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	<title>Institut Schiller</title>
	<link>https://www.institutschiller.org/</link>
	<description>Tout en promouvant la paix par le d&#233;veloppement &#233;conomique et le respect de la souverainet&#233; des nations, l'Institut Schiller est &#233;galement actif dans le dialogue des cultures, en mettant l'emphase sur une meilleure compr&#233;hension de l'&#171; avantage d'autrui &#187;, concept inspir&#233; du Trait&#233; de Wesphalie (1648) ayant mis fin &#224; la Guerre de trente ans en Europe.</description>
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		<title>Institut Schiller</title>
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		<title>Luttons pour la beaut&#233; de l'&#226;me humaine !
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		<dc:creator>Bernard
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		<dc:subject>Cr&#233;ativit&#233;
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&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit pour le rapport sp&#233;cial de l'EIR &#224; para&#238;tre sur la chute de la classe Epstein, sous le titre &#171; L'empire est nu &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; L'effroyable niveau de d&#233;pravation des clients du p&#233;dophile condamn&#233; Jeffrey Epstein provoque une onde de choc mondiale. On prend conscience que cette forme d'esclavage moderne ne concerne pas seulement un tr&#232;s grand nombre de millionnaires et de milliardaires, qui aspirent &#224; devenir des trillionaires, mais que des pans entiers du pouvoir &#8212; les plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH100/design_sans_titre_30_-b599d.png?1775123139' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit pour le rapport sp&#233;cial de l'EIR &#224; para&#238;tre sur la chute de la classe Epstein, sous le titre &#171; L'empire est nu &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'effroyable niveau de d&#233;pravation des clients du p&#233;dophile condamn&#233; Jeffrey Epstein provoque une onde de choc mondiale. On prend conscience que cette forme d'esclavage moderne ne concerne pas seulement un tr&#232;s grand nombre de millionnaires et de milliardaires, qui aspirent &#224; devenir des trillionaires, mais que des pans entiers du pouvoir &#8212; les plus hautes sph&#232;res du cercle restreint &#8212; ont tol&#233;r&#233;, voire cautionn&#233;, cet esclavage moderne &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se rend compte aujourd'hui que ce n'est pas seulement le nombre extraordinairement &#233;lev&#233; de ces milliardaires, mais aussi les instances de pratiquement tous les gouvernements de l'Occident qui ont couvert ces crimes en n'engageant absolument aucune enqu&#234;te pendant des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est essentiel de comprendre qu'une m&#234;me mentalit&#233; a guid&#233; les auteurs des abus sexuels commis sur d'innombrables jeunes femmes, filles et enfants ainsi que les pratiques &#233;conomiques pr&#233;datrices des institutions financi&#232;res internationales &#224; l'encontre des pays en d&#233;veloppement et des populations les plus pauvres ; et elle est responsable des profits sans scrupules r&#233;alis&#233;s au sein du complexe militaro-industriel, o&#249; le profit engendre la guerre et la mort de millions de personnes. En r&#233;alit&#233;, ce sont souvent les m&#234;mes individus, multit&#226;ches, qui tirent les ficelles dans diff&#233;rents domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se demande pourquoi le monde est actuellement dans un &#233;tat aussi terrible, avec des g&#233;nocides perp&#233;tr&#233;s ouvertement, des syst&#232;mes de sant&#233; d&#233;truits et un m&#233;pris total pour la vie et les valeurs humaines, il faut se rendre &#224; l'&#233;vidence : tout cela d&#233;coule de la m&#234;me mentalit&#233; que celle de ces milliardaires qui aspirent &#224; devenir des trillionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; de telles atrocit&#233;s inimaginables, deux r&#233;actions sont possibles. Soit on se laisse gagner par le d&#233;sespoir et l'on finit par se r&#233;signer &#224; une soci&#233;t&#233; d&#233;shumanis&#233;e, soit on se dit &lt;i&gt;&#171; &#231;a suffit ! il y a des limites &#224; la tyrannie ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;r&#233;f&#233;rence au Serment du Gr&#252;tli dans la pi&#232;ce Guillaume Tell de Friedrich (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et on d&#233;cide d'&#339;uvrer pour une renaissance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur de cet article a formul&#233; dix principes pour une nouvelle architecture internationale de s&#233;curit&#233; et de d&#233;veloppement, qui doivent prendre en compte les int&#233;r&#234;ts de chaque pays de la plan&#232;te, non pas comme une formulation d&#233;finitive, mais comme mati&#232;re &#224; r&#233;flexion sur la mani&#232;re de cr&#233;er une telle architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dixi&#232;me principe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; l'hypoth&#232;se de base du nouveau paradigme est que l'homme est fondamentalement bon et capable de perfectionner &#224; l'infini la cr&#233;ativit&#233; de son esprit et la beaut&#233; de son &#226;me, et qu'il est la force g&#233;ologique la plus avanc&#233;e de l'univers, ce qui prouve que la l&#233;gitimit&#233; de l'esprit et celle de l'univers physique sont en correspondance et en coh&#233;sion, et que tout mal est le r&#233;sultat d'un manque de d&#233;veloppement et peut donc &#234;tre surmont&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel ordre &#233;conomique mondial est en train d'&#233;merger, impliquant la grande majorit&#233; des pays du Sud. Les nations europ&#233;ennes et les &#201;tats-Unis ne doivent pas s'opposer &#224; ce mouvement, mais, en s'alliant aux pays en d&#233;veloppement, coop&#233;rer pour fa&#231;onner la prochaine &#232;re de l'humanit&#233; et en faire une renaissance des expressions les plus nobles et les plus abouties de la cr&#233;ativit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;ons donc un mouvement international de citoyens du monde, &#339;uvrant ensemble &#224; fa&#231;onner la prochaine &#233;tape de l'&#233;volution de l'humanit&#233;, une nouvelle &#232;re ! Citoyens de tous les pays du monde, unissez-vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'homme soit bon par nature s'est r&#233;v&#233;l&#233;e tr&#232;s controvers&#233;e et est contest&#233;e par de nombreuses personnes. Pourtant, l'homme est naturellement dot&#233; du libre arbitre et peut, dans une certaine mesure, choisir de devenir un &#234;tre humain qui se perfectionne ou, &#224; l'inverse, opter consciemment pour le mal. Je pense que seule une infime minorit&#233; choisit d&#233;lib&#233;r&#233;ment d'&#234;tre mauvaise et d'agir de mani&#232;re diabolique. La grande majorit&#233; des gens sont bons, si on leur en laisse la possibilit&#233;, mais ils sont tellement accabl&#233;s par le poids de leur vie quotidienne qu'ils n'ont ni le temps ni les ressources n&#233;cessaires pour d&#233;velopper pleinement leur potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment est pourtant venu, face au syst&#232;me d'esclavage moderne impos&#233; par la classe d'Epstein, de nous rappeler les id&#233;es exprim&#233;es dans le &lt;i&gt;&#171; Guillaume Tell &#187;&lt;/i&gt; de Friedrich Schiller :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Non, le pouvoir du tyran a ses limites ! Quand l'opprim&#233; ne trouve pas justice, quand le fardeau devient insupportable, il s'en prend courageusement au Ciel et y fait descendre ses droits &#233;ternels, qui lui appartiennent en propre, inali&#233;nables comme les &#233;toiles. L'&#233;tat de nature originel r&#233;appara&#238;t, o&#249; l'homme se confronte &#224; son semblable ; et si tous les autres moyens &#233;chouent, il lui reste un dernier recours : sa propre &#233;p&#233;e. Nous pouvons d&#233;fendre ce que nous avons de plus cher contre la violence. Nous nous dressons devant notre patrie, devant nos femmes, devant nos enfants ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3291 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L464xH499/le-serment-de-grutli-par-jean-renggli-_1891_1-1b4f9.jpg?1775123139' width='464' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve exactement la m&#234;me id&#233;e dans la D&#233;claration d'ind&#233;pendance am&#233;ricaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte fondateur r&#233;dig&#233; en 1776 au moment de la R&#233;volution am&#233;ricaine dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous tenons ces v&#233;rit&#233;s pour &#233;videntes par elles-m&#234;mes : que tous les hommes sont cr&#233;&#233;s &#233;gaux ; qu'ils sont dot&#233;s par leur Cr&#233;ateur de certains droits inali&#233;nables ; que parmi ces droits figurent la vie, la libert&#233; et la recherche du bonheur. &#8212; Que pour garantir ces droits, des gouvernements sont institu&#233;s parmi les hommes, et que leur juste pouvoir &#233;mane du consentement des gouvern&#233;s. &#8212; Que si une forme de gouvernement quelconque devient destructrice de ces fins, le peuple a le droit de la modifier ou de l'abolir, et d'instituer un nouveau gouvernement, en fondant son organisation sur les principes et en organisant ses pouvoirs de la mani&#232;re qui lui semblera la plus apte &#224; assurer sa s&#233;curit&#233; et son bonheur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre cette forme d'oligarchie, il nous faut une nouvelle renaissance des meilleures traditions de toutes les cultures et civilisations. La clef r&#233;side dans le concept d'&#233;ducation esth&#233;tique d&#233;velopp&#233; par Friedrich Schiller. Cette id&#233;e lui vint apr&#232;s avoir constat&#233; comment la R&#233;volution fran&#231;aise &#8211; entreprise initialement porteuse d'espoir, qui laissait entrevoir &#224; tous les milieux r&#233;publicains europ&#233;ens la possibilit&#233; de reproduire l'exemple de la R&#233;volution am&#233;ricaine &#8211; fut an&#233;antie par la Terreur jacobine. En r&#233;action &#224; cette exp&#233;rience, Schiller &#233;crivit ses &lt;i&gt;&#171; Lettres esth&#233;tiques &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clarant : &lt;i&gt;&#171; Un grand moment a trouv&#233; un petit peuple. &#187; &lt;/i&gt; Objectivement, les conditions morales &#233;taient r&#233;unies, mais subjectivement, le peuple manquait de largesse d'esprit. Il d&#233;veloppa l'&#233;ducation esth&#233;tique comme m&#233;thode d'&#233;l&#233;vation morale, afin d'&#233;viter qu'un tel &#233;chec ne se reproduise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces lettres, il pose la question suivante : d'o&#249; viendra le changement lorsque les gouvernements sont corrompus et d&#233;prav&#233;s et que la majorit&#233; du peuple est trop faible et trop accabl&#233;e pour l'initier ? Schiller r&#233;pond &#224; ce dilemme en affirmant que le changement ne peut venir que de la beaut&#233; et de l'art classique, qui &#233;l&#232;vent l'&#234;tre humain dans ses temps libres. En s'exposant sans cesse aux id&#233;aux les plus &#233;lev&#233;s de l'humanit&#233;, tel qu'ils s'expriment dans les compositions classiques de Bach ou de Beethoven ; &#224; la beaut&#233; et aux conceptions sublimes des drames de Shakespeare et de Schiller ; &#224; la tendresse lyrique de la po&#233;sie de Shelley et de Heine ; &#224; la profonde conscience de soi qui se d&#233;gage des peintures de Rembrandt ou &#224; l'esprit exaltant des grandes cath&#233;drales, l'homme devient meilleur, &#224; condition d'accepter la vigueur cr&#233;atrice exprim&#233;e dans ces &#339;uvres comme une boussole pour sa qu&#234;te de perfectionnement. Avant tout, ce dont nous avons besoin, c'est du sentiment d'&lt;i&gt;agap&#232;&lt;/i&gt;, d'amour d&#233;sint&#233;ress&#233; pour l'humanit&#233;, &#224; la fois comme &#233;toile polaire pour toute notre vie et comme direction concr&#232;te dans notre attitude envers nos semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schiller a &#233;labor&#233; la conception la plus noble de l'homme parmi tous les po&#232;tes et philosophes, en d&#233;finissant l'id&#233;e que chaque &#234;tre humain a le potentiel de devenir une belle &#226;me, une personne pour qui libert&#233; et n&#233;cessit&#233;, passion et devoir ne font qu'un, et qui a &#233;duqu&#233; ses &#233;motions au point de pouvoir leur faire une confiance aveugle, car elles ne le guideront jamais &#224; agir autrement que selon la raison. Seul le g&#233;nie remplit cette condition, car seul le g&#233;nie transforme les lois de mani&#232;re l&#233;gitime en cr&#233;ant de nouveaux degr&#233;s de libert&#233; et de nouvelles conceptions dans les sciences et les arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3295 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L370xH493/hommeaucasqued_or-ac357-39405.jpg?1775123139' width='370' height='493' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'une renaissance des plus belles traditions de toutes les cultures et civilisations. Elles doivent s'engager dans un dialogue des civilisations o&#249;, en d&#233;couvrant la beaut&#233; et les merveilles de la po&#233;sie, de la musique, de la peinture et de toutes les autres formes d'art des autres civilisations &#8211; en d&#233;couvrant de nouvelles dimensions de l'architecture de notre univers &#8211;, elles s'inspireront mutuellement et ce dialogue cr&#233;era quelque chose d'encore plus beau que toutes les cultures et civilisations existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ce rapport afin de r&#233;v&#233;ler &#224; la population l'unit&#233; absolue de la mentalit&#233; qui motive les crimes priv&#233;s, les pratiques commerciales criminelles et la politique de guerre. Mais nous ne pourrons vaincre cela qu'en projetant la vision inspirante de ce que les peuples peuvent accomplir lorsqu'ils sont unis dans l'effort de pr&#233;server la dignit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous nous unissons autour de ce concept en un mouvement international de citoyens du monde, dans quelques ann&#233;es, nous pourrons consid&#233;rer le spectacle obsc&#232;ne de la classe Epstein comme la derni&#232;re phase du syst&#232;me oligarchique, le dernier chapitre honteux d'une &#233;poque o&#249; l'humanit&#233; n'avait pas encore atteint son plein potentiel. Nous aurons d&#233;montr&#233; comment une telle d&#233;pravation peut &#234;tre surmont&#233;e par le d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, rejoignez notre mouvement de citoyens du monde et, avec joie et d&#233;termination, cr&#233;ons ensemble une nouvelle &#232;re plus belle pour l'humanit&#233;, digne de ce que l'esp&#232;ce humaine est r&#233;ellement : la seule esp&#232;ce cr&#233;atrice connue &#224; ce jour dans l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A lire aussi :&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Pourquoi-il-faut-etudier-Friedrich-Schiller-aujourd-hui&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi il faut &#233;tudier Friedrich Schiller aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;r&#233;f&#233;rence au &lt;i&gt;Serment du Gr&#252;tli&lt;/i&gt; dans la pi&#232;ce &lt;i&gt;Guillaume Tell&lt;/i&gt; de Friedrich Schiller&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Texte fondateur r&#233;dig&#233; en 1776 au moment de la R&#233;volution am&#233;ricaine dans lequel les treize colonies (futurs Etats-Unis d'Am&#233;rique) d&#233;clarent leur ind&#233;pendance de l'Empire britannique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Triple Entente : comment l'Empire britannique a d&#233;clench&#233; la Premi&#232;re Guerre mondiale
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/La-Triple-Entente-comment-l-Empire-britannique-a-declenche-la-Premiere-Guerre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.institutschiller.org/La-Triple-Entente-comment-l-Empire-britannique-a-declenche-la-Premiere-Guerre</guid>
		<dc:date>2023-07-02T10:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile
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		<dc:subject>Russie
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		<dc:subject>Empire britannique
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		<dc:subject>Premi&#232;re guerre mondiale
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		<dc:subject>Serbie
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		<dc:subject>Autriche
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		<description>
&lt;p&gt;Par une &#233;quipe de recherche de l'EIR &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article est tir&#233; d'un rapport sp&#233;cial publi&#233; dans l'EIR, le 24 mars 1995, intitul&#233; &#171; Londres ouvre la voie &#224; une nouvelle triple entente &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Premi&#232;re guerre mondiale nous est enseign&#233;e comme la cons&#233;quence des nationalismes. s'il est vrai que ceux-ci ont &#233;t&#233; savamment instrumentalis&#233;, cet article nous montre comment cette terrible boucherie a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'une vision imp&#233;riale au moment o&#249; sa pr&#233;&#233;minence s'est vue menac&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 28 juin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Russie" rel="tag"&gt;Russie
&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Empire-britannique-53" rel="tag"&gt;Empire britannique
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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Premiere-guerre-mondiale" rel="tag"&gt;Premi&#232;re guerre mondiale
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH112/800px-imperial_federation__map_of_the_world_showing_the_extent_of_the_british_empire_in_1886__levelled_-2-9a207.jpg?1775333964' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par une &#233;quipe de recherche de l'EIR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est tir&#233; d'un rapport sp&#233;cial publi&#233; dans l'EIR, le 24 mars 1995, intitul&#233; &#171; Londres ouvre la voie &#224; une nouvelle triple entente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Premi&#232;re guerre mondiale nous est enseign&#233;e comme la cons&#233;quence des nationalismes. s'il est vrai que ceux-ci ont &#233;t&#233; savamment instrumentalis&#233;, cet article nous montre comment cette terrible boucherie a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'une vision imp&#233;riale au moment o&#249; sa pr&#233;&#233;minence s'est vue menac&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3087 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/800px-imperial_federation__map_of_the_world_showing_the_extent_of_the_british_empire_in_1886__levelled_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH372/800px-imperial_federation__map_of_the_world_showing_the_extent_of_the_british_empire_in_1886__levelled_-2171e.jpg?1775333964' width='500' height='372' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 juin 1914, l'archiduc Ferdinand, h&#233;ritier du tr&#244;ne d'Autriche, est abattu par des assassins serbes dans Sarajevo, capitale de la Bosnie. Les assassins sont membres de la &#171; Main noire &#187;, ils revendiquent la lib&#233;ration des Serbes vis-&#224;-vis de l'oppression &#233;trang&#232;re. La Bosnie qui faisait partie de l'empire ottoman a &#233;t&#233; annex&#233;e par l'Autriche six ans auparavant. Depuis, la Serbie a revendiqu&#233; les terres bosniaques comme faisant partie de son territoire. L'Autriche est alors une alli&#233;e de l'Allemagne ; la Russie, la France et l'Angleterre sont les protecteurs des Serbes. La cha&#238;ne d'&#233;v&#233;nements provoqu&#233;e par l'assassinat de l'archiduc Ferdinand va conduire le tsar russe &#224; ordonner la mobilisation de son arm&#233;e ; l'Allemagne r&#233;pond. En quelques semaines, la guerre la plus destructrice du XXe si&#232;cle est d&#233;clench&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont les agissements de la Grande-Bretagne ont amen&#233; &#224; cette guerre est un cas d'&#233;cole de la m&#233;thode imp&#233;riale - diviser pour r&#233;gner - et de la cr&#233;ation puis la manipulation des mouvements nationalistes-chauvinistes qui ont caract&#233;ris&#233; l'Europe moderne, en particulier depuis les r&#233;volutions de 1848 orchestr&#233;es par le Premier ministre britannique Lord Palmerston. De concert avec une France d&#233;stabilis&#233;e, les Britanniques ont exploit&#233; leurs positions dans les Balkans afin de bloquer le d&#233;veloppement &#233;conomique eurasien. Tel &#233;tait leur plan au d&#233;but de ce si&#232;cle, comme il devait l'&#234;tre &#224; nouveau apr&#232;s la r&#233;unification de l'Allemagne en 1989. &#192; l'&#233;poque, comme aujourd'hui [mars 1995 - NdlR], la strat&#233;gie consistait &#224; forger d'abord une Entente cordiale avec la France (1903-04), puis une Triple Entente en y adjoignant la Russie, qui fut entra&#238;n&#233;e dans la toile de la manipulation britannique (1907).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cadre strat&#233;gique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Triple Entente et la Premi&#232;re Guerre mondiale &#233;taient la r&#233;ponse du roi &#201;douard VII d'Angleterre &#224; une s&#233;rie de d&#233;fis &#224; la domination mondiale continue de l'Empire britannique, qui, au d&#233;but de notre si&#232;cle, englobait environ un quart de la superficie et de la population du globe. L'Empire britannique avec son exploitation coloniale brutale ne craignait pas tant une agression militaire que l'extension des chemins de fer europ&#233;ens ainsi que d'autres infrastructures modernes au sein des colonies, brisant ainsi le monopole de la puissance maritime britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L340xH455/gabriel_hanotaux_1921-98a8b.jpg?1775333964' width='340' height='455' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3097 '&gt;Gabriel Hanotaux (1853-1944)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1890, on trouvait au sein des institutions des principaux &#201;tats continentaux des groupes plus ou moins influents pr&#234;ts &#224; s'investir dans la construction de nouvelles infrastructures. En France, on comptait parmi eux le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res Gabriel Hanotaux ainsi que Ferdinand de Lesseps, le constructeur du canal de Suez. En Russie c'&#233;tait le ministre des Finances Sergue&#239; Youl&#233;vitch Witte, constructeur du Transsib&#233;rien, avec son alli&#233;, l'&#233;minent scientifique Dmitri Ivanovitch Mendele&#239;ev. En Allemagne, ce fut Georg von Siemens, de la soci&#233;t&#233; Siemens, alors que la Deutsche Bank, elle, s'investissait dans la r&#233;alisation de la ligne chemin de fer Berlin-Bagdad. Ces groupes pouvaient &#233;galement &#234;tre en contact avec des industriels du chemin de fer aux &#201;tats-Unis et dans d'autres pays. Certains, dont Hanotaux, coop&#233;raient avec le pape anti-oligarchique L&#233;on XIII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e strat&#233;gique de Witte et Hanotaux tendait vers une coalition continentale europ&#233;enne France/Allemagne/Russie, selon une communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts allant dans le sens d'un d&#233;veloppement &#233;conomique mondial. Les deux hommes voulaient &#233;galement que l'on puisse tendre la main aux &#201;tats-Unis et aux autres puissances, et surtout qu'on mette un terme &#224; la politique du &#8220;diviser pour r&#233;gner&#8221; qui d&#233;coulait de la doctrine de &#171; l'&#233;quilibre des pouvoirs &#187; ch&#232;re aux imp&#233;rialistes britanniques. On aurait pu constituer cette ligue continentale &#224; plusieurs occasions au cours des ann&#233;es 1890 ; une occasion en or se pr&#233;senta &#224; la suite de la confrontation franco-britannique de Fachoda, &#224; une &#233;poque o&#249; l'agression britannique en Afrique du Sud, commun&#233;ment appel&#233;e la guerre des Boers, r&#233;v&#233;lait le caract&#232;re malveillant des intentions britanniques et en m&#234;me temps leur incroyable faiblesse militaire. La guerre des Boers de 1899-1902 avait cristallis&#233; le sentiment de d&#233;go&#251;t de la plupart des gouvernements de l'&#233;poque vis-&#224;-vis de la politique britannique. Durant les &#233;v&#233;nements de Fachoda, Hanotaux n'&#233;tait plus au pouvoir, il avait &#233;t&#233; remplac&#233; par le tr&#232;s anglophile Th&#233;ophile Delcass&#233;. L'empereur d'Allemagne Guillaume II repr&#233;sentait un obstacle bien plus s&#233;rieux encore, non pas tant qu'il &#233;tait le monstre sanguinaire d&#233;peint par la propagande de l'Entente, mais plut&#244;t qu'il se comportait en idiot path&#233;tique, obs&#233;d&#233; par un complexe d'inf&#233;riorit&#233; &#224; l'&#233;gard de la monarchie britannique. L'empereur avait ainsi toujours fait montre de duplicit&#233; ; avec ses r&#233;actions &#224; g&#233;om&#233;trie variable, il &#233;tait &#224; n'importe quel moment susceptible de succomber &#224; la prochaine ouverture de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec des tentatives pour amener l'Allemagne &#224; rejoindre la France de Hanotaux et la Russie de Witte dans une communaut&#233; de principes, ce qui aurait &#233;t&#233; possible jusqu'en 1902, constitue au minimum une grande occasion manqu&#233;e, et plus encore un tournant de l'histoire du monde au sens du &lt;i&gt;punctum saliens&lt;/i&gt; de Friedrich Schiller. On perdit alors l'occasion de faire du XXe si&#232;cle le si&#232;cle d'une v&#233;ritable renaissance de la raison et du d&#233;veloppement &#233;conomique mondial. L'impasse sanglante de Verdun symbolise ce qui est arriv&#233; &#224; la place, suite aux machinations britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;douard VII : le roi-d&#233;miurge mal&#233;fique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/king-edward-vii-cropped-5e67retourne.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L350xH544/king-edward-vii-cropped-5e67retourne-72e71-fee7c.jpg?1775333964' width='350' height='544' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3085 '&gt;Edouard VII (1841-1910)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Triple Entente fut une cr&#233;ation personnelle du roi &#201;douard VII. On lui doit l'alliance Grande-Bretagne/Japon, la guerre russo-japonaise et la r&#233;volution russe de 1905. Agissant en autocrate de la politique &#233;trang&#232;re britannique, &#201;douard VII organisa &#233;galement l'Entente cordiale entre la Grande-Bretagne et la France en 1903-1904, et scella ensuite la fatidique Entente anglo-russe de 1907. C'est lui qui a manipul&#233; Theodore Roosevelt et d'autres dirigeants am&#233;ricains pour mettre en place la &#171; relation sp&#233;ciale &#187; entre les &#201;tats-Unis et le Royaume-Uni, intervenue sous son r&#232;gne. Ce travail diplomatique fut orchestr&#233; et men&#233; &#224; bien par le roi lui-m&#234;me, les diff&#233;rents ministres, cabinets, tables rondes et autres relais du pouvoir britannique ne faisant que suivre son impulsion. &#201;douard avait une vision g&#233;opolitique h&#233;riti&#232;re de la tradition v&#233;nitienne, et elle &#233;tait d'une simplicit&#233; brutale : l'encerclement de l'Allemagne par une coalition hostile, suivi d'une guerre d'annihilation par laquelle de nombreuses nations qui &#233;taient &#224; l'&#233;poque &#171; alli&#233;s &#187; de la Grande-Bretagne - notamment la France et la Russie - seraient &#233;galement d&#233;cim&#233;es et r&#233;duites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;douard VII mourut en mai 1910, avant d'avoir pu mener &#224; bien l'&#339;uvre de sa vie. Mais on lui devait l'alliance de guerre entre la Grande-Bretagne, la France, la Russie et le Japon, avec le soutien des &#201;tats-Unis, qui allait entrer en campagne en ao&#251;t 1914. Il avait cr&#233;&#233; le monde cauchemardesque des mobilisations crois&#233;es de l'Allemagne, la France et la Russie. Et il avait essaim&#233; un r&#233;seau de copenseurs, d'agents et de dupes dans toutes les chancelleries d'Angleterre, d'Europe et d'Am&#233;rique, qui, le moment venu, appuieraient sur les boutons de mobilisation et d&#233;clencheraient la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait de notori&#233;t&#233; publique, dans les ann&#233;es 1920, qu'&#201;douard VII r&#233;gnait en dictateur de la politique &#233;trang&#232;re britannique d'avant-guerre, ce que nient les biographes r&#233;cents. Au cours des derniers mois de la vie d'&#201;douard, Robert Blatchford, r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Clarion&lt;/i&gt;, &#233;crivait dans le &lt;i&gt;Daily Mail&lt;/i&gt; du 14 d&#233;cembre 1909 que &lt;i&gt;&#171; le roi et ses conseillers ont tout fait pour &#233;tablir des Ententes avec la Russie et avec l'Italie ; et ont agi de m&#234;me avec la France, ainsi qu'avec le Japon. Pourquoi ? Pour isoler l'Allemagne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux ambassadeurs et ministres du minist&#232;re belge des Affaires &#233;trang&#232;res ont clairement fait savoir qu'ils comprenaient le projet d'&#201;douard. Voici ce qu'en pensait - c'&#233;tait en avril 1906 - le baron Greindl, ambassadeur de Belgique &#224; Berlin, : &lt;i&gt;&#171; On est amen&#233; &#224; la conclusion que la politique &#233;trang&#232;re britannique est dirig&#233;e par le roi en personne, il y a sans aucun doute en Angleterre une politique de cour men&#233;e en dehors et parall&#232;lement &#224; celle du gouvernement &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'alliance Witte-Hanotaux pour le progr&#232;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux appr&#233;hender l'&#233;normit&#233; des crimes d'&#201;douard, examinons d'abord plus attentivement l'attitude des factions continentales europ&#233;ennes qui lui &#233;taient oppos&#233;es, constituant une telle menace pour l'oligarchie britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1892, le principal architecte du d&#233;veloppement industriel acc&#233;l&#233;r&#233; en Russie durant la derni&#232;re d&#233;cennie du si&#232;cle dernier fut Sergue&#239; Witte. Il fut ministre des Finances de la Russie pendant 11 ans, jusqu'&#224; son limogeage en 1903. Jamais l'&#233;conomie russe n'avait connu un taux de croissance aussi &#233;lev&#233; que pendant les ann&#233;es Witte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L330xH478/serguei_witte_portrait_par_ilya_repin-8543f.jpg?1775333964' width='330' height='478' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3098 '&gt;Sergue&#239; Witte (1849-1915)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tant que directeur au sein des chemins de fer que Witte commen&#231;a sa carri&#232;re dans l'administration russe. Pendant la guerre russo-turque (1877-1878), il &#233;tait l'unique responsable du r&#233;seau ferr&#233; d'Odessa, par lequel transitait tout le trafic vers le front, et son travail le fit remarquer par le tsar Alexandre III. Apr&#232;s diff&#233;rents postes dans cette administration, Witte fut nomm&#233; en 1892 ministre des Voies et des Communications. &#192; la demande du tsar, Witte cr&#233;a un comit&#233; des chemins de fer sib&#233;riens pour commencer &#224; construire une voie ferr&#233;e vers le Pacifique. Lorsqu'il fut nomm&#233; en octobre de la m&#234;me ann&#233;e au poste de ministre des Finances, Witte eut les moyens de r&#233;aliser ce programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que ministre des Finances, Witte a r&#233;form&#233; l'ensemble des finances russes et transform&#233; le minist&#232;re des Finances en une v&#233;ritable chancellerie du royaume, &#233;tablissant de vastes r&#233;seaux de renseignement dans toutes les grandes capitales politiques et financi&#232;res du monde. Son objectif &#233;tait de faire sortir la Russie de son statut agricole primitif pour en faire une grande puissance industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement franco-russe de la fin de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente a contribu&#233; &#224; jeter les bases de la collaboration &#233;conomique Witte-Hanotaux au cours des ann&#233;es 1890. En assainissant les finances russes et en travaillant en &#233;troite collaboration avec Hanotaux, Witte a constat&#233; que les march&#233;s financiers fran&#231;ais &#233;taient ouverts &#224; la Russie. Sous son impulsion, des pr&#234;ts importants ont &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;s afin d'&#233;tendre le r&#233;seau ferroviaire russe. Alors qu'entre 1879 et 1892, 5 466 miles de nouvelles lignes ferroviaires avaient &#233;t&#233; construites, sous la direction de Witte entre 1892 et 1901, quelque 14 814 miles de nouvelles lignes ferroviaires virent le jour, soit pr&#232;s du triple. Le rythme de construction atteint durant cette p&#233;riode d&#233;passait celui de tous les autres pays &#224; l'exception des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;111&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/construction_du_chemin_de_fer_trans-siberien_transsib_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH333/construction_du_chemin_de_fer_trans-siberien_transsib_-b1209.jpg?1775333964' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3099 '&gt;Construction de la &#171; Grande Voie Sib&#233;rienne &#187; et d&#233;j&#224; plus de trois millions de passagers en 1912
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Transsib&#233;rien figurait au c&#339;ur de ce syst&#232;me qui, une fois achev&#233; en 1902, devait s'&#233;tendre sur 9 000 kilom&#232;tres de Tcheliabinsk, dans l'Oural, &#224; Vladivostok, sur la c&#244;te Pacifique. Mais la ligne transsib&#233;rienne &#233;tait bien plus qu'un moyen de transport rapide &#224; travers les vastes &#233;tendues sib&#233;riennes. C'&#233;tait ce que Lyndon LaRouche qualifierait plus tard de &#171; pont terrestre &#187; vers l'Asie. Par voie ferr&#233;e, le trajet de Londres &#224; Shanghai devenait deux fois plus rapide et deux fois et demie moins cher que par la voie maritime. Le principal canal de transport pour le commerce avec l'Orient passerait rapidement des voies maritimes plus lentes et toujours sous la surveillance de la marine britannique, aux voies terrestres &#224; travers l'Europe continentale et l'Extr&#234;me-Orient russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gabriel Hanotaux, qui fut promu ministre des Affaires &#233;trang&#232;res sous la pr&#233;sidence de Sadi Carnot (petit-fils du grand Lazare Carnot), avait travaill&#233; avec le Premier ministre Jules Ferry, pour mettre en oeuvre en Afrique un d&#233;veloppement par les infrastructures. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il avait aussi &#233;troitement collabor&#233; avec le cardinal Lavigerie, fid&#232;le ami du pape L&#233;on XIII, &#224; la construction de la cath&#233;drale Saint-Louis de Carthage et &#224; d'autres projets en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Hanotaux a poursuivi une politique triple : 1) renforcer l'alliance franco-russe initi&#233;e par le pr&#233;sident Carnot ; 2) poursuivre la politique de d&#233;tente avec l'Allemagne initi&#233;e par Jules Ferry ; et 3) orchestrer une s&#233;rie d'accords internationaux pour consolider la position fran&#231;aise en Afrique occidentale et centrale autour du lac Tchad, et pour emp&#234;cher les Britanniques de s'emparer de toute la partie orientale de l'Afrique, de l'&#201;gypte &#224; l'Afrique du Sud, du Cap au Caire, comme de leur domaine exclusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1895, Witte et Hanotaux r&#233;ussirent &#224; r&#233;unir une coalition compos&#233;e de la Russie, de l'Allemagne et de la France pour dissuader les Japonais d'annexer la p&#233;ninsule de Liaodong, une r&#233;gion de la Mandchourie chinoise que le Japon avait conquise en guise de butin apr&#232;s sa victoire sur les Chinois lors de la guerre sino-japonaise de 1894-1895. Gr&#226;ce &#224; la d&#233;monstration d'unit&#233; des trois puissances continentales, le Japon accepta de ren&#233;gocier son trait&#233; avec la Chine, renon&#231;ant &#224; toute annexion du territoire chinois et pr&#233;servant ainsi l'int&#233;grit&#233; territoriale du pays, condition pr&#233;alable aux plans de d&#233;veloppement de Witte-Hanotaux dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Witte et Hanotaux cr&#233;&#232;rent ensuite, en grande partie avec des capitaux fran&#231;ais, la Banque russo-chinoise, destin&#233;e &#224; &#234;tre le canal d'un pr&#234;t substantiel accord&#233; &#224; la Chine afin qu'elle puisse payer son indemnit&#233; de guerre au Japon, et ainsi apaiser la col&#232;re des Japonais apr&#232;s la perte de la p&#233;ninsule de Liaodong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie a &#233;galement sign&#233; un trait&#233; de d&#233;fense mutuelle avec la Chine, en vertu duquel elle lui viendrait en aide si elle &#233;tait &#224; nouveau attaqu&#233;e par le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces arrangements ayant mis la partie chinoise dans de bonnes disposition, la Banque russo-chinoise fut autoris&#233;e &#224; louer le territoire n&#233;cessaire &#224; la construction du dernier tron&#231;on du Transsib&#233;rien, &#224; travers la Mandchourie, et &#224; cr&#233;er &#224; cet effet une nouvelle soci&#233;t&#233;, la Compagnie des chemins de fer de l'Est chinois. La France put &#233;galement signer une s&#233;rie d'accords favorisant son expansion commerciale en Indochine et en Chine, ouvrant la Chine &#224; un commerce accru au-del&#224; de la fronti&#232;re avec l'Indochine (qui &#233;tait sous contr&#244;le fran&#231;ais) et permettant la construction de nouvelles voies ferroviaires dans le sud de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon n'&#233;tait cependant pas cens&#233; &#234;tre le perdant du plan complexe de Witte pour le d&#233;veloppement de l'Asie. Witte avait l'intention d'engager les Japonais dans un trait&#233; par lequel les deux nations profiteraient des avantages commerciaux du nouvel acc&#232;s ferroviaire aux march&#233;s europ&#233;ens. Pour ce faire, Witte &#233;tait m&#234;me pr&#234;t &#224; sacrifier les int&#233;r&#234;ts commerciaux russes en Cor&#233;e, acquis pendant la guerre sino-japonaise, en consid&#233;ration des int&#233;r&#234;ts japonais dans ce pays. Mais une alliance avec le Japon trouva de solides opposants dans la coterie entourant le tsar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; du Pacifique se trouvait une autre puissance, qui devenait rapidement une puissance du Pacifique, les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique. L'alliance russo-am&#233;ricaine qui s'&#233;tait form&#233;e pendant la guerre civile am&#233;ricaine &#233;tait g&#233;n&#233;ralement comprise par les groupes nationalistes en Russie comme une alliance transpacifique, les deux nations commen&#231;ant &#224; &#171; se frayer un chemin &#187; vers l'oc&#233;an Pacifique. Cela aurait pour effet d'&#233;vincer les Britanniques de l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour que la politique de Witte en Extr&#234;me-Orient soit couronn&#233;e de succ&#232;s, il fallait que la situation en Europe demeure stable. La cr&#233;ation de ce que Witte appelait la &#171; ligue continentale &#187;, compos&#233;e de la France, de l'Allemagne et de la Russie, &#233;tait une condition pr&#233;alable &#224; cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1897, Witte fit appel &#224; l'empereur Guillaume pour l'aider &#224; cr&#233;er une telle ligue. Il d&#233;clarait : &lt;i&gt;&#171; Pour y parvenir... nous devons d'abord nous h&#226;ter d'&#233;tablir des relations solides entre la Russie, l'Allemagne et la France. Une fois ces pays rassembl&#233;s dans une union ferme et stable, tous les autres pays du continent europ&#233;en rejoindront sans aucun doute ce noyau central et formeront ainsi une union de tout le continent qui lib&#233;rera l'Europe du fardeau qu'elle s'impose &#224; elle-m&#234;me en raison de rivalit&#233;s de part et d'autre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le Kaiser allemand ait souvent fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'id&#233;e de la &#171; ligue continentale &#187;, il n'a jamais vraiment saisi, pour son plus grand malheur et celui du monde, son importance primordiale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'encerclement de l'Allemagne par &#201;douard&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;douard a proc&#233;d&#233; sur plusieurs fronts pour encercler et neutraliser l'Allemagne, emp&#234;chant la consolidation d'un bloc continental orient&#233; vers le d&#233;veloppement eurasien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il a pouss&#233; &#224; la guerre russo-japonaise et ses agents ont foment&#233; la r&#233;volution russe de 1905. La Grande-Bretagne a sign&#233; un trait&#233; avec le Japon, donnant carte blanche &#224; l'Amiral Togo pour attaquer par surprise la base de Port-Arthur en Russie ( elle eut lieu le 8 f&#233;vrier 1904).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La Russie &#233;tant d&#233;truite par la guerre et en proie &#224; des troubles sociaux (attis&#233;s par des agents britanniques), &#201;douard s'est efforc&#233; de pi&#233;ger les Fran&#231;ais. La tentative d'Hanotaux de limiter les vis&#233;es expansionnistes britanniques en Afrique avait &#233;t&#233; sabot&#233;e par la mission malheureuse du capitaine fran&#231;ais Marchand &#224; Fachoda, au Soudan, en 1898. C'est Delcass&#233;, principal opposant &#224; Hanotaux, qui avait la responsabilit&#233; de cette mission pendant une courte p&#233;riode o&#249; Hanotaux avait quitt&#233; le pouvoir. La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise avait &#233;t&#233; affaiblie par l'affaire Dreyfus, qui avait d&#233;clench&#233; une germanophobie rampante dans la population. Sous l'impulsion de Delcass&#233; et de deux oblig&#233;s britanniques, Georges Clemenceau et Paul Cambon, un accord a &#233;t&#233; conclu, ramenant la France dans le giron britannique. En 1904, les deux pays sign&#232;rent l'Entente cordiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#201;douard a provoqu&#233; deux conflits franco-allemands &#224; propos du Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il n'a m&#233;nag&#233; aucun effort pour isoler l'Allemagne, entra&#238;nant la Norv&#232;ge, la Su&#232;de, l'Espagne et le Portugal dans l'orbite britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le jour m&#234;me de l'entr&#233;e en vigueur de l'Entente franco-britannique, en avril 1904, il rencontra son agent, le ministre russe des Affaires &#233;trang&#232;res Alexandre Izvolski, pour proposer une alliance anglo-russe. Le r&#233;sultat fut l'Entente anglo-russe, sign&#233;e en septembre 1907.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anneau autour de l'Allemagne s'est ainsi referm&#233;. Le vieux &#171; cauchemar des coalitions &#187; de Bismarck et la guerre sur deux fronts &#233;taient d&#233;sormais une r&#233;alit&#233;. Avec l'aide d'Izvolski, &#201;douard se lan&#231;a imm&#233;diatement dans une nouvelle tentative afin de d&#233;clencher une guerre g&#233;n&#233;rale. Cela commen&#231;a par l'accord de Buchlau entre Izvolski et l'Autriche, conclu en septembre 1908 et r&#233;v&#233;l&#233; un mois plus tard. En vertu de cet accord, l'Autriche avait le feu vert pour annexer officiellement la Bosnie-Herz&#233;govine, qui avait &#233;t&#233; occup&#233;e par l'Autriche apr&#232;s le Congr&#232;s de Berlin, mais n'avait pas &#233;t&#233; annex&#233;e. L'Autriche pronon&#231;a l'annexion, mais la Serbie, qui voulait la Bosnie-Herz&#233;govine, signifia son opposition absolue. Chacun des deux pays d&#233;clencha une mobilisation de guerre. L'Allemagne s'effor&#231;a de temp&#233;rer l'Autriche tandis que la Russie se sentait trop faible pour entreprendre une guerre &#224; ce moment-l&#224;. L'Allemagne fut en fait un m&#233;diateur dans le conflit. Mais les agents d'&#201;douard cr&#233;&#232;rent bient&#244;t une l&#233;gende selon laquelle l'Allemagne avait humili&#233; la Russie en la mena&#231;ant d'une guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de la crise bosniaque de 1908-1909, les slavophiles russes tourn&#232;rent de plus en plus leur col&#232;re contre l'Allemagne, qu'ils consid&#233;raient comme un obstacle &#224; leur expansion dans les Balkans. Les agitateurs de la Grande Serbie devinrent fous furieux. Le gouvernement autrichien en conclut que la Serbie constituait une menace pour son existence et devait &#234;tre &#233;cras&#233;e. C'est ce sch&#233;ma qui, apr&#232;s une seconde crise marocaine en 1911 et apr&#232;s les guerres balkaniques, d&#233;clencha la guerre en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#201;douard VII avait eu gain de cause, il aurait eu cinq puissances coalis&#233;es contre une Allemagne isol&#233;e. &#201;douard VII n'a jamais abandonn&#233; l'option autrichienne qui, si elle avait r&#233;ussi, aurait laiss&#233; Berlin sans aucun alli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques instants, au d&#233;but du mois d'ao&#251;t 1914, le Kaiser Guillaume comprit ce qui s'&#233;tait pass&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#8220;L'Angleterre, la Russie et la France se sont mises d'accord entre elles... apr&#232;s avoir pos&#233; les bases du &lt;i&gt;casus foederis&lt;/i&gt; pour nous par l'Autriche... pour prendre le conflit austro-serbe comme excuse afin de mener une guerre d'extermination contre nous... Telle est l'abrupte situation, lentement et habilement mise en place par Edouard VII et... finalement amen&#233;e &#224; sa conclusion par George V&#8230; Ainsi, le fameux encerclement de l'Allemagne est finalement devenu une r&#233;alit&#233;, malgr&#233; tous les efforts de nos politiciens et de nos diplomates pour l'emp&#234;cher. Le filet a &#233;t&#233; soudainement jet&#233; sur nos t&#234;tes, et l'Angleterre r&#233;colte en ricanant le plus brillant succ&#232;s de sa politique mondiale purement anti-allemande, poursuivie avec persistance, contre laquelle nous nous sommes montr&#233;s impuissants, tandis qu'elle serre le n&#339;ud coulant de notre destruction politique et &#233;conomique &#224; cause de notre fid&#233;lit&#233; &#224; l'Autriche, tandis que, isol&#233;s, nous nous tortillons dans le filet. Un grand exploit, qui suscite m&#234;me l'admiration de celui qui doit &#234;tre d&#233;truit en cons&#233;quence ! &#201;douard VII est plus fort apr&#232;s sa mort que je ne le suis encore en vie ! Et il y a eu des gens qui ont cru que l'Angleterre pouvait &#234;tre conquise ou pacifi&#233;e, par telle ou telle mesure insignifiante !&#8221;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La France, la Russie, le Japon, les &#201;tats-Unis, avec d'autres, ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par &#201;douard VII comme des pions g&#233;opolitiques et ils en ont pay&#233; le prix fort. Quatre-vingt-dix ans apr&#232;s les Ententes d'&#201;douard, les citoyens et les hommes d'&#201;tat doivent tirer les le&#231;ons de la mani&#232;re dont la monarchie et l'oligarchie britanniques ont orchestr&#233; la catastrophe de 1914.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A lire aussi : &lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Les-origines-de-la-premiere-guerre-mondiale-le-concept-de-Pont-terrestre&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les origines de la premi&#232;re guerre mondiale : le concept de Pont terrestre eurasiatique, r&#233;ponse &#224; la crise strat&#233;gique d'aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'IDS de LaRouche : un autre monde &#233;tait possible
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Lantrade
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		<dc:subject>3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; guerre mondiale
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&lt;p&gt;Le 23 mars 1983, lors d'une allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e depuis la Maison Blanche, Reagan annon&#231;a le lancement de ce qu'il surnomma &#171; l'Initiative de d&#233;fense strat&#233;gique &#187; (IDS). Alors que les faucons de guerre anglo-am&#233;ricains exhibe une d&#233;sinhibition de plus en plus assum&#233;e quant au recours &#224; l'arme nucl&#233;aire dans le conflit en Ukraine, l'Institut Schiller revient avec cet article en d'avril 2010 sur l'Initiative de D&#233;fense Strat&#233;gique (IDS) du pr&#233;sident am&#233;ricain Reagan et de Lyndon LaRouche. Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/3e-guerre-mondiale" rel="tag"&gt;3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; guerre mondiale
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Processus-de-paix" rel="tag"&gt;Processus de paix
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Science" rel="tag"&gt;Science
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Securite" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Empire-britannique-53" rel="tag"&gt;Empire britannique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Lyndon-LaRouche-83" rel="tag"&gt;Lyndon LaRouche
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Defense" rel="tag"&gt;D&#233;fense
&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH122/beam_weapon_illustration_w350-99c7e.jpg?1775333964' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 23 mars 1983, lors d'une allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e depuis la Maison Blanche, Reagan annon&#231;a le lancement de ce qu'il surnomma &#171; l'Initiative de d&#233;fense strat&#233;gique &#187; (IDS).&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que les faucons de guerre anglo-am&#233;ricains exhibe une d&#233;sinhibition de plus en plus assum&#233;e quant au recours &#224; l'arme nucl&#233;aire dans le conflit en Ukraine, l'Institut Schiller revient avec cet article en d'avril 2010 sur l'Initiative de D&#233;fense Strat&#233;gique (IDS) du pr&#233;sident am&#233;ricain Reagan et de Lyndon LaRouche. Ce projet, de nature &#224; r&#233;concilier les deux blocs de la guerre froide, aurait permit d'endiguer bien des probl&#232;mes g&#233;opolitiques s'il avait vraiment &#233;t&#233; appliqu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;par Jeffrey Steinberg, 28 avril 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le monde poursuit implacablement sa chute vers un nouvel &#226;ge des t&#233;n&#232;bres.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase terminale de l'effondrement du syst&#232;me financier international &#224; taux de change flottants est en cours et aucune des initiatives prises par un quelconque gouvernement depuis l'explosion de la bulle financi&#232;re en 2007-2008 n'a fait quoi que ce soit pour inverser le cours de cette d&#233;sint&#233;gration hyperinflationniste. &#192; moins d'y rem&#233;dier imm&#233;diatement en proc&#233;dant &#224; une mise en faillite organis&#233;e, tel qu'&#233;nonc&#233;e par Lyndon LaRouche dans son appel pour un &#171; &lt;i&gt;Glass-Steagall global&lt;/i&gt; &#187; (s&#233;paration des activit&#233;s bancaires), cet effondrement atteindra in&#233;vitablement son point de rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sint&#233;gration des &#233;conomies physiques, particuli&#232;rement dans les pays de la communaut&#233; transatlantique, s'acc&#233;l&#232;re : nous sommes d&#233;j&#224; au point o&#249; l'ensemble des capacit&#233;s productives mondiales sont largement inf&#233;rieures &#224; ce qui permettrait de r&#233;pondre aux besoins les plus fondamentaux des 6,7 milliards d'&#234;tres humains vivant sur terre. Sans une renaissance des &#233;conomies physiques des principales nations transatlantiques, notamment les &#201;tats-Unis, l'Allemagne, la France et l'Italie, aucune croissance &#233;conomique &#8211; m&#234;me r&#233;elle &#8211; dans les pays de la zone Asie-Pacifique ne pourra emp&#234;cher une rupture globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat du monde n'&#233;tait pas fatal. Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1980, un autre avenir aurait pu se dessiner ; qui aurait engendr&#233; une longue et intense p&#233;riode de d&#233;veloppement &#233;conomique, une coop&#233;ration mondiale pour en finir avec l'origine des guerres et la d&#233;faite cinglante des puissances de l'Empire britannique. L'enjeu d&#233;cisif &#233;tait l'Initiative de d&#233;fense strat&#233;gique (IDS), lanc&#233;e par Ronald Reagan et con&#231;ue par Lyndon LaRouche, qui avait le potentiel d'inverser l'&#233;quation strat&#233;gique de la Guerre froide en faveur de la paix et de la prosp&#233;rit&#233;. C'est le rejet de l'IDS qui nous a ainsi men&#233;s dans cette p&#233;riode d'extr&#234;me danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les armes d&#233;fensives &#224; laser, une r&#233;volution scientifique, &#233;conomique et strat&#233;gique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons avoir une chance d'&#233;viter ce nouvel &#226;ge des t&#233;n&#232;bres vers lequel nous pr&#233;cipite Londres, les le&#231;ons de cette occasion manqu&#233;e doivent &#234;tre comprises et inspirer l'action. Ironie de l'histoire, la conception de fond de l'IDS de LaRouche, qui s'exprime aujourd'hui sous la forme de sa proposition d'&lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Necessite-d-un-nouveau-paradigme.html&#034;&gt;Alliance des 4 puissances&lt;/a&gt;, demeure le seul rem&#232;de politique &#224; la crise que nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le seul ennemi : l'Empire britannique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette crise ne relevait que de l'&#233;chec des dirigeants, ce serait d&#233;j&#224; grave. Mais elle est due, en fait, &#224; la force dominante de l'Empire britannique qui fa&#231;onne l'&#233;conomie et la finance mondiales depuis la mort de Franklin Roosevelt en avril 1945. Cet empire mondial est bas&#233; sur le mod&#232;le financier oligarchique maritime de Venise qui engendra le &#171; nouvel &#226;ge des t&#233;n&#232;bres &#187; du XIVe si&#232;cle, au cours duquel l'Europe fut presque enti&#232;rement an&#233;antie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, l'oligarchie britannique repr&#233;sent&#233;e par le Prince consort Philip d'Edimbourg, promeut agressivement un autre &#226;ge des t&#233;n&#232;bres &#224; travers une politique malthusienne radicale qui pourrait bien causer la disparition de 80% de la population mondiale en quelques g&#233;n&#233;rations. C'est cette influence de l'Empire britannique qui est l'unique facteur de danger pour la survie de l'humanit&#233;. Ses tentacules s'&#233;tirent de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; et Washington jusqu'&#224; Moscou, New Delhi, Brasilia et la plupart des capitales. Il concentre la puissance mon&#233;taire essentiellement depuis ses avant-postes &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt;, comme ces havres du narco-blanchiment que sont les Antilles n&#233;erlandaises, les &#238;les Ca&#239;mans et Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre permanente, chaos permanent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour du jugement dernier pour le syst&#232;me financier international arrive &#224; grands pas et les milieux de la &lt;i&gt;City&lt;/i&gt; de Londres le savent bien. Parfois, comme dans les r&#233;cents &#233;crits de l'apologiste de l'imp&#233;rialisme britannique Niall Ferguson, ils affichent publiquement ce point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cette crise existentielle, cette oligarchie bas&#233;e &#224; Londres ainsi que ses agents et ses dupes de par le monde, sont pr&#234;ts &#224; faire litt&#233;ralement exploser le monde via une nouvelle &lt;i&gt;guerre de Cent ans&lt;/i&gt; s'&#233;tendant &#224; travers toute l'Eurasie. Leur d&#233;tonateur favori pour cette guerre asym&#233;trique perp&#233;tuelle serait une frappe isra&#233;lienne pr&#233;emptive contre l'Iran. Con&#231;u &#224; Londres et promu par l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et l'ancien vice-pr&#233;sident am&#233;ricain Dick Cheney, ce plan anticipe une intervention militaire am&#233;ricaine en soutien d'Isra&#235;l, que les &#201;tats-Unis aient donn&#233; ou non leur b&#233;n&#233;diction &#224; un tel acte de folie strat&#233;gique isra&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'une telle attaque ne serait ni dans l'int&#233;r&#234;t strat&#233;gique d'Isra&#235;l, ni dans celui des Am&#233;ricains, ne fait que souligner &#224; quel point la politique de ces pays est actuellement fa&#231;onn&#233;e par des facteurs ext&#233;rieurs. Du point de vue de leur propre nation et de leur propre peuple, de tels actes &#233;quivalent &#224; une v&#233;ritable trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le Pr&#233;sident Obama, cette r&#233;action suicidaire est quasi-assur&#233;e ; et ce, malgr&#233; l'opposition vigoureuse des dirigeants des milieux de la S&#233;curit&#233; nationale am&#233;ricaine, y compris parmi les conseillers d'Obama lui-m&#234;me. Comme l'a dit un haut grad&#233; retrait&#233; de l'arm&#233;e am&#233;ricaine : &#171; c'est la d&#233;cision du Pr&#233;sident Obama. C'est lui le Commandant en chef des arm&#233;es. &#192; l'heure de v&#233;rit&#233;, tous les autres ne sont que de simples conseillers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l, qui est un des principaux pions de la strat&#233;gie n&#233;ocoloniale de Sykes-Picot pour le Moyen-Orient, justifierait ses frappes sur la base, largement exag&#233;r&#233;e, que l'Iran est sur le point d'obtenir l'arme nucl&#233;aire. Tout porte &#224; croire que l'attaque isra&#233;lienne pourrait intervenir d'ici les &#233;lections am&#233;ricaines de mi-mandat en novembre [2010].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les estimations du renseignement am&#233;ricain pr&#233;sent&#233;es [en avril 2010] devant la Commission du S&#233;nat sur les services arm&#233;s, disent clairement que m&#234;me dans les circonstances les plus favorables, l'Iran n'aura pas d'armes nucl&#233;aires op&#233;rationnelles d'ici deux &#224; cinq ans. En r&#233;alit&#233;, l'Iran est probablement encore bien plus loin de ma&#238;triser les technologies le permettant. Cependant, c'est maintenant que les roulements de tambour des va-t-en-guerre se font entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Parce qu'une nouvelle &lt;i&gt;guerre de Cent ans&lt;/i&gt; est dans l'agenda britannique, du fait que la d&#233;sint&#233;gration financi&#232;re mondiale menace le pouvoir de la &lt;i&gt;City&lt;/i&gt; de Londres. Un tel affrontement m&#232;nerait certainement &#224; la destruction des &#201;tats-Unis, principal objet de la haine britannique depuis avant m&#234;me la R&#233;volution am&#233;ricaine et l'&#233;tablissement de la Constitution f&#233;d&#233;rale, du temps de la Colonie de la baie du Massachusetts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoutant &#224; ce sc&#233;nario du chaos permanent, une attaque imminente d'Isra&#235;l contre l'Iran aurait probablement lieu pendant l'offensive militaire de l'Otan sur la province de Kandahar au sud de l'Afghanistan, une op&#233;ration allant elle-m&#234;me contre tous les pr&#233;ceptes de la strat&#233;gie militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en comparant la folie du g&#233;n&#233;ral McChrystal, commandant des forces de l'Otan en Afghanistan, &#224; la mise en garde adress&#233;e en 1961 &#224; John Kennedy par les g&#233;n&#233;raux Douglas MacArthur et Dwight Eisenhower, que les enjeux deviennent &#233;vidents. Mac Arthur et Eisenhower avaient pr&#233;venu Kennedy de ne pas se lancer dans une guerre terrestre en Asie. Avec sagesse, il suivit leur conseil, contre l'avis m&#234;me de son secr&#233;taire &#224; la D&#233;fense, de son chef d'&#233;tat-major et de son conseiller &#224; la S&#233;curit&#233; nationale, et annula le programme d'engagement militaire direct en Indochine. S'il n'avait pas &#233;t&#233; assassin&#233; par un commando de tireurs d'&#233;lites aux ordres de Londres, les &#201;tats-Unis auraient &#233;vit&#233; le cauchemar du Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2093 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L300xH199/le_general_macarthur_et_jfk_discutent_de_l_engagement_americain_au_vietnam_en_1961-79e74.jpg?1775333964' width='300' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2093 '&gt;Le g&#233;n&#233;ral MacArthur et JFK discutent de l'engagement am&#233;ricain au Vietnam, en 1961.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les &#201;tats-Unis engagent une nouvelle d&#233;cennie de guerres en Afghanistan, des conflits qui ont d&#233;truit les fondations de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; afghane d'avant 1979. S'est d&#233;velopp&#233;e &#224; la place une narco-&#233;conomie produisant 90% de l'opium et de l'h&#233;ro&#239;ne mondiales et r&#233;pandant de par le monde d&#233;pendance, mort et menticide (lavage de cerveau) &#224; la mani&#232;re des Guerres de l'opium men&#233;es aux XVIIIe et XIXe si&#232;cles par la Compagnie britannique des Indes orientales. La Russie, un des principaux alli&#233;s potentiels am&#233;ricains dans l'Alliance des quatre puissances contre l'Empire britannique, compte parmi les victimes de cette nouvelle Guerre de l'opium. L'Europe et les &#201;tats-Unis sont les deux autres cibles de ce raz-de-mar&#233;e de drogue bon march&#233; qui s'&#233;coule depuis l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenons maintenant sur le virage d&#233;cisif du d&#233;but des ann&#233;es 1980.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un discours du 31 d&#233;cembre 1982 &#224; New York, Lyndon LaRouche d&#233;clara que sa proposition de coop&#233;ration am&#233;ricano-russe pour une r&#233;volution scientifique et technologique, dans le cadre de l'&#233;dification d'un syst&#232;me de d&#233;fense anti-missile balistique, inverserait le cours de l'histoire. Il insista sur le fait que ce changement radical de cap devait intervenir dans les cent jours. Voici les propos qu'il tint devant ses partisans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si nous r&#233;ussissons, si le Pr&#233;sident Reagan le fait, dans les prochaines semaines, alors nous aurons administr&#233; aux ennemis antiques de notre peuple et de l'humanit&#233; &#8211; les Harriman et compagnie, les malthusiens &#8211; non pas un coup fatal, mais une d&#233;faite mortelle mettant s&#233;rieusement &#224; mal le pouvoir malthusien au niveau international. Nous devons d&#233;gager le terrain et affaiblir les ennemis de l'humanit&#233; de telle sorte que ceux qui ne s'opposent pas &#224; l'esp&#232;ce humaine aient toute la latitude pour prendre des d&#233;cisions sans avoir &#224; se soumettre aux Harriman et &#224; toute cette clique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est en ce sens, dans cet acte, ce choix, que dans cette grande trag&#233;die que nous vivons, se trouve le &lt;i&gt;punctum saliens&lt;/i&gt; de notre &#233;poque. Soit nous le saisissons, soit j'ignore ce que nous pourrons encore faire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il pronon&#231;ait ces mots, LaRouche savait qu'il &#233;tait tout &#224; fait possible que Reagan puisse reprendre sa proposition pour mettre fin &#224; l'&#232;re de la &lt;i&gt;Destruction mutuelle assur&#233;e&lt;/i&gt; (MAD) con&#231;ue par Bertrand Russell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LaRouche a d'abord con&#231;u sa proposition en 1977 dans le contexte de son combat contre la Pr&#233;sidence Carter contr&#244;l&#233;e par la Commission Trilat&#233;rale de David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski. Ils &#233;taient arriv&#233;s au pouvoir en 1976 gr&#226;ce une fraude &#233;lectorale massive et avec une politique av&#233;r&#233;e d'affrontement nucl&#233;aire avec Moscou. Alors qu'il &#233;tait lui-m&#234;me candidat aux pr&#233;sidentielles pour l'&lt;i&gt;US Labor Party,&lt;/i&gt; LaRouche eut connaissance de documents confidentiels &#233;manant des cercles de la Trilat&#233;rale et r&#233;v&#233;lant leurs plans pour provoquer ce conflit. La veille de l'&#233;lection, LaRouche est donc intervenu &#224; la t&#233;l&#233;vision am&#233;ricaine pendant une demi-heure &#224; un moment de grande audience, pour mettre en garde contre les dangers que constituerait une victoire de Carter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette video est en anglais :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;675&#034; height=&#034;430&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/gxSKP2JEY9A&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;En tirant ainsi la sonnette d'alarme, ce plan fut mis en &#233;chec et LaRouche devint une r&#233;f&#233;rence parmi un groupe &#233;largi de patriotes am&#233;ricains incluant un r&#233;seau d'anciens de l'OSS (les services de renseignement am&#233;ricains cr&#233;&#233;s par Franklin Roosevelt pendant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale) toujours tr&#232;s actifs. Un de ceux avec qui les associ&#233;s de LaRouche travaill&#232;rent &#224; la fin des ann&#233;es 1970, William Casey, fut nomm&#233; par Reagan directeur central du renseignement en 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1977, apr&#232;s que le g&#233;n&#233;ral George Keegan, chef du renseignement de l'arm&#233;e de l'Air am&#233;ricaine, a publi&#233; un rapport sur les avanc&#233;es sovi&#233;tiques dans le domaine des lasers &#224; faisceaux de particules, LaRouche formula sa proposition de d&#233;veloppement conjoint am&#233;ricano-sovi&#233;tique d'un syst&#232;me spatial de d&#233;fense anti-missile balistique bas&#233; sur de nouveaux principes physiques. L'id&#233;e &#233;tait d'abolir la menace de la doctrine MAD par un syst&#232;me scientifiquement et technologiquement plus avanc&#233; promettant, lui, une survie mutuelle assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par ses travaux et d&#233;couvertes ant&#233;rieurs en science de l'&#233;conomie physique, LaRouche savait que les perc&#233;es scientifiques n&#233;cessaires &#224; ce programme de d&#233;fense auraient des retomb&#233;es fantastiques pour la productivit&#233; de l'ensemble de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait ainsi faire face &#224; l'autre grande menace repr&#233;sent&#233;e par l'administration Carter. Sa politique, con&#231;ue par la Trilat&#233;rale, la &lt;i&gt;Chatham House&lt;/i&gt; de Londres et le &lt;i&gt;Council on Foreign Relations&lt;/i&gt; de New York, pr&#233;voyait une d&#233;cennie de &#171; d&#233;sint&#233;gration contr&#244;l&#233;e de l'&#233;conomie mondiale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, il s'agissait de mettre un terme aux grandes avanc&#233;es scientifiques, comme la fusion thermonucl&#233;aire, et d'&#233;tablir au niveau mondial un syst&#232;me de production bas&#233; sur le travail-esclave. La d&#233;sindustrialisation des &#201;tats-Unis &#233;tait un objectif cl&#233; de l'administration Carter et le plan de LaRouche visait &#224; d&#233;jouer ces plans et leur id&#233;ologie malthusienne et d'&#171; analyse des syst&#232;mes sous-jacente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La collaboration LaRouche-Reagan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, LaRouche a jou&#233; un r&#244;le important dans la d&#233;route des deux candidats, d&#233;mocrate et r&#233;publicain, soutenus par la Trilat&#233;rale dans l'&#233;lection de 1980. Sa campagne dans les primaires d&#233;mocrates du New Hampshire a lourdement plomb&#233; le candidat r&#233;publicain George H. W. Bush, qui ne le lui a jamais pardonn&#233;. C&#244;t&#233; d&#233;mocrate, sa campagne et la collaboration avec la machine Kennedy (avant qu'elle ne d&#233;g&#233;n&#232;re compl&#232;tement), ont consid&#233;rablement affaibli Carter, ouvrant la voix &#224; l'&#233;crasante victoire de Reagan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des primaires du New Hampshire, dans un d&#233;bat &#224; Concord [dans le New Hampshire, au nord-est des &#201;tats-Unis], LaRouche s'est trouv&#233; plusieurs heures en compagnie de Reagan. Le rapport personnel qui s'&#233;tablit alors entre eux deux allait avoir des cons&#233;quences historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;61&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L350xH282/larouche_et_reagan_en_janvier_1980_concord_new_hampshire-b4c8e.jpg?1775333964' width='350' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2094 '&gt;LaRouche et Reagan en janvier 1980, Concord, New Hampshire.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LaRouche et Reagan en janvier 1980, Concord, New Hampshire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre et d&#233;cembre 1980, entre la victoire &#233;lectorale et l'investiture de Reagan, LaRouche rencontra &#224; de nombreuses reprises des responsables de l'&#233;quipe de transition, dont certains allaient ensuite occuper des postes importants dans la nouvelle Administration. Par exemple, il joua un r&#244;le significatif en facilitant un important sommet frontalier entre Reagan et le pr&#233;sident mexicain Jos&#233; Lopez Portillo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais par-dessus tout, LaRouche fit avancer sa strat&#233;gie de d&#233;fense par laser pour porter un coup fatal &#224; la doctrine &lt;i&gt;MAD&lt;/i&gt; et &#224; la d&#233;sint&#233;gration &#233;conomique qui frappait l'&#233;conomie physique am&#233;ricaine depuis plus de 10 ans. Malgr&#233; l'opposition des factions utopiennes du Pentagone et du Congr&#232;s, son projet gagna entre 1981 et 1983, un important soutien dans les institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prise de contact avec les Sovi&#233;tiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore sous la houlette de Leonid Brejnev, la direction sovi&#233;tique &#233;tait tr&#232;s divis&#233;e au sujet de la nouvelle Administration. Quelques jours apr&#232;s l'investiture de Reagan, un haut diplomate sovi&#233;tique aux Nations unies rencontra LaRouche pour conna&#238;tre sa pens&#233;e &#224; propos du nouveau pr&#233;sident et de son &#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LaRouche profita de cette prise de contact avec les Sovi&#233;tiques pour nouer un dialogue, avec l'approbation des autorit&#233;s, sur les perspectives de collaboration am&#233;ricano-sovi&#233;tiques concernant son projet de syst&#232;me de d&#233;fense par laser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que de nombreux aspects des d&#233;lib&#233;rations sovi&#233;tiques sur la proposition de LaRouche restent secrets, il est cependant certain que m&#234;me avec la mort de Brejnev et l'arriv&#233;e de Youri Andropov en novembre 1982, un dialogue de bonne foi s'est poursuivi &#224; haut niveau entre Washington et Moscou, par l'interm&#233;diaire de LaRouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Maison Blanche comme au Pentagone [&#233;quivalent du minist&#232;re de la D&#233;fense] ou &#224; la &lt;i&gt;CIA&lt;/i&gt;, il existait un soutien grandissant pour ce projet de LaRouche qui repr&#233;sentait un chamboulement complet de l'&#233;quilibre strat&#233;gique mondial. La perspective d'une renaissance scientifique de l'&#233;conomie agro-industrielle d&#233;catie des &#201;tats-Unis, &#233;tait consid&#233;r&#233;e par de nombreuses personnes comme un bienfait uniquement redevable &#224; la pens&#233;e strat&#233;gique de LaRouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2095 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L457xH651/kissinger_letter-d49f0.jpg?1775333964' width='457' height='651' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cercles r&#233;publicains autour d'Henry Kissinger et la faction corrompue du Parti d&#233;mocrate regroup&#233;e autour d'un chouchou de la Trilat&#233;rale, Walter Mondale (le vice-pr&#233;sident de Carter), vouaient une haine f&#233;roce envers LaRouche car il mena&#231;ait de mettre fin &#224; leur petit jeu de pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s ao&#251;t 1982, Kissinger &#233;crivit personnellement au directeur de la &lt;i&gt;CIA&lt;/i&gt; William Webster pour lui demander de faire taire LaRouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle &#233;tait la toile de fond du discours prononc&#233; par LaRouche le 31 d&#233;cembre 1982 sur le &lt;i&gt;punctum saliens&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reagan monte au cr&#233;neau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 mars 1983, lors d'une allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e depuis la Maison Blanche, Reagan annon&#231;a le lancement de ce qu'il surnomma &#171; l'Initiative de d&#233;fense strat&#233;gique &#187; (IDS). &lt;strong&gt;Pour les cercles dirigeants &#224; Washington, Moscou et toutes les grandes capitales d'Europe de l'Ouest et d'Asie, il n'y avait aucun doute que Reagan venait d'adopter officiellement la politique de survie mutuelle assur&#233;e de LaRouche&lt;/strong&gt;. Le message fut ensuite d&#233;livr&#233; directement aux autorit&#233;s sovi&#233;tiques par une s&#233;rie de d&#233;clarations publiques et de communiqu&#233;s confidentiels : les &#201;tats-Unis &#233;taient pr&#234;ts &#224; entamer une collaboration strat&#233;gique avec l'URSS pour mettre un terme &#224; la menace d'Armageddon nucl&#233;aire qui pesait sur le monde depuis plusieurs d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH278/allocution_de_reagan_sur_l_ids_23_mars_1983-ae9e4.jpg?1775333964' width='500' height='278' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2096 '&gt;Allocution de Reagan sur l'IDS, 23 mars 1983.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec l'arriv&#233;e au pouvoir de Youri Andropov, un changement politique intervint &#224; Moscou. Le nouveau chef sovi&#233;tique &#233;tait v&#233;ritablement un agent britannique ; il fut parmi les premiers responsables sovi&#233;tiques &#224; conclure un accord avec Lord Bertrand Russell pour l'instauration d'un gouvernement mondial malthusien &#233;tablit conjointement entre puissances imp&#233;riales de l'Est et de l'Ouest. Andropov avait &#233;t&#233; profond&#233;ment marqu&#233; par son exp&#233;rience d'ambassadeur en Hongrie durant la r&#233;volte de 1956. En tant que chef du &lt;i&gt;KGB&lt;/i&gt; en 1967, il joua un r&#244;le cl&#233; dans l'&#233;tablissement de l'&lt;i&gt;Institut international d'analyse appliqu&#233;e des syst&#232;mes&lt;/i&gt; (IIASA) &#224; Vienne, qui institutionnalisa les pr&#233;c&#233;dents accords entre Russell et Nikita Khrouchtchev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que pleinement inform&#233; des deux ann&#233;es de n&#233;gociations officieuses men&#233;es &#224; Washington par le biais de LaRouche, qui de son c&#244;t&#233; avait l'approbation du &lt;i&gt;Conseil de s&#233;curit&#233; national&lt;/i&gt; (NSC) de Reagan, Andropov rejeta l'offre de Reagan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette d&#233;cision sc&#233;l&#233;rate, Andropov assurait la d&#233;sint&#233;gration prochaine de l'URSS. Un Pacte de Varsovie et un &lt;i&gt;Comecon&lt;/i&gt; &#224; bout de souffle ne pourraient jamais supporter une course &#224; l'armement d&#233;fensif, particuli&#232;rement avec un secteur militaro-industriel fonctionnant en vase clos ne permettant pas &#224; l'URSS d'int&#233;grer rapidement les nouvelles d&#233;couvertes scientifiques et technologiques dans son &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des deux ann&#233;es de discussions avec les Sovi&#233;tiques pr&#233;c&#233;dant le 23 mars 1983, LaRouche avait soulign&#233; &#224; de nombreuses reprises les b&#233;n&#233;fices &#233;conomiques immenses de ce projet scientifique pour chacune des parties. Il avait aussi abord&#233; le probl&#232;me de la faiblesse inh&#233;rente au syst&#232;me &#233;conomique sovi&#233;tique et r&#233;dig&#233; des dizaines de notes sur les r&#233;percussions &#233;conomiques civiles de cette coop&#233;ration am&#233;ricano-sovi&#233;tique ainsi que sur l'opportunit&#233; de mettre un terme &#224; l'horreur du chantage thermonucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant avant qu'apr&#232;s le discours de Reagan, LaRouche et ses associ&#233;s avaient organis&#233; un mouvement international de soutien &#224; sa politique de survie mutuelle assur&#233;e et de renaissance &#233;conomique par de nouvelles avanc&#233;es technologiques. Parmi les principaux soutiens internationaux &#224; son projet, on trouvait des militaires et dirigeants politiques de haut rang, fran&#231;ais, allemands, italiens, japonais, argentins et indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;168&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L215xH181/marie-madeleine_fourcade_chef_du_mouvement_de_resistance_alliance_pendant_la_guerre_apporta_publiquement_son_soutien_a_larouche_et_l_ids__ici_avec_larouche_en_1984-daa87-9300c.jpg?1775333964' width='215' height='181' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2097 '&gt;Marie-Madeleine Fourcade, chef du mouvement de resistance Alliance pendant la guerre, apporta publiquement son soutien &#224; LaRouche et l'IDS. Ici avec LaRouche en 1984.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que personne n'ait pr&#233;tendu que ce syst&#232;me spatial de d&#233;fense &#224; laser pourrait &#234;tre mis en place imm&#233;diatement, l'adoption d'une strat&#233;gie de survie mutuelle au d&#233;triment de la doctrine MAD aurait compl&#232;tement red&#233;fini les relations internationales. Cela aurait &#233;tabli de fait un syst&#232;me westphalien de coop&#233;ration entre &#201;tats-nation souverains qui avaient &#233;t&#233; jet&#233;s les uns contre les autres sous le r&#232;gne de la Guerre froide britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'effondrement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LaRouche n'abandonna pas &lt;i&gt;l'IDS&lt;/i&gt;, m&#234;me apr&#232;s le rejet d'Andropov et le d&#233;clenchement par Kissinger, agent britannique d&#233;clar&#233;, et d'autres, d'une campagne vicieuse pour &#233;liminer &#171; le facteur LaRouche &#187;, soit par un assassinat, soit par une vindicte judiciaire mont&#233;e de toutes pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;93&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L248xH413/raid_du_fbi_sur_les_bureaux_du_mouvement_larouchiste_a_leesburg_virginie_en_octobre_1986-fe6dd.jpg?1775333964' width='248' height='413' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2098 '&gt;Raid du FBI sur les bureaux du mouvement larouchiste &#224; Leesburg, Virginie, en octobre 1986.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les mois et les ann&#233;es qui suivirent, avec sa s&#233;rie de &lt;a href=&#034;https://larouchepub.com/eiw/public/1986/eirv13n01-19860103/eirv13n01-19860103_042-global_showdown_eirs_report_jolt.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapports &#171; &lt;i&gt;Global Showdown&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;, il avertit que la d&#233;cision d'Andropov avait condamn&#233; l'URSS &#224; une d&#233;sint&#233;gration prochaine, d'ici la fin de la d&#233;cennie. Lorsque Gorbatchev, choisi par son pr&#233;d&#233;cesseur, prit le pouvoir en mars 1985, il renfor&#231;a la direction politique prise par Andropov. En octobre 1986, alors que 400 agents f&#233;d&#233;raux, d'&#201;tat et locaux, avec le soutien d'unit&#233;s de l'arm&#233;e, lan&#231;aient un &lt;i&gt;raid&lt;/i&gt; sur les bureaux du mouvement larouchiste &#224; Leesburg, en Virginie, [cote Est des &#201;tats-Unis] Gorbatchev rencontrait Reagan &#224; Reykjavik pour obtenir l'abandon de &lt;i&gt;l'IDS&lt;/i&gt; par les Am&#233;ricains. Malgr&#233; les efforts, entre autres, du propre secr&#233;taire d'&#201;tat de Reagan, George Shultz, de briser l'engagement du Pr&#233;sident et de le pousser &#224; accepter en &#233;change l'offre sovi&#233;tique de r&#233;duction des arsenaux nucl&#233;aires &#8211; ce qui maintenait, de fait, la doctrine MAD &#8211;, Reagan tint bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, d&#233;j&#224;, le programme &lt;i&gt;d'IDS&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; substantiellement affaibli et la pr&#233;sidence Reagan effectivement d&#233;truite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande opportunit&#233; fut ainsi perdue. L'Union sovi&#233;tique s'effondra dans les d&#233;lais et pour les raisons annonc&#233;es par LaRouche. De plus, le rejet du concept de renaissance scientifique mondiale qui aurait mis fin &#224; la politique de &#171; d&#233;sint&#233;gration contr&#244;l&#233;e &#187; de Londres et &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt;, signifia que les nations transatlantiques se trouvaient condamn&#233;es &#224; subir ce processus de d&#233;sint&#233;gration &#233;conomique et mon&#233;taire qui, aujourd'hui, entre dans sa phase terminale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LaRouche &#233;voque Reagan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ronald Reagan d&#233;c&#233;da le 6 juin 2004. LaRouche revint alors sur leur collaboration et r&#233;suma bri&#232;vement cette p&#233;riode d'une grande importance dans la crise mondiale actuelle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce matin, les m&#233;dias m'ont apport&#233; une nouvelle d&#233;concertante : la mort du pr&#233;sident Ronald Reagan. Bien que nous ne nous soyons rencontr&#233;s qu'une seule fois, &#224; Concord dans le New Hampshire, lors d'un d&#233;bat &#233;lectoral en janvier 1980, cette rencontre a chang&#233; l'histoire d'une mani&#232;re ironique qui se fait encore sentir aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si cette rencontre est encore importante aujourd'hui, c'est qu'elle me permit apr&#232;s sa victoire &#233;lectorale, de rencontrer les membres de son &#233;quipe &#224; Washington, ce qui mena apr&#232;s son investiture et jusqu'en 1984, &#224; de nombreuses discussions avec les repr&#233;sentants du nouveau Pr&#233;sident. Le plus important fruit de ces rencontres fut le r&#244;le que j'ai jou&#233; en 1982 et 1983 en menant des discussions officieuses avec le gouvernement sovi&#233;tique, au nom de la pr&#233;sidence. Le principal sujet de ce dialogue, coordonn&#233; avec le &lt;i&gt;Conseil de s&#233;curit&#233; national&lt;/i&gt;, &#233;tait ma proposition que Reagan appela &lt;i&gt;Initiative de d&#233;fense strat&#233;gique&lt;/i&gt;. Ce projet aurait chang&#233; le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En r&#233;fl&#233;chissant &#224; cette exp&#233;rience durant les ann&#233;es qui suivirent, j'ai souvent &#233;t&#233; perplexe sur l'aspect paradoxal de cette relation avec le Pr&#233;sident. D'un c&#244;t&#233;, notre relation &#233;tait celle, malgr&#233; nos dix ans d'&#233;cart, de deux v&#233;t&#233;rans de l'&#233;poque Franklin Roosevelt o&#249; l'&#233;conomie am&#233;ricaine avait &#233;t&#233; relev&#233;e et le fascisme vaincu. Dans toutes mes relations avec l'administration Reagan, cet aspect-l&#224; s'est toujours fait sentir. De l'autre c&#244;t&#233;, sur la politique &#233;conomique en tant que telle &#8211; comme au sujet de Milton Friedman, par exemple &#8211; nous &#233;tions quasiment &#224; l'oppos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une intervention frappante dans l'Histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sur tout cela, un point m&#233;rite d'&#234;tre &#233;clairci ; c'est pour moi une obligation personnelle. Il est vrai que c'est le rejet r&#233;p&#233;t&#233; et hyst&#233;rique de &lt;i&gt;l'IDS&lt;/i&gt; par Andropov et Gorbatchev, et non pas les menaces militaires des &#201;tats-Unis et de ses alli&#233;s, qui mena &#224; la chute de l'URSS six ans apr&#232;s l'offre de Reagan. Le 23 mars 1983, le Pr&#233;sident l'avait lanc&#233;e publiquement et la renouvela plus tard, d&#233;termin&#233; par l'id&#233;e de trouver une solution &#224; ce syst&#232;me des &#171; armes de vengeance &#187;. C'est bien le rejet de Moscou qui mit par terre l'&#233;conomie sovi&#233;tique et amena au d&#233;mant&#232;lement de l'URSS. Si l'offre du pr&#233;sident avait &#233;t&#233; accept&#233;e, l'histoire du monde aurait op&#233;r&#233; un tournant bien plus salutaire dans les ann&#233;es qui suivirent, tant pour les &#201;tats-Unis que pour la Russie. Ce tournant favorable aurait engendr&#233; un monde meilleur pour aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si nous avions r&#233;agi &#224; la fin du &lt;i&gt;Comecon&lt;/i&gt;/Pacte de Varsovie comme je l'avais propos&#233; publiquement en octobre 1988, la mis&#232;re terrible que nous vivons dans le monde entier depuis 1989, aurait &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e. Les &#233;checs des politiques am&#233;ricaines et europ&#233;ennes en la mati&#232;re depuis 1989, ne portent pas atteinte &#224; l'oeuvre ind&#233;l&#233;bile du pr&#233;sident Reagan, son intervention la plus frappante dans l'histoire, le 23 mars 1983. C'est cette marque personnelle, qui restera dans tous les r&#233;cits clairvoyants de l'histoire des &#201;tats-Unis et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ironiquement, la direction du Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain n'a jamais rien compris &#224; cela. Il est donc d'autant plus important que l'&#339;uvre du pr&#233;sident Reagan soit commun&#233;ment reconnue par ceux qui lui survivent aujourd'hui, r&#233;publicains comme d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Telle est la nature m&#234;me de l'institution pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine. Ce n'est pas du pass&#233;, c'est une le&#231;on politique que les nouvelles g&#233;n&#233;rations de ce monde doivent continuer &#224; apprendre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vid&#233;o en anglais : Histoire de l'Initiative de d&#233;fense strat&#233;gique de LaRouche.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;736&#034; height=&#034;414&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/22ICSDiZVG4&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;AVERTISSEMENT : &lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Pourquoi-le-LaRouchePAC-ne-represente-plus-la-politique-de-Lyndon-LaRouche.html&#034;&gt;Pourquoi le &#171; LaRouchePAC &#187; ne repr&#233;sente plus la politique de Lyndon LaRouche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Amelia B. Robinson, figure des droits civiques et vice-pr&#233;sidente de l'Institut Schiller
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/Amelia-B-Robinson-figure-des-droits-civiques-et-vice-presidente-de-l-Institut-Schiller</link>
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		<dc:date>2022-04-04T13:25:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Lantrade
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		<dc:subject>Etats-Unis
</dc:subject>
		<dc:subject>Justice
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Droits Civiques
</dc:subject>
		<dc:subject>Droits de l'Homme
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; quelques jours du 4 avril, anniversaire de la mort de Martin Luther King et alors que nous comm&#233;morions le 57e anniversaire des jours historiques et sanglants des 21-25 mars 1965 de la marche sur Selma pour les droits des peuples, l'Institut Schiller revient sur la personnalit&#233; centrale d'Amelia Boynton Robinson. Figure centrale de la lutte pour les droits civiques, embl&#232;me de la libert&#233;, Amelia fut aussi la co-pr&#233;sidente de l'Institut Schiller pendant vingt-cinq ans. &lt;br class='autobr' /&gt; . Amelia (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Etats-Unis" rel="tag"&gt;Etats-Unis
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Droits-de-l-Homme" rel="tag"&gt;Droits de l'Homme
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L96xH150/bridge_amelia_en_2-11f79.jpg?1775333964' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; quelques jours du 4 avril, anniversaire de la mort de Martin Luther King et alors que nous comm&#233;morions le 57e anniversaire des jours historiques et sanglants des 21-25 mars 1965 de la marche sur Selma pour les droits des peuples, l'Institut Schiller revient sur la personnalit&#233; centrale d'Amelia Boynton Robinson. Figure centrale de la lutte pour les droits civiques, embl&#232;me de la libert&#233;, Amelia fut aussi la co-pr&#233;sidente de l'Institut Schiller pendant vingt-cinq ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#FFF8DC;&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L360xH240/abr-20957.jpg?1775333964' width='360' height='240' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amelia Robinson est n&#233;e en 1911 dans l'Etat de G&#233;orgie (USA), dans une famille de 10 enfants. Son p&#232;re &#233;tait entrepreneur en b&#226;timent. Son histoire remonte, des deux c&#244;t&#233;s, &#224; un m&#233;lange d'esclaves africains, d'Indiens Cherokee et de nobles allemands et europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit de la vie de cette femme extraordinaire est pr&#233;sent&#233; dans le livre &#171; Bridge Across Jordan &#187;, publi&#233; par l'Institut Schiller en juillet 1991. &#171; Amelia Boynton Robinson est peut-&#234;tre plus connue comme la femme qui, en t&#234;te de la marche, a &#233;t&#233; gaz&#233;e, battue et laiss&#233;e pour morte sur le pont Edmund Pettus, lors de la marche du &#187;dimanche sanglant&#034; du 7 mars 1965 vers Montgomery, en Alabama, qui a rapidement conduit &#224; l'&#233;clatement du mouvement des droits civils en un mouvement de masse international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les efforts d'Amelia Robinson pour la justice et les droits civils ont commenc&#233; bien avant 1965. D&#232;s les ann&#233;es 1930, elle et son mari, S.W. Boynton, se sont battus pour le droit de vote et la propri&#233;t&#233; des Afro-Am&#233;ricains dans les zones rurales les plus pauvres de l'Alabama, o&#249; elle travaillait comme agent de d&#233;monstration &#224; domicile pour le minist&#232;re am&#233;ricain de l'agriculture, et lui comme agent de comt&#233;. Bill Boynton a donn&#233; sa vie pour cette cause, mourant jeune d'une crise cardiaque provoqu&#233;e par les ann&#233;es de dur labeur et de harc&#232;lement que son travail entra&#238;nait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, la maison et le bureau de Mme Robinson sont devenus le centre de la lutte pour les droits civiques &#224; Selma, utilis&#233;s par le Dr King et ses lieutenants, par des membres du Congr&#232;s et des avocats de tout le pays, pour planifier les manifestations qui allaient aboutir &#224; la loi sur le droit de vote de 1965. En 1964, elle a &#233;t&#233; la premi&#232;re Afro-Am&#233;ricaine &#224; briguer un si&#232;ge au Congr&#232;s pour l'Alabama, et la premi&#232;re femme, blanche ou noire, &#224; se pr&#233;senter sur la liste d&#233;mocrate dans cet &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; New York qu'Amelia Robinson rencontra des associ&#233;s de Lyndon LaRouche qui d&#233;fendaient les id&#233;es de justice, de droit au d&#233;veloppement et &#224; la dignit&#233; pour lesquels elle se battait elle-m&#234;me. Surtout, leur approche &#233;tait tr&#232;s inspir&#233;e par les conceptions qui avaient &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es lors de la conf&#233;rence de Bandung de 1955. Aussi, lorsque l'Institut Schiller fut officiellement fond&#233; en 1984 par Helga Zepp-LaRouche, elle en devint la vice-pr&#233;sidente, fonction qu'elle honora pendant vingt-cinq ans, en consid&#233;rant que l'Institut &#171; suivait les traces de Martin Luther King &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril-mai 1990, Mme Robinson a pass&#233; cinq semaines &#224; visiter l'Allemagne de l'Est et de l'Ouest pour l'Institut Schiller, o&#249; elle s'est adress&#233;e &#224; des milliers de citoyens allemands sur les le&#231;ons du mouvement de Martin Luther King pour l'Allemagne d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2022 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH343/amelia-ambermenil-39bf0-c7c13.jpg?1775333964' width='500' height='343' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lors de ses s&#233;jours en Europe, Amelia n'a jamais manqu&#233; de venir retrouver ses amis en France o&#249; elle a fait plusieurs voyages toujours marquants, comme en 1995 o&#249; elle venue soutenir la candidature de Jacques Cheminade &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. En 2006, elle partait en Lorraine pour y rencontrer, dans le petit mus&#233;e d'Emberm&#233;nil, cette grande figure de la R&#233;volution fran&#231;aise que fut l'abb&#233; Gr&#233;goire. Une rencontre &#233;mouvante, avant de prendre la parole &#224; Lun&#233;ville devant un public particuli&#232;rement attentif, avec celui qui se battit pour l'abolition des privil&#232;ge et jeta les premi&#232;res pierres de la bataille pour la libert&#233; des Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 juillet 1990, Mme Robinson avait re&#231;u la m&#233;daille de la libert&#233; Martin Luther King, Jr. &lt;i&gt;(Freedom Medal)&lt;/i&gt;, en hommage &#224; son engagement de toute une vie en faveur des droits de l'homme et des droits civils. Un engagement qui n'a jamais faibli et qui, bien au contraire, s'est nourri et renforc&#233; de toutes les rencontres qui ont enrichies une vie longue et remarquablement fructueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on se souvient d'Amelia comme d'une dirigeante naturelle, une femme g&#233;n&#233;reuse, combative, qui a parcouru l'Am&#233;rique et le monde au nom des principes des droits civils et des droits de l'homme dont elle a d&#233;fendu la cause pendant plus d'un demi-si&#232;cle, tant dans son engagement dans le mouvement de Martin Luther King que dans ses fonctions de vice-pr&#233;sidente de l'Institut Schiller.&lt;/p&gt;
&lt;table align='center' border='1' cellpadding='10'&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width='500px' style='text-align:justify;'&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2018 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.paypal.com/ncp/payment/TP2JC46PFP7N2&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH779/bridge_amelia_en_2-1a65b.jpg?1775333964' width='500' height='779' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2018 '&gt;Biographie en anglais d'Amelia Boyton Robinson, publi&#233;e par l'Institut Schiller&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt; &lt;td width='500px' style='text-align:justify;'&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.amazon.com/combat-Noirs-aux-Etats-Unis-French/dp/2916872051&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L400xH579/bridge_amelia_fr-a5971.jpg?1775333964' width='400' height='579' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-2019 '&gt;La version en fran&#231;ais de &#171; Bridge Across Jordan &#187;, ed. Duboiris&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;Cliquer sur l'image pour commander l'ouvrage&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/bridge_amelia_en_2-2.jpg" length="132347" type="image/jpeg" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La paix de Westphalie : aussi moderne qu'urgente
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/La-paix-de-Westphalie-aussi-moderne-qu-urgente</link>
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		<dc:date>2022-03-10T11:36:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Lantrade
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		<dc:subject>Processus de paix
</dc:subject>
		<dc:subject>Justice
</dc:subject>
		<dc:subject>Coop&#233;ration
</dc:subject>
		<dc:subject>Diplomatie
</dc:subject>
		<dc:subject>Droit international
</dc:subject>
		<dc:subject>Humanit&#233;
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Devant les yeux &#233;bahis des &#171; experts &#187; en g&#233;opolitique, entrainant dans leur nouvelle indignation les masses endormies, la guerre ensanglante &#171; de nouveau &#187; l'Europe. Ainsi tout le monde s'&#233;tonne, s'insurge et s'agite en r&#233;action &#224; la &#171; d&#233;lirante et surprenante invasion russe de l'Ukraine &#187;. Pourtant, si l'invasion russe contrevient au droit international, elle n'a rien de surprenant &#233;tant donn&#233; les nombreux avertissements lanc&#233;s par la Russie depuis l'accroissement de l'extension de l'OTAN (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Processus-de-paix" rel="tag"&gt;Processus de paix
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Justice" rel="tag"&gt;Justice
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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Cooperation" rel="tag"&gt;Coop&#233;ration
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Diplomatie" rel="tag"&gt;Diplomatie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Droit-international" rel="tag"&gt;Droit international
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Humanite" rel="tag"&gt;Humanit&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH116/the_ratification_of_the_spanish-dutch_treaty_of_munster_15_may_1648-908ce.jpg?1775333964' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Devant les yeux &#233;bahis des &#171; experts &#187; en g&#233;opolitique, entrainant dans leur nouvelle indignation les masses endormies, la guerre ensanglante &#171; de nouveau &#187; l'Europe. Ainsi tout le monde s'&#233;tonne, s'insurge et s'agite en r&#233;action &#224; la &#171; d&#233;lirante et surprenante invasion russe de l'Ukraine &#187;. Pourtant, si l'invasion russe contrevient au droit international, elle n'a rien de surprenant &#233;tant donn&#233; les nombreux avertissements lanc&#233;s par la Russie depuis l'accroissement de l'extension de l'OTAN et la multiplication des actes inamicaux envers la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre doit cesser, son terme ne sera un succ&#232;s sans un accord en Europe s'inspirant des trait&#233;s de Westphalie de 1648 qui mit fin &#224; 150 ans de guerre en Europe. C'est donc &#224; un nouveau trait&#233; westphalien qu'appelle l'Institut Schiller ; signez ici notre appel : &lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Appel-de-l-Institut-Schiller-a-convoquer-une-conference-internationale-afin-d.html&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://www.institutschiller.org/Appel-de-l-Institut-Schiller-a-convoquer-une-conference-internationale-afin-d.html&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#FFF8DC;&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;149&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/the_ratification_of_the_spanish-dutch_treaty_of_munster_15_may_1648.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH388/the_ratification_of_the_spanish-dutch_treaty_of_munster_15_may_1648-14049.jpg?1775333964' width='500' height='388' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1970 '&gt;La ratification du Trait&#233; de M&#252;nster, en 1648, un parmi plusieurs autres trait&#233;s constituant la &#171; Paix de Westphalie &#187;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-1970 '&gt;Gerard ter Borch
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est commun&#233;ment admis que les trait&#233;s de Westphalie sont le fruit de quatre longues ann&#233;es de n&#233;gociations diplomatiques qui posent les fondements juridiques des relations entre Etats-nations souverains, bas&#233;s sur le principe de non-ing&#233;rence. En reconnaissant la souverainet&#233; des pays membres du Saint-Empire, ils briseront le pouvoir de l'empereur, et donc des Habsbourg. Tout cela est vrai mais ne permet pas de saisir l'esprit qui donne toute leur puissance &#224; ces trait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on peut pourtant s'en rendre compte en les comparant au trait&#233; de paix sign&#233; la m&#234;me ann&#233;e entre l'Espagne et les Pays-Bas. Dans le premier article de ce trait&#233;, le roi d'Espagne reconna&#238;t que les &#201;tats g&#233;n&#233;raux des Pays-Bas et les provinces et pays associ&#233;s sont &#171; libres et souverains &#187;, que lui et ses successeurs n'auront jamais aucune pr&#233;tention sur eux et qu'il conclut avec eux une &#171; Paix perp&#233;tuelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me article proclame une paix &#171; bonne, ferme, &lt;i&gt;fidelle&lt;/i&gt; et inviolable &#187; et que &#171; cesseront tous actes d'hostilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l'article III :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chacun demeurera saisi et jouira effectivement des Pays, Villes, Places, Terres et Seigneuries, qu'il tient &amp; poss&#232;de &#224; pr&#233;sent, sans y &#234;tre troubl&#233; &lt;i&gt;ny&lt;/i&gt; inqui&#233;t&#233; directement &lt;i&gt;ny&lt;/i&gt; indirectement, de quelque fa&#231;on que ce soit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix appara&#238;t ici comme l'arr&#234;t des hostilit&#233;s : on laisse l'ancien ennemi tranquille. Que dit au contraire le premier article du trait&#233; de paix entre la France et le Saint-Empire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'il y ait une paix Chr&#233;tienne, universelle, et perp&#233;tuelle, et une amiti&#233; &lt;i&gt;vraye&lt;/i&gt; et sinc&#232;re entre la sacr&#233;e Majest&#233; Imp&#233;riale, et la sacr&#233;e Majest&#233; tr&#232;s-Chr&#233;tienne ; comme aussi entre tous et un chacun des Alliez, et &lt;i&gt;adh&#233;rans&lt;/i&gt; de sadite Majest&#233; Imp&#233;riale [...] et un chacun des Alliez de &lt;i&gt;sadite&lt;/i&gt; Majest&#233; tr&#232;s-chr&#233;tienne [...] ; et que cette paix et amiti&#233; s'observe et se cultive sinc&#232;rement et s&#233;rieusement ; en sorte que les parties procurent l'utilit&#233;, l'honneur, et l'avantage l'une de l'autre ; et qu'ainsi de tous &lt;i&gt;c&#244;tez&lt;/i&gt; on &lt;i&gt;voye&lt;/i&gt; rena&#238;tre et refleurir les biens de cette paix et de cette amiti&#233; par l'entretien s&#251;r et r&#233;ciproque d'un bon et fid&#232;le voisinage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me article proclame :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; un oubli et une amnistie perp&#233;tuelle de tout ce qui a &#233;t&#233; fait depuis le commencement de ces troubles [...] ; si bien que tout ce que l'un &lt;i&gt;pourroit&lt;/i&gt; demander et pr&#233;tendre sur l'autre pour ce sujet, soit enseveli dans un &#233;ternel oubli. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, contrairement au premier trait&#233;, la paix n'est pas l'absence de conflit, mais un principe qui agit et transforme. Il s'agit d'une paix &#171; chr&#233;tienne &#187;, bien commun qui sera construit sur les principes universels partag&#233;s par les deux religions. Le pardon permet d'&#233;manciper le futur du mal caus&#233; dans le pass&#233;. Mieux, plut&#244;t que de laisser son ennemi tranquille, on va chercher &#224; agir &#224; son avantage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'article III interdit &#224; chaque partie d'assister &#171; les ennemis &lt;i&gt;pr&#233;sens&lt;/i&gt; ou &#224; venir de l'autre &#187; et tous les signataires de ce trait&#233; sont &#171; oblig&#233;s de d&#233;fendre et prot&#233;ger toutes et &lt;i&gt;chacunes&lt;/i&gt; des &lt;i&gt;loix&lt;/i&gt; ou conditions de cette paix contre qui que ce soit sans distinction de religion &#187; (article CXXIII).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fendre le droit des autres devient une responsabilit&#233; pour chacun (en cas de diff&#233;rend, &#171; tous et chacun des &lt;i&gt;interessez&lt;/i&gt; en cette transaction sont tenus de se joindre &#224; la partie &lt;i&gt;l&#233;z&#233;e&lt;/i&gt; &#187;) et il est interdit aux Etats de l'empire de &#171; poursuivre son droit par force et par armes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces droits sont d&#233;limit&#233;s collectivement par les restitutions de territoires d&#233;taill&#233;es dans le trait&#233;. Ce n'est pas seulement le rapport de force militaire qui d&#233;termine ces arbitrages, mais aussi les montagnes de documents rassembl&#233;s par les diplomates pour prouver la l&#233;gitimit&#233; de leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH479/guerre_de_trente_ans-419f0-5de99.png?1775333964' width='500' height='479' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bases &#233;conomiques de la paix sont aussi &#233;tablies : fid&#232;le au principe de compassion qu'il proclame d&#232;s les premi&#232;res lignes, le trait&#233; pr&#233;voit un examen de la l&#233;gitimit&#233; des dettes, et m&#234;me des moratoires pour briser le cercle infernal dette-guerre. De m&#234;me, la libert&#233; de circulation et de commerce sur terre et sur mer est am&#233;nag&#233;e en supprimant les p&#233;ages install&#233;s par des autorit&#233;s priv&#233;es &#171; contre l'utilit&#233; publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, ce qu'incarnent ces textes, c'est la volont&#233; de cr&#233;er un Etat de droit o&#249; la souverainet&#233; et l'avantage de chacun seront respect&#233;s, au-del&#224; de sa puissance ou de sa culture. Ce principe jeta les fondations de cette Europe d'&#201;tats-nations souverains coop&#233;rant librement dans le grand dessein dont Henri IV et Sully avaient r&#234;v&#233; et, de l'autre c&#244;t&#233; de l'Atlantique, celles de la R&#233;publique des &#201;tats-Unis. Imaginez nos hommes politiques sortir de leur cynisme et le d&#233;fendre &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nous maintenant de faire mieux qu'eux, en faisant red&#233;couvrir &#224; l'humanit&#233; ce paradoxe savoureux : la meilleure mani&#232;re de servir ses propres int&#233;r&#234;ts, c'est de d&#233;fendre ceux des autres !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Signez et faites circuler !&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Appel-de-l-Institut-Schiller-a-convoquer-une-conference-internationale-afin-d.html&#034;&gt;Appel de l'Institut Schiller &#224; convoquer une conf&#233;rence internationale afin d'&#233;tablir une nouvelle architecture de s&#233;curit&#233; et de d&#233;veloppement pour toutes les nations.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bon gouvernement de Louis XI &#8211; La Renaissance europ&#233;enne
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/Le-bon-gouvernement-de-Louis-XI-La-Renaissance-europeenne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.institutschiller.org/Le-bon-gouvernement-de-Louis-XI-La-Renaissance-europeenne</guid>
		<dc:date>2021-12-03T16:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile
, S&#233;bastien Lantrade
</dc:creator>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>France
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Renaissance
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Economie physique
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Stephanie Ezrol &lt;br class='autobr' /&gt;
Le roi de France Louis XI, qui a r&#233;gn&#233; de 1461 &#224; 1483, a cr&#233;&#233; la forme moderne d'&#201;tat-nation, correspondant au commonwealth anglo-saxon. La richesse de la nation est alors consid&#233;r&#233;e comme la propri&#233;t&#233; commune de la nation et de l'ensemble de son peuple ; cette richesse est fonction de l'augmentation de l'&#233;nergie libre de l'&#233;conomie dans son ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la France de Louis XI, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, la notion de profit, ou de surplus, a re&#231;u une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/France" rel="tag"&gt;France
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Histoire" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Renaissance" rel="tag"&gt;Renaissance
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Europe" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Economie-physique" rel="tag"&gt;Economie physique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH84/louisxi-tgv-c033e.png?1775333964' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Stephanie Ezrol&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;
&lt;div class='spip_document_2322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/png/louisxi-tgv.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH281/louisxi-tgv-148f7.png?1775333965' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
Le roi de France Louis XI, qui a r&#233;gn&#233; de 1461 &#224; 1483, a cr&#233;&#233; la forme moderne d'&#201;tat-nation, correspondant au &lt;i&gt;commonwealth&lt;/i&gt; anglo-saxon. La richesse de la nation est alors consid&#233;r&#233;e comme la propri&#233;t&#233; commune de la nation et de l'ensemble de son peuple ; cette richesse est fonction de l'augmentation de l'&#233;nergie libre de l'&#233;conomie dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la France de Louis XI, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, la notion de profit, ou de surplus, a re&#231;u une expression politico-&#233;conomique coh&#233;rente. La France, au cours de cette p&#233;riode, a connu une augmentation r&#233;elle du taux de croissance de la composante &#171; &#233;nergie libre &#187; de la production par rapport &#224; &#171; l'&#233;nergie du syst&#232;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Alors, vous voulez tout savoir sur l'&#233;conomie de Lyndon LaRouche ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui a cr&#233;&#233; la base pour son d&#233;veloppement continu au XVIIIe si&#232;cle. Louis XI a g&#233;n&#233;r&#233; cette richesse &#224; partir de ce qu'offrait les activit&#233;s de la vie rurale, alors largement pr&#233;dominante : agriculture, horticulture, construction d'infrastructures et d'industries avec une main-d'&#339;uvre de plus en plus qualifi&#233;e, dont la composition refl&#233;tait les efforts entrepris pour recruter des travailleurs qualifi&#233;s en France et dans d'autres nations. Il a su vaincre de fa&#231;on magistrale les obstacles politiques que constituaient le syst&#232;me f&#233;odal en tant que tel, qui &#233;tait la forme de soci&#233;t&#233; pr&#233;dominante dans toute l'Europe, et une aristocratie f&#233;odale bien ancr&#233;e dans son propre pays. Ce syst&#232;me f&#233;odal &#233;tait domin&#233; par l'attachement &#224; l'usure, tant sous la forme de la rente fonci&#232;re que dans le domaine du pr&#234;t d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/dante_luca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L350xH346/dante_luca-91092-31c2c.jpg?1775333965' width='350' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le projet de cr&#233;er l'&#201;tat-nation moderne &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sent &#224; l'esprit des grands humanistes europ&#233;ens qui donn&#232;rent le jour &#224; la Renaissance, &#224; commencer par Dante Alighieri (1265 - 1321), dont la volont&#233; de s'attaquer aux questions relatives &#224; la science, l'&#201;tat et la culture linguistique, consid&#233;r&#233;es comme au c&#339;ur de la cr&#233;ation r&#233;publicaine de gouvernement, est clairement exprim&#233;e dans la &lt;i&gt;Divina Commedia&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;De Monarchia&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;De Vulgari Eloquentia&lt;/i&gt;. L'&#339;uvre de Dante a &#233;t&#233; poursuivie par son &#233;l&#232;ve Francesco P&#233;trarque (1304 - 1374), &#224; la fois &#224; la cour papale d'Avignon et &#224; travers son r&#233;seau europ&#233;en de correspondants et de collaborateurs. Le concept d'un tel &#201;tat - o&#249; le gouvernement serait dirig&#233; &#171; &lt;i&gt;par et pour le peuple&lt;/i&gt; &#187;, comme le d&#233;crira plus tard Abraham Lincoln pour les Etats-Unis - a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme document de travail par le scientifique, historien et humaniste chr&#233;tien, le cardinal Nicolas de Cues (1401 - 1464), au Conseil de B&#226;le en 1434, dans &lt;a href=&#034;https://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-de-cues/1-de-la-docte-ignorance-a-la-paix-de-la-foi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un trait&#233; intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;La concordance catholique&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas de Cues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cardianal Nicolas de Cues (1401-1464), humaniste, th&#233;ologien, philosophe, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avait &#233;t&#233; initi&#233; aux &#233;crits de Platon &#224; la fin des ann&#233;es 1420 par l'&#233;tude en France des &#339;uvres de l'Espagnol Raymond Lulle (1235 ? - 1315), qui &#233;taient conserv&#233;es dans un monast&#232;re &#224; Chartres pr&#232;s de Paris. C'est Lulle, avec son contemporain Dante Alighieri, qui avait men&#233; l'offensive platonicienne contre l'aristot&#233;lisme m&#233;di&#233;val. Les collaborateurs de Nicolas de Cues ont tous particip&#233; &#224; l'effort visant &#224; assurer la r&#233;alisation de cette id&#233;e qui a vu le jour dans la France de Louis XI. Parmi eux, le Florentin Paolo Toscanelli, m&#233;decin et cartographe qui rendit possible le voyage de Christophe Colomb ; Ambrogio Traversari, qui gagna le pape Eug&#232;ne IV &#224; la perspective de ce qui deviendrait le Concile de Florence de 1439, lequel a vu l'unification des &#201;glises d'Orient et d'Occident ; Aeneas Sylvius Piccolomini, le futur pape Pie II, qui aida Nicolas de Cues &#224; rallier l'Allemagne lors de l'unification de l'&#201;glise ; et le cardinal Giuliano Cesarini, qui, avec Nicolas de Cues, rompit avec le tournant schismatique du concile de B&#226;le en 1437.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2326 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/raymond_lulle.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L300xH421/raymond_lulle-e7574-081eb.jpg?1775333965' width='300' height='421' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2326 '&gt;Raymond Lulle
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La composante nord-europ&#233;enne de cet effort &#233;tait centr&#233;e sur le mouvement de r&#233;forme de l'&#201;glise connu sous le nom de &#171; Fraternit&#233; de la vie commune &#187;, ou &#171; D&#233;votion moderne &#187;, qui avait &#233;t&#233; lanc&#233; par l'&#233;rudit n&#233;erlandais Gerhard Groote.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dernier avait &#233;tudi&#233; &#224; Paris et entretenait une correspondance avec son collaborateur Guillaume de Salvarvilla, le chanoine de la cath&#233;drale Notre-Dame de Paris. Salvarvilla, qui devait plus tard d&#233;fendre officiellement les efforts de Groote pour r&#233;former l'&#201;glise, a plaid&#233; sa cause avec succ&#232;s &#224; Rome en 1384 - une d&#233;cision favorable qui est malheureusement intervenue apr&#232;s la mort pr&#233;matur&#233;e de Groote de la peste en 1384, &#224; l'&#226;ge de quarante-quatre ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L200xH230/francesco_petrarca-7ad15-83397.jpg?1775333965' width='200' height='230' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La bataille politique de ces humanistes chr&#233;tiens &#233;tait dirig&#233;e contre le mal oligarchique de Venise et de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, dont la capacit&#233; &#224; gouverner d&#233;pendait du maintien de la grande majorit&#233; de la population dans l'ignorance et dans des conditions de vie mis&#233;rables. La m&#233;thode m&#233;caniste d'Aristote a toujours &#233;t&#233; une arme cl&#233; de ces oligarques. Comme l'&#233;crit P&#233;trarque dans son essai de 1368 : &lt;i&gt;De sa propre ignorance et de celle de beaucoup d'autres&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;aucun chr&#233;tien, et surtout aucun lecteur fid&#232;le des livres d'Augustin, n'h&#233;sitera &#224; le confirmer, et les Grecs ne le nient pas non plus : &#8216;[...]. Ils appellent Platon &#8216;divin' et Aristote &#8216;&lt;i&gt;demonius&lt;/i&gt;'.'&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L300xH385/fulbert_de_chartres-544da-51620.jpg?1775333965' width='300' height='385' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La r&#233;introduction par Fulbert de la m&#233;thode d'enseignement platonicienne se r&#233;pandit dans les &#233;coles de la cath&#233;drale dans toute la France, &#224; Orl&#233;ans, Angers, Tours, Poitiers, Paris, Mantes, Beauvais, Rouen, Saint-Riquier, Besan&#231;on, et m&#234;me hors de France, &#224; Cologne et &#224; Li&#232;ge. La construction de la magnifique cath&#233;drale de Chartres, des ann&#233;es 1194 &#224; 1260, ainsi que d'autres cath&#233;drales similaires construites dans toute la France, repr&#233;sente le couronnement de ce mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France &#233;tait un terrain fertile pour un tel projet, avec l'h&#233;ritage politique de Charlemagne (724 - 814), et un riche h&#233;ritage platonicien remontant &#224; Gerbert d'Aurillac, le futur pape Sylvestre II (942 - 1003), et son &#233;l&#232;ve Fulbert (960 - 1028), qui fut connu comme le &#171; V&#233;n&#233;rable Socrate &#187; de l'Acad&#233;mie de Chartres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son trait&#233; intitul&#233; &lt;i&gt;Le rosier des guerres&lt;/i&gt;, Louis XI &#233;crit :&lt;i&gt; &#171; les cit&#233;s furent d&#232;s l'origine le nom du bien commun ou du bien public &#187;&lt;/i&gt;. Ce que Louis XI a fait, c'est appliquer avec succ&#232;s ces id&#233;es de construction de villes, &#224; l'&#339;uvre d'une nation enti&#232;re. Comme il l'&#233;crit dans &lt;i&gt;Le rosier&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; le Prince doit pourvoir &#224; l'entretien des ouvrages et &#233;difices publics, et faire des am&#233;liorations et r&#233;parations sur les routes, les ponts, les ports, les murs, les foss&#233;s, et les autres choses n&#233;cessaires dans ses villes et ch&#226;teaux &#187;&lt;/i&gt;. Si des historiens tels que Paul Murray Kendall lui ont attribu&#233; le m&#233;rite de prot&#233;ger la Renaissance italienne en emp&#234;chant la guerre entre les villes italiennes, l'accomplissement de Louis XI va bien au-del&#224; d'une telle entreprise d&#233;fensive. En effet, il a permis la concr&#233;tisation politique des id&#233;es de la Renaissance italienne, qui n'ont pu &#234;tre r&#233;alis&#233;es en Italie-m&#234;me, en raison de l'intervention constante des V&#233;nitiens. La cr&#233;ation d'une nation, dot&#233;e d'une puissance &#233;conomique et politique telle que celle de la France, et la promotion d'autres &#201;tats-nations de ce type, &#233;tait le seul moyen de garantir que l'humanit&#233; ne serait plus jamais confront&#233;e au type de d&#233;vastation qu'elle avait subie pendant la Peste noire, d&#233;vastation caus&#233;e par le syst&#232;me d'usure des banques lombardes, domin&#233; par les V&#233;nitiens, dont le pillage avait provoqu&#233; l'effondrement &#233;conomique de l'Europe ayant pr&#233;lud&#233; et cr&#233;&#233; les conditions &#224; la propagation de la peste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'historien Kendall rapporte l'anecdote suivante dans une note de bas de page de&lt;a href=&#034;https://www.fayard.fr/histoire/louis-xi-9782213000381&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son &#233;tude de 1971, &#171; Louis XI &#187;&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; lors du premier No&#235;l de Louis XI en tant que roi, il invita le plus grand nombre d'ambassades italiennes probablement jamais vu en France, y compris des d&#233;l&#233;gations du pape, de Venise, de Florence, de Milan, de Rimini et de nombreuses villes plus petites. Louis XI fait conna&#238;tre sa grande admiration pour Cosme de Medicis et la puissance de la R&#233;publique florentine. Cependant, il repousse une alliance avec les V&#233;nitiens, qui &#233;courtent leur visite et retournent dans leur ville natale. Apr&#232;s leur d&#233;part, Louis XI ne cache pas que, pour lui, &#8216;V&#233;nitien' est synonyme de &#8216;m&#233;chant'. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admirateur de la civilisation italienne, le roi de France partageait le pr&#233;jug&#233; italien g&#233;n&#233;ral &#224; l'&#233;gard de Venise, qui n'est nulle part aussi vivement exprim&#233; que dans les &#171; &lt;i&gt;Commentaires&lt;/i&gt; &#187; de Pie II :&lt;citation&gt;comme parmi les b&#234;tes brutes, les cr&#233;atures aquatiques ont le moins d'intelligence, ainsi parmi les &#234;tres humains, les V&#233;nitiens sont les moins justes et les moins capables d'humanit&#233;. Ils ne font plaisir qu'&#224; eux-m&#234;mes, et pendant qu'ils parlent, ils s'&#233;coutent et s'admirent. Quand ils parlent, ils se prennent pour des Sir&#232;nes. Ils veulent para&#238;tre chr&#233;tiens devant le monde, mais en r&#233;alit&#233; ils ne pensent jamais &#224; Dieu et, &#224; part l'&#201;tat qu'ils consid&#232;rent comme une divinit&#233;, ils ne tiennent rien de sacr&#233;. Les V&#233;nitiens visent la domination de l'Italie, et aspirent tous &#224; la ma&#238;trise du monde.&lt;/citation&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bien des &#233;gards, le mod&#232;le de Louis XI pour le &#171; bon gouvernement &#187; &#233;tait la cit&#233;-&#201;tat de Florence au XVe si&#232;cle. Le r&#233;seau bancaire des M&#233;dicis, pr&#233;sent dans toute l'Europe, &#233;tait destin&#233; &#224; fournir des cr&#233;dits pour l'industrie et les infrastructures. Florence avait une forme de gouvernement r&#233;publicaine dont la richesse, contrairement &#224; celle de sa rivale Venise, &#233;tait bas&#233;e sur la fabrication. Cosme de Medicis (1389 - 1464) fait partie du cercle des h&#233;ritiers de P&#233;trarque, notamment Ambrogio Traversari, qui forge une &#171; conspiration &#187; internationale humaniste depuis sa cellule du monast&#232;re de Santa Maria degli Angeli &#224; Florence, alors capitale &#233;conomique de l'Europe. C'est d'ailleurs &#224; Florence, en 1440, que la renaissance du savoir platonicien s'est institutionnalis&#233;e avec la fondation de l'&lt;i&gt;Acad&#233;mie platonicienne&lt;/i&gt; de Cosme de Medicis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la primaut&#233; de cette tradition platonicienne a &#233;t&#233; perdue avec les Croisades orchestr&#233;es par Venise et, notamment, le parrainage v&#233;nitien d'Aristote &#224; l'Universit&#233; de Paris, en vue d'assurer le soutien de l'oligarchie f&#233;odale &#224; ces Croisades. La d&#233;population de l'Europe lors de la grande peste noire qui se r&#233;pandit de Marseille et de la Corse en 1346, &#224; l'Italie, &#224; la France, &#224; l'Espagne, &#224; l'Angleterre amena la question br&#251;lante de quelle forme politique garantissant la survie et la reproduction r&#233;ussie devait &#234;tre cr&#233;&#233;e. On estime qu'entre 1347 et 1351, vingt millions de personnes, soit un quart de la population europ&#233;enne, p&#233;rirent. Dans les r&#233;gions les plus dens&#233;ment peupl&#233;es - Italie, France, Pays-Bas, Angleterre - la proportion de la population ayant succomb&#233; &#224; la peste se situe entre un tiers et la moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La peste noire : la France &#224; la naissance de Louis XI&lt;/h3&gt; &lt;div class='spip_document_2324 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/peste_noire_illustr_artistique.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH317/peste_noire_illustr_artistique-6e40a.jpg?1775333965' width='500' height='317' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; du XIVe si&#232;cle, la France avait &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;e par la maladie et la guerre. Les rois anglais, de connivence avec les V&#233;nitiens, avaient revendiqu&#233; la couronne de France, &#224; commencer par &#201;douard III en 1337, entreprenant une s&#233;rie d'invasions militaires qui se sont produites par intermittence pendant 120 ans, la &#171; guerre de Cent Ans &#187;. Pendant ce temps, les seigneurs f&#233;odaux de France se battaient &#224; la fois contre les Anglais et entre eux. Alors que l'&#233;conomie productive, l'agriculture et l'industrie &#233;taient &#224; l'arr&#234;t, et que la main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e &#233;tait d&#233;cim&#233;e par la peste, ces seigneurs f&#233;odaux formaient des arm&#233;es priv&#233;es qui se livraient au brigandage, parcouraient les campagnes, volant la nourriture et les biens qu'ils pouvaient trouver et massacrant les habitants ce qui entra&#238;na la disparition de villes et de villages entiers. Dans les zones urbaines, la peste bubonique, transmise par les puces, c&#233;da rapidement la place &#224; la peste pneumonique, se transmettant directement d'homme &#224; homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des bandes de maraudeurs, soutenues par la noblesse titr&#233;e, se nourrissaient en pillant ceux qui &#233;taient &#233;pargn&#233;s par la maladie. Pie II rapporte dans ses &lt;i&gt;Commentaires&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;la France, ravag&#233;e par de tels d&#233;sastres, pr&#233;sentait l'apparence d'un vaste d&#233;sert plut&#244;t que d'un royaume. Les villes &#233;taient ruin&#233;es et d&#233;pouill&#233;es de leurs habitants ; les fermes &#233;taient en cendres, le pays &#233;tait partout d&#233;vast&#233; ; nulle part un petit groupe ne pouvait voyager en s&#233;curit&#233; ; si un homme &#233;chappait aux brigands, il tombait sur les b&#234;tes sauvages.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La disparition potentielle de la France en tant que nation et culture a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e par le trait&#233; de Troyes de 1420, qui avait rapidement suivi l'entr&#233;e des Anglais dans Paris en 1418 avec la complicit&#233; de la reine Isabeau de Bavi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce trait&#233; c&#233;dait la souverainet&#233; de la France au roi anglais Henri V, qui voyait dans la France de Charles VI une riche source de butin pour ses tr&#233;sors en difficult&#233;. Le p&#232;re de Louis XI, Charles VII, en tant que Dauphin et h&#233;ritier du tr&#244;ne de son propre p&#232;re Charles VI, est officiellement d&#233;sh&#233;rit&#233;. Le pays se divise en factions bellig&#233;rantes, une grande partie de la France r&#233;sistant &#224; l'occupation &#233;trang&#232;re et restant fid&#232;le &#224; Charles VII, qui, en 1422, &#224; la mort de Charles VI et d'Henri V, avait &#233;t&#233; contraint de d&#233;placer sa capitale de Paris &#224; la ville de Bourges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L470xH289/charles_vii-720ea-16f7a.jpg?1775333965' width='470' height='289' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pendant ce temps, la campagne fran&#231;aise r&#233;sonnait de rumeurs sur la reine Isabeau. Pendant les n&#233;gociations du trait&#233; de Troyes, elle avait d&#233;clar&#233; que son fils [Charles VII] n'&#233;tait pas l'h&#233;ritier l&#233;gitime du tr&#244;ne, car son mari, le roi Charles VI, n'en &#233;tait pas le p&#232;re. Isabeau est alors connue comme la &#171; putain &#187; qui a ruin&#233; la France, et le bruit court que la France ne peut &#234;tre sauv&#233;e que par l'intercession d'une femme vertueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, en 1429, la r&#233;sistance qui couvait est justement lib&#233;r&#233;e par une jeune femme vertueuse, dont les parents &#233;taient des fermiers dans ce qui est aujourd'hui la Lorraine. Jeanne d'Arc, avec le soutien de son oncle, des moines augustins et des r&#233;seaux de r&#233;sistance &#233;tendus dans la France non occup&#233;e - probablement associ&#233;s au mouvement de r&#233;forme de la &#171; Confr&#233;rie de la Vie Commune &#187; - r&#233;ussit &#224; approcher le Dauphin, Charles VII, et &#224; le convaincre de lui fournir les forces militaires n&#233;cessaires pour assurer son couronnement &#224; Reims, lieu traditionnel du sacre des rois de France.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#171; Confr&#233;rie de la vie commune &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quarante-cinq ans avant l'entr&#233;e de Jeanne d'Arc sur la sc&#232;ne politique, une r&#233;volution politique et religieuse s'&#233;tait d&#233;clench&#233;e en Europe du Nord. Dans un effort pour reconstruire le bien-&#234;tre moral, physique et spirituel des peuples europ&#233;ens &#224; la suite de la peste noire, Gerhard Groote avait cr&#233;&#233; la &#171; Confr&#233;rie de la vie commune &#187; dans la ville c&#244;ti&#232;re n&#233;erlandaise de Deventer. La Confr&#233;rie &#233;tait un ordre d'enseignement, qui s'engageait &#224; &#233;duquer tout un chacun, quelle que soit sa richesse ou sa situation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propres parents de Groote &#233;taient morts de la peste noire en d&#233;pit de leurs efforts pour convaincre la ville de Deventer d'adopter des mesures sanitaires et combattre la peste. Ils s'&#233;taient retrouv&#233;s face &#224; des dirigeants de la ville trop effray&#233;s pour affronter la catastrophe &#224; venir, et plus enclins &#224; placer leurs espoirs dans les visites des flagellants. Ses propositions qui furent rejet&#233;es s'inscrivaient dans la r&#233;sistance qui s'&#233;tait lev&#233;e dans toute l'Europe contre le pillage des oligarques, dont la survie reposait sur les quatre-vingt-quinze pour cent de la population appauvrie qui n'&#233;taient pas mieux trait&#233;e que les vaches qui leur fournissaient du lait et de la viande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2325 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/thomasakempis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L350xH263/thomasakempis-c549a-ec745.jpg?1775333965' width='350' height='263' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le travail de l'ordre enseignant soulignait le r&#244;le de chaque individu, quelle que soit sa position dans la vie, pour assumer la responsabilit&#233; d'accomplir l'&#339;uvre de Dieu sur terre. L'expression la plus c&#233;l&#232;bre et la plus influente de l'id&#233;al de la Fraternit&#233;, le livre &#171; L'Imitation du Christ &#187;, avait &#233;t&#233; &#233;crit par Thomas &#224; Kempis, disciple de Groote. Ce mouvement d'enseignants et de r&#233;formateurs de l'&#201;glise se r&#233;pandit rapidement dans les ann&#233;es 1380 en Allemagne, en Suisse, en Bourgogne, en Flandre, dans les Pays-Bas et dans certaines r&#233;gions de France. En 1429, un grand nombre de monast&#232;res augustiniens et de monast&#232;res d'autres ordres en Europe du Nord avaient rejoint le mouvement de la Fraternit&#233; de Groote.&lt;br class='autobr' /&gt;
Domr&#233;my, le village natal de Jeanne d'Arc, se trouvait &#224; la fronti&#232;re de villes allemandes abritant des maisons, monast&#232;res et couvents de la Confr&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1418, alors que la reine de France collaborait avec les Anglais pour permettre leur occupation de Paris, les &#171; Fr&#232;res de la Vie Commune &#187; furent officiellement accus&#233;s du crime d'h&#233;r&#233;sie par un moine dominicain, nomm&#233; Matthieu Grabow.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dernier affirmait que seuls les moniales, les moines et les pr&#234;tres clo&#238;tr&#233;s pouvaient esp&#233;rer atteindre la perfection chr&#233;tienne et que, par cons&#233;quent, l'&#233;ducation de l'homme du peuple pr&#244;n&#233;e par Groote et ses disciples &#233;tait h&#233;r&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/jean_gerson__portrait_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L350xH386/jean_gerson__portrait_-a1798-2b920.jpg?1775333965' width='350' height='386' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il incomba &#224; Jean Gerson, autrefois Chancelier de l'Universit&#233; de Paris, mais exil&#233; de la ville apr&#232;s la prise du pouvoir par les Bourguignons et les Anglais, de d&#233;fendre la &#171; Fraternit&#233; &#187; contre l'accusation d'h&#233;r&#233;sie, en faisant appel &#224; la foi chr&#233;tienne de l'Homme cr&#233;&#233; &#224; l'image de Dieu (&lt;i&gt;Imago Dei&lt;/i&gt;), et au devoir concomitant de tous les hommes d'agir &#224; l'imitation du Christ (&lt;i&gt;capax Dei&lt;/i&gt;), comme l'avaient enseign&#233; les premiers p&#232;res de l'&#201;glise. Gerson r&#233;digera plus tard le programme &#233;ducatif pour le jeune Louis XI, en insistant sur l'&#233;tude de &#171; La Cit&#233; de Dieu &#187; de Saint Augustin.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est Gerson, rest&#233; fid&#232;le &#224; Charles VII malgr&#233; son parrainage avec le Duc de Bourgogne, qui pr&#233;senta &#224; Charles VII la conclusion du comit&#233; de clercs lui recommandant Jeanne d'Arc en 1429.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de Jeanne d'Arc n'&#233;tait pas uniquement de d&#233;clencher une r&#233;sistance r&#233;ussie &#224; l'occupation anglaise de la France, mais aussi de vaincre l'oligarchie fran&#231;aise d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e, qui menait le pays &#224; l'autodestruction par la guerre civile. La s&#233;rie de victoires militaires rapides et apparemment miraculeuses de Jeanne d'Arc, commen&#231;ant par la lev&#233;e du si&#232;ge d'Orl&#233;ans en mai 1429, &#233;tait le r&#233;sultat de sa capacit&#233; &#224; rallier des &#233;l&#233;ments de la population et du leadership fran&#231;ais &#224; son concept sup&#233;rieur de la nation, bas&#233; sur la dignit&#233; de l'homme &#224; l'image de Dieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aeneas Sylvius Piccolomini, le futur pape Pie II, publie un long rapport sur les victoires militaires de Jeanne d'Arc et sur sa vertu chr&#233;tienne dans ses &#171; Commentaires &#187;. Il note que lorsque Charles VII s'est approch&#233; de la ville de Reims, qui maintenait &#224; l'&#233;poque son all&#233;geance aux forces anglaises d'occupation, pour &#234;tre couronn&#233;, &#171; [l]es nobles [de France] h&#233;sitaient ; la population &#233;tait attir&#233;e par la perspective d'un changement de gouvernement. [Charles envoya des h&#233;rauts pour demander la reddition et annoncer son couronnement aux habitants de Reims. La ville envoya d'&#233;minents citoyens pour demander un d&#233;lai de r&#233;flexion, mais la Pucelle donna l'ordre que les envoy&#233;s ne re&#231;oivent aucune r&#233;ponse ; il ne fallait pas tarder ; tout devait &#234;tre fait au moment que Dieu avait fix&#233;. Le Dauphin ob&#233;it &#224; la Pucelle. Il retint les envoy&#233;s, et envoyant en avant quelques compagnies de cavalerie, s'avan&#231;a rapidement sur la ville. Il se passa alors une chose extraordinaire, que les g&#233;n&#233;rations suivantes ne croiront pas. Pas un seul homme arm&#233; ne fut trouv&#233; &#224; la porte ou dans la ville. Les citoyens, en tenue civile, les rencontr&#232;rent hors des murs. Le Dauphin - sans conditions, sans modalit&#233;s, sans la moindre opposition - passa par les portes grandes ouvertes. Personne n'a protest&#233;, personne n'a montr&#233; le moindre signe de ressentiment. Apr&#232;s cela, la Pucelle escorta le nouveau roi jusqu'&#224; Laon. Ici aussi, ils n'ont trouv&#233; aucune r&#233;sistance. La ville enti&#232;re &#233;tait ouverte au Roi. Il en fut de m&#234;me dans toutes les villes entre Paris et Laon. Les citoyens et toute la population afflu&#232;rent &#224; leur rencontre avec la plus grande joie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Que sa carri&#232;re soit un miracle du Ciel, ou un artifice des hommes, il serait difficile de trancher. Certains pensent que lorsque la cause anglaise &#233;tait prosp&#232;re, et que les nobles fran&#231;ais, en d&#233;saccord entre eux, ne pensaient pas que quelqu'un f&#251;t apte &#224; &#234;tre commandant, un plus rus&#233; que les autres &#233;labora le plan astucieux de d&#233;clarer que la Pucelle avait &#233;t&#233; envoy&#233;e par le Ciel, et de lui donner le commandement qu'elle demandait, puisqu'il n'y avait aucun homme vivant qui refuserait d'avoir Dieu pour chef. C'est ainsi que la conduite de la guerre et le haut commandement furent confi&#233;s &#224; une fille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela, en tout cas, est incontestable : c'est la Pucelle, sous le commandement de laquelle le si&#232;ge d'Orl&#233;ans a &#233;t&#233; lev&#233;, par les armes de laquelle tout le pays entre Bourges et Paris a &#233;t&#233; soumis, par les conseils de laquelle Reims a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e et le couronnement y a &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233;, par la charge de laquelle Talbot a &#233;t&#233; mis en d&#233;route et son arm&#233;e mise en pi&#232;ces, par l'audace de laquelle la porte de Paris a &#233;t&#233; mise &#224; feu, par l'esprit vif et l'effort inlassable de laquelle la cause fran&#231;aise a &#233;t&#233; sauv&#233;e. C'est un ph&#233;nom&#232;ne qui m&#233;rite d'&#234;tre enregistr&#233;, bien que les g&#233;n&#233;rations suivantes le consid&#232;rent avec plus d'&#233;tonnement que de cr&#233;dulit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L193xH261/bourgogne_etendue-ea05b-0a8d0.jpg?1775333965' width='193' height='261' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le travail de Jeanne continua pendant deux ans, jusqu'&#224; ce qu'elle soit captur&#233;e par les forces bourguignonnes et livr&#233;e aux occupants anglais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Anglais ont alors financ&#233; un proc&#232;s de l'Eglise, pour le crime d'h&#233;r&#233;sie, pr&#233;sid&#233; par l'Inquisiteur fran&#231;ais et l'Universit&#233; de Paris, &#224; Rouen, o&#249; le roi anglais r&#233;sidait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que Jeanne ait &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e sur le b&#251;cher, le mouvement qu'elle avait dirig&#233; ne pouvait &#234;tre arr&#234;t&#233;. Les Fran&#231;ais occup&#233;s ont r&#233;agi avec d&#233;go&#251;t &#224; la torture et &#224; l'ex&#233;cution de la sainte fille par les Anglais. M&#234;me les Bourguignons n'allaient pas maintenir l'alliance bien longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le congr&#232;s d'Arras&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les collaborateurs de Nicolas de Cues, centr&#233;s dans la cit&#233;-&#233;tat de Florence, interviennent dans le conflit fran&#231;ais en 1435 par le biais du Congr&#232;s d'Arras, dans le cadre du processus d'organisation du Concile de Florence de 1439 qui unit les &#201;glises orientale et occidentale sur le principe du Filioque, une doctrine qui r&#233;affirme pour le christianisme l'id&#233;e de la cr&#233;ation de l'homme &#224; l'image de Dieu. La p&#233;riode qui a pr&#233;c&#233;d&#233; le Congr&#232;s d'Arras a &#233;t&#233; marqu&#233;e par un &#233;norme tumulte et des remous politiques. Le concile de B&#226;le de 1431, qui se r&#233;unissait encore en 1435, devait initialement r&#233;soudre bon nombre des probl&#232;mes de r&#233;forme non r&#233;solus lors du pr&#233;c&#233;dent concile de Constance. Mais il mena&#231;ait de se transformer en un forum politique qui rouvrirait le schisme qui avait secou&#233; l'&#201;glise depuis 1378, et qui &#233;tait &#224; peine cicatris&#233; que deux des trois papes alors en exercice d&#233;missionnaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1433, Cosme de Medicis est expuls&#233; de Florence mais y est ramen&#233; en 1434, avec l'aide d'Ambrogio Traversari. Entre-temps, le pape Eug&#232;ne IV avait &#233;t&#233; chass&#233; de Rome par les familles oligarchiques de la ville et avait trouv&#233; refuge &#224; Florence avec l'aide de Cosme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/cardinal_albergati.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L350xH416/cardinal_albergati-d6771-32a69.jpg?1775333965' width='350' height='416' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le pape Eug&#232;ne IV organisa le Congr&#232;s d'Arras en Flandre (aujourd'hui en France) comme une &#233;norme conf&#233;rence internationale, &#224; laquelle particip&#232;rent de nombreux princes de sang europ&#233;ens, de hauts fonctionnaires de l'&#201;glise, des chefs militaires et des d&#233;put&#233;s de villes fran&#231;aises et de l'Universit&#233; de Paris. Les discussions, ainsi que les banquets et les tournois, se sont poursuivis tout au long du mois d'ao&#251;t, le vent tournant constamment contre les pressions anglaises en faveur de l'ob&#233;issance fran&#231;aise. Finalement, le 1er septembre, les Anglais se retirent, et le 22, un trait&#233; est ratifi&#233; pour former une alliance franco-bourguignonne contre l'occupation anglaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;l&#233;gation papale &#224; Arras &#233;tait dirig&#233;e par l'ami de Nicolas de Cues, le grand cardinal humaniste Niccol&#242; Albergati (1375 - 1443), qui &#233;tait assist&#233; de deux secr&#233;taires, Tommaso Parentucelli, l'ami proche et le biblioth&#233;caire de Cosme de Medicis. Albergati deviendrait le pape Nicolas V en 1447 &#224; la mort d'Eug&#232;ne IV. De la d&#233;l&#233;gation faisait aussi partie Aeneas Piccolomini, le futur pape Pie II (1458).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cardinal Albergati, un moine chartreux, &#233;tait une personne pieuse qui s'&#233;tait entour&#233;e depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1400 de plusieurs des meilleurs jeunes &#233;rudits form&#233;s au nouvel art de la traduction grecque. Il &#233;tait l'un des l&#233;gats du pape au Conseil de B&#226;le et s'est battu sans rel&#226;che pour d&#233;fendre les efforts d'Eug&#232;ne IV en vue d'une union avec l'&#201;glise d'Orient. &#192; la demande du pape, il a abandonn&#233; ces fonctions pour intervenir dans le conflit fran&#231;ais. Albergati retourne &#224; B&#226;le en janvier 1436.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette ann&#233;e-l&#224;, la lutte &#224; B&#226;le ne portait plus sur la question de savoir s'il fallait tenir un congr&#232;s avec l'&#201;glise d'Orient, mais sur celle de savoir o&#249; tenir un tel congr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise, qui avait &#233;t&#233; hostile &#224; la papaut&#233;, commence &#224; changer d'avis. Lorsqu'un vote est organis&#233; en d&#233;cembre 1436, les Fran&#231;ais votent pour le choix minoritaire, &#224; savoir une conf&#233;rence &#224; Florence. Le cardinal Albergati pr&#233;sidera la s&#233;ance d'ouverture de la r&#233;union avec l'&#201;glise orientale le 8 janvier 1438 &#224; Ferrare. Plus tard, le Conseil sera transf&#233;r&#233; &#224; Florence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le trait&#233; d'Arras, les Fran&#231;ais remportent une s&#233;rie de victoires militaires, malgr&#233; l'h&#233;sitation persistante du p&#232;re de Louis XI, Charles VII, &#224; poursuivre activement une guerre de lib&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Louis XI reste en contact avec le mouvement croissant de la Renaissance italienne, alors qu'il se pr&#233;pare impatiemment &#224; prendre les r&#234;nes du pouvoir en France. En 1447, apr&#232;s l'un des nombreux affrontements avec son p&#232;re le roi, il est exil&#233; en Dauphin&#233;, une r&#233;gion limitrophe de la Savoie et de la Suisse, qui &#233;tait une possession h&#233;r&#233;ditaire des Dauphins de France, bien qu'elle n'ait jamais &#233;t&#233; gouvern&#233;e par aucun d'entre eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en Dauphin&#233; que Louis XI commence ses exp&#233;riences de r&#233;forme &#233;conomique. Il mise sur l'initiative des entrepreneurs et des inventeurs, qu'il prot&#232;ge absolument, dans l'agriculture, l'industrie et le commerce. Il adopte des mesures protectionnistes et anti-dumping, dirait-on aujourd'hui, pour prot&#233;ger les c&#233;r&#233;aliers et les liniers. Il exon&#232;re les commer&#231;ants des droits de douane provinciaux tout en imposant des droits de douane aux marchandises &#233;trang&#232;res, encourage les ouvriers qualifi&#233;s d'autres pays &#224; venir s'installer en Dauphin&#233; avec leur famille, en leur garantissant des exon&#233;rations fiscales proportionnelles &#224; leur productivit&#233;. Louis XI &#233;tablit le premier syst&#232;me postal de toute l'Europe et n&#233;gocie des trait&#233;s ind&#233;pendants entre le Dauphin&#233; et les cit&#233;s-&#201;tats italiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La reconstruction de la ville de Cr&#233;mieu en Dauphin&#233; est un bon exemple de la mani&#232;re dont Louis XI intervient pour construire des villes et d&#233;velopper la croissance d&#233;mographique. Cette petite ville avait &#233;t&#233; d&#233;labr&#233;e et d&#233;peupl&#233;e lorsque le syst&#232;me fiscal f&#233;odal avait forc&#233; les marchands juifs locaux &#224; quitter la r&#233;gion. Louis XI les a donc fait revenir en les exemptant d'imp&#244;ts pendant vingt ans. Cette politique est pr&#233;sent&#233;e &#224; son cabinet et soumise au vote du gouvernement local, qui n'exige que le paiement d'une once d'argent de la part des Juifs qui d&#233;cident de revenir et de participer au programme de construction de l'industrie et du commerce de la r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que la noblesse ait exig&#233; que le gouvernement local demande &#224; Louis XI d'expulser les Juifs, se plaignant qu'ils ruinaient le pays par l'usure - l'accusation courante de la noblesse contre l'activit&#233; commerciale &#8211; Louis XI et son conseil refus&#232;rent la requ&#234;te. Les Juifs sont autoris&#233;s &#224; vivre l&#224; o&#249; ils le souhaitent en Dauphin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;John Wessel de Gansforth et la &#171; Fraternit&#233; &#187;&lt;/h3&gt; &lt;div class='spip_document_2323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/johan_wessel_gansfoort.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L350xH554/johan_wessel_gansfoort-407a7-9c685.jpg?1775333965' width='350' height='554' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;En 1456, alors que la r&#233;sistance fran&#231;aise &#233;tait revigor&#233;e par l'exon&#233;ration compl&#232;te de Jeanne d'Arc, Louis XI fut contraint de fuir le Dauphin&#233; et de chercher la protection de son oncle, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, sous la menace d'une arm&#233;e d'invasion envoy&#233;e par son p&#232;re Charles VII, qui d&#233;sapprouvait le mariage de Louis XI avec Charlotte de Savoie. Louis XI reste en Bourgogne jusqu'&#224; la mort de son p&#232;re en 1461.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cette &#233;poque, le territoire bourguignon comprenait ce qui est aujourd'hui la Belgique et les Pays-Bas. La cour bourguignonne r&#233;sidait pr&#232;s de la magnifique ville Renaissance de Bruges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Louis XI y aurait rencontr&#233; Nicholas Rolin, m&#233;c&#232;ne des artistes Jan van Eyck et Rogier van der Weyden, et, en tant que chancelier de Bourgogne, avait &#233;t&#233; le principal n&#233;gociateur bourguignon lors du congr&#232;s d'Arras en 1435.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des chapitres de la &#171; Confr&#233;rie de la Vie Commune &#187; se trouvaient en territoire bourguignon, et on raconte que c'est &#224; l'Universit&#233; de Louvain que Louis XI rencontra Jean Wessel de Gansforth (1426 - 1489), un ami personnel de Thomas &#224; Kempis, l'auteur de L' &#171; Imitation du Christ &#187;. Gansforth avait fait ses &#233;tudes &#224; l'&#233;cole de la Confr&#233;rie &#224; Deventer, o&#249; il enseignait en tant que condisciple. Il s'est particuli&#232;rement impliqu&#233; dans le mouvement florentin visant &#224; rechercher et &#224; traduire les textes grecs originaux du Nouveau Testament et des ma&#238;tres grecs classiques, notamment Platon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre 1454 et 1469, Gansforth &#233;tudie et enseigne &#224; Paris, o&#249; il se lie d'amiti&#233; avec Francesco della Rovere (le futur pape Sixte IV, 1471 - 1484) et le cardinal John Bessarion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bessarion, l'archev&#234;que de Nic&#233;e, avait &#233;t&#233; l'un des principaux porte-paroles grecs au Concile de Florence. C'est lui qui, en juillet 1439, avec Giuliano Cesarini pour les Latins, avait lu la bulle &#171; Que les cieux se r&#233;jouissent &#187;, proclamant l'unit&#233; doctrinale des deux &#201;glises sur le principe cl&#233; du Filioque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gansforth se rendit &#224; Rome avec son ami della Rovere, et resta actif dans les cercles papaux tant &#224; Rome qu'&#224; Florence, jusqu'&#224; ce qu'il soit rappel&#233; en France par Louis XI en 1473. Louis XI avait demand&#233; &#224; des &#233;rudits invit&#233;s, dont Gansforth, d'intervenir &#224; l'Universit&#233; de Paris contre les enseignements des doctrines anti platonistes enrag&#233;es du nominaliste Guillaume d'Ockham.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;curseur de l'empirisme britannique, la philosophie n&#233;o-aristot&#233;licienne d'Ockham niait l'existence d'universaux, sauf en tant que noms donn&#233;s &#224; des collections de choses particuli&#232;res. Ainsi, des id&#233;es telles que celles de Dieu, de la V&#233;rit&#233;, de la Justice, de la Beaut&#233; ou de la Loi naturelle n'ont plus aucun sens. Pour cette raison, la philosophie d'Ockham pouvait &#234;tre utilis&#233;e avec succ&#232;s pour justifier les machinations politiques de l'aristocratie f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La construction de l'&#201;tat-nation.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Louis XI prend le pouvoir, la France compte quatorze duch&#233;s f&#233;odaux et quatre-vingt-quatorze grandes villes, qu'il unifie sur la base du Bien commun et des possibilit&#233;s de d&#233;veloppement commun. Cette id&#233;e de Bien commun est v&#233;hicul&#233;e dans tout le pays par le slogan &#171; une loi, un poids, une monnaie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif de Louis XI &#233;tait de gagner les villes pour d&#233;velopper des centres culturels, construire des manufactures, &#233;tablir des foires commerciales internationales, etc., afin d'attirer les talents des zones rurales, ainsi que des quartiers internationaux, pour former une nouvelle entit&#233; politique d'&#201;tat-nation. Et de fait, les villes ont pleinement contribu&#233; &#224; soutenir cette politique royale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant le r&#232;gne de Louis XI, qui dura vingt-deux ans, de 1461 &#224; 1483, le changement politique le plus significatif qu'il imposa en tant que roi fut la faillite de l'aristocratie fonci&#232;re f&#233;odale par la cr&#233;ation et la d&#233;fense des industries, par l'ouverture d'un commerce r&#233;ciproque avec l'Angleterre et par de nouveaux accords de trait&#233;s avec G&#234;nes, Florence, Naples, la Sicile et la Calabre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Louis XI garantit le d&#233;veloppement et l'expansion des industries en subventionnant les villes ; ces subventions proviennent des imp&#244;ts (la taille), qui sont per&#231;us en proportion inverse de la productivit&#233; du contribuable. Ainsi, les princes f&#233;odaux sont tax&#233;s &#224; un taux plus &#233;lev&#233; que la population urbaine. Donc, alors que les salaires doublent sous le r&#232;gne de Louis XI, le produit des imp&#244;ts triple pendant la m&#234;me p&#233;riode de vingt ans : la taille repr&#233;sente 1 200 000 livres en 1462, et atteint le niveau de 3 900 000 livres en 1482. Ajoutons &#224; cela d'autres formes d'imp&#244;ts, les aides et la gabelle, qui atteignent un total de 655 000 livres, et le domaine royal, qui rapporte 100 000 livres, pour une somme totale de 4 655 000 livres par an.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce donc &#224; l'utilisation judicieuse de la politique fiscale, qui consiste &#224; pr&#233;lever et &#224; exon&#233;rer selon les cas, Louis XI est en mesure de diriger la croissance et le d&#233;veloppement &#233;conomiques dans tout le royaume. Et, alors que la majorit&#233; des habitants des villes ne se plaignent jamais, les archives historiques sont remplies de plaintes de l'aristocratie, qui se voit priv&#233;e de ses privil&#232;ges. En cinquante ans, aucune ville ne s'est jamais retourn&#233;e contre le gouvernement central &#233;tabli par Louis XI.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;formes de la politique fiscale, le monnayage universel, la r&#233;organisation administrative et judiciaire, firent de Louis XI l'ennemi le plus d&#233;test&#233; des seigneurs f&#233;odaux, qui ne pouvaient plus mener de guerres priv&#233;es, ni exercer les privil&#232;ges des potentats.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des r&#233;formes, publi&#233;es sous forme d'ordonnances, sont affich&#233;es et lues sur les places publiques dans toute la France. Sous Louis XI, les membres de la noblesse, qui, dans la plupart des autres r&#233;gions d'Europe, effectuaient un travail productif, sont en France r&#233;compens&#233;s pour ce travail. Louis XI proclame une qualification selon laquelle ils doivent rendre la terre productive (une politique r&#233;p&#233;t&#233;e quatre cents ans plus tard par l'administration am&#233;ricaine d'Abraham Lincoln : &#171; Quarante acres et une mule &#187;). Les travailleurs &#233;trangers b&#233;n&#233;ficiaient souvent d'une exon&#233;ration fiscale de dix &#224; vingt ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une &#171; Lettre de naturalisation &#187; et une l&#233;gislation connexe, Louis XI abolit le droit de l'&#201;tat de saisir les terres, les biens ou les manufactures des sujets n&#233;s &#224; l'&#233;tranger, et leur permet de devenir des sujets libres de la France, s'ils le souhaitent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des centaines de r&#232;glements stricts sont publi&#233;s concernant les magasins d'alimentation, d&#233;terminant combien de temps la viande pouvait &#234;tre conserv&#233;e, dans quelles conditions de stockage et d'hygi&#232;ne. Les lois sanitaires sont combin&#233;es avec l'introduction de services municipaux traitant de la question de l'eau ; l'ordonnance permettant aux nobles et aux hommes d'&#233;glise de travailler : &#171; Attendu que parmi toutes les choses n&#233;cessaires au Bien commun [...] l'occupation la plus honn&#234;te et la plus profitable est l'industrie des arts m&#233;caniques. [...] Que l'on sache que nous d&#233;sirons de tout notre c&#339;ur rechercher et pratiquer les moyens qui peuvent &#234;tre tourn&#233;s au profit et &#224; l'utilit&#233; de nos sujets, et leur donner l'industrie dont ils pourraient profiter, s'enrichir et mieux vivre sous notre loi. &#187; Un r&#233;sum&#233; des initiatives de Louis XI en mati&#232;re de politique &#233;conomique est publi&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a promulgu&#233; des lois sur le travail pour prot&#233;ger les droits des travailleurs &#233;trangers, et a fix&#233; des normes de production. Il encourage l'immigration d'ing&#233;nieurs, d'imprimeurs, de musiciens, de mineurs, de fermiers, de fabricants d'armures, de sp&#233;cialistes de l'artillerie, de fondeurs de fer, de travailleurs du cuivre, de chaudronniers, de tisserands, de teinturiers de soie et de fabricants de canons. On fournit aux immigrants des instruments de travail et des terres pour les exploitations agricoles, avec le logement et l'&#233;tablissement de compagnies pour ceux qui serait aujourd'hui les pompiers. L'un des premiers actes de Louis XI en tant que roi fut d'&#233;tablir un approvisionnement r&#233;gulier en denr&#233;es et en logements pour l'arm&#233;e, ce qui &#233;tait le seul moyen d'assurer le d&#233;veloppement d'une agriculture productive - car sinon, les fermes fran&#231;aises &#233;taient r&#233;guli&#232;rement pill&#233;es par l'arm&#233;e, qui &#171; pensait avec le ventre &#187;, pour ainsi dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un recensement de toutes les terres potentiellement productives du pays est effectu&#233; et l'&#201;tat s'empare de toutes les terres non r&#233;clam&#233;es afin de les remettre en production. Des &#233;dits interdisent la chasse sur les terres agricoles, qui &#233;tait un privil&#232;ge traditionnel de l'aristocratie f&#233;odale. Les mar&#233;cages sont ass&#233;ch&#233;s afin de mettre davantage de terres en culture. La production et la distribution du bl&#233; sont organis&#233;es afin de maintenir les prix bas et de garantir que les villes disposent toujours de bl&#233; pour la fabrication du pain. Un &#233;dit du 7 juin 1482 prescrit la libre circulation des grains dans tout le royaume, afin de garantir l'&#233;galit&#233; &#224; tous les sujets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ordonnances de 1467, 1470 et 1479 prot&#232;gent les agriculteurs contre la saisie de leurs outils et instruments n&#233;cessaires, au cas o&#249; ils ne seraient pas en mesure de payer leurs dettes. Des arsenaux militaires sont construits sur les voies navigables pour faciliter le transport des canons et de l'artillerie. Les rivi&#232;res sont rendues navigables pour assurer l'acheminement des marchandises agricoles et militaires au moindre co&#251;t pour l'&#233;conomie. Les ports de Rouen, Marseille, La Rochelle et Bordeaux sont physiquement am&#233;lior&#233;s. Paris, Tours et Rouen sont les principaux fabricants d'armement, ceux de Tours &#233;tant financ&#233;s par l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me, Louis XI cherche &#224; encourager la croissance &#233;conomique de la nation par des politiques fiscales, mon&#233;taires et commerciales.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224;, sa relation avec les Florentins &#233;tait un &#233;l&#233;ment crucial dans sa conception de la cr&#233;ation d'une France unifi&#233;e. Louis XI avait besoin d'une monnaie nationale unique et d'un plan d'investissement unifi&#233;, qui donnait la priorit&#233; &#224; l'&#233;conomie physique ; son programme dirigiste devait publier un programme d'incitation fiscale et, ce qui n'est pas moins important, il avait besoin d'une politique nationale de cr&#233;dit qui encouragerait les investissements &#224; forte intensit&#233; de capital.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cette &#233;poque, il n'y avait qu'une seule maison de banque dans le monde qui &#233;tait orient&#233;e vers ce type de programme de d&#233;veloppement, et c'&#233;tait la banque des M&#233;dicis &#224; Florence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le point de vue g&#233;n&#233;ral des M&#233;dicis et de Louis XI &#233;tait que les banques devaient &#234;tre au service de la nation, et non la nation au service des banques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Louis XI gagne une importante guerre commerciale en faveur de la ville de Lyon, la deuxi&#232;me plus grande ville de France, contre G&#234;nes, contr&#244;l&#233;e par les V&#233;nitiens. Afin d'attirer les marchands internationaux, Louis XI organise de grandes foires internationales &#224; Lyon, tout en organisant des op&#233;rations syst&#233;matiques contre G&#234;nes. Dans une c&#233;l&#232;bre ordonnance du 8 mars 1463, il &#233;tablit les mesures les plus radicales en faveur des marchands qui &#171; pr&#233;f&#232;rent &#187; commercer avec la ville fran&#231;aise : aucune restriction ne sera impos&#233;e aux transactions marchandes &#224; la foire de Lyon.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;ducation et les sciences&lt;br class='autobr' /&gt;
La conception de la R&#233;publique de Louis XI se fonde sur la contribution potentielle des sujets individuels au d&#233;veloppement de la nation tout enti&#232;re, s'ils en ont la possibilit&#233;. Il est utile de mentionner, m&#234;me bri&#232;vement, les points saillants parmi ses initiatives politiques en mati&#232;re d'&#233;ducation et de sciences.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Un changement crucial apport&#233; par Louis XI fut la cr&#233;ation de nouvelles &#233;coles et universit&#233;s humanistes directement sous l'autorit&#233; du roi. Louis XI pr&#233;side &#224; la cr&#233;ation de deux nouvelles universit&#233;s d'&#233;tudes humanistes de la Renaissance : en juillet 1452, il fonde une universit&#233; &#224; Valence, avec des facult&#233;s de th&#233;ologie, de droit civil et canonique, de m&#233;decine et d'arts lib&#233;raux. En 1462, il cr&#233;e une institution similaire avec l'Universit&#233; de Bourges.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sous la direction de Johannes van Ockeghem, ma&#238;tre de chapelle de Louis XI et le plus grand musicien de son temps, l'art et la science de la composition musicale sont enseign&#233;s aux enfants. Le d&#233;veloppement des chorales d'enfants est encourag&#233; par une aide de l'&#201;tat aux gar&#231;ons qui se consacrent au chant, assurant notamment le financement d'une formation universitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des astronomes, dont Robert de Cazel, collaborent avec des membres de la Cour tels que le g&#233;om&#232;tre Jean Pelerin Viator et l'artiste Jean Fouquet, &#224; l'&#233;laboration de cartes pour la navigation et &#224; des projets de construction de ports et de d&#233;tournement de rivi&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, lorsque le &#171; roi philosophe &#187; de Platon, en la personne de Louis XI, s'empare des r&#234;nes du pouvoir en France, il d&#233;montre au monde entier ce qu'un tel philosophe peut accomplir en seulement vingt ans. Les fondements de la civilisation moderne - la science moderne, les id&#233;es modernes de libert&#233; politique et de dignit&#233; humaine qui avaient &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es pour la premi&#232;re fois par Nicolas de Cues dans sa &#171; Concordance catholique &#187; - ont &#233;t&#233; construits sur le sol de la nation fran&#231;aise par Louis XI, qui a collabor&#233; avec les principaux intellectuels de toute l'Europe pour atteindre cet objectif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le triomphe du Concile de Florence en 1439 a fait de ces id&#233;es les id&#233;es pr&#233;dominantes de la chr&#233;tient&#233;, quelle que soit la fa&#231;on dont elles ont ensuite &#233;t&#233; perverties par les machinations v&#233;nitiennes de la R&#233;forme et de la Contre-R&#233;forme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Louis XI avait la particularit&#233; d'&#234;tre un souverain qui dirigeait lui-m&#234;me son royaume. Loin d'&#234;tre le m&#233;galomane d&#233;peint par la plupart des historiens modernes, il explique dans son &#171; Rosier des guerres &#187; qu'un roi doit avoir de bons conseillers, sages et prudents. Cependant, Louis XI croit que le roi doit assumer la responsabilit&#233; ultime de toutes les d&#233;cisions, car il doit rendre des comptes &#224; un Dieu qui le jugera, tout comme Dieu jugera tous les &#234;tres humains, quelle que soit leur condition sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
En consolidant donc le pouvoir politique, Louis XI a cr&#233;&#233; la possibilit&#233; de briser la forme oligarchique de la soci&#233;t&#233; et du gouvernement. Cela a &#233;t&#233; presque enti&#232;rement accompli avec la Ligue de Cambrai de 1509, qui &#233;tait une alliance de toute l'Europe contre Venise, le centre de l'oligarchie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement, la guerre contre Venise a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e en cours de route. Aujourd'hui, nous sommes confront&#233;s &#224; la t&#226;che de terminer l'&#339;uvre de Louis XI, car la coexistence de la communaut&#233; des &#201;tats-nations, fond&#233;e sur les principes humanistes chr&#233;tiens de la Renaissance, et de l'oligarchie financi&#232;re mondiale du pillage et du d&#233;sespoir, a atteint ses limites. Soit le corps se d&#233;barrasse de ce cancer, soit il ne survivra pas.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Le-livre-complet-Alors-vous-voulez-tous-savoir-sur-l-economie?debut_articles=10#pagination_articles&#034;&gt;Alors, vous voulez tout savoir sur l'&#233;conomie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Lyndon LaRouche ; annexe sur la &lt;i&gt;Thermodynamique de l'&#233;conomie politique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Imaginons, pour les besoins de notre approximation initiale, que les processus &#233;conomiques soient de l'ordre du groupe agro-industriel autonome d&#233;crit pr&#233;c&#233;demment. Le genre de processus thermodynamique que nous devons envisager, pour examiner ce groupe agro-industriel d'un point de vue thermodynamique, est celui d'un processus thermodynamique ferm&#233;. Toutes les sources et les consommations d'&#233;nergie sont internes au processus examin&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel cas d'esp&#232;ce, l'&#233;nergie du syst&#232;me correspond aux co&#251;ts et d&#233;penses n&#233;cessaires &#224; la production totale des biens physiques et des produits apparent&#233;s et l'&#233;nergie libre repr&#233;sente le b&#233;n&#233;fice net de l'entreprise prise dans son ensemble. On parvient &#224; la fonction math&#233;matique voulue en examinant ce qui se passe lorsqu'on r&#233;investit l'&#233;nergie libre (b&#233;n&#233;fice net) sous la forme d'un accroissement de l'&#233;nergie du syst&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le cardianal Nicolas de Cues (1401-1464), humaniste, th&#233;ologien, philosophe, math&#233;maticien. Auteur du c&#233;l&#232;bre ouvrage &lt;i&gt;De la Docte ignorance&lt;/i&gt;, il fut l'un des acteurs clefs du Concile de Florence (1438&#8211;1445) et des efforts dans le sens de l'oecum&#233;nisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nicolas de Cues a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans l'histoire de la pens&#233;e europ&#233;enne, notamment en d&#233;veloppant le concept de &#171; co&#239;ncidence des oppos&#233;s &#187; selon lequel, dans l'absolu &#8212; c'est-&#224;-dire en Dieu ou dans l'Un infini &#8212; les contraires ou les oppos&#233;s co&#239;ncident, c'est-&#224;-dire se rejoignent ou se fondent en une unit&#233; sup&#233;rieure qui d&#233;passe la logique humaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;claration d'ind&#233;pendance des nations europ&#233;ennes
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/Declaration-d-independance-des-nations-europeennes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.institutschiller.org/Declaration-d-independance-des-nations-europeennes</guid>
		<dc:date>2014-02-10T20:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>benoit
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cette d&#233;claration vise &#224; offrir la base conceptuelle permettant de mobiliser toutes les forces qui, &#224; cette heure grave de l'histoire, souhaitent r&#233;orienter l'avenir de l'Europe vers une communaut&#233; de principes entre r&#233;publiques souveraines, engag&#233;es &#224; coop&#233;rer au service des objectifs communs de l'humanit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que non seulement la zone euro mais tout le syst&#232;me transatlantique sont au bord de la d&#233;sint&#233;gration, la seule question qui demeure est de savoir si nous sombrerons dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette d&#233;claration vise &#224; offrir la base conceptuelle permettant de mobiliser toutes les forces qui, &#224; cette heure grave de l'histoire, souhaitent r&#233;orienter l'avenir de l'Europe vers une communaut&#233; de principes entre r&#233;publiques souveraines, engag&#233;es &#224; coop&#233;rer au service des objectifs communs de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que non seulement la zone euro mais tout le syst&#232;me transatlantique sont au bord de la d&#233;sint&#233;gration, la seule question qui demeure est de savoir si nous sombrerons dans le chaos ou si nous serons capables d'op&#233;rer une sortie ordonn&#233;e de l'Union europ&#233;enne et de la monnaie unique, permettant enfin de prendre les mesures n&#233;cessaires pour surmonter la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devrait &#234;tre clair, pour quiconque r&#233;fl&#233;chit un tant soit peu, que nous sommes face &#224; une catastrophe civilisationnelle d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent, et il est absolument terrifiant que seuls quelques individus courageux osent dire ouvertement quel danger nous menace : celui de basculer dans une crise d'effondrement syst&#233;mique, pouvant nous conduire &#224; une nouvelle guerre mondiale, thermonucl&#233;aire cette fois-ci, capable de provoquer l'extinction de l'humanit&#233;. L'&#233;chiquier d'une troisi&#232;me guerre mondiale est en place, et si nous sombrons dans le chaos &#233;conomique, cela provoquera sans doute une r&#233;action en cha&#238;ne impliquant le d&#233;ploiement de forces militaires capables d'annihiler toute vie sur Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect le plus pr&#233;occupant est le gouffre qui existe entre le danger &#233;vident pour la vie et les biens des populations, et l'incapacit&#233; de l'&#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure actuelle, les pays europ&#233;ens sont prisonniers d'une structure supranationale clairement oppos&#233;e &#224; leurs int&#233;r&#234;ts existentiels, qui nie l'essentiel de leur h&#233;ritage culturel et leur vole leur avenir. Ce type de structure repr&#233;sente, avec un habillage moderne, l'un des deux courants de l'histoire europ&#233;enne qui se disputent le pouvoir depuis plus de trois mille ans. Le premier courant est le syst&#232;me oligarchique, o&#249; une petite classe dirigeante &#233;litiste s'efforce d'imposer ses privil&#232;ges &#224; la majorit&#233; de la population. Le deuxi&#232;me, c'est-&#224;-dire le courant r&#233;publicain visant au d&#233;veloppement optimal des capacit&#233;s cr&#233;atrices des citoyens (celui qu'incarne Solon, le l&#233;gislateur d'Ath&#232;nes), a &#233;t&#233; enti&#232;rement expurg&#233; de la politique actuelle de l'UE et la moindre tentative d'aller dans cette direction est imm&#233;diatement r&#233;prim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphore qui d&#233;crit le mieux ces deux courants, c'est le mythe grec de Zeus et Prom&#233;th&#233;e. Zeus, le Dieu supr&#234;me qui r&#232;gne sur l'Olympe et d&#233;teste les humains, incarne le mod&#232;le oligarchique, o&#249; seuls comptent les privil&#232;ges de l'&#233;lite et o&#249; le peuple n'a aucun droit. Dans &lt;i&gt;La l&#233;gislation de Lycurgue et Solon&lt;/i&gt;, le po&#232;te allemand Friedrich Schiller d&#233;crit la Sparte de Lycurgue comme le prototype d'un Etat oligarchique o&#249; tout est subordonn&#233; &#224; l'int&#233;r&#234;t d'une &#233;lite dirigeante qui dispose, comme bon lui semble, de la vie de ses esclaves, les Hilotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e, l'ami de l'homme auquel il apporte le feu, se bat jusqu'au bout pour permettre &#224; l'humanit&#233; d'acc&#233;der aux fruits du progr&#232;s et d'am&#233;liorer ses moyens de subsistance. Ce qui est prom&#233;th&#233;en dans l'homme est son pouvoir cr&#233;ateur, &#171; l'&#233;tincelle divine &#187; de connaissance humaine qui rend l'homme v&#233;ritablement libre et le lib&#232;re de l'oppression du syst&#232;me oligarchique. De la m&#234;me fa&#231;on que dans la trag&#233;die d'Eschyle, Prom&#233;th&#233;e encha&#238;n&#233;, Zeus punit Prom&#233;th&#233;e d'avoir apport&#233; le feu &#224; l'homme en l'encha&#238;nant &#233;ternellement &#224; un rocher, l'oligarchie d&#233;teste et redoute les capacit&#233;s cognitives cr&#233;atrices d'individus libres, car elles signifient la fin de son joug.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le combat des chr&#233;tiens contre l'Empire romain, le droit et le potentiel de l'homme au d&#233;veloppement illimit&#233;, en tant qu'individu fait &#224; l'image du Cr&#233;ateur, acc&#232;dent &#224; un niveau sup&#233;rieur. Depuis, l'Empire romain et ses empereurs arbitraires restent le mod&#232;le des structures imp&#233;riales oligarchiques, dont les protagonistes veulent emp&#234;cher le citoyen ordinaire de penser en lui donnant &#171; du pain et des jeux de cirque &#187; afin de le maintenir dans un &#233;tat o&#249; il accepte sa condition d'esclave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance historique du christianisme est d'avoir su surmonter, en principe, le syst&#232;me imp&#233;rial. [Th&#233;ologiquement], en la personne du Christ, la participation de l'humanit&#233; &#224; la capacit&#233; cr&#233;atrice infinie de Dieu (&lt;i&gt;capax dei&lt;/i&gt;) fut &#233;tablie, marquant une rupture radicale avec les mythes pr&#233;chr&#233;tiens et leur conception cyclique de la nature comme apparition et disparition, comme retour &#233;ternel du m&#234;me, comme une &#171; M&#232;re Gaia &#187; pour qui naissance et mort ne sont que des &#233;l&#233;ments immuables de la nature. Le Christ et le christianisme rendirent possibles l'&#233;mergence d'au moins une libert&#233; int&#233;rieure et le d&#233;veloppement de la personnalit&#233; cr&#233;atrice. Reconnaissant imm&#233;diatement en quoi cette conception mena&#231;ait leur syst&#232;me, l'Empire romain r&#233;pondit en pers&#233;cutant les chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut la contribution fondamentale de Nicolas de Cues au XVe si&#232;cle, qui, avec sa nouvelle m&#233;thode scientifique, permit de surmonter la pens&#233;e d&#233;ductive des p&#233;ripat&#233;ticiens et des scolastiques. Cette m&#233;thode sup&#233;rieure de pens&#233;e cr&#233;atrice lui permit de poser les fondements de la science moderne et du syst&#232;me repr&#233;sentatif des Etats-Nations souverains. Ainsi, la possibilit&#233; de participer &#224; un gouvernement souverain devenait pour la premi&#232;re fois explicite et donnait une forme concr&#232;te, en termes politiques, aux droits humains d&#233;j&#224; d&#233;finis par le christianisme mais politiquement opprim&#233;s jusque-l&#224; par les structures oligarchiques dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est litt&#233;ralement captivant, au regard de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233; de l'histoire, d'examiner comment les id&#233;es de Nicolas de Cues &#8211; r&#233;publicaines en leur essence &#8211; ont contribu&#233; &#224; l'av&#232;nement du Nouveau monde en Am&#233;rique et ce, &#224; deux titres. D'un c&#244;t&#233;, par l'interm&#233;diaire de Paolo Toscanelli, elles ont influenc&#233; le choix des routes maritimes emprunt&#233;es par Christophe Colomb, contribuant ainsi &#224; la d&#233;couverte de cette &#171; &#238;le nouvelle &#187; qui s'av&#233;rera &#234;tre le continent am&#233;ricain. Mais ces id&#233;es furent &#233;galement mises en &#339;uvre pour la premi&#232;re fois au XVIIe si&#232;cle dans la colonie de la baie du Massachussetts, et &#233;videmment plus tard, lors de la guerre d'Ind&#233;pendance des Etats-Unis contre l'Empire britannique, lorsqu'elles inspir&#232;rent la Constitution am&#233;ricaine. Schiller, dans son magnifique po&#232;me &lt;i&gt;Colomb&lt;/i&gt;, comm&#233;more ainsi cette pr&#233;science :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au g&#233;nie est alli&#233;e la nature par un pacte &#233;ternel ;&lt;br&gt;
Ce que l'un promet, l'autre le r&#233;alise &#224; coup s&#251;r. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, la Constitution am&#233;ricaine repr&#233;sente une rupture majeure dans l'histoire humaine, et cela reste vrai en d&#233;pit des tentatives constantes men&#233;es par l'Empire britannique pour revenir sur l'ind&#233;pendance des Etats-Unis, en convaincant l'establishment am&#233;ricain d'adopter le mod&#232;le de gouvernance imp&#233;riale, dans le cadre de la relation &#171; sp&#233;ciale &#187; entre les deux pays. A diverses &#233;poques, de grands pr&#233;sidents am&#233;ricains tels que John Quincy Adams, Abraham Lincoln, Franklin D. Roosevelt et John F. Kennedy ont, quant &#224; eux, fait revivre l'esprit de l'Ind&#233;pendance am&#233;ricaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233;, l'Europe n'est jamais parvenue &#224; se lib&#233;rer du joug du syst&#232;me oligarchique. L'esp&#233;rance cultiv&#233;e par les forces r&#233;publicaines autour de Friedrich Schiller, que la R&#233;volution fran&#231;aise aurait pu conduire &#224; une g&#233;n&#233;ralisation du paradigme am&#233;ricain sur le continent europ&#233;en, ne fut jamais combl&#233;e. La terreur jacobine et la politique imp&#233;riale de Napol&#233;on qui s'ensuivit aboutirent explicitement &#224; une nouvelle mouture d'Empire romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Restauration, impos&#233;e par le Congr&#232;s de Vienne, &#233;touffa pendant longtemps la br&#232;ve victoire de l'esprit r&#233;publicain des r&#233;formateurs prussiens, qui animait les guerres allemandes de lib&#233;ration contre Napol&#233;on.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le tournant d&#233;cisif de la R&#233;volution am&#233;ricaine, plusieurs nations europ&#233;ennes connurent de br&#232;ves p&#233;riodes historiques o&#249; dominaient les vertus r&#233;publicaines et l'attachement au bien commun : par exemple, les r&#233;formes &#233;conomiques du roi Charles III d'Espagne, inspir&#233;es par cet attachement, qui ont promu le travail productif, l'&#233;ducation pour tous, le d&#233;veloppement industriel et la recherche scientifique ; ou en Allemagne, lorsque les r&#233;formateurs prussiens prirent part au gouvernement et que Guillaume de Humboldt, entre autres, introduisit ce qui demeure le curriculum id&#233;al dans l'enseignement ; ou encore les r&#233;formes industrielles et sociales de Bismarck qui permirent &#224; l'Allemagne de se transformer d'Etat f&#233;odal en nation industrielle moderne, dot&#233;e d'un remarquable syst&#232;me de protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en a d'autres exemples avec la tentative h&#233;ro&#239;que de Jean Jaur&#232;s d'emp&#234;cher la Premi&#232;re Guerre mondiale ou, en Italie, avec l'industrialisation du Pi&#233;mont et la lib&#233;ration de l'Italie du nord de l'occupation habsbourgeoise par Camillo Cavour, ainsi que le &#171; miracle &#233;conomique &#187; d'apr&#232;s-guerre incarn&#233; par Enrico Mattei. Citons enfin la Ve R&#233;publique de De Gaulle, d&#233;finissant simultan&#233;ment le principe de souverainet&#233; nationale et celui de patries unies autour d'une mission commune, et l'administration Adenauer en Allemagne, r&#233;affirmant les principes chr&#233;tiens apr&#232;s la barbarie nazie. Pourtant, jamais l'Europe n'est parvenue &#224; se lib&#233;rer du joug oligarchique, comme en t&#233;moignent la pr&#233;sence de huit monarchies et familles royales et le r&#244;le plus ou moins secret jou&#233; par les institutions supranationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien pire, avec le trait&#233; de Maastricht et l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire (UEM) impos&#233;e &#224; l'Allemagne comme prix &#224; payer pour sa r&#233;unification, suivis du Trait&#233; de Lisbonne et de l'int&#233;gration compl&#232;te pr&#233;vue au sein de l'UE, on vise &#224; effacer les progr&#232;s timides et temporaires des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes. L'UE issue du Trait&#233; de Lisbonne est devenue un exemple parfait de syst&#232;me oligarchique o&#249; le principe de Zeus r&#232;gne sans contrepouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acceptation par les gouvernements europ&#233;ens (hormis quelques protestations symboliques) du principe de la surveillance totale des citoyens par la NSA am&#233;ricaine et le GCHQ britannique, l'intensification de la politique imp&#233;riale par la cr&#233;ation du grand march&#233; transatlantique (Transatlantic Trade and Investment Partnership ou TTIP), la politique annonc&#233;e de confiscation des d&#233;p&#244;ts des citoyens en vertu du proc&#233;d&#233; de renflouement interne (bail-in) des banques, ainsi que l'absence totale d'engagement de l'UE &#224; maintenir la paix mondiale font qu'il est devenu impossible, si l'on souhaite en pr&#233;server l'existence, de rester dans l'UE telle qu'elle est devenue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir de l'Union europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A aucun moment, les peuples d'Europe n'ont &#233;t&#233; r&#233;ellement consult&#233;s pour savoir s'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; conc&#233;der de nouveaux abandons de souverainet&#233;. Au lieu d'informer les gens en profondeur pour leur permettre de comprendre les implications et objectifs d'une int&#233;gration europ&#233;enne plus pouss&#233;e, la mise en place de l'UEM se caract&#233;risa par des mensonges, des menaces et m&#234;me des comportements criminels. Les seuls pays autoris&#233;s &#224; s'exprimer sur la Constitution europ&#233;enne lors de r&#233;f&#233;rendums, &#224; savoir la France et les Pays-Bas, ont vot&#233; contre. Mais cela n'affecta nullement le cours des choses. Par la suite, avec seulement 5 % de son contenu modifi&#233;, c'est le m&#234;me texte qui fut adopt&#233; par les chefs d'Etat et de gouvernements, cette fois sous l'appellation de &#171; Trait&#233; de Lisbonne &#187;. Ce trait&#233; fut approuv&#233; sans consultation populaire et tout d&#233;bat sur les modifications l&#233;gislatives induites fut, de fait, interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien conscients des blessures laiss&#233;es par les guerres du XXe si&#232;cle, les partisans de l'int&#233;gration europ&#233;enne ont invoqu&#233; comme principal argument l'id&#233;e qu'elle &#233;tait n&#233;cessaire pour garantir la paix en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les intentions des architectes de l'UEM &#233;taient bien diff&#233;rentes. Longtemps &#224; l'avance, on a planifi&#233; (et on peut le d&#233;montrer) d'&#233;liminer la participation des peuples souverains &#224; leurs gouvernements, pour les remplacer par des structures n&#233;o-f&#233;odales au sein desquelles on ferait fi des droits inali&#233;nables de l'homme, les sacrifiant au profit d'une petite &#233;lite oligarchique. De plus, il est incontestable que cette tromperie a forc&#233;ment d&#233;truit la paix elle-m&#234;me et engendr&#233; entre les peuples d'Europe une animosit&#233; plus grande qu'&#224; toute autre &#233;poque depuis 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre argument massue en faveur du syst&#232;me existant, il n'existerait aucune alternative &#224; l'UE dans le cadre de la mondialisation, car seule l'Europe serait assez forte pour affronter les temp&#234;tes &#224; venir. Cependant, avec une tout autre intention, un des strat&#232;ges de l'UE, Robert Cooper, &#233;crivait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; La forme la plus pouss&#233;e d'expansion imp&#233;riale est celle de l'Union europ&#233;enne (&#8230;) La r&#233;ponse europ&#233;enne postmoderne aux menaces est d'&#233;tendre encore plus le syst&#232;me d'Empire co-op&#233;ratif. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment l'expansion g&#233;opolitique, imp&#233;riale, de l'UE &#224; l'Est qui menace la paix en Europe et au-del&#224;, et engendre des temp&#234;tes. Cette expansion n'a pas renforc&#233; l'Europe mais l'a seulement militaris&#233;e et la forte proximit&#233; des structures de l'UE avec une OTAN elle-m&#234;me en expansion est vue de plus en plus par les autres grandes puissances comme une menace ajoutant au danger de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de &#171; la stabilit&#233; du syst&#232;me financier &#187;, les citoyens europ&#233;ens ont &#233;t&#233; forc&#233;s de faire toujours plus de sacrifices, &#224; tel point que cette subordination permanente aux structures supranationales de l'UE n'est plus tol&#233;rable. L'histoire de la politique de la Tro&#239;ka (BCE-UE-FMI) n'est qu'une suite de violations des droits de l'homme, d'atteintes &#224; la d&#233;mocratie, de d&#233;nis de libert&#233; d'opinion et d'attaques violentes contre les peuples, en vue d'imposer une tyrannie absolue sur les Etats. Mais le pire est que cette politique viole le cinqui&#232;me commandement : &#171; Tu ne tueras point &#187;, puisqu'elle conduit intentionnellement &#224; une hausse du taux de mortalit&#233;. Il existe un mot pour cela, que nous connaissons tous tr&#232;s bien en Europe : &#171; g&#233;nocide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE a d&#233;tourn&#233; les pr&#233;rogatives de ses institutions en les mettant au service d'un syst&#232;me financier global qui a accumul&#233; des montagnes de dettes virtuelles et irr&#233;couvrables, d'un niveau d&#233;passant de loin celui de la production des biens requis pour l'existence de l'ensemble de l'humanit&#233;, et ceci uniquement pour enrichir sans limites une poign&#233;e d'individus tri&#233;s sur le volet, tout en sachant qu'un nombre croissant d'&#234;tres humains allaient le payer de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces institutions ont impudemment promu un syst&#232;me financier en faillite et comptent maintenant r&#233;pondre &#224; son effondrement syst&#233;mique imminent par l'expropriation massive de la richesse des populations, en combinant une politique de &#171; renflouement interne &#187; mettant &#224; contribution l'argent des contribuables, la cr&#233;ation ex nihilo d'argent hyperinflationniste et la saisie directe des d&#233;p&#244;ts bancaires sous un r&#233;gime de &lt;i&gt;bail-in&lt;/i&gt;. Si elles parvenaient &#224; leurs fins, cela engendrerait un chaos global et la mort de millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, des crimes contre les peuples d'Europe ont &#233;t&#233; commis et d'autres risquent de l'&#234;tre &#224; une &#233;chelle bien plus grande dans un avenir proche ; par cons&#233;quent, pour leur propre s&#233;curit&#233;, les peuples d'Europe ne doivent plus rester dans ces institutions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour le prouver, nous soumettons aux hommes int&#232;gres les faits suivants :&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les architectes et dirigeants de l'UE ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment tromp&#233; leurs peuples en dissimulant leurs v&#233;ritables intentions, car ils savaient que si un vaste d&#233;bat s'ouvrait dans les diverses assembl&#233;es et les m&#233;dias, leurs plans seraient rejet&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On a d&#233;lib&#233;r&#233;ment cach&#233; le fait que les pouvoirs r&#233;galiens des Etats souverains allaient &#234;tre progressivement transf&#233;r&#233;s &#224; des structures supranationales.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les lois ont &#233;t&#233; modifi&#233;es pour int&#233;grer l'id&#233;ologie oligarchique afin de laisser libre cours &#224; la tyrannie des march&#233;s financiers, &#224; la sp&#233;culation sans limites et &#224; la cupidit&#233;, amassant de plus en plus de richesses dans les seules poches de quelques privil&#233;gi&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On a cr&#233;&#233; un syst&#232;me qui a fait tomber, l'une apr&#232;s l'autre, les pierres angulaires indispensables au d&#233;veloppement de l'&#233;conomie r&#233;elle. Les approvisionnements vitaux en &#233;lectricit&#233; et en eau, n&#233;cessaires pour garantir les conditions d'existence des g&#233;n&#233;rations futures, ont &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment fragilis&#233;s par les mesures de l'UE. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me pour les investissements dans des secteurs cl&#233;s comme l'infrastructure et l'agriculture.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On a cr&#233;&#233; un syst&#232;me favorisant la redistribution toujours accrue de la richesse des pauvres vers les riches, qui menace le fondement m&#234;me de notre protection sociale, impose des coupes dans la sant&#233; publique et abandonne les faibles au bord du chemin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On a cr&#233;&#233; un syst&#232;me qui prive nos jeunes (jusqu'&#224; 50 % d'entre eux dans certains pays europ&#233;ens) d'emploi et de toute perspective d'en trouver un, leur &#244;tant ainsi tout espoir d'un avenir meilleur.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On a cr&#233;&#233; un syst&#232;me qui ne respecte plus les droits inali&#233;nables de l'homme, pi&#233;tine le droit au bonheur et conduit les &#201;tats &#224; r&#233;pudier leur t&#226;che principale, celle de prot&#233;ger le bien commun.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On a cr&#233;&#233; un syst&#232;me qui menace la libert&#233; puisque dans certains pays, ceux qui critiquent ces politiques encourent d&#233;j&#224; des peines de prison et de lourdes amendes. La libert&#233; est &#233;galement menac&#233;e car des &#201;tats &#233;trangers sont autoris&#233;s &#224; soumettre les populations europ&#233;ennes &#224; leur m&#233;ga-surveillance, via des programmes auxquels participent les pays europ&#233;ens eux-m&#234;mes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On a cr&#233;&#233; un syst&#232;me qui a compl&#232;tement renonc&#233; &#224; la mission d'aider les pays du Sud, en particulier l'Afrique, &#224; se d&#233;velopper. Au lieu de cela, l'UE promeut une politique mon&#233;tariste et &#171; durable &#187;, qui ne peut qu'aggraver le probl&#232;me des migrants.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, nous, repr&#233;sentants d'organisations s'opposant &#224; ce syst&#232;me dans diverses nations europ&#233;ennes, nous &#171; en appelons au Juge supr&#234;me, au nom de la rectitude de nos intentions &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Terme provenant du dernier paragraphe de la Constitution am&#233;ricaine.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de ce que Schiller appelle &#171; nos droits inali&#233;nables inscrits dans les &#233;toiles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;clarons solennellement que les nations d'Europe sont des &#201;tats libres et ind&#233;pendants, et le sont de plein droit, qu'elles sont donc affranchies de toute all&#233;geance envers la bureaucratie de l'UE, et qu'en tant qu'&#201;tats libres et ind&#233;pendants, elles ont le plein pouvoir de refuser la guerre comme moyen de r&#233;soudre les conflits, de conclure la paix, contracter des alliances, &#233;tablir le commerce et faire toute chose et conclure tout acte qu'un &#201;tat ind&#233;pendant est en droit de faire et de conclure. A l'appui de cette D&#233;claration et pour en affirmer le principe, nous invoquons les droits humains relevant de la loi naturelle et l'identit&#233; du genre humain en tant qu'unique esp&#232;ce cr&#233;ative dans l'ordre de la Cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'alternative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'en g&#233;n&#233;ral, le principe juridique de pacta sunt servanda (les conventions doivent &#234;tre respect&#233;es) doive pr&#233;valoir, cependant, &#224; la lumi&#232;re de la menace existentielle r&#233;sultant des tromperies et intentions mentionn&#233;es ci-dessus, l'article 62 de la Convention de Vienne sur les trait&#233;s s'applique, selon lequel on peut invalider un trait&#233; si des circonstances nouvelles apparaissent, impr&#233;visibles lors de sa signature. De plus, l'article 50 du Trait&#233; de Lisbonne stipule &#233;galement que &#171; tout &#201;tat membre peut d&#233;cider, conform&#233;ment &#224; ses propres r&#232;gles constitutionnelles, de se retirer de l'Union &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tous les &#201;tats membres de l'UE quittent cette Union et r&#233;tablissent leur pleine souverainet&#233;, cela n'implique nullement une r&#233;gression dans le chauvinisme, mais bien plut&#244;t qu'ils devront s'unir dans une alliance d'&#201;tats constitutionnellement souverains, engag&#233;s &#224; &#339;uvrer ensemble en faveur des objectifs communs de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#226;ge de l'arme thermonucl&#233;aire, la mission supr&#234;me est d'assurer la paix. Nous pouvons garantir que le recours &#224; la guerre comme moyen de r&#233;soudre les conflits soit &#233;cart&#233; &#224; jamais, en fondant sans attendre une alliance d'Etats souverains unis autour d'un int&#233;r&#234;t d&#233;passant celui de chacun : le bien commun de tous nos citoyens. Le principe de la paix de Westphalie (non-ing&#233;rence et service de &#171; l'avantage d'autrui &#187;), du droit international et de la charte des Nations unies s'applique absolument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; instaurer imm&#233;diatement un ordre &#233;conomique et financier, ainsi qu'un syst&#232;me de cr&#233;dit au service d'investissements &#224; long terme, de nature &#224; en finir avec les souffrances inutiles provoqu&#233;es par la famine et les maladies pour lesquelles les rem&#232;des existent. Nous vouerons tous nos efforts &#224; cr&#233;er des conditions de vie dignes pour tous les peuples de cette plan&#232;te. Le premier pas dans cette direction consiste &#224; adopter une loi de s&#233;paration stricte des banques, c'est-&#224;-dire un Glass-Steagall global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#233;galement &#224; tout faire pour mettre en place une d&#233;fense commune contre des dangers qui nous menacent collectivement, tels que les m&#233;t&#233;orites, les ast&#233;ro&#239;des et les com&#232;tes. De m&#234;me, nous devons &#233;radiquer le fl&#233;au du terrorisme, de la production et du trafic de drogue, ainsi que le commerce des &#234;tres humains sous toutes ses formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, priorit&#233; doit &#234;tre accord&#233;e aux perc&#233;es scientifiques dans les domaines qui promeuvent notre d&#233;veloppement mutuel et permettent l'existence durable du genre humain &#224; un niveau plus &#233;lev&#233;, tels le recours &#224; l'&#233;nergie de fusion thermonucl&#233;aire et l'essor de l'exploration et de la m&#233;decine spatiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces am&#233;liorations, nous exprimons notre d&#233;termination &#224; encourager l'&#233;mergence d'un paradigme plus humain, afin d'&#233;crire une nouvelle page de notre histoire. Cette Renaissance insufflera un nouvelle vie dans la culture universelle de nos nations, inaugurant ainsi l'&#226;ge prom&#233;th&#233;en de la Raison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Terme provenant du dernier paragraphe de la Constitution am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Intervention d'Helga Zepp-Larouche au Forum de Rhodes sur le Dialogue des civilisations
</title>
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		<dc:date>2012-10-10T13:54:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>benoit
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&lt;p&gt;Discours prononc&#233; le 7 octobre en cl&#244;ture du Forum de Rhodes sur le Dialogue des civilisations. &lt;br class='autobr' /&gt; Une Perspective pour l'avenir de l'humanit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesdames et Messieurs, &lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs questions importantes ont &#233;t&#233; discut&#233;es au cours des derniers jours dans le cadre de ce Forum, mais je partage le point de vue du professeur Dallmayr &#224; l'effet que nous ne pouvons conclure cette conf&#233;rence sans nous pencher de nouveau sur la r&#233;alit&#233; que repr&#233;sente pour la civilisation la menace imminente d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Discours prononc&#233; le 7 octobre en cl&#244;ture du Forum de Rhodes sur le Dialogue des civilisations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une Perspective pour l'avenir de l'humanit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mesdames et Messieurs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs questions importantes ont &#233;t&#233; discut&#233;es au cours des derniers jours dans le cadre de ce Forum, mais je partage le point de vue du professeur Dallmayr &#224; l'effet que nous ne pouvons conclure cette conf&#233;rence sans nous pencher de nouveau sur la r&#233;alit&#233; que repr&#233;sente pour la civilisation la menace imminente d'une guerre thermonucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'une attaque militaire sur l'Iran, l'escalade de la tension entre la Syrie et la Turquie, le d&#233;ploiement de porte-avions am&#233;ricains dans l'ouest du Pacifique &#224; proximit&#233; d'&#238;les faisant l'objet de disputes territoriales, ainsi que la d&#233;claration d'Hillary Clinton avertissant que toute attaque [chinoise] sur ces &#238;les d&#233;clencherait l'application du trait&#233; militaire entre le Japon et les Etats-Unis, l'accord du gouvernement espagnol pour participer au bouclier anti-missiles en Europe, tous ces d&#233;veloppements montrent que nous sommes confront&#233;s &#224; un danger mortel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res semaines, la menace existentielle &#224; laquelle fait face l'humanit&#233; a &#233;t&#233; pleinement reconnue par les gens capables de r&#233;fl&#233;chir. La politique de &#171; changement de r&#233;gime &#187; poursuivie de mani&#232;re presque continue depuis la chute de l'Union sovi&#233;tique, qui a d'abord consist&#233; &#224; &#171; bombarder l'Irak pour le ramener l'&#226;ge de pierre &#187;, &#224; transformer l'Afghanistan en cauchemar, &#224; plonger la Libye dans l'anarchie puis &#224; imposer l'intervention &#233;trang&#232;re et la guerre religieuse &#224; un Etat la&#239;c comme la Syrie, embrasera le monde, en cas d'attaque militaire contre l'Iran, dans un incendie incontr&#244;lable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Proche et le Moyen-Orient menacent de devenir de nouveaux Balkans o&#249;, comme avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, les alliances existantes pourraient conduire &#224; une conflagration g&#233;n&#233;rale. L'impensable pourrait arriver, c'est-&#224;-dire que la destruction mutuelle assur&#233;e pourrait ne plus avoir d'effet dissuasif, mais au contraire devenir la cons&#233;quence d'une guerre au cours de laquelle les armes thermonucl&#233;aires seraient utilis&#233;es, menant l'esp&#232;ce humaine &#224; l'extinction. Non pas dans un futur lointain, mais d'ici quelques semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique derri&#232;re ce danger de guerre est accentu&#233;e par l'acc&#233;l&#233;ration de l'effondrement du syst&#232;me financier transatlantique. La politique d'expansion de liquidit&#233;s d&#233;crite par Bernanke sous l'euph&#233;misme d'&#171; assouplissement quantitatif III &#187; est aussi hyperinflationiste que les achats illimit&#233;s d'obligations des Etats membres de la zone euro par la Banque centrale europ&#233;enne de Mario Draghi. L'impression d'argent hyperinflationiste, conjugu&#233;e &#224; une aust&#233;rit&#233; brutale contre les peuples et l'&#233;conomie r&#233;elle &#8211; &#224; la mani&#232;re du Chancelier Br&#252;ning &#8211; a d&#233;j&#224; provoqu&#233; la chute de l'esp&#233;rance de vie de millions de gens en Gr&#232;ce, en Italie, en Espagne et au Portugal, et menace de plonger l'Europe dans un chaos social g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; fonce &#224; pleine vitesse dans le mur. La question &#224; laquelle nous devons rapidement r&#233;pondre est de savoir si l'esp&#232;ce humaine, menac&#233;e d'autodestruction, est suffisamment intelligente pour changer de cap &#224; temps, et abandonner ce paradigme ruineux qui consiste &#224; consolider un empire mondial et pr&#233;tendre r&#233;soudre les conflits g&#233;opolitiques en ayant recours &#224; la guerre, pour le remplacer par un autre paradigme plus viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;soudre ce probl&#232;me, nous devons traiter une question de nature &#233;pist&#233;mologique : r&#233;pudier les reliques de m&#233;thodes de pens&#233;e ancr&#233;es dans le syst&#232;me oligarchique, incluant les conceptions d&#233;ductive, positive, empiriste, mon&#233;tariste et de projection statistique lin&#233;aire exprimant un mauvais infini, en raison de leur appartenance &#224; une vision du monde incoh&#233;rente avec les lois de l'univers physique r&#233;el, ainsi qu'avec la cr&#233;ativit&#233; et la raison humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons plut&#244;t d&#233;velopper, avec la m&#234;me cr&#233;ativit&#233; et le m&#234;me amour pour l'humanit&#233; que celui animant des penseurs comme Nicolas de Cues, Johannes Kepler, Gottfried Leibniz, Jean-S&#233;bastien Bach, Ludwig van Beethoven, Friedrich Schiller, Vladimir Vernadski, Albert Einstein pour n'en nommer que quelques-uns, une vision d'avenir meilleur pour l'humanit&#233;, ce qui ne peut bien s&#251;r &#234;tre r&#233;alis&#233; que si des forces en nombre suffisant s'unissent pour cet objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle vision ne peut jamais r&#233;sulter de la pens&#233;e aristot&#233;licienne, ou &#234;tre d&#233;velopp&#233;e &#224; partir d'un &#171; consensus &#187; de solutions portant sur des questions locales secondaires, c'est-&#224;-dire d'une pens&#233;e se d&#233;ployant &#224; partir &#171; du bas &#187;. Elle ne peut venir qu'en pensant par &#171; le haut &#187;. Nicolas de Cues, avec sa m&#233;thode &lt;i&gt;Coincidentia Oppositorum&lt;/i&gt;, la co&#239;ncidence des oppos&#233;s, a &#233;tabli les bases sur lesquelles non seulement le principe de la Paix de Westphalie et du droit international ont &#233;t&#233; construits, mais aussi une m&#233;thode permettant le r&#233;soudre les conflits, encore valide aujourd'hui. Ceci signifie que nous devons commencer par la d&#233;finition des buts communs de l'humanit&#233;. Qu'est-ce qui pourrait &#234;tre plus important que la question ontologique de l'&#171; &#234;tre &#187;, de pouvoir garantir l'existence &#224; long terme, soutenable, de l'esp&#232;ce humaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'harmonie anti-entropique de l'univers, l'existence de l'humanit&#233; &#224; long terme requiert un accroissement constant du potentiel de densit&#233; d&#233;mographique relative et l'expansion continuelle de la densit&#233; du flux d'&#233;nergie dans les processus de production. Si nous souhaitons trouver une solution &#224; la double menace que constituent, pour l'existence prolong&#233;e de l'humanit&#233;, la guerre thermonucl&#233;aire globale et la crise &#233;conomique syst&#233;mique, nous devons alors nous assurer que le nouveau paradigme cherch&#233; est en harmonie avec la cr&#233;ation. Nous avons besoin d'un plan mondial pour la paix pour le XXIe si&#232;cle, capable d'inspirer tant l'imagination que l'esp&#233;rance de tout &#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que nous ayons tous les moyens scientifiques et technologiques &#224; notre disposition pour garantir des conditions de vie humaines pour tous ; est-il normal de voir un milliard d'&#234;tres humains souffrir de malnutrition, de voir 25 000 enfants mourir de faim chaque jour (l'&#233;quivalent d'une petite ville), trois milliards d'individus vivre dans la pauvret&#233; et priv&#233;s de leurs droits ? N'est-il donc pas de notre devoir sacr&#233; de mettre ces moyens &#224; l'&#339;uvre imm&#233;diatement ? Il nous faut une strat&#233;gie pour le d&#233;veloppement de l'infrastructure &#224; grande &#233;chelle, &#233;labor&#233;e &#224; partir des id&#233;es adopt&#233;es par la D&#233;cennie de d&#233;veloppement des Nations unies au cours des ann&#233;es 50 et 60, en rejetant compl&#232;tement le changement de paradigme des 40 ou 50 derni&#232;res ann&#233;es. Nous sommes engag&#233;s sur la mauvaise voie, il nous faut par cons&#233;quent faire revivre l'id&#233;e de la &#171; Paix par le d&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle vision pourrait &#234;tre mise en &#339;uvre sous la forme d'un Pont terrestre mondial, int&#233;grant de nombreux projets comme NAWAPA (syst&#232;me de gestion de l'eau &#224; l'&#233;chelle de tout le continent nord-am&#233;ricain), ou bien le tunnel sous le d&#233;troit de Bering pour relier l'Eurasie aux Am&#233;riques, ou le d&#233;veloppement des ressources min&#233;rales de l'Arctique, ainsi qu'une prolongation du Pont terrestre vers les Proche et Moyen-Orient, puis vers le sous-continent indien et l'Afrique &#224; travers d'autres tunnels sous le d&#233;troit de Gibraltar et entre la Sicile et le Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux grandes r&#233;gions o&#249; le manque de d&#233;veloppement est le plus criant, l'une &#233;tant le continent africain, qui n'a jamais eu l'opportunit&#233; de r&#233;cup&#233;rer d'une exploitation coloniale de plusieurs si&#232;cles, l'autre &#233;tant les Proche et Moyen-Orient, qui sont actuellement bien loin de leur &#226;ge d'or, lorsque Bagdad &#233;tait le centre de la culture mondiale et Pamyra Tadmur, en Syrie, la perle de la Route de la soie. Nous devons introduire dans la discussion une perspective de renaissance &#233;conomique et culturelle de ces r&#233;gions, repr&#233;sentant un &#233;l&#233;ment de raison sup&#233;rieure aux conflits locaux, ethniques et historiques. Si les repr&#233;sentants d'un groupe de grandes nations pouvaient apporter un tel message &#224; la communaut&#233; mondiale, montrant qu'il existe en r&#233;alit&#233; une alternative capable d'assurer la survie de tous les peuples de la plan&#232;te, alors l'esp&#233;rance pourrait entrer dans le d&#233;bat, alors qu'elle en est totalement absente aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me type de pens&#233;e, utilisant le principe de &lt;i&gt;Coincidentia Oppositorum&lt;/i&gt; de Nicolas de Cues, une pens&#233;e d&#233;ploy&#233;e par le haut, doit &#234;tre mobilis&#233;e pour d&#233;fendre l'humanit&#233; contre les dangers provenant de l'espace. La Russie, avec son projet de D&#233;fense strat&#233;gique de la Terre, (IDT), a propos&#233; que soit mis en &#339;uvre un effort de coop&#233;ration entre elle et les Etats-Unis, ainsi qu'avec d'autres pays, pour une d&#233;fense conjointe contre les missiles et pour prot&#233;ger la Terre contre les ast&#233;ro&#239;des et les com&#232;tes, au lieu de cette confrontation g&#233;opolitique et de la menace existentielle qui pourrait d&#233;couler d'une escalade. Le projet d'IDT est parfaitement coh&#233;rent avec l'Initiative de d&#233;fense strat&#233;gique (IDS) propos&#233;e par mon mari Lyndon LaRouche il y a trente ans pour surmonter la menace de guerre nucl&#233;aire et la division du monde en plusieurs blocs militaires, puis reprise par le Pr&#233;sident Ronald Reagan comme politique officielle de son administration en 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'IDT, qui inclut des syst&#232;mes d'avertissement pr&#233;coce contre les catastrophes caus&#233;es par l'homme et celles d'origine naturelle, ainsi qu'une coop&#233;ration internationale pour les vols spatiaux habit&#233;s, est le moteur scientifique et technologique absolument n&#233;cessaire pour surmonter cette crise &#233;conomique mondiale et atteindre de nouveaux seuils de productivit&#233;, afin de cr&#233;er les capacit&#233;s scientifiques et technologiques qui seront requises pour r&#233;soudre de multiples probl&#232;mes sur Terre. Les voyages spatiaux habit&#233;s conjoints sont le prochain pas dans l'&#233;volution de l'homme, et par cet &#171; imp&#233;ratif extraterrestre &#187;, comme l'avait baptis&#233; le grand ing&#233;nieur en astronautique Krafft Ehricke, l'humanit&#233; peut dor&#233;navant entrer dans l'&#226;ge de la maturit&#233;, en laissant derri&#232;re elle, comme une maladie infantile, la r&#233;solution des conflits par la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous r&#233;ussissons &#224; nous unifier, rapidement, autour d'une vision nous permettant d'accomplir les objectifs communs de l'humanit&#233;, et &#224; pr&#233;senter de mani&#232;re consciente cette perspective comme moyen d'&#233;viter la guerre, alors nous pourrons inspirer l'imagination des jeunes g&#233;n&#233;rations, aujourd'hui menac&#233;es par le ch&#244;mage de masse et le d&#233;sespoir le plus total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les jeunes peuvent d&#233;velopper la m&#234;me passion et des conceptions aussi &#233;lev&#233;es que celles qui animaient jadis les pionniers du voyage spatial, encourag&#233;s par les instruments d&#233;ploy&#233;s par l'astromobile Curiosity sur Mars &#8211; qui ont, bien qu'avec un d&#233;lai de 14 minutes &#171; boulevers&#233; le sens de l'exp&#233;rience de l'homme &#187; &#8212; alors l'humanit&#233; entrera dans un nouvel espace de phase. Si les jeunes peuvent d&#233;velopper cette passion, alors nous aurons gagn&#233;. Dans la prochaine phase de son propre d&#233;veloppement, l'humanit&#233; pensera comme les scientifiques et les compositeurs de grandes &#339;uvres artistiques classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit nous agissons aujourd'hui, en ce moment de crise existentielle, sur la base des objectifs communs de l'humanit&#233;, soit nous cesserons d'exister.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Contre le &#171; Choc des civilisations &#187; : un dialogue entre les cultures
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		<dc:creator>benoit
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		<description>
&lt;p&gt;en collaboration &lt;br class='autobr' /&gt; Introduction, par Helga Zepp-LaRouche &#171; Le Choc des civilisations &#187; de Samuel Huntington Le dialogue entre les cultures : le chemin vers la paix, par Lyndon LaRouche Nous devrions &#234;tre &#224; l'&#233;coute de ce que les autres cultures nous offrent, par Seyyed Mohammed Khatami Message du Pape Jean-Paul II : pour un dialogue entre la Chine et l'occident Propositions pour un dialogue inter-religieux , par Jacques Cheminade L'Andalousie, une porte vers la Renaissance, par Muriel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;en collaboration&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;a name=&#034;debut&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#Introduction&#034;&gt;Introduction, par Helga Zepp-LaRouche&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#Huntington&#034;&gt;&#171; Le Choc des civilisations &#187; de Samuel Huntington&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#Chemin&#034;&gt;Le dialogue entre les cultures : le chemin vers la paix, par Lyndon LaRouche&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#Khatami&#034;&gt;Nous devrions &#234;tre &#224; l'&#233;coute de ce que les autres cultures nous offrent, &lt;br&gt;par Seyyed Mohammed Khatami&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#JeanPaulII&#034;&gt;Message du Pape Jean-Paul II : pour un dialogue entre la Chine et l'occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#Propositions&#034;&gt;Propositions pour un dialogue inter-religieux , par Jacques Cheminade&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#Andalousie&#034;&gt;L'Andalousie, une porte vers la Renaissance, par Muriel Mirak Weissbach&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;a NAME=&#034;Introduction&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Introduction&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appel &#224; participer &#224; une correspondance internationale pour un &#171; Dialogue des Cultures &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;par Helga Zepp-LaRouche, Pr&#233;sidente de l'Institut Schiller&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Le 15 Octobre 2001,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, depuis les attaques aux Etats-Unis et les frappes militaires contre l'Afghanistan, la vision d'horreur d'un &#171; Choc des Civilisations &#187; est en train de devenir r&#233;alit&#233;. Quelle que soit la v&#233;rit&#233; que l'on d&#233;couvre derri&#232;re ces attaques, toute nouvelle spirale de violence conduira &#224; l'effondrement de l'humanit&#233; dans un nouvel &#226;ge des t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'autant plus urgent, dans cette situation, de red&#233;finir les fondements de la raison et les principes universels qui rendent possible un &#171; Dialogue des Cultures &#187; et une entente &#339;cum&#233;nique au plus haut niveau entre les religions. Apr&#232;s une longue p&#233;riode de violence continue et de guerre, qui pourrait durer des dizaines d'ann&#233;es voire m&#234;me un si&#232;cle, ce n'est que par un tel dialogue que nous pourrions reb&#226;tir la communaut&#233; des peuples et des &#233;tats-nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais afin d'&#233;pargner &#224; des millions de personnes ce malheur indescriptible, il nous faut esp&#233;rer qu'un tel dialogue puisse faciliter, avant qu'il ne soit trop tard, l'entente entre les cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il existe bien des diff&#233;rences entre la situation de 1453, lorsque Mohammed II conquit Constantinople, et les attaques d'aujourd'hui, et bien que le contexte de ces attaques aux Etats-Unis repr&#233;sente un ph&#233;nom&#232;ne compl&#232;tement diff&#233;rent, la r&#233;f&#233;rence &#224; cette date est, pour une raison d&#233;terminante, raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un moment o&#249; les pauvres d'esprit hurlaient vengeance et repr&#233;sailles, Nicolas de Cuse, dont nous c&#233;l&#233;brons cette ann&#233;e le six centi&#232;me anniversaire de sa naissance, &#233;crivait, impressionn&#233; par les horreurs qui se d&#233;roulaient alors, son &#339;uvre magnifique &lt;i&gt;La Paix de la Foi (De Pace Fidei)&lt;/i&gt;. Ce dialogue, qui impliquait des repr&#233;sentants de dix-sept religions et pays peut, aujourd'hui aussi, nous montrer la voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas commence &lt;i&gt;De Pace Fidei&lt;/i&gt; par ces mots : &lt;i&gt;&#171; Les nouvelles des atrocit&#233;s r&#233;cemment perp&#233;tr&#233;es par le Roi turc &#224; Constantinople et qui ont maintenant &#233;t&#233; divulgu&#233;es, ont tant enflamm&#233; un homme, qui a jadis vu cette r&#233;gion, avec z&#232;le pour Dieu [Nicolas parle de lui-m&#234;me et de son voyage dans cette ville], qu'entre beaucoup de soupirs il a demand&#233; au Cr&#233;ateur de toutes les choses s'il pouvait, dans Sa bont&#233;, mod&#233;rer la pers&#233;cution qui faisait rage plus que d'habitude &#224; cause des diff&#233;rences de rites religieux. Puis il arriva qu'apr&#232;s plusieurs jours - de fait apr&#232;s une longue m&#233;ditation ininterrompue - une vision fut r&#233;v&#233;l&#233;e &#224; cet homme z&#233;l&#233; qui lui permit de conclure qu'il serait possible, gr&#226;ce &#224; l'exp&#233;rience de quelques hommes sages connaissant bien toutes les diverses pratiques observ&#233;es dans les religions &#224; travers le monde, de trouver un accord unique et favorable, et de constituer gr&#226;ce &#224; cela une paix perp&#233;tuelle dans la religion, fond&#233;e sur le chemin appropri&#233; et v&#233;ritable. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas d&#233;crit ensuite le dialogue qui s'est &#233;tabli entre les repr&#233;sentants des 17 religions et nations et la &#171; Parole de Dieu &#187;, &#233;tant donn&#233; que leurs conflits ont toujours &#233;clat&#233; en Son nom. Puisque la plupart des gens vivaient dans la pauvret&#233;, compl&#232;tement asservis &#224; leurs ma&#238;tres et d&#233;pendant d'eux comme des esclaves, ils ne pouvaient absolument pas avoir le loisir de faire usage de leur libre arbitre et de parfaire leur propre cognition. Les soucis de la vie quotidienne les d&#233;tournaient trop de la recherche du Dieu cach&#233;. Mais si une assembl&#233;e d'hommes sages des diff&#233;rentes religions pouvait se r&#233;unir, alors la solution serait &#171; simple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution de Nicolas est con&#231;ue du point de vue de la &lt;i&gt;coincidentia oppositorum&lt;/i&gt; (la co&#239;ncidence des oppos&#233;s), un point de vue sup&#233;rieur. Ne pas faire la distinction entre les proph&#232;tes et Dieu lui-m&#234;me, ou confondre avec la v&#233;rit&#233; les traditions auxquelles nous sommes habitu&#233;s serait une erreur. Dans la mesure o&#249; Dieu s'adresse aux repr&#233;sentants des religions comme &#224; des hommes sages, Il parvient ais&#233;ment &#224; les convaincre qu'il n'existe qu'une sagesse et qu'une v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus &#226;g&#233; des participants, un Grec, demande : comment r&#233;concilier les diff&#233;rentes religions puisque, ayant vers&#233; leur sang pour garder la leur, ils auraient du mal &#224; accepter une nouvelle religion unifi&#233;e ? Le Verbe r&#233;pond qu'ils n'ont pas besoin d'en introduire une nouvelle, que la vraie religion pr&#233;c&#232;de toutes les autres. La paix, qui am&#232;nera une harmonie nouvelle entre les religions, n'est pas une nouvelle croyance artificielle, mais plut&#244;t ce qui est acceptable &#224; la raison au moment o&#249; celle-ci se rend compte des principes qui la gouvernent. Le Grec est plein d'enthousiasme vis-&#224;-vis de cet &#171; esprit de la raison &#187; (spiritus rationalis), &#171; capable d'arts merveilleux &#187; (capax artitium mirabilium), et qui permet &#224; l'homme de se parfaire. Si cet esprit est orient&#233; vers la sagesse, il peut s'en approcher de plus en plus. Jamais il n'atteindra la sagesse absolue, mais s'en approchant toujours plus, elle aura pour lui le go&#251;t d'une nourriture &#233;ternelle. Si tous les esprits sont orient&#233;s vers la sagesse et la v&#233;rit&#233;, alors l'unit&#233; est possible et cette v&#233;rit&#233; est reconnue comme &#233;tant primordiale et fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche de Cuse est donc totalement diff&#233;rente du panth&#233;isme moderne ou des formes ph&#233;nom&#233;nologiques du dialogue &#339;cum&#233;nique, o&#249; l'existence de la v&#233;rit&#233; Une et intelligible est ni&#233;e, en faveur d'une multiplicit&#233; &#171; d&#233;mocratique &#187; d'opinions religieuses. Ce dialogue ne peut r&#233;ussir que si tous les participants se fondent sur une vision de l'homme comme &#234;tre cr&#233;&#233; &#224; l'&#171; image vivante de Dieu &#187; (imago viva Dei), dont la ressemblance avec Dieu se trouve dans ses capacit&#233;s cognitives qui, potentiellement, sont perfectibles &#224; l'infini, et qui peuvent toujours am&#233;liorer sa compr&#233;hension des lois r&#233;gissant la Cr&#233;ation. Mettant en pratique ces capacit&#233;s, il peut rendre meilleures les conditions de vie de tous les hommes et accro&#238;tre le potentiel de densit&#233; d&#233;mographique de la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, le Pape Jean-Paul II, &#224; travers ses plus r&#233;cents voyages, a insist&#233; sur le fait qu'il n'y a pas d'autre alternative &#224; un tel dialogue &#339;cum&#233;nique, un dialogue se situant au plus haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;a NAME=&#034;Huntington&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table width=&#034;50%&#034; align=right&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;
&lt;div class=&#034;textencadre-spip&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nouveau paradigme de l'apr&#232;s guerre froide :&lt;br&gt;&#171; Le Choc des civilisations &#187; de Samuel Huntington&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
L'effondrement du l'Union sovi&#233;tique &#224; la fin des ann&#233;es 80 a boulevers&#233; les calculs g&#233;opolitiques traditionnels. La chute du rideau de fer ouvrait la voie &#224; une politique de d&#233;veloppement &#233;conomique mutuel entre l'Est et l'Ouest, permettant de mettre fin &#224; l' &#171; &#233;quilibre de la terreur &#187; et de r&#233;aliser ce dont Franklin Roosevelt avait r&#234;v&#233;, c'est-&#224;-dire de construire un &#171; &#233;quilibre de la paix &#187;. Cependant Margaret Thatcher tout comme George Bush ne voyaient pas cette perspective avec grand enthousiasme. En effet une alliance entre une Allemagne r&#233;unifi&#233;e et les autres pays europ&#233;ens continentaux pour reb&#226;tir les pays de l'Est, la Russie et l'Asie centrale constituait une v&#233;ritable menace pour l'empire financier de Wall Street de la City de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter ce grand dessein industriel et faire perdurer leur pouvoir politique et financier, il fallait maintenir une politique de division. Comment d&#233;finir un nouvel ennemi ? La r&#233;ponse est apport&#233;e par le politologue am&#233;ricain Samuel Huntington dans son livre &lt;i&gt;The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order&lt;/i&gt; (Simon and Schuster, 1996) : &lt;i&gt;&#171; Dans le monde d'apr&#232;s la guerre froide, les distinctions majeures entre les peuples ne sont pas id&#233;ologiques, politiques ou &#233;conomiques. Elles sont culturelles. &#187;&lt;/i&gt; Et de pr&#233;ciser : &lt;i&gt;&#171; L'axe central de la politique mondiale d'apr&#232;s la guerre froide est ainsi l'interaction entre, d'une part, la puissance et la culture de l'Occident et, d'autre part, la puissance et la culture des civilisations non occidentales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huntington, tout comme Brzezinski et Kissinger, repr&#233;sente la position d'une &#233;lite qui veut &#224; tout prix maintenir les paradigmes d'un empire financier en d&#233;clin, m&#234;me si cela veut dire une &#171; croisade &#187; ; contre le reste du monde et, par l&#224; m&#234;me, une troisi&#232;me guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;a NAME=&#034;Chemin&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le dialogue entre les cultures : le chemin vers la paix&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;par Lyndon H. LaRouche&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce discours fut prononc&#233; lors d'une conf&#233;rence &#224; Khartoum, Soudan, du 14 au 17 janvier 2001. Portant sur le th&#232;me &lt;/i&gt;&#171; La paix par le d&#233;veloppement le long de la vall&#233;e du Nil, dans le cadre d'un nouvel ordre &#233;conomique mondial plus juste &#187;&lt;i&gt;, cette conf&#233;rence fut organis&#233;e sous le patronage du minist&#232;re de l'Information et de la Culture du Soudan, ainsi que du Centre pour les &#233;tudes strat&#233;giques du Soudan, du magazine &lt;/i&gt;EIR&lt;i&gt; et de l'Institut Schiller.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les caract&#233;ristiques &#233;conomiques&lt;br&gt;d'un syst&#232;me au bord du gouffre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le recours &#224; des guerres religieuses &#224; des fins strat&#233;giques est une ruse tr&#232;s ancienne, le vingti&#232;me si&#232;cle pr&#233;sente des caract&#233;ristiques qui rendent la pr&#233;sente crise &#233;conomique qualitativement diff&#233;rente de celles qui se sont succ&#233;d&#233;es, dans l'histoire de la culture europ&#233;enne, au cours des deux si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle jusqu'&#224; environ 1966-1971, la tendance g&#233;n&#233;rale au sein des &#233;conomies occidentales fut un accroissement des capacit&#233;s productives du travail et une am&#233;lioration des caract&#233;ristiques d&#233;mographiques des populations europ&#233;enne et am&#233;ricaine en particulier. Il y a environ trente-cinq ans, c'est-&#224;-dire &#224; partir de la campagne pr&#233;sidentielle de Richard Nixon de 1966-1968, nous avons assist&#233;, &#224; l'int&#233;rieur des Etats-Unis, &#224; une r&#233;surgence orchestr&#233;e de formes de croyances racistes, une alliance entre le fondamentalisme chr&#233;tien et ce que David Ben Gourion avait une fois appel&#233; le sionisme de droite. L'ensemble de ces croyances constitue aujourd'hui l'expression d'impulsions id&#233;ologiques animant les courants sudistes du parti R&#233;publicain et, depuis leur introduction par le pr&#233;sident Jimmy Carter, du parti D&#233;mocrate &#233;galement. A cause de l'influence grandissante de ces courants id&#233;ologiques sur la politique des Etats-Unis, les caract&#233;ristiques d&#233;mographiques des Am&#233;riques et de l'Europe ont pris, intentionnellement, une pente descendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance &#224; la baisse est illustr&#233;e par la propagation et l'intensification des politiques d'inspiration malthusienne, ainsi que par la destruction syst&#233;matique des &#233;conomies des pays - et des r&#233;gions soumises &#224; leur influence - ayant adopt&#233; ces politiques. Une fois que le syst&#232;me sovi&#233;tique a perdu, aux yeux des puissances atlantiques, son statut de rival, les gouvernements de ces puissances se sont imm&#233;diatement engag&#233;s dans une destruction g&#233;n&#233;rale de l'infrastructure &#233;conomique, incluant l'agriculture et l'industrie, dont d&#233;pendait leur force et leur s&#233;curit&#233;. Cette destruction sauvage des potentiels li&#233;s &#224; une &#233;conomie nationale &#171; pleinement int&#233;gr&#233;e &#187; repr&#233;sente une acc&#233;l&#233;ration de la tendance, initi&#233;e quelques d&#233;cennies plus t&#244;t aux Etats-Unis - ainsi que dans d'autres pays - &#224; la suite de l'assassinat de John F. Kennedy et de l'introduction par le pr&#233;sident Lyndon Johnson des lois prot&#233;geant les droits civiques des minorit&#233;s dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La co&#239;ncidence entre la mont&#233;e des politiques racistes dans les rangs des dirigeants d&#233;mocrates et r&#233;publicains et la promotion du n&#233;o-malthusianisme, ainsi que des politiques raciales pr&#244;nant un freinage de la croissance &#233;conomique et d&#233;mographique n'a jamais &#233;t&#233; accidentelle. Ce lien est mieux compris si on se place du point de vue de l'histoire interne des Etats-Unis. Ce lien constitue lui-m&#234;me le probl&#232;me essentiel que nous devons r&#233;soudre si nous voulons b&#233;n&#233;ficier d'une coop&#233;ration dans le cadre d'un dialogue entre les cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution de l'esclavage, tel qu'il fut pratiqu&#233; aux Etats-Unis &#224; l'&#233;gard des personnes de descendance africaine, est bien plus qu'un crime &#233;vident commis contre les victimes de tels actes inhumains. Une telle pratique de l'esclavage, telle que d&#233;fendue par les auteurs de cette conspiration et de cette trahison connue comme les Etats Conf&#233;d&#233;r&#233;s d'Am&#233;rique, exprime une conception de l'homme et de l'humanit&#233; qui est intrins&#232;quement oppos&#233;e &#224; la doctrine mosa&#239;que commune au Christianisme et &#224; l'Islam. Les forces qui ont conquis des positions dominantes au sein des partis politiques am&#233;ricains depuis le lancement, par Nixon en 1966, de la &#171; strat&#233;gie sudiste &#187;, sont des forces inspir&#233;es de la conception perverse et d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e de l'homme promulgu&#233;e par les conf&#233;d&#233;r&#233;s. Plusieurs parmi ceux qui soutiennent cette vision n&#233;o-conf&#233;d&#233;r&#233;e, tels que les r&#233;publicains favorables &#224; Bush et &#224; Ashcroft, pr&#233;tendent &#234;tre des chr&#233;tiens ; ils ne le sont &#233;videmment pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement cette vision n&#233;o-conf&#233;d&#233;r&#233;e est-elle intrins&#232;quement raciste, et par cons&#233;quent anti-chr&#233;tienne et anti-musulmane, mais les politiques &#233;conomiques et l'id&#233;ologie politique qui en d&#233;coulent correspondent enti&#232;rement &#224; sa conception bestiale, essentiellement satanique, de la nature et des droits de la personne humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les questions li&#233;es &#224; l'&#233;conomie et au dialogue des cultures se trouvent soudainement r&#233;duites en une seule et m&#234;me question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme moderne de la civilisation europ&#233;enne, forme d&#233;velopp&#233;e autour de l'Etat-nation r&#233;publicain souverain, est issue d'une longue lutte - en Europe - pour l'&#233;tablissement d'institutions et d'&#233;conomies nationales concordantes avec la conception chr&#233;tienne de la nature essentielle de l'homme, cr&#233;ature faite &#224; l'image du Cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, cette forme moderne, r&#233;volutionnaire, d'Etat-nation europ&#233;en, telle que d&#233;finie pour la premi&#232;re fois lors de la Renaissance du XVe si&#232;cle, avait pour pr&#233;misse la notion selon laquelle le gouvernement n'a d'autorit&#233; morale l&#233;gitime que s'il est efficacement d&#233;di&#233; &#224; la promotion du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral des citoyens et de leur post&#233;rit&#233;. En d'autres termes, les formes pr&#233;c&#233;dentes de soci&#233;t&#233;, dans lesquelles quelques hommes traitaient la majorit&#233; de l'humanit&#233; comme du b&#233;tail, allaient &#234;tre rejet&#233;es. La soci&#233;t&#233; doit &#234;tre constitu&#233;e, telle que mandat&#233;e par sa loi la plus &#233;lev&#233;e, la loi naturelle, de fa&#231;on &#224; exprimer et &#224; prot&#233;ger cette qualit&#233; de l'individu humain rejoignant la notion selon laquelle l'homme a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; &#224; l'image du Cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la forme moderne de l'Etat-nation, celle mise de l'avant dans la D&#233;claration d'ind&#233;pendance am&#233;ricaine de 1776, comme les politiques ayant inspir&#233; Louix XI en France et Henri VII en Angleterre au cours du XVe si&#232;cle, insistent sur le d&#233;veloppement des capacit&#233;s cr&#233;atrices de l'homme pour la d&#233;couverte scientifique et autre type de d&#233;couverte constituant les moyens par lesquels chaque personne peut participer et contribuer au progr&#232;s de la condition humaine d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre. Cette id&#233;e, d&#233;velopp&#233;e par Nicolas de Cuse au cours du XVe si&#232;cle, demande que nous adoptions l'objectif d'une fraternit&#233; oecum&#233;nique entre les nations souveraines, de fa&#231;on &#224; ce que chacune s'engage &#224; promouvoir le bien commun de son propre peuple et &#224; coop&#233;rer dans la mise en place d'une communaut&#233; de principe entre les nations, bas&#233;e sur l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233; de cette conception, les partisans de la tradition conf&#233;d&#233;r&#233;e placent la libert&#233; des &#233;changes et l'int&#233;r&#234;t des actionnaires non seulement au-dessus des valeurs humaines, mais pr&#233;tendent m&#234;me qu'ils leur sont oppos&#233;s. Non seulement ils s'opposent, mais encore ils d&#233;noncent toute volont&#233; de promouvoir le bien commun, qui est la base m&#234;me de la loi la plus &#233;lev&#233;e du pays : la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la succession des progr&#232;s qui ont marqu&#233; la civilisation europ&#233;enne, la mise en &#339;uvre des moyens qui ont conduit &#224; des perc&#233;es scientifiques et technologiques ainsi qu'&#224; des avanc&#233;es dans les conditions de vie et de travail en g&#233;n&#233;ral s'est organis&#233;e par l'entremise de la promotion, principalement par les pouvoirs publics, de grands projets d'infrastructure de base et par l'&#233;mission de cr&#233;dit au b&#233;n&#233;fice des agriculteurs, des industriels et autres, de fa&#231;on propager des formes d'activit&#233;s repr&#233;sentant une contribution au bien commun de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces &#233;conomiques n&#233;cessaires &#224; un tel progr&#232;s comprennent les agriculteurs et les entrepreneurs faisant preuve d'ing&#233;niosit&#233;, ainsi que les travailleurs, scientifiques et autres professions favorables &#224; ce progr&#232;s et essentielles &#224; sa r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative des forces n&#233;o-conf&#233;d&#233;r&#233;es de r&#233;tablir et de consolider, au cours de la p&#233;riode 1966-2000, les traditions des propri&#233;taires d'esclaves, a pris la forme d'efforts visant &#224; &#233;liminer le pouvoir &#233;conomique des forces agricoles, industrielles et autre professionnels dont d&#233;pendait la promotion de ce principe d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Ainsi, les 80 % des foyers situ&#233;s dans la fourchette la plus basse des revenus, mais qui gagnait la majorit&#233; du revenu national total au moment de l'arriv&#233;e de Jimmy Carter &#224; la pr&#233;sidence en 1977, re&#231;oit-elle aujourd'hui moins de la moiti&#233; de ce revenu total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs, depuis le milieux des ann&#233;es 60, nous avons assist&#233; &#224; l'&#233;mergence d'une volont&#233; malicieuse et croissante de destruction des &#233;l&#233;ments de l'infrastructure, de l'agriculture, de l'industrie et des professions demandant un plus haut niveau d'&#233;ducation dont d&#233;pendait le progr&#232;s de l'&#233;conomie jusqu'alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause de cette destruction massive des &#233;l&#233;ments dont les &#233;conomies des nations et du monde d&#233;pendaient imp&#233;rativement, nous avons atteint en 2001 une condition bien pire que celle produite par l'effondrement financier de 1929-1931. Les forces n&#233;o-conf&#233;d&#233;r&#233;es et leurs alli&#233;s n&#233;o-malthusiens, ainsi que les partisans de la mondialisation et autres formes d'utopisme, ont r&#233;ussi &#224; d&#233;truire les fondements de l'&#233;conomie mondiale dans une mesure telle que la crise &#233;conomique frappant aujourd'hui le monde n'est pas seulement de nature cyclique : notre plan&#232;te doit aujourd'hui faire face, pour la premi&#232;re fois de son histoire, &#224; l'effondrement g&#233;n&#233;ral des conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette consid&#233;ration nous am&#232;ne &#224; prendre conscience du r&#244;le d&#233;terminant que peut jouer un dialogue des cultures pour emp&#234;cher l'humanit&#233; de sombrer dans un nouvel &#226;ge des t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Economie, politique et foi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'&#233;viter untel sort n&#233;cessite qu'on mette l'accent sur l'aspect &#233;conomique de la discussion. L'&#233;conomie, correctement d&#233;finie en tant qu'&#233;conomie physique plut&#244;t que comme exercice de comptabilit&#233;, fut form&#233;e selon la conception que l'homme est cr&#233;&#233; &#224; l'image de Dieu et peut, de ce fait, exercer sa domination sur les autres formes de vie. Cette notion d'&#233;conomie physique nous fournit les bases nous permettant d'&#233;tablir un accord pour une coop&#233;ration concr&#232;te entre les cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie politique, en tant que pratique scientifique de l'art de gouverner, fut cr&#233;&#233;e en Europe au cours du XVe si&#232;cle. Elle &#233;mergea, en fait, comme sous-produit d'une nouvelle conception r&#233;volutionnaire dans l'art de gouverner, dont d&#233;pend, de fa&#231;on certaine aujourd'hui, le maintien de l'institution dans sa forme moderne de l'Etat-nation souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant cette r&#233;forme du XVe si&#232;cle, l'ensemble de la population n'existait que pour le plaisir, le confort et le pouvoir d'une oligarchie r&#233;gnante et de ses valets. Ceci &#233;tait le type de soci&#233;t&#233; d&#233;fendu par la doctrine r&#233;actionnaire du laisser-faire, d&#233;velopp&#233;e par le Dr Quesnay. Ce fut l'introduction du principe selon lequel un gouvernement n'a de l&#233;gitimit&#233; que s'il s'engage de fa&#231;on efficace &#224; promouvoir l'am&#233;lioration du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral de toute la population, qui constitua de fait l'acte de naissance de l'&#233;conomie politique, avec l'&#233;mergence de formes pionni&#232;res de gouvernements comme ceux de Louis XI en France et d'Henry VII en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons trouver les principaux fondements du dialogue des cultures dans la conception de la nature de l'&#234;tre humain commune &#224; la tradition mosa&#239;que du Juda&#239;sme, du Christianisme et de l'Islam : cette conception selon laquelle chaque personne est faite &#224; l'image du Cr&#233;ateur et est dot&#233;e, par cons&#233;quent, de certains pouvoirs inn&#233;s qui ne peuvent &#234;tre trouv&#233;s chez les animaux. Ceci est particuli&#232;rement vrai pour le Christianisme et l'Islam, qui ont la caract&#233;ristique d'&#234;tre des cultures missionnaires, cherchant &#224; communiquer ce message &#224; l'ensemble de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui concerne la civilisation europ&#233;enne et son influence dans le monde aujourd'hui, tous les succ&#232;s notables, plus ou moins identifi&#233;s &#224; sa mont&#233;e depuis la Renaissance du XVe si&#232;cle, ont d&#233;coul&#233; de cette notion selon laquelle l'Etat-nation souverain moderne doit &#234;tre fond&#233; sur la conception de la nature universelle de l'homme en tant que cr&#233;ature faite &#224; l'image de Dieu, dot&#233;e des obligations et des droits d&#233;coulant de ce privil&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cette notion de la nature de l'homme est caract&#233;ristique de l'histoire et du d&#233;veloppement de l'Europe, des Am&#233;riques, de l'Afrique et du monde musulman en g&#233;n&#233;ral. Cette conception de l'homme n'est pas accept&#233;e en tant qu'axiome dans certaines cultures influentes d'autres r&#233;gions du monde, m&#234;me si l'on trouve une certaine sympathie &#224; cet &#233;gard, du moins en pratique, et malgr&#233; le fait qu'elle ne soit pas au d&#233;part une croyance traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces termes g&#233;n&#233;raux que devraient &#234;tre d&#233;finies les conditions et les croyances autour desquelles nous voudrions organiser un dialogue de cultures efficace. Je propose les &#233;tapes suivantes comme &#233;tant les plus essentielles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, ceux qui parmi nous reconnaissent cette conception de la nature humaine telle que venons de la d&#233;finir doivent &#233;tablir une fraternit&#233; &#339;cum&#233;nique sur cette base. Une fois que nous aurons atteint, sur ce point strictement d&#233;fini, l'unanimit&#233;, nous devrons ensuite &#233;tendre le dialogue aux autres interlocuteurs, afin de les gagner &#224; certaines notions de ce que nous pourrions appeler la &#171; loi naturelle &#187;, sur la base desquelles toutes les nations et tous les peuples peuvent concevoir un forme de fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, nous devons persuader ceux qui en ont besoin, de la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tablir comme principe commun, tant &#224; l'int&#233;rieur de chaque nation qu'au niveau de la communaut&#233; des nations, que l'Etat n'a d'autorit&#233; morale l&#233;gitime vis-&#224;-vis de la loi naturelle uniquement s'il s'engage &#224; d&#233;fendre de mani&#232;re efficace l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral de toute la population et de sa post&#233;rit&#233;. Cette d&#233;finition de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, quelquefois appel&#233; le bien commun, doit &#234;tre en accord avec la nature de l'individu humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement nous devons, &#224; partir de cette conception du bien commun, d&#233;finir une mission. Il ne suffit pas de s'entendre sur une d&#233;finition sur le papier. L'intention doit s'exprimer dans l'action positive ; il y a aujourd'hui de tr&#232;s grave injustices dans le monde, pas seulement des injustices impos&#233;es par des actes cruels volontaires, mais aussi des injustices d&#233;coulant de la simple n&#233;gligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce troisi&#232;me point, le vrai test moral &#224; partir duquel on peut &#233;valuer la bonne volont&#233; d'une nation, c'est sa r&#233;action face aux conditions impos&#233;es au continent africain et plus particuli&#232;rement &#224; Afrique sub-saharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est connu que le Pr&#233;sident Franklin Roosevelt a &#233;prouv&#233; le Premier ministre britannique Winston Churchill sur cette question lors de la c&#233;l&#232;bre rencontre de Casablanca, au cours de la deuxi&#232;me guerre mondiale. Roosevelt y a pr&#233;sent&#233; une vision plut&#244;t d&#233;taill&#233;e des mesures et des projets d'infrastructure qu'il entendait entreprendre apr&#232;s la guerre. Roosevelt a aussi averti Churchill qu'une fois la guerre termin&#233;e, les Etats-Unis mettraient fin aux reliques du r&#232;gne colonial et imp&#233;rial exerc&#233; par les int&#233;r&#234;ts portugais, hollandais, britanniques et fran&#231;ais sur les r&#233;gions colonis&#233;es et semi-colonis&#233;es du monde. Malheureusement d&#232;s la mort pr&#233;matur&#233;e de Roosevelt, ses successeurs ont adopt&#233; le point de vue de Churchill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que j'ai cern&#233; le contexte, j'en viens &#224; la question cruciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je propose, comme base essentielle d'une discussion entre les cultures, un examen de ce qu'on devrait consid&#233;rer comme les principes &#339;cum&#233;niques partag&#233;s par le Christianisme, l'Islam et le Juda&#239;sme, &#224; savoir que l'homme est fait &#224; l'image du Cr&#233;ateur et qu'il dispose de pouvoirs lui permettant d'exercer sa domination sur les autres formes de vie ainsi que sur les formes non-vivantes. Lorsque j'emploie le terme de &#171; loi naturelle &#187;, je me r&#233;f&#232;re &#224; un concept qui a &#233;t&#233; &#233;galement introduit dans la D&#233;claration d'ind&#233;pendance am&#233;ricaine de 1776. Si nous acceptons cette d&#233;finition de la nature de la personne individuelle comme base de la loi naturelle universelle, par laquelle l'humanit&#233; doit se gouverner, tous les axiomes essentiels &#224; la coop&#233;ration entre cultures sont implicitement fournis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, en tant qu'h&#233;ritiers de Mo&#239;se et partageant une telle conception &#339;cum&#233;nique, si nous tombons d'accord sur ce point, nous devons nous tourner vers nos fr&#232;res et s&#339;urs des autres cultures qui ne partagent pas n&#233;cessairement cette vision de l'homme. Nous devons &#233;tablir une forme de compr&#233;hension universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre choix d'action nous devrions nous souvenir des le&#231;ons donn&#233;es par l'ennemi qui utilisa l'arme de la religion et des guerres &#224; plusieurs reprises dans le pass&#233;. C'est seulement si nous nous consacrons, comme nous l'indique au premier abord le Trait&#233; de Westphalie, &#224; un principe bas&#233; sur l'int&#233;r&#234;t fondamental de chacun d'entre nous, &#224; une mission clairement d&#233;finie, que nous serons capables de vaincre les forces du mal repr&#233;sent&#233;es aujourd'hui par Samuel P. Huntington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons reconna&#238;tre qu'une simple adh&#233;sion formelle &#224; un accord &#339;cum&#233;nique n'est pas suffisante. Tout accord doit avoir une substance, que nous devons fournir en &#233;laborant des pratiques communes en coh&#233;sion avec cet accord de principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens de la mission que nous devons adopter est illustr&#233;, de la mani&#232;re la plus simple, par le parcours de l'&#233;tat de nouveau-n&#233; &#224; l'&#233;tat d'adulte. Les le&#231;ons fournies par l'histoire &#233;conomique nous montrent que la maturation biologique d'un nouveau-n&#233; demande une p&#233;riode de d&#233;veloppement d'un quart de si&#232;cle environ ; ainsi l'objectif qui nous unit doit s'exprimer en terme de ce que notre g&#233;n&#233;ration va contribuer dans le r&#244;le que vont jouer demain les enfants et les adolescents d'aujourd'hui. Nous devons ainsi concr&#233;tiser les accords conclus sur les principes moraux par de grands projets devant &#234;tre r&#233;alis&#233;s en &#224; peu pr&#232;s vingt-cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces grands projets sont en fait de grands efforts de construction de l'infrastructure &#233;conomique de base, fondement essentiel &#224; toute activit&#233; productive. Ceci signifie le d&#233;veloppement &#224; grande &#233;chelle de syst&#232;mes de transport, de distribution et d'assainissement de l'eau, de production et de distribution d'&#233;nergie, ainsi que la mise en place d'un syst&#232;me d'&#233;ducation et de sant&#233; publiques. C'est de ceci dont d&#233;pend la productivit&#233; et la long&#233;vit&#233; de toute population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous faisons ou omettons de faire &#224; cet &#233;gard pour l'Afrique rev&#234;t une grande importance pour l'humanit&#233; dans son ensemble. Nous devons, bien entendu, faire face &#224; des besoins urgents en mati&#232;re de projets de d&#233;veloppement et d'infrastructure de base &#224; grande &#233;chelle sur le continent eurasiatique et en Am&#233;rique ; mais laisser l'Afrique livr&#233;e &#224; son propre sort et &#224; ses propres ressources constituerait un crime qui entacherait les consciences du monde entier. Ce que nous ferons pour l'Afrique sera l'embl&#232;me de notre conscience ; le succ&#232;s d'une telle mission attestera du fait que nous, de toutes les parties du monde, serons devenus, en fin de compte, v&#233;ritablement humains, v&#233;ritablement humains dans notre conception de l'universalit&#233; de la nature humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, j'aimerais pr&#233;ciser les trois objectifs suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, nous devons d&#233;finir une conception &#339;cum&#233;nique de l'homme bas&#233;e sur le fait que celui-ci est &#224; l'image du Cr&#233;ateur de l'univers, tout en &#233;vitant les conflits &#224; propos des autres croyances religieuses. Une notion de laquelle devraient d&#233;river toutes les notions de loi rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, nous devons &#233;tablir un accord de principe s&#233;culier au sein de la communaut&#233; nouvellement d&#233;finie d'Etats-nations parfaitement souverains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux politiques doivent &#234;tre illustr&#233;es par un troisi&#232;me engagement, d&#233;fini plus largement en terme de missions physico-&#233;conomiques ou apparent&#233;es, couvrant une p&#233;riode d'au moins un quart de si&#232;cle. Ces missions seront de trois types diff&#233;rents : le premier est le d&#233;veloppement d'infrastructures de base dont d&#233;pend la capacit&#233; des peuples &#224; d&#233;velopper leur nation et leur territoire dans son ensemble. Le second, l'&#233;ducation et la sant&#233; publique, des domaines qui permettent de d&#233;velopper les potentiels de productivit&#233; n&#233;cessaires au progr&#232;s de ces populations dans leur ensemble. Et le troisi&#232;me, la capacit&#233; de s&#233;lectionner des objectifs communs dans les domaines de la recherche scientifique et technique auxquels peuvent avoir acc&#232;s, sur une base &#233;gale, tous les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une compr&#233;hension de la nature humaine ainsi d&#233;finie et l'adoption dans la pratique d'une mission commune de ce type sont les bases dont d&#233;pend un dialogue r&#233;ussi entre les cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;a NAME=&#034;Khatami&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Nous devrions &#234;tre &#224; l'&#233;coute de ce que les autres cultures nous offrent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Discours du Pr&#233;sident iranien Seyyed Mohammed Khatami&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le discours du Pr&#233;sident iranien Khatami, rapport&#233; par l'Agence d'information Iranienne, a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; la conf&#233;rence organis&#233;e par l'ONU, l'Unesco et la R&#233;publique islamique d'Iran, en septembre 2001. Les titres et sous-titres ont &#233;t&#233; ajout&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies n'a que r&#233;cemment apport&#233; son soutien &#224; la proposition de la R&#233;publique islamique d'Iran en faveur d'un dialogue entre les civilisations et entre les cultures. N&#233;anmoins, cette proposition attire, jour apr&#232;s jour, un soutien grandissant de nombreuses acad&#233;mies et organisations politiques. Pour cerner les raisons de cet accueil encourageant, il est n&#233;cessaire de prendre en compte la situation pr&#233;valant dans notre monde actuel, et de mesurer les motifs de m&#233;contentement qui sont largement partag&#233;s. Il est, bien s&#251;r, tout naturel pour les &#234;tres humains altruistes et &#224; la recherche de la justice de se sentir m&#233;content avec le statu quo. (...) Aujourd'hui, parmi cette honorable assembl&#233;e, permettez-moi plut&#244;t de commencer par certaines raisons historiques, th&#233;oriques, et pour la plus part non politiques de cet appel pour un dialogue entre les civilisations. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) La pens&#233;e et la culture perses ont une immense dette envers l'Islam, comme l'une de leur principale source d'&#233;panouissement. L'Islam incarne une sagesse universelle. Chaque &#234;tre humain vivant dans chacun des lieux g&#233;ographiques ou temporels est potentiellement inclus dans la port&#233;e de l'islam. L'insistence de l'Islam sur les qualit&#233;s humaines essentielles, et son m&#233;pris pour des conceptions telles que le sang ou la naissance, ont conquis les c&#339;urs de ceux qui aspirent &#224; la justice et &#224; la libert&#233;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'appeler les gouvernements et les peuples du monde &#224; suivre la nouvelle approche du dialogue entre les cultures et entre les civilisations, nous devons apprendre des exp&#233;riences de l'histoire du monde, tout sp&#233;cialement des effroyables catastrophes humaines qui eurent lieu pendant le XXe si&#232;cle. Nous devons examiner avec beaucoup d'attention ... la glorification du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une perspective &#233;thique, l'amorce d'un dialogue entre les civilisations requiert d'abandonner la qu&#234;te du pouvoir ; et sans le d&#233;sir de communion, de compassion et de compr&#233;hension, il n'y aurait aucun espoir pour la pr&#233;dominance du droit dans notre monde. Nous devons combattre avec &#233;l&#233;gance cette disette de compassion et de communion. Le but ultime du dialogue entre les civilisations en soi, est d'atteindre la communion des id&#233;es et la compassion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chers participants, il y a deux chemins pour r&#233;aliser ce dialogue entre les civilisations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'interaction et l'interp&#233;n&#233;tration des cultures et des civilisations entre elles, r&#233;sultant d'une vari&#233;t&#233; de facteurs, pr&#233;sentant un mod&#232;le dans lequel le dialogue prend place. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le dialogue entre civilisations peut aussi signifier un dialogue d&#233;lib&#233;r&#233; entre les repr&#233;sentants de diff&#233;rentes civilisations, tel que des universitaires, des artistes, des penseurs de divers domaines. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage des id&#233;es, les interp&#233;n&#233;trations et les interactions culturelles se r&#233;p&#232;tent dans l'histoire de l'humanit&#233; aussi naturellement et de mani&#232;re aussi durable que la migration des oiseaux dans la nature. M&#234;me l'odieuse &#233;ventualit&#233; d'un engagement dans des guerres m&#232;ne parfois &#224; l'enrichissement et l'affermissement des cultures et des civilisations impliqu&#233;es. Par exemple, suite aux guerres, &#171; de grands &#233;crits &#187; chers &#224; certaines cultures, tel que des livres sacr&#233;s et des &#339;uvres litt&#233;raires ou philosophiques importantes, sont devenus accessibles aux autres cultures. (...)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#244;le des grands artistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un dialogue entre cultures, les grands artistes doivent incontestablement &#234;tre reconnus, ainsi que les philosophes, les universitaires et les th&#233;ologiens. (...) En excluant la compr&#233;hension &#171; innocente &#187; de l'artiste du spectre politique et social, les &#234;tres humains s'abaissent au rang d'animaux fabricant des outils. Un tel &#234;tre consid&#233;rerait certainement avec d&#233;dain la possibilit&#233; d'un dialogue, et de toute communion ou compassion qui puisse en r&#233;sulter. Un monde ainsi contr&#244;l&#233; par les conditions &#233;conomiques, militaires et politiques fait in&#233;vitablement na&#238;tre la destruction de l'environnement, et l'&#233;radication de tout havre spirituel, artistique et intuitif. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les po&#232;tes et les artistes s'engagent dans le dialogue avec et &#224; travers le langage sacr&#233; de l'esprit. Ce langage est rest&#233; pr&#233;serv&#233; des vents n&#233;fastes du temps, et dans la saison tr&#232;s froide et impitoyable de non croyance il nous apporte de bonnes nouvelles concernant les id&#233;aux humains. Cela encourage toujours les personnes &#224; persister dans le chemin de l'espoir et de la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#233;couter avec s&#233;rieux ce que les autres cultures nous offrent, et en faisant confiance aux exp&#233;riences humaines profondes nous pouvons chercher de nouvelles voies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dialogue n'est pas facile. Encore plus difficile est de pr&#233;parer et d'ouvrir, &#224; partir de sa propre exp&#233;rience, de nouveaux horizons aux autres. Croire au dialogue ouvre la voie &#224; l'espoir vivace : l'espoir de vivre dans un monde p&#233;n&#233;tr&#233; de vertu, d'humilit&#233;, et d'amour, et pas seulement par les indices &#233;conomiques et les armes destructrices. L'esprit du dialogue l'emporterait et ce serait l'humanit&#233;, la culture et la civilisation qui pr&#233;vaudraient. Nous devons tous croire en ce triomphe, et nous devons tous esp&#233;rer que les citoyens du monde se pr&#233;pareront &#224; &#233;couter l'appel divin : &lt;i&gt;&#171; Annoncer la Bonne nouvelle &#224; mes serviteurs - ceux qui &#233;coutent la Parole et se soumettent &#224; Sa signification profonde &#187;&lt;/i&gt; (Le Coran : partie 17,18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#233;rons que l'hostilit&#233; et l'oppression prendront fin, et que la clameur de l'amour pour la v&#233;rit&#233;, la justice, et la dignit&#233; humaine pr&#233;vaudront. Esp&#233;rons que les &#234;tres humains se mettent &#224; chanter avec Hafez de Shiraz, l'esprit inspir&#233; de dieu, qu'&#171; aucune clameur ineffable ne r&#233;sonne dans l'immense d&#244;me des cieux plus tendrement que le son de l'amour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;a NAME=&#034;JeanPaulII&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; Matteo Ricci : pour un dialogue entre la Chine et l'occident &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Message du Pape Jean-Paul II aux participants au congr&#232;s international sur le dialogue des cultures&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
1. Mesdames, Messieurs, c'est avec une joie profonde que je m'adresse &#224; vous, &#224; l'occasion du Congr&#232;s international, organis&#233; pour comm&#233;morer le 400e anniversaire de l'arriv&#233;e &#224; P&#233;kin du grand missionnaire, lettr&#233; et scientifique italien, le P&#232;re Matteo Ricci, c&#233;l&#232;bre fils de la Compagnie de J&#233;sus. J'adresse un salut particulier au Recteur Magnifique de l'Universit&#233; pontificale gr&#233;gorienne et aux responsables de l'Institut italo-chinois, les deux Institutions qui ont promu et organis&#233; ce colloque. En vous accueillant avec une vive cordialit&#233;, je suis particuli&#232;rement heureux d'adresser un salut respectueux aux chercheurs venus de Chine, patrie d'adoption bien-aim&#233;e du P&#232;re Ricci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais que votre Colloque romain se situe, d'une certaine fa&#231;on, en continuit&#233; avec l'important Symposium international qui s'est d&#233;roul&#233; ces jours derniers &#224; P&#233;kin (14-17 octobre) et qui portait sur le th&#232;me suivant : &lt;i&gt;Encounters and Dialogues&lt;/i&gt; (&#171; Rencontres et Dialogues &#187;), en particulier dans le cadre des &#233;changes culturels entre la Chine et l'Occident &#224; l'&#233;poque de la fin de la dynastie Ming et au d&#233;but de la dynastie Qing. En effet, au cours de cette rencontre l'attention des chercheurs s'est &#233;galement port&#233;e sur l'oeuvre incomparable que le P&#232;re Matteo Ricci accomplit dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La rencontre d'aujourd'hui nous conduit tous par l'esprit et par les sentiments &#224; P&#233;kin, la grande capitale de la Chine moderne, capitale de l'&#171; Empire du Milieu &#187; au temps du P&#232;re Ricci. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; pendant vingt-et-un ans, de fa&#231;on attentive et passionn&#233;e, la langue, l'histoire et la culture de la Chine, il entrait &#224; P&#233;kin, r&#233;sidence de l'Empereur, le 24 janvier 1601. Accueilli avec tous les honneurs, estim&#233; et souvent consult&#233; par des lettr&#233;s, des mandarins et des personnes souhaitant apprendre les nouvelles sciences dont il &#233;tait un fervent amateur, il v&#233;cut le reste de ses jours dans la capitale imp&#233;riale, o&#249; il mourut saintement le 11 mai 1610, &#224; l'&#226;ge de 57 ans, dont presque 28 ann&#233;es pass&#233;es en Chine. J'ai plaisir &#224; rappeler ici que, lorsqu'il arriva &#224; P&#233;kin, il &#233;crivit &#224; l'Empereur Wan-li un M&#233;morial dans lequel, en se pr&#233;sentant comme religieux et c&#233;libataire, il ne demandait aucun privil&#232;ge &#224; la cour, mais uniquement de pouvoir mettre au service de Sa Majest&#233; sa propre personne et ce qu'il avait pu apprendre sur les sciences dans le &#171; grand Occident &#171; , dont il &#233;tait originaire (cf. Oeuvres historiques du P. Matteo Ricci, s.j., vol. II, Macerata 1913, 496s). La r&#233;action de l'Empereur fut positive, donnant ainsi une plus grande signification et importance &#224; la pr&#233;sence catholique dans la Chine moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me Chine &#233;prouve, depuis quatre si&#232;cles, une profonde consid&#233;ration pour Li Madou, &#171; le Sage d'Occident &#187;, comme fut d&#233;sign&#233; et est encore appel&#233; le P&#232;re Matteo Ricci. Historiquement et culturellement il a &#233;t&#233;, en tant que pionnier, un pr&#233;cieux anneau de jonction entre la culture europ&#233;enne de la renaissance et la culture de la Chine, ainsi que, r&#233;ciproquement, entre la civilisation chinoise, antique et avanc&#233;e, et le monde europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'ai d&#233;j&#224; eu l'occasion de le noter, avec une intime conviction, en m'adressant aux participants au Colloque international d'&#233;tudes sur le P&#232;re Ricci, organis&#233; pour le IVe centenaire de l'arriv&#233;e de Matteo Ricci en Chine (1582-1982), il joua un r&#244;le de grand m&#233;rite dans l'inculturation : il &#233;labora la terminologie chinoise de la th&#233;ologie et de la liturgie catholique, cr&#233;ant ainsi les conditions pour faire conna&#238;tre le Christ et incarner son message &#233;vang&#233;lique et l'Eglise dans le contexte de la culture chinoise (cf. Insegnamenti di Giovanni Paolo II, II, vol. V/3, 1982, Libreria Editrice Vaticana, 1982, 923-925). Le P&#232;re Matteo Ricci devint tellement &#171; Chinois avec les Chinois &#187; qu'il se transforma en v&#233;ritable sinologue, au sens culturel et spirituel le plus profond du terme, car il sut atteindre dans sa personne une extraordinaire harmonie int&#233;rieure entre le pr&#234;tre et le chercheur, entre le catholique et l'orientaliste, entre l'italien et le chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Quatre cents ans apr&#232;s l'arriv&#233;e de Matteo Ricci &#224; P&#233;kin, nous ne pouvons que nous demander quel est le message qu'il peut offrir &#224; la grande nation chinoise et &#224; l'Eglise catholique, auxquelles il se sentit toujours profond&#233;ment li&#233; et desquelles il fut sinc&#232;rement appr&#233;ci&#233; et aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des aspects qui rendent l'oeuvre du P&#232;re Ricci en Chine originale et toujours actuelle, est la profonde sympathie qu'il nourrit d&#232;s le d&#233;but &#224; l'&#233;gard du peuple chinois, en ce qui concerne son histoire, sa culture et ses traditions. Le petit Trait&#233; sur l'Amiti&#233; (De Amicitia - Jiaoyoulun), qui remporta un grand succ&#232;s en Chine d&#232;s la premi&#232;re &#233;dition parue &#224; Nankin en 1595, et le vaste et intense r&#233;seau d'amiti&#233;s qu'il d&#233;veloppa et cultiva au cours de ses 28 ann&#233;es de vie dans ce pays, demeurent un t&#233;moignage irr&#233;futable de sa loyaut&#233;, de sa sinc&#233;rit&#233; et de sa fraternit&#233; envers le peuple qui l'avait accueilli. Ces sentiments et ces attitudes de tr&#232;s profond respect naissaient de l'estime qu'il &#233;prouvait pour la culture de la Chine, au point de le conduire &#224; &#233;tudier, traduire et expliquer l'antique tradition confucianiste, proposant ainsi une revalorisation des classiques chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premiers contacts avec les Chinois, le p&#232;re Ricci fonda toute sa m&#233;thodologie scientifique et apostolique sur deux piliers, auxquels il resta fid&#232;le jusqu'&#224; la mort, malgr&#233; les multiples difficult&#233;s et incompr&#233;hensions internes et externes : premi&#232;rement, les n&#233;ophytes chinois qui embrassaient le christianisme ne devaient en aucune fa&#231;on manquer de loyaut&#233; &#224; l'&#233;gard de leur pays ; deuxi&#232;mement, la r&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne sur le myst&#232;re de Dieu n'annihilait absolument pas, mais valorisait et compl&#233;tait m&#234;me ce qui &#233;tait beau et bon, juste et saint, dans l'antique tradition chinoise, ce dont elle avait eu l'intuition et qu'elle avait transmis. C'est sur cette intuition que le P&#232;re Ricci, de la m&#234;me fa&#231;on que l'avaient fait les P&#232;res de l'Eglise des si&#232;cles pass&#233;s, lors de la rencontre entre le message de l'Evangile de J&#233;sus-Christ et la culture gr&#233;co-romaine, fonda tout son patient et clairvoyant travail d'inculturation de la foi en Chine, en cherchant constamment un terrain commun d'entente avec les sages de ce grand pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le peuple chinois est tourn&#233;, en particulier ces derniers temps, vers l'obtention d'objectifs significatifs en mati&#232;re de progr&#232;s social. L'Eglise catholique, quant &#224; elle, consid&#232;re avec respect cet &#233;lan surprenant et ces projets clairvoyants d'initiatives, et elle offre avec discr&#233;tion sa propre contribution dans la promotion et dans la d&#233;fense de la personne humaine, de ses valeurs, de sa spiritualit&#233; et de sa vocation transcendante. L'Eglise a particuli&#232;rement &#224; coeur des valeurs et des objectifs qui sont &#233;galement d'une importance primordiale pour la Chine moderne : la solidarit&#233;, la paix, la justice sociale, le d&#233;veloppement intelligent du ph&#233;nom&#232;ne de la mondialisation, le progr&#232;s civil de tous les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crivait pr&#233;cis&#233;ment &#224; P&#233;kin le P&#232;re Ricci, en r&#233;digeant au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es de sa vie l'oeuvre avant-guardiste fondamentale destin&#233;e &#224; faire conna&#238;tre la Chine au reste du monde, intitul&#233;e De l'Entr&#233;e de la Compagnie de J&#233;sus et de la Chr&#233;tient&#233; en Chine (cf. Fonti Ricciane, a cura di Pasquale M. D'Elia S.I., vol. 2, Roma 1949, n. 617, p. 152), l'Eglise catholique d'aujourd'hui ne demande aucun privil&#232;ge &#224; la Chine et &#224; ses Autorit&#233;s politiques, mais uniquement de pouvoir reprendre le dialogue, afin de parvenir &#224; une relation empreinte de respect r&#233;ciproque et de connaissance approfondie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. A l'exemple de cet &#233;minent fils de l'Eglise catholique, je d&#233;sire r&#233;affirmer que le Saint Si&#232;ge consid&#232;re le peuple chinois avec une profonde sympathie et avec une grande attention. On conna&#238;t les pas importants que celui-ci a accomplis, &#224; une &#233;poque r&#233;cente, dans les domaines social, &#233;conomique et &#233;ducatif, tout en continuant &#224; faire face &#224; des difficult&#233;s nombreuses et persistantes. Que la Chine le sache : l'Eglise catholique a la vive intention d'offrir, encore une fois, un service humble et d&#233;sint&#233;ress&#233; pour le bien des catholiques chinois et pour celui de tous les habitants du pays. A ce propos, qu'il me soit permis de rappeler ici le profond engagement &#233;vang&#233;lique d'une longue s&#233;rie de g&#233;n&#233;reux missionnaires, hommes et femmes, ainsi que les oeuvres de promotion humaine qu'ils ont accomplies au cours des si&#232;cles : ils lanc&#232;rent les initiatives sociales importantes et nombreuses, en particulier dans le domaine de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, qui re&#231;urent un vaste accueil reconnaissant de la part du peuple chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'histoire nous rappelle malheureusement que l'action des membres de l'Eglise en Chine n'a pas toujours &#233;t&#233; exempte d'erreurs, fruits amers des limites de l'&#226;me et de l'action humaine, et que, de plus, elle a &#233;t&#233; conditionn&#233;e par des situations difficiles, li&#233;es &#224; des &#233;v&#233;nements historiques complexes et &#224; des int&#233;r&#234;ts politiques oppos&#233;s. Les disputes th&#233;ologiques ne manqu&#232;rent pas non plus, exacerbant les esprits et cr&#233;ant de graves difficult&#233;s dans le processus d'&#233;vang&#233;lisation. Au cours de diff&#233;rentes p&#233;riodes de l'histoire moderne, une certaine &#171; protection &#171; de la part de puissances politiques europ&#233;ennes se r&#233;v&#233;la, &#224; de nombreuses reprises, limitative de la libert&#233; d'action m&#234;me de l'Eglise et eut des r&#233;percussions n&#233;gatives pour la Chine : ce sont des situations et des &#233;v&#233;nements qui influenc&#232;rent le chemin de l'Eglise, l'emp&#234;chant d'accomplir en pl&#233;nitude - en faveur du peuple chinois - la mission qui lui avait &#233;t&#233; confi&#233;e par son Fondateur, J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;prouve un profond regret pour ces erreurs et ces limites du pass&#233;, et je suis navr&#233; qu'elles aient engendr&#233; chez de nombreuses personnes l'impression d'un manque de respect et d'estime de l'Eglise catholique &#224; l'&#233;gard du Peuple chinois, les incitant &#224; penser que celle-ci a &#233;t&#233; inspir&#233;e par des sentiments d'hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard de la Chine. Pour tout cela je demande le pardon et la compr&#233;hension de ceux qui se sont sentis, d'une certaine fa&#231;on, bless&#233;s par ces formes d'action des chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eglise ne doit pas avoir peur de la v&#233;rit&#233; historique et elle est dispos&#233;e - m&#234;me au prix d'une profonde souffrance - &#224; admettre les responsabilit&#233;s de ses enfants. Cela vaut &#233;galement pour ce qui concerne ses relations, pass&#233;es et r&#233;centes, avec le Peuple chinois. La v&#233;rit&#233; historique doit &#234;tre recherch&#233;e avec s&#233;r&#233;nit&#233; et impartialit&#233;, de fa&#231;on exhaustive. Il s'agit d'une t&#226;che importante, qui doit &#234;tre prise en charge par les chercheurs et &#224; laquelle vous pouvez contribuer vous aussi, qui connaissez particuli&#232;rement la r&#233;alit&#233; chinoise. Je peux vous assurer que le Saint-Si&#232;ge est toujours pr&#234;t &#224; offrir sa propre disponibilit&#233; et sa collaboration en ce qui concerne ce travail de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. En cette heure, les paroles que le P&#232;re Ricci &#233;crivait au d&#233;but de son Trait&#233; sur l'Amiti&#233; (nn.1 et 3) redeviennent actuelles. En apportant au coeur de la culture et de la civilisation de la Chine de la fin du XVI&#232;me si&#232;cle l'h&#233;ritage de la r&#233;flexion classique gr&#233;co-romaine et chr&#233;tienne sur l'amiti&#233; elle-m&#234;me, il d&#233;finissait l'ami comme &#171; la moiti&#233; de soi-m&#234;me, et m&#234;me un autre moi &#171; . D&#232;s lors, &#171; la raison d'&#234;tre de l'amiti&#233; est le besoin mutuel et l'aide mutuelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec cette nouvelle et profonde pens&#233;e d'amiti&#233; &#224; l'&#233;gard de tout le peuple chinois, que je forme le voeu de voir rapidement instaur&#233;es des voies concr&#232;tes de communication et de collaboration entre le Saint-Si&#232;ge et la R&#233;publique populaire de Chine. L'amiti&#233; se nourrit de contacts, du partage des sentiments dans les situations heureuses et tristes, de solidarit&#233;, d'aide r&#233;ciproque. Le Si&#232;ge apostolique cherche avec sinc&#233;rit&#233; &#224; &#234;tre l'ami de tous les peuples et &#224; collaborer avec toute personne de bonne volont&#233; au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine et l'Eglise catholique, sous des aspects certainement diff&#233;rents mais qui ne sont en aucune fa&#231;on oppos&#233;s, se trouvent historiquement parmi les plus anciennes &#171; institutions &#187; vivantes et actives du monde : toutes deux, bien que dans des domaines diff&#233;rents - politique et social, pour l'une, religieux et spirituel, pour l'autre -, comptent plus d'un milliard de fils et de filles. Ce n'est un myst&#232;re pour personne que l'activit&#233; du Saint-Si&#232;ge, au nom de toute l'Eglise catholique et - je crois - au nom de toute l'humanit&#233;, souhaite l'ouverture d'un espace de dialogue avec les Autorit&#233;s de la R&#233;publique populaire de Chine, dans lequel, les incompr&#233;hensions du pass&#233; ayant &#233;t&#233; surmont&#233;es, l'on puisse travailler ensemble pour le bien du Peuple chinois et pour la paix dans le monde. Le moment actuel de profonde inqui&#233;tude de la Communaut&#233; internationale exige de tous un engagement passionn&#233; pour favoriser la cr&#233;ation et le d&#233;veloppement de liens de sympathie, d'amiti&#233; et de solidarit&#233; entre les peuples. Dans ce contexte, la normalisation des rapports entre la R&#233;publique populaire de Chine et le Saint-Si&#232;ge aurait sans aucun doute des r&#233;percussions positives pour le cheminement de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. En vous renouvelant &#224; tous, Mesdames, Messieurs, l'expression de ma satisfaction pour la c&#233;l&#233;bration opportune d'un &#233;v&#233;nement historique aussi significatif, je souhaite et je prie afin que la route ouverte par le P&#232;re Matteo Ricci entre l'Orient et l'Occident, entre la chr&#233;tient&#233; et la culture chinoise, puisse retrouver des voies toujours nouvelles de dialogue et d'enrichissement humain et spirituel r&#233;ciproques. Avec ces voeux, je suis heureux de donner &#224; tous ma B&#233;n&#233;diction apostolique, propitiatrice aupr&#232;s de Dieu de tout bien, de bonheur et de progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du Vatican, le 24 octobre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;a NAME=&#034;Propositions&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Propositions pour un dialogue inter-religieux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;par Jacques Cheminade, ancien candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et animateur de Solidarit&#233; et Progr&#232;s&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
Suivant les pr&#233;ceptes d'une certaine tradition la&#239;que fran&#231;aise, il peut para&#238;tre surprenant de voir cette rubrique figurer parmi celles &#233;voqu&#233;es &#224; l'occasion d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle. Cependant, trois raisons fondamentales m'ont incit&#233; &#224; l'inclure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le fait, d'abord, que le fanatisme religieux soit actuellement manipul&#233; en vue de cr&#233;er des conflits entre certains pays et certaines r&#233;gions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression la plus n&#233;faste en a &#233;t&#233; donn&#233;e par Samuel Huntington dans son Choc des civilisations, o&#249; il d&#233;peint un monde &#224; venir o&#249;, quasi fatalement, les &#171; chr&#233;tiens &#187; devront affronter les &#171; islamo-confuc&#233;ens &#187;. Dans la p&#233;riode de tr&#232;s grave crise &#233;conomique dans laquelle nous rentrons, l'oligarchie financi&#232;re anglo-am&#233;ricaine, dont Samuel Huntington est l'une des voix quasi officielles, veut en effet pouvoir exercer le pouvoir en &#171; divisant pour r&#233;gner &#187;. Dans ce contexte, comme au XVIe si&#232;cle, les &#171; guerres de religion &#187; sont une arme pour emp&#234;cher une prise de conscience g&#233;n&#233;rale en faveur d'un monde plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, le dialogue inter-religieux me para&#238;t fondamental pour emp&#234;cher que se d&#233;veloppent ces guerres d&#233;sastreuses entre religions, &#224; condition qu'il d&#233;bouche sur des politiques concr&#232;tes de grands projets &#233;conomiques d'int&#233;r&#234;t mutuel, valable pour tous, croyants ou pas. Le Proche-Orient, lieu aujourd'hui le plus menac&#233;, devrait &#234;tre aussi celui, exemplaire, de cet effort pour d&#233;finir un vouloir-vivre en commun, auquel la France doit apporter tout son soutien humain et financier et, si possible, son inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La n&#233;cessit&#233;, ensuite, de refonder l'engagement social et politique &#224; partir d'un noyau solide commun aux trois grandes religions monoth&#233;istes et aux courants humanistes la&#239;cs. Il ne s'agit pas d'additionner des dogmes mais, dans une constante dynamique d'interpellations mutuelles, de b&#226;tir des rep&#232;res au sein d'une soci&#233;t&#233; qui souffre, plus que tout, de leur manque. L'Etat ne doit pas, bien entendu, avoir la pr&#233;tention de diriger ou orienter ce mouvement. Cependant, son devoir est d'abord de ne pas l'emp&#234;cher d'&#234;tre et, ensuite, de lui offrir les lieux et les moyens par lesquels il puisse s'exprimer et s'&#233;tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'&#233;volution, heureuse, de la notion m&#234;me de la&#239;cit&#233;. Trop souvent con&#231;ue au d&#233;part comme rejet de toute transcendance et de tout esprit religieux, elle est aujourd'hui devenue &#171; positive &#171; , c'est-&#224;-dire, comme avant, attach&#233;e &#224; combattre l'irrationnel, mais en acceptant qu'un espace public &#233;quitable soit offert &#224; chaque croyance n'opposant pas foi et raison et respectant les principes de notre Constitution r&#233;publicaine. C'est ainsi, par exemple, que des &#171; cr&#233;neaux &#187; sont r&#233;serv&#233;s chaque semaine, dans notre t&#233;l&#233;vision publique, &#224; des &#233;missions &#224; caract&#232;re religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux points me paraissent absolument fondamentaux pour nous armer contre l'injustice et l'irrationnel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Dans le combat essentiel contre le lib&#233;ralisme sauvage, il nous est donn&#233; de mobiliser ce que christianisme, juda&#239;sme, islam et humanisme la&#239;c ont d'abord de commun, l'id&#233;e de solidarit&#233;. Ecoutons tour &#224; tour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul II dans Centesimus annus : &#171; Mais il faudra surtout abandonner la mentalit&#233; qui consid&#232;re les pauvres - personnes et peuples - presque comme un fardeau, comme d'ennuyeux importuns qui pr&#233;tendent consommer ce que d'autres ont produit. Les pauvres revendiquent le droit d'avoir leur part des biens mat&#233;riels et de mettre &#224; profit leur capacit&#233; de travail afin de cr&#233;er un monde plus juste et plus prosp&#232;re pour tous. Le progr&#232;s des pauvres est une grande chance pour la croissance morale, culturelle et m&#234;me &#233;conomique de toute l'humanit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le had&#238;th du Proph&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Il n'a pas de foi en moi, celui qui s'endort repu tandis que son voisin, &#224; ses c&#244;t&#233;s, a le ventre vide. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le juda&#239;sme, comme le traduit magnifiquement Emmanuel L&#233;vinas, le mot &#171; je &#187; lui-m&#234;me signifie : &lt;i&gt;&#171; Me voici r&#233;pondant de tout et de tous, du sort de la veuve, de l'orphelin, de l'&#233;tranger et du pauvre &#187;, responsabilit&#233; dont &#171; je ne saurais jamais me d&#233;charger sur personne, comme je ne saurais me faire remplacer pour ma mort &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Le socialisme et la vie (1901), Jean Jaur&#232;s exprime la m&#234;me id&#233;e en la forgeant dans son humanisme la&#239;c : &lt;i&gt;&#171; Tout individu humain a droit &#224; l'enti&#232;re croissance. Il a donc le droit d'exiger de l'humanit&#233; tout ce qui peut seconder son essor. Il a le droit de travailler, de produire, de cr&#233;er, sans qu'aucune cat&#233;gorie d'homme soumette son travail &#224; une usure ou &#224; un joug. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce tronc commun qu'il nous est donn&#233; de puiser, pour opposer &#224; ceux-l&#224; m&#234;mes qui se pr&#233;valent de diverses &#233;tiquettes (islam, juda&#239;sme, christianisme, humanisme la&#239;c) la trahison de leurs propres principes. Nous l'avons fait face au &#171; chr&#233;tien &#187; Michel Camdessus, qui a appliqu&#233; la politique du FMI avec une barbarie &#224; visage humain, face au &#171; juif &#171; Ariel Sharon ou &#224; ces &#171; musulmans &#187; qui dirigent actuellement leurs pays comme s'il s'agissait de fiefs f&#233;odaux et dont les talibans afghans sont la forme extr&#234;me. Il est &#224; souhaiter que, prenant au s&#233;rieux la &#171; parole vivante &#187; de leurs diverses croyances, un nombre croissant d'&#234;tres humains s'indignent de l'injustice dans laquelle nous vivons et exigent un autre syst&#232;me - face, &#233;ventuellement, &#224; leurs propres coreligionnaires. Le dialogue est le lieu o&#249; na&#238;tra cette volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Dans le combat, non moins essentiel, contre l'irrationalisme contemporain, les causes d'une science et d'une spiritualit&#233; authentiques doivent se soutenir mutuellement. Trop souvent, la science se trouve r&#233;duite &#224; une instrumentalisation technologique sans r&#233;flexion sur ses fins et la spiritualit&#233; &#224; un ensemble de croyances plus ou moins irrationnelles et d&#233;tach&#233;es des pr&#233;occupations mat&#233;rielles. La spiritualit&#233; hante notre temps comme un oiseau de nuit &#233;gar&#233; en plein jour tandis que la science se fixe sur les moyens de manipuler les corps et les esprits. L'&#234;tre humain est, d&#232;s lors victime d'un dualisme qui le fait osciller entre veau d'or et faux dieux, entre deux mirages o&#249; se perd son identit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde domin&#233; par la possession et le pouvoir, certains ont le projet bien pr&#233;cis d'utiliser une pseudo-science pour mettre sous leur contr&#244;le toute l'humanit&#233;, en jouant jusqu'au bout les Frankenstein. Que leur projet soit d&#233;lirant n'emp&#234;che qu'il existe. En t&#233;moigne ce qu'un Francis Fukuyama proclame dans Le Monde du 17 juin 1999 : &lt;i&gt;&#171; Le caract&#232;re ouvert des sciences contemporaines de la nature nous permet de supputer que d'ici les deux prochaines g&#233;n&#233;rations, la biotechnologie nous donnera les outils qui nous permettront d'accomplir ce que les sp&#233;cialistes d'ing&#233;nierie sociale n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire. A ce stade, nous en aurons d&#233;finitivement termin&#233; avec l'histoire humaine parce que nous aurons aboli les &#234;tres humains en tant que tels. &#187;&lt;/i&gt; Une lecture de Bertrand Russel ou de H.D. Wells montre bien les sources de ces formes d'utopie n&#233;faste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour redonner un sens &#224; la vie, &#224; l'&#171; humain &#187;, pour &#233;chapper &#224; de telles d&#233;rives, il faut r&#233;ellement comprendre la compl&#233;mentarit&#233; d'une science et d'une spiritualit&#233; r&#233;tablies dans leur essence originelle. La science est la capacit&#233; dont dispose l'homme de d&#233;couvrir, de comprendre et d'appliquer les principes physiques universels n&#233;cessaires &#224; lui-m&#234;me et &#224; son esp&#232;ce. Il doit abandonner toute vanit&#233; personnelle et toute fausse certitude pour pouvoir aller l&#224; o&#249; personne n'a su aller avant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour entreprendre ce &#171; voyage &#187;, la m&#233;thode inductive-d&#233;ductive, appliqu&#233;e &#224; un syst&#232;me &#171; ferm&#233; &#187;, n'est plus de la moindre utilit&#233;. La d&#233;couverte scientifique doit prendre en compte un &#171; changement d'univers &#187;. O&#249; se trouve la solution ? Jamais dans un ensemble de r&#232;gles pr&#233;&#233;tablies, mais dans l'esprit humain lui-m&#234;me, avec sa panoplie de d&#233;couvertes du pass&#233; retransmises et rev&#233;cues. Mais comment cela se peut-il ? C'est ici que la science doit imp&#233;rativement se nourrir aux sources d'une spiritualit&#233; authentique. En effet, la d&#233;couverte du savant ne peut &#234;tre fond&#233;e sur telle ou telle chose particuli&#232;re, mais elle doit concevoir cette propri&#233;t&#233; comme une manifestation de l'univers tout entier agissant au moment historique pr&#233;cis o&#249; il l'observe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit du savant rencontre ainsi le d&#233;roulement de l'univers, en localisant le principe physique universel sous-jacent dans ce d&#233;roulement. La raison scientifique est alors autonome, mais inspir&#233;e par la foi en &#171; Dieu &#187;, en l'humanit&#233;, en l'avenir. Il ne peut tout simplement pas y avoir de science sans cet apport transcendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport ainsi retrouv&#233; entre &#171; science &#187; et &#171; spiritualit&#233; &#187; est non seulement ce qui permettra de redonner &#224; la science sa n&#233;cessaire allonge, mais d'&#233;viter les d&#233;rives actuelles vers une science irrespectueuse de l'homme (Fukuyama, le socio-darwinisme lin&#233;aire) et une spiritualit&#233; manipulatrice des faiblesses humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc sans r&#233;ticence que je soutiendrai le dialogue inter-religieux, ouvert, bien entendu, aux non croyants, parce que je le consid&#232;re fondamental pour &#233;viter les affrontements de pr&#233;jug&#233;s et surtout pour affermir le combat contre la loi de la jungle lib&#233;rale, l'irrationalisme purement spiritualiste et une pseudo science r&#233;duisant l'&#234;tre humain &#224; un instrument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point pour finir. La construction de la nouvelle mosqu&#233;e Adda'wa, dans le XIXe arrondissement de Paris, marque une &#233;tape nouvelle de notre histoire : la reconnaissance que l'Islam repr&#233;sente l'une des sources de l'Europe et les musulmans, des Fran&#231;ais &#224; part enti&#232;re. En tant que telle, elle est un d&#233;fi - un d&#233;fi n&#233;cessaire - &#224; la fois pour la France et pour l'Islam. Porteuse &#224; la fois d'ind&#233;pendance d'esprit et de vouloir-vivre en commun, elle se situe - et c'est &#224; la fois son honneur et sa nature - dans un quartier d&#233;sh&#233;rit&#233; de la capitale. Elle est lieu &#224; la fois de soulagement des souffrances, d'enseignement et de dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois dans cette mosqu&#233;e, dans ce qu'elle peut et devrait repr&#233;senter, une m&#233;taphore du dialogue inter-religieux sur lequel je me suis exprim&#233; ici : des &#234;tres humains en &#233;tat de recherche pour aider le bien commun &#224; s'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;a NAME=&#034;Andalousie&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'Andalousie, une porte vers la Renaissanca&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'influence de la culture musulmane en Europe au d&#233;but du deuxi&#232;me mill&#233;naire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;par Muriel Mirak Weissbach&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
Pour l'Europe m&#233;di&#233;vale, l'islam n'&#233;tait pas une foi religieuse abstraite ; il &#233;tait la s&#232;ve d'une culture vivace qui s'&#233;panouissait sur le sol europ&#233;en, dans l'Al-Andalus, depuis l'arriv&#233;e des Arabes en Espagne en 711 jusqu'&#224; leur expulsion en 1492 par le roi Ferdinand et la reine Isabelle. Du IX&#232;me au XIII&#232;me si&#232;cle en particulier, l'Andalousie rayonna comme un phare du savoir, dans une Europe qui somnolait en grande partie dans l'obscurit&#233; de l'ignorance et de l'arri&#233;ration &#233;conomique et sociale. La culture musulmane s'&#233;tait aussi diffus&#233;e dans les m&#233;tropoles de Bagdad, Damas, Samarkand, Bukhara et Le Caire, mais c'est l'Espagne maure qui exercera la plus grande influence sur l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont l'Europe accueillit cette culture relativement sup&#233;rieure devait d&#233;cider du cours futur de l'histoire. Contrairement aux mythes associ&#233;s aux croisades, les dirigeants chr&#233;tiens les plus &#233;clair&#233;s n'&#233;taient pas hostiles &#224; cette culture. Au contraire, ils relev&#232;rent le d&#233;fi qu'elle posait de la m&#234;me fa&#231;on que Beethoven ou Brahms le firent face au d&#233;fi que repr&#233;sentait la r&#233;volution musicale de Haydn et Mozart : ils tent&#232;rent de d&#233;couvrir l'origine de cette excellence culturelle et de l'int&#233;grer dans le christianisme - ce qui allait aboutir &#224; la Renaissance. Plut&#244;t que d'imposer un th&#232;me contradictoire, opposant sous forme scolastique la doctrine chr&#233;tienne &#224; l'islam, comme le faisaient leurs homologues aristot&#233;liciens, ils recherch&#232;rent les aspects universels sous-tendant les deux traditions. Et il leur arrivait souvent de s'appuyer sur des motifs musulmans pour mettre plus clairement en lumi&#232;re l'importance de l'enseignement chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation islamo-arabe, telle qu'elle &#233;volua sur le sol europ&#233;en, en Espagne, fut &#224; l'origine de l'&#233;lan dont la Renaissance allait &#234;tre le couronnement. Elle le fit non seulement (contrairement &#224; ce que pr&#233;tendent tant d'historiens) en transmettant la traduction arabe des travaux des Grecs et des Indiens, mais aussi en b&#226;tissant une culture scientifique, &#233;conomique et artistique d'une puissance sans pr&#233;c&#233;dent. Cette culture surpassa celle des M&#233;rovingiens et des Carolingiens, en grande partie gr&#226;ce &#224; la r&#233;volution de la langue sur laquelle elle reposait. On peut dire &#224; ce propos que la grande erreur de Charlemagne fut son adh&#233;sion au latin artificiel et sa r&#233;pugnance &#224; transformer le vernaculaire en langue nationale. Comme dans un dialogue, la culture-langue arabe provoqua le d&#233;veloppement des grandes traditions po&#233;tiques de France, d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne - et donc des langues cultiv&#233;es qui furent un pr&#233;alable au d&#233;veloppement ult&#233;rieur des Etats-nations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Al-Andalus, &#171; le joyau du monde &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le IX&#232;me si&#232;cle, l'Andalousie &#233;tait une des merveilles du monde. Arriv&#233;s sur les c&#244;tes espagnoles en 711, les Arabes commencent au cours du si&#232;cle suivant &#224; b&#226;tir une soci&#233;t&#233; urbaine model&#233;e sur Bagdad, la &#171; ville de la paix &#187; qui, construite &#224; partir de rien en 762, devient un florissant centre industriel, agricole, commercial, scientifique et artistique dont l'influence rayonne vers l'Est,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L300xH252/Andalousie02-2bd6f.jpg?1775333965' width='300' height='252' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-9 '&gt;&lt;strong&gt;La magnifique mosqu&#233;e de Cordoue
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jusqu'en Inde et en Chine. Lors de sa fondation, l'Andalousie rel&#232;ve de l'&#233;mir d'Afrique du Nord qui, avec l'approbation du calife Walid ibn Abd al-M&#226;lik, de la dynastie omeyades &#224; Damas, nomme un gouverneur. Suite au renversement de ce calife par la dynastie abbasside rivale, l'Omeyade Abd al-Rahm&#226;n s'enfuit de Bagdad vers l'Espagne o&#249; il proclame, en 756, un &#233;mirat ind&#233;pendant. Sous le r&#232;gne d'Abd al-Rahm&#226;n III (912-961), qui se d&#233;clare calife d'Espagne en 929, la nation andalouse prosp&#232;re pour atteindre son apog&#233;e sous son successeur Al Hakam II (961-976) et son chef militaire Muhammad Abi Amir, surnomm&#233; al-Mansur (le Victorieux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du califat prend fin en 1031, mais la culture andalouse continue de briller. Certaines villes comme S&#233;ville, Almeria, Badojaz, Grenade, Tol&#232;de, Malaga et Valence connaissent un nouvel essor. Cependant, la division du califat affaiblit politiquement les Etats-cit&#233;s, les rendant vuln&#233;rables aux pressions militaires des dirigeants chr&#233;tiens. Tol&#232;de sera conquise en 1085 par Alphonse VI et Valence sera prise temporairement par le Cid en 1094. Les chefs des tribus berb&#232;res musulmanes d'Afrique du Nord endiguent l'avanc&#233;e chr&#233;tienne et &#233;tablissent les dynasties Almoravides (1095-1149) et Almohades (1149-1248). En 1236, Ferdinand III s'empare de Cordoue, capitale de l'Andalousie, et conquiert S&#233;ville douze ans plus tard. Dans la seconde moiti&#233; du XIII&#232;me si&#232;cle, le contr&#244;le musulman est limit&#233; au royaume des Nasrides, qui r&#232;gnent sur Grenade, Almeria, Malaga et Alg&#233;siras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Abd al Rahm&#226;n II (822-852), l'Andalousie peut se targuer d'une population de 30 millions d'habitants, r&#233;partis dans des centaines de villes qui sont de v&#233;ritables centres manufacturiers producteurs de textiles, o&#249; le commerce et l'&#233;ducation se d&#233;veloppent. Avec ses 130 000 foyers intra-muros, ses 3000 mosqu&#233;es et 28 banlieues, avec ses villas, palais et splendides jardins, sa capitale, Cordoue, est la plus grande ville d'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux m&#234;mes techniques et aux m&#234;mes politiques fiscales et de cr&#233;dit introduites par le califat de Bagdad, l'Andalousie d&#233;veloppe une agriculture performante. La l&#233;gislation musulmane ne reconnaissant pas le droit d'a&#238;nesse, elle favorise l'agriculture familiale en facilitant la r&#233;partition des terres entre tous les enfants. Les paysans qui utilisent des techniques d'irrigation ne versent que 5 % de leurs r&#233;coltes &#224; titre d'imp&#244;ts, au lieu de 10 % pour les autres. Gr&#226;ce aux barrages, aux canaux d'irrigation et aux pompes, l'Andalousie obtient des rendements qui ne seront atteints en Europe du Nord que des si&#232;cles plus tard. L'industrie textile, qui emploie 13 000 personnes rien qu'&#224; Cordoue, produit du coton, du lin, de la laine et de la soie. Les filatures publiques et priv&#233;es sont &#233;quip&#233;es de fuseaux et de m&#233;tiers &#224; tisser horizontaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au IX&#232;me si&#232;cle, les chroniqueurs d&#233;crivent, &#233;merveill&#233;s, les villes d'Andalousie : &lt;i&gt;&#171; On chante les louanges de la soie cousue d'or d'Almeria, de Malaga et de Murcie, dont la qualit&#233; sans faille ravit m&#234;me les observateurs orientaux. A Abadilla, on produit ces tapis qui sont si ch&#232;rement pay&#233;s en Orient. Grenade fournit les fameuses robes de soie color&#233;es, du type &#171; chatoiement de velours &#187;. (...) Murcie produit de magnifiques bois de lit en mosa&#239;que, de merveilleux tissus, des objets en m&#233;tal, comme des couteaux et des ciseaux plaqu&#233;-or (...) qui arrivent fr&#233;quemment en Afrique du Nord en tant qu'articles &#224; l'exportation. De Murcie, Almeria et Malaga arrivent des verres et de la porcelaine recouverte d'or, d'un grand prix. Al-Andalus produit aussi diff&#233;rentes sortes de mosa&#239;que &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;ducation dans l'islam&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la plus grande merveille est le progr&#232;s du savoir. Les richesses de la manufacture et du commerce andalous n'auraient pas &#233;t&#233; possibles sans la promotion de la science comme force motrice du progr&#232;s technologique et de la croissance &#233;conomique. Comme les Abbassides &#224; Bagdad, les dirigeants andalous encouragent activement l'&#233;ducation et les arts afin d'&#233;lever le niveau culturel de la population. Abd al-Rahm&#226;n I lance en 785 la construction de la grande mosqu&#233;e, une grande et belle b&#226;tisse qui sera d&#233;sormais le centre religieux et &#233;ducatif de la capitale. Elle sera agrandie par ses successeurs Abd al-Rahm&#226;n II et III, et compl&#233;t&#233;e par al-Hakam II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'&#233;poque de Mahomet, la mosqu&#233;e fait aussi fonction de centre d'&#233;tudes et de savoir. Le proph&#232;te lui-m&#234;me fut avant tout un ma&#238;tre rassemblant ses disciples en cercle (halqah) pour leur enseigner la nouvelle foi. Au cours des deuxi&#232;me et troisi&#232;me si&#232;cles apr&#232;s sa mort, en m&#234;me temps que la mosqu&#233;e servait d'&#233;cole, on d&#233;veloppa aussi d'autres institutions d'enseignement : le kuttab pour l'&#233;ducation &#233;l&#233;mentaire - lecture, &#233;criture, arithm&#233;tique - et pour &#233;tudier le Coran, ainsi que quelques po&#233;sies et des maximes. On donna une grande importance au d&#233;veloppement des capacit&#233;s de m&#233;morisation. En outre, les maisons de savants (ul&#233;mas) et de marchands de papiers (mat&#233;riau noble &#224; l'&#233;poque) (warraqun) furent souvent transform&#233;es en salles de classe. Au cours des IX&#232;me et X&#232;me si&#232;cles, les &#233;coles des mosqu&#233;es se transform&#232;rent en universit&#233;s, les premi&#232;res en Europe. Chaque ville poss&#233;dait la sienne, attirant des quatre coins du monde hommes lettr&#233;s et &#233;tudiants musulmans, juifs et chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Cordoue, Hakam II fit construire vingt-sept &#233;coles &#233;l&#233;mentaires pour les enfants des familles pauvres. Selon un chroniqueur de l'&#233;poque, la capitale poss&#233;dait pas moins de huit cents &#233;coles, ainsi qu'un grand orphelinat, comme dans plusieurs autres villes. Le philologue allemand Gustav Diercks avan&#231;a qu' il &lt;i&gt;&#171; y avait, m&#234;me dans les plus petits villages, tant d'&#233;coles publiques et &#233;coles pour les pauvres qu'on a de bonnes raisons de supposer que sous Hakam II (916-976), au moins dans la province de Cordoue, personne n'ignorait la lecture et l'&#233;criture &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al Hakam &#233;tait lui-m&#234;me un savant qui avait lu bon nombre des 400 000 livres remplissant sa fameuse biblioth&#232;que, comme l'attestent ses notes en marge. Des livres perses et syriens devinrent d'abord c&#233;l&#232;bres en Andalousie. La ville produisait 60 000 livres par an, t&#226;che facilit&#233;e par l'invention du papier que les Arabes avaient reprise des Chinois. Toutes les grandes villes &#233;taient dot&#233;es de papeteries. Cordoue, la perle de l'Andalousie, &#233;tait renomm&#233;e dans toute l'Europe. Dans un po&#232;me &#233;crit dans un clo&#238;tre saxon, l'abbesse Hroswitha loue Cordoue, &lt;i&gt;&#171; brillant joyau du monde, la jeune cit&#233; merveilleuse, fi&#232;re de son pouvoir de r&#233;sistance, fameuse pour les joies qu'elle renferme, rayonnante dans l'enti&#232;re possession de toutes choses &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le miracle de la langue arabe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Europe du nord contemplait le merveilleux Al-Andalus avec &#233;tonnement, et non sans un brin de suspicion. On se demandait quel pouvait &#234;tre le secret de l'&#233;clat de l'Espagne arabe et certains conjecturaient que la sorcellerie devait &#234;tre enseign&#233;e dans les vestibules des acad&#233;mies de Tol&#232;de. Mais en r&#233;alit&#233;, l'Espagne maure repr&#233;sentait une culture humaniste reposant sur une d&#233;couverte scientifique d&#233;cisive : la langue arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahomet, consid&#233;r&#233; par les musulmans comme le dernier proph&#232;te d'une s&#233;rie commen&#231;ant avec Abraham, &#233;tait un analphab&#232;te qui re&#231;ut la r&#233;v&#233;lation qu'est le livre saint, le Coran, qui commence par cette injonction de Dieu : &lt;i&gt;&#171; Lis ! R&#233;cite ! &#187;&lt;/i&gt; Le miracle qui donna naissance &#224; la nouvelle religion fut donc celui du langage, dont la manifestation &#224; Mahomet faisait &#233;cho&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH440/Andalousie03-929e0.jpg?1775333965' width='150' height='440' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-10 '&gt;&lt;strong&gt;Quelques exemples d'&#233;criture de l'arabe, langue scientifique et po&#233;tique
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; l'acte par lequel Dieu avait accord&#233; le don de la parole au premier homme, Adam. Ce n'&#233;tait pas le langage en g&#233;n&#233;ral, mais la langue arabe, bas&#233;e sur celle parl&#233;e par le clan Quayrash en Arabie, &#233;lev&#233;e au rang de langue litt&#233;raire par la po&#233;sie du Coran. C'&#233;tait ce que Dante appellera plus tard une &#171; langue vernaculaire illustre &#187;, une langue parl&#233;e par le peuple, mais forg&#233;e par la transmission d'id&#233;es universelles - dans ce cas par la r&#233;v&#233;lation divine - en v&#233;hicule capable de communiquer les id&#233;es les plus profondes sur l'homme et l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Coran lui-m&#234;me est consid&#233;r&#233; par les musulmans comme une sorte d'exp&#233;rience unique ; si l'on accepte la validit&#233; des id&#233;es qu'il contient en raison de la foi et parce qu'elle est susceptible d'&#234;tre prouv&#233;e par la raison, sa forme d'expression est souvent cit&#233;e aussi comme preuve de sa validit&#233;. Ainsi, il serait impossible d'exprimer sous une autre forme la pens&#233;e que rec&#232;le n'importe quel verset du Coran. Le texte po&#233;tique repr&#233;sente donc pour les musulmans une preuve scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le jou&#233; par la langue dans chaque aspect de la culture arabe est unique. Puisqu'il est obligatoire pour les musulmans de lire et de r&#233;citer le Coran en arabe lors des pri&#232;res quotidiennes, tous les convertis devaient apprendre &#224; parler, &#224; lire et &#224; &#233;crire la langue du Coran. Son expansion correspondait donc &#224; une campagne d'alphab&#233;ti-sation. Alors que l'Islam se r&#233;pandait tr&#232;s rapidement parmi les populations non arabes, vers l'est, &#224; travers la Perse et l'Inde jusqu'en Chine et en Asie du sud-est, comme vers l'ouest, &#224; travers l'Afrique du Nord jusqu'en Espagne, il fallait veiller au maintien de la puret&#233; de la langue, facilement corrompue par ceux pour qui c'&#233;tait une langue &#233;trang&#232;re. Par cons&#233;quent, le calife Uthman fit r&#233;viser l'&#233;criture de mani&#232;re &#224; fixer la valeur des phon&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre &#233;tait que plusieurs lettres pouvaient donner un son diff&#233;rent (comme en fran&#231;ais, le &#171; c &#187; de &#171; comme &#187; ou &#171; cesser &#187;). Un autre &#233;tait l'absence de signes diacritiques pour indiquer le son des voyelles. Le premier fut r&#233;solu par al-Hajjaj b. Yusuf qui fit ajouter des points au-dessus ou en dessous des caract&#232;res pour en pr&#233;ciser la valeur, et le deuxi&#232;me par l'utilisation de tirets pour indiquer les &#171; a &#187;, &#171; i &#187; et &#171; u &#187;. Ces mesures permirent de stabiliser l'&#233;criture par un alphabet parfaitement phon&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souci de la puret&#233; de la langue de pri&#232;re fut aussi &#224; l'origine d'&#233;tudes philologiques entreprises au VII&#232;me si&#232;cle dans les villes irakiennes de Basrah et Kufa. Sibawayh, le plus c&#233;l&#232;bre grammairien arabe, r&#233;digea une oeuvre monumentale qui est devenue la principale autorit&#233; linguistique et dans laquelle il pr&#233;sente un concept r&#233;volutionnaire de la phon&#233;tique. Il fixa aussi les terminaisons en voyelles des d&#233;clinaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole de Sibawayh, &#224; Basrah, &#233;tablit les r&#232;gles de formation de nouveaux mots arabes, suivant le principe de l'analogie, &#224; savoir qu'un nouveau mot devait &#234;tre le r&#233;sultat d'un processus morphologique l&#233;gitime reconnaissable aussi dans d'autres constructions similaires. Ceci repr&#233;sentait une v&#233;ritable perc&#233;e au niveau de la philologie. L'enseignement de l'&#233;cole de Sibawayh fut apport&#233; en Andalousie par al-Qali (901-967) et continu&#233; &#224; Cordoue par son &#233;l&#232;ve al-Zubaydi (mort en 989).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement syst&#233;matique de la formation des mots fut d&#233;cisif pour les prodigieux efforts de traduction, commenc&#233;s sous les Abbassides &#224; Bagdad et poursuivis dans tout le monde arabe, notamment &#224; Cordoue et &#224; Tol&#232;de. Pour interpr&#233;ter les id&#233;es exprim&#233;es dans la philosophie et la science grecques, il fallait inventer de nouveaux termes arabes et la langue se d&#233;veloppa ainsi en v&#233;hicule d'expression extraordinairement souple. Le calife Haroun al-Rachid de Bagdad donna la plus haute priorit&#233; aux traductions en arabe. Incarnant la fameuse maxime musulmane, &#171; Recherche la connaissance, m&#234;me si elle se trouve en Chine &#187;, il envoya des &#233;missaires &#224; Byzance et dans d'autres parties du monde, en qu&#234;te de manuscrits anciens &#224; traduire. Ils &#233;taient d'abord traduits en syriaque, avec l'aide de chr&#233;tiens syriens de sa cour, puis en arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne du calife Al-Ma'mun (813-833), le travail de traduction devint une activit&#233; tr&#232;s bien organis&#233;e, effectu&#233;e &#224; la Maison de la Sagesse, un complexe r&#233;unissant un centre de traduction, une acad&#233;mie, un observatoire astronomique et l'une des plus riches biblioth&#232;ques au monde. Le chr&#233;tien nestorien Hunayn Ibn-Ishaq (809-877), qui favorisait la m&#233;thode conceptuelle plut&#244;t que la traduction litt&#233;rale, dirigeait une &#233;quipe de quatre-vingt-dix traducteurs. Toutes les oeuvres de la Gr&#232;ce classique disponibles furent traduites en arabe, depuis les travaux sur la m&#233;decine d'Hippocrate et de Galien jusqu'&#224; la philosophie de Platon et d'Aristote, en passant par la science et la g&#233;om&#233;trie de Ptol&#233;m&#233;e, d'Euclide et d'Archim&#232;de. Dans l'Espagne musulmane, on entreprendra une initiative du m&#234;me ordre dans des institutions model&#233;es sur la Maison de la Sagesse, &#224; Cordoue et &#224; S&#233;ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traducteur Hunayn ibn-Ishak recevait pour chaque livre traduit son &#233;quivalent en or, ce qui t&#233;moigne de la valeur donn&#233;e au savoir - et &#224; la diffusion du savoir - dans la culture musulmane. Comme l'&#233;crivait Ibn Abd Rabbini au X&#232;me si&#232;cle, le savoir et sa propagation gr&#226;ce &#224; l'&#233;ducation sont &#171; les piliers sur lesquels repose l'axe de la religion et du monde. Ils distinguent l'homme de la b&#234;te, et l'&#234;tre rationnel de l'irrationnel &#187;. Pour le po&#232;te et philosophe andalous Ibn Hazm (mort en 1064), le savoir favorise le d&#233;veloppement de la vertu et ceux qui le gardent pour eux sont condamnables. Pour lui, les livres constituent le meilleur moyen de diss&#233;miner le savoir et la possession de livres dans sa biblioth&#232;que priv&#233;e est la marque de l'homme &#233;rudit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude refl&#232;te un amour du savoir qui est fondamental dans l'islam. Parmi les traditions proph&#233;tiques incluses par Ibn Khayr dans son Farasah, on trouve les citations suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il n'y a rien de plus grand aux yeux de Dieu qu'un homme qui a appris une science et qui l'a enseign&#233;e au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un musulman ne peut accorder &#224; son fr&#232;re un meilleur pr&#233;sent qu'une parole de sagesse. Si le fr&#232;re l'entend, la comprend et la transmet, Dieu le guidera et le d&#233;tournera du mal, car la parole de la sagesse conduit &#224; l'&#233;l&#233;vation de l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les lettr&#233;s et les enseignants sont partenaires dans la r&#233;compense et il n'y a pas de meilleures personnes qu'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La connaissance qui n'est pas utilis&#233;e est comme un tr&#233;sor dont rien n'est d&#233;pens&#233;. Ses propri&#233;taires ont labour&#233; en le rassemblant, mais ils n'en ont jamais b&#233;n&#233;fici&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si Dieu te dirige vers un seul homme [qui est instruit], c'est mieux pour toi que le monde entier et ce qu'il contient. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est l'esprit qui impr&#233;gnait l'Andalousie. Selon Adolf Friedrich von Schack, les voyages scientifiques entrepris dans l'Espagne musulmane &#224; partir du X&#232;me si&#232;cle &#233;taient plus r&#233;pandus que &lt;i&gt;&#171; dans tout autre pays et &#224; toute autre &#233;poque culturelle. Il &#233;tait parfaitement habituel que les habitants de la p&#233;ninsule parcourent l'&#233;norme bande de la c&#244;te nord-africaine, vers l'Egypte et de l&#224; vers Bukhara ou Samarkand, pour &#233;couter les conf&#233;rences d'un savant r&#233;put&#233; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est l'esprit qui permit l'essor des &#233;coles publiques pour les enfants d&#233;sh&#233;rit&#233;s, ainsi que de splendides biblioth&#232;ques publiques, dont soixante-dix &#233;taient encore ouvertes au XIII&#232;me si&#232;cle, et un tel degr&#233; d'alphab&#233;tisation que, selon Andr&#233; Clot, &lt;i&gt;&#171; presque tout le monde pouvait lire et &#233;crire, alors que c'&#233;tait un privil&#232;ge restreint au clerg&#233; en Europe du nord &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La po&#233;sie du Coran&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La force motrice qui animait cette qu&#234;te de la connaissance, gr&#226;ce aux traductions, aux livres et &#224; l'&#233;ducation, est le Coran, un texte po&#233;tique qui exhorte le croyant &#224; accro&#238;tre ses connaissances comme moyen de louer le Tout Puissant. Le Coran servait de pierre angulaire au d&#233;veloppement de la culture-langue. Certes, la po&#233;sie &#233;tait florissante en Arabie avant l'&#233;poque musulmane, mais c'est la naissance de l'islam qui lui donnera son &#233;lan majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Andalousie, la po&#233;sie &#233;tait au coeur de la culture. &#171; Le Jardin &#187;, une anthologie de la po&#233;sie andalouse du X&#232;me si&#232;cle, pr&#233;par&#233;e par Ibn Ferradsch, comporte deux cents chapitres, compos&#233;s chacun de cents doubles versets. La po&#233;sie faisait partie du quotidien. Il n'y avait pas que les oeuvres po&#233;tiques d'hommes d'Etat qui &#233;taient renomm&#233;es, &#171; chaque paysan poss&#233;dait le don de l'improvisation et m&#234;me le paysan derri&#232;re sa charrue faisait des vers sur n'importe quel sujet &#187;. Des chroniques rapportent que la po&#233;sie &#233;tait un outil indispensable &#224; chaque aspect de la vie sociale et politique. Toujours selon Schack, &lt;ik&gt;&#171; les po&#232;mes, &#233;crits autour de colonnes et sur les murs en divers entrelacs, repr&#233;sentaient une d&#233;coration importante des palais, et m&#234;me dans les chancelleries, l'art de la po&#233;sie jouait un r&#244;le. (...) Les hommes de plus modeste condition s'&#233;levaient aux positions d'honneur les plus &#233;lev&#233;es, &#224; la consid&#233;ration royale, uniquement au moyen de leur talent po&#233;tique ; les vers donnaient le signal du combat sanglant et d&#233;sarmaient aussi &#224; nouveau la rage du vainqueur ; la po&#233;sie devait mettre son poids dans la balance, afin de pr&#234;ter plus d'&#233;nergie aux n&#233;gociations diplomatiques ; et une heureuse improvisation ouvrait souvent au prisonnier les portes de sa prison, ou sauvait la vie d'un condamn&#233; &#224; mort. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la cour, le po&#232;te jouissait d'une position aussi estim&#233;e que le traducteur ou l'enseignant, et aussi richement r&#233;compens&#233;e. Quand, en 822, Abd al-Rahm&#226;n II re&#231;ut le po&#232;te de Bagdad, Ali ben N&#226;fi, dit Ziryab, &#224; sa cour de Cordoue, il lui offrit deux cents pi&#232;ces d'or par mois, d'abondants dons en nature et la mise &#224; disposition de divers maisons, champs et jardins &#233;quivalent &#224; 14 000 pi&#232;ces d'or. De Bagdad, Ziryab amena avec lui toute la richesse des coutumes, de la culture et des v&#234;tements orientaux, mais surtout la po&#233;sie et la musique. Connaissant par coeur 20 000 chants, Ziryab faisait venir chaque matin des femmes de la cour, elles-m&#234;mes musiciennes accomplies, pour &#233;crire les chansons qu'il avait compos&#233;es pendant la nuit. Ziryab transmit aussi la connaissance des instruments de musique et de la th&#233;orie musicale courante en Orient, et apporta une innovation au luth (de l'arabe al 'ud) en lui y ajoutant une cinqui&#232;me corde. Dans les ann&#233;es qui suivirent, S&#233;ville devint le centre renomm&#233; de la production d'instruments musicaux, des luths et guitares aux fl&#251;tes, trompettes en cuivre, tambourins et autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ses qualit&#233;s de musicien et de po&#232;te, Ziryab &#233;tait un homme lettr&#233; qui passait des heures &#224; converser avec Abd al-Rahm&#226;n de po&#233;sie, d'histoire, d'astronomie, de science et d'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;poque des premiers califes en Espagne, les po&#232;tes de la cour &#233;taient une institution. Le po&#232;te Yahya, surnomm&#233; &#171; al Gazal &#187; (la gazelle) &#224; cause de sa belle apparence, faisait office d'ambassadeur pour son calife Abd al-Rahm&#226;n II ; il combla d'aise l'empereur de Constantinople avec ses vers improvis&#233;s c&#233;l&#233;brant la beaut&#233; de l'imp&#233;ratrice. Les po&#232;tes Ibn Abd Rebbihi et Mondhir Ibn Sa&#239;d, &#224; la m&#234;me cour, devinrent des figures l&#233;gendaires par le pouvoir de leur po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel genre de po&#233;sie ces ma&#238;tres chantaient-ils ? Outre la forme po&#233;tique classique dite qasida (une longue composition avec une rime unique et un stress quantitatif que l'Espagne musulmane avait h&#233;rit&#233;e des Arabes en Orient), une nouvelle forme po&#233;tique naquit en Andalousie, qui allait bouleverser profond&#233;ment l'&#233;volution ult&#233;rieure de la culture europ&#233;enne. Ce fut le chant, Muwashsha ou Zagal, invent&#233;s respectivement aux IX&#232;me et XI&#232;me si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reconna&#238;t ais&#233;ment dans ces formes po&#233;tiques arabes, le germe de la premi&#232;re po&#233;sie proven&#231;ale des troubadours et celle de la cour sicilienne des Hohenstaufen - sans parler des abondants vers en castillan et en catalan. Le latin, langue artificielle, &#233;tait pratiquement d&#233;j&#224; mort. Dans l'Espagne maure, outre l'arabe, on parlait la lengua romana, dialecte h&#233;rit&#233; plusieurs si&#232;cles auparavant des soldats romains. Il ne s'agissait pas d'une langue cultiv&#233;e, mais seulement de dialectes. C'est gr&#226;ce au d&#233;veloppement de la po&#233;sie model&#233;e sur les muwashshas et les zagals que cette lengua romana devint progressivement une langue lettr&#233;e. C'est la volont&#233; de transmettre des id&#233;es nobles qui motivent le d&#233;veloppement d'une langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apport de la culture arabo-musulmane au d&#233;veloppement de l'Europe moderne sera fortement contest&#233; et m&#234;me simplement ignor&#233; par de nombreux historiens, sinon la majorit&#233; d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cas Averro&#232;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'un des facteurs ayant contribu&#233; &#224; obscurcir le lien historique entre l'Espagne maure et la Renaissance italienne est le cas d'Ibn Rushd, plus connu sous le nom d'Averro&#232;s. L'histoire courante retient de lui qu'il fut le dernier grand &#171; philosophe &#187; arabe, celui qui transmit &#224; l'Europe les textes et l'interpr&#233;tation d'Artistote, d&#233;clenchant ainsi le r&#233;veil de la culture grecque classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est plus loin de la v&#233;rit&#233;. Averro&#232;s ne repr&#233;sentait pas la philosophie qui donna naissance &#224; la culture arabe, pas plus qu'il n'introduisit Aristote en Europe. Il fut plut&#244;t l'instrument d'une guerre culturelle men&#233;e par les ennemis de l'humanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibn Rushd est n&#233; &#224; Cordoue en 1126, alors que l'esprit humaniste de cette ville avait &#233;t&#233; &#233;touff&#233; par l'invasion, le pillage et la conqu&#234;te de tribus berb&#232;res hostiles au savoir. Son p&#232;re et son grand-p&#232;re &#233;taient des magistrats de ces r&#233;gimes. Restant dans la tradition familiale, Averro&#232;s &#233;tudie le droit canonique suivant l'&#233;cole melkite et la th&#233;ologie suivant la tradition anti-humaniste des Asharites, celle d'Al-Ghazali qui d&#233;non&#231;ait la philosophie en tant que telle. Lorsque la dynastie almoravide ordonne la destruction syst&#233;matique de tous les livres relatifs &#224; la logique et &#224; la philosophie, ainsi que la pers&#233;cution des intellectuels vers&#233;s dans ces mati&#232;res, c'est un coll&#232;gue d'Averro&#232;s, Ibn Zohr, qui fera ex&#233;cuter ces ordres. Averro&#232;s lui-m&#234;me est en faveur &#224; la cour d'Abd al-Mamun. Le fils et successeur de ce dernier, Youcef I, l'engagera pour commenter et &#171; clairement expliquer &#187; les oeuvres d'Aristote. Il en sera richement r&#233;compens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; son travail assidu, Averro&#232;s a eu peu d'influence sur la philosophie arabe. Ses oeuvres n'existent m&#234;me pas en arabe et il est &#224; peine mentionn&#233; dans les bibliographies ou dictionnaires philosophiques. Un si&#232;cle apr&#232;s sa mort, les historiens ne mentionnaient m&#234;me pas son existence. Et pour cause. Il soutenait que si al-Ghazali avait tort de condamner la philosophie, les platoniciens comme Al Farabi et Ibn Sina avaient &#233;galement tort - seul Aristote &#233;tait un vrai philosophe. Averro&#232;s r&#233;digea trois types de commentaires sur les oeuvres d'Aristote, l'homme pour qui il avait, selon Ernest R&#233;nan, une &#171; admiration superstitieuse &#187; : le &#171; Grand commentaire &#187; o&#249; il citait le texte d'Aristote suivi d'une explication paragraphe par paragraphe, le &#171; Commentaire moyen &#187; qui citait seulement les premi&#232;res lignes du texte original suivies d'une paraphrase du reste, et la paraphrase pure qui constitue l'&#233;laboration par Averro&#232;s de concepts philosophiques suivant la pens&#233;e d'Aristote. (Le fait qu'Averro&#232;s ne connaissait m&#234;me pas le grec et devait compter sur des traductions en arabe n'emp&#234;chaient pas ses promoteurs de le proclamer le plus grand interpr&#232;te de la pens&#233;e classique grecque.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arabes connus et respect&#233;s en Europe, ainsi que les auteurs grecs qu'ils avaient traduits, &#233;taient plut&#244;t de tradition platonicienne. Ce sont leurs oeuvres que les humanistes chr&#233;tiens traduisirent en latin. On doit le premier &#171; grand projet &#187; de traductions de savants arabes &#224; Raymond, archev&#234;que de Tol&#232;de et grand chancelier de Castille de 1130 &#224; 1150. Imitant le mod&#232;le de Bagdad et d'Andalousie, il cr&#233;e un centre de traduction r&#233;unissant des hommes lettr&#233;s de diff&#233;rentes religions et langues. On y trouve les juifs Jean Avendeath et Jean de S&#233;ville, ainsi que G&#233;rard de Cremona et l'Anglais Morlay, qui travaillent sur les oeuvres d'Ibn Sina, d'Al Kindi et d'Al Farabi, les trois grands philosophes arabes d'Orient dont la m&#233;thode avait permis la floraison de la culture andalouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact de ces oeuvres fut immense. En particulier &#224; Chartres, o&#249; on privil&#233;giait le quadrivium - arithm&#233;tique, g&#233;om&#233;trie, musique et astronomie - par rapport au trivium - grammaire, rh&#233;torique et dialectique, la science platonicienne r&#233;gnait, comme en t&#233;moigne la magnifique cath&#233;drale. Le conflit entre &#171; croyance religieuse &#187; (foi) et &#171; connaissance scientifique &#187; (raison), que l'on cr&#233;era artificiellement plus tard, n'existe pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; cette tradition, le Paris du XII&#232;me si&#232;cle deviendra un grand centre de l'averroisme et de l'aristot&#233;lisme. L'un de leurs plus fanatiques d&#233;fenseurs est Bernard de Clairvaux, qui monte ses &#233;l&#232;ves contre des humanistes comme Ab&#233;lard. Celui-ci, qui conteste la m&#233;thode scolastique en d&#233;fendant le pouvoir de la raison, sera l'une des premi&#232;res victimes de Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, au XIV&#232;me si&#232;cle, les oeuvres d'Averro&#232;s sont aussi populaires parmi les Latins que celles d'Ibn Sina, et m&#234;me plus, un si&#232;cle plus tard. Ceci est d&#251; en partie au fait que les opposants &#224; l'aristot&#233;lisme sous sa forme averroiste, avaient tendance &#224; confondre Averro&#232;s avec les philosophes arabes de tradition platonicienne et &#224; tout rejeter en bloc. Et d'autres pr&#233;tendaient que seul Averro&#232;s &#233;tait &#224; condamner et que le &#171; vrai &#187; Aristote n'&#233;tait pas irr&#233;conciliable avec l'enseignement de l'Eglise, pi&#232;ge auquel m&#234;me Thomas d'Aquin se fera prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Paris, la ville de Padoue, en Italie, devint un important centre de l'averroisme du XIV&#232;me au XVII&#232;me si&#232;cles, de m&#234;me que Venise. Non seulement les id&#233;es d'Aristote y sont largement r&#233;pandues, mais on tente de remplacer la lecture des textes grecs directement traduits de l'original, par divers &#171; commentaires &#187;. Ainsi, pour un temps, Aristote est consid&#233;r&#233; comme la grande autorit&#233; philosophique et Averro&#232;s comme le parangon de la philosophie et de la culture arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la riposte lanc&#233;e par les humanistes florentins diff&#232;re de celle de leurs homologues parisiens, dans la mesure o&#249; ils reconnaissent mieux la nature du mal &#224; combattre : Aristote. Au lieu de contrer Averro&#232;s en mettant en avant le &#171; v&#233;ritable &#187; Aristote ou en &#233;mettant des d&#233;crets interdisant ses oeuvres, ils font revivre la pens&#233;e platonicienne en traduisant directement les oeuvres originales. Ainsi, G&#233;misthe Pl&#233;thon et Bessarion, qui tiendront un r&#244;le d&#233;terminant au Concile de Florence, mettent l'enseignement de Platon &#224; la disposition des cercles intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les humanistes qui lancent l'offensive contre l'aristot&#233;lisme, on trouve le po&#232;te P&#233;trarque. Mais celui-ci est tellement enrag&#233; par l'estime accord&#233;e &#224; Averro&#232;s qu'il rejette en bloc toute la culture arabe, attitude particuli&#232;rement ironique lorsqu'on sait &#224; quel point la po&#233;sie de P&#233;trarque est redevable &#224; cette tradition. Si le po&#232;te pr&#244;ne le retour direct &#224; la source grecque, d'autres forces chr&#233;tiennes saluent la possibilit&#233; de b&#226;tir plus avant en partant de la culture arabe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Princes chr&#233;tiens et culture arabe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux cours de princes chr&#233;tiens sont exemplaires du riche dialogue qui eut lieu avec l'Espagne musulmane, celles d'Alphonse le Sage (1254-1284) et de Fr&#233;d&#233;ric II Hohenstaufen de Palerme (1152-1190).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Andalousie du IX&#232;me si&#232;cle, l'arabe &#233;tait la langue universelle, y compris parmi les chr&#233;tiens. Ainsi, apr&#232;s que les forces chr&#233;tiennes se soient empar&#233;es de Tol&#232;de en 1085, la culture restera arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rois de Castille et d'Aragon &#233;pouseront des femmes arabes, notamment Alphonse IV, Alphonse VII et Alphonse le Sage (1266-1288). Les oeuvres en arabe sont rapidement traduites en latin dans les &#233;coles de traduction, comme celle de l'archev&#234;que de Tol&#232;de, et parmi elles, les classiques grecs et le Coran. A l'&#233;poque d'Alphonse, on traduit en lengua romana (dialecte h&#233;rit&#233; des l&#233;gionnaires romains) et en fran&#231;ais, ainsi qu'en latin. Ce sont surtout les Mozarabes - chr&#233;tiens devant all&#233;geance &#224; un chef maure - et les Morisques ou Mud&#233;jares - musulmans devenus sujets de chr&#233;tiens - qui transmettent la langue et la culture aux nouveaux dirigeants chr&#233;tiens. Alphonse fonde une &#233;cole o&#249; le philosophe arabe Muhammad al-Riquiti enseigne aux musulmans, aux chr&#233;tiens et aux juifs. Il fonde aussi &#224; S&#233;ville une &#171; &#233;cole g&#233;n&#233;rale d'arabe et de latin &#187;, o&#249; chr&#233;tiens et musulmans enseignent la science et la philosophie. Alphonse fait appel &#224; des navigateurs et astronomes arabes pour collaborer avec lui sur les &#171; tables astronomiques &#187; et il r&#233;dige une Histoire de l'Espagne. Son Cantigas de Santa Maria refl&#232;te une forte influence arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture arabo-chr&#233;tienne domine aussi la Sicile des Hohenstaufen. De la conqu&#234;te des Normands, en 1091, jusqu'au r&#232;gne des Hohenstaufen, on assimilera tout le legs des r&#232;gnes ant&#233;rieurs de dirigeants musulmans, du langage &#224; l'architecture, la musique, la po&#233;sie et la science, jusqu'aux habitudes vestimentaires. En 1140, Roger de Sicile &#233;tablit de stricts crit&#232;res pour la certification des m&#233;decins suivant le mod&#232;le de Bagdad. Fr&#233;d&#233;ric II (1215-1250), dont l'arabe &#233;tait la premi&#232;re langue, fait venir &#224; sa cour des savants de Bagdad, ainsi que des musiciens et des po&#232;tes. Il est tellement arabis&#233; (il sera m&#234;me enterr&#233; dans un v&#234;tement arabe), que le pape Innocent V l'accuse d'&#234;tre un crypto-musulman. Fr&#233;d&#233;ric, de m&#234;me que Roger II (1101-1154), sont connus comme les &#171; sultans baptis&#233;s de Sicile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; croisade &#187; de Fr&#233;d&#233;ric &#224; J&#233;rusalem scandalise la papaut&#233; car, au lieu de conduire une guerre pour regagner des territoires, Fr&#233;d&#233;ric n&#233;gocie avec les musulmans et passe son temps dans des discussions philosophiques avec leurs savants. Plus tard, il adressera une s&#233;rie de questions sur la nature de Dieu au philosophe andalou Ibn Sabin, dont les r&#233;ponses sont publi&#233;es dans &#171; Questions siciliennes &#187;. En 1224, il fonde l'universit&#233; de Naples sur le mod&#232;le des centres d'&#233;tudes andalous. Dot&#233;e d'une charte royale, l'universit&#233; offre un programme d'&#233;tudes orientales, dont profite, entre autres, Thomas d'Aquin. Fr&#233;d&#233;ric II pr&#233;serve aussi le syst&#232;me fiscal musulman, que les Normands avaient adopt&#233; avant lui. Son fils Manfred, un g&#233;om&#232;tre accompli, continue la politique de son p&#232;re. Son approche lib&#233;rale envers les nombreux musulmans de sa cour lui valent, ainsi qu'&#224; son fr&#232;re Konrad, une condamnation papale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, tandis que le projet d'Averro&#232;s est appliqu&#233; &#224; Paris et &#224; Venise, les joyaux de la culture arabe sont admir&#233;s et enrichis &#224; Tol&#232;de, S&#233;ville et Palerme, par ceux qui jetteront les bases de la Renaissance florentine. Les deux hommes qui exerceront le plus d'influence en la mati&#232;re sont Raymond Lulle et Dante Alighieri. Tous deux rejettent l'islam, mais assimilent la culture arabe qu'il a engendr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La foi bas&#233;e sur la raison&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lulle est n&#233; &#224; Majorque en 1232, peu apr&#232;s sa conqu&#234;te par les chr&#233;tiens, et il grandit dans une culture totalement arabe. Apr&#232;s une crise personnelle, il abandonne sa famille et sa position afin de d&#233;dier sa vie &#224; l'oeuvre missionnaire, sp&#233;cifiquement &#224; la conversion des musulmans au christianisme. Son mentor, le dominicain Raymond Penyfort, &#224; Barcelone, le dissuade de faire ses &#233;tudes &#224; Paris, faisant valoir que les universit&#233;s parisiennes ne lui fourniraient pas les connaissances n&#233;cessaires pour la t&#226;che qu'il se donne. Lulle se rendra plus tard &#224; Paris, o&#249; il jouera un r&#244;le important dans la lutte contre Averroes, mais en 1265, il suit le conseil de son mentor et se retire pour dix ans avec un pr&#233;cepteur, un esclave arabe lib&#233;r&#233;. Lulle ma&#238;trisera l'arabe et s'immergera dans l'&#233;tude des philosophes grecs, notamment Platon, et des n&#233;o-platoniciens (de traditions chr&#233;tienne et musulmane), dont Al-Farabi et Ibn Sina. Il lit aussi les oeuvres des mystiques andalous comme Ibn-Hazm de Cordoue (mort en 1064), Ibn Arabi (mort en 1240) et Ibn Sa'bin de Murcia (mort ca.1269/71).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'&#233;tude en profondeur des &#233;crits des p&#232;res de l'Eglise, Lulle accorde une grande importance &#224; l'acquisition du savoir de la science islamique qu'il juge n&#233;cessaire pour accomplir la conversion les musulmans. Dans diff&#233;rentes oeuvres, Lulle raconte l'anecdote suivante : le sultan de Tunis demande au chr&#233;tien lettr&#233; qui lui a fait d&#233;couvrir la foi chr&#233;tienne, pourquoi il devrait croire au christianisme plut&#244;t qu'&#224; l'islam. Lorsque le chr&#233;tien r&#233;pond que c'est une question de &#171; foi &#187;, le sultan r&#233;torque : &lt;i&gt;&#171; Pourquoi abandonnerais-je mes croyances pour d'autres sur la seule base de la foi - credere per credere ? Non, je ne croirai que ce que me dicte la raison - credere pro vero intelligere. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lulle raconte cette anecdote &#224; maintes reprises. Rejetant d'office toute notion de conversion forc&#233;e, il part de la conviction que l'esprit humain, dot&#233; de raison, &#224; qui on pr&#233;sente de mani&#232;re intelligible la sup&#233;riorit&#233; de l'enseignement chr&#233;tien, pourra, par un acte d'amour, prendre la d&#233;cision souveraine d'embrasser cette foi. Ainsi, il recherche pour interlocuteurs les plus doctes musulmans. Sa fa&#231;on de leur apporter le message chr&#233;tien, contrairement &#224; celle des scolastiques, consiste &#224; raisonner en termes philosophiques, sans r&#233;f&#233;rence aux &#171; autorit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il argumente suivant ce qu'il appelle la &#171; raison n&#233;cessaire &#187; ou &#171; juste raison &#187;, d&#233;velopp&#233;e selon la matrice culturelle de son interlocuteur. S'il accorde une si grande importance &#224; la ma&#238;trise des philosophes arabes et musulmans, c'est qu'il entend rendre intelligible sa conception de Dieu, en s'appuyant sur la m&#233;thode philosophique que son interlocuteur consid&#232;re comme le bon moyen de rechercher la v&#233;rit&#233;. C'est seulement en proc&#233;dant ainsi, estime-t-il, qu'un converti sera un vrai croyant. Que Lulle n'ait pu accomplir la t&#226;che qu'il s'&#233;tait donn&#233;e - la conversion en masse d'Arabes au christianisme - en d&#233;pit de ses multiples missions en terre musulmane, et qu'il meure aigri, n'amoindrit pas la port&#233;e de son oeuvre. Car en allant au-del&#224; de la pens&#233;e islamique d'un point de vue chr&#233;tien platonicien, en partant &#171; de l'int&#233;rieur &#187;, pour ainsi dire, des contributions les plus avanc&#233;es des Arabes, il &#233;labora une nouvelle m&#233;thode philosophique qui allait porter ses fruits dans les oeuvres de Cues et, plus tard, de Leibniz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dialogue, pour Lulle, n'est pas l'&#233;change de positions ni le constat de similitudes et de diff&#233;rences, c'est un processus de confrontation &#233;pist&#233;mologique permettant de faire des perc&#233;es au niveau du savoir. L'&#233;crit dans lequel il d&#233;veloppe le plus brillamment le dialogue oecum&#233;nique est Les Trois Sages et le Pa&#239;en (1274-76). Cette oeuvre &#233;tait connue de Nicolas de Cues. (La biblioth&#232;que du cardinal, &#224; Bernkastel Kues, contient aujourd'hui encore la plus grande collection d'ouvrages de Lulle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lulle exer&#231;a une profonde influence sur l'oecum&#233;nisme. Tr&#232;s rapidement, gr&#226;ce &#224; ses efforts, le roi catalan cr&#233;e &#224; Majorque une &#233;cole de formation de missions, dite Miramare, qui s'inspire de la m&#233;thode de Lulle. Plac&#233;e sous l'&#233;gide des Franciscains et approuv&#233;e en 1276 par le pape Jean XXI (qui commanda les r&#233;futations d'Averro&#232;s &#224; Paris), c'est la premi&#232;re &#233;cole &#224; offrir l'&#233;tude des langues des autres religions aux missionnaires qui devront &#171; faire la connaissance d'amis et d'&#233;trangers et entrer en union avec eux &#187;. Dans des p&#233;titions soumises aux souverains pontifes et au Concile de Vienne de 1311, Lulle sollicitera la cr&#233;ation d'autres &#233;coles. Les chanoines, r&#233;unis &#224; Vienne, accueillent favorablement sa proposition et d&#233;cident de cr&#233;er cinq &#233;coles &#224; Rome, Bologne, Paris, Oxford et Salamanque o&#249; l'on enseignera l'arabe, l'h&#233;breu, le syriaque et le grec (elles ne seront effectivement cr&#233;&#233;es que bien plus tard).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; ces efforts, non seulement les oeuvres philosophiques arabes mais aussi le Coran seront lus et, dans un deuxi&#232;me temps, traduits pour que chr&#233;tiens et juifs s'informent de ce qu'est l'Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chr&#233;tien catalan, Lulle reconna&#238;t la n&#233;cessit&#233; de forger une langue catalane aussi puissante que l'arabe, ce qu'il r&#233;alisa, en grande partie en utilisant le syntaxe et la morphologie arabes pour transformer la nouvelle langue vernaculaire en outil litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dette de Dante envers l'Islam&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, cependant, le plus grand exploit revient &#224; Dante, qui s'appuyait aussi sur les travaux effectu&#233;s &#224; S&#233;ville et &#224; Palerme. Dans &lt;i&gt;De Vulgari Eloquentia&lt;/i&gt;, son oeuvre sur les langues qui fit date, Dante regrette que d'autres langues vernaculaires soient sup&#233;rieures &#224; l'italien. Il ne sp&#233;cifie pas lesquelles, mais les seules langues courantes en Europe &#233;taient &#224; l'&#233;poque l'h&#233;breu et l'arabe, l'arabe &#233;tant de loin la plus r&#233;pandue. En cherchant de la &#171; mati&#232;re brute &#187; &#224; partir de laquelle fa&#231;onner l'italien pour en faire une langue nationale, il met le doigt sur le dialecte sicilien et celui en usage dans le Palerme de Fr&#233;d&#233;ric, berceau de la langue italienne. En m&#234;me temps, Dante reconna&#238;t que les po&#232;tes espagnols et les trouv&#232;res proven&#231;aux qui sont leurs parents litt&#233;raires sont les messagers d'une nouvelle po&#233;sie et d'une nouvelle langue, form&#233;es sur les mod&#232;les po&#233;tiques arabes. Comme Dante le rapporte dans la &lt;i&gt;Divine Com&#233;die&lt;/i&gt;, son pr&#233;cepteur, Brunetto Latini, &#233;tait l'ambassadeur florentin &#224; la cour d'Alphonse le Sage et, apr&#232;s avoir pass&#233; du temps dans la biblioth&#232;que de ce dernier, riche en oeuvres arabes, il composa son Tesoro, une oeuvre qui repr&#233;sentait, pour Dante, une somme des connaissances scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle relation liait Dante &#224; l'Islam ? Des recherches approfondies sur l'influence qu'a exerc&#233;e sur lui l'Islam, &#224; travers la culture andalouse, ont &#233;t&#233; effectu&#233;es au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle par un pr&#234;tre-chercheur fortement calomni&#233;, Asin Palacios. Ses travaux soulev&#232;rent de furieuses protestations parmi les &#171; dantistes &#187;, qui y voyaient une tentative de &#171; d&#233;christianiser &#187; le po&#232;te national de l'Italie, jusqu'&#224; ce que des &#233;tudes plus pouss&#233;es montrent que Palacios avait raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier nota que le leitmotif de la &lt;i&gt;Com&#233;die&lt;/i&gt;, l'ascension de l'homme (le p&#232;lerin Dante) au paradis, s'inspire d'un &#233;pisode de la vie de Mohammed, esquiss&#233; dans le Coran, qui a fait l'objet d'une multitude de longs po&#232;mes arabes. Cet &#233;pisode, connu comme le Mi'raj dans la litt&#233;rature arabe, raconte l'ascension de Mohammed de J&#233;rusalem au Paradis et &#233;tait bien connu en Espagne (dans la traduction d'Alphonse) et en Italie, au XIII&#232;me si&#232;cle. Brunetto Latini en fait &#233;tat dans son Tesoro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que Dante connaissait bien la philosophie arabe est amplement d&#233;montr&#233; dans ses propres oeuvres, notamment le &lt;i&gt;Convivio&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;Com&#233;die&lt;/i&gt;. Sa description de Mohammed, consign&#233;e au cercle des schismatiques, compte de nombreux d&#233;tails concernant la lutte interne qui agitait l'Islam &#224; ses d&#233;buts, &#233;pisode peu connu en Europe &#224; l'&#233;poque. En outre, Dante reconna&#238;t explicitement dans ses oeuvres en prose sa dette envers de grands philosophes comme Al-Kindi, Al-Farabi, Ibn Sina, Al-Fragani, Ibn'Arabi et biens d'autres. Ce sont, en grande partie, les Arabes qui ouvrent &#224; Dante l'acc&#232;s &#224; la science platonicienne de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important dans la relation de Dante &#224; l'Islam ne se situe pas dans les &#171; motifs litt&#233;raires &#187; ni les &#171; influences &#187;, mais dans la mani&#232;re dont le po&#232;te aborde la culture islamo-arabe, mani&#232;re qui rappelle celle de Lulle, mais plus &#233;clair&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut consid&#233;rer la &lt;i&gt;Com&#233;die&lt;/i&gt; comme la r&#233;ponse-dialogue de Dante &#224; l'Islam. Si l'on songe &#224; quel point la culture arabo-musulmane avait p&#233;n&#233;tr&#233; l'Europe au XIII&#232;me si&#232;cle, au moment o&#249; Dante &#233;crivait - que ce soit de fa&#231;on n&#233;gative, dans l'av&#233;rroisme, ou de mani&#232;repositive, comme dans les admirables r&#233;alisations en Andalousie et &#224; Palerme - on voit qu'il avait con&#231;u sa &lt;i&gt;Com&#233;die&lt;/i&gt; pour r&#233;pondre &#224; l'Islam. Voil&#224; une culture, une culture musulmane, qui avait atteint une excellence sociale et culturelle extraordinaire en Espagne et dans le sud de l'Italie, qui &#233;tait fa&#231;onn&#233;e par une vision du monde religieuse transmise par le Coran, un po&#232;me en arabe accessible &#224; la majorit&#233; des musulmans et, plus encore, que beaucoup connaissaient par coeur. Dante indique, dans &lt;i&gt;De Vulgari Eloquentia&lt;/i&gt;, son intention de composer un chef-d'oeuvre po&#233;tique afin de cr&#233;er unelangue italienne qui constitue la base &#233;pist&#233;mologique,morale et religieuse d'un Etat-nation italien. Quel meilleur moyen que de &#171; citer &#187; un motif du Coran, &#233;labor&#233; dans la litt&#233;rature musulmane, d&#233;crivant l'ascension de Mohammed, et de le transformer en ascension du p&#232;lerin chr&#233;tien au Paradis ? C'est ainsi que Dante choisit de d&#233;montrer sa notion de la sup&#233;riorit&#233; de la vision chr&#233;tienne du monde en termes compr&#233;hensibles pour un public fa&#231;onn&#233; par la culture arabe h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me central de la &lt;i&gt;Com&#233;die&lt;/i&gt; est la Trinit&#233;, le concept qui diff&#233;rencie le christianisme de l'Islam. Non seulement tout le po&#232;me est de forme trinitaire, mais le processus par lequel Dante le p&#232;lerin (et donc le lecteur) &#233;volue, depuis les param&#232;tres intellectuels et moraux de l'Enfer, jusqu'au Purgatoire et, de l&#224;, au Paradis, constitue la &#171; preuve &#187; de la Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par le processus d'auto-perfectionnement du p&#232;lerin, par la compr&#233;hension des lois de l'univers divin, qu'il acquiert progressivement, qu'il gagne l'acc&#232;s au royaume de la science qu'est le Paradis. Le paradis terrestre (qu'on peut consid&#233;rer comme celui du Coran) s'av&#232;re, &#224; la fin du livre du Purgatoire, &#234;tre une chim&#232;re et, en opposition pol&#233;mique &#224; cela, le vrai Paradis se pr&#233;sente comme le progr&#232;s accompli par l'esprit individuel dans la compr&#233;hension des lois de l'univers divin, c'est-&#224;-dire de la science. C'est &#224; travers ce processus par lequel l'esprit humain s'approche progressivement des lois de la cr&#233;ation universelle, gr&#226;ce &#224; ses d&#233;couvertes scientifiques progressives, que l'homme prouve la coh&#233;rence entre l'esprit humain et l'ordonnancement divin de la cr&#233;ation. Le po&#232;me de Dante est la preuve ultime, en termes chr&#233;tiens, de l'imago viva Dei et de la Trinit&#233;, qui constitue la vision finale du dernier chant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Concile de Florence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant Nicolas de Cues et le concile de Florence (1438), c'est ce po&#232;me de Dante qui contribuera le plus &#224; cr&#233;er les conditions de la Renaissance. Un tableau de la &lt;i&gt;Com&#233;die&lt;/i&gt; &#233;tait d'ailleurs accroch&#233; au mur de l'&#233;glise Santa Maria del Fiore de Florence, o&#249; se d&#233;roulait le concile. Ce po&#232;me devint le v&#233;hicule po&#233;tique permettant &#224; la population italienne de se familiariser avec les concepts fondamentaux du christianisme. A l'&#233;poque de Dante, bien s&#251;r, la Bible n'&#233;tait pas accessible aux masses, mais la &lt;i&gt;Com&#233;die&lt;/i&gt; &#233;tait r&#233;cit&#233;e et comment&#233;e dans les &#233;glises de Florence aux XIV&#232;me et XV&#232;me si&#232;cles, d'une fa&#231;on qui rappelle la mani&#232;re dont le Coran &#233;tait r&#233;cit&#233; et comment&#233; par les musulmans ailleurs en Europe. Brunelleschi gardait un exemplaire de la Com&#233;die r&#232;s de son lit, L&#233;onard de Vinci la connaissait par coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;Com&#233;die&lt;/i&gt; de Dante incarne et transmet toute la science arabe (comme il l'a reconnu) en termes de perspective, de physique, de po&#233;sie et de musique. Et elle le fait de mani&#232;re &#224; c&#233;l&#233;brer la capacit&#233; de l'homme chr&#233;tien, fait &#224; l'image de Dieu, d'acqu&#233;rir ces connaissances. Le po&#232;me se veut aussi une r&#233;ponse implicite aux oeuvres des grands mystiques musulmans comme Al Hazn et Ibn 'Arabi, que Dante connaissait. Alors qu'ils avaient montr&#233; la voie vers Dieu par la m&#233;ditation directe, Dante d&#233;montre que seul l'esprit individuel, en retra&#231;ant et reproduisant les perc&#233;es de la d&#233;couverte scientifique, peut atteindre la vision finale de la lumi&#232;re qu'est Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette emphase sur l'individu concret en tant qu'image particuli&#232;re du Dieu universel est partout pr&#233;sente dans le formidable &#233;panouissement de l'activit&#233; cr&#233;atrice de la Renaissance italienne. L&#224; aussi, on peut supposer que l'excellence cr&#233;ative des arts visuels repr&#233;sentait une r&#233;ponse directe &#224; l'Islam. Bien que la science de la perspective, comme le certifient Dante et d'autres, ait &#233;t&#233; m&#233;di&#233;e &#224; l'Europe par l'interm&#233;diaire des Arabes, c'est la Renaissance chr&#233;tienne platonicienne qui applique cette science &#224; l'exaltation de l'&#234;tre humain dans l'univers. L'Islam privil&#233;giait le mot parl&#233; en po&#233;sie et en chant, ainsi que l'architecture, mais n'a pas d&#233;velopp&#233; l'art pictoral. La Renaissance chr&#233;tienne utilise la repr&#233;sentation visuelle de la notion d'imago viva Dei (qui manque dans l'art byzantin ant&#233;rieur, m&#234;me s'il repr&#233;sentait le visage humain) pour communiquer l'id&#233;e de l'universel &#224; travers l'individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le processus qui se d&#233;roule depuis Lulle et Dante et se prolonge jusqu'&#224; la Renaissance, peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un grand dialogue - ou une &#171; grande fugue &#187; - dans lequel le th&#232;me de la relation entre l'homme et Dieu est d&#233;velopp&#233;, de fa&#231;on contrapunctique, par les Platoniciens de l'h&#233;ritage islamique europ&#233;en et leurs interlocuteurs humanistes chr&#233;tiens. Tel doit &#234;tre l'esprit du dialogue oecum&#233;nique aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les origines de la premi&#232;re guerre mondiale : le concept de Pont terrestre eurasiatique, r&#233;ponse &#224; la crise strat&#233;gique d'aujourd'hui
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		<description>
&lt;p&gt;par Helga Zepp-LaRouche &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 22 mars 2003, au troisi&#232;me jour de la guerre contre l'Irak, Helga Zepp-LaRouche a prononc&#233; un discours sur les origines historiques de la Premi&#232;re Guerre mondiale, lors de la conf&#233;rence annuelle de l'Institut Schiller. Nous le pr&#233;sentons ici sous une forme l&#233;g&#232;rement abr&#233;g&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous savez tous que la guerre contre l'Irak s'est intensifi&#233;e de mani&#232;re dramatique la nuit derni&#232;re ; on parle de 1000 bombes et de centaines de missiles de croisi&#232;re. Et je dois dire que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Concert-des-nations" rel="directory"&gt;Concert des nations
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;par Helga Zepp-LaRouche&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 22 mars 2003, au troisi&#232;me jour de la guerre contre l'Irak, Helga Zepp-LaRouche a prononc&#233; un discours sur les origines historiques de la Premi&#232;re Guerre mondiale, lors de la conf&#233;rence annuelle de l'Institut Schiller. Nous le pr&#233;sentons ici sous une forme l&#233;g&#232;rement abr&#233;g&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L290xH370/Equilibre-813f4.gif?1775333965' width='290' height='370' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-5 '&gt;&lt;strong&gt;L'Equilibre europ&#233;en, lithographie de Honor&#233; Daumier, 1867
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-5 '&gt;La bombe a effectivement fini par exploser
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez tous que la guerre contre l'Irak s'est intensifi&#233;e de mani&#232;re dramatique la nuit derni&#232;re ; on parle de 1000 bombes et de centaines de missiles de croisi&#232;re. Et je dois dire que j'en suis malade. Il s'agit d'un meurtre de masse auquel assiste le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Friedrich Schiller &#233;tait l&#224; aujourd'hui, face &#224; cette situation strat&#233;gique et &#224; ce moment historique, je suis s&#251;re qu'il dirait : &lt;i&gt;&#171; Que vous &#234;tes stupides ! Ne voyez-vous pas que N&#233;m&#233;sis s'appr&#234;te &#224; frapper ? Qu'il existe une l&#233;gitimit&#233; sup&#233;rieure, qui reviendra vous hanter pour ce que vous faites ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime qui est en train d'&#234;tre commis est monstrueux. L'arrogance pr&#233;tentieuse du parti de la guerre n'a d'&#233;gal que sa culpabilit&#233;, que nul ne pourra effacer. Le m&#233;pris de la v&#233;rit&#233; et de la justice est si profond que N&#233;m&#233;sis doit frapper. La l&#233;gitimit&#233; sup&#233;rieure des lois de l'univers s'affirmera, &#233;tant donn&#233; que l'Irak ne constitue pas une menace vis-&#224;-vis d'un autre pays - que ce soit l'un de ses voisins et encore moins les Etats-Unis. Aucun lien avec Al-Qa&#239;da n'a &#233;t&#233; prouv&#233;, le r&#233;gime a accept&#233; de d&#233;truire ses armes de destruction massive et les Nations unies n'ont pas autoris&#233; le recours &#224; la force. Au vu de ces faits, il est clair que nous avons affaire &#224; une guerre d'agression qui, comme Lyndon LaRouche l'a fait remarquer, risque de provoquer une guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine de guerre &#171; pr&#233;emptive &#187; et l'id&#233;e inconcevable d'utiliser des armes nucl&#233;aires contre des pays qui n'en poss&#232;dent pas signifient, si on ne les d&#233;savoue pas clairement, la fin du droit international et le retour &#224; la barbarie. Ceci plongerait le monde dans l'anarchie totale et dans un nouvel &#226;ge des t&#233;n&#232;bres. C'est pourquoi nous devons inverser le cours des choses, aussi rapidement que possible. Une guerre d'agression est un crime international, m&#234;me si les Etats-Unis ne reconnaissent pas la Cour de La Haye. Le crime d'agression est soumis &#224; la comp&#233;tence universelle suivant les statuts du Tribunal p&#233;nal international. Ceci devrait servir d'avertissement &#224; tout dirigeant politique pour qu'il n'enfreigne pas la Charte de l'ONU en employant la force contre un autre Etat, sauf en cas de l&#233;gitime d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet des A&#231;ores [r&#233;unissant George Bush, Tony Blair et Jose-Maria Aznar] montre bien que ceux que les dieux veulent d&#233;truire, ils commencent par les rendre fous. En effet, on avait l&#224; trois fous, rivalisant de folie. Cependant, une chose est certaine : ce jeudi 20 mars 2003, jour o&#249; la guerre a commenc&#233;, restera dans l'histoire comme le jour o&#249; l'empire am&#233;ricain entama son d&#233;clin. Car, comme c'est toujours le cas avec les empires, lorsqu'ils s'engagent dans des actes aussi immoraux, ils s'exposent &#224; une surextension morale et logistique de leurs forces qui, en fin de compte, les condamne. Reste &#224; savoir quels dommages cet empire infligera au monde avant de s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre du P&#233;loponn&#232;se&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreux exemples historiques d'empires qui se sont comport&#233;s de cette fa&#231;on. Ainsi, la campagne de Napol&#233;on en Russie, qui se termina par la d&#233;b&#226;cle que l'on sait ; des centaines de milliers de soldats y trouv&#232;rent la mort, seuls quelques milliers en revinrent. Il y a aussi l'exemple de la chute d'Ath&#232;nes, d&#233;crite par Thucydide dans son Histoire de la guerre du P&#233;loponn&#232;se, cette premi&#232;re grande oeuvre historique. Il y montre comment, sans n&#233;cessit&#233; - ayant vaincu l'Empire perse, la Gr&#232;ce aurait pu vivre en paix - Ath&#232;nes d&#233;cida de devenir un pouvoir imp&#233;rial, assujettissant ses anciens alli&#233;s pour en faire ses esclaves ou ses sujets. Elle lan&#231;a alors une guerre &#224; outrance contre Sparte et, finalement, la campagne de Sicile. D&#232;s lors, l'extension de ses forces avait atteint ses limites et ce fut la fin de la Gr&#232;ce ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons aujourd'hui dans une situation o&#249; le syst&#232;me financier mondial et au-del&#224;, le syst&#232;me &#233;conomique et culturel, touche &#224; sa fin. M&#234;me sans guerre, l'effondrement de ce syst&#232;me est in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule bonne nouvelle dans tout cela, c'est que l'alternative &#224; ce vieux syst&#232;me en voie d'effondrement commence d&#233;j&#224; &#224; se dessiner. Une nouvelle alliance prend forme entre la France, l'Allemagne, la Russie, la Chine, l'Inde, l'Iran et d'autres pays, qui s'allient autour d'un concept eurasiatique. Nous constatons aujourd'hui une avanc&#233;e de ce processus, propos&#233; par LaRouche dans sa fameuse conf&#233;rence de presse &#224; Berlin, le 12 octobre 1988, o&#249; il &#233;voquait ce genre de coop&#233;ration encore au stade embryonnaire. Il proposait qu'une Allemagne bient&#244;t r&#233;unifi&#233;e prenne la Pologne comme mod&#232;le pour d&#233;velopper un pays gr&#226;ce &#224; l'apport des meilleures technologies occidentales, afin de l'appliquer ensuite &#224; l'ensemble des pays de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, en 1989, LaRouche proposa le &#171; Triangle industriel Paris-Berlin-Vienne &#187;, concept &#233;largi en 1991 &#224; la dimension d'un Pont terrestre eurasiatique. Tout au long des ann&#233;es 90, nous avons fait campagne pour que ce Pont terrestre devienne r&#233;alit&#233;. Il s'agit d'une perspective v&#233;ritablement historique, car elle est discut&#233;e depuis longtemps. L'id&#233;e d'unifier l'Eurasie autour d'une coop&#233;ration au niveau des infrastructures &#233;tait d&#233;j&#224; la vision de Wilhelm Gottfried Leibniz et ce fut certainement le contenu de la coop&#233;ration politique entre le comte russe, Sergue&#239; Witte, et le Fran&#231;ais Gabriel Hanotaux, &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les manipulations pernicieuses d'Edouard VII, la stupidit&#233; des deux derniers tsars et de l'empereur allemand Guillaume II, ainsi que le chauvinisme de Clemenceau et Delcass&#233;, eurent raison de cette collaboration eurasiatique. Ce sabotage d&#233;boucha sur deux guerres mondiales et sur un si&#232;cle de trag&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stupidit&#233; et erreurs de calculs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il est extr&#234;mement urgent de revenir sur cette p&#233;riode (en gros, les 150 derni&#232;res ann&#233;es) afin d'en tirer les le&#231;ons n&#233;cessaires pour ne pas r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes erreurs et comprendre ce qu'il faut faire aujourd'hui pour &#233;viter une nouvelle guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais donc remonter aux origines de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Vous verrez alors que, malgr&#233; toutes les diff&#233;rences &#233;videntes entre cette &#233;poque et la n&#244;tre, il existe aussi d'&#233;tonnantes similitudes. Il est essentiel d'&#233;tudier les stupidit&#233;s et les erreurs de calcul de cette p&#233;riode, car beaucoup d'entre elles r&#233;apparaissent aujourd'hui dans les actions et la logique du parti de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dant la Premi&#232;re Guerre mondiale, on entendait souvent dire qu'une guerre - dont personne ne pensait qu'elle deviendrait mondiale - &#233;tait in&#233;vitable. Cependant, en consid&#233;rant les choses dans leur perspective historique, on s'aper&#231;oit que ce discours &#233;tait essentiellement tenu par ceux qui voulaient la guerre, parce qu'en fait, elle n'&#233;tait pas in&#233;vitable. C'est exactement comme la situation que nous avons connue ces 12 derniers mois, o&#249; beaucoup parlaient de l'in&#233;luctabilit&#233; de cette guerre, affirmant qu'il allait &#234;tre impossible de l'emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre aspect frappant, lorsqu'on analyse les origines de la Premi&#232;re Guerre mondiale, c'est que l'absence d'objectif clairement d&#233;fini, ou certaines illusions concernant cet objectif, garantissent le d&#233;sastre pour ceux qui s'y lancent ainsi. Il ne faut jamais entreprendre une guerre sans avoir une id&#233;e claire du plan de paix qui doit suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, on s'aper&#231;oit que toute guerre a, en tant que telle, des cons&#233;quences impr&#233;visibles. La mani&#232;re dont elle &#233;clate, de m&#234;me que son d&#233;roulement, sont toujours assez diff&#233;rents des plans &#233;tablis &#224; l'origine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, on constate, &#224; l'&#233;poque, un formidable manque de comp&#233;tence et de jugement de la part de tous les bellig&#233;rants : Russie, France, Allemagne, Autriche-Hongrie et Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, on peut d&#233;battre &#224; partir de quand la pr&#233;histoire de la Premi&#232;re Guerre mondiale a r&#233;ellement commenc&#233; et &#224; quel moment de l'histoire il est utile de s'attacher pour comprendre comment cette trag&#233;die a pu se produire. Je pense, pour ma part, que l'un de ces points est que l'unit&#233; allemande soit, h&#233;las, intervenue trop tard, au temps de Bismarck. Car la situation aurait &#233;t&#233; tout autre si l'unit&#233; allemande avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le contexte de la politique des r&#233;formateurs prussiens, comme von Stein et Humboldt qui, apr&#232;s le succ&#232;s des Guerres de lib&#233;ration, furent les n&#233;gociateurs charg&#233;s de repr&#233;senter l'Allemagne au Congr&#232;s de Vienne, o&#249; ils avaient toutes les raisons d'esp&#233;rer que l'on aboutirait &#224; une Allemagne unifi&#233;e. Au lieu de cela, les machinations des oligarques de l'&#233;poque (Metternich, Castelreagh, Talleyrand, la cour de Prusse, le tsar de Russie) impos&#232;rent la Sainte Alliance, laissant l'Allemagne divis&#233;e en 300 petits comt&#233;s, fiefs et baronnies. Si von Stein et Humboldt &#233;taient parvenus alors &#224; unifier l'Allemagne, et si ce dernier avait pu appliquer ses r&#233;formes en mati&#232;re d'&#233;ducation, nous aurions eu une Allemagne bien diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'unit&#233; allemande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais nous avons eu la restauration, qui fut une p&#233;riode horrible. Je peux vous assurer qu'elle fut t&#233;n&#233;breuse, avec les romantiques politiques, la destruction de la loi naturelle, avec Savigny et Niebuhr ; le pessimisme culturel commen&#231;ait &#224; prendre le dessus et les belles id&#233;es de la p&#233;riode classique allemande &#233;taient, pour ainsi dire, bannies. En vertu des d&#233;crets de Carlsbad (1819), Schiller fut interdit ! Les &#233;tudiants de l'&#233;poque s'&#233;changeaient les oeuvres de Schiller dans le plus grand secret pour pouvoir les lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'unit&#233; allemande fut finalement r&#233;alis&#233;e, en 1871, sous Bismarck, dans le contexte de la guerre avec la France, elle recelait d&#233;j&#224; en elle les germes du d&#233;sastre ult&#233;rieur. Bismarck n'&#233;tait pas le plus mauvais chancelier (il a m&#234;me fait certaines choses utiles, comme les lois industrielles et les r&#233;formes sociales), mais sous ses auspices, l'unit&#233; allemande n'&#233;tait malheureusement pas une tr&#232;s bonne chose, puisqu'elle &#233;tait li&#233;e &#224; une perspective de guerre contre la France, et non de d&#233;veloppement mutuel &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En privant la France de l'Alsace et de la Lorraine, en 1871, le Trait&#233; de Francfort avait provoqu&#233; une col&#232;re nationale. D&#232;s lors, l'&#233;lite fran&#231;aise r&#234;vait d'une alliance francorusse, r&#234;ve en partie l&#233;gitime, en partie revanchard, mais en tous cas r&#233;el. Chez les militaires, notamment, on r&#234;vait des nombreuses divisions russes qui les aideraient &#224; lib&#233;rer l'Alsace et la Lorraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; russe, le tsar Alexandre II (1855- 1881) &#233;tait un tsar &#233;clair&#233;, qui avait lib&#233;r&#233; les serfs et s'&#233;tait alli&#233; avec Abraham Lincoln pendant la Guerre de s&#233;cession aux Etats- Unis, emp&#234;chant ainsi Napol&#233;on III et la monarchie britannique d'intervenir aux c&#244;t&#233;s des sudistes. Malheureusement, son fils Alexandre III et son petit-fils Nicolas II n'&#233;taient pas &#224; la hauteur. Alexandre III (1881-1894) tenta de revenir sur les r&#233;formes de son p&#232;re et ses relations avec l'empereur allemand GuillaumeII se d&#233;grad&#232;rent. Il r&#233;gnait une profonde antipathie personnelle entre les deux hommes, qui aveuglait leur jugement. Aussi, Alexandre III n'&#233;tait pas enthousiaste &#224; l'id&#233;e de perp&#233;tuer l'&#171; Entente des trois empereurs &#187;, conclue en 1872 entre l'Allemagne, l'Autriche- Hongrie et la Russie. Il s'agissait, en gros, d'un engagement de neutralit&#233;, c'est-&#224;-dire que si l'un des trois &#233;tait en guerre contre une quatri&#232;me puissance, les deux autres maintiendraient une neutralit&#233; bienveillante vis-&#224;vis du troisi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette entente, renouvel&#233;e le 18 juin 1881 sous forme de la Triple Alliance, puis en 1884, &#233;liminait clairement l'id&#233;e d'une alliance franco-russe. Mais en 1887, le tsar estima qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire de la renouveler une troisi&#232;me fois, &#224; cause de certains revers dans sa politique bulgare, qu'il attribuait &#224; l'Autriche et l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en 1887, un important accord bilat&#233;ral secret fut sign&#233; pour trois ans entre la Russie et l'Allemagne, le &#171; Trait&#233; de r&#233;assurance &#187;, obligeant le partenaire russe &#224; la neutralit&#233; en cas de nouveau conflit franco-allemand, si toutefois celui-ci &#233;tait provoqu&#233; par une attaque fran&#231;aise contre l'Allemagne et non l'inverse. A l'expiration de ce trait&#233;, au printemps de 1890, alors que Bismarck venait de quitter le pouvoir, il ne fut pas renouvel&#233;. Bien que le ministre russe des Affaires &#233;trang&#232;res, Nicolas de Giers, soit favorable &#224; ce renouvellement, le nouveau chancelier allemand, le g&#233;n&#233;ral Leo von Caprivi, convainquit l'empereur d'Allemagne de ne pas le signer. (Signalons que Caprivi subissait l'influence de l'anglophile Friedrich von Holstein - qui flirtait avec le roi Edouard VII et ses machinations visant &#224; opposer les puissances continentales au profit de l'empire marchand britannique.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mission de Bismarck et le non renouvellement du Trait&#233; de r&#233;assurance eurent un impact dramatique sur les relations entre les diff&#233;rentes puissances europ&#233;ennes. Car c'est Bismarck qui avait chapeaut&#233; tout cet ensemble d'accords diplomatiques et de d&#233;fense, secrets pour la plupart, avec la Russie, l'Autriche, l'Italie et la Roumanie. Architecte de ses alliances, il &#233;tait s&#251;r, en temps de crise, d'&#234;tre en mesure de les coordonner entre elles pour former un filet de s&#233;curit&#233;, m&#234;me s'il y avait dans les unes et les autres des clauses contradictoires. Les successeurs de Bismarck n'ont pas souhait&#233; poursuivre cette diplomatie compliqu&#233;e. On craignait surtout, en Allemagne, les cons&#233;quences embarrassantes au cas o&#249; le contenu du trait&#233; avec la Russie serait rendu public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Bismarck, il &#233;tait clair qu'une alliance avec la Russie &#233;tait n&#233;cessaire, ne serait-ce que pour l'emp&#234;cher de s'allier avec la France pour faire contre-poids &#224; l'Alliance entre l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie. Le cours de l'- histoire donna raison &#224; Bismarck, car les n&#233;gociations franco-russes commenc&#232;rent imm&#233;diatement apr&#232;s le non renouvellement de cette alliance, tandis que l'Allemagne dut compter de plus en plus sur une Autriche- Hongrie historiquement affaiblie, durant les derniers jours pr&#233;c&#233;dant l'&#233;clatement de la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute cette p&#233;riode, la France oeuvra &#224; la r&#233;vision du trait&#233; de 1871, infamant pour elle, et cela resta son premier objectif en politique &#233;trang&#232;re. En France et dans d'autres pays europ&#233;ens, des cercles influents &#233;taient convaincus qu'une nouvelle guerre europ&#233;enne &#233;tait in&#233;vitable. Suivant cette logique, il fallait donc s'y pr&#233;parer. Mais, en r&#233;alit&#233;, ce sont ces pr&#233;paratifs de guerre qui finirent par la rendre in&#233;vitable - conjugu&#233;s, bien s&#251;r, au refus d'accepter &#224; temps l'alternative. La planification militaire de la part des chefs d'&#233;tat-major, tous convaincus de l'in&#233;luctabilit&#233; de la guerre, contribua &#224; la rendre in&#233;vitable, de m&#234;me que la stupidit&#233; des dirigeants qui rejet&#232;rent la voie de la coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, le tsar Alexandre III ne consid&#233;rait pas le non renouvellement du trait&#233; comme une perte, et les deux chefs militaires Vannovsky et Obroutchev ne craignaient pas vraiment une attaque allemande, car ils &#233;taient s&#251;rs que si l'Allemagne se joignait &#224; une attaque britannique contre la Russie, la France tenterait alors imm&#233;diatement de reconqu&#233;rir l'Alsace et la Lorraine. L'Allemagne se trouverait alors engag&#233;e simultan&#233;ment sur deux fronts. Seul le ministre russe des Affaires &#233;trang&#232;res, Giers, regrettait la d&#233;mission de Bismarck et le non renouvellement du trait&#233;, le tsar restant indiff&#233;rent. Giers, qui ne soutenait pas la politique imp&#233;riale de la Russie dans les Balkans ni ses aventures en Asie centrale, &#233;tait inquiet de voir que la rupture du trait&#233; donnait le champ libre &#224; la Russie. Par contre, il craignait qu'une alliance francorusse ne divise l'Europe en deux camps militaires rivaux, d&#233;bouchant sur une grande guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, le gouvernement allemand &#233;tait certainement au courant de tout cela par le biais de son ambassadeur en Russie, von Schweinitz, qui indiquait clairement dans ses rapports que le non renouvellement d&#233;clencherait un processus d&#233;bouchant sur une alliance franco-russe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un manque de discernement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On remarque pourtant une indiff&#233;rence stup&#233;fiante par rapport &#224; cet &#233;l&#233;ment d&#233;cisif qu'est la recherche d'une alliance franco-russe, ainsi qu'une m&#233;connaissance totale de l'int&#233;r&#234;t des diff&#233;rentes puissances, qu'on ne peut que comparer &#224; l'aveuglement du parti de la guerre actuel. Le chancelier Caprivi soutenait, contre toute vraisemblance, qu'une alliance franco-russe serait inutile pour la Russie, dont le seul centre d'int&#233;r&#234;t se portait, selon lui, sur les d&#233;troits - Bosphore et Dardanelles. De son c&#244;t&#233;, Von Schweinitz affirmait que le Trait&#233; de r&#233;assurance garantirait la neutralit&#233; russe dans les premi&#232;res semaines suivant l'&#233;clatement de la guerre, mais Caprivi pensait le contraire, arguant que l'Allemagne maintiendrait, de toutes fa&#231;ons, la majorit&#233; de ses troupes &#224; la fronti&#232;re russe. Il &#233;tait &#233;vident que pour les Fran&#231;ais, le seul point important concernait la mobilisation mutuelle imm&#233;diate, qui &#233;tait la question cl&#233; dans les n&#233;gociations franco-russes. De m&#234;me, c'&#233;tait une grave erreur de calcul de penser que la Russie ne s'int&#233;ressait qu'aux d&#233;troits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants allemands furent lents &#224; comprendre cette r&#233;alit&#233;, m&#234;me apr&#232;s que le chef militaire fran&#231;ais Boisdeffre ait eu deux semaines de discussions avec les Russes, lors des manoeuvres de Narva, auxquelles assistait aussi l'empereur allemand, en visite. Ainsi donc, les premi&#232;res n&#233;gociations officielles en vue de cette alliance militaire se d&#233;roul&#232;rent pratiquement sous les yeux de l'empereur allemand. En juillet 1891, lors de la visite de la flotte fran&#231;aise &#224; Kronstadt et des grandioses festivit&#233;s organis&#233;es &#224; Saint-P&#233;tersbourg, un avant-projet du trait&#233; franco-russe fut conclu. Il &#233;tablissait, en premier lieu, une coordination de toutes les questions concernant la paix en Europe, mais aussi une clause extr&#234;mement importante pr&#233;voyant une mobilisation imm&#233;diate et mutuelle en cas d'attaque de la part d'une des puissances de la Triple alliance (Allemagne, Autriche, Italie). C'est cette clause qui allait rendre la Premi&#232;re Guerre mondiale in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi tenir compte des manipulations de divers &#233;l&#233;ments corrompus, dont l'ambassadeur russe en France, le baron Mohrenheim, un homme dominateur et suffisant qui exag&#233;rait tout : le danger pos&#233; par la Triple alliance, l'&#233;tat des n&#233;gociations entre la France et la Russie, etc. Plus tard, on devait apprendre qu'il &#233;tait aussi corrompu que Dick Cheney aujourd'hui, puisqu'il &#233;tait impliqu&#233; dans l'affaire de Panama et d'autres scandales du m&#234;me acabit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai dit, le tsar avait d&#233;velopp&#233; une profonde antipathie envers l'empereur allemand, en grande partie en raison de rumeurs selon lesquelles l'empereur aurait tenu des propos d&#233;sobligeants &#224; son &#233;gard. Bref, le dirigeant allemand &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme un adversaire redoutable pour son homologue russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1892, le nouvel ambassadeur de France, Montebello, pr&#233;senta &#224; Giers un m&#233;morandum en qui ce dernier vit l'amorce de dangereuses aventures auxquelles il ne fallait pas se pr&#234;ter. Sans m&#234;me avoir lu le document, le tsar d&#233;clara qu'il fallait le signer imm&#233;diatement. &lt;i&gt;&#171; Nous devons &#234;tre pr&#234;ts &#224; attaquer l'Allemagne pour qu'elle n'ait pas le temps de battre la France avant de se tourner contre nous. Nous devons tirer les le&#231;ons des erreurs du pass&#233; et annihiler l'Allemagne &#224; la premi&#232;re occasion. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choqu&#233;, Giers s'arma de courage pour demander au tsar ce qu'il esp&#233;rait gagner en aidant la France &#224; d&#233;truire l'Allemagne. La r&#233;ponse du tsar fut &#224; peu pr&#232;s la suivante : &lt;i&gt;&#171; Nous y gagnerions dans la mesure o&#249; l'Allemagne, sous sa forme actuelle, dispara&#238;trait. Elle se d&#233;sint&#233;grerait en une kyrielle de petits Etats faibles, comme elle l'&#233;tait auparavant. &#187;&lt;/i&gt; Dans une conversation avec son confident Lamsdorff, Giers commenta : &lt;i&gt;&#171; Notre monarque pense qu'il sera le ma&#238;tre du monde lorsqu'il en aura fini avec l'Allemagne. Il a dit de telles absurdit&#233;s et fait montre d'instincts tellement frustres que je ne pouvais que l'&#233;couter patiemment. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvrons une parenth&#232;se. Dans un article intitul&#233;, &#171; La vision cauchemardesque d'un Pr&#233;sident parano&#239;aque &#187;, paru dans le quotidien britannique &lt;i&gt;The Independent&lt;/i&gt; du 19 mars, Mary Dejevsky &#233;crit que dans son discours du 17 mars, George W. Bush est apparu comme un petit homme &lt;i&gt;&#171; lan&#231;ant un pays apeur&#233; et peu s&#251;r de lui dans la guerre. (...) Depuis la conviction selon laquelle d&#233;barrasser le monde du dirigeant irakien r&#233;duirait la menace terroriste universelle jusqu'&#224; la pr&#233;somption d'un lien direct entre Saddam et Al- Qaida. M. Bush semble habiter le monde cauchemardesque d'un parano&#239;aque, qui voit un danger mortel &#224; chaque coin de rue. (...) Ayant annihil&#233; le tyran (Pan ! Boum !) et d&#233;truit les horribles tentacules de sa puissance (Badaboum ! Vlan ! Paf !), M. Bush fait miroiter &#224; une population irakienne d&#233;sesp&#233;r&#233;e, et bient&#244;t bombard&#233;e, un avenir paradisiaque. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici encore, je vois un parall&#232;le. Lamsdorff, le vice-ministre russe des Affaires &#233;trang&#232;res, &#233;crivait ce soir l&#224; dans son journal : &lt;i&gt;&#171; Ilestimprobablequel'Allemagnese d&#233;sint&#232;gre si son ind&#233;pendance est en cause, c'est-&#224;-dire en cas de guerre mondiale. Il est plus vraisemblable qu'elle se consolide &#224; travers un tel combat. Mais en cas de d&#233;faite, on peut anticiper la fin de l'empire et le triomphe des principes r&#233;publicains et socialistes. Dans tous les cas, un retour &#224; l'ordre ancien est impensable. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une interview &#224; la radio britannique, il y a deux jours, LaRouche a d&#233;clar&#233; que les chances de r&#233;&#233;lection de Bush &#233;taient inf&#233;rieures &#224; z&#233;ro. Je pense, en effet, qu'on peut le dire avec certitude. Quant &#224; l'imp&#233;rialisme moderne, il est tout aussi irr&#233;aliste de penser pouvoir revenir &#224; l'ordre ancien apr&#232;s la guerre d'Irak qu'il &#233;tait impossible de r&#233;tablir le vieil ordre imp&#233;rial apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale. Compar&#233; &#224; la puissance militaire des Etats-Unis, la plus faramineuse de toute l'histoire humaine, l'Irak est un nain minuscule qui, selon le g&#233;n&#233;ral Schwarzkopf, ne fait d&#233;j&#224; plus partie des pays modernes depuis la premi&#232;re guerre du Golfe. Il n'y a aucune raison de lancer une action militaire contre lui aujourd'hui. De m&#234;me, si l'on consid&#232;re la situation ant&#233;rieure &#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale, en 1892, il n'y avait aucun probl&#232;me dont le r&#232;glement exige&#226;t le recours &#224; la force militaire. Il n'y avait aucune revendication territoriale ni conflit majeur entre l'Allemagne et la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les derni&#232;res ann&#233;es o&#249; il &#233;tait au pouvoir, Bismarck insistait sur l'absence de raison valable pour faire la guerre &#224; la Russie. Pourquoi donc parlait-on de l'&#171; in&#233;vitabilit&#233; de la guerre &#187;, comme si elle allait de soi ? Cette th&#232;se sur l'in&#233;luctabilit&#233; d'une guerre entre la Russie et l'Allemagne - due aux craintes provoqu&#233;es par la mobilisation militaire de part et d'autre - aveuglait tous les participants, leur faisant oublier qu'il n'y avait aucune base rationnelle pour cette guerre. L'histoire nous offre de nombreux exemples montrant que ceux qui s'appuient sur l'argument de l'&#171; in&#233;vitabilit&#233; &#187; ont des arri&#232;re-pens&#233;es. Certains en Europe disent aujourd'hui : &lt;i&gt;&#171; Peut&#234;tre devons-nous attendre que les Etats-Unis s'&#233;crasent contre le mur et &#224; partir de ce moment-l&#224;, nous pourrons faire quelque chose. &#187;&lt;/i&gt; Une analyse de ce type, fataliste et impuissante, a toujours conduit au pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros, d&#232;s la conclusion de l'alliance militaire franco-russe, les ingr&#233;dients de la Premi&#232;re Guerre mondiale &#233;taient r&#233;unis. Obroutchev, l'un des chefs de l'arm&#233;e russe, &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; La mobilisation [pr&#233;vue par ce trait&#233;] ne pourra plus &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un acte pacifique, elle repr&#233;sentera un acte d'agression des plus d&#233;cisifs. Cela signifie qu'au moment de lancer la mobilisation, aucune h&#233;sitation diplomatique n'est permise. Toutes les d&#233;cisions diplomatiques doivent &#234;tre prises auparavant. &#187;&lt;/i&gt; Pensez aux efforts d&#233;ploy&#233;s par MM. Blix et El-Baradei aupr&#232;s de l'administration Bush...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;148&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L290xH202/Troisempereurs-55255.gif?1775333966' width='290' height='202' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-6 '&gt;Les trois empereurs &#224; Berlin en septembre 1872&lt;br class='autobr' /&gt;
de g. &#224;dr. (assis), le tsar Alexandre II, &lt;br class='autobr' /&gt;
l'empereur Guillaume 1er et l'empereur Fran&#231;ois-Joseph
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obroutchev &#233;crivait qu'il fallait tout d'abord accepter inconditionnellement l'in&#233;vitabilit&#233; de la guerre et qu'ensuite, on n'exprimerait plus le d&#233;sir de l'&#233;viter. Dans ce document, on remarquera aussi avec quelle arrogance il affirme que les diplomates ne doivent plus s'ing&#233;rer dans le d&#233;bat, ne faisant rien qui puisse g&#234;ner les plans des militaires. On constate aussi qu'il n'y aucune mention du motif invoqu&#233; pour d&#233;clarer la guerre - de m&#234;me qu'aujourd'hui, &#171; le changement de r&#233;gime &#187; constitue une formulation douteuse pour un objectif de guerre. En 1891, Boisdeffre d&#233;crivait &#224; Obroutchev l'objectif de la guerre en ces termes : &#171; D'abord, &#233;crasons-les, ensuite, le reste sera facile et &#233;vident. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document d'Obroutchev repr&#233;sentait, fondamentalement, une nouvelle notion de la guerre. Jusqu'alors, on lan&#231;ait une guerre pour des revendications territoriales, des questions de protection de routes commerciales ou autres objectifs limit&#233;s. Mais l&#224;, il s'agissait d'infliger une d&#233;faite cinglante &#224; un ennemi qu'il fallait annihiler. Il est &#233;tonnant que le tsar, victime de ses fantasmes, n'ait pas pris en compte l'effet que cela aurait sur son propre r&#233;gime, ni compris l'occasion qui serait ainsi offerte aux mouvements r&#233;volutionnaires, nationalistes et autres. Alors comme aujourd'hui, chacun refusait de voir les vraies raisons de sa propre d&#233;cadence. Lorsque Nicolas II poursuivra cette politique suicidaire, 25 ans plus tard, l'empire russe se d&#233;composera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cette attitude ? Si Alexandre III vivait relativement isol&#233; dans son palais, Obroutchev, lui, &#233;tait un chef militaire, un homme d'exp&#233;rience. Pourquoi agitil de cette mani&#232;re ? Voulait-il la chute des Romanov ? Aujourd'hui, beaucoup pr&#233;voient que la guerre d'Irak entra&#238;nera la chute de Bush, m&#234;me s'il para&#238;t la remporter sur le terrain. La le&#231;on &#224; retenir, c'est qu'une guerre planifi&#233;e sans d&#233;finition explicite des buts ni conception claire du plan de paix pour la suite, conduit &#224; un d&#233;sastre complet. La guerre de 1914-1918 a non seulement provoqu&#233; la chute du r&#233;gime tsariste, mais elle fut aussi une v&#233;ritable trag&#233;die pour l'ensemble de l'Europe. Tous les acteurs avaient perdu la facult&#233; de juger ce qu'&#233;taient leurs v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts, et comme le niveau de technologie militaire &#233;tait sup&#233;rieur &#224; leur capacit&#233; de l'utiliser intelligemment, ils &#233;taient incapables d'en pr&#233;voir les implications auto-destructrices. La boucherie qui s'ensuivit fut la grande trag&#233;die du XX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sergue&#239; Witte et Gabriel Hanotaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre &#233;tait-elle in&#233;vitable ? Ou existait-il une alternative ? Je r&#233;ponds &#171; oui &#187;, sans h&#233;siter, &#224; la deuxi&#232;me question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L147xH229/Hanotaux-859cd-4b804.gif?1775333966' width='147' height='229' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-7 '&gt;Gabriel Hanotaux
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1890, les nations d'Europe continentale se voyaient offrir une occasion historique de s'unir et de travailler ensemble. En France, le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Gabriel Hanotaux, et en Russie, le ministre Sergue&#239; Ioulievitch Witte partageaient la vision strat&#233;gique d'une communaut&#233; de principes. Alors que Witte &#233;tait ministre des Finances, de 1892 &#224; 1903, la Russie connut une grande r&#233;volution industrielle. Voyons de plus pr&#232;s ce personnage. N&#233; &#224; Tbilissi (G&#233;orgie), Witte fut le premier directeur du Chemin de fer d'Odessa avant de prendre la t&#234;te des Chemins de fer du Sud- Ouest, reliant la Baltique &#224; la mer Noire, avec des ramifications vers l'Allemagne et l'Autriche. Apr&#232;s s'&#234;tre install&#233; &#224; Kiev, il est nomm&#233;, en 1886, membre de la Commission Baranov, cr&#233;&#233;e par le Tsar pour formuler la politique ferroviaire du gouvernement. Il r&#233;dige la charte ferroviaire qui est &#224; la base de la premi&#232;re r&#233;glementation des voies ferr&#233;es en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L147xH231/Witte-9d531-5df00.gif?1775333966' width='147' height='231' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-8 '&gt;Sergue&#239; Witte
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nomm&#233; ministre des Transports en 1892, Witte cr&#233;e la Commission du chemin de fer sib&#233;rien, qui pr&#233;voit la construction d'une voie ferr&#233;e jusqu'&#224; l'oc&#233;an Pacifique. En octobre 1892, il est nomm&#233; ministre des Finances et r&#233;forme toute la politique russe dans ce domaine, notamment en donnant au rouble une r&#233;f&#233;renceor. Son ambition est de faire de la Russie, &#224; l'&#233;poque pays rural et arri&#233;r&#233;, une nation industrielle moderne. Sa collaboration avec Dmitri Ivanovitch Mendeleiev, l'auteur de la Table p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments et directeur du Bureau des poids et mesures, sera cruciale pour le d&#233;veloppement de l'industrie m&#233;tallurgique en Russie, elle-m&#234;me indispensable pour le d&#233;veloppement des voies ferr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous deux &#233;taient des disciples de Friedrich List et de son syst&#232;me d'&#233;conomie nationale. Witte consacrera m&#234;me des essais &#224; l'&#233;conomiste am&#233;ricano-allemand et pr&#233;facera la traduction russe de ses ouvrages. Alors qu'il occupe le minist&#232;re des Finances, plus de cent nouvelles &#233;coles sont cr&#233;&#233;es, dont le prestigieux Institut polytechnique de Saint-P&#233;tersbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours sous son minist&#232;re, pr&#232;s de 24 000 kilom&#232;tres de voies ferr&#233;es seront construites, soit trois fois plus qu'au cours de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente. Le seul Transsib&#233;rien parcourt plus de 9000 km entre Moscou et Vladivostok, sur la c&#244;te Pacifique. De gigantesques espaces sont ainsi ouverts &#224; la colonisation. En 1902, plus de 900 000 colons sont implant&#233;s en Sib&#233;rie, o&#249; ils se voient attribuer des terres gratuitement. Le volume de marchandises transport&#233;es augmente en fl&#232;che et l'infrastructure dans l'extr&#234;me est du pays conna&#238;t un d&#233;veloppement gigantesque, am&#233;liorant consid&#233;rablement les relations entre la Russie, la Chine et le Japon, avant que la guerre russo-japonaise, manipul&#233;e par les Britanniques, ne vienne rompre cet &#233;lan. On peut ici parler d'un projet pr&#233;curseur du Pont terrestre eurasiatique, tel que nous le d&#233;fendons aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1902, Witte &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; Personne ne peut plus nier la signification globale de la Route sib&#233;rienne. Elle est reconnue dans le pays et &#224; l'&#233;tranger. Reliant l'Europe et l'Asie par une liaison ferroviaire ininterrompue, cette route devient un moyen de transit uniformis&#233; par o&#249; devra passer l'&#233;change de biens entre l'Ouest et l'Est. La Chine, le Japon et la Cor&#233;e ont un demi-milliard d'habitants. Et d&#233;j&#224;, avec un commerce international s'&#233;levant &#224; plus de 600 milliards de roubles et ce grand syst&#232;me de circulation continentale &#224; vapeur permettant un transport plus rapide et meilleur march&#233; d'hommes et de marchandises, nous pouvons entrer en relations plus &#233;troites avec l'Europe, un march&#233; ayant une culture manufacturi&#232;re d&#233;velopp&#233;e, et cr&#233;er par l&#224; m&#234;me une plus grande demande l&#224;bas pour les mati&#232;res premi&#232;res de l'Est. Gr&#226;ce &#224; la Route sib&#233;rienne, il y aura aussi une demande plus importante d'usines europ&#233;ennes et de savoir-faire europ&#233;en, et le capital trouvera un nouveau domaine d'investissement dans l'exploration et le d&#233;veloppement des richesses naturelles des nations orientales. &#187;Le chemin de fer sib&#233;rien &#171; peut &#234;tre d'une grande aide pour l'industrie chinoise du th&#233;, en &#233;cartant le concurrent le plus dangereux de la Chine, la Grande-Bretagne, de sa position de m&#233;diateur dans le commerce entre la Chine et les pays europ&#233;ens, et en assurant aux th&#233;s chinois des livraisons plus rapides en Europe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez l&#224; l'essence des raisons g&#233;opolitiques qui pouss&#232;rent la Grande-Bretagne &#224; s'opposer &#224; ce genre de coop&#233;ration. Car naturellement, l'int&#233;gration terrestre des infrastructures remet en question la position dominante du commerce maritime. D'o&#249; la doctrine des g&#233;opoliticiens britanniques, tels Mackinder, Milner et Haushofer, selon laquelle tout d&#233;veloppement de la &#171; masse terrestre &#187; eurasiatique repr&#233;senterait un danger pour les puissances maritimes, autrement dit pour l'Angleterre. Les h&#233;ritiers am&#233;ricains de ces g&#233;opoliticiens anglais appliquent aujourd'hui la m&#234;me doctrine et s'opposent pour les m&#234;mes raisons &#224; un projet de &#171; pont terrestre eurasiatique &#187;, la seule diff&#233;rence &#233;tant que, pour eux, la domination du transport a&#233;rien s'ajoute &#224; celle du maritime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Witte proposait que le dernier tron&#231;on du chemin de fer traverse directement la Mandchourie, pour int&#233;grer la Chine dans le d&#233;veloppement eurasiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1895, Witte et Hanotaux s'efforcent de cr&#233;er une coalition regroupant la Russie, l'Allemagne et la France, destin&#233;e &#224; emp&#234;cher la conqu&#234;te de la p&#233;ninsule Liaotung par les Japonais. Face &#224; cette d&#233;monstration d'unit&#233;, le Japon accepte de signer un trait&#233; avec la Chine, plut&#244;t que d'annexer ce territoire. Gr&#226;ce &#224; la collaboration entre Witte et Hanotaux, et &#224; l'aide du capital fran&#231;ais, la Chine se voit accorder un pr&#234;t substantiel qui doit servir, en partie, &#224; verser au Japon des r&#233;parations dans le cadre de la guerre sino-japonaise de 1895, ce qui contribue aussi &#224; calmer momentan&#233;ment les ambitions imp&#233;riales des Japonais. La Russie signe ensuite un trait&#233; de d&#233;fense mutuelle avec la Chine, ce qui favorise &#224; son tour les conditions de construction du tron&#231;on mandchou du Transsib&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cette &#171; ligue continentale &#187;, comme Witte l'appelait, avait emp&#234;ch&#233; l'annexion d'une partie de la Chine et Witte voulait en faire un bloc permanent en mesure de contrer les manipulations britanniques. &#171; Nos hommes d'Etat doivent comprendre la n&#233;cessit&#233; d'un bloc europ&#233;en, constitu&#233; de la Russie, de l'Allemagne et de la France. Ce serait un bastion de la paix, que personne ne pourrait violer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion de la visite officielle de l'empereur Guillaume II en Russie, en 1897, Witte tente de convaincre le tsar de la n&#233;cessit&#233; d'une telle alliance, pr&#233;voyant que si l'Europe n'a pas la volont&#233; d'y parvenir, sa grandeur ne sera bient&#244;t plus qu'un souvenir, comme celle de l'Empire Romain, de la Gr&#232;ce, de Carthage ou de certains Etats d'Asie mineure. Etonn&#233; par cette id&#233;e, le tsar demande &#224; Witte ce qu'il faut faire pour emp&#234;cher un tel d&#233;clin. Voici sa r&#233;ponse : &lt;i&gt;&#171; Imaginez, Votre Majest&#233;, que les pays europ&#233;ens soient unis dans une m&#234;me entit&#233; et ne gaspillent pas de vastes quantit&#233;s d'argent, de ressources, de sang et de travail en rivalit&#233;s mutuelles. Qu'ils ne soient plus oblig&#233;s d'entretenir des arm&#233;es pour se faire la guerre, comme c'est le cas aujourd'hui, puisque chacun craint son voisin. Si ceci &#233;tait r&#233;alis&#233;, l'Europe serait plus riche, plus forte, plus civilis&#233;e, au lieu de sombrer sous le poids de la haine mutuelle, de la rivalit&#233; et de la guerre. La premi&#232;re &#233;tape vers ce but serait la formation d'une alliance entre la Russie, l'Allemagne et la France. Une fois celle-ci r&#233;alis&#233;e, les autres pays du continent europ&#233;en y adh&#232;reraient. En cons&#233;quence, l'Europe se lib&#233;rerait des fardeaux que font peser les rivalit&#233;s existantes. L'Europe serait puissante et pourrait b&#233;n&#233;ficier d'une position dominante &#224; long terme. Mais si les pays europ&#233;ens continuent &#224; suivre leur tendance actuelle, ils risquent un grand malheur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Witte poursuit : &lt;i&gt;&#171; Sa Majest&#233; m'indiqua qu'elle trouvait mes vues int&#233;ressantes et originales, et me quitta gracieusement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers la guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'occasion fut ainsi manqu&#233;e. Le tsar Nicolas et ses laquais avaient d'autres id&#233;es, comme celle d'annexer la Mandchourie et la Cor&#233;e et de refuser tout accord avec le Japon. En 1902, tombant dans le pi&#232;ge tendu par le roi d'Angleterre, le Japon signe un trait&#233; de d&#233;fense mutuelle avec la Grande-Bretagne. D&#233;j&#224; en 1897, l'empereur Guillaume avait lui-m&#234;me jou&#233; avec l'id&#233;e d'un rapprochement anglo-allemand, sugg&#233;r&#233; par le Premier ministre britannique Chamberlain. Etape par &#233;tape, le terrain se pr&#233;pare pour la trag&#233;die de la Premi&#232;re Guerre mondiale. La partition de la Chine par les puissances occidentales conduit &#224; la r&#233;volte des Boxers. La Russie occupe la Mandchourie et les relations russo-chinoises se d&#233;t&#233;riorent rapidement. Encourag&#233; par la Grande-Bretagne, le Japon lance une attaque surprise contre le port russe de Port Arthur, le 8 f&#233;vrier 1904. La guerre russo-japonaise, qui dure 11 mois et sera extr&#234;mement sanglante, se termine par la d&#233;faite de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, l'empereur Guillaume II et le tsar Nicolas II se rencontrent sur la c&#244;te finlandaise pour signer le fameux accord de Bjork&#246;e. Le tsar &#233;tait d&#233;&#231;u par la France qui, malgr&#233; leur alliance, n'avait rien fait pour aider la Russie contre le Japon. En outre, Guillaume II et le tsar Nicolas II &#233;taient m&#233;contents de la politique britannique. L'empereur &#233;crit &#224; son chancelier von B&#252;low : &lt;i&gt;&#171; Nos conversations ont alors abord&#233; le sujet de l'Angleterre, et il apparut que le Tsar ressentait une profonde col&#232;re personnelle envers ce pays et son Roi. Il qualifia Edouard VII de plus grand fauteur de troubles et d'intrigant le plus dangereux qui soit. Je ne pouvais qu'&#234;tre d'accord avec lui, ajoutant que, personnellement, j'avais eu &#224; souffrir de ses intrigues ces derni&#232;res ann&#233;es. Il a une passion pour comploter contre toutes les puissances, passant des accords tant&#244;t avec l'une, tant&#244;t avec l'autre, et toujours divisant pour r&#233;gner. Sur ce, le Tsar m'interrompit en frappant la table de son poing, et dit, &#171; Je peux dire une chose : je ne me laisserai pas prendre &#224; ce jeu, et jamais de la vie, je ne me retournerai contre l'Allemagne ou contre vous. Je vous en donne ma parole d'- honneur ! &#187; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On put voir par la suite ce que valait cette parole...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Witte est alors rappel&#233; de sa retraite (il avait &#233;t&#233; renvoy&#233; &#224; cause de son opposition &#224; l'occupation de la Mandchourie) pour n&#233;gocier une tr&#234;ve avec le Japon. Lors d'une rencontre avec l'empereur, celui-ci lui parle du Trait&#233; de Bjork&#246;e, et Witte lui dit que c'est une premi&#232;re &#233;tape vers la ligue continentale qu'il appelle de ses voeux. L'empereur rapporte ainsi le comportement de Witte &#224; cette occasion : &lt;i&gt;&#171; L'effet fut foudroyant. Ses yeux se remplirent de larmes et d'enthousiasme, et l'&#233;motion l'envahissait au point qu'il ne pouvait parler. Finalement, il cria, &#171; Dieu soit lou&#233; ! Dieu merci ! Enfin, ce cauchemar qui p&#232;se sur nous va dispara&#238;tre &#187;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Witte s'aper&#231;oit que l'intention n'est pas de parvenir r&#233;ellement &#224; une entente, mais qu'il s'agit d'un pacte de d&#233;fense ordinaire, contredisant le trait&#233; de paix franco-russe sign&#233; douze ans plus t&#244;t. Il rejette donc cette logique d'influence diplomatique, concevant tout le danger qu'elle comporte faute d'objectif plus &#233;lev&#233;. De toutes fa&#231;ons, deux ans plus tard, la Russie s'alliait &#224; la Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pose encore une fois cette question : la Premi&#232;re Guerre mondiale aurait-elle pu &#234;tre &#233;vit&#233;e ? Oui. On aurait pu choisir la voie de la coop&#233;ration eurasiatique, mais l'occasion fut rat&#233;e. Le prix de cette omission fut &#233;norme : deux guerres mondiales et un XX&#232;me si&#232;cle qui bris&#232;rent la vie de millions d'&#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, dans la situation actuelle, les enjeux sont essentiellement les m&#234;mes qu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle. Le d&#233;veloppement eurasiatique est plus que jamais imp&#233;ratif. C'est le nom de la paix. Les chances d'y parvenir sont bien plus prometteuses, mais ne pas le faire aurait des cons&#233;quences bien plus graves.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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