« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Rétablir la paix en Afghanistan

S.E. Hamid Sidig, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Islamique d’Afghanistan à Berlin

6 juillet 2016

Voici la transcription et la vidéo de l’intervention de S.E. Hamid Sidig, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Islamique d’Afghanistan à Berlin, lors de la conférence internationale de l’Institut Schiller des 25 et 26 juin 2016 à Berlin.

Retour au programme de la conférence avec les liens aux autres interventions.

Rétablir la paix en Afghanistan

Chère Mme Zepp-LaRouche, chers collègues et amis

J’aimerais exprimer ma gratitude et souligner à quel point je me sens honoré de participer dans cette conférence importante. Depuis trente ans, l’Institut Schiller a joué un rôle décisif pour favoriser le débat sur les enjeux majeurs qui ont façonné l’avenir de notre monde.

Depuis des temps ancestraux, la Route de la soie a été le symbole d’une artère commerciale reliant l’Asie à l’Europe et source de richesses et d’échanges culturels aux bénéfices de tout les pays impliqués.

Noter conférence d’aujourd’hui espère bâtir sur cette tradition ancienne en réunissant des scientifiques et des politiciens afin de développer la Nouvelle route de la soie et commencer le processus pour la guérison de notre région.

Notre vision est d’y faire prospérer une vie pacifique et à l’abri des dangers, permettant ainsi le retour de milliers de réfugiés à leur pays d’origine et la reconstruction de leurs villes et villages.

Cette conférence a pour objectif d’examiner les moyens pour se doter d’un tel futur : un avenir basé sur la coopération économique, sociale, politique et culturelle apportant la stabilité et la prospérité en Eurasie où on en a désespérément tant besoin.

Nous ne devons pas oublier la question importante de la sécurité et la présence d’éléments qui déstabilisent toute la région.

J’estime que nous devons travailler pour construire des infrastructures et des voies de communication pour promouvoir cette vision par le commerce.

Concrètement, cela veut dire construire des liaisons ferroviaires, y compris rapides, doter la région de nouvelles sources d’énergie, plus sûres et plus vertes, explorer des nouvelles technologies et des innovations dans le domaine de la technologie de l’information pour nous faciliter le succès et enfin, conclure des accords de commerce juste nous permettant d’être compétitifs sur les marchés mondiaux.

Nos ancêtres, avec leurs technologies et normes limitées étaient capables d’assurer un rôle commercial important pendant plus d’un millénaire. Aujourd’hui, nous devrions non seulement être capables de l’assumer de nouveau, mais d’en faire l’autoroute commerciale et culturelle du prochain millénaire.

Si nous imaginons un avenir meilleur aujourd’hui, ensemble nous sauront en faire une réalité demain.
Je ne veux pas faire un long discours mais, en conclusion, je veux faire une remarque sur une question très importante, celle des réfugiés.

Je viens d’Afghanistan et, depuis le début de l’invasion soviétique dans les années quatre-vingt, il y a une tendance à ce que nos générations les plus jeunes quittent le pays. Et ces gens qui ont étudié, le pays en a terriblement besoin.

Ma question à la communauté internationale est la suivante : pourquoi, malgré ces milliards de dollars de soutien et de contributions des Etats-Unis, de l’Union européenne et des puissances régionales comme la Chine, l’Inde et d’autres, pourquoi l’Afghanistan est toujours en crise et pourquoi la jeune génération continue à quitter le pays, même de manière encore pire qu’à l’époque de l’invasion soviétique de l’Afghanistan ?

Durant l’invasion soviétique de l’Afghanistan, le nombre de réfugiés qui allaient en Allemagne était de 46.000 personnes. Sur les dix années de leur occupation, 46.000 Afghans sont partis pour aller en Allemagne, mais maintenant, depuis un an et demi, il y a plus que cela, 185.000 Afghans sont partis en Allemagne.

C’est étrange ! Pourquoi ? Pourquoi la jeune générations part-elle ? Tous les jours, je vois des centaines de jeunes qui viennent à l’ambassade et qui demandent une nouvelle carte d’identité et nous les aidons [passage inaudible]. Si je leur demande, ils ne quittent pas l’Afghanistan parce que c’est pauvre ou parce qu’il n’y a pas de travail là-bas mais pour des raisons de sécurité. Les parents vendent leur propriété pour permettre à leurs enfants de quitter le pays.

Depuis quarante ans, l’Afghanistan est en guerre. Le temps de l’Union soviétique est fini, révolu, mais depuis cette époque-là, pourquoi est-ce que nous ne retrouvons pas une vie normale ? Je crois que la communauté internationale ferme les yeux et ne veut pas voir la réalité. Que ce passe-t’il ? Quels sont les pays qui sont impliqués et qui promeuvent le terrorisme ? Des pays riches qui créent des écoles pour ces terroristes, qui leur donnent de l’entraînement et leur donnent des armes. Tous les jours, sous le nom de talibans ou autre, des centaines de jeunes arrivent et perdent leur vie là-dedans.

Et, en définitive, où vont ces terroristes ? Où la communauté internationale les trouvent-elle ? Chacun le sait mais personne ne veut en parler. Personne ne veut résoudre le problème dans la région. Peut-être que tous les problèmes viennent de l’Afghanistan ? Mais j’espère qu’un jour, la communauté internationale trouvera une solution et une réponse à ces questions.

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