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Visioconférence internationale du 14 août 2021

L’importance de l’économie physique dans le monde d’aujourd’hui

1ère session

16 septembre 2021

Ding Yifan, professeur titulaire de la chaire « Yiyang » à l’université des Langues étrangères à Pékin, professeur invité à l’Institut des Etudes internationales de l’université de Pékin et chercheur à l’université de Tsinghua.


L’économiste américain Lyndon LaRouche est l’inventeur de « l’économie physique ». Lorsqu’en 1971, l’administration Nixon a manqué à ses engagements envers le système de Bretton Woods et a découplé le dollar américain de l’or, le système de Bretton Woods s’est effondré.

M. LaRouche avait prévu le danger d’un excès de liquidités dans le monde. Et cinquante ans plus tard, de nombreuses choses qu’il avait prédites sont en train de se produire. Si nous ne prêtons pas attention à cesi questions aujourd’hui et les laissons se développer, le monde ira dans une direction plus menaçante à l’avenir, nous conduisant à un dangereux abîme.

Nous devons nous méfier des deux incidents mentionnés par M. LaRouche : l’abus de monnaie et le développement désordonné de l’industrie financière.

1. Lorsque le dollar américain est découplé de l’or, le gouvernement américain est facilement tenté de faire des erreurs monétaires sans discernement. En fait, de nombreux pays dans l’histoire ont fait la même chose, mais ils en ont tous payé le prix fort.

Il y a 2000 ans, sous la dynastie Han, Wang Mang usurpa le pouvoir et émit une nouvelle monnaie. Il décida de réduire la quantité d’or dans chaque pièce émise en y ajoutant du laiton. Les prix grimpèrent en flèche et le régime de Wang Mang fut renversé 14 ans plus tard.

Après avoir occupé les plaines centrales, les Mongols instituèrent la dynastie Yuan. Trouvant très pratique le système de papier-monnaie créé par la précédente dynastie Song, ils l’ont tous accepté. Or, sous la dynastie Song, le papier-monnaie n’était qu’un substitut à la monnaie métallique, qui facilitait les transactions de marchandises. La dynastie Yuan transforma le papier-monnaie en « monnaie fiduciaire », et les commerçants devaient échanger des monnaies métalliques contre du papier-monnaie sur le marché avant d’acheter des marchandises. Marco Polo le relève dans ses récits de voyage. Lorsque la dynastie Yuan était à court d’argent, elle émettait du papier-monnaie pour compléter ses finances. Bientôt, la prolifération de papier-monnaie provoqua l’inflation ainsi que des soulèvements un peu partout, et les Mongols furent rapidement repoussés vers les prairies du nord.

Depuis les années 1970, la monnaie émise par les États-Unis circule dans le monde entier. Le dollar américain ayant un statut unique de monnaie de réserve mondiale, l’excès de liquidités en dollars a entraîné d’énormes pressions inflationnistes dans le monde entier. Ces dernières années, le gouvernement américain semble être devenu accro à l’utilisation de la « monétisation de la dette  ».

Depuis l’épidémie de Covid-19, la Réserve fédérale, banque centrale des États-Unis, a acheté autant d’obligations qu’elle en avait acheté depuis la crise financière de 2008. Lorsque la banque centrale achète des obligations sur le marché, cela signifie, selon les manuels d’économie, qu’elle « imprime de l’argent ». On peut imaginer les conséquences d’une telle production d’argent.

2. Le développement désordonné de l’industrie financière est devenu l’entropie de notre époque, plutôt qu’un outil pour apporter du sang à l’économie.

Dans son livre Alors, vous voulez tout savoir sur l’économie ?, M. LaRouche a repris le concept d’entropie, utilisé en physique, pour décrire des activités économiques qui fonctionnent mais ne peuvent pas générer l’énergie cinétique nécessaire pour assurer le progrès technologique.

Le mot entropie, proposé par le physicien allemand Rudolf Clausius, fait référence à l’énergie cinétique qui ne peut être utilisée pour le travail. LaRouche estime qu’une société qui devient entropique est une « structure dissipative ». Elle consommera beaucoup d’énergie sans produire de valeur réellement utilisable, et finira par épuiser les ressources de toute la société.

Depuis la « déréglementation » du marché financier américain, dans les années 1980, les institutions et les transactions financières ont connu une croissance exponentielle.

Bien que la richesse papier ait beaucoup augmenté, elle n’a pas beaucoup contribué à l’économie réelle. Bien que l’expansion des actifs financiers ait en quelque sorte absorbé les liquidités excessives, elle n’a pas permis à l’argent d’irriguer le marché physique. Bien qu’elle ait contribué à empêcher une hausse générale des prix, elle a créé un cercle vicieux d’« essor et effondrement ».

Depuis, sans bulles financières, le marché des capitaux ne peut fonctionner normalement. Mais la bulle éclatera forcément. Par conséquent, pour maintenir ce cercle vicieux, nous devons continuer à créer des « mythes » et convaincre les pauvres investisseurs individuels sur le marché boursier que tant qu’ils y adhèrent, ils peuvent s’enrichir du jour au lendemain.

Les transactions financières dérivées ont été complètement découplées de la demande réelle. Elles constituent l’entropie du développement économique actuel. Si l’on prend l’exemple des transactions à terme sur le pétrole, leur volume annuel s’élève à plus de 380 milliards de barils, alors que la consommation mondiale annuelle de pétrole n’est que de 36 milliards de barils environ. Ainsi, le volume des transactions à terme est plus de 10 fois supérieur à celui de la consommation. La plupart des transactions à terme sur le pétrole sont effectuées uniquement par des institutions financières, qui se soucient peu de savoir où se trouve l’utilisateur final, mais uniquement de faire la culbute en matière d’investissement.

Bien que le commerce des contrats à terme sur le pétrole soit un facteur important sur le marché financier, ce n’est peut-être pas celui qui présente le plus grand écart entre les contrats à terme et les produits réels. En d’autres termes, le degré de déconnexion entre l’économie virtuelle et l’économie physique est très élevé, peut-être plus de 10 fois. Et la majeure partie de l’économie virtuelle tourne au ralenti, sans être transformée finalement en produit réel. C’est le « cancer » de l’économie mondiale aujourd’hui, et si nous ne nous en débarrassons pas, nous risquons de glisser vers cette société entropique contre laquelle M. LaRouche nous mettait en garde.

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