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Lettre ouverte au pape Léon IV
22 août 2026
Voici la lettre ouverte au pape Léon XIV lancée le 19 août 2026 par Jack Gilroy et d’autres responsables de Pax Christi de l’Etat de New York en coordination avec la Coalition internationale pour la Paix .
Alors que les tensions mondiales atteignent un niveau inédit depuis la Seconde Guerre mondiale, des voix influentes, comme celles de Tulsi Gabbard et Sergueï Narychkine, alertent sur un risque imminent de guerre nucléaire. Face à l’escalade des conflits en Ukraine, à Gaza, entre les États-Unis et la Chine, et désormais avec l’Iran, des intellectuels et citoyens du monde entier conjurent le Pape Léon XIV de convoquer un sommet international d’urgence. Objectif : écarter la menace d’un holocauste nucléaire et réorienter les ressources vers la paix et le développement. Un appel urgent pour que la diplomatie triomphe avant qu’il ne soit trop tard.
Le 19 août 2026
Votre sainteté Léon XIV, vous qui avez déployé les plus grands efforts pour parler au nom de l’humanité entière, et non en faveur de nations, de religions ou de groupes particuliers, nous vous lançons un appel à convoquer d’urgence un sommet international pour éloigner le monde de son actuelle trajectoire vers la guerre et une potentielle catastrophe nucléaire, et pour résoudre pacifiquement les plus grandes crises auxquelles l’humanité est confrontée aujourd’hui. Cette initiative serait conforme aux appels constants à la paix et à la justice que vous avez lancés depuis votre accession au trône pontifical, qui ont inspiré et donné espoir à des millions, voire des milliards de personnes à travers le monde.
Le 10 juin 2025, la directrice du renseignement national américain, Tulsi Gabbard, a diffusé, depuis Hiroshima, une vidéo brève mais glaçante, dans laquelle elle avertissait que nous étions
Le 20 octobre 2025, Sergueï Narychkine, directeur du SVR, le service de renseignement extérieur russe, a averti :
Plusieurs mois se sont écoulés depuis que les deux chefs du renseignement ont tiré la sonnette d’alarme et nous nous sommes considérablement rapprochés de l’anéantissement nucléaire.
Lorsque Gabbard et Narychkine ont lancé ces avertissements, la guerre faisait rage en Ukraine, Israël perpétrait un génocide à Gaza et les tensions étaient vives entre la Chine et les États-Unis au sujet de Taïwan et de la mer de Chine méridionale. Depuis, la guerre israélo-américaine contre l’Iran est venue s’ajouter à ce contexte, de sorte que la menace d’une troisième guerre mondiale a crû de façon exponentielle.
Des signes persistent quant à la planification d’une telle éventualité par les dirigeants, alors même que nous savons depuis plus de quarante ans qu’une guerre nucléaire, même limitée, a fortiori une guerre de grande ampleur, pourrait engendrer des dégâts inimaginables à l’échelle mondiale, notamment un hiver nucléaire qui menacerait d’anéantir toute vie sur Terre.
Le 20 août 2024, le New York Times publiait en première page un article alertant sur le fait que les États-Unis se préparaient à mener une guerre nucléaire simultanée sur trois fronts contre la Russie, la Chine et la Corée du Nord. Le même jour, le Bulletin of the Atomic Scientists rendait compte de l’émergence d’un courant de pensée parmi les stratèges nucléaires, selon lequel une guerre nucléaire pourrait être menée et gagnée, remettant en cause des décennies de consensus sur le fait qu’une telle guerre ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée. L’année précédente, l’amiral américain Thomas Buchanan avait déclaré que les États-Unis se préparaient à mener et gagner une guerre nucléaire, tout en conservant un arsenal nucléaire suffisant pour maintenir leur hégémonie mondiale. Plus récemment, Elbridge Colby, chef du département politique du Pentagone, a évoqué la nécessité pour les États-Unis d’utiliser des armes nucléaires tactiques, en plus du déploiement de troupes sud-coréennes et japonaises en cas de combats entre les États-Unis et la Chine au sujet du détroit de Taïwan.
Les concepteurs de l’Horloge de l’Apocalypse du Bulletin des scientifiques atomistes ne sont pas les seuls à penser que le monde se rapproche inexorablement d’une annihilation nucléaire. Outre les menaces émanant des États-Unis, plusieurs dirigeants russes influents ont appelé Vladimir Poutine à recourir à l’arme nucléaire pour vaincre l’Ukraine.
Nous, soussignés du monde entier, estimons qu’il est temps de convoquer d’urgence un sommet international afin d’aborder les conflits majeurs dans le monde et la nécessité d’éviter le précipice nucléaire. La Russie est embourbée en Ukraine depuis près de cinq ans. Bien qu’elle continue à faire des progrès, certes modestes et au prix de lourds sacrifices, le conflit est au point mort et les deux camps s’infligent d’importants dégâts sur leurs infrastructures énergétiques et maritimes par leurs frappes de drones et de missiles, provoquant des pénuries mondiales d’énergie et de produits alimentaires et engendrant des souffrances tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leurs pays respectifs. Si l’Ukraine, soutenue par l’OTAN, continue à franchir les lignes rouges de la Russie, Poutine sera-t-il disposé et capable de contrer les faucons russes ? Les États-Unis, quant à eux, n’ont pas trouvé d’issue diplomatique à leur guerre contre l’Iran, qui ne se montre aucunement disposée à leur permettre de mettre fin à la crise qu’ils ont provoquée, avec Israël, en l’attaquant. Alors que la Chine souligne que le maintien de Taïwan constitue son ultime ligne rouge, tous les acteurs de la région bénéficieraient d’une désescalade des tensions et d’une réorientation des ressources vers le développement, à l’instar de l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie, plutôt que vers la guerre.
Ce dernier point devrait s’appliquer universellement. Il est consternant de voir tant de nations détourner vers leurs forces armées les ressources pour l’alimentation, le logement, l’éducation et les soins de santé. Cela s’est particulièrement vérifié en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, où les discours sur la résolution pacifique des conflits ont cédé la place à ceux sur les préparatifs de guerre.
Comme vous l’avez si justement et si fortement affirmé il y a quelques mois :
Dans ce discours exceptionnel prononcé en octobre 1965, le pape Paul VI, le premier pape à s’adresser aux Nations unies, cita le président Kennedy :
D’autres papes ont également pris des initiatives audacieuses pour sauver l’humanité en temps de crise. En octobre 1962, le pape Jean XXIII avait lancé un appel à résoudre pacifiquement la crise des missiles de Cuba et il aida le président Kennedy et le Premier ministre Khrouchtchev à trouver un moyen de sauver la face en trouvant une solution à la crise par voie diplomatique plutôt que militaire, à un moment où la guerre semblait imminente.
Un effort similaire pourrait aboutir aujourd’hui, alors que les deux principaux conflits mondiaux semblent s’enliser inexorablement.
Il en va de même pour la course aux armements nucléaires : les neuf puissances nucléaires modernisent non seulement leurs arsenaux, mais les augmentent après des décennies de réductions certes judicieuses, mais beaucoup trop lentes. Et pour la première fois depuis des décennies, les deux principaux antagonistes nucléaires ne sont liés par aucun traité de contrôle des armes nucléaires. D’autres pays, dont le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, l’Arabie saoudite, Taïwan et l’Ukraine, ont commencé à envisager d’acquérir l’arme nucléaire, ce qui ne ferait que transformer le monde en une poudrière nucléaire encore plus vaste.
Un appel du pape à la tenue d’un sommet d’urgence pour mettre fin aux guerres actuelles et enrayer la dépendance croissante aux armes nucléaires et aux conflits armés, pourrait offrir aux dirigeants mondiaux l’opportunité de choisir une nouvelle voie et de nous éloigner de la trajectoire actuelle vers une guerre nucléaire destructrice pour la planète. Nous vous exhortons, Pape Léon, à user de votre autorité morale unique pour convoquer une telle réunion des dirigeants du monde, incluant les chefs d’État des trois principales puissances nucléaires, afin qu’ils se réunissent et répondent aux appels de l’humanité pour orienter notre monde dans une direction fondamentalement différente avant qu’il ne soit trop tard.
Signataires initiateurs :
Voici un lien vers le texte en anglais et la liste complète des signataires https://schillerinstitute.com/blog/2026/08/20/appeal-to-pope-leo-xiv-to-organize-a-global-leaders-summit-to-address-the-questions-of-peace-and-nuclear-disarmament/
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