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Visioconférence internationale du 14 août 2021

Conception et gestion du « développement durable », synthèse interdisciplinaire des écoles de Lyndon LaRouche et de Pobisk Kuznetsov

1ère session

20 août 2021

Yekaterina Fyodorovna Shamayeva
PhD en Ingénierie, maître de conférences, Russie

Réputé comme le dernier grand inspirateur de l’Union soviétique, Pobisk Georgiyevich Kuznetsov était une personne ayant été éduquée de manière très peu conventionnelle. Il est né en 1924 à Krasnoïarsk dans une famille d’enseignants, militants du Komsomol. À l’époque, il était populaire de nommer les enfants dans l’esprit d’une nouvelle ère, de sorte que le nouveau-né a été baptisé selon les premières lettres d’une phrase « Période d’octobre, bâtisseurs, initiateurs et partisans du communisme ».
Sa formation intellectuelle et de chercheur s’est faite dans les camps de travail, acceptant avec reconnaissance les connaissances scientifiques des nombreux grands scientifiques qui se trouvaient également derrière les barreaux. Il était mathématicien, philosophe, physicien, chimiste, économiste, médecin et développeur de systèmes de survie pour les vaisseaux spatiaux et de systèmes cinématiques de grandeurs physiques. Il est aussi l’auteur d’un concept de système économique mondial basé sur l’énergie et non sur la finance.
Pobisk Kuznetsov était appelé le Léonard de Vinci russe du XXe siècle.
http://erazvitie.org/english/generalniy-konstruktor


Bonjour, chers collègues et amis. Permettez-moi de commencer par deux citations.

La première vient de cette personne exceptionnelle, Lyndon LaRouche, et consiste en des extraits de deux de ses œuvres :

La notion cruciale sur laquelle toutes les décisions économiques saines sont maintenant fondées, est (…) le fait que les institutions financières et monétaires actuellement en place, sont désespérément et profondément en faillite... 

Autre citation, tirée de son livre de 1984 sur l’économie :

Le corrélatif de l’augmentation du potentiel relatif de densité de population est une augmentation de la densité de flux d’énergie par habitant et par unité de surface, mesurable en kilowatts par mètre carré, une unité de mesure combinant la prise en compte du nombre de kilowatts par mètre carré et la densité de flux d’énergie (reflétée par des équivalents de température) à laquelle cette énergie est fournie.

Maintenant une citation d’un collègue savant de Lyndon LaRouche originaire d’URSS et de Russie, l’érudit Pobisk Kuznetsov (1924-2000) :

Le passage à un développement durable exige que la science économique ne soit pas isolée de la physique et de la technologie, mais qu’elle fasse l’objet d’une nouvelle synthèse. Les conflits qui en découlent sont une lutte pour les sources d’énergie.

Les idées de Lyndon LaRouche et de Pobisk Kuznetsov réunissent leurs points de vue fondamentaux et l’exigence que la notion de valeur (économique) soit liée aux processus et aux mesures des sciences naturelles ; selon les mots de Pobisk Kuznetsov, l’activité humaine doit être mise en conformité avec les lois de la nature et leur projection (dans le temps), c’est-à-dire les lois du développement social (en termes de puissance, de productivité croissante du travail et de budget consacré au temps social).

J’en viens au cœur de mes remarques :

Le développement durable (ou plutôt, pérenne).

L’expression « développement durable » soulève de nombreuses questions pour toute personne normale. Plus de 30 ans se sont écoulés depuis l’approbation du principe et du concept de développement durable. De nombreux ouvrages ont été publiés sur cette problématique. En règle générale, ces ouvrages abordent les différents aspects du développement durable : politique, environnemental, technologique, énergétique et économique.

Ils ont tous un défaut commun : l’absence de lien mesurable entre les différents aspects, avec pour première conséquence, l’impossibilité d’avoir une image cohérente et, deuxième conséquence, l’impossibilité de concevoir et de gérer de manière fiable le développement durable. Ce problème n’existe pas seulement pour ce concept.

Aujourd’hui, les concepts et lois de base de diverses disciplines sont incommensurables. Par conséquent, ils ne sont pas interconnectés (ou le sont d’une manière indéterminée), ce qui entraîne une incapacité mentale à comprendre les connexions existant dans le monde réel et crée l’illusion de leur indépendance, un monde de fausses valeurs, aggrave « l’incapacité professionnelle à comprendre » les problèmes réels et pousse les gens à faire des erreurs, conduisant à une crise mondiale. Il est fondamentalement erroné de considérer le développement durable de la société séparément des lois de la nature, car cela prive l’idée de toute base légitime.

L’idée centrale des travaux du Pr Kuznetsov est la loi du développement de la vie en tant que processus cosmique et planétaire, en tant que loi fondamentale de tous les systèmes socio-économiques ouverts.

Le recueil de ses travaux scientifiques, publié en 2016, s’intitule d’ailleurs La science du développement de la vie (à ce jour, il existe cinq volumes en russe, publiés sous ce titre).

Le développement et l’application des idées du Pr Kuznetsov ont donné à la science économique une nouvelle méthode de formulation des connaissances sur la base des sciences naturelles. Les travaux scientifiques de Pobisk Kuznetsov s’appuient sur les découvertes de S.A. Podolynsky, V.I. Vernadsky, E.S. Bauer et d’autres scientifiques.

L’école scientifique P.G. Kuznetsov s’est formée tout au long de nombreuses années de travaux fondamentaux et appliqués. Elle est représentée par :
• Boris Evgenyevich Bolshakov,
• Victor Igorevich Belyakov-Bodin,
• Victor Mikhailovich Kapustian,
• Andrei Yevgenyevich Petrov,
• Vyacheslav Stepanovich Chesnokov,
• Alexander Yevgenyevich Armensky et bien d’autres, trop nombreux pour être énumérés dans ce court rapport.

À ce jour, cette école scientifique a démontré que le principe généralement accepté du développement durable repose sur une loi générale de la nature – la loi de la conservation de la puissance ou du flux énergétique (dont la découverte et l’application sont liées aux noms de Lagrange, Maxwell et Kuznetsov) – et sa projection, le principe de la « conservation du développement des systèmes vivants », décrit par Vladimir Vernadski et E.S. Bauer. Ces principes postulent, pour le développement, une croissance non décroissante de l’efficacité de l’utilisation de la capacité nette (puissance utilisable) de la société (ses ressources), en interaction avec l’environnement.

Sur la base de ces lois et principes fondamentaux, un système de modèles a été développé (au niveau national et pour les régions), qui permet de concevoir et de gérer les changements de la société de façon légitime, en considérant le développement durable comme la projection des lois générales de la nature sur des systèmes particuliers de coordonnées. Ceci est particulièrement important dans les conditions difficiles du monde actuel.

Il n’est pas surprenant que les idées de Lyndon LaRouche et de Pobisk Kuznetsov continuent d’animer les esprits des scientifiques, des éducateurs et des politiciens, car elles fournissent une base organisationnelle fondamentale pour sortir l’humanité de la crise, pour la préserver et la faire avancer. (Lyndon LaRouche et ses collaborateurs ont formulés de solides solutions pratiques, et des recommandations organisationnelles et politiques).

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Pobisk Kuznetsov (au centre) et Lyndon LaRouche en avril 1994, en Russie

La coopération entre ces deux écoles s’est faite en réponse aux demandes et aux besoins, et dans le cadre de programmes de recherche scientifique : il y a eu des rencontres (telle la discussion entre Lyndon LaRouche et Pobisk Kuznetsov), des séminaires et des conférences scientifiques. Depuis 2013, les présentations de Lyndon LaRouche et de ses associés sont devenues un élément régulier de la « Conférence internationale annuelle sur les problèmes fondamentaux et appliqués du développement durable dans le système Nature - Société - Homme ».

Ces présentations (« La crise mondiale et le développement durable : contradictions fondamentales du développement mondial », « Perspectives de préservation du développement de l’humanité face aux défis et menaces mondiaux », « L’importance stratégique de la nouvelle route de la soie », etc.) ont été chaleureusement accueillies par la communauté scientifique et la jeunesse russes.

En outre, après l’effondrement de l’URSS, les idées scientifiques de Pobisk Kuznetsov ont été intégrées dans les programmes d’enseignement. Au début de l’année 1999, « l’Université internationale de Dubna sur la nature, la société et l’homme » a été fondée, avec un département de développement durable. Plus tard, en 2000, un sous-département du développement durable innovant a été créé, qui a rassemblé plusieurs éminents chercheurs de l’école scientifique internationale P.G. Kuznetsov sur le développement durable.

L’objectif de ce sous-département était de former des gens aux connaissances fondamentales et appliquées pour la conception et la gestion du développement, sur la base des lois des sciences naturelles du développement du système « nature - société - homme », ainsi qu’à l’utilisation de méthodes basées sur les lois générales de la nature, exprimées en paramètres spatio-temporels universels (LT). Les travaux de Robert Bartini, qui ont été regroupés avec ceux de Pobisk Kuznetsov, sont uniques à cet égard.

Au cours de leurs études, les étudiants sont initiés au patrimoine scientifique et à ses applications, notamment aux fondements de l’économie physique et aux idées de Lyndon LaRouche. Le directeur de ce programme éducatif, intitulé « Conception et gestion du développement durable », était Boris Yevgenyevich Bolshakov, qui s’est engagé pendant plus de 20 ans dans l’enseignement, la recherche scientifique et le travail éducatif avec le public, transmettant ces idées scientifiques uniques aux jeunes générations. Il a également effectué plusieurs découvertes exceptionnelles, qu’il a publiées, comme son ouvrage exclusif La loi de la nature, ou comment fonctionne l’espace-temps, qui présente les principes fondamentaux de la LT-physique, de la LT-chimie (*Note) et de l’économie.

En 2018, B.Y. Bolshakov nous a quittés, et le travail éducatif qu’il avait dirigé a connu de grands changements. Mais aujourd’hui, il existe un outil organisationnel unique pour le développement de ces idées : une organisation publique appelée Space Society, sous l’égide de laquelle divers projets éducatifs, d’ingénierie et organisationnels sont réalisés, notamment ceux liés aux écoles scientifiques susmentionnées.

Je représente le domaine qui s’occupe de la conception du développement régional en termes d’instruments de mesure des sciences naturelles, dérivés de la loi de conservation de la puissance. Cela concerne des modèles appliqués à plusieurs pays en termes de puissance, permettant d’évaluer l’équivalence des échanges entre pays. Il existe également des modèles interrégionaux, au sein d’un même pays, pour évaluer le niveau et la qualité de vie en termes de puissance. Nous modélisons également les tendances technologiques et les possibilités de développement, ce qui nécessite de formaliser et d’évaluer les innovations à l’aide d’outils de mesure de la valeur et des sciences naturelles.

Je travaille avec plusieurs groupes de jeunes sur l’élaboration de critères et l’évaluation du budget du temps social, tant pour le pays que pour les macro-régions, ainsi que sur les technologies de planification et de gestion organisationnelles basées sur le système SCALAR (ses auteurs étaient P.G. Kuznetsov et le Laboratoire des systèmes de gestion pour les développeurs de systèmes (LaSURS) de l’Université d’État d’instrumentation et d’informatique de Moscou).

Nous fournissons la base de données statistiques multi-niveaux, nécessaire à la modélisation des systèmes électriques.

Ainsi, nous disposons d’une théorie, d’une méthodologie et d’une technologie développées pour la conception et la gestion du développement durable de systèmes à différents niveaux, le tout basé sur des paramètres universels issus des sciences naturelles. Ce qui s’avère particulièrement nécessaire aujourd’hui, ce sont de nouvelles lignes directrices méthodologiques, des solutions pratiques et des applications, en tant que synthèse des idées fondamentales de ces deux écoles scientifiques.

Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier les organisateurs de ce séminaire et les représentants de l’école de Lyndon LaRouche de m’avoir invitée, ainsi que pour notre collaboration permanente et les réponses à nos travaux.

Chers collègues et amis, je vous remercie de l’attention que vous porterez à mon rapport.

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