« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller
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9 mai 2024
Compte-rendu de la 48ème réunion en ligne de la CIP
Au milieu du tumulte et de la crise politique créés par l’explosion inattendue de l’opposition au soutien financier et politique de l’administration Biden au régime hors-la-loi de Netanyahou en Israël, la Coalition internationale pour la paix (CIP) a tenu le vendredi 3 mai sa 48ème réunion consécutive. La fondatrice de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, à l’origine de la CIP, a ouvert cette session en demandant, comme elle l’a souvent répété, de « remplacer la géopolitique par l’idée de la coopération au lieu de la confrontation ». Mme Zepp-LaRouche a souligné l’importance de l’internationalisation du mouvement étudiant contre le génocide à Gaza. Elle a fait remarquer qu’il y a actuellement 90 à 100 actions de solidarité dans les universités des États-Unis, mais aussi en France, en Allemagne, en Italie, au Canada et dans beaucoup d’autres pays.
D’autre part, Mme Zepp-LaRouche a mis en garde contre la « nouvelle définition de l’antisémitisme » qui est poussée sous forme de législation par des apologistes frénétiques du génocide au sein du Congrès américain. (De telles lois, si elles sont adoptées, sont contraires à la Constitution des États-Unis, dont le premier amendement stipule que le gouvernement ne doit en aucun cas interférer avec le contenu de propos exprimés). Elle a souligné la brutalité des déploiements policiers contre les manifestants, déclarant qu’avec ce type de répression, « le mot ’démocratie’ est devenu complètement creux ». Elle a été particulièrement touchée par le message des enfants de Gaza, qui ont exprimé leur gratitude aux étudiants américains pour avoir tenté de sauver leur vie au nom de l’humanité.
Concernant la guerre en Ukraine, Mme Zepp-LaRouche rapporte que le général allemand à la retraite Harald Kujat a récemment déclaré que l’aspiration de l’Ukraine à restaurer les frontières de 1991 n’était pas réaliste. En outre, l’objectif des États-Unis étant d’affaiblir la Russie, les négociations ont été sabotées. Il n’y a donc pas de sortie, ni de stratégie gagnante. Aujourd’hui, les Ukrainiens ne peuvent plus obtenir de passeport, car chacun d’entre eux est candidat à la conscription militaire. Pire, sur les 61 milliards de dollars d’aide militaire votés par le Congrès américain, seuls 10 milliards environ sont destinés à de nouvelles armes ; le reste a servi à payer des armes déjà produites et livrées !
Mme Zepp-LaRouche a également mis en garde contre les propositions visant à ce que les États-Unis saisissent les avoirs russes en dépôt dans les banques occidentales, affirmant qu’en réaction à une telle confiscation, les pays du Sud arriveront à la conclusion que leurs avoirs ne sont plus en sécurité au sein du système dollar. On peut s’attendre à ce que leur réaction à de telles confiscations prenne la forme d’un mouvement visant à remplacer le système américain SWIFT par un cadre financier mondial alternatif, dès lors que le Sud tiendra l’empire financier de Wall Street et de la City de Londres pour révolu.
Nouvelles de la Flottille de la Liberté
Les organisateurs de la flottille, qui tente de quitter la Turquie avec 5 500 tonnes de nourriture et de médicaments, ainsi que six ambulances, à destination de Gaza, ont fait part de leurs observations à la réunion.
Dans une interview préenregistrée pour la réunion, Mubarak Awad, fondateur de Nonviolence International, a fait le point sur la situation en déclarant qu’Israël avait obtenu du Registre international des navires de Guinée-Bissau qu’il retire son pavillon aux deux navires de tête. Le gouvernement turc a proposé son pavillon, mais voulait une unité de soldats turcs à bord. Cette option a été rejetée par les dirigeants de la flottille car elle pouvait être interprétée comme un geste inamical. M. Awad a souligné que la non-violence était la pierre angulaire de la politique de la flottille. « Nous sommes prêts à nous faire tirer dessus par les Israéliens », a-t-il déclaré. « Nous avons des gens qui viennent de 40 pays. J’espère que nous pourrons même avoir un bateau d’Israéliens ». Coleen Rowley, ancienne agent spécial du FBI, lanceuse d’alerte et membre de Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS), qui vient de rentrer de Turquie a ensuite pris la parole. Elle a été très impressionnée par l’engagement de la fondation d’aide humanitaire IHH. Elle a mentionné un article récent sur la flottille dans le numéro du 21 avril du Washington Post, qui comprenait des citations du colonel Ann Wright, membre de VIPS et chef de la flottille, malgré la caractérisation israélienne de l’IHH comme terroriste.
La question suivante a été posée à Mme Rowley : « Israël est-il un État terroriste ? » Elle a mis en garde contre les simplifications excessives : de nombreux Israéliens s’opposent à la politique du Likoud. Elle a cité le regretté acteur Peter Ustinov : « Le terrorisme est la guerre des pauvres ; la guerre est le terrorisme des riches ».
La naissance de l’idéologie sioniste
Cliff Kiracofe, président de l’Institut de Washington pour la paix et le développement et ancien membre du personnel professionnel de haut niveau de la commission sénatoriale des relations extérieures, a présenté un résumé de son livre « Dark Crusade : Christian Zionism and U.S. Foreign Policy. » Il a commencé par évoquer Lord Palmerston, qui a dominé la politique étrangère britannique entre 1830 et 1865, lorsque la Grande-Bretagne était à l’apogée de sa puissance impériale. Palmerston a déclaré que pour concurrencer la Russie et la France au Moyen-Orient, l’Empire britannique devait parrainer le retour des Juifs en Palestine. L’idéologie du sionisme chrétien a été concoctée dans les années 1830 et 1840 pour soutenir le plan de Palmerston.
L’un de ses partisans était le révérend John Nelson Darby, qui s’est rendu aux États-Unis pour promouvoir la doctrine. Par conséquent, de 1858 à nos jours, le sionisme chrétien a imprégné de nombreuses églises protestantes aux États-Unis. L’une de ses principales caractéristiques est le dogme de l’Armageddon et de la fin des temps, selon lequel les Juifs doivent se rassembler en Terre sainte pour déclencher l’Apocalypse lorsque nous affronterons la Russie, la Chine et la Perse, nos principaux adversaires. Les baptistes du Sud et les pentecôtistes ont d’ailleurs embrassé cette folie messianique.
Il a décrit comment l’influence de cette doctrine explique pourquoi le Congrès a adopté la nouvelle définition de l’antisémitisme. Des religieux protestants influents comme le révérend John Hagee appellent à la guerre contre l’Iran depuis le début de ce siècle.
En réponse à la présentation de M. Kiracofe, Helga Zepp-LaRouche a répondu : « Tout ce qui vient de cette cuisine empoisonnée doit être surmonté ». Elle a qualifié la collaboration entre Israéliens et sionistes chrétiens d’« alliance impie ».
Jacques Cheminade, président du parti français Solidarité et Progrès, a ajouté une citation du philosophe israélien Yeshayahou Leibowitz : « L’idée qu’un pays ou tout autre lieu spécifique possède une sainteté intrinsèque est indubitablement une idée idolâtre ».
La modératrice Anastasia Battle a invité les étudiants à participer à la période de discussion, promettant de les protéger contre le « doxing », cette pratique des opposants à la liberté d’expression, tels que Bill Ackman, qui consiste à publier des informations personnelles sur des personnalités politiques « indésirables » afin de nuire à leur carrière professionnelle.
Jack Gilroy, militant de Veterans for Peace, a fait le point sur l’activisme anti-guerre aux États-Unis. Il a indiqué qu’il avait refusé de payer une amende de 250 dollars après avoir été arrêté lors d’une action contre l’entreprise militaire BAE. Il a l’intention d’intenter un procès à BAE.
Jose Vega, candidat indépendant au Congrès, a fait un reportage dans les rues de sa circonscription du Bronx, où il recueille des signatures de pétition pour être inscrit sur les listes électorales. La ville de New York est « au bord du changement », a-t-il déclaré, et il a suggéré que les étudiants de Gaza soient invités à venir étudier aux États-Unis, comme l’ont été les étudiants ukrainiens, étant donné que toutes les universités de Gaza ont été détruites. L’université Rutgers a récemment annoncé qu’elle en admettrait certains. L’adversaire de Vega, le représentant Ritchie Torres, « chouchou » de l’AIPAC, a annoncé le vendredi 3 mai qu’il prévoyait d’introduire la loi COLUMBIA (College Oversight and Legal Updates Mandating Bias Investigations and Accountability Act), manifestement inconstitutionnelle, afin d’imposer aux établissements d’enseignement supérieur des « contrôleurs de l’antisémitisme par des tiers ».
Helga Zepp-LaRouche a conclu en rappelant aux participants que le plan Oasis est le seul en mesure d’offrir à tous les habitants de la région une vision optimiste d’un avenir commun et que c’est le seul moyen de briser le cycle de la violence et de la vengeance.