrencer les Soviétiques dans les pays du Sud, avait lancé en 1953 les « Atomes pour la paix », un vaste programme donnant à tous accès à l’utilisation pacifique de l’atome. Les ingénieurs américains développèrent alors le concept de « nuplex » : des villes avec des complexes agro-industriels, alimentées en eau et en énergie par des centrales nucléaires.

LaRouche et ses amis présentent ces propositions à des personnalités israéliennes du camp de la paix, notamment Nahum Goldman (Congrès juif mondial), Abba Eban (ministre des Affaires étrangères) et Maxime Ghilan, intellectuel engagé, l’un des premiers à avoir rencontré l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Le dialogue est en même temps engagé avec les dirigeants arabes. Lors des accords d’Oslo de 1993, que LaRouche soutiendra pleinement, l’espoir que ces projets puissent être réalisés va naître. Mais dès le 20 septembre 1993, la Banque mondiale décrète ne vouloir financer aucun projet d’infrastructure ou d’énergie.

Le Mouvement des non-alignés adopte l’idée de l’IDB

En août 1976, 85 nations – représentant la moitié de l’humanité et essentiellement les pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie – se rencontrent à Colombo (Sri Lanka) pour le Ve Sommet des pays non-alignés. Le 19 août, la déclaration finale du sommet est prononcée. Un certain nombre d’éléments du programme d’action adopté sont très proches, voire identiques, aux propositions de Lyndon LaRouche. Si les non-alignés avaient déjà incorporé dans leur combat la revendication pour un nouvel ordre économique international, cette fois-ci ils vont plus loin.

La déclaration finale déclare que le sommet représente « un autre pas vers la mise en place d’un nouvel ordre économique mondial et notamment (...) un nouveau système monétaire et financier ». Les non-alignés demandent la création d’une « Banque des pays en développement » pour fournir du capital en vue de développement des pays du tiers-monde.

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Le sommet du Mouvement des non-alignés à Colombo au Sri Lanka en 1976.

Dans ses remarques introductives au sommet, la Première ministre sri-lankaise, Sirimavo Bandaranaike, apporte son soutien à cette idée :

Les pays en développement sont systématiquement privés de la véritable valeur de leur produits par les aléas du marché international et les manipulations de la finance (...) Les pays développés ont façonné le système financier international pour servir au mieux leurs propres intérêts. Devrions-nous, dans les pays en développement, soutenir un tel système ? Ne devrions-nous pas, au contraire, développer notre propre système ? (...)
Un domaine très prometteur est celui de l’établissement d’une banque commerciale – une Banque pour le tiersmonde – la banque de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine. Ceci ne serait pas un autre fonds de solidarité des non-alignés. Ce serait une vraie banque commerciale, une véritable entreprise plurinationale.

Le ministre des Affaires étrangères du Guyana défend l’IDB devant les Nations Unies

Le 27 septembre 1976, soit un mois après le Sommet de Colombo, le ministre des Affaires étrangères du Guyana, Frederick Wills, réitère ces revendications devant l’Assemblée générale des Nations Unies :

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Frederick Wills, ministre des Affaires étrangères du Guyana, appelle à la création d’une Banque internationale de développement et à un moratoire sur la dette à l’ONU.

Le FMI et le système monétaire de Bretton Woods doivent laisser place à des structures alternatives telles que des banques internationales pour le développement (...) L’obstacle de la dette et du service de la dette est devenu majeur. Les pays en développement ne peuvent se permettre d’abandonner leurs revendications faites à Colombo le mois dernier au sujet de mesures d’annulation, de rééchelonnement et de moratoires sur la dette. Nous ne pouvons pas nous permettre d’hypothéquer le futur des générations à naître en nous soumettant à des remboursements lourds du capital et à un service de la dette écrasant. Le temps est venu d’un moratoire.

Plus tard, à la fin de sa carrière politique, Frederick Wills, qui enseignera aux Etats-Unis à l’université Rutgers (New Jersey), fondera avec Mme LaRouche l’Institut Schiller (1984).

LaRouche : « Les Etats-Unis doivent intégrer l’IDB »

Lors de l’élection présidentielle américaine de 1976, LaRouche se porte candidat pour l’U.S. Labor Party. Il en profite pour montrer combien le destin des Etats-Unis est liée à celui des non-alignés, et notamment aux décisions historiques adoptées lors du dernier Sommet :

Nous avons contribué à mobiliser 85 pays et 2 milliards d’individus avec notre programme. C’est ce pourquoi je me suis battu toute ma vie. Notre petite organisation a réussi ce que beaucoup pensaient impossible. Nous devons utiliser notre victoire à Colombo pour amener les travailleurs américains à soutenir notre programme. Ils veulent agir, faire quelque chose, mais malheureusement la majorité de la population ne sait pas comment se battre. Colombo change cette donne ; le succès de ce sommet a montré ce qu’il est possible de faire à l’échelle mondiale avec une force de cadres d’une poignée d’individus (...) Les Etats-Unis devront aussi intégrer l’IDB.

Le rôle de l’Inde dans le Nouvel Ordre économique international

En 1977, un numéro spécial de la revue hebdomadaire EIR (Executive Intelligence Review) fondée par le mouvement de LaRouche aux Etats-Unis, est consacré à l’Inde. Il est intitulé « La bataille pour l’indépendance de l’Inde : nouveau programme ». LaRouche y lance à ce vaste pays le défi, tout en instaurant l’IDB, de devenir le premier des non-alignés à utiliser le moratoire sur la dette comme « arme stratégique » : « La contribution de l’Inde à cette bataille serait de conduire les pays en développement (...) vers une déclaration de moratoire sur le remboursement de toute la dette envers les institutions monétaristes en faillite du système FMI-Banque mondiale (...) Le gel de toutes les dettes irremboursables dues aux monétaristes est non seulement un impératif moral mais aussi l’arme stratégique que nous devons brandir pour ouvrir la voie à la création d’un nouveau système monétaire. »

Entretien avec Indira Gandhi, Première ministre indienne

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Suite à sa victoire aux élections de 1980, Indira Gandhi accorde une seconde interview à l’EIR.

En 1978, année de son retour comme Première ministre indienne, Indira Gandhi accorde un premier entretien à l’EIR depuis son domicile à New Delhi. Elle y défend ardemment le retour à la politique étrangère non-alignée de son père Jawaharlal Nehru et insiste sur le fait que seule une politique de soutien ambitieux de l’Etat à l’investissement dans la science et la technologie pourra tirer l’Inde de la misère :

La science et la technologie sont essentiels pour lutter contre la pauvreté. Il est ridicule de prétendre qu’on peut résoudre les problèmes de la ruralité sans le recours à la science et l’industrie : c’est tout simplement impossible. Dans notre vision des choses, il n’y aucun conflit entre agriculture et industrie : les deux se complètent.

Dans une autre interview à l’EIR, suite à sa victoire électorale de 1980, elle précisera sa politique :

L’Inde est un pays en développement, et le développement jusqu’à présent a été assez inégal. Il est évident que là où il y a de l’industrie, il est beaucoup plus facile de générer une croissance et de créer des emplois. Nous avons un programme pour développer les régions en retard et nous avons fait quelques progrès. Nous devons encourager les investissements permettant d’accroître la production, construire un système de distribution de marchandises (...) [et] relancer les programmes en faveur des plus démunis.

LaRouche définit un programme pour l’industrialisation de l’Afrique

En 1979, la Fondation pour l’Energie de Fusion (FEF), une organisation internationale de scientifiques fondée par Lyndon LaRouche pour promouvoir la science et ses applications, tient une conférence internationale à Paris en faveur de « L’industrialisation de l’Afrique ». Le compte rendu de la conférence est publié dans un livre dont la préface commence par cette déclaration :

L’objectif de cet ouvrage est de rendre accessible les idées et les concepts qui permettront une prise de responsabilité la plus large possible en faveur de la bataille en cours pour le Nouvel Ordre économique mondial. Nous entendons dessiner concrètement la perspective d’un développement de l’ensemble du continent africain en opposition avec les politiques malthusiennes (…) afin de démarrer l’industrialisation de l’Afrique au sein de ce nouveau paradigme économique que nous voulons pour les années 1980.

Le désenclavement, le développement et l’indépendance des nations africaines feront partie des engagements forts de Lyndon et Helga Zeep-LaRouche et de leurs collaborateurs tout au long de leur combat jusqu’à aujourd’hui.

Contre les politiques malthusiennes, Lyndon LaRouche a préparé un document pour la conférence de Paris intitulé Le mythe de l’équilibre des ressources. Ce document contient une section intitulée « Le Nouvel Ordre économique hamiltonien » au sein duquel sont énoncés les principes sous-tendant l’approche économique de LaRouche. Ce chapitre est en fait le supplément d’un rapport rédigé l’année précédente, La théorie du fonds monétaire européen, dans lequel LaRouche écrivait :

«  Le succès des Etats-Unis a été basé sur la même politique « dirigiste » que celle qui sous-tend ma proposition concernant l’IDB. Cette politique fut détaillée en 1791 dans le Rapport sur les manufactures du secrétaire au Trésor Alexandre Hamilton (…) L’élément essentiel de ce rapport est la preuve que l’unique source de la richesse des nations est le progrès technologique et l’augmentation de l’intensité capitalistique des forces productives du travail. »

ANNEES 1980

Un projet de 40 ans pour l’industrialisation de l’Inde

Les 5 et 6 mai 1980, se tient une conférence internationale à Francfort (Allemagne), organisée par l’EIR et la FEF, qui présente son projet destiné à faire de l’Inde une superpuissance industrielle. Indira Gandhi adresse un message écrit de soutien aux organisateurs de la conférence.

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Dossier spécial de l’EIR sur l’industrialisation de l’Inde.

Rencontre de Lyndon Larouche et Helga Zepp-Larouche avec Indira Gandhi

Il faudra attendre avril 1982 pour que Lyndon et Helga LaRouche, lors d’un voyage en Inde, rencontrent enfin personnellement Mme Gandhi, ainsi que plusieurs membres du Parlement, des scientifiques de haut niveau, des industriels et des économistes indiens. Sur place, M. LaRouche s’adressera aux membres du Conseil indien des affaires mondiales et de l’Institut d’études de défense et d’analyses. Les LaRouche s’envoleront ensuite pour Mumbai (ex Bombay) pour une visite du Centre de recherche nucléaire de Bhabha. Au Conseil indien des affaires mondiales, LaRouche interviendra sur le thème : « Une nouvelle approche dans les relations Nord-Sud ». Il reviendra sur le programme de Colombo et la nécessité d’en faire un modèle pour la constitution d’un Nouvel Ordre économique international.

Rencontre avec le président mexicain Lόpez Portillo

Peu de temps après, le 27 mai 1982, en pleine guerre des Malouines et en pleine crise de la dette de l’Amérique latine, LaRouche part pour Mexico. Une rencontre est en effet prévue avec le président José López Portillo. A la suite de cette rencontre, une conférence de presse est organisée au Palais présidentiel de Los Pinos. Comme il l’a fait pour l’Inde, l’économiste propose aux nations d’Amérique latine de s’unir pour lancer « la bombe de la dette » et ainsi forcer les centres mondiaux du pouvoir bancaire que sont la City de Londres et Wall Street, à procéder à une restructuration du système financier mondial. Le lendemain, les propos de LaRouche paraissent dans de nombreux quotidiens du continent.

L’opération Juárez

Le 2 août, il lance son « Opération Juárez », dans laquelle il fixe par écrit le programme qu’il a suggéré au président mexicain, et par ricochet à toutes les nations d’Amérique latine : utiliser l’effet de levier stratégique que leur confère l’énorme dette qu’elles détiennent, pour déclarer, unilatéralement et d’une seule voix, sa restructuration et de là, un nouvel ordre monétaire international.

Dans ce contexte, l’IDB servirait « d’agence de coordination pour la planification des investissements et pour l’expansion des échanges entre les Républiques membres de l’accord. Cette banque deviendrait rapidement une des institutions les plus puissantes au monde (...) Le continent sud-américain pourrait émerger rapidement comme puissance économique de premier plan (…) »

A l’ONU, Lόpez Portillo appelle à un Nouvel Ordre économique international

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Devant l’Assemblée générale des Nations Unies en 1982, le président mexicain José López Portillo appelle à la création du Nouvel Ordre économique international.

En août 1982, le président mexicain José López Portillo, observant les propositions de LaRouche développées dans son Opération Juárez, impose des contrôles de change sur la monnaie mexicaine en nationalisant le système bancaire et en annonçant un moratoire sur la dette mexicaine. Le 1er octobre 1982, dans un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations Unies, il déclare :

La préoccupation et l’action la plus constante du Mexique sur les questions internationales est celle de la transition vers un nouvel ordre économique (...) Il est désormais impératif qu’au travers d’un nouvel ordre économique international, on puisse établir un lien entre le refinancement des pays en développement qui souffrent de fuites de capitaux et le capital qui est sorti de ces pays (...) Ne continuons pas dans ce cercle vicieux : ceci pourrait bien être le début d’un nouvel âge des ténèbres comme au Moyen-Age, effaçant toute possibilité de nouvelle renaissance (…)

A Rome : optimisme culturel contre malthusianisme

A Rome, le 20 octobre 1982, dans un discours intitulé « La théorie d’un Nouvel Ordre économique international », LaRouche résume les fondements scientifiques de ce nouveau système, en définissant son critère de performance économique : « l’augmentation du potentiel de densité démographique relatif ». La science économique, dit-il, étudie la façon dont l’utilisation du progrès technologique accroît le « potentiel de densité démographique relatif » de chaque nation.

Les 20 et 22 octobre 1982, Helga Zepp-LaRouche fonde le Club de la vie en Allemagne à Wiesbaden, ainsi que son équivalent italien à Rome. Neuf autres conférences fondatrices suivront, notamment aux Etats-Unis et à Paris. Plus de 700 personnes participent à la conférence dans la capitale française et 400 en Italie, parmi lesquelles des membres de corps diplomatiques, des responsables de gouvernements, des industriels, des scientifiques, mais aussi des économistes, des journalistes et des simples citoyens. Le but de cette association est, selon Helga Zepp-LaRouche, de créer « un contrepoids d’optimisme » à l’échelle internationale contre l’idéologie malthusienne répandue par des organismes tels que le Club de Rome, qui commencent à gagner du terrain en raison du paradigme d’austérité qu’impose l’ordre monétariste du FMI.

En novembre 1985, 800 personnes assistent à une autre conférence co-organisée par l’Institut Schiller à Rome, où interviennent de nombreux leaders politiques, religieux et scientifiques d’Europe, d’Afrique, d’Amérique du Sud et des Etats-Unis. Helga Zepp-LaRouche introduit la conférence par ces mots :

C’est uniquement en prenant comme point de départ de nos efforts l’idéal le plus élevé de l’humanité que nous pourrons atteindre un ordre mondial plus juste, basé sur une communauté de Républiques souveraines, sur le progrès entre les peuples, et de ce fait, sur la paix.

Lors de cette conférence, une résolution est adoptée à l’attention du pape Jean-Paul II à l’occasion du 1600ème anniversaire de la conversion au christianisme de Saint Augustin, « l’un des pères fondateurs de la civilisation européenne et africaine ». La résolution enjoint le Pape d’utiliser son leadership moral et religieux contre les pouvoirs usuraires et pour favoriser l’avènement d’un nouvel ordre économique plus juste.

Si l’Institut Schiller est convaincu que la paix passera par le développement mutuel sur le plan économique et scientifique, il sait que le ciment de cette coopération devra être une renaissance culturelle et un effort constant pour le dialogue des religions et des civilisations.

VIIe Sommet des non-alignés en Inde : 100 dirigeants pour le Nouvel Ordre économique et l’annulation des dettes

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Indira Gandhi appelle à la création d’une grande conférence sur la finance pour le développement lors du VIIe Sommet des non-alignés.

En mars 1983, Indira Gandhi est l’hôte du VIIe Sommet du Mouvement des non-alignés. Lors de son intervention, elle met en garde contre l’issue fatale à laquelle pourrait mener un non-changement du système monétaire et géopolitique : « L’espèce humaine est au bord d’un précipice, celui d’un effondrement du système économique et financier et d’une annihilation par la guerre nucléaire ». Elle appelle alors à l’organisation d’une « conférence internationale sur l’argent et la finance en faveur du développement ». Une telle conférence « devrait proposer des réformes globales du système monétaire international », ayant « pour but de faciliter la mobilisation des capitaux en faveur du développement (…), notamment à destination des domaines vitaux que sont la nourriture, l’énergie et le développement industriel ». Mme Gandhi appelle également « à une restructuration majeure de la dette », soulignant que ce problème « atteint une dimension sans précédent ». Enfin, elle enjoint les 100 chefs d’Etat présents à saisir « la formidable opportunité » qui se trouve devant eux. « Les yeux du monde sont rivés sur nous » défie-t-elle.

Les 100 dirigeants présents adoptent alors « l’appel de New Delhi ». Le programme est clair : « restructuration profonde de l’ordre économique international à travers un processus de négociations globales (...) » ; mobilisation pour l’« organisation d’une conférence internationale sur l’argent et la finance pour le développement, avec une participation universelle et une restructuration profonde du système monétaire et financier international. »

L’appel lancé par LaRouche aux nations débitrices, leur demandant de déclarer conjointement une restructuration unilatérale de leurs dettes, imprègne alors les débats du sommet. Le président du Nicaragua reprend les termes de l’Opération Juárez et appelle à son tour à la création « d’une organisation de pays débiteurs » pour mener « des efforts et des actions conjointes qui inciteraient les créanciers à considérer sérieusement la nécessité d’un nouvel ordre économique international ». Ce qui sera finalement repris dans la déclaration économique du sommet sous cette forme : « Il est essentiel de garantir une annulation de la dette due aux pays développés ».

Le président Reagan annonce l’Initiative de défense stratégique de LaRouche

Le 23 mars 1983, en pleine guerre froide, l’annonce par le président Ronald Reagan de son Initiative de Défense Stratégique (IDS) et son appel à la communauté scientifique à « orienter ses grands talents vers la cause de l’humanité et de la paix mondiale, en donnant les moyens de rendre les armes nucléaires impuissantes et obsolètes », prend le monde entier par surprise.

Le projet, révélé par cette annonce historique, a été élaboré durant des mois au fil de pourparlers discrets engagés avec des représentants soviétiques, menés en coulisse par Lyndon LaRouche personnellement – à la demande de membres dirigeants de l’équipe nationale de sécurité de Ronald Reagan.

Les premiers appels de LaRouche à une coopération avec l’Union soviétique remontent aux années 1970. Il proposait alors le lancement d’un programme à marche forcée pour étudier les principes physiques d’un système de défense anti-missiles basé dans l’espace. En même temps que ce programme rendrait obsolète l’arme nucléaire et offrirait une chance de résoudre le conflit Est-Ouest, il occasionnerait l’émergence d’une nouvelle plateforme technologique applicable dans le civil, et donc d’une nouvelle phase de progrès économique et industriel à l’échelle nationale et internationale. Début 1977, LaRouche avait publié un document intitulé Spoutnik des années 70 expliquant comment un tel programme pourrait être le moteur d’une relance de la croissance mondiale. Il y proposait « une coopération scientifique et économique à long terme avec notamment l’Union soviétique, qui mettrait fin au danger d’oblitération du monde ». Il soulignait également « l’impact industriel révolutionnaire que ce projet aurait sur la nation et sur le monde si les Etats-Unis montraient une volonté politique de réorienter ce dernier vers le progrès technologique, via la création d’une Banque internationale pour le développement (...) »

Nouvelle rencontre avec Indira Gandhi

Le 13 juillet 1983, les LaRouche s’envolent à nouveau pour l’Asie, pour une tournée dans plusieurs pays. C’est l’occasion d’une seconde rencontre avec Indira Gandhi. Dix jours plus tard, la Première ministre indienne inaugurera le réacteur nucléaire à eau lourde de Kalpakkam avec ces mots :

Notre technologie, notamment nucléaire, est vouée au développement, à libérer les populations de la faim et à leur donner l’essentiel : la dignité. Avec elle nous reverdirons les déserts.

Dans les semaines qui suivent, LaRouche consacre un rapport spécial de l’EIR à « Une politique de développement à 50 ans pour l’Inde et le bassin océanique indo-pacifique ». Ce document propose trois grands projets pour le désenclavement et la connexion de la région indo-pacifique avec le reste du monde :

  1. Un canal traversant l’isthme de Kra en Thaïlande ;
  2. Un nouveau canal traversant l’isthme de Panama ;
  3. L’expansion et l’amélioration du Canal de Suez.

A Bangkok, campagne pour la construction du canal de Kra

En octobre 1983, LaRouche intervient dans la première d’une série de conférences à Bangkok portant sur la nécessité de construire le canal de Kra. La conférence est organisée conjointement par l’EIR, la FEF et par le ministère thaïlandais de la Communication. La seconde conférence a lieu en octobre 1984. LaRouche y présente un document intitulé Le rôle pivot de la Thaïlande dans le développement de l’économie de l’Asie du Sud-Est.

Rencontre avec le président argentin Alfonsín

Du 24 au 30 juin 1984, LaRouche se rend à Buenos Aires (Argentine) pour rencontrer les représentants des principaux partis politiques au Parlement, ainsi que des syndicats, des membres de la communauté scientifique et culturelle, des représentants des Forces armées, puis le président argentin lui-même, Raúl Alfonsín. Le voyage a lieu dix jours après la rencontre entre les nations débitrices d’Amérique latine à Carthagène (Colombie), qui ont cherché à définir une position commune du continent face à la dette. A l’époque, le gouvernement Alfonsin se rapproche d’une fin de trimestre difficile, subissant une très forte pression de la part de ses créanciers, qui veulent soumettre son pays aux conditionnalités d’austérité du FMI : il doit choisir entre payer l’équivalent de 396 millions d’euros d’intérêts de retard du service de la dette ou voir les banques déclarer l’Argentine insolvable. LaRouche est invité par plusieurs institutions privées intéressées par les recommandations qu’il a formulées dans l’Opération Juárez, et qui veulent voir ses analyses sur la crise financière mondiale se propager dans le pays.

Création de l’Institut Schiller

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Helga Zepp-Larouche montrant le document fondateur de l’Institut Schiller : La déclaration des droits inaliénables de l’Homme.

C’est lors des conférences à Arlington (Etats-Unis) et Wiesbaden (Allemagne), en juillet et septembre 1984, qu’Helga Zepp-LaRouche fonde l’Institut Schiller, du nom du grand poète allemand de la liberté Friedrich Schiller. Elle décrit ainsi les objectifs du nouvel institut : « Travailler ensemble à l’élimination définitive de toute forme d’impérialisme et faire émerger un nouvel ordre plus juste, rendant possible le développement (urgent et nécessaire) de l’hémisphère sud. »

L’Institut Schiller adopte ensuite comme document fondateur La déclaration des droits inaliénables de l’Homme, inspiré de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, lors d’une conférence à Richmond (Virginie), le 24 novembre 1984 :

L’histoire des institutions financières internationales actuelles est une histoire d’injustices et d’usurpations répétées, ayant toutes pour objet d’exercer une tyrannie absolue sur les nations.
Les institutions financières ont refusé leur consentement à nos plans de développement pourtant les plus salutaires et nécessaires au bien public.
Elles ont interdit à leurs banques d’engager une coopération d’égal à égal, dans des affaires qui sont pour nous d’une importance immédiate et pressante.
Elles nous ont dicté les termes des échanges et des relations monétaires, nous obligeant à renoncer à notre droit à l’égalité dans la communauté mondiale, un droit qu’elles ne trouvent sacré que lorsqu’il bénéficie aux tyrans.
Elles ont renversé, de façon répétée, des gouvernements légitimes s’étant fermement opposés à leur dénigrement des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Elle se sont efforcées d’entraver la croissance démographique nécessaire à l’industrialisation de ces nations.
Par conséquent, nous, les représentants des peuples du monde, déclarons solennellement : (…)
Que tous les êtres humains sur cette planète ont des droits inaliénables qui leur garantissent la vie, la liberté, des conditions matérielles dignes et le plein développement de leurs facultés, tant sur le plan intellectuel que de leur âme.
Que, par conséquent, un changement dans l’ordre monétaire et économique actuel est nécessaire et urgent, afin d’instaurer la justice parmi les peuples du monde.

Du mouvement des non alignés au mouvement des droits civiques

Le 16 janvier 1985, pour l’anniversaire de Martin Luther King, Helga Zepp-LaRouche s’adresse à une foule de 10 000 personnes réunie par l’Institut Schiller à Washington pour défendre les « droits inaliénables de l’Homme ». Elle appelle à un sommet à la mémoire d’Indira Gandhi, elle-même assassinée entre temps en octobre 1984 et à la « restructuration massive de la dette » en vue du « Nouvel Ordre économique international ».

L’une des héroïnes de la lutte des droits civiques aux côtés de Martin Luther King, Amelia Boyton Robinson, a rejoint Helga Zepp-LaRouche dans son combat. Elle sera membre et militante passionnée de l’Institut Schiller, dont elle assurera la vice-présidence de 1984 à 2009.

Quatrième prévision économique de LaRouche

En juillet 1985 est publié un rapport spécial de l’EIR, « Global Showdown » (L’épreuve de force mondiale). Il formalise les avertissements faits deux ans plus tôt, en février 1983, par Lyndon LaRouche aux autorités soviétiques, lors des négociations officieuses menées pour l’administration Reagan à Moscou.

L’économiste américain y informait le gouvernement soviétique que les tensions résultant de leur rejet de l’IDS mèneraient inexorablement à l’effondrement du système économique du Comecon dans les cinq années à venir. L’effondrement se produira dans la seconde moitié de 1989. Ce sera la quatrième des neufs prévisions économiques de Lyndon LaRouche.

Programme pour l’intégration économique de l’Amérique latine

En 1986, l’EIR publie, sous la direction de LaRouche, un rapport en langue espagnole dans la continuité de l’Opération Juárez. Il est intitulé Intégration de l’Amérique latine. Y sont détaillés un ensemble de projets pour le développement du continent, y compris un « deuxième canal de Panama ». « L’objectif de ce livre, lit-on dans l’introduction, est de contribuer à la réalisation de cette intégration du continent rêvée depuis si longtemps (…) [et] de jeter les bases conceptuelles d’un marché commun de l’Amérique du Sud et des Caraïbes. Aller plus loin dans l’élaboration de ce marché commun sera la tâche du mouvement intégrationniste, que nous comptons éveiller et consolider ».

LaRouche prévoit le « Lundi noir » d’octobre 1987

En mai 1987, LaRouche fait paraître un communiqué de presse intitulé « La crise financière mondiale est prévue pour octobre ». Cette prévision est faite dans le contexte où le gouvernement américain s’entête à poursuivre « ses folles politiques monétaires internationales » et où le régime des « conditionnalités du FMI » continue à forcer les nations débitrices à dévaluer leurs monnaies afin d’obtenir des nouvelles lignes de crédit. Il écrit :

Une ’mafia de la croissance zéro’ sévit au sein du FMI et de la bureaucratie de la Banque mondiale. Agissant avec le soutien du gouvernement américain, elle a fait s’effondrer les économies internes et le commerce international (tant pour les pays en développement que les pays développés d’Occident), tout en accumulant les obligations financières de chacun. Nous avons augmenté la quantité d’obligations souveraines pour payer la dette tout en détruisant les moyens physiques de la rembourser.

Le 19 octobre (le fameux « Lundi noir »), les marchés boursiers de la planète dévissent. Le Dow Jones perd presque un quart de sa valeur en une seule journée. LaRouche rappelle les préconisations faites dans son Opération Juárez cinq ans plus tôt, que les gouvernements brésiliens et argentins avaient promis de mettre en pratique avec le Mexique avant de se rétracter. Surtout il déclare le président Reagan responsable d’avoir clairement rejeté cette option, lui préférant une politique de destruction et de pillage du Mexique voire de l’Amérique latine dans son ensemble.

A Bretton Woods, nouvelle offensive pour un nouvel ordre monétaire international

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LaRouche intervient à Breton Woods. A ses côtés Helga Zepp-Larouche et l’ancien ministre des Affaires étrangères du Guyana, Frederick Wills.

Les 30 et 31 janvier 1988, l’Institut Schiller organise une conférence à Bretton Woods (New Hampshire). C’est dans cette ville que le 22 juillet 1944, sous l’égide de F.D. Roosevelt, les accords de Bretton Woods avaient instauré un système monétaire à taux de changes fixes afin de mobiliser le capital non en faveur des marchés spéculatifs mais de l’économie réelle et du développement mutuel entre nations souveraines – avant d’être rompus en 1971.

Alors que la guerre froide n’est pas encore terminée, cette nouvelle conférence de l’Institut Schiller a pour thème « Le Nouvel Ordre économique mondial est le nouveau nom de la paix ». Dans son intervention portant sur « L’histoire de la lutte pour un nouvel ordre économique mondial », l’ancien ministre des Affaires étrangères du Guyana Frederick Wills revient sur ses premiers contacts avec Lyndon LaRouche et son idée d’une Banque internationale pour le développement. « Il est temps de rappeler que la monnaie et les systèmes monétaires sont les serviteurs de l’humanité » et pas l’inverse, fait-il remarquer.

A Berlin, LaRouche anticipe la réunification allemande

Le 12 octobre 1988, dans une conférence de presse à Berlin-Ouest, LaRouche déclare : « L’état du monde tel que nous le connaissons depuis la fin de la [Seconde Guerre mondiale] touche à sa fin (...) L’économie du bloc soviétique est un échec (...) Elle a atteint un point critique (...) ». C’est pourquoi « le temps est venu de prendre les premières mesures en vue de la réunification de l’Allemagne, avec la perspective évidente que Berlin puisse reprendre son rôle de capitale ».

L’économiste propose ensuite un programme pour une coopération économique avec l’Europe orientale, devant jouer le rôle de catalyseur dans la perspective du Nouvel Ordre économique international :

Partons de l’idée que les Etats-Unis et l’Europe occidentale coopéreront pour réussir la reconstruction de l’économie polonaise. Il n’y aura aucune ingérence, seulement une aide de type Plan Marshall pour reconstruire son agriculture et son industrie. Si l’Allemagne accepte d’entamer un processus de réunification de ses deux blocs, ce projet deviendra un ’punctum saliens’ pour la coopération européenne. Cela permettra d’amorcer la reconstruction de la Pologne.

Le projet de Triangle productif pour l’Europe et l’Eurasie

En 1989, LaRouche met en chantier une étude prospective pour donner corps à sa proposition de l’année précédente.

Il s’agit d’utiliser la modernisation de l’Europe orientale pour « tracter », telle une locomotive, le développement économique et infrastructurel de l’Eurasie.

Le concept prend le nom de « Triangle productif Paris-Berlin-Vienne ».

L’idée : créer une zone de développement industriel à haute densité, s’étendant sur quelque 320 000 km2, en faisant partir vers l’Est des corridors de développement (énergie et communication) le long de longues voies de transport (routes, chemins de fers rapides, voies navigables, etc.).

ANNÉES 1990

Répondre au défi de la chute du mur de Berlin

Au milieu de la crise ouverte par la chute du mur de Berlin, la proposition pour un « Triangle productif transeuropéen » est publiée dans les principales langues du monde. Helga Zepp-LaRouche organise une tournée de conférences à travers toute l’Europe, notamment en Hongrie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Biélorussie et en Ukraine, ainsi que dans les principaux pays d’Europe occidentale.

Le 18 juin 1990, elle lance le défi à l’Allemagne de devenir, dans ce contexte, la locomotive de la relance de l’économie mondiale :

L’Allemagne, cœur de l’Europe, doit devenir la locomotive qui élèvera le niveau économique de tout le continent. Le projet de Triangle productif, avec un un réseau de chemins de fer rapides reliant Paris, Berlin et Vienne (soit la région ayant le plus fort potentiel de croissance, tant sur le plan industriel que de la qualification de la force du travail) en est la clé. L’expansion rapide des infrastructures modernes et surtout du modèle d’entreprises moyennes très productives au niveau industriel et agricole (du type des Mittelstand allemandes) pourrait engendrer un nouveau miracle économique allemand, qui, via des corridors industriels, s’étendrait aux régions peu développées de l’Europe occidentale, à toute l’Europe orientale et à l’espace soviétique.
Grâce au Triangle productif, cette grande étendue qu’est l’Europe pourrait engendrer un accroissement de la production de biens d’équipement et de la productivité tel qu’elle pourrait même devenir la locomotive de l’économie mondiale (…), et ce jusqu’à l’hémisphère sud.

Contre la « thérapie de choc » libérale

En mars 1991, l’Institut Schiller organise une autre conférence à Berlin sur le Triangle productif, à laquelle participent des représentants d’un certain nombre d’Etats nouvellement indépendants (pour certains pas encore tout à fait émancipés) de l’Union soviétique : Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne, Lettonie, Lituanie, Russie, Arménie, Bulgarie et Croatie. Dans un message adressé à la conférence, Lyndon LaRouche appelle à la création d’une « sphère de coopération entre Etats souverains » à l’échelle de l’Eurasie.

La conférence adopte la « Déclaration de Berlin » qui appelle les nations européennes à saisir « l’opportunité historique unique » que représente la disparition du rideau de fer. Elle stipule : « Le développement est le nom de la paix ».

Dans un document paru dans l’EIR du 10 mai 1991, intitulé « Pour le développement économique de l’Europe orientale », Lyndon LaRouche oppose son Triangle productif à la « thérapie de choc » imposée aux anciens pays de l’Union soviétique par ceux qui se considèrent comme les « vainqueurs de la Guerre froide ». Une thérapie de choc qui n’est rien d’autre, sous une autre bannière, que la suite de l’« accumulation primitive du capital qui avait provoqué la chute du mur de Berlin ».

Du Triangle productif au « Pont terrestre eurasiatique »

Suite à la dissolution de l’Union soviétique en 1991, LaRouche étend son concept de Triangle productif à tous les territoires anciennement soviétiques de Russie et d’Asie centrale, jusqu’aux côtes Pacifiques de Chine et de Russie. Cette proposition, appelée par la suite « Pont terrestre eurasiatique », propose trois corridors de développement s’étendant à tout le continent eurasiatique : une route du Nord, longeant le chemin de fer transsibérien vers Vladivostok ; des routes centrales, traversant d’une part l’Ukraine, la Russie, le Caucase et l’Iran et d’autre part la Russie, le Kazakhstan, l’Asie centrale et la Chine ; enfin une route du Sud depuis l’Europe orientale, traversant la Turquie et l’Iran, en direction de la Chine, via l’Asie centrale ou l’Inde. Ce projet intégrerait économiquement le continent eurasiatique, maximisant son potentiel productif pour le bénéfice des peuples.

Le 17 juillet 1992, l’EIR publie une étude complémentaire proposant d’inscrire « ce réseau intégré de développement eurasiatique s’étendant de l’Atlantique au Pacifique » dans la perspective d’une « alliance entre nations souveraines engagées dans une perspective programmatique commune », au service d’un « nouvel ordre économique plus juste ». Cet ordre aura « vocation à remplacer les systèmes financiers faillis de l’Est et de l’Ouest, en créant un pont entre les cultures riches et variées du continent eurasiatique et en mettant ainsi fin à l’héritage géopolitique du ’Grand Jeu’, la stratégie des guerre perpétuelles [historiquement] imposée par les Britanniques à toute cette région ».

Edition russe du manuel d’économie politique de LaRouche

Les 30 et 31 octobre 1992, l’Institut Schiller organise sa première conférence à Moscou pour annoncer la parution en russe du manuel d’économie politique de Lyndon LaRouche Alors, vous voulez tout savoir sur l’économie ?

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Coprésidant la première conférence de l’Institut Schiller à Moscou en 1992, le professeur Taras Muranivski défend une approche de l’économie basée sur les théories de Lyndon LaRouche.

Alors que la Russie subit de plein fouet la thérapie de choc du FMI, l’objectif de la conférence est, au contraire, de promouvoir « les approches alternatives aux réformes économiques ». L’Institut Schiller expose ses propositions pour une reconstruction rapide de l’économie russe dans le contexte du projet de Triangle productif/Pont terrestre eurasiatique. Organisée à l’Université d’Etat des sciences humaines de Russie, cette conférence rassemble une cinquantaine de personnes représentant des milieux universitaires et politiques de haut niveau. Elle est co-présidée par le professeur Taras Muranivski, doyen de l’université d’Ukraine à Moscou, qui intervient sur « L’élaboration d’une nouvelle théorie économique » fondée sur la science de l’économie physique de Lyndon LaRouche.

La théorie économique de LaRouche adoptée au sein des cercles économiques russes

En avril 1994, Lyndon et Helga LaRouche se sont rendus à Moscou pour une semaine de rencontres et de conférences. La première intervention de Lyndon LaRouche a lieu lors d’une conférence de l’Académie économique du ministère de l’Economie de la Fédération russe :

Les problèmes russes ne sont pas inhérents à la Russie : ils sont une réaction à l’effritement de l’économie mondiale (...) Ce qui aura lieu, sans aucun doute, est un effondrement global du système financier (...) S’il y avait un accord de principe sur les fondements d’une économie saine, alors il serait tout à fait possible, et en très peu de temps, de mettre en banqueroute l’actuel système financier et monétaire et de le remplacer par un nouvel ordre économique.

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Lyndon et Helga Zepp-Larouche au séminaire du ministère de l’Economie à Moscou en 1994.

LaRouche s’adresse également à trois instituts de l’Académie des sciences russe : l’Institut d’information scientifique sur les sciences sociales (INION), l’Institut d’études orientales et l’Institut Afrique. L’intelligentsia russe doit comprendre, déclare LaRouche à l’INION, que l’effondrement du système soviétique n’est qu’un élément d’un effondrement global, causé par l’incapacité des nations à suivre les lois fondamentales de l’économie physique, erreur qui condamne le système occidental de libre-échange à son tour : « Il y a une incompréhension de ce problème ; une croyance que le libre-échange serait non une maladie, mais l’alternative supérieure au communisme. En d’autre termes, au lieu de nous incliner devant la statue de Karl Marx, on devrait, nous dit-on, nous incliner devant celle de Ricardo et de Smith. De telles croyances nous empêchent de saisir que l’ensemble du système est sur le point de faire faillite ».

L’économiste est par ailleurs invité par le Dr Pobisk Kuznetsov à une réunion du groupe « Prezident » rassemblant une soixantaine de scientifiques. Après la visite de LaRouche, Kuznetsov publie un article dans le journal Rossiya 2010, dans lequel il propose qu’une nouvelle unité de mesure physique soit appliquée au domaine de l’économie. Cette mesure, il propose de la nommer « le LaRouche » (ou plus court, « le La ») :

Introduisons une magnitude physique que nous nommerons ’un LaRouche’, et qui sera désignée par un ’La’. Ce ’La’ nous donnera le nombre de personnes pouvant être nourries pour 1 km2 ou pour 100 ha, durant une année. Notre unité de base pour une zone sera 1 km² ou 100 ha. Cette unité de base par zone est nécessaire pour ramener toutes les statistiques relatives à la production agricole mondiale à une seule base de données. Les chiffres que nous venons de citer (...) correspondent au ’potentiel de densité démographique relatif’ introduit par LaRouche (...) Nous partageons les vues de LaRouche selon lesquelles ce potentiel de densité démographique relatif peut également servir d’indicateur du niveau culturel et intellectuel d’une société.

De retour à Washington, LaRouche fait un rapport sur son voyage à des membres du corps diplomatique et de la presse, où il répète ce qu’il a dit à Moscou : « N’ayez aucun doute que le système financier et monétaire international entrera dans une phase d’effondrement général, à moins que des gouvernements, y compris celui des Etats-Unis, ne le mettent dès à présent en liquidation judiciaire. Cela seul pourra en empêcher l’éclatement. C’est pourquoi, pour tout gouvernement intelligent, la seule chose sérieuse à faire est (...) d’en organiser rapidement la sortie, en vue d’un nouveau système financier et monétaire. »

LaRouche auditionné à la Douma

Le 20 février 1995, la Douma (chambre basse du Parlement russe) tient des auditions pour discuter de mesures d’urgence à mettre en œuvre pour l’économie russe. LaRouche y présente un mémorandum intitulé « Perspectives pour une reprise de l’économie russe ». D’autres représentants de l’Institut Schiller interviennent aussi dans la séance.

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LaRouche prend la parole lors d’un séminaire sur l’économie physique parrainé par l’Université d’Etat de Moscou, 1995.

La phase actuelle de la crise économique à l’intérieur même de la Russie et des pays limitrophes est le résultat d’une interaction entre la nouvelle phase d’effondrement qui a lieu au sein du système monétaire et financier mondial et l’épuisement relatif de la capacité de la Russie à alimenter le pillage des intérêts financiers occidentaux. Si l’on pense à l’intérieur des limites fixées par les institutions économiques et financières existantes, il n’existe aucun remède à cette crise, ni en Russie, ni dans le monde. Le système actuel, issu des réformes adoptées en 1971, notamment concernant les taux de change flottants et la doctrine des conditionnalités du FMI, est condamné (...) Il arrivera à sa fin soit parce que des Etats responsables feront passer les banques centrales et les systèmes financiers par une procédure de faillite ordonnée ; soit parce qu’une sorte de réaction en chaîne, provoquée par l’implosion de la bulle spéculative, l’enverra à la mort. Toutes les alternatives viables impliquent que les gouvernements assument la responsabilité de la création d’un nouveau système monétaire et financier, qui remplacera les institutions en faillite continuant à dominer le monde.

En juin 1995, Lyndon et Helga LaRouche se rendront une nouvelle fois à Moscou pour une série de rencontres. LaRouche prononcera un autre discours devant la Douma, puis devant l’Université méthodologique de Russie, l’Institut d’économie de l’Académie des sciences russe, ainsi que l’Université d’Etat de Moscou.

Le rôle de l’IDS dans les nouvelles conceptions économiques en Russie

Le 25 août 1995, Dmitri Lvov, vice-directeur de l’Institut Central d’Economie et de Mathématiques (CEMI) de Russie, publie un rapport intitulé Vers un fondement scientifique des réformes en Russie. Le CEMI étudie le modèle économique de LaRouche depuis les années 1980. A l’époque, il examinait les implications économiques et stratégiques de l’Initiative de défense stratégique (IDS). La publication de Lvov démarre avec une courte introduction de LaRouche intitulée « Un rôle nouveau pour la Russie dans la politique des Etats-Unis d’aujourd’hui » :

Alors que le système monétaire mondial basé sur le FMI se trouve dans un processus de désintégration – du fait de l’inversion des effets de levier – ce n’est pas seulement la Russie qui va connaître de graves difficultés mais toutes les nations du monde.
(…) Il faudra lancer immédiatement un nouveau système monétaire international fondé sur des systèmes de crédit public nationaux, obéissant aux principes du ‘Système américain d’économie politique’ [fondé au XVIIIe s. par le secrétaire américain au Trésor Alexander Hamilton, contre le libre-échange britannique, et ayant inspiré le New Deal de F.D. Roosevelt]. Ces principes sont totalement contraires à toutes les orientations économiques opérées depuis 30 ans sous l’égide du FMI et de la Banque mondiale (...)

Troisième voyage en Russie : en défense d’une alliance Russie - Etats-Unis - Chine

LaRouche revient en Russie en avril 1996. Il participe à une table ronde co-organisée par l’Institut de recherche socio-politique de l’Académie des sciences et présidée par Léonid Abalkin, président de l’Institut d’économie de l’Académie. Dans sa présentation intitulée « La Russie, les Etats-Unis et la crise financière mondiale », LaRouche formule une nouvelle proposition d’approche stratégique, l’alliance entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine :

Aujourd’hui comme en 1945, c’est une association entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine qui pourra changer le cours des choses et nous sortir de la menace de chaos. Seule une coalition entre grandes puissances sera en mesure de briser le pouvoir des autorités financières internationales. Pas pour créer un nouveau système hégémonique mais en vue de bâtir un monde enfin stable entre Etats-nations souverains (...) Roosevelt l’avait compris avant de mourir.

Participent aussi à ce dialogue Valentin Pavlov, ancien Premier ministre et ministre des Finances de Russie et Vyacheslav Senchagov, directeur du Centre pour la recherche bancaire et financière de l’Institut d’économie de l’Académie. L’académicien Abalkin conclura par ces mots :

Nous devons faire face aujourd’hui à la nécessité de développer un nouveau paradigme dans les sciences sociales (...) A ce titre, je vois le travail du professeur LaRouche comme un pas dans la bonne direction.

Naissance du concept des Nouvelles Routes de la soie : Helga Zepp-LaRouche en Chine

En mai 1996, Helga Zepp-LaRouche participe à Beijing au Symposium international sur le développement économique du nouveau Pont terrestre eurasiatique, organisé par le ministère de la Science et de la Technologie de la République populaire de Chine. Son intervention, le 8 mai, est intitulée « Construire le Pont terrestre de la Route de la soie : fondement pour le développement mutuel entre l’Asie et l’Europe ». Elle y déclare :

Les gouvernements d’Eurasie devraient s’accorder sur un programme intégré d’infrastructures qui connecterait les centres industriels d’Europe et d’Asie aux pôles urbains d’Asie du Sud et d’Asie du Sud-Est via des ‘corridors de développement’. Le développement de ces grands axes d’échanges par des grands projets d’infrastructure dans les transports, l’énergie, l’eau et les communications est la pré-condition au développement industriel de la masse continentale eurasiatique. Il peut donc devenir le moteur permettant de surmonter la crise internationale.

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Beijing en 1996, Helga Zepp-Larouche appelle à la création d’une Banque eurasiatique de développement et à un nouveau système monétaire international.

Madame LaRouche appelle à la création d’une Banque eurasiatique pour le développement sur le modèle de l’IDB, afin de faciliter les échanges et la coopération entre les gouvernements de la région.

Le droit à l’émission du crédit doit redevenir, une fois de plus, la prérogative des Etats souverains. Grâce à l’adoption de lois appropriées, des banques nationales doivent pouvoir émettre du crédit pour ces projets. Ces crédits étant liés à des productions futures, ils sont créateurs de richesse réelle et ne sont donc pas inflationnistes (...) Etant donné que la réalisation des projets de cette ampleur exigera la mise en œuvre de toutes les capacités industrielles des nations qui y participent et que de nouvelles capacités de production devront être générées, les pays faisant partie de cet accord devront entreprendre une nouvelle répartition du travail et créer des chambres de compensation pour les échanges entre eux. Une nouvelle Banque eurasiatique pour le développement prendra en charge cette fonction.

Enfin Helga Zepp-LaRouche appelle de toute urgence à une rencontre entre « les principales nations souveraines (...) afin de mettre en place un nouveau système monétaire international basé sur des parités stables sur les monnaies, en vue d’une relance mondiale. Celle-ci doit être tractée par une expansion de la production agricole et industrielle, basée sur des investissements à haute intensité capitalistique et énergétique dans les sciences et le progrès technologique. »

Premier appel à un « Nouveau Bretton Woods »

Quelques mois avant l’effondrement des marchés asiatiques (« crise des Tigres asiatiques », juillet 1997) et du marché russe (début 1998), LaRouche lance à Washington son premier appel explicite en faveur d’un « Nouveau Bretton Woods » (4 janvier 1997). Il exhorte le président américain Bill Clinton à en amorcer le processus, en déclarant en faillite ordonnée les institutions financières et monétaires internationales sous supervision des Etats, en vue d’un nouveau système monétaire et bancaire. Ce dernier devra être basé sur le modèle hamiltonien d’émission de crédit public via des Banques nationales et prendre appui sur le projet de Pont terrestre eurasiatique.

En février 1997, les participants à la conférence internationale de l’Institut Schiller adoptent une résolution intitulée Appel urgent au président Clinton pour convoquer une nouvelle conférence de Bretton Woods. Elle exige « une réorganisation globale de la dette, le rétablissement d’un système de parité fixes entre les monnaies et une nouvelle série d’accords sur les échanges et les tarifs douaniers (...) »

L’EIR publie un rapport spécial sur « Les Nouvelles Routes de la soie »

Le 5 février 1997, Lyndon et Helga LaRouche organisent à Washington un séminaire à l’attention de diplomates pour annoncer la publication d’un rapport spécial de l’EIR intitulé Le Pont terrestre eurasiatique : Les Nouvelles Routes de la soie, moteur du développement économique mondial.

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1997 : rapport spécial de l’EIR : Le pont terrestre eurasiatique : Les Nouvelles Routes de la Soie, moteur du développement économique mondial.

Helga Zepp-LaRouche revient en Chine

En octobre 1998 Mme LaRouche se rend à nouveau à Beijing pour prendre part à une deuxième conférence sur le Pont terrestre eurasiatique, intitulée « Les relations économiques et commerciales entre l’Europe et l’Asie au XXIe siècle et le Second Pont eurasiatique ». Lors de la session d’ouverture, elle tient un discours sur les « Principes de politique étrangère pour l’ère à venir du nouveau Pont terrestre eurasiatique ».

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Helga Zepp-Larouche au ’Terminal Est du Pont terrestre eurasiatique’ à Lianyungang en Chine.

Le président Clinton appelle de ses vœux à une « nouvelle architecture financière »

C’est dans un discours prononcé à New York le 14 septembre 1998 que le président Clinton appelle à organiser un sommet international pour la création d’une « nouvelle architecture financière pour le XXIe siècle ». Et ce afin « d’étouffer les flammes de la crise financière internationale » et de faire face « au plus gros défi financier que le monde ait à affronter depuis un demi-siècle » et ajoute :

Confrontée à ce nouveau défi, l’Amérique peut et doit continuer à agir et montrer la voie. Elle doit prendre les mesures nécessaires pour calmer la crise financière, redémarrer le moteur de la croissance en Asie et minimiser l’impact de cette tourmente sur les autres nations, tout en faisant en sorte que par la suite, les règles et les institutions de la finance et du commerce internationaux seront en mesure de soutenir une croissance constante et pérenne.

L’affaire Monica Lewinsky d’une part, les obstacles dressés par le groupe de pression de Wall Street au sein même de l’administration Clinton (notamment via le vice-président Al-Gore) d’autre part, auront malheureusement raison de cette proposition du président américain.

López Portillo poursuit le combat

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Helga Zepp-Larouche et l’ancien président du Mexique José López Portillo lors d’une conférence de presse en 1998.

Lors d’un séminaire tenu le 1er décembre 1998 à Mexico, l’ex-président mexicain López Portillo rejoint Helga Zepp-LaRouche pour souligner l’urgence du Nouvel Ordre économique mondial. Il affirme qu’« il est désormais indispensable que le monde écoute les sages paroles de Lyndon LaRouche ». Dans un commentaire éditorial publié dans le quotidien mexicain El Universal, López Portillo déclare : « Le Nouvel Ordre économique doit être orienté vers l’accroissement de la production plutôt que vers le contrôle de la demande. En effet ce contrôle est bien trop souvent favorable au capital (et fréquemment au capital spéculatif) via des mesures déflationnistes favorisant les profits – souvent au prix d’un report de la satisfaction des besoins humains et sociaux réels ».

ANNÉES 2000

Au Soudan pour le Nouvel Ordre économique international

En janvier 2001, LaRouche participe à une conférence co-organisée par l’EIR et l’Institut Schiller à Khartoum, au Soudan, sur le thème « Paix par le développement : le développement de la vallée du Nil et un nouvel ordre économique mondial plus juste ». Il reprécise ses trois principes fondamentaux :

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LaRouche s’exprime à Khartoum au Soudan sur le Nouveau Bretton Woods.

Premièrement, il nous faut remettre en vigueur l’ancien système de Bretton Woods mis en place dans l’immédiat après-guerre. C’est-à-dire un système de taux de change fixes et de contrôle des capitaux et des devises, couplé avec une croissance globale engendrée par des méthodes telles que celle déployée par le Kreditanstalt Für Wiederaufbau en Allemagne. Cela devra favoriser la construction à grande échelle d’infrastructures économiques de base et l’utilisation du potentiel ainsi généré pour en faire de nouvelles plateformes, permettant à leur tour d’augmenter le taux de croissance du développement agricole et industriel.
Deuxièmement, nous devons accomplir les vœux du président Roosevelt : toutes les nations souveraines doivent être, par principe, des partenaires à parts égales du nouveau système monétaire international. C’est là la différence fondamentale entre l’ancien système de Bretton Woods et ce que nous devons faire aujourd’hui. Aucun système ne peut désormais fonctionner sans inclure l’ensemble de l’espèce humaine. Autrement, ce serait l’échec.
Enfin, nous devons nous appuyer uniquement sur un système de crédit mis en place sous l’égide de gouvernements d’Etats-nations parfaitement souverains, afin de générer des traités commerciaux nationaux et internationaux de moyen ou long terme à même de permettre une relance et une expansion de l’économie.

LaRouche s’exprime à nouveau devant la Douma

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Lyndon et Helga Zepp-Larouche aux côtés du Dr Sergueï Glaziev lors d’une conférence de presse à Moscou.

Le 29 juin 2001, LaRouche est à nouveau entendu par la Douma, sous l’initiative de l’économiste Sergueï Glaziev, président de la Commission de politique économique de la Douma. Sur le thème « Des mesures propres à préserver le développement de l’économie russe aux prises avec la déstabilisation du système financier mondial », l’audition réunit 150 parlementaires et conseillers gouvernementaux et est diffusée en direct dans tous les bureaux de la Douma.

Retour à New Delhi

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Le président indien, K. R. Narayanan, accueille Lyndon et Helga Zepp-Larouche, ainsi que Ramtanu Maitra (à gauche), chef du bureau de l’Institut Schiller à New Delhi, en 2001.

Près de 20 ans après leurs premières échanges avec Indira Gandhi, Lyndon et Helga LaRouche reviennent en Inde en décembre 2001 pour prendre part à un séminaire organisé par l’EIR au Centre universitaire d’études internationales Jawaharlal Nehru. Ils rencontrent le président indien K.R. Narayanan ainsi que d’autres responsables politiques, tels que des conseillers du Premier ministre Atal Bihari Vajpayee et d’autres représentants ou anciens représentants officiels du gouvernement, dont deux anciens Premiers ministres, Chandra Shekhar et Inder Kumar Gujral.

LaRouche conclut son allocution liminaire par ces avertissements :

Nous n’avons désormais plus le choix. Le libre-échange et la mondialisation dévoyée ont pris l’allure de films d’horreurs (...) Les taux de change flottants ont tout détruit. Cela doit finir (…) Indira Gandhi était dans le vrai avec son protectionnisme intuitif. Son père et bien d’autres représentants du Mouvement des non-alignés avaient vu juste lorsqu’ils disaient : ’On ne peut pas se contenter du protectionnisme. Il nous faut construire un nouvel ordre économique mondial plus juste.’ C’est exactement ce que nous proposons avec le Pont terrestre eurasiatique. Si nous pouvons nous mettre d’accord et comprendre que les nations de l’est et du sud de l’Asie ont besoin d’une infusion précoce et rapide de technologies pour assurer la survie de leurs économies ; si cela peut être obtenu grâce à des crédits accordés par les gouvernements à très bas taux d’intérêts (1 à 2 %) et à long terme ; si nous nous appuyons résolument sur la force des grands projets d’infrastructure ; si, en outre, nous réunissons les pays d’Europe occidentale qui ont besoin de marchés pour ce type de technologies et si nous suscitons leur intérêt à faire de la Russie une courroie de transmission entre l’Europe et l’Asie de l’Est et du Sud ; si, enfin, nous pensons ceci comme étant le centre du monde, autour duquel nous pouvons réunir des nations en Afrique et en Amérique avec le même type de dispositions, alors nous aurons jeté les bases d’un nouveau système monétaire à même de sortir le monde du marasme.

A Moscou, conférence à la mémoire de Kuznetsov

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LaRouche prend la parole lors d’un symposium à Moscou, dédié à la mémoire de son ami Pobisk Kuznetsov, scientifique, ingénieur et survivant du goulag, décédé l’année précédente.

Du 10 au 14 décembre 2001, LaRouche participe à un congrès scientifique à la mémoire de Pobisk Kuznetsov (disparu l’année précédente), consacré au thème « L’espace et le temps dans l’évolution du système global Nature-Homme-Société ». LaRouche y traite du rôle de la Russie pour sortir le monde de la crise : « Si le monde tient à sortir indemne de cette grande crise (...) la Russie doit y jouer, en tant que nation eurasiatique, un rôle tout à fait central et décisif (…) J’ai déjà affirmé que nous devions construire des corridors de développement pour dépasser les capacités du Transsibérien pour la traversée de l’Eurasie. » LaRouche participe aussi à un séminaire organisé par l’académicien Dmitri Lvov à l’Institut central de mathématiques économiques.

Au Brésil, pour une conférence d’urgence sur le système financier

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LaRouche au conseil municipal de São Paulo au Brésil, recevant la citoyenneté d’honneur.

En juin 2002 LaRouche se rend au Brésil pour prendre part à une série de séminaires. Il y reçoit également le titre honorifique de citoyen d’honneur de la ville de São Paulo. C’est lors d’une rencontre avec l’Association commerciale de São Paulo qu’il appelle à nouveau de ses vœux la création d’un nouveau système financier :

Le meilleur modèle que nous ayons pour cela est le système des années 1945-1964. Ce n’est pas quelque chose de parfait, mais c’est un bon modèle pour agir dans l’urgence (…) Il s’agit de générer un montant colossal d’investissement productif. Comment ? Mieux qu’un système monétaire, il nous faut un système de crédit.

En Inde : pour le triangle stratégique Russie - Chine - Inde

En janvier 2003, Lyndon et Helga Zepp-LaRouche participent à divers événements publics et privés à Kolkata (anciennement Calcutta), New Delhi, Jaipur, etc., pour mobiliser les populations autour de leur projet d’alliance eurasiatique. Un des séminaires où LaRouche s’exprime en séance d’ouverture est organisé par l’Institut pour la croissance économique de l’université de New Delhi – un groupe de réflexion du gouvernement indien – et un autre par le Service des sciences politiques de l’université de Jaipur. Les thèmes de ses discours sont « L’indispensable rôle de l’Etat dans la réorganisation d’un système en faillite » et « La mondialisation, recette d’un désastre ». Chaque fois LaRouche insiste sur son idée de triangle stratégique Russie - Chine - Inde, devant constituer « la pierre angulaire d’une alliance entre les nations d’Asie pour la sécurité mutuelle et le progrès économique ». Il nous faut notamment, précise-t-il, « un système qui permette la coopération des nations sur une période de 25 ans ».

En mai 2003, les LaRouche reviennent à nouveau en Inde pour une conférence internationale co-organisée par l’Institut Schiller et le Centre indien pour la justice sociale. La conférence s’ouvre avec le discours du parlementaire Kunwar Natwar Singh, ex secrétaire général du Mouvement des non-alignés du temps du gouvernement d’Indira Gandhi (quand l’Inde accueillait, en 1983, le sommet des non-alignés à New Delhi).

Tout en appelant à raviver l’esprit des non-alignés sans délai, LaRouche soumet aux invités et aux orateurs de la conférence un document de politique intitulé Les transferts de technologie, un concept pour la paix.

Les participants à la conférence adhèrent à la déclaration de Bangalore intitulée « Vers un nouvel ordre économique et politique mondial ». On peut y lire : « Ce qu’il nous faut, c’est une nouvelle communauté d’Etats-nations non-alignés en termes militaires, mais alignés contre toutes les formes d’injustice, qu’elles soient sociales, politiques ou économiques (…) La conférence appelle ceux qui aiment la paix, en particulier les jeunes, à lancer un mouvement mondial au service de cet objectif. »

En Russie, Glaziev appelle à son tour à une nouvelle architecture financière mondiale

Dans le contexte de sa candidature à la présidence de Russie, Sergueï Glaziev, économiste et membre de la Douma (aujourd’hui conseiller économique de Vladimir Poutine), appelle à une « nouvelle architecture financière mondiale » lors d’une conférence de presse tenue à Moscou le 4 février 2004. Rappelons qu’il avait invité LaRouche en Russie en 2001. Glaziev affirme :

La priorité dans la politique internationale aujourd’hui, un domaine dans lequel la Russie pourrait devenir leader, est l’élaboration d’une nouvelle architecture financière mondiale (…) Le système financier mondial doit échapper à une dépendance excessive envers les problèmes monétaires de tel ou tel pays et passer à un système de relations monétaires et financières fondées sur l’égalité. En pratique, il est possible de parvenir à un consensus avec un grand groupe de pays, et de commencer à nous orienter vers un nouveau système financier et monétaire plus stable, plus fiable, plus juste.

LaRouche publie L’économie de la noosphère en Russie

En avril 2004, LaRouche se rend à nouveau à Moscou pour participer à une conférence co-organisée par le Musée géologique d’Etat Vernadski, l’Académie des sciences russe et l’Institut Schiller. Le discours de LaRouche, « Prendre part à l’économie de la noosphère », fait écho aux thèmes qu’il développe dans le livre qu’il vient de publier, L’économie de la noosphère, reprenant les idées du scientifique russo-ukrainien Vladimir I. Vernadski.

Séminaire à Berlin : pour un retour à l’« ordre mondial westphalien »

Le 29 novembre 2005, lors d’un séminaire de l’EIR à Berlin qui rassemble différents décideurs russes, chinois, indiens, américains et européens, Lyndon et Helga Zepp-LaRouche exposent ce que devraient être les principes westphaliens sous-jacents au Nouvel Ordre économique mondial (du nom du Traité de Westphalie de 1648, qui mit fin aux guerres de religion en Europe, grâce au principe du respect des souverainetés et de l’avantage d’autrui). Lyndon LaRouche soumet à la conférence deux documents pour discussion : Vers un second traité de Westphalie : le monde eurasiatique à venir, et Le dialogue des civilisations eurasiatiques, les 50 prochaines années de la Terre.

A l’ONU, le président argentin Kirchner appelle à une nouvelle architecture financière mondiale

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Le président argentin Néstor Kirchner devant l’Assemblée générale des Nations Unies en 2006, défendant une nouvelle architecture financière internationale.

Le 21 septembre 2006, Néstor Kirchner, président de la République argentine, prononce un discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies, où il appelle à une « nouvelle architecture du système financier international pour remplacer le système destructeur et failli du FMI » :

Il y a suffisamment de preuves empiriques montrant qu’au lieu de participer au développement des pays pauvres, les organisations financières internationales, ont, dans bien des cas et avec leurs « conditionnalités », agi en sens inverse (…) C’est pourquoi, avec une majorité de pays, nous soutenons l’idée d’une réforme de l’architecture financière internationale, en vue d’amener le progrès (...)
Notant le peu de volonté (…) de la part de ces organisations financières internationales, nous estimons nécessaire d’entreprendre nous-mêmes ce changement, en considérant la création de nouveaux instruments financiers. Ainsi nous pourrons monter nos propres projets de développement pour lutter contre la faim et la pauvreté dans le monde (...)

Projet de tunnel sous le détroit de Béring

Le 2 avril 2007, se tient à Moscou une conférence sur les « Mégaprojets de l’Extrême-Orient russe : une liaison de transport transcontinentale Eurasie-Amérique via le détroit de Béring », organisée par le Conseil d’étude des forces productives de l’Académie des sciences russe, en coopération avec le ministère russe du Développement économique et celui des Transports, ainsi que la Compagnie publique des chemins de fer russes et plusieurs gouvernements régionaux de Sibérie et de l’Extrême-Orient russe.

Un discours écrit par LaRouche intitulé « La carte du monde change : Mendeleïev aurait été de cet avis » y est lu par l’un de ses collaborateurs :

L’effondrement en cours du système monétaire international exige une action concertée d’urgence (…) devant impliquer les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde ; elles doivent être le point de ralliement pour un nouveau type de coopération s’étendant rapidement à d’autres (…) Etats-nations parfaitement souverains. Une telle coopération devra s’appuyer sur le développement d’un grand réseau de transport moderne succédant aux anciennes formes ferroviaires, s’étendant à travers l’Eurasie continentale puis vers les Amériques à travers le détroit de Béring (…) Un pont à travers le détroit de Béring deviendra alors le cœur d’une nouvelle économie mondiale.

Pour une alliance Russie, Etats-Unis, Chine, Inde

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LaRouche et Menshikov lors d’une célébration du 80e anniversaire de ce dernier à Moscou, parrainé par l’Académie des sciences russes.

En mai 2007, LaRouche est l’invité d’une réception organisée par l’Académie des sciences de Russie en l’honneur du 80e anniversaire de l’économiste Stanislav Menshikov. Participent aussi l’académicien Alexander Granberg, qui avait organisé le Forum sur le détroit de Béring le mois précédent, ainsi que Sergueï Glaziev, également membre de l’Académie des sciences. LaRouche réitère son appel à un accord entre les quatre grandes puissances :

Les Etats-Unis doivent changer de comportement et se rapprocher de la Russie, de la Chine et de l’Inde, afin de créer un nouvel ordre de relations dans le monde et amener toutes les plus petites nations à coopérer avec eux. Je pense que nous pouvons le faire : nous pouvons changer l’histoire.

Pendant son séjour, LaRouche donne des interviews à plusieurs journalistes et médias russes. Il passe en revue, avec l’économiste Mikhail Khazin, son rôle dans l’articulation des relations économiques entre les Etats-Unis et la Russie :

A partir de 1994, lorsque j’ai visité la Russie, ma préoccupation, que j’ai partagée avec beaucoup de responsables russes, était de réussir à rapprocher les points de vue du président Clinton et de certains éléments en Russie. C’est dans ce contexte que certains responsables russes ont organisé une rencontre à Moscou à l’occasion de laquelle j’ai prononcé un discours. Etant donné qu’ils connaissaient mes connections avec Clinton, ils étaient préparés à ouvrir, par mon intermédiaire, un nouveau canal de discussion sur les questions économiques et de coopération avec les Etats-Unis. L’académicien Guennadi Ossipov était un des dirigeants du groupe qui avait organisé la rencontre. L’ancien Premier ministre, Valentin Pavlov, en faisait aussi partie. Mais le vice-président des Etats-Unis, Al Gore, un proche ami d’Eltsine, a fait pression sur Clinton pour qu’il n’ouvre pas ce canal de discussion. Finalement, en août puis en septembre 1998, Clinton a reconnu que j’avais eu raison (…) Nous devons instaurer un dialogue entre la Russie et les Etats-Unis tout en impliquant d’autres pays comme la Chine et l’Inde, car ils partagent avec nous la même compréhension de la crise mondiale et ils peuvent de ce fait comprendre ce qu’il faut faire dans les prochaines 50 années.

2007 : LaRouche annonce l’éclatement des bulles et lance une mobilisation pour protéger la population américaine

En juillet 2007, durant une conférence internet donnée à Washington, LaRouche déclare que le système bancaire a atteint un point de surchauffe tel qu’un effondrement dramatique est à prévoir dans les jours à venir. Trois jours plus tard, la banque Bear Stearns tombe en banqueroute, provoquant une faillite en chaîne du système financier international.

Le 22 août 2007, le site du Comité d’Action Politique de LaRouche (LPAC) lance une grande mobilisation en faveur d’un plan destiné à faire face à la faillite du système. Ce plan préconise l’adoption d’une loi permettant d’éviter l’éviction de millions de personnes et la saisie de leur logement ainsi qu’une restructuration financière de l’Etat et de l’ensemble du système monétaire international.

Le projet de loi s’appelle Homeowners and Bank protection act (HBPA), loi de protection des banques et des propriétaires. Il explique la nature systémique de la crise :

La crise se développera en phases successives. Nous venons d’entrer dans la première phase, typique de l’explosion d’une bulle de l’immobilier sur laquelle repose l’ensemble du système monétaire et financier actuel. Les défis les plus immédiats sont les suivants : les Etats-Unis et d’autres gouvernements doivent agir pour placer immédiatement les hypothèques immobilières et les banques agréées par l’Etat sous la protection de la loi de faillites. Cette mesure constitue la protection légitime indispensable pour empêcher un effondrement incontrôlé, une réaction de faillites en chaîne de la bulle hyper-inflationniste qu’est devenu le système monétaire international dans son ensemble. Une crise non contrôlée de ce type serait comparable à la réaction en chaîne déclenchée par la faillite de la maison Bardi au XIVe siècle.

Conférence de l’Institut Schiller en Allemagne : « Le Pont terrestre, pierre angulaire d’un Nouvel Ordre économique mondial »

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Lyndon, Helga Zepp-Larouche et Stanislav Menshikov de l’Académie des sciences de Russie lors de la conférence de l’Institut Schiller en 2007 à Kiedrich en Allemagne.

Les 14 et 15 septembre 2007, l’Institut Schiller organise une conférence à Kiedrich, en Allemagne, avec 350 participants venant de 40 nations et plusieurs intervenants de Russie, dont le professeur Stanislav Menshikov de l’Académie russe des sciences, Victor Razbegin, vice-président du Conseil pour l’étude des forces productives, ainsi que le Dr Sergueï Cherkasov et l’académicien Dmitri Rundqvist, tous deux représentants du musée géologique d’Etat Vernadski.

Nouvelle offensive pour un Nouveau Bretton Woods

Le 17 juillet 2008, Helga Zepp-LaRouche lance un appel en huit points pour « organiser de toute urgence une conférence entre chefs d’Etats, afin d’établir une nouvelle architecture financière » :

  1. L’ordre financier actuel est en faillite et doit être remplacé par un autre ;
  2. Il faut rapidement instaurer un système monétaire basé sur des parités fixes entre les monnaies, pour permettre des investissements à long terme dans les projets d’infrastructure, et ce à un horizon prévisible à l’échelle internationale ;
  3. La spéculation sur les produits dérivés, la nourriture, l’énergie et les matières premières doit être interdite par des traités entre Etats ;
  4. La restructuration du système doit être engagée immédiatement, incluant des moratoires sur les dettes ;
  5. Dans la tradition du New Deal de Roosevelt et des politiques économiques d’Alexander Hamilton, de Friedrich List et d’Henry Carey, des nouvelles lignes de crédit doivent être émises pour des investissements dans les infrastructures et dans la rénovation technologique ;
  6. Le Pont terrestre eurasiatique doit être bâti, en tant que projet central de la reconstruction de l’économie mondiale, non seulement en vue d’un nouveau miracle économique mais aussi de créer les conditions de la paix au XXIe siècle.
  7. La production mondiale de nourriture doit être doublée dans les années à venir.
  8. Une nouvelle paix de Westphalie doit, dans les prochaines 50 années, assurer la disponibilité et le développement des matières premières pour toutes les nations de la planète.

L’appel conclut :

Nous maintenons que le système de la mondialisation financière actuel, prédateur et brutal, est économiquement, financièrement et moralement failli. A la place, l’Homme doit être mis au cœur du système et l’économie doit servir le bien commun. Le Nouvel Ordre économique international doit garantir les droits inaliénables de tous les individus sur cette planète.

Helga Zepp-LaRouche au Forum de Rhodes

Du 9 au 13 octobre 2008, Mme LaRouche intervient au Forum mondial du Dialogue des civilisations à Rhodes (Grèce). Plus de 700 personnes venant de 70 pays du monde y participent. Chaque année, ce forum fondé et présidé par Vladimir Iakounine – alors président de la Compagnie des chemins de fer russes – rassemble des personnalités politiques, religieuses et intellectuelles du monde entier. L’intervention de Mme LaRouche porte sur « Un nouvel ordre économique international dans la tradition de la paix de Westphalie. » Elle en profite pour faire davantage connaître l’histoire du combat de Lyndon LaRouche.

Nouvelle offensive pour l’alliance des quatre puissances

En décembre 2008, Lyndon et Helga Zepp-LaRouche interviennent à New Delhi lors d’un séminaire organisé par un institut d’analyse militaire dans le cadre du Forum pour les études de sécurité stratégique. Lors de nombreuses rencontres privées, ils défendent leur concept d’alliance stratégique des quatre puissances – Etats-Unis, Russie, Inde, Chine – en vue du Nouvel Ordre économique mondial.

Réorganiser les banques avec la loi Glass-Steagall

En octobre 2009, Lyndon LaRouche publie un programme pour la mise en redressement judiciaire du système monétaire international. Il va ainsi mettre de l’avant sa nouvelle campagne – qui durera jusqu’à aujourd’hui – , en faveur d’un retour à la loi Glass-Steagall (séparation stricte entre banques d’affaires et banques de dépôt/crédit). Grâce à cette loi, la dette spéculative, fictive, pourra être séparée de la dette productive dont la valeur économique est bien réelle et légitime. La dette spéculative ne doit être ni honorée ni renflouée, alors que la dette productive légitime doit être protégée et restructurée, comme l’avait fait Alexander Hamilton pour la dette de la guerre d’Indépendance des États-Unis. Selon LaRouche :

Ce qui est nécessaire est de mettre toutes les banques commerciales en redressement judiciaire (...) Les comptes des banques commerciales seront redressés. Celles qui sont en conformité avec la loi Glass-Steagall recevront une protection totale (...) Ces banques que nous aurons ainsi nettoyées seront maintenues sous la protection des lois de faillite, même lorsqu’elles auront été purgées de leurs titres toxiques (...) Nous allons utiliser le produit final de cette réorganisation pour rétablir le soutien au système fédéral, pas en tant que système monétariste, mais en tant que système de crédit.

Deuxième intervention au Forum mondial de Rhodes

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Lyndon Larouche au Forum mondial de Rhodes sur le Dialogue des civilisations.
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Helga Zepp-Larouche au Forum mondial de Rhodes sur le Dialogue des civilisations.

En octobre 2009, ce sont à deux que les LaRouche interviennent au Forum mondial de Rhodes. 500 invités venant d’une soixantaine de pays y participent.

Alors que l’émergence de la Chine fera craindre quelques années plus tard un nouveau « piège de Thucydide », LaRouche déclare :

La mission de la Russie, des Etats-Unis, de la Chine et de l’Inde est de se mettre d’accord pour lancer la restructuration du système financier et de crédit international. Ceci dans les mêmes conditions et selon les mêmes accords à long terme que ceux que Franklin D. Roosevelt avait définis avant sa mort. (...) Le résultat sera l’élimination du système monétariste qui a dominé la civilisation européenne depuis les guerres du Péloponnèse.

Mme LaRouche va plus loin :

Nous devons ouvrir une nouvelle ère de l’humanité où les desseins oligarchiques et impériaux seront mis en échec une bonne fois pour toutes, pour être remplacés par une alliance entre républiques souveraines capables de s’unir pour travailler au service de l’intérêt de l’humanité.

ANNÉES 2010

BRICS : de l’IDB à la Nouvelle Banque de développement

A l’occasion de leur quatrième sommet à New Delhi, le 29 mars 2012, les dirigeants des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) publient un communiqué appelant « à une architecture du système financier international plus représentative et à l’instauration d’un nouveau système monétaire plus juste pouvant servir les intérêts de tous les pays et soutenir le développement des économies émergentes et en voie de développement ». Dans la déclaration finale du sommet, on peut lire :

Nous avons considéré la possibilité de créer une Nouvelle Banque de développement pour mobiliser des ressources en faveur de projets d’infrastructures chez les BRICS et dans d’autres économies émergentes ou en voie de développement. Nous avons demandé à nos ministres des Finances d’examiner la faisabilité et la viabilité d’une telle initiative, de créer un groupe de travail conjoint pour faire une étude plus approfondie et de nous présenter un rapport sur tout cela au prochain sommet.

L’Institut Schiller démarre son cycle de conférences pour « un nouveau paradigme de civilisation »

En novembre 2012, l’Institut Schiller organise une conférence internationale près de Francfort, sur le thème « Un nouveau paradigme pour la civilisation ». Cette conférence, la première d’une série, rassemble plus de 300 personnes venant d’une trentaine de pays.

Entretien avec la presse chinoise : « Changez le cours de l’histoire ! »

Le 27 juillet 2013, Lyndon LaRouche répond aux questions de Zhang Mian de Xinhua, l’agence de presse officielle chinoise, et notamment à celle-ci : « En tant qu’économiste, vous êtes engagé en faveur d’un nouvel ordre économique mondial, que faut-il faire pour y arriver ? »

Nous devons engager le monde vers les technologies de pointe. En effet c’est seulement en augmentant la capacité technologique des nations que nous pourrons résoudre le problème (…) Et c’est possible. La Chine a tout le potentiel pour jouer un rôle décisif dans ce nouveau système international. Nous pouvons signer un accord entre les nations les plus puissantes pour changer la direction générale de l’Histoire (...) et la Chine sera une nation-clé. (...)

Le président chinois annonce le lancement de la Nouvelle Route de la soie terrestre et maritime

Le 7 septembre 2013, le président Xi Jinping, en visite au Kazakhstan, annonce sa politique de « Nouvelle ceinture de la Route de la soie », s’étendant de l’océan Pacifique à la Baltique. Le Kazakhstan est une étape majeure de cette route.

Il y a plus de 2100 ans, rappelle Xi Jinping, durant la dynastie des Han (206 av. JC – 24 ap. JC), Zhang Qian a été envoyé par deux fois par l’empereur vers l’Ouest pour ouvrir la porte à des contacts amicaux entre la Chine et les pays d’Asie centrale ainsi que vers la route transcontinentale de la soie, reliant l’Asie à l’Europe.

Cette coopération vieille de 2000 ans d’échanges, souligne Xi Jinping, prouve que des pays qui ont des différences raciales, religieuses et culturelles peuvent vivre en paix et se développer ; à condition qu’ils se battent pour l’unité et pour une confiance mutuelle, pour l’égalité et en faveur d’un intérêt partagé, pour la tolérance et pour se rendre capable d’apprendre les uns des autres, pour la coopération et pour le principe « gagnant-gagnant ». Afin de bâtir des liens économiques plus proches, afin d’entamer une coopération mutuelle plus profonde et un espace de développement plus grand entre les pays eurasiatiques, le président Xi propose d’innover dans les fondements de la coopération internationale et de construire ensemble « la ceinture économique de la Route de la soie » :

  1. En renforçant la communication pour que les pays de la région puissent échanger sur les stratégies de développement.
  2. En améliorant la connectivité, pour ouvrir la voie du transport entre le Pacifique et la Baltique et graduellement former un réseau de transport entre l’Asie de l’Est, l’Asie de l’Ouest et l’Asie du Sud.
  3. En promouvant les échanges de biens et de services.
  4. En renforçant la circulation monétaire. Toutes les parties devraient promouvoir des échanges et des négociations en monnaie locale, accroître la capacité à se défendre contre les risques financiers et rendre la région plus compétitive dans le monde.
  5. En accroissant les échanges entre les peuples.

Un mois plus tard, à Djakarta, en Indonésie, Xi Jinping annonce le lancement de la Nouvelle Route de la soie maritime du XXIe siècle, permettant de relier la Chine à l’Afrique et à la Méditerranée en passant par l’océan Indien.

Helga Zepp-LaRouche lance un appel aux Nations Unies en faveur du projet chinois

Endossant le projet du président chinois, Helga Zepp-LaRouche lance un appel aux Nations Unies. Elle y souligne l’occasion que représente le projet de Nouvelle Route de la soie de Xi Jinping de « remettre à l’ordre du jour la demande légitime du Mouvement des non-alignés en faveur d’un nouvel ordre économique mondial plus juste (…) Nous savons tous que l’ordre économique actuel ne permet qu’à un tout petit nombre de vivre dans le luxe, et à une partie relativement limitée de la population de vivre décemment ; que beaucoup languissent dans une misère inhumaine et que ce que le Pape François appelle ‘euthanasie cachée’ est en fait très répandu (…) Ce nouvel ordre pourrait démarrer avec la proposition du président chinois Xi Jinping, formulée lors de la dernière réunion de l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS), de construire une Nouvelle Route de la soie pour établir une coopération pacifique entre tous les pays qui longent cette route. Cette proposition va tout à fait dans le sens de celle pour un Pont terrestre eurasiatique lancée par l’Institut Schiller en 1991, en réaction à la dissolution de l’Union soviétique. Pour rassembler encore plus de peuples, nous avons entre-temps étendu cette conception à un Pont terrestre mondial, conception qui a déjà reçu un très bon accueil à travers le monde. Un tel programme d’infrastructure et de développement pourrait hisser à un niveau supérieur la plateforme économique actuelle, permettant d’éliminer définitivement la faim et le sous-développement. »

Retour en Chine pour soutenir la Nouvelle Route de la soie

En février 2014, Helga Zepp-LaRouche revient en Chine pour la première fois depuis 1998 pour participer à plus d’une douzaine de séminaires, conférences et entretiens sur la Nouvelle Route de la soie. Depuis l’annonce du président Xi Jinping de sa politique « de Ceinture économique de la Route de la soie » Helga Zepp-LaRouche a reçu de nombreuses invitations venant d’universitaires, de chercheurs et de figures politiques connaissant le leadership qu’elle a pris dès le début des années 1990 dans la promotion du Pont terrestre eurasiatique.

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Helga Zepp-LaRouche, surnommée en Chine la ’Dame de la Nouvelle Route de la soie’, interviewée sur CCTV à Beijing en 2014.

Dans un entretien avec Yang Rui dans le très populaire programme Dialogue de la principale chaîne de télévision chinoise CCTV, à une heure de grande écoute, elle est présentée comme la personne qui « s’est battue la première pour le Pont terrestre eurasiatique il y a plus de vingt ans ». On rappelle qu’elle est connue en Chine sous le nom de « la Dame de la Nouvelle Route de la soie ».

Dans cet entretien, Helga Zepp-LaRouche précise la dimension politique que devra revêtir cette initiative :

Nous devons tourner le dos à la géopolitique, car cette vision du monde a engendré deux guerres mondiales. Si nous restons dans un monde défini stratégiquement par la géopolitique, nous risquons très vite de basculer dans une troisième guerre mondiale.
La conception de Pont terrestre eurasiatique que je défends est plus vaste que celle de la Route de la soie, car elle implique aussi des corridors en Amérique du Nord et du Sud, et sur l’ensemble du continent africain – des zones qui n’ont pas été concernées par les anciennes routes de la soie
. Nous sommes réellement en train de parler de la Nouvelle Route de la soie comme du début d’un Pont terrestre mondial (...) Il est extrêmement important de mettre sur la table la nécessité de créer un ordre de paix pour le XXIe siècle et d’atteindre, dans les discussions politiques, un degré de raison dans lequel tout le monde puisse trouver son compte. Ainsi, si nous construisons un Pont terrestre eurasiatique, tous les conflits historiques, les guerres du passé, et tous ces problèmes seront derrière nous.

Dans un entretien à Radio Chine Internationale, dans le programme Ceux qui sont au courant, elle pose le défi à la Nouvelle Route de la soie d’ouvrir la voie à « un nouveau système de crédit entre les nations à même de remplacer l’actuel système monétaire international en voie d’effondrement. »

Les BRICS : un pas de plus vers le Nouvel Ordre économique international

Les 15 et 16 juillet 2014, les chefs d’Etat et de gouvernement des BRICS, réunis au sommet de Fortaleza (Brésil), publient une déclaration en 72 points annonçant leur décision de créer la Nouvelle Banque de développement pour financer leurs infrastructures et celles des pays en voie de développement : « Nous appelons à une architecture financière internationale plus propice à surmonter les problèmes de développement. Nous avons fourni beaucoup d’efforts pour améliorer l’architecture financière internationale. Et ce à travers notre coordination multilatérale (…) [permettant d’accroître] la diversité et la disponibilité des ressources en vue du développement et d’assurer une stabilité de l’économie mondiale ». Ils ajoutent cependant qu’ils « continueront à (...) promouvoir [leurs] objectifs de développement au sein du système économique international et de l’architecture financière » actuels.

Voyage le long de la Route de la soie

En septembre 2014, Helga Zepp-LaRouche est de nouveau invitée en Chine pour parcourir l’ancienne Route de la soie et intervenir dans plusieurs conférences sur l’initiative du président Xi Jinping. Le 5 septembre, elle intervient dans un Forum à Beijing sur le thème « Une ceinture, une route », en compagnie du colonel Bao Shixiu, professeur émérite de l’Académie des sciences militaires. Ce dernier insiste, dans son discours, sur le rôle décisif qu’elle a joué avec son mari dans la promotion de la Nouvelle Route de la soie dès le début des années 1990.

Cette conférence, organisée par le China Investment magazine, est la première de ce qui va devenir un événement annuel, rassemblant des chercheurs chinois issus de différents groupes de réflexion chargés d’élaborer un programme pour l’Initiative une ceinture une route de Xi Jinping. Ce magazine émane de la Commission nationale du développement et de la réforme, principale commission de planification économique du Conseil d’Etat du gouvernement chinois.

Madame LaRouche participe aussi à la conférence internationale sur la Nouvelle Route de la soie qui a lieu à l’université de Lanzhou, à laquelle interviennent également des représentants du ministère chinois des Affaires étrangères et Vladimir Iakounine. Elle donne deux entretiens à l’émission Dialogue de CCTV et un autre à Radio Chine internationale.

Conférence de l’Institut Schiller à Paris-Berlin-Vienne

Entre autres conférences sur différents continents, l’Institut Schiller France accueille à Paris une conférence sur le thème « Rebâtir le monde à l’ère des BRICS » en juin 2015, où près de 500 invités sont présents.

Sortie du dossier de l’Institut Schiller sur la Nouvelle Route de la soie

En 2014, l’Institut Schiller fait paraître en anglais son nouveau rapport : Les Nouvelles routes de la soie deviennent le pont terrestre mondial.

De 2014 à 2018, les tomes 1 et 2 de ce dossier de près de 500 pages seront traduits en plusieurs langues, notamment en chinois, en allemand, en français et en arabe. La version arabe sera remise en main propre à différents décideurs du Proche-Orient, notamment de Syrie et du Yémen, pays pour lesquels les membres de l’Institut Schiller soumettront deux propositions de plans de reconstruction, respectivement « le plan Phénix » et « le plan Félix ». En juin 2016, où sera projeté une vidéo relative au Plan Phénix, Mme Mme Bouthaina Shaaban, membre de la présidence syrienne, interviendra en visio-conférence en tenant des propos particulièrement émouvants sur la dignité du peuple syrien face à la guerre et au mépris de l’Occident.

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A partir de 2014, l’Institut Schiller fait paraître en différentes langues son dossier « Les Nouvelles Routes de la Soie deviennent le Pont terrestre mondial » et le fait circuler parmi les élites de différents pays.

Enfin, si le tome 2 du dossier contiendra un chapitre particulièrement développé sur l’Afrique, un autre rapport intitulé Etendre la Nouvelle Route de la soie vers l’Asie de l’Ouest et l’Afrique, une vision pour une renaissance économique, rédigé par Hussein Askary et Jason Ross, sortira également en 2017.

Présentation du dossier de l’Institut Schiller sur la Nouvelle Route de la soie en Chine

C’est le 29 septembre 2015, lors d’une conférence organisée par l’Institut Chongyang d’études financières, que Helga Zepp-LaRouche présente la version chinoise du dossier de l’Institut Schiller, co-édité par l’EIR et l’Institut Chongyang.

L’Institut Chongyang répond à la volonté récemment exprimée par Xi Jinping de voir émerger un nouveau type de groupes de réflexion pour fournir aux autorités chinoises les meilleures analyses de la situation mondiale, et les recommandations-clés, dans une période où la Chine et le monde s’apprêtent à entrer dans une nouvelle ère de relations internationales. Wang Wen, doyen exécutif de l’Institut Chongyang, ainsi que Fu Jianming, vice-président du groupe Phœnix Publishing & Media, qui a publié la version chinoise du rapport, ouvrent la conférence de presse, à laquelle assistent 70 experts économiques et journalistes.

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2015 à Beijing : la version chinoise du rapport de l’Institut Schiller est présentée lors d’une conférence de presse parrainée par l’EIR et l’Institut Chongyang d’études financières.

Dans son intervention Mme LaRouche réaffirme l’importance du concept des Routes de la soie pour mettre fin à la géopolitique destructrice. Ce nouveau paradigme en germe, basé sur l’idée « d’objectifs communs à l’humanité » se reflète dans la politique gagnant-gagnant de Xi Jinping. Bien que les termes Une ceinture, une route aient été choisis par la Chine pour désigner son projet, l’idée originelle de la Route de la soie doit sans cesse être rappelée « car elle sous-tend celle d’une coopération culturelle ».

Dans le contexte de la crise au Moyen-Orient et de l’exode massif de réfugiés vers l’Europe, pour lesquels elle dénonce les politiques américaines désastreuses de l’ère Bush/Obama, Helga Zepp-LaRouche fait une proposition :

Nous pouvons étendre la Route de la soie au Moyen-Orient, créer des pôles de développement, faire verdir le désert et construire de nouvelles villes. La Nouvelle Route de la soie peut engendrer une dynamique de paix pour le XXIe siècle.

Les présentations de Mme LaRouche et de l’un de ses collaborateurs, Bill Jones, sont suivies des interventions de huit experts chinois ayant pris connaissance du rapport de l’Institut Schiller La Nouvelle Route de la Soie devient le Pont terrestre mondial.

Pour Bao Shixiu, ancien professeur de stratégie militaire à l’Académie des sciences de l’Armée populaire de libération, le fait de rassembler tous les pays de la région autour de l’Initiative une ceinture une route est le grand défi de notre époque. Cette idée, conclut-il, était déjà celle qui inspirait le concept de Pont terrestre eurasiatique, proposé par l’Institut Schiller au cours des années 1990.

Ding Yifan, ancien directeur adjoint de l’Institut de développement mondial au Centre de recherche sur le développement du Conseil d’Etat de la République Populaire de Chine, souligne l’importance des concepts économiques développés dans ce rapport :

Je connais l’Institut Schiller depuis longtemps et j’ai beaucoup appris d’eux. Le concept sous-jacent à la vision de l’économiste américain LaRouche est celui de l’économie physique. Il utilise le terme ’néguentropie’ pour caractériser les lois gouvernant une économie qui fonctionne de manière saine.

Shi Ze, de l’Institut chinois des études internationales, met en évidence la question géopolitique :

La géopolitique nous a menés à la situation dangereuse dans laquelle nous sommes aujourd’hui (…) Le concept à même de remplacer cette géopolitique, je l’ai trouvé dans ce livre.

Selon Tao Qingmei, de la Fondation Long Way de Beijing :

Ce livre reflète les opinions d’experts américains, et je les respecte sincèrement. Nous devrions repenser le monde en nous basant sur un nouveau modèle de relations entre les pays.

Wang Xiangsui, directeur du Centre d’études stratégiques de l’université d’aéronautique et d’astronautique de Beijing, qualifie le rapport de « route vers le futur » :

Aujourd’hui, il faut procéder à partir d’une perspective régionale qui intègre l’économie, la politique et la culture. La Chine apprend des autres pays, et ce livre est très important de ce point de vue.

Zhang Jianping, directeur du département de coopération économique internationale auprès de la Commission nationale pour la réforme et le développement, souligne l’aspect collaboratif du projet des Nouvelle Route de la soie et son ouverture à tous les pays. Tout en relevant le scepticisme américain, il constate un certain changement dans la perception qu’ont les Etats-Unis de la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures (BAII). Une grande partie des pays européens ont pour leur part montré beaucoup d’intérêt à l’égard de ce projet. Zhang estime que le rapport de l’EIR, résultat d’un travail de 20 ans, comme il le souligne, joue un rôle important dans la promotion de l’idée de Nouvelle Route de la soie à l’intérieur des Etats-Unis.

Zhao Changhui, de la Banque chinoise pour les importations-exportations (Exim Bank), se réjouit que la maison d’édition Progress Publishing ait publié ce rapport qui définit le projet de Nouvelle Route de la soie selon une perspective pour les 1000 ans à venir.

Liu Ying, directrice du département de recherche coopérative à l’Institut Chongyang, fait remarquer que le rapport a été écrit du point de vue d’une perspective mondiale, et même spatiale :

Le rapport est bien plus un exercice d’anticipation de l’avenir qu’une simple explication du passé.

Tous les participants reçoivent une copie du livre en chinois. L’Institut Chongyang en achète 1000 exemplaires pour le diffuser auprès d’une large sélection de cercles politiques et d’intellectuels chinois. La presse économique chinoise couvrira largement la conférence de presse, notant qu’il s’agit là de la première analyse du projet chinois par des experts américains. Plusieurs articles relèveront également le rôle joué par Helga Zepp-LaRouche et l’Institut Schiller en tant qu’instigateurs du projet dès le début des années 1990.

Helga Zepp-Larouche au Forum « Think 20 » de préparation du G20 de Beijing

Depuis septembre 2015, les voyages en Chine d’Helga Zepp-LaRouche s’enchaînent, ainsi que les conférences organisées par l’Institut Schiller de par le monde pour promouvoir le projet.

Du 29 juillet au 31 juillet 2016, Helga Zepp-LaRouche a été invitée au Forum Think-20, organisé à Beijing pour préparer le sommet du G20 de 2016. Elle y a prononcé un discours sur le thème « La Nouvelle Route de la soie devient le Pont terrestre mondial ». Le Forum Think 20 est organisé par trois instituts chinois : l’Institut d’économie et de politique mondiale (IWEP) de l’Académie chinoise des sciences sociales, l’Institut d’études internationales de Shanghai (SISS) et l’Institut Chongyang d’études financières de l’université Renmin. Il a pour but de préparer des propositions pour les chefs d’Etat qui participeront au Sommet du G20. Près de 500 spécialistes, personnalités politiques et représentants d’organisations internationales, venant de 25 pays y étaient présents.

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Helga Zepp-Larouche au Forum Think-20, organisé à Beijing pour préparer le sommet du G20 de 2016 (troisième en partant de la droite).

Mai 2017 : participation au Forum « La ceinture et la route », à Beijing

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Helga Zepp-Larouche intervient à la table ronde du Forum sur les Nouvelles Routes de la Soie de mai 2017 à Beijing, sur le thème La nouvelle situation de la mondialisation : nouveaux défis, nouvelles opportunités, nouvelles contre-mesures.

Les 14 et 15 mai 2017, l’Initiative une ceinture, une route a été présentée à Beijing par le président Xi Jinping lors d’une conférence internationale réunissant 1500 représentants de plus de 100 pays, dont 29 chefs d’Etat et de gouvernement. Mme LaRouche a été invitée à intervenir lors de deux séances conduites par des groupes de réflexion en marge du forum. Ses interventions ont été notamment couvertes dans le China Daily, le Quotidien du peuple, Xinhua et CCTV.


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