« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller
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9 juillet 2026
Allocution de Jacques Cheminade, président de Solidarité & Progrès, à la réunion électorale de Diane Sare, le 5 juillet 2026 à Philadelphie.
« Make the American Revolution Universal Again ». Voilà la mission des patriotes et citoyens du monde américains. La candidate présidentielle Diane Sare en a relevé le défi. Sans hésiter, à sa manière, car c’est une personne de caractère pour qui, plus qu’un devoir, comprendre, juger et agir pour la cause de son pays et de l’humanité constitue son identité même, à la mesure de son cœur et de sa raison. Hélas, à part ses proches, je ne vois pratiquement aucun autre citoyen américain ayant cette force de caractère, mais je suis certain que sa candidature pourra en inspirer des centaines, des milliers ou des millions pour s’élever à ce niveau.
Votre histoire, l’histoire qui a engendré votre République, en est la preuve. Créer un pays de toutes pièces a exigé alors de changer la manière de penser, comme vient de nous le montrer Helga Zepp-LaRouche.
Cependant, en ce 250e anniversaire de votre indépendance, vos représentants ont trahi leurs ancêtres, leurs « Pères fondateurs », comme vous les appelez, et le moment est venu de vous ressaisir. Si Diane Sare n’y parvient pas, avec tous ceux qui la soutiennent, au premier rang desquels José Vega, je ne vois pas ce qui pourra nous éviter à nous tous, Américains et citoyens des autres pays du monde, une nouvelle guerre mondiale, au risque d’anéantir l’humanité, ou/et un effondrement économique, entraîné par la chute de la pyramide de Ponzi bâtie par la spéculation insensée du système de la City et de Wall Street.
Car c’est au sein des Etats-Unis que se trouve l’enjeu décisif. Non pas en soi, mais comme facteur-clé dans l’histoire du monde. Ce qui y domine aujourd’hui est bien pire que ce que dénonçait Eisenhower en 1961. C’est un complexe techno-militaro-industriel aux abois financièrement, avec ces 2,4 millions de milliards de fausse monnaie, dont ils veulent maintenir la valeur fictive en gouvernant par la peur. Les seigneurs de la guerre de Silicone Valley et de Wall Street ne s’en cachent pas, espérant que leur pouvoir, renforcé par le recours à l’Intelligence artificielle et la violence répressive, leur permettra de gouverner par la peur en écrasant leurs ennemis.
Il ne s’agit plus des Etats-Unis d’Amérique mais d’une mutation du système britannique : au contrôle d’une Grande Amérique, proclamée par Trump et voulue par son entourage de multimilliardaires, du Groenland à la Terre de Feu, correspond la volonté de les abêtir et de les dévoyer en les immergeant dans des paradis artificiels, comme Jérôme Bosch en illustra les effets en son temps.
Le pape Léon XIV, dans sa première Encyclique, le décrit justement comme une colonisation des esprits voulue par ceux qui conçoivent les algorithmes, capturent les données et contrôlent les narratifs, dans la presse écrite et la télévision pour les plus âgés, au sein des réseaux sociaux pour les plus jeunes. Le brainstorming est devenu la façon d’opérer de ceux qui exercent le pouvoir vis-à-vis de leurs sujets. Nous sommes ainsi tous soumis à un lavage de cerveau et je suis certain que les sages paroles de Diane Sare peuvent être, pourvu que nous le voulions, le meilleur des contrepoisons.
Le mensonge est devenu leur modus operandi. Ils ne s’en cachent même plus. La réception par Donald Trump du roi d’Angleterre, Charles III, en a été la preuve patente. Vicieusement, celui-ci a présenté l’histoire de l’indépendance américaine comme une conséquence du système de pensée britannique. Comme si on pouvait se jouer de l’histoire comme sur la table d’un tripot, affirmant avec un sourire supérieur le contraire de la vérité. Et Donald Trump, comme on dit dans la pêche au gros, a avalé l’hameçon en en remettant une couche. D’ailleurs, Chat Gpt vous dira que les précurseurs de la Révolution américaine sont John Locke, Voltaire, Isaac Newton, la Magna Carta et les traditions constitutionnelles anglaises. Rien sur Leibniz ni sur sa conception de la recherche du bonheur, la joie de découvrir les lois du monde créé, rien sur l’inspiration de Benjamin Franklin, mais tout sur « la vie, la liberté et la propriété » de Locke, comme si la possession égoïste de biens pouvait être un des droits inaliénables de l’homme et le socle de la République !
Ces questions sont fondamentales car elles déterminent notre manière de penser. Diane Sare en est, plus que quiconque, parfaitement consciente. Comme elle l’a dit à plusieurs reprises, c’est son travail auprès de Lyndon LaRouche qui lui a ouvert l’esprit et a inspiré son engagement. Et c’est, comme tous ceux qui l’entourent, quelqu’un qui travaille énormément !
Je vous demande donc de l’aider, pour elle, donc pour vous tous, de la même façon que chez nous, le général De Gaulle fut aidé par son peuple pour libérer la France de l’occupation nazie. Car ce qui se joue dans le monde est un retour à un système de domination imposé par des forces du même type, un féodalisme financier reprenant le même mode d’opérer à l’échelle du monde occidental. On a donc un besoin urgent d’individus ayant le caractère de Diane, portant un grand dessein et non l’opportunisme visant à occuper le pouvoir.
Je voudrais simplement dire un mot sur ce que la presse française appelle « l’émergence de la gauche radicale » aux Etats-Unis. Permettez-moi de vous mettre en garde. Les nouveaux élus démocrates, à New York, au Colorado ou ailleurs, ne sont pas des « communistes », comme les en accuse Donald Trump, mais quelles que soient leurs intentions, ils ne proposent aucune alternative de fond et ne font campagne que pour « sortir les sortants ».
L’important est cette vague de fond qui se dessine dans votre peuple et dont Diane est le vecteur potentiel, que vous devez rendre réel, pour conduire cette vague vers un retour à l’universalisme et aux principes des meilleurs parmi les « insurgents » du XVIIIe siècle. Avec une vision, un dessein et le courage, pour elle comme pour José Vega, de les brandir en public, face à leurs adversaires et à leurs ennemis, en suscitant une tension légitime et non un désir de vengeance.
Quand je pense au 4 juillet, ce qui me vient à l’esprit est un Benjamin Franklin parcourant toute l’Europe pour rallier à la cause anticoloniale la majorité mondiale nécessaire. Notamment, et surtout en France, c’est Alexandre de la Rochefoucauld, élu membre de la Société philosophique de Benjamin Franklin, c’est James Monroe, reçu à Paris par la Convention comme un collègue en 1794, c’est Alexander Hamilton, George Washington, James Madison et Thomas Paine faits citoyens d’honneur français, en même temps que Friedrich Schiller, et c’est enfin, le 4 juillet 1852 puis le 14 avril 1876, Frederick Douglass s’adressant à son peuple et Ulysse Grant, le 14 avril, soutenant le 15e amendement étendant le droit de vote à tous les citoyens masculins, « sans distinction de race, de couleur ou de condition antérieure de servitude ».
Je dois ajouter que Frederick Douglass était un fervent défenseur du droit de vote pour les femmes, qui durent attendre pour le conquérir 1920 aux Etats-Unis et 1944 en France. Aujourd’hui, Diane Sare est la véritable héritière de ce combat, à travers les idées.
Or, si je compare ce que je viens de dire à la célébration officielle du 250e anniversaire dans votre pays, le contraste est terrifiant. Non seulement son organisation est bâclée, sans principe directeur, mais elle est dédiée à la célébration d’un homme qui cherche à imprimer son nom partout. Alors que Georges Washington, bien que jouissant d’une immense popularité, s’était retiré en 1790 après deux mandats présidentiels, refusant de fonder une dynastie et mettant en garde, dans son discours d’adieu, contre l’esprit de parti et les « impostures d’un prétendu patriotisme », aujourd’hui le président Trump, ses enfants et ses proches s’enrichissent en spéculant, tout comme Nancy Pelosi et son mari l’avaient fait auparavant.
Avec Trump, cependant, on passe à l’échelle supérieure – la domination d’un groupe se livrant à d’incessantes spéculations financières, entre délits d’initiés sur ce qui reste des marchés et confusion des genres, entre construction d’une nouvelle salle de danse à la Maison Blanche et célébration d’arts martiaux mixtes face à elle. La présidence actuelle n’est que l’aboutissement d’un dévoiement moral entamé depuis l’assassinat de John Kennedy. C’est en prenant la mesure de cette dynamique destructrice, par-delà les étiquettes démocrate ou républicaine, que Diane Sare revient aux sources de votre pays.
Ces sources, plus que personne, nous autres Français les partageons avec vous et avec tous les citoyens du monde qui se sont engagés dans la création de votre République. Je dois ici vous dire deux choses. D’abord, les Etats-Unis ne sont pas un pays anglo-saxon, mais un melting-pot de peuples du monde en quête d’une vie meilleure – tous les hommes créés égaux – et de la liberté. Une République qui ne cherche pas à trouver des monstres ailleurs pour leur faire la guerre mais à donner en exemple son attachement au bien commun. Ensuite, votre exception est d’avoir été la première République fondée sur le consentement de ses citoyens et l’appui d’un parti américain international sans lequel votre indépendance n’aurait jamais pu être obtenue.
Militairement : la bataille décisive, celle de Yorktown, a été gagnée par les quelque 9000 soldats commandés par George Washington, associés à une armée française d’environ 7000 hommes commandée le comte de Rochambeau. Et c’est la flotte française, sous les ordres de l’amiral de Grasse, qui, dans la baie de Chesapeake, empêcha le débarquement de renforts britanniques qui auraient pu changer le sort de la bataille. Au sein même de l’armée américaine, on avait bien sûr le marquis de La Fayette, Tadeusz Kosciusko et bien d’autres. Cependant, c’est le général prussien von Steuben qui organisa l’entraînement crucial des insurgents à Valley Forge, leur apportant sa compétence et son acharnement.
Financièrement : ce sont les Bourbons de France et d’Espagne, Louis XVI et Carlos III, qui fournirent les millions de livres nécessaires. En France, Beaumarchais créa une compagnie commerciale factice, sous le nom de Rodrigue Hortalez et Cie, dont les navires partaient de Bordeaux, du Havre et de Marseille en direction des Caraïbes puis du territoire américain. Les antibritanniques des « services spéciaux » ( le « Secret » du Roi) soutinrent eux aussi la révolution américaine, qui reçut ainsi de l’argent, du crédit, des armes, des munitions et des ingénieurs du Génie militaire.
Intellectuellement : grâce aux efforts de Benjamin Franklin, c’est tout un « parti américain » qui se constitua en Europe, faisant pencher la balance lorsque les monarques hésitaient à trop s’engager en faveur de cette République qui aurait pu contaminer leurs propres peuples. C’est ainsi que Franklin rencontra Lazare Carnot, dont nous avons repris la devise dans notre journal Nouvelle Solidarité : « élever à la dignité d’hommes tous les individus de l’espèce humaine ».
Carnot était poète (il s’inspira de Schiller) et physicien. Mozart appartenait également à ces milieux, comme l’illustre son Don Juan, attaque en règle contre le comportement féodal et prédateur. En Espagne, la Révolution américaine était soutenue par les « ilustrados », comme les colbertistes Gaspard Melchior de Jovellanos, Pedro Rodriguez Campomanes et le banquier français d’origine basque, Francisco Cabarrus. Ce dernier fonda la Banque San Carlos, un établissement de crédit public, avec une mission de service public pour laquelle elle rassemblait des capitaux privés espagnols, français et même néerlandais.
Le grand peintre Francisco de Goya faisait partie de ces cercles : il fut même actionnaire de la Banque de San Carlos et réalisa des portraits de Cabarrus et de ses autres administrateurs. Cette banque fut le modèle dont s’inspira plus tard Alexander Hamilton pour créer la première Banque nationale des Etats-Unis.
Par ailleurs, en Inde, Tipu Sahib, sultan de Mysore, combattit, aux côtés de son père puis en lui succédant, la Compagnie des Indes orientales britannique. Il envoya trois ambassadeurs auprès de Louis XVI pour organiser une alliance avec la France et soutint une association de républicains français installés dans sa capitale, Shrirangapattana. Bien qu’indirectement, s’est ainsi constitué un front indo-franco-américain, l’acharnement des sultans de Mysore, et parfois leurs victoires, détournant en partie les Britanniques du front américain. Plus tard, les penseurs et militants indiens s’intéressèrent directement aux exemples de la lutte anticoloniale américaine et de l’effort français pour protéger leur souveraineté nationale contre les Britanniques.
Bref, la Révolution américaine est bien plus universelle que je le pensais moi-même, avant de la revivre avec mes amis américains et d’éprouver l’idée d’une fraternité au sein de laquelle chacun apporte sa voix en chantant en accord avec celle des autres.
Diane a compris que le pape Léon XIV et le président Xi Jinping se rejoignent dans cette vision du monde, ce que Vladimir Poutine a appelé une « polyphonie des nations » qui doit nous permettre d’échapper à l’affrontement entre blocs. Les Etats-Unis doivent non seulement en faire partie, mais en devenir un élément moteur, avec la France, dès que nous aurons chassé de nos pays leur occupant financier, technologique et militaire. C’est sur ce point que je rejoins particulièrement Diane Sare.
A ce stade de ma présentation, peut-être certains d’entre vous se diront-ils que je m’ingère dans les affaires intérieures d’un autre Etat, à l’encontre des principes du droit international. Je leur réponds qu’au contraire, en tant que patriote et citoyen du monde, je me dois d’intervenir dans l’histoire américaine comme ceux qui répondirent à l’appel de Benjamin Franklin.
Car la Révolution américaine fut, dans son élan, une conspiration universelle et dans sa réalisation, un combat commun. Compte-tenu des menaces, bien plus grandes qu’à l’époque, qui pèsent aujourd’hui sur le monde, nous devons intervenir au niveau du monde. Nous sommes tous sur le même bateau, qu’il faut quitter au plus vite avant qu’il ne devienne définitivement un bateau ivre ou la nef des fous. Le moment est venu pour chacun d’entre nous de prendre le gouvernail ou, au moins, d’aider ceux qui ont le courage de le faire pour le bien commun. Nous devons remporter la victoire pour changer l’environnement du monde, car aucun problème, aucune crise ne peuvent être résolus séparément et durablement.
Je sais que Diane en est consciente, et que ceux qui la respectent et la soutiennent le savent aussi. Vous vous demanderez peut-être pourquoi, après la Révolution américaine, l’alliance des patriotes américains et des humanistes de toute l’Europe et du monde n’a pas conduit à la paix et au progrès mutuel. C’est une excellente question pour aujourd’hui. La réponse est que le comportement et les principes du colonialisme britannique n’ayant pas été éradiqués une fois pour toutes, ils ont continué à infecter le monde.
Face à la mauvaise situation financière de leur pays, les dirigeants américains passèrent des accords commerciaux avec Londres et dès 1794, autorisèrent la Royal Navy à confisquer les marchandises françaises à bord des navires américains. En réaction, la Convention bloqua les bateaux américains dans les ports tricolores et autorisa les corsaires à s’en emparer en mer. Une quasi-guerre franco-américaine qui dura six ans !
Les agents britanniques essayèrent par tous les moyens d’empêcher une alliance franco-américaine en suscitant l’opposition entre les deux côtés et les conflits entre factions au sein de chaque camp. Alexander Hamilton fut assassiné en duel par le colonel Aaron Burr, éliminant ainsi le plus brillant des patriotes américains, créateur d’une Banque nationale et inspirateur d’une économie industrielle républicaine.
En France, les Britanniques jouèrent les deux extrêmes pour y entretenir une guerre civile : soutien aux insurrections de Vendée et aux émigrés de Coblence contre la République, encouragement au massacre des chouans par les jacobins, organisation et financement de toutes les armées féodales d’Europe contre la République et provocations au sein des dirigeants de la Révolution, jusqu’à les conduire à se guillotiner entre eux pendant que s’enrichissaient les commissaires aux armées, déchaînements de violence, contrôle des lupanars et des tripots. Bref, le recours systématique à la méthode de « diviser pour régner » et à toutes les formes de corruption, les « hommes de Londres » abusant des faiblesses et des émotions irrationnelles de leurs ennemis pour qu’ils s’entredétruisent.
C’est ce qu’a parfaitement analysé Lyndon LaRouche, non seulement comme un examen historique compétent mais comme une mise en garde pour nous tous aujourd’hui. Il est clair, comme l’a bien exprimé Helga Zepp-LaRouche, que nous devons changer de manière de penser si nous voulons mettre fin à un système au sein duquel la déshumanisation et la barbarie se propagent jusque sur nos écrans. Les clés pour en sortir sont une nouvelle architecture de paix par le développement et la sécurité mutuels, à l’échelle du monde et de chaque pays. Idéalisme ? Oui, mais l’alternative est une guerre qui pourrait anéantir notre espèce.
Soyez donc assez idéalistes pour avoir le réalisme de vous joindre à l’engagement de Diane Sare et de ses compagnons, camarades et amis. Ils sont engagés à redonner à la révolution américaine sa portée universelle. C’est une question de vie ou de mort pour nous tous.