« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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LaRouche et l’unité entre la science et l’art

11 décembre 2019

Antonella Banaudi est chanteuse lyrique et Professeur de chant, experte sur l’accord de Verdi

Chère Helga, chers amis de l’Institut Schiller et du LaRouche PAC, merci pour ce temps précieux, durant lequel je vais essayer de donner une idée de l’importance de l’action de Lyndon pour le bien et le progrès de l’humanité.

Permettez-moi de commencer dans le vif du sujet.

En 1737, à Leipzig, Lorenz Mizler, un élève de Jean-Sébastien Bach, a fondé une société semi-secrète sur les sciences musicales. Pour y être admis, toute personne devait présenter l’une de ses compositions musicales, qui soit de nature mathématique, et un portrait de lui-même. L’objectif de Mizler était de montrer le lien entre la musique et les mathématiques. La devise de la société était « La musique est le son des mathématiques », ce qui revenait à dire que le mot est le son de la poésie et que les mathématiques sont le langage de la physique et de la science.

L’objectif de la société était de ramener la musique à ses origines pythagoriciennes, et c’est la raison qui a également incité Georg Friedrich Haendel à y participer. Bach y a officiellement adhéré en 1747, et son Art de la fugue et ses Variations de Goldberg sont l’expression brillante d’une musique créée selon les principes de la symétrie géométrique et arithmétique, comme l’ont été ensuite les compositions de Mozart, Beethoven, Schubert, jusqu’à Stravinsky.

Ces symétries sont similaires à celles de la section d’or, dont la plus haute l’expression est le canon. Un autre genre de canon est celui de Vitruve, tel qu’il fut brillamment illustré par Léonard de Vinci dans sa peinture « l’Homme de Vitruve », un condensé de la connaissance mathématique et harmonique du corps humain. Leonard a également étudié la phyllotaxie, qui procède à partir des principes de la proportion d’or exprimés par le nombre irrationnel 0,618... qui a toujours été considéré comme une représentation de la loi universelle de l’harmonie. Le rapport de la section ou de la proportion d’or est exprimé dans la spirale d’or formant notre cochlée, qui envoie ensuite des signaux en forme spirale à notre cerveau, suivant une structure naturelle, et nous permet ainsi de reconnaître inconsciemment le langage de la belle proportion d’or lorsque nous le rencontrons dans l’Art. La même chose s’applique à la vue, car de façon similaire les cônes collectant les signaux lumineux suivent également une spirale d’or.

Les séries de Fibonacci, qui ordonnent les phases de la vie végétale et humaine, sont très proches de la section d’or.

Chaque protéine a cinq côtés créés selon la proportion d’or ; même l’hélice de l’ADN suit la proportion d’or ; certaines galaxies spectaculaires sont clairement des spirales d’or ; la sortie d’une orbite planétaire est calculée à partir de la spirale d’or ; le processus d’explosion des étoiles suit la proportion d’or, de même que les rapports harmoniques de la gamme pythagoricienne.

Lorsque nous écoutons une musique composée selon la proportion d’or, celle-ci entre en harmonie avec notre nature biologique et avec la perception harmonique. Lyndon LaRouche a étudié cette proportion géométrique dans son Manuel sur les rudiments de la tonalité et de la registration.

Il l’a étudiée à travers la voix humaine qui, en plus d’être l’instrument de base de la musique, est selon lui un véritable processus vivant défini par la section d’or. Nous savons que pour bien chanter il faut avoir une oreille éduquée. Lorsqu’on apprend à chanter, on éduque en même temps la voix et l’oreille, tout en éduquant l’esprit à la proportion et à la beauté harmonique. Une belle voix est l’expression d’une belle oreille. De la même façon, une belle composition est le résultat d’un bel esprit, et quand nous l’écoutons nous sommes réellement connecté au bel esprit qui l’a créée.

LaRouche et l’Institut Schiller ont toujours souligné le fait que la voix et l’esprit, à travers l’oreille qui est naturellement constituée selon la proportion d’or, forment un tout. Donc, la musique, si elle veut vraiment être une expression des Muses et de la beauté apollonienne, devrait être structurée à partir des relations d’or. La section d’or relève d’une connaissance qui a été transmise de façon secrète, et c’est pourquoi on l’a définie comme « sacrée » ; comme le dit LaRouche, il n’y a rien de mystérieux ou de mystique dans le fait de considérer que la section d’or représente une valeur absolue des processus vivants.

Confirmant les découvertes de Fibonacci et de Léonard, Kepler, inspiré par le Timée de Platon, a publié en 1597 son monumental Mysterium Cosmographicum, démontrant que le système solaire et les proportions des orbites des planètes découlent des cinq solides platoniciens et de la section d’or, et que les vitesses angulaires des planètes, dans leurs orbites elliptiques, sont proportionnées selon les mêmes rapports que les principaux intervalles musicaux.

A partir des données astronomiques de Kepler, LaRouche a défini le Do à 256 herz par seconde comme « l’intervalle de Kepler dans le système solaire ». En 1800, Carl Friedrich Gauss a introduit l’idée de l’action conique spirale, au lieu de l’action purement circulaire proposée par Kepler. Et LaRouche a démontré que l’action conique spirale correspond aussi à la voix Bel Canto.

Le physicien Joel Sternheimer, un musicien passionné, aurait démontré que les particules élémentaires sont organisées dans un ordre suivant de très près la gamme musicale basée sur le Do à 256 Hz. La fréquence du proton est de 2,26876 fois 10 puissance 23 Herz, valeur qui correspond presque exactement au Sol de la 69e octave au-dessus du Do à 256 Hz. La recherche en optique biophysique a démontré que l’absorption maximale de radiation électromagnétique de l’ADN correspond à une valeur précise qui se trouve à 42 octave au-dessus du Do à 256 Hz. Ce ne sont que quelques exemples qui confirment, au travers des découvertes modernes, combien les physiciens « non-alignés » avaient raison concernant la tonalité scientifique du La à 432 Hz – que voulait Verdi, un maître brillant dont le goût et le savoir esthétique étaient basés sur l’idée du Bel Canto et de la belle musique.

LaRouche a apporté une définition éclairante de la voix, qui m’a toujours inspirée, en disant que parfois nous savons sans savoir que nous savons. Pour résumer : « La voix humaine est au son ce que le laser est à la lumière ; c’est un laser acoustique générant une densité maximale de singularités électromagnétiques, par l’action de ’l’unité’ ». Alors je pose la question : est-ce pour cela que lorsque nous écoutons une belle voix, c’est comme si cela projetait dans nos esprits un monde de couleurs et de formes, dont l’existence n’a besoin d’aucune autre justification que sa beauté ?

C’est là ma petite contribution pour remémorer l’engagement scientifique et artistique de Lyndon, dont nous avons tous appris.

Pour moi, c’est un Maestro, dans le sens classique ancien — c’est-à-dire au sens socratique du terme.

Un Maestro est quelqu’un qui, par son exemple, rappelle et éclaire ce qui est latent chez les autres. Un Maestro est quelqu’un qui fait de sa vie une œuvre d’art.

Il a œuvré aussi bien scientifiquement qu’artistiquement à la recherche et à la transmission du savoir – de ce savoir concernant l’être humain et les lois qui gouvernent le monde et auquel l’homme doit se conformer afin de bâtir une société joyeuse, juste et harmonieuse. Sur le fronton du Temple de Delphes, il est écrit « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux », car tout obéit aux mêmes lois.

Le savoir devient alors conscience, dans le sens de l’obligation éthique d’adopter les principes qui nous distinguent de la vie des brutes, comme Dante nous l’exhortait dans le Chant d’Ulysse dans l’Enfer : « Vous n’avez pas été créés pour vivre comme des brutes, mais pour suivre les vertus et la connaissance ».

LaRouche m’a certainement apporté bien plus que ce que je ne pourrais en dire. Il m’a communiqué une passion pour tous les aspects de la musique en tant que science, qui sont aussi innombrables que fascinants ; une recherche qui m’enrichit constamment et change ma vision du monde.

Mon souvenir de LaRouche est fait d’admiration, d’estime et d’affection, car quiconque sait comment allumer l’étincelle, au moyen de sa torche, dans l’esprit des hommes, est animé par un profond amour pour le bien de l’Humanité, et, cette étincelle, Lyndon LaRouche l’a allumée en chacun de nous. C’est pour cela que nous sommes tous ici.