« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller
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23 septembre 2026
Cette lettre rédigée le 21 septembre 2026 par la présidente de l’Institut Schiller, s’adresse aux chefs d’État et aux délégations participant à l’Assemblée générale des Nations unies de septembre 2026.
Par Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente internationale de l’Institut Schiller.
21 septembre 2026 — Cette institution, l’Assemblée générale des Nations unies, n’est sans doute pas parfaite et a besoin d’être réformée, mais elle représente encore, en cette période de crise extrême, l’institution la plus importante qui réunisse des représentants de l’ensemble de la population humaine pour traiter des problèmes existentiels.
Cette année, l’Assemblée générale se tient à un moment où l’existence même de l’espèce humaine est gravement menacée. Deux guerres régionales, celle en Ukraine et celle contre l’Iran, menacent toutes deux de dégénérer en conflits régionaux plus vastes, voire en guerre nucléaire mondiale. Plusieurs experts militaires de haut rang nous avertissent que la situation est plus dangereuse que lors de la crise des missiles de Cuba.
Tout récemment, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, le débat s’est ouvert sur l’utilisation potentielle d’armes nucléaires tactiques, et même sur l’idée qu’une « guerre nucléaire limitée » puisse être menée et gagnée. Quiconque a étudié la question sait qu’il n’existe pas de guerre nucléaire tactique, car l’utilisation même d’une seule arme nucléaire dite « tactique » pourrait dégénérer, en l’espace de quelques jours, en guerre nucléaire mondiale totale, entraînant l’anéantissement de l’espèce humaine.
Au cours des 35 dernières années depuis la fin de la Guerre froide, le monde est passé de la tentative infructueuse d’instaurer un ordre mondial unipolaire à une multipolarité qui se met progressivement en place, bien que restant régie par la logique de la géopolitique. La géopolitique repose sur l’idée qu’une nation, ou un groupe de nations, a un intérêt légitime qu’il peut imposer à une autre nation ou un autre groupe de nations.
Nous assistons en même temps à la fin d’une époque marquée par 500 ans de colonialisme. Si nous, en tant qu’espèce humaine, voulons empêcher que cette période de transition tumultueuse ne débouche sur une nouvelle guerre mondiale, nous devons remplacer l’approche géopolitique par un paradigme entièrement nouveau : la vision d’une humanité UNE. C’est la même question qui avait été débattue à l’époque de la jeune République américaine, dans les Federalist Papers : l’humanité est-elle capable de se gouverner elle-même ?
Pour répondre par l’affirmative à cette question à l’ère des armes thermonucléaires, nous devons instaurer un paradigme entièrement nouveau : l’idée d’une seule humanité doit passer avant tout et primer sur tous les intérêts particuliers.
Cette Assemblée générale des Nations unies est le lieu idéal pour inscrire à l’ordre du jour le concept d’une « nouvelle architecture de sécurité et de développement » qui tienne compte des intérêts de chaque pays de la planète. Les quatre initiatives mondiales (mais surtout l’Initiative de gouvernance mondiale) proposées par la Chine, constituent une approche très concrète pour jeter les bases de ce nouveau paradigme.
Que « l’esprit de Bandung », « l’esprit de Shanghai » et celui de la Neuvième Symphonie de Beethoven — « Tous les hommes seront frères » — soient pour vous une source d’inspiration !