« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Visioconférence internationale du 14 août 2021

Hommage à Lyndon LaRouche le « Sakharov » de l’Amérique

1ère session

16 septembre 2021

Jozef Mikloshko, ancien vice-premier Ministre du premier gouvernement postcommuniste de Tchécoslovaquie


Chère Helga Zepp-LaRouche, mes chers amis, anciens et nouveaux,

Merci de m’avoir invité à prendre la parole dans cette conférence.
L’héritage de Lyndon LaRouche est une question très importante pour ce monde fou. Lyn était un politicien, un économiste, un mathématicien et un musicologue. Jamais de ma vie je n’avais rencontré quelqu’un d’aussi instruit. C’était un générateur d’idées nouvelles, de toutes sortes, pour sauver le christianisme, la famille et la vie.
Je l’ai rencontré 17 fois, dont 6 fois en Allemagne, 2 fois en Slovaquie et 3 fois à Rome, où j’ai été ambassadeur de Slovaquie pendant cinq ans. Dans mon livre Very Top Secret, je lui ai consacré environ 80 pages.
Son programme politique était basé sur la nécessité de produire et non de spéculer, d’introduire des principes moraux en politique et en économie. Dans les alternatives qu’il proposait pour réformer le système financier, il prédisait une crise due à l’impact destructeur de la spéculation sur les produits dérivés. Aujourd’hui, l’impression d’argent sans contrepartie, aux États-Unis et en Europe, est appelée « assouplissement quantitatif ». Lyn critiquait le système financier actuel, son orientation vers la spéculation boursière et les opérations sur les produits dérivés. Le marché financier se trouve déstabilisé par l’injection de capitaux dans les zones en crise, comme le Fonds monétaire international le fait depuis des années.
Lyn a souvent critiqué la décision du président Nixon concernant l’annulation des accords de Bretton Woods. Il proposait de créer un nouveau traité de Bretton Woods qui introduirait des taux de change fixes mais ajustables, la possibilité de respecter la convertibilité si le gouvernement national le jugeait nécessaire, le contrôle des échanges de devises et des mouvements de capitaux. Ses propositions ont longtemps été ignorées, ces sujets sont restés tabous dans les discours des politiciens.
Je me suis familiarisé avec le cas de Lyn en 1990, alors que j’étais, après la Révolution de velours, vice-premier ministre chargé des droits de l’homme dans le gouvernement fédéral postcommuniste de Tchécoslovaquie, poste que j’occupai pendant deux ans. J’ai rapidement saisi les nombreuses irrégularités dans sa persécution politique. C’est une véritable tragédie qu’au moment de la chute du mur de Berlin, alors qu’il était possible de changer l’histoire, Lyndon LaRouche ait été en prison, où il ne pouvait que regarder se réaliser ses prévisions sur l’Ouest et l’Est.
Mon amitié avec Lyn a commencé en 1993, à la prison de Rochester où je lui rendis visite. Pour lui, une peine de 15 ans équivalait à une condamnation à mort. Il m’a accueilli dans la prison avec le sourire et un esprit optimiste, et nous avons parlé pendant six heures.
LaRouche a introduit les principes moraux chrétiens dans l’économie politique. C’était un combattant du renouveau moral et du sauvetage de la civilisation chrétienne. Il m’a toujours surpris par ses connaissances sur Mozart, Beethoven, sur les super-ordinateurs, la situation en Europe de l’Est, en Russie et en Chine, la protection de la vie, la culture et l’éducation. C’était un combattant acharné, mais il avait aussi beaucoup d’humour et aussi de tendresse, quand il parlait d’amour et d’Agapé.
Lyn fut condamné le 1er décembre 1989 [en réalité, le 16 décembre 1988], juste après la Révolution de velours. C’était un procès politique, et [un verdict de]15 ans de prison était une décision terrible. Ses cinq associés ont été condamnés à un total de 209 ans. Les procès contre lui et ses collègues comportaient tant d’irrégularités que la communauté internationale, moi y compris, a protesté à plusieurs reprises. J’ai écrit plusieurs lettres de protestation aux plus hauts dirigeants américains. Je me suis rendu aux États-Unis avec d’anciens responsables politiques de plusieurs pays, et j’ai visité les deux prisons sordides où étaient emprisonnés les collaborateurs de LaRouche. Je suis fier d’avoir contribué à sa libération conditionnelle, en 1994, et plus tard, à celle des cinq condamnés de Virginie : Mike Billington, Anita et Paul Gallagher, Lawrence Hecht et Donald Phau.
J’ai été très heureux qu’en août 1994, la Slovaquie fût le deuxième pays, après la Russie, que Lyn ait souhaité visiter après sa libération. Il s’y rendit à nouveau en 1996. Nous nous sommes rencontrés dans la maison d’un scientifique slovaque, et 120 jeunes de 17 pays ont alors montré que l’humanité peut tendre vers l’unité. Je me souviens que Lyn avait les larmes aux yeux lorsqu’au coin du feu, nous avons chanté des chansons folkloriques. J’étais fier quand il m’a dit : « En Slovaquie, j’ai passé l’une des semaines les plus belles et les plus heureuses de ma vie.  »
Nous nous sommes également rencontrés à Washington en septembre 1995, lors des auditions d’une commission d’enquête sur les fautes commises par le ministère de la Justice américain. Cette commission s’est battue pour faire disculper LaRouche et faire libérer ses cinq collaborateurs. La commission a conclu qu’il y avait eu des abus flagrants [dans le déroulement] de l’enquête et une violence criminelle dans tout le processus. La même situation se reproduisit plus tard à Wiesbaden, où Lyn parla pendant près de trois heures. Le vin nouveau que j’apporte ne peut pas être mis dans de vieilles outres. La culture de la mort est un scandale. Nous devons lancer une nouvelle révolution basée sur l’amour envers nos voisins.
Lyndon LaRouche, le Sakharov de l’Amérique (le grand dissident de Russie), était un homme politique aux vues originales. Pour ses 75 ans, en septembre 97, un gala avait été organisé aux Etats-Unis avec des chanteurs, musiciens et politiciens de premier plan, et j’ai été très honoré et fier d’être le maître de cérémonie.
Pour finir mon discours, je voudrais introduire quelques idées importantes de LaRouche : l’homme est créé à l’image de Dieu et il a une haute valeur positive. Tout se joue dès l’enfance. En protégeant la famille, on protège la société. L’argent, la contre-culture et la liberté sans frontières rendent les gens prisonniers. Le compromis est un mal et la tolérance du mal doit cesser. Commenter le mensonge est un mensonge. Commençons la révolution de l’amour chrétien, sans penser à nous, comme de bons Samaritains.
Chers amis, le monde attend les idées qui peuvent changer les problèmes de la situation actuelle. En particulier, les Etats-Unis et les pays de l’Ouest ont une mauvaise tendance à l’hédonisme, au consumérisme, au matérialisme et à l’athéisme.
Nous devons expliquer et diffuser les idées de Lyn : c’est pourquoi je suggère de publier dans toutes les langues, un petit livre sur les principes de base de Lyn, sous une forme compréhensible, simple et claire, et de le distribuer dans le monde entier.
Merci beaucoup de m’avoir écouté, et excusez-moi d’avoir oublié, depuis toutes ces années, comment parler un meilleur anglais. Cela aurait peut-être été mieux avec l’italien, l’allemand ou le russe.
Tous mes vœux de succès à vous et à tous les pays du monde.

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