« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller
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19 août 2026
Le vendredi 31 juillet, lors d’une table ronde en ligne intitulée « Résoudre la crise migratoire par le développement, la portée stratégique de l’encyclique du pape Léon XIV », organisée par l’hebdomadaire américain Executive Intelligence Review (EIR) et la Coalition internationale pour la paix (CIP), Jack Gilroy, militant pacifiste de longue date et responsable de Pax Christi, Veterans for Peace, Ban Killer Drones et de la Coalition internationale pour la paix de l’Institut Schiller, a annoncé avoir adressé, en collaboration avec d’autres personnalités importantes du mouvement de la paix, une lettre à l’archevêque catholique américain John Wester, fervent défenseur de l’interdiction des armes nucléaires. Rappelons que son diocèse, celui de Santa Fe au Nouveau-Mexique, abrite le site de Los Alamos où les premières armes nucléaires américaines ont vu le jour.
Dans cette lettre, déjà signée par plus de 130 militants pacifistes de premier plan et plusieurs organisations pacifistes majeures, Jack Gilroy exhorte Mgr Wester à demander au pape Léon XIV de convoquer une conférence internationale d’urgence pour la paix avec les présidents Poutine, Xi Jinping et Donald Trump, afin de mettre fin aux guerres en cours, d’empêcher l’expansion des armes nucléaires à la frontière russe et d’interdire les armes nucléaires, face à ce qu’on peut considérer comme la plus grave menace de guerre nucléaire depuis la crise des missiles de Cuba..
Ainsi que Gilroy l’a déclaré lors de la conférence, pour mobiliser le soutien à l’initiative diplomatique qu’il appelle de ses vœux,
« Tout cela est possible, a déclaré Gilroy, mais nous nous sommes demandés : où allons-nous trouver la réponse ? Alors nous nous tournons vers l’histoire, et nous pensons que la diplomatie peut fonctionner, et qu’elle fonctionne. Mais mettre la diplomatie en marche est… extrêmement difficile. »
En retraçant l’histoire de la diplomatie ayant permis d’empêcher une guerre nucléaire, Gilroy décrit en détail le précédent du pape Jean XXIII lors de la crise des missiles de Cuba en 1962.
Trois citoyens inquiets (le journaliste américain Norman Cousins, un citoyen soviétique influent et le moine belge Félix Morlion) discutaient justement de la nécessité du désarmement nucléaire lorsque le président Kennedy annonça à la télévision nationale le blocus de Cuba, suite à la découverte de missiles soviétiques sur l’île. Avec l’accord de Kennedy et de Khrouchtchev, Morlion contacta le pape, dont il était le conseiller, et l’exhorta à intervenir pour désamorcer la crise, qui risquait de mener à la Troisième Guerre mondiale.
Le pape accepta et prononça un message de paix très émouvant. Il y déclarait notamment : « Que chacun, en examinant sa conscience, entende le cri angoissé qui s’élève vers le ciel de toutes les parties de la terre : Paix, paix ! Nous renouvelons aujourd’hui cet appel solennel. »
Cet appel poignant à la paix eut un impact considérable sur Kennedy, le premier président catholique, et sur Khrouchtchev, qui veilla à ce qu’il soit publié intégralement en première page de la Pravda. Le dirigeant soviétique qualifia ce discours de « premier vrai rayon de lumière » durant la crise.
Cousins servit ensuite d’intermédiaire entre Kennedy, Khrouchtchev et le pape jusqu’à la mort de ce dernier, le 3 juin 1963. Sept jours plus tard, Kennedy prononça son discours de remise des diplômes à l’American University, qui constituait l’appel à la paix le plus puissant et le plus visionnaire lancé par un président américain au XXe siècle. Cousins en avait rédigé la première version, et Kennedy refusa de consulter les services de renseignement du Pentagone ou le département d’État.
« C’est pourquoi nous pensons qu’il serait peut-être temps d’organiser un événement similaire aujourd’hui », affirme Jack Gilroy dans sa lettre à Mgr Wester.
Il rappela que le pape Léon XIV avait déjà suggéré une telle initiative lors du 80e anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, en priant pour que ces bombardements « servent d’appel à la communauté internationale pour renouveler son engagement en faveur d’une paix durable pour toute l’humanité, une paix désarmée et désarmante », précisant que « le Vatican, ou un autre lieu neutre comme Vienne ou Genève, pourrait peut-être convenir ».
Gilroy conclut sa lettre par cet appel à l’archevêque Wester :
Lors de sa présentation à la conférence du 31 juillet, Jack Gilroy a fait savoir que l’un des signataires de la lettre, Peter Kuznick, professeur d’histoire et directeur de l’Institut d’études nucléaires de l’American University à Washington, D.C., avait été l’orateur principal d’une conférence sur la paix à Nagasaki, au Japon, le 25 juillet. Devant de nombreux responsables japonais, il a souligné l’importance de diffuser largement cette lettre au niveau international. Plusieurs personnalités japonaises l’ont déjà signée. Peter Kuznick a également abordé cet appel au pape lors d’un récent webinaire de Consortium News, intitulé « Sommes-nous proches d’une guerre nucléaire ? », en compagnie de Ray McGovern, ancien analyste de la CIA, lanceur d’alerte et cofondateur de Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS), également signataire de la lettre. Ce webinaire était animé par Joe Lauria, rédacteur en chef de Consortium News.
À l’approche de la période critique du mois d’août, la lettre de Gilroy souligne clairement que « nous nous rapprochons d’une guerre nucléaire aussi grave qu’au moment de la crise des missiles de Cuba en 1962. Cette crise s’est résolue par la diplomatie, sauvant ainsi la planète, et le pape Jean XXIII y a joué un rôle déterminant. »
Aujourd’hui, il appelle des personnalités du monde entier à exhorter le pape Léon XIV à jouer le même rôle, tout en invitant davantage de militants et d’organisations pacifistes à signer la lettre, qui a été rédigée en collaboration avec le Directoire de Pax Christi de l’État de New York et Rosemarie Pace, Ed.D., coordinatrice du PCNYS, le Groupe de travail de solidarité USA-Palestine et le Groupe de travail international de Pax Christi sur le Soudan.
Voici un lien vers la lettre, avec la liste des signataires :
La lettre a reçu le soutien de sept lauréats du prix annuel « Enseignant de la paix » de Pax Christi USA : Jim Albertini (2010), Roy Bourgeois (1997), Marie Dennis (2022), James W. Douglass (1994), Kathy Kelly (1998), William Quigley (2003) et Martin Sheen (1999). L’archevêque Wester est le lauréat de ce prix cette année.
Parmi les nombreuses personnalités qui l’ont soutenue, parmi lesquelles Richard Falk, professeur de droit international (Princeton), auteur et ancien rapporteur de l’ONU dans les territoires palestiniens occupés, Ira Helfand, le professeur Peter Kuznick, l’ancien membre du Congrès américain Dennis Kucinich, Helga Zepp-LaRouche (fondatrice de l’Institut Schiller), Melissa Parke (directrice générale d’ICAN), Susan Schnall (présidente de Veterans for Peace USA), le colonel (à la retraite) Lawrence Wilkerson, le colonel (à la retraite) Ann Wright et la professeure Ivana Hughes (présidente de la Nuclear Age Peace Foundation). Parmi les organisations américaines qui ont apporté leur soutien à cette lettre figurent Veterans for Peace et Historians for Peace and Democracy.
Voici un lien vers la lettre et la liste complète des signataires https://schillerinstitute.com/blog/2026/07/27/letter-to-archbishop-john-wester-to-urge-pope-leo-xiv-to-call-for-a-peace-conference/
Pour plus d’informations et/ou pour ajouter votre nom à la lettre, merci de nous contacter.