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	<title>Institut Schiller</title>
	<link>https://www.institutschiller.org/</link>
	<description>Tout en promouvant la paix par le d&#233;veloppement &#233;conomique et le respect de la souverainet&#233; des nations, l'Institut Schiller est &#233;galement actif dans le dialogue des cultures, en mettant l'emphase sur une meilleure compr&#233;hension de l'&#171; avantage d'autrui &#187;, concept inspir&#233; du Trait&#233; de Wesphalie (1648) ayant mis fin &#224; la Guerre de trente ans en Europe.</description>
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		<title>Institut Schiller</title>
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		<title>Les grues d'Ibykus
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		<dc:date>2022-03-21T16:36:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Lantrade
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Justice
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		<dc:subject>Po&#233;sie
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		<description>
&lt;p&gt;L'une des ballades embl&#233;matiques de Friedrich Schiller. Il y raconte la mort tragique du po&#232;te Ibykus et comment justice lui est rendue. Un po&#232;me d'une actualit&#233; br&#251;lante, tant le mensonge et l'injustice ont aujourd'hui &#233;t&#233; &#233;rig&#233;s en instruments de &#171; gouvernance &#187; au vu et au su de tout le monde. Bien que la traduction en fran&#231;ais ne puisse rendre ce que transmet la langue d'origine, le po&#232;me garde n&#233;anmoins toute sa puissance d'&#233;vocation. &lt;br class='autobr' /&gt; . &lt;br class='autobr' /&gt; Ibycus se rendait &#224; la lutte des chars et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Friedrich-Schiller" rel="directory"&gt;Friedrich Schiller
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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Justice" rel="tag"&gt;Justice
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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH130/diekranichedesibykus-9235a.jpg?1775630540' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'une des ballades embl&#233;matiques de Friedrich Schiller. Il y raconte la mort tragique du po&#232;te Ibykus et comment justice lui est rendue. Un po&#232;me d'une actualit&#233; br&#251;lante, tant le mensonge et l'injustice ont aujourd'hui &#233;t&#233; &#233;rig&#233;s en instruments de &#171; gouvernance &#187; au vu et au su de tout le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que la traduction en fran&#231;ais ne puisse rendre ce que transmet la langue d'origine, le po&#232;me garde n&#233;anmoins toute sa puissance d'&#233;vocation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#FFF8DC;&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/diekranichedesibykus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH432/diekranichedesibykus-60acc.jpg?1775630540' width='500' height='432' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1988 '&gt;Die Kraniche des Ibykus - Heinrich Schwemmingen
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ibycus se rendait &#224; la lutte des chars et des chants, qui, sur l'isthme de Corinthe, rassemble joyeusement les peuples de la Gr&#232;ce : Ibycus, l'ami des dieux, &#224; qui Apollon accorda le don du chant, une voix aux accents m&#233;lodieux. S'appuyant sur son l&#233;ger b&#226;ton, il s'&#233;loigne de Rh&#233;gium, plein du dieu qui l'inspire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;D&#233;j&#224;, sur le dos &#233;lev&#233; de la montagne, l'Acrocorinthe attire les yeux de notre voyageur, et il p&#233;n&#232;tre avec une horreur pieuse dans la for&#234;t de pins de Neptune. Rien ne se meut autour de lui ; il n'est accompagn&#233; que d'essaims de grues qui, form&#233;es en escadron gris&#226;tre, vont chercher au loin les chaleurs du Midi.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Salut, troupes amies, qui m'escortiez sur mer ! Je vous prends pour un heureux pr&#233;sage. Mon sort ressemble au v&#244;tre. Nous venons de loin, vous et moi, et nous cherchons un toit hospitalier... Que le Dieu de l'hospitalit&#233; nous soit propice, lui qui &#233;carte l'outrage de l'&#233;tranger ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il presse gaiement le pas, et bient&#244;t se voit au milieu de la for&#234;t. Tout &#224; coup, dans l'&#233;troit sentier, deux assassins lui barrent le passage. Il faut qu'il s'appr&#234;te au combat, mais bient&#244;t sa main retombe &#233;puis&#233;e. Elle a tendu les cordes l&#233;g&#232;res de la lyre, mais jamais l'arc puissant.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il invoque et les hommes et les dieux : nul sauveur n'entend sa pri&#232;re ; aussi loin qu'il lance sa voix, pas un &#234;tre vivant ne se montre : &#171; il me faut donc mourir ici, d&#233;laiss&#233;, sur la terre &#233;trang&#232;re, o&#249; nul ne me pleurera ! p&#233;rir de la main de ces mis&#233;rables, sans m&#234;me voir para&#238;tre un vengeur. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Atteint d'un coup mortel, il tombe. &#192; ce moment retentissent les ailes des grues. Il entend, car d&#233;j&#224; il ne peut plus voir, il entend pr&#232;s de lui leurs voix rauques pousser un cri terrible : &#171; &#212; grues qui volez l&#224;-haut, si nulle autre voix ne parle, vous du moins, d&#233;noncez le meurtre ! &#187; Tel est son dernier cri, et son &#339;il s'&#233;teint.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;On trouve le cadavre d&#233;pouill&#233;, et bient&#244;t, malgr&#233; les plaies qui le d&#233;figurent, son h&#244;te, &#224; Corinthe, reconna&#238;t les traits qui lui sont chers : &#171; est-ce ainsi que je devais te retrouver ? Et pourtant j'esp&#233;rais ceindre de la couronne de pin les tempes du chanteur, brillant moi-m&#234;me d'un rayon de sa gloire. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tous les &#233;trangers r&#233;unis pour la f&#234;te de Neptune g&#233;missent en apprenant cette nouvelle ; la Gr&#232;ce enti&#232;re est saisie de douleur : tous les c&#339;urs ont ressenti sa perte, et le peuple afflue en tumulte chez le Prytane ; sa fureur exige qu'on venge les m&#226;nes de la victime, qu'on les apaise avec le sang du meurtrier.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais o&#249; est la trace qui, dans ces flots press&#233;s, dans la foule des peuples attir&#233;s par l'&#233;clat des jeux, fera reconna&#238;tre l'auteur d'un si noir forfait ? Sont-ce des brigands qui l&#226;chement l'ont assassin&#233; ? Est-ce un ennemi secret pouss&#233; par l'envie ? H&#233;lios seul peut le dire, lui qui &#233;claire toute chose terrestre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Peut-&#234;tre, en ce moment m&#234;me, marche-t-il effront&#233;ment au milieu des Grecs, et, tandis que la Vengeance le cherche, jouit-il du fruit de son crime. Peut-&#234;tre, sur le seuil m&#234;me de leur temple, brave-t-il les dieux, ou se m&#234;le-t-il hardiment &#224; ces vagues humaines, l&#224;-bas, qui se pressent vers le th&#233;&#226;tre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Car d&#233;j&#224;, serr&#233;s banc contre banc (les &#233;tais de l'amphith&#233;&#226;tre rompent presque sous le poids), les peuples de la Gr&#232;ce, accourus de pr&#232;s et de loin, sont assis et attendent. R&#233;sonnant sourdement comme les flots de la mer, les gradins, en arcs de plus en plus ouverts, montent, fourmillant d'hommes, jusqu'&#224; l'azur des cieux.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Qui peut compter, qui peut nommer les peuples que l'hospitalit&#233; rassemble en ce lieu ? Ils sont venus de la ville de C&#233;crops [Th&#233;s&#233;e], du rivage d'Aulis, de la Phocide, du pays des Spartiates, des c&#244;tes lointaines de l'Asie, de toutes les &#238;les ; et, de l'estrade o&#249; ils si&#232;gent, ils &#233;coutent l'affreuse m&#233;lodie du ch&#339;ur.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Qui, grave et aust&#232;re, selon l'antique usage, sort du fond de la sc&#232;ne, d'un pas lent et mesur&#233;, et fait le tour du th&#233;&#226;tre. Ce n'est point ainsi que marchent des femmes terrestres ; elles ne sont pas filles d'une race mortelle ! Leur taille gigantesque s'&#233;l&#232;ve bien au-dessus des proportions humaines.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un manteau noir bat leurs flancs ; elles agitent dans leurs mains d&#233;charn&#233;es la lueur rouge-sombre des torches ; dans leurs joues il ne coule point de sang, et l&#224; o&#249; les cheveux ondoient gracieusement et voltigent avec charme autour des fronts mortels, on voit ici des serpents et des vip&#232;res gonfler leurs ventres gros de venin.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et tourn&#233;es en cercle, elles entonnent le mode effrayant de l'hymne qui p&#233;n&#232;tre et d&#233;chire le c&#339;ur, et serre autour du coupable les liens du remords. Ali&#233;nant le sens, &#233;garant le c&#339;ur, le chant des Furies &#233;clate : il &#233;clate, consumant l'auditeur jusqu'&#224; la moelle de ses os, et ne souffre pas les accords de la lyre :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Heureux qui, exempt de faute et d'erreur, conserve son &#226;me na&#239;ve et pure ! Nous ne pouvons approcher de lui nos mains vengeresses ; il suit librement le chemin de la vie. Mais malheur, malheur &#224; qui commit dans l'ombre l'&#339;uvre impie de l'homicide ! Nous nous attachons &#224; ses pas, nous, les filles terribles de la Nuit.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Et croit-il, par la fuite, nous &#233;chapper, nous avons des ailes et nous sommes l&#224;, lan&#231;ant nos lacs autour de son pied fugitif : il faut qu'il tombe &#224; terre. Nous le poursuivons sans rel&#226;che (point de repentir qui nous d&#233;sarme !), en avant, toujours en avant, jusqu'au s&#233;jour des ombres, et l&#224; m&#234;me nous ne le laissons pas libre. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Chantant ainsi, elles dansent leur ronde, et le silence, un silence de mort, p&#232;se lourdement sur l'assembl&#233;e, comme si la divinit&#233; &#233;tait proche. Et solennellement, selon l'antique usage, faisant le tour du th&#233;&#226;tre, d'un pas lent et mesur&#233;, elles disparaissent au fond de la sc&#232;ne.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et tous les c&#339;urs tremblent et flottent, incertains encore, entre l'illusion et la r&#233;alit&#233;, et ils rendent hommage &#224; la puissance terrible qui veille et juge dans le secret des &#226;mes ; qui, imp&#233;n&#233;trable, inscrutable, tresse le sombre n&#339;ud du destin, et se r&#233;v&#232;le au fond du c&#339;ur, mais fuit la lumi&#232;re du soleil.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tout &#224; coup, sur les plus hauts gradins, on entend une voix qui crie : &#171; Vois donc, vois donc, Timoth&#233;e ! les grues d'Ibycus !&#8230; &#187; et en m&#234;me temps le ciel s'obscurcit, et, au-dessus du th&#233;&#226;tre, on voit passer en noir tourbillon une arm&#233;e de grues.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; D'Ibycus !&#8230; &#187; Ce nom ch&#233;ri rallume la douleur dans toutes les &#226;mes, et, comme dans la mer le flot succ&#232;de au flot, ces mots volent de bouche en bouche : &#171; d'Ibycus ? que nous pleurons, qu'une main meurtri&#232;re a frapp&#233; ? Que dit-il de lui ? quelle peut &#234;tre sa pens&#233;e ? Qu'a-t-il &#224; dire de cette vol&#233;e de grues ?&#8230; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;La question se r&#233;p&#232;te de plus en plus bruyante ; et, prompt comme l'&#233;clair, un pressentiment traverse tous les c&#339;urs : &#171; Prenez garde ! C'est la puissance des Eum&#233;nides ! Le pieux po&#232;te est veng&#233; ! le meurtrier s'offre lui-m&#234;me ! Saisissez l'homme qui a dit cette parole, et celui &#224; qui elle s'adressait. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Cependant, &#224; peine ce mot lui a-t-il &#233;chapp&#233;, qu'il voudrait le retenir dans son sein ; mais c'est en vain : l'effrayante p&#226;leur de leurs l&#232;vres trahit aussit&#244;t les deux complices. On les arrache de leur place, on les tra&#238;ne devant le juge ; la sc&#232;ne est transform&#233;e en tribunal, et les sc&#233;l&#233;rats font l'aveu de leur crime, atteints des foudres de la Vengeance.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Friedrich Schiller&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/-Publications-.html&#034;&gt;Publications&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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