« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Afghanistan

Appel à débloquer les fonds du peuple afghan

Les fanatiques sont à Washington !

12 octobre 2021

Aujourd’hui et dans les jours suivants, nous, citoyens informés du monde et patriotes de nos propres nations, sommes unis, à Washington, Berlin, Lima, Paris, Rome, Buenos Aires, Copenhague, Hambourg, Madrid, Stockholm, Milan, Bruxelles et dans de nombreuses autres villes du monde, pour exposer et dénoncer un crime.

Le 15 août, après quatre décennies d’interventions étrangères, un nouveau gouvernement a accédé au pouvoir en Afghanistan. Bien qu’ayant des orientations que nous n’approuvons pas nécessairement, ce nouveau gouvernement a exprimé sa volonté de faire face aux défis humanitaires immédiats, d’éradiquer la production d’opium, de reconstruire le système de santé afghan et de construire les infrastructures de base nécessaires pour relancer le commerce et le développement.

Comme l’ont bien compris le Pakistan, l’Inde, la Chine, la Russie, le Turkménistan, l’Iran et d’autres, il est dans l’intérêt de tous de permettre à ce nouveau gouvernement de stabiliser la situation en normalisant ses relations internationales. Mais cela ne suffit pas : sans un apport étranger minimal, l’Afghanistan ne parviendra pas à faire face à une crise alimentaire et sanitaire gravissime qui a commencé bien avant le 15 août.

Il est donc scandaleux que, dans les jours suivant la prise de pouvoir des talibans, la Maison Blanche ait annoncé que les actifs de la Banque centrale afghane détenus aux États-Unis ne seraient pas remis au nouveau gouvernement afghan :

— La Réserve fédérale américaine refuse de débloquer les 9,5 milliards de dollars d’actifs de la Banque centrale d’Afghanistan, dont 7 milliards sont détenus par la Fed de New York. Environ 1,3 milliard de dollars sont déposés sur des comptes internationaux, dont une partie en euros et en livres sterling, le reste étant détenu par la Banque des règlements internationaux basée en Suisse. En conséquence, l’Afghanistan ne peut accéder qu’à 0,1 ou 0,2 % de ses réserves totales !

— Le Fonds monétaire international (FMI) a suspendu tout financement en raison du « manque de clarté au sein de la communauté internationale » concernant la reconnaissance du nouveau gouvernement. Les 370 millions de dollars qui devaient être débloqués le 23 août ont été retenus et l’accès aux réserves du FMI en Droits de tirage spéciaux (DTS), qui peuvent être convertis en argent garanti par le gouvernement, a également été gelé.

— La Banque mondiale (comme le dénonce une pétition de Code Pink) a refusé de débloquer quelque 440 millions de dollars, incluant des fonds destinés à payer les enseignants et les travailleurs de la santé afghans. Alors que les atteintes aux « droits des femmes » suscitent un énorme tollé, 13 000 travailleuses de la santé, dont des médecins, sage-femmes, infirmières, équipes de vaccination et autres personnels féminins, ne sont plus rémunérées par le Fonds fiduciaire pour la reconstruction de l’Afghanistan (ARTF) de la Banque mondiale.

Le 29 février 2020, à Doha, les talibans et le gouvernement américain ont signé un accord dont la partie III stipule : « Les États-Unis et la République islamique d’Afghanistan s’engagent à poursuivre des relations positives, y compris la coopération économique pour la reconstruction. (…) Les États-Unis s’abstiendront d’utiliser la menace ou la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de l’Afghanistan, ou d’intervenir dans ses affaires intérieures. »

Aujourd’hui, si les États-Unis veulent regagner respect et estime, ils doivent respecter leurs propres engagements, surtout lorsque des millions de vies humaines, de femmes autant que d’hommes, sont en jeu, comme c’est le cas en Afghanistan en raison d’une crise alimentaire et sanitaire d’ampleur « apocalyptique ». C’est ainsi que deux Afghans sur cinq, dont de nombreux enfants, sont menacés de famine.

Par conséquent, nous, soussignés, demandons au président Joe Biden d’agir dans l’esprit de l’accord de Doha de 2020, signé par les États-Unis, et de lever toutes les sanctions illégitimes imposées à l’Afghanistan, en invoquant notamment des prétextes malveillants pour l’empêcher de disposer des actifs de sa propre banque centrale et d’accéder normalement aux marchés financiers internationaux. L’urgence est ici et maintenant !

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