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	<title>Institut Schiller</title>
	<link>https://www.institutschiller.org/</link>
	<description>Tout en promouvant la paix par le d&#233;veloppement &#233;conomique et le respect de la souverainet&#233; des nations, l'Institut Schiller est &#233;galement actif dans le dialogue des cultures, en mettant l'emphase sur une meilleure compr&#233;hension de l'&#171; avantage d'autrui &#187;, concept inspir&#233; du Trait&#233; de Wesphalie (1648) ayant mis fin &#224; la Guerre de trente ans en Europe.</description>
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		<title>Institut Schiller</title>
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		<title>LaRouche n'est pas un type bien, mais on ne peut pas vous dire pourquoi...
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		<dc:creator>S&#233;bastien Lantrade
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		<dc:subject>Justice
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		<dc:subject>Lyndon LaRouche
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		<dc:subject>Droits de l'Homme
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&lt;p&gt;Entre 1974 et 1976, le d&#233;partement d'Etat a fait circuler &#224; l'&#233;chelle internationale un article diffamatoire &#224; l'&#233;gard de LaRouche, paru dans le New York Times de janvier 1974, ainsi que d'autres calomnies provenant du FBI et de sources priv&#233;es. &#192; titre d'exemple, une d&#233;p&#234;che &#233;tait envoy&#233;e le 18 mars 1976 &#171; &#224; tous les postes diplomatiques et consulaires am&#233;ricains &#187;, d&#233;crivant le National Caucus of Labor Committees (l'association philosophique fond&#233;e par Lyndon LaRouche) comme une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L95xH150/lyn_raid_agrandi-f39f5.jpg?1775630532' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre 1974 et 1976, le d&#233;partement d'Etat a fait circuler &#224; l'&#233;chelle internationale un article diffamatoire &#224; l'&#233;gard de LaRouche, paru dans le New York Times de janvier 1974, ainsi que d'autres calomnies provenant du FBI et de sources priv&#233;es. &#192; titre d'exemple, une d&#233;p&#234;che &#233;tait envoy&#233;e le 18 mars 1976 &#171; &#224; tous les postes diplomatiques et consulaires am&#233;ricains &#187;, d&#233;crivant le National Caucus of Labor Committees (l'association philosophique fond&#233;e par Lyndon LaRouche) comme une organisation &#171; petite, fanatique (...) orient&#233;e vers la violence &#187;, et reprenant d'autres remarques d&#233;sobligeantes venant du FBI. Autre exemple, suite &#224; la publication par un journal officiel du Bangladesh d'un article d'un correspondant de l'EIR, un t&#233;lex dat&#233; du 24 mars 1976 et sign&#233; par Kissinger a &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; l'ambassade am&#233;ricaine &#224; Dacca, reprenant aussi des citations du New York Times. D'apr&#232;s des documents d&#233;classifi&#233;s du d&#233;partement d'Etat, Kissinger n'&#233;tait pas &#233;tranger &#224; l'expulsion, en 1975, des correspondants de l'EIR de l'Association de la presse &#233;trang&#232;re en Allemagne, ainsi qu'&#224; l'arrestation et &#224; la d&#233;tention d'un autre correspondant de l'EIR &#224; Lima (P&#233;rou), en 1976.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; pour la premi&#232;re fois en avril 2000 et a &#233;t&#233; repris sur diff&#233;rents sites&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis pr&#232;s de trente ans, certains &#233;l&#233;ments du d&#233;partement de la Justice m&#232;nent une chasse aux sorci&#232;res politique contre mes collaborateurs et moi-m&#234;me, notamment &#224; travers certaines op&#233;rations lanc&#233;es, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 70, de pair avec le d&#233;partement d'&#201;tat dont Henry Kissinger &#233;tait secr&#233;taire. Au cours de ces dix derni&#232;res ann&#233;es [1990-2000], divers responsables gouvernementaux am&#233;ricains ont eu l'occasion de pr&#233;senter aux organismes concern&#233;s des &#233;l&#233;ments d&#233;montrant qu'&#224; l'&#233;poque, les poursuites juridiques et le harc&#232;lement &#224; l'encontre de mon mouvement et de moi-m&#234;me &#233;taient de toute &#233;vidence frauduleux et motiv&#233;s par des raisons politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la proc&#233;dure, la r&#233;ponse syst&#233;matique du d&#233;partement de la Justice fut, en gros : &#171; il faut que vous compreniez pourquoi nous devons agir de cette fa&#231;on. Nous ne pouvons pas produire nos dossiers secrets devant le tribunal ; nous devons pi&#233;ger le pr&#233;venu par d'autres moyens. Croyez-nous : nous ne pouvons pas vous dire pourquoi, mais c'est vraiment un sale type. &#187; Qu'est-ce qui prouve que je sois un &#171; sale type &#187; ? La r&#233;ponse est, invariablement : &#171; nous ne pouvons pas vous le dire. Les preuves sont secr&#232;tes. &#187;. Le DOJ [&lt;i&gt;the Department of Justice&lt;/i&gt; - le minist&#232;re de la justice am&#233;ricain] refuse de d&#233;voiler les preuves suppos&#233;es, sous pr&#233;texte qu'il s'agit d'une affaire de s&#233;curit&#233; nationale ou, tout simplement, pour prot&#233;ger les auteurs de rapports incontestablement falsifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;136&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L444xH700/lyn_raid_agrandi-cf8a8.jpg?1775630532' width='444' height='700' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2099 '&gt;Le proc&#232;s politique men&#233; par George Bush p&#232;re contre Lyndon LaRouche et son mouvement politique commence avec son arrestation en 1988.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, ces attaques contre moi et mes collaborateurs, qui durent depuis pr&#232;s de trente ans, rel&#232;vent des m&#233;thodes tristement c&#233;l&#232;bres de la &lt;i&gt;Star Chamber&lt;/i&gt; [&lt;i&gt;Star Chamber&lt;/i&gt; - tribunal royal d'Angleterre aboli en 1641, connu pour ses sessions secr&#232;tes sans jury, ses jugements s&#233;v&#232;res et arbitraires et l'utilisation de la torture - NdlT], fort en vogue dans le droit anglais du XVII&#232;me si&#232;cle. C'est une m&#233;thode de gouvernement qui s'appuie sur le mensonge officiel. Aujourd'hui, en vertu des sophismes tendancieux du gouvernement am&#233;ricain et des cours de justice qui ne veulent pas appeler les choses par leur nom, on ne parle pas de mensonge, mais de &#171; questions politiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on a assist&#233;, dans le cas qui nous concerne, &#224; une s&#233;rie de s&#233;ances &lt;i&gt;ex parte&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in camera&lt;/i&gt; et autres, au cours desquelles ce type d'arguments reposant sur de pr&#233;tendues preuves a &#233;t&#233; utilis&#233; pour amener les juges &#224; d&#233;roger exceptionnellement &#224; la loi, sous le couvert de &#171; questions politiques &#187;. Les poursuites et diffamations bas&#233;es sur la pr&#233;tendue autorit&#233; d'&#233;l&#233;ments de preuve &#171; secrets &#187;, utilisent ce terme de mani&#232;re intrins&#232;quement frauduleuse ; n&#233;anmoins des responsables corrompus du DOJ et leurs complices continuent d'appliquer cette m&#233;thode pour couvrir l'escroquerie monumentale men&#233;e depuis des d&#233;cennies dans le but de &#171; casser LaRouche &#187;, sous le patronage conjoint du d&#233;partement de la Justice et des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, durant ces trente ann&#233;es de harc&#232;lement du DOJ contre mon organisation et moi-m&#234;me, certaines indications portant sur la nature de ces pr&#233;tendus dossiers secrets ont filtr&#233; au cours de diff&#233;rentes proc&#233;dures. Ce qui est d&#233;sormais &#233;tabli publiquement est plus que suffisant pour montrer que ces membres du gouvernement et leurs complices ont &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans l'op&#233;ration de corruption politique la plus vaste, la plus longue et la plus choquante que l'on connaisse, men&#233;e entre autres par le DOJ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question le plus souvent pos&#233;e par ceux qui ont &#233;tudi&#233; les caract&#233;ristiques d&#233;terminantes de cette op&#233;ration est : &lt;i&gt;&#171; &#224; votre avis, quelle motivation plausible peut-on trouver &#224; l'op&#233;ration que vous d&#233;crivez ? &#187;&lt;/i&gt; Cette question m'a &#233;t&#233; pos&#233;e maintes fois, ainsi qu'&#224; d'autres : &lt;i&gt;&#171; comment expliquez-vous un tel acharnement ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure r&#233;ponse &#224; cette derni&#232;re question est : &lt;i&gt;&#171; rappelez-vous la &#171; Lettre vol&#233;e &#187; d'Edgar Allan Poe. &#187;&lt;/i&gt; Comme je vais le montrer ici, la r&#233;ponse se trouve, pour ainsi dire, juste sous votre nez ; les pi&#232;ces sont d&#233;j&#224; visibles, elles sont simples, claires et concluantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons d'abord en revue les grandes lignes de l'affaire elle-m&#234;me, avant de nous int&#233;resser &#224; la nature des mobiles de ses instigateurs, personnalit&#233;s haut plac&#233;es dans nos institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fraude judiciaire organis&#233;e par le minist&#232;re public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont lu le r&#233;cit bien document&#233; de l'affaire LaRouche, publi&#233; en 1989 dans le livre &lt;i&gt;Railroad !&lt;/i&gt; [Proc&#232;s exp&#233;ditif], se rappelleront un nombre significatif de faits probants. Ce n'est qu'en janvier 1992 qu'a &#233;t&#233; d&#233;classifi&#233; un document officiel dat&#233; de 1973, dans lequel le FBI exprime son intention d'&#171; &#233;liminer &#187; [sic] LaRouche. C'est un exemple typique de la fa&#231;on dont, avec un retard de plusieurs d&#233;cennies parfois, nous avons pris connaissance de certains &#233;l&#233;ments d&#233;cisifs. En effet, plus de dix ans apr&#232;s, &lt;i&gt;Railroad !&lt;/i&gt; reste une mine de documentation pertinente, une lecture indispensable pour quiconque veut s&#233;rieusement examiner les trente ann&#233;es de &#171; l'affaire LaRouche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte-ci, plus concis que le pr&#233;c&#233;dent, comporte aussi deux diff&#233;rences notables quant &#224; son contenu. Premi&#232;rement, au cours de ces dix derni&#232;res ann&#233;es, nous avons obtenu des informations suppl&#233;mentaires d&#233;terminantes qui nous permettent d'&#233;carter certains des sujets marginaux - consid&#233;r&#233;s auparavant comme des aspects non r&#233;solus, obscurs ou contestables de l'attitude du minist&#232;re public - de ce qui &#233;tait autrement un expos&#233; clair de faits probants. Ce n'est qu'en janvier 1992 qu'a &#233;t&#233; d&#233;classifi&#233; un document officiel dat&#233; de 1973, dans lequel le FBI exprime son intention d'&#171; &#233;liminer &#187; (sic) LaRouche. C'est un exemple typique de la fa&#231;on dont, avec un retard de plusieurs d&#233;cennies parfois, nous avons pris connaissance de certains &#233;l&#233;ments d&#233;cisifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me diff&#233;rence, et c'est la principale raison d'&#234;tre de ce nouveau rapport, vient de la n&#233;cessit&#233; de reformuler la question de mani&#232;re &#224; ce que le lecteur comprenne pourquoi cette op&#233;ration frauduleuse contre moi et mes collaborateurs se poursuit encore aujourd'hui, apr&#232;s plus de trente ans. Au fond, comme je vais le montrer ici, il n'y a qu'un seul motif sous-jacent. &#201;tant depuis le d&#233;but l'un des observateurs les plus attentifs de cette affaire, je comprends combien il est difficile de saisir la v&#233;ritable cause de la duplicit&#233; du DOJ et de ses complices et d'en suivre les m&#233;andres, si l'on ne replace pas l'aspect juridique de cette affaire l&#224; o&#249; se trouve en fin de compte la v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire dans le cadre de la vie r&#233;elle, dans une perspective historique et politique ad&#233;quate. Voil&#224; l'objectif sp&#233;cifique du pr&#233;sent dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de cette difficult&#233; : on ne comprend pas pourquoi le fils de John Keeney, du DOJ, est, depuis l'&#233;t&#233; 1996, partie prenante dans l'effort acharn&#233; pour faire annuler, avec l'aide du Comit&#233; national d&#233;mocrate (DNC) [la direction du Parti d&#233;mocrate], la loi de 1965 sur le droit de vote. Faute de la neutraliser, cette man&#339;uvre risque d'entra&#238;ner la destruction virtuelle du Parti d&#233;mocrate (les signes en sont d&#233;j&#224; visibles) lors de l'&#233;lection g&#233;n&#233;rale &#224; venir et par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, comme l'avocat du DNC, John Keeney, le faisait valoir dans sa plaidoirie devant le juge Sentelle, en ao&#251;t 1999, l'abrogation par la &lt;i&gt;Cour f&#233;d&#233;rale&lt;/i&gt; de cette loi sur le droit de vote &#233;tait d&#233;j&#224; bien avanc&#233;e. En effet, le 16 ao&#251;t 1999, dans une argumentation devant un groupe de trois juges du tribunal f&#233;d&#233;ral de Washington, Keeney a d&#233;clar&#233; : &lt;i&gt;l'avis contraire va remettre en question la constitutionnalit&#233; de la loi [de 1965 sur le droit de vote]. Et c'est une question diff&#233;rente de celle de l'interpr&#233;tation statutaire de la loi elle-m&#234;me.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avis contraire auquel Keeney faisait r&#233;f&#233;rence avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par le juge de la &lt;i&gt;Cour supr&#234;me&lt;/i&gt; Scalia, soutenu par les juges Rehnquist et Thomas dans l'affaire &lt;i&gt;Morse v. Republican Party of Virginia&lt;/i&gt; de 1996, 116S.CT1186 (1996). Ceci dit, dans ce cas pr&#233;cis, le r&#244;le de Keeney et de l'ancien pr&#233;sident du DNC, Don Fowler, consista &#224; faire acc&#233;l&#233;rer cette annulation au cours des audiences d'ao&#251;t 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on regarde les choses de cette mani&#232;re, on voit clairement appara&#238;tre l'aspect politique des forces qui, au sein du DOJ et de la &lt;i&gt;Cour f&#233;d&#233;rale&lt;/i&gt;, sont &#224; l'origine des attaques contre mes collaborateurs et moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce genre de relations qu'il faut examiner pour comprendre les facteurs cruciaux ayant fa&#231;onn&#233; la politique et les gouvernements des &#201;tats-Unis durant ces trente derni&#232;res ann&#233;es, surtout ce dernier quart de si&#232;cle, depuis les &#233;lections g&#233;n&#233;rales de 1976. On doit situer l'&#171; affaire LaRouche &#187; elle-m&#234;me dans le cadre des profonds changements op&#233;r&#233;s dans l'orientation de la politique am&#233;ricaine depuis l'assassinat du pr&#233;sident John Kennedy et, plus encore, depuis la p&#233;riode 1968-1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parfaite coh&#233;rence avec cette observation, le coup d'envoi de l'op&#233;ration secr&#232;te men&#233;e contre nous par le gouvernement est donn&#233; le 12 janvier 1983, &#224; la demande de l'ancien secr&#233;taire d'&#201;tat Henry Kissinger et de ses comparses. Il ne fait aucun doute que certaines instances secr&#232;tes du gouvernement y ont particip&#233; et y participent encore ; cependant, toute tentative d'en apporter la preuve devant un tribunal se heurte aux arguments, g&#233;n&#233;ralement admis, du gouvernement lui-m&#234;me, selon lesquels les &#233;l&#233;ments de preuve ne peuvent &#234;tre produits parce qu'ils sont officiellement secrets. C'est en vertu de cette m&#234;me op&#233;ration que certains d'entre nous ont &#233;t&#233; condamn&#233;s et emprisonn&#233;s en janvier 1989, et cela dure encore aujourd'hui, sous la protection de la bureaucratie permanente de la &lt;i&gt;Division criminelle du DOJ&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du DOJ, le principal responsable en la mati&#232;re est, depuis 1983, John Keeney, adjoint au vice-ministre de la Justice et p&#232;re de John Keeney Jr. qui, en qualit&#233; d'avocat du &lt;i&gt;Comit&#233; national d&#233;mocrate&lt;/i&gt;, a plaid&#233; devant le tribunal f&#233;d&#233;ral en faveur de l'annulation de la loi de 1965 sur le droit de vote. Voir &#171; John Keeney, John Richard, and the DOJ Permanent Bureaucracy &#187;, &lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt; du 30 juin 1995 ; &#171; Justice Department : The Corruption Is in the Permanent Bureaucracy &#187;, &lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt; du 25 avril 1997 ; et Lyndon LaRouche, &#171; Lying and Racism inside the Democratic Party &#187;, &lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt; du 17 d&#233;cembre 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration a &#233;t&#233; mise en place dans le cadre des dispositions de l'&lt;i&gt;Ordre ex&#233;cutif 12333&lt;/i&gt;, relatives aux op&#233;rations clandestines de renseignement &#224; l'&#233;tranger men&#233;es par l'&#201;tat, de concert avec des agences priv&#233;es non-gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;E.O. 12333&lt;/i&gt; Section 2.7, affirme : &lt;i&gt;les agences au sein de la&lt;/i&gt; Communaut&#233; du Renseignement &lt;i&gt;sont autoris&#233;es &#224; conclure des contrats ou des accords pour la fourniture de biens ou de services avec des compagnies ou des institutions priv&#233;es aux &#201;tats-Unis, et n'ont pas besoin de r&#233;v&#233;ler leur parrainage de ces contrats ou accords [...].&lt;/i&gt; Pour appr&#233;hender de mani&#232;re comp&#233;tente cet aspect de l'op&#233;ration anti-LaRouche allant de 1983 &#224; ce jour, il faut tenir compte du cadre politique des quatre phases ant&#233;rieures de la m&#234;me op&#233;ration, d&#233;marr&#233;e en 1973 au plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les quatre phases ant&#233;rieures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe un document officiel dat&#233; du 23 novembre 1973, disponible dans les dossiers du bureau new-yorkais du FBI ainsi qu'&#224; son si&#232;ge &#224; Washington, confirmant que le FBI manipulait ses pions &#224; l'int&#233;rieur du Parti communiste am&#233;ricain dans le but de m'&#171; &#233;liminer &#187;. Ce document, qui nous a &#233;t&#233; remis pour la premi&#232;re fois au complet en janvier 1992, confirme l'existence d'une op&#233;ration en cours que nous avions d&#233;voil&#233;e par &#233;crit en mars 1973, ainsi que d'une autre visant &#224; mon &#171; &#233;limination &#187; personnelle, que nous avions d&#233;nonc&#233;e publiquement en janvier 1974. Bien que l'&#233;l&#233;ment de preuve en question soit dat&#233; de novembre 1973, les r&#233;f&#233;rences se rapportant &#224; mon &#171; &#233;limination &#187; future donnent une bonne indication des op&#233;rations men&#233;es entre autres par le FBI au niveau international, au cours des premiers mois de cette m&#234;me ann&#233;e et pendant bien des ann&#233;es encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 mars 1973, diff&#233;rents m&#233;dias de Philadelphie, notamment le bulletin d'informations de la cha&#238;ne &lt;i&gt;Channel 3&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Philadelphia Tribune&lt;/i&gt;, ont largement couvert une annonce d'Ed Schwartz, un proche du Parti communiste am&#233;ricain et directeur de la &lt;i&gt;Philadelphia Campaign for Adequate Welfare Reform&lt;/i&gt; (CAWRN), exigeant l'annulation de la conf&#233;rence de fondation de la &lt;i&gt;National Unemployed and Welfare Rights Organisation&lt;/i&gt; (NUWRO), une organisation de ch&#244;meurs et d'ayants droit dont Lyndon LaRouche et le &lt;i&gt;National Caucus of Labor Committees&lt;/i&gt; (NCLC) avaient &#233;t&#233; les catalyseurs. Suite &#224; la diffusion du message de Schwartz par les m&#233;dias, des &lt;i&gt;hooligans&lt;/i&gt; du Parti communiste mobilis&#232;rent des &#233;meutiers pour emp&#234;cher la tenue de la conf&#233;rence de la NUWRO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2102 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH602/telex-ecb44.jpg?1775630532' width='500' height='602' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2102 '&gt;T&#233;lex du FBI, dat&#233; de novembre 1973, proposant d'utiliser le parti communiste am&#233;ricain pour &#233;liminer LaRouche.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise &#224; disposition de ce document n'a fait que confirmer ce que nous savions d&#233;j&#224; sur diff&#233;rents points en d&#233;cembre 1973 et d&#233;but janvier 1974. Au cours de la deuxi&#232;me moiti&#233; de 1973, nous avions obtenu la preuve concluante d'une collaboration entre des agences officielles am&#233;ricaines et &#233;trang&#232;res, dont le renseignement du Royaume-Uni et la STASI est-allemande. En d&#233;cembre 1973, nous &#233;tions aussi au courant de d&#233;ploiements r&#233;p&#233;t&#233;s d'escadrons violents import&#233;s &#224; New York et me visant directement. Le document du FBI confirme les faits que nous avions rapport&#233;s &#224; la presse d&#233;but janvier 1974. Le fait que le FBI orchestrait de cette mani&#232;re les activit&#233;s du Comit&#233; national du Parti communiste a des implications strat&#233;giques pour le gouvernement am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe un autre aspect politique des actions men&#233;es en 1973 par le FBI pour m'&#171; &#233;liminer &#187;, qui refl&#232;te la complicit&#233; sordide entre le gouvernement et les m&#233;dias depuis presque trente ans. En t&#233;moigne le r&#244;le du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, en janvier et f&#233;vrier 1974, dans le lancement d'une vaste campagne de diffamation &#224; mon &#233;gard, destin&#233;e &#224; servir de paravent &#224; cette op&#233;ration d'&#171; &#233;limination &#187; du FBI. Depuis la publication de ce tissu de mensonges par le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, la quasi totalit&#233; des grands m&#233;dias am&#233;ricains se sont faits sciemment les complices de cette sale op&#233;ration politique centr&#233;e autour du DOJ. On en trouve un exemple typique dans la fameuse d&#233;claration politique parue dans la page &#233;ditoriale du &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; du 24 septembre 1976, ou encore sous d'autres formes dans le &lt;i&gt;Post&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 septembre 1976, dans un article du &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;NCLC : une menace politique int&#233;rieure&lt;/i&gt; &#187;, Stephen Rosenfeld &#233;non&#231;ait la ligne que les m&#233;dias devaient suivre dans leur traitement de LaRouche et de son mouvement : &lt;i&gt;nous, les journalistes, devrions &#234;tre prudents en leur offrant de la place dans nos colonnes ou du temps d'antenne. Il n'y a aucune raison de se montrer trop d&#233;licat l&#224;-dessus : chaque jour nous d&#233;cidons quelles voix relayer. Un groupe de mauvaise foi, enclin &#224; la violence, aux tendances fascisantes, ne devrait pas &#234;tre pr&#233;sent&#233; au public, &#224; moins qu'il y ait des raisons de le pr&#233;senter sous cet aspect.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Le gouvernement devrait &#234;tre encourag&#233; &#224; prendre toutes les mesures l&#233;gales pour emp&#234;cher le NCLC d'attenter aux droits politiques d'autres Am&#233;ricains.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t apr&#232;s cette tentative avort&#233;e de novembre-d&#233;cembre 1973, le FBI lan&#231;ait la deuxi&#232;me phase des op&#233;rations COINTELPRO contre mon organisation et moi-m&#234;me. En d&#233;pit de la d&#233;nonciation de son r&#244;le manipulateur dans le Parti communiste, le FBI a intensifi&#233; et &#233;largi son op&#233;ration g&#233;n&#233;rale, ce jusqu'en septembre 1977. Voir la lettre du directeur du FBI Clarence Kelly &#224; Warren Hamerman, dat&#233;e du 13 septembre 1977, dans laquelle il classait ostensiblement l'affaire ayant servi de pr&#233;texte &#224; l'op&#233;ration COINTELPRO [contre des adversaires politiques]. En r&#233;alit&#233;, ces op&#233;rations ont continu&#233; sur le plan international jusqu'au moment o&#249; la &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;Anti-Defamation League&lt;/i&gt; (ADL) lanc&#232;rent en 1978 leurs propres actions du m&#234;me type, sous une couverture priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me phase a commenc&#233; en mai 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous allions l'apprendre, derri&#232;re le d&#233;partement de la Justice, on trouvait, outre la complicit&#233; des m&#233;dias, des organisations de renseignement priv&#233;es, tr&#232;s puissantes, qui devinrent partie int&#233;grante de vicieuses op&#233;rations conduites par des organismes officiels. Parmi elles, on compte l'&lt;i&gt;American Family Foundation&lt;/i&gt; (AFF) et l'&lt;i&gt;Anti-Defamation League&lt;/i&gt;, qui ont de bonnes relations &#224; Washington ainsi qu'en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;American Family Foundation&lt;/i&gt; (AFF) a invent&#233; la fable selon laquelle LaRouche &#233;tait le cerveau d'une dangereuse secte destructrice. Ce mensonge figurait dans la plupart des descriptions de LaRouche par les m&#233;dias et allait pr&#233;parer le terrain &#224; la fameuse descente effectu&#233;e, en octobre 1986, contre les locaux li&#233;s aux activit&#233;s de LaRouche &#224; Leesburg (Virginie) par 400 agents en arme dirig&#233;s par le FBI, en plus d'une &#233;quipe sp&#233;ciale, arm&#233;e elle aussi, d&#233;ploy&#233;e autour du domicile priv&#233; de LaRouche. Selon des agents sur place, le plan pr&#233;voyait aussi un raid au cours duquel LaRouche aurait &#233;t&#233; tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, des &#171; experts &#187; li&#233;s &#224; l'AFF, comme Rick Ross du &lt;i&gt;Cult Awareness Network&lt;/i&gt;, ont particip&#233; activement au massacre d&#233;lib&#233;r&#233; d'enfants innocents et d'adultes &#224; Waco, perp&#233;tr&#233; par une &#233;quipe sp&#233;ciale analogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AFF a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1980 en tant qu'organisation de contre-espionnage et d'op&#233;rations clandestines, suivant le &#171; plan Watson &#187; de Thomas Watson, d'IBM. En effet, &#224; la fin de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, Watson avait &#233;labor&#233; des plans assez pr&#233;cis pr&#233;voyant la &#171; privatisation &#187; des fonctions assum&#233;es par l'&lt;i&gt;Office of Strategic Services&lt;/i&gt; pour le compte de quelques puissantes familles de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; qui pr&#233;f&#232;raient rester discr&#232;tes, se retranchant derri&#232;re un r&#233;seau de soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et de cabinets d'avocats assurant un soutien op&#233;rationnel et financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tr&#233;sor de guerre de plus d'un million de dollars fut rassembl&#233; pour les premiers projets de l'AFF. Parmi ses plus importants donateurs, il y avait la &lt;i&gt;Bodman Foundation&lt;/i&gt; qui comptait dans son conseil d'administration le neveu de Watson, John Irwin III, ainsi que diverses fondations de Richard Mellon Scaife, bailleur de fonds du &#171; salon anti-LaRouche &#187; de John Train. Bodman avait son si&#232;ge au cabinet juridique de &lt;i&gt;Morris and McVeigh&lt;/i&gt;, qui a soutenu le &lt;i&gt;Process Church&lt;/i&gt;, une secte satanique dont l'un des sympathisants actifs &#233;tait John Markham, le principal procureur f&#233;d&#233;ral dans le proc&#232;s de LaRouche &#224; Boston.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, l'AFF a lanc&#233; des op&#233;rations contre les collaborateurs de LaRouche en Europe. Le pasteur Haack, directeur international d'AFF pour le secteur &#233;ducation, coordonnait les op&#233;rations en Allemagne et en France, relayant la calomnie de &#171; secte &#187; dans un article paru en 1980 dans la publication allemande PDI. Par la suite, on a appris que PDI avait &#233;t&#233; financ&#233; par la STASI est-allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'ADL, elle est toujours rest&#233;e en contact &#233;troit avec la bureaucratie permanente du DOJ. Par exemple, un m&#233;morandum du FBI dat&#233; du 4 janvier 1985, adress&#233; &#224; tous les bureaux locaux aux &#201;tats-Unis, contient une liste des num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone r&#233;gionaux de l'ADL et de leurs codes rapides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut citer &#233;galement les cercles de John J. McCloy ou d'autres r&#233;seaux, dot&#233;s de pouvoirs similaires &#224; ceux d'un gouvernement, qui ont leur si&#232;ge dans de puissantes firmes de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; et les cabinets d'avocats auxquels elles sont associ&#233;es, comme il ressort de la biographique de McCloy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir : Lyndon LaRouche, &#171; How Our World Was Nearly Destroyed &#187;, et Stuart Rosenblatt, &#171; How Mr. Fixit Nearly Wrecked the World &#187;, une critique de la biographie de John McCloy par Kai Bird, The Chairman, dans l'&lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt; du 23 octobre 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1970, le Congr&#232;s ayant examin&#233; certains exemples choquants d'op&#233;rations men&#233;es par le DOJ au nom de la &#171; s&#233;curit&#233; int&#233;rieure &#187;, on pr&#233;f&#233;ra par la suite confier ces op&#233;rations &#224; des organisations nominalement priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir : &#171; S&#233;nat, auditions devant le &lt;i&gt;Select Committee to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Activities&lt;/i&gt; ; Vol.6, &lt;i&gt;Federal Bureau of Investigation&lt;/i&gt;. 94th Congress, Second Session, 1975. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi sur la libert&#233; de l'information (FOIA), permettant aux personnes fich&#233;es par le FBI d'acc&#233;der &#224; certains documents relatifs &#224; leur dossier, a &#233;t&#233; adopt&#233;e le 21 novembre 1974 par le Congr&#232;s. C'est une &#233;volution d&#233;cisive par rapport &#224; l'attaque lanc&#233;e plus tard par la &lt;i&gt;Heritage Foundation&lt;/i&gt;, l'ADL, etc. Ainsi, sous le r&#232;gne officiel de Zbigniew Brzezinski au sein de l'administration Carter, de 1978 &#224; 1980, deux organisations internationales priv&#233;es ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la continuation d'anciennes op&#233;rations du DOJ. Il s'agit d'une branche priv&#233;e du renseignement britannique, la &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#233;lerin&lt;/i&gt; (proche de Friedrich von Hayek et du Pr Milton Friedman) et la &lt;i&gt;Commission trilat&#233;rale&lt;/i&gt; dirig&#233;e par Zbigniew Brzezinski, elle-m&#234;me une cr&#233;ation du &lt;i&gt;Conseil des relations ext&#233;rieures&lt;/i&gt; (CFR) de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CFR avait &#233;t&#233; fond&#233; dans les ann&#233;es 1920 sous la direction de John Wheeler-Bennett du renseignement britannique, le parrain du professeur William Yandell Elliot qui forma Kissinger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#233;lerin&lt;/i&gt; s'est d&#233;ploy&#233;e par l'interm&#233;diaire de la &lt;i&gt;Heritage Foundation&lt;/i&gt; bas&#233;e &#224; Washington. Dans le cas qui nous int&#233;resse, elle travaillait de concert avec l'&lt;i&gt;Anti-Defamation League&lt;/i&gt; (ADL). En mai 1978, toutes deux ont publi&#233; des rapports mensongers et diffamatoires, qui ont connu une large diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1978, le rapport d'&#171; Institution Analysis &#187; de la &lt;i&gt;Heritage Foundation&lt;/i&gt;, r&#233;dig&#233; par Francis Watson et intitul&#233; &#171; US Labor Party &#187;, comportait une &#233;trange s&#233;rie de formulations provenant de &#171; sources aussi douteuses &#187; que le journal extr&#233;miste de l'&lt;i&gt;October League&lt;/i&gt; mao&#239;ste ou le journal trotskyste du &lt;i&gt;Socialist Workers Party&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;The Militant&lt;/i&gt;. Qualifiant LaRouche d'extr&#233;miste violent, ce rapport a &#233;t&#233; distribu&#233; &#224; des centaines de chefs d'entreprises et responsables institutionnels. En mars 1978, l'ADL lan&#231;a une campagne de harc&#232;lement et de diffamation syst&#233;matique pour exiger, par l'interm&#233;diaire du &lt;i&gt;Jewish Community Relations Council&lt;/i&gt;, que les opinions de LaRouche n'aient pas droit de cit&#233;, pr&#233;tendant que ce dernier &#233;tait l'extr&#233;miste de droite le plus violent et le plus dangereux. Voir, par exemple, le Berkeley Barb d'ao&#251;t 1978, (&#171; Qui sont les terroristes &#187;) dans lequel le coordinateur de l'ADL pour la r&#233;gion Ouest, David Lehrer, propage cette diffamation. Enfin, en 1979, l'ADL publie elle-m&#234;me ces diffamations dans un rapport d'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne de diffamation a dress&#233; l'&#233;chafaudage politique d'une nouvelle vague d'op&#233;rations vicieuses du DOJ lanc&#233;e, une fois de plus, &#224; l'instigation de Henry Kissinger, d&#232;s le deuxi&#232;me semestre 1982.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle vague avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e d&#232;s le deuxi&#232;me semestre de 1979 par le m&#234;me &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; qui avait couvert, en 1974, l'op&#233;ration avort&#233;e du FBI pour m'&#233;liminer. Les 7 et 8 octobre 1979, le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; publia l'article diffamatoire de Blum et Montgomery, suivi le 10 octobre d'un &#233;ditorial intitul&#233; &#171; Le culte de LaRouche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intervention du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; repr&#233;sente la quatri&#232;me phase pr&#233;c&#233;dant le lancement, en janvier 1983, d'op&#233;rations relevant des &lt;i&gt;Ordres ex&#233;cutifs 12331, 12333&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;12334&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois Ordres ex&#233;cutifs en question sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;E.O. 12331&lt;/i&gt;, du 20 octobre 1981, r&#233;tablissant le &lt;i&gt;President's Foreign Intelligence Advisory Board&lt;/i&gt; (PFIAB). Ce dernier, cr&#233;&#233; en 1956 sous Eisenhower, avait &#233;t&#233; dissous par Carter, puis r&#233;tabli par l'administration Reagan-Bush. En 1982-1983, on comptait parmi les membres du PFIAB : Anne Armstrong (Pr&#233;sident), Leo Cherne (vice-Pr&#233;sident), David Abshire, Edward Bennett Williams, l'amiral Thomas Moorer, Bobby Ray Inman, Ross Perot et Claire Booth Luce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;E.O. 12333&lt;/i&gt;, du 4 d&#233;cembre 1981, &#171; United States Intelligence Activities &#187;, une r&#233;vision de l'&lt;i&gt;E.O. 12036&lt;/i&gt; (1978) &#233;tablissant que le &lt;i&gt;Conseil national de s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; serait l'&#171; entit&#233; supr&#234;me de la branche ex&#233;cutive &#187; en mati&#232;re d'examen, d'orientation et de direction de toutes les op&#233;rations clandestines de renseignement, et autorisant les services de renseignement am&#233;ricains &#224; passer des contrats avec des &#171; compagnies ou institutions priv&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;E.O. 12334&lt;/i&gt;, &#233;galement dat&#233; du 4 d&#233;cembre 1981, cr&#233;e l'&lt;i&gt;Intelligence Oversight Board&lt;/i&gt;, une commission de trois membres devant fournir une &#171; couverture &#187; l&#233;gale aux op&#233;rations clandestines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention du &lt;i&gt;NT&lt;/i&gt; s'est traduite par une escalade de la campagne diffamatoire &#224; mon &#233;gard lanc&#233;e en mai 1978 &#224; l'&#233;chelle internationale sous le parrainage commun de la &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#233;lerin&lt;/i&gt;, de la &lt;i&gt;Heritage Foundation&lt;/i&gt; et de l'&lt;i&gt;Anti-Defamation League&lt;/i&gt;. L'&#233;tape de 1979 constitue un maillon crucial pour comprendre l'ensemble de l'op&#233;ration anti-LaRouche s'&#233;talant de 1973 &#224; 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle doit donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la quatri&#232;me et derni&#232;re phase ayant pr&#233;c&#233;d&#233; la phase actuelle (1983-2000). On peut la r&#233;sumer ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base d'informations &#233;manant de multiples sources, plusieurs de mes collaborateurs, sous ma direction, ont remont&#233; la piste &#224; la recherche d'&#233;l&#233;ments prouvant clairement que le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; avait organis&#233; une campagne de diffamation publique destin&#233;e, de l'aveu m&#234;me de collaborateurs de ce quotidien, &#224; cr&#233;er les conditions propices &#224; me faire emprisonner, suite &#224; des accusations persistantes et largement diffus&#233;es. Le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt; savait pertinemment que ces accusations &#233;taient sans fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette enqu&#234;te, nous avons effectivement pu documenter l'existence de ce genre d'op&#233;ration pr&#233;m&#233;dit&#233;e, notamment lors d'une &lt;i&gt;interview&lt;/i&gt; avec deux journalistes du &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;, Paul Montgomery et Howard Blum, enregistr&#233;e &#224; leur insu. La rencontre eut lieu au restaurant &lt;i&gt;Charley O's&lt;/i&gt; &#224; New York, le 23 juillet 1979. Cet enregistrement fut aussit&#244;t pr&#233;sent&#233; lors de conf&#233;rences de presse &#224; New York et &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette rencontre, Blum d&#233;clara que l'article &#224; para&#238;tre dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; &#233;tait destin&#233; &#224; provoquer une enqu&#234;te gouvernementale sur LaRouche et ses collaborateurs et qu'il cherchait un angle &#171; sensationnel &#187;. &lt;i&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire&lt;/i&gt;, dit-il, &lt;i&gt;que l'article soit particuli&#232;rement vrai&lt;/i&gt;, avant d'ajouter : &lt;i&gt;une enqu&#234;te du minist&#232;re public est tout ce que nous voulons vous et moi, n'est-ce pas ?&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;[...] bien que cela puisse sembler cynique, il est plus important, pour le gouvernement, de savoir que le&lt;/i&gt; New York Times &lt;i&gt;publie une chose que de savoir si elle est vraie ou fausse.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; ces r&#233;v&#233;lations, le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt; dut recourir &#224; une manoeuvre. L'avocat le plus tristement c&#233;l&#232;bre de New York, Roy Marcus Cohn, ancien ami de J. Edgar Hoover et avocat du s&#233;nateur Joseph McCarthy, fut mis &#224; contribution pour faire para&#238;tre une premi&#232;re version de la diffamation que le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt; entendait publier et qu'il reprendra effectivement sous forme d'articles, les 7 et 8 octobre 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cohn fit appel pour cela &#224; l'un de ses clients, Ed Kayatt, un repris de justice &#233;diteur d'un journal gratuit, &lt;i&gt;Our Town&lt;/i&gt;, distribu&#233; dans le &lt;i&gt;East Side&lt;/i&gt; de New York, o&#249; il fit para&#238;tre une s&#233;rie de calomnies d&#233;lirantes sous la plume d'un certain Dennis King, un gratte-papier local. Le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; pourrait ensuite invoquer la &#171; publication ant&#233;rieure &#187; des articles de King pour justifier la parution des calomnies pr&#233;par&#233;es par Montgomery et Blum. L'ADL a massivement particip&#233; &#224; cette op&#233;ration. En 1983-1984, on retrouvera ce m&#234;me King, de m&#234;me que Pat Lynch, de la cha&#238;ne &lt;i&gt;NBC&lt;/i&gt;, participant &#224; des op&#233;rations men&#233;es dans le cadre de l'&lt;i&gt;Ordre ex&#233;cutif 12333&lt;/i&gt;. Dans un livre paru en 1989, lui et son &#233;diteur, un ami de Kissinger, reconnaissent que ces activit&#233;s &#233;taient financ&#233;es par des &#171; organisations quasi non gouvernementales &#187; (quangos) et autres fa&#231;ades priv&#233;es, comme le &lt;i&gt;Projet d&#233;mocratie&lt;/i&gt; de Walter Raymond, pour le compte de la communaut&#233; du renseignement officielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux alentours de mai 1983, Pat Lynch, journaliste &#224; la cha&#238;ne &lt;i&gt;NBC&lt;/i&gt;, participa &#224; des sessions de planification chez le banquier new-yorkais John Train, qui coordonnait la campagne de diffamations contre LaRouche. Ces &#171; salons &#187; accueillaient des collaborateurs de la &lt;i&gt;NBC&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Readers' Digest&lt;/i&gt;, de l'&lt;i&gt;Anti-Defamation League&lt;/i&gt; (ADL), ainsi que des membres de la communaut&#233; du renseignement, li&#233;s &#224; l'&#233;poque au vice-pr&#233;sident George Bush et au colonel Oliver North.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le multimillionnaire de Pittsburgh Richard Mellon Scaife a soutenu l'int&#233;gration de Dennis King et Chip Berlet, promoteur de la consommation de drogue, dans les op&#233;rations de Train. Comme le montrera la d&#233;position de Myra Boland, membre active de l'ADL, Pat Lynch a menti sous serment au sujet du r&#244;le de Train dans la pr&#233;paration des diffamations qu'elle allait reprendre en mars 1984. Train et d'autres membres de son cercle ont contribu&#233; &#224; int&#233;grer des &#171; transfuges &#187; dans un groupe de t&#233;moins parjures auxquels les procureurs f&#233;d&#233;raux de Boston et d'Alexandria pouvaient faire appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes d'intoxication utilis&#233;es pour fabriquer de tels t&#233;moins ont &#233;t&#233; explicit&#233;es dans des documents du gouvernement pr&#233;sent&#233;s &#224; la Cour. Tous les t&#233;moins anciens collaborateurs des d&#233;fendeurs faisaient partie de ce &lt;i&gt;pool&lt;/i&gt; maintenu par des &#171; particuliers &#187;, permettant ainsi aux procureurs de protester de leur ignorance quant au recours &#233;ventuel &#224; des t&#233;moins parjures. Le noyau de ce groupe &#233;tait compos&#233; des participants au &lt;i&gt;Hallowe'en Party&lt;/i&gt;, le groupe que Pat Lynch avait amen&#233; aux procureurs f&#233;d&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette s&#233;rie d'actions successives pr&#233;para le terrain au lancement, en 1982-83, de l'op&#233;ration &lt;i&gt;E.O.12333&lt;/i&gt; toujours en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kissinger et l'ordre ex&#233;cutif 12333&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration men&#233;e contre moi-m&#234;me et mes collaborateurs &#224; partir de 1983 dans le cadre de l'&lt;i&gt;ordre 12333&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; lanc&#233;e &#224; l'initiative de l'ancien secr&#233;taire d'&#201;tat Henry Kissinger et de son cabinet d'avocats &#224; Washington, &lt;i&gt;Arnold &amp; Porter&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2103 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;157&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/lettre_d_henry_kissinger_au_directeur_du_fbi_william_webster_en_date_du_19_aout_1982_sollicitant_son_aide_pour_contrer_larouche.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH734/lettre_d_henry_kissinger_au_directeur_du_fbi_william_webster_en_date_du_19_aout_1982_sollicitant_son_aide_pour_contrer_larouche-dfad7.jpg?1775630532' width='500' height='734' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2103 '&gt;Lettre d'Henry Kissinger au directeur du FBI William Webster (&#171; Dear Bill &#187;) en date du 19 ao&#251;t 1982, sollicitant son aide pour contrer LaRouche.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formellement, cette initiative remonte &#224; la lettre (en date du 19 ao&#251;t 1982) envoy&#233;e par Kissinger &#224; William Webster, alors directeur du FBI. Suite aux efforts r&#233;p&#233;t&#233;s de Kissinger et de ses avocats, et gr&#226;ce au soutien apport&#233; par Edward Bennett Williams, avocat de Katharine Meyer Graham, la propri&#233;taire du &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Conseil consultatif pr&#233;sidentiel en mati&#232;re de renseignement &#233;tranger&lt;/i&gt; (PFIAB) adopta le 12 janvier 1983 la recommandation de Kissinger et d'&lt;i&gt;Arnold &amp; Porter&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une lettre du 19 ao&#251;t 1982 &#224; William Webster, Henry Kissinger le remercie pour une note ant&#233;rieure et lui annonce que son avocat Bill Rogers, du cabinet juridique &lt;i&gt;Arnold &amp; Porter&lt;/i&gt;, va le contacter &#171; &#224; propos de LaRouche &#187;. Quatre jours plus tard, Rogers envoie une lettre &#224; Webster demandant au FBI de faire des recherches sur le &#171; groupe de LaRouche &#187;, remerciant le directeur pour son &lt;i&gt;int&#233;r&#234;t dans cette affaire&lt;/i&gt; et pr&#233;cisant que Kissinger esp&#232;re que &lt;i&gt;le Bureau prendra les mesures appropri&#233;es&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 septembre, Webster r&#233;pond que le FBI est &#171; limit&#233; &#187; dans ce qu'il peut faire, &lt;i&gt;&#233;tant donn&#233; que les informations dont nous disposons ne justifient pas une enqu&#234;te&lt;/i&gt;. Huit jours plus tard, le chef du renseignement du FBI, James Nolan, fait diffuser un rapport sur &#171; LaRouche et l'&lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt; &#187;, concoctant un pr&#233;texte pour lancer une enqu&#234;te sous pr&#233;texte que leurs activit&#233;s et publications seraient &lt;i&gt;propices &#224; la d&#233;sinformation et aux int&#233;r&#234;ts de propagande sovi&#233;tiques&lt;/i&gt;, m&#234;me s'&lt;i&gt;il n'y a aucune preuve certaine que les Sovi&#233;tiques dirigent ou financent LaRouche et son organisation&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le 25 novembre, Kissinger &#233;crit &#224; nouveau &#224; Webster, demandant une enqu&#234;te sur LaRouche et ses collaborateurs, mais cette fois-ci, il utilise des expressions types, comme &lt;i&gt;campagne de d&#233;sinformation soutenue par des services de renseignement &#233;trangers&lt;/i&gt;, et insiste pour que le FBI d&#233;couvre &lt;i&gt;qui finance ce groupe&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re lettre est remise en mains propres &#224; Webster par Edward Bennett Williams, membre du PFIAB. En d&#233;cembre, diverses divisions du FBI se penchent sur l'affaire, mais concluent qu'il n'y aucune violation de la loi. Cependant, le 12 janvier 1983, Webster rapporte que lors d'une r&#233;union du PFIAB, on avait &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; que le FBI soit fond&#233; &#224; enqu&#234;ter sur l'&lt;i&gt;US Labor Party&lt;/i&gt; et LaRouche &lt;i&gt;dans le cadre des directives ou autrement&lt;/i&gt;. Bennett Williams avait soulev&#233; la question des &#171; sources de financement &#187; et de l'&#233;ventuelle implication &#171; d'agences de renseignement &#233;trang&#232;res &#187;. Le Rubicon avait &#233;t&#233; franchi et, le jour m&#234;me, la &lt;i&gt;General Litigation and Legal Advice Section&lt;/i&gt; (GLLAS) du DOJ demande officiellement au FBI d'ouvrir une enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, William Webster confia &#224; Oliver Revell (surnom &#171; Buck &#187;) la t&#226;che d'ex&#233;cuter la directive du PFIAB. Un mois auparavant, le 13 d&#233;cembre 1982, le chef de la bureaucratie permanente de la &lt;i&gt;Division criminelle&lt;/i&gt; du DOJ, John Keeney, avait remis l'affaire &#224; l'ancien &lt;i&gt;bureau de la S&#233;curit&#233; interne&lt;/i&gt;, rebaptis&#233; depuis peu &lt;i&gt;Section g&#233;n&#233;rale de litiges et de conseils l&#233;gaux&lt;/i&gt; (GLLAS), qui gardera cette mission jusqu'aux inculpations et au proc&#232;s d'Alexandria en 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Keeney Sr. entra au &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt; en 1951, &#224; l'apog&#233;e du r&#232;gne de Edgar Hoover et du maccartyisme, pour &#234;tre affect&#233; &#224; la &lt;i&gt;Division de la s&#233;curit&#233; interne&lt;/i&gt; ; jusqu'en 1960, il s'occupa des cas tombant sous le coup de la loi anti-communiste &lt;i&gt;Smith&lt;/i&gt;, avant d'&#234;tre transf&#233;r&#233; &#224; la &lt;i&gt;Division criminelle&lt;/i&gt;. Depuis 1973, c'est le plus important haut fonctionnaire de cette division &#8212; o&#249; ses pouvoirs sont bien plus grands que ceux des responsables politiques qui la dirigent formellement pendant un certain temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1973, le s&#233;nateur Edward Kennedy a d&#233;clar&#233; que &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; Division de la s&#233;curit&#233; interne du d&#233;partement de la Justice &lt;i&gt;repr&#233;sentait le retour de Joe McCarthy et de la&lt;/i&gt; Commission des activit&#233;s non-am&#233;ricaines de la Chambre. Elle fut d&#233;mantel&#233;e dans les ann&#233;es 1970, suite aux enqu&#234;tes du Congr&#232;s, ses fonctions et son personnel furent r&#233;partis entre la nouvelle &lt;i&gt;Section de la s&#233;curit&#233; interne&lt;/i&gt; (cas d'espionnage et enregistrement des agents &#233;trangers) et la &lt;i&gt;Section g&#233;n&#233;rale des litiges et conseils l&#233;gaux&lt;/i&gt; (GLLAS) nouvellement cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La personnalit&#233; la plus notoire de l'ancienne &lt;i&gt;Division de la s&#233;curit&#233; interne&lt;/i&gt; est Guy Goodwind qui, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, a convoqu&#233; plus de cent grands jurys pour enqu&#234;ter sur des opposants &#224; la guerre du Vietnam, des syndicalistes et autres. En 1979, il fut nomm&#233; conseiller sp&#233;cial de la GLLAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne partie du dossier &#171; LaRouche &#187; s'est &#233;galement retrouv&#233;e &#224; la GLLAS, dirig&#233;e alors par Benjamin Flannagan, un ancien de la &lt;i&gt;Division de la s&#233;curit&#233; interne&lt;/i&gt; depuis 1955. Flannagan dirigeait l'unit&#233; de la GLLAS charg&#233;e des &#171; questions civiles sp&#233;ciales &#187;, c'est-&#224;-dire des actions civiles pouvant &lt;i&gt;g&#234;ner [...] des op&#233;rations de s&#233;curit&#233; nationale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la GLLAS qui chargea le FBI d'enqu&#234;ter sur la plainte de Kissinger contre LaRouche. Cinq ans apr&#232;s la r&#233;union du PFIAB du 12 janvier 1983, un &lt;i&gt;memorandum&lt;/i&gt; de Lowell Jensen, l'adjoint au vice-ministre de la Justice charg&#233; de la &lt;i&gt;Division criminelle&lt;/i&gt;, demandait au FBI de rapporter les r&#233;sultats de son enqu&#234;te directement par &#233;crit &#224; Lawrence Lippe, chef de la section GLLAS. Selon les documents du FBI, le cabinet &lt;i&gt;Arnold &amp; Porter&lt;/i&gt; communiquait directement avec Lippe et la GLLAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;167&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/memorandum_de_william_webster_directeur_du_fbi_a_oliver_revell_12_janvier_1983_dans_lequel_il_evoque_d_eventuels_liens_entre_larouche_et_des_services_etrangers.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH672/memorandum_de_william_webster_directeur_du_fbi_a_oliver_revell_12_janvier_1983_dans_lequel_il_evoque_d_eventuels_liens_entre_larouche_et_des_services_etrangers-b6784.jpg?1775630532' width='500' height='672' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2104 '&gt;Memorandum de William Webster, Directeur du FBI, &#224; Oliver Revell (12 janvier 1983), dans lequel il &#233;voque d'&#233;ventuels liens entre LaRouche et des services &#233;trangers.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, la GLLAS &#233;tait impliqu&#233;e dans presque tous les aspects de l'affaire LaRouche. En 1984, lors d'un litige examin&#233; par Benjamin Flannagan et Victor Stone, elle a soutenu le refus des services secrets d'accorder une protection au candidat pr&#233;sidentiel LaRouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1986, la GLLAS fut charg&#233;e par William Weld, alors chef de la &lt;i&gt;Division criminelle&lt;/i&gt;, de collecter les amendes inflig&#233;es &#224; des organisations associ&#233;es &#224; LaRouche pour refus de compara&#238;tre devant le tribunal de Boston, une affaire qui allait conduire &#224; la mise en faillite ill&#233;gale de trois soci&#233;t&#233;s d'&#233;dition et de distribution. En mars 1987, Weld contacta James Reynolds de la GLLAS pour lui demander si une proc&#233;dure de mise en faillite involontaire poserait des probl&#232;mes aux procureurs instruisant le proc&#232;s LaRouche. Peu apr&#232;s, quatre avocats de la GLLAS, dont Flannagan et Stone, consult&#232;rent le sp&#233;cialiste des faillites au DOJ, David Schiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des documents rendus publics par la suite en vertu de la FOIA contiennent des notes de Reynolds o&#249; l'on peut lire : &lt;i&gt;un syndic est imm&#233;diatement nomm&#233;. Il est charg&#233; de fermer imm&#233;diatement toute l'entreprise.&lt;/i&gt; Et, en marge : &lt;i&gt;le r&#244;le du syndic est de fermer ces entit&#233;s&lt;/i&gt;, (ce qui contredit enti&#232;rement les affirmations du minist&#232;re public selon lesquelles il n'avait pas l'intention de fermer les soci&#233;t&#233;s d'&#233;dition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le juge de Boston ordonna, en 1988, de rechercher dans toutes les agences f&#233;d&#233;rales, y compris le bureau du vice-pr&#233;sident George Bush, tout document susceptible de disculper LaRouche, cette recherche fut coordonn&#233;e par Benjamin Flannagan qui, bien entendu, ne trouva rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec du proc&#232;s de Boston, le &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt; d&#233;pla&#231;a l'affaire dans le &lt;i&gt;district&lt;/i&gt; Est de Virginie, o&#249; il &#233;tait s&#251;r de trouver un juge et un jury qui lui soient favorables. Or le lancement d'une seconde inculpation, alors que la premi&#232;re &#233;tait encore en instance, &#233;tait probl&#233;matique, m&#234;me selon les crit&#232;res du &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt;. Les procureurs demand&#232;rent alors une approbation formelle, que Keeney allait signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 octobre, LaRouche et ses soutiens &#224; Alexandria se rendirent au tribunal f&#233;d&#233;ral de Washington pour tenter de faire annuler l'inculpation en cours. L'audience, pr&#233;sid&#233;e par le juge Stanley Sporkin (ancien avocat de la CIA), se d&#233;roula &#224; huis-clos. &#192; la derni&#232;re minute, Flannagan et Stone arriv&#232;rent tout essouffl&#233;s, exigeant qu'on les laisse entrer dans la salle d'audiences. Dans un t&#233;moignage ult&#233;rieur, Flannagan d&#233;clara que John Keeney lui avait &lt;i&gt;personnellement ordonn&#233; de s'y rendre afin d'aider le procureur d'Alexandria Henry Hudson &#224; s'opposer &#224; la requ&#234;te de LaRouche&lt;/i&gt;. Celle-ci fut promptement rejet&#233;e et, en quelques heures, LaRouche et six soutiens &#233;taient inculp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque o&#249; il &#233;crivit sa lettre &#224; Webster (19 ao&#251;t 1982), Kissinger avait cinq bonnes raisons personnelles, connues de tous, d'agir ainsi. Elles &#233;taient toutes de nature politique et prenaient leur source dans des enqu&#234;tes journalistiques men&#233;es par certains de mes collaborateurs, enqu&#234;tes d'un grand int&#233;r&#234;t public relatives &#224; des affaires de corruption impliquant personnellement Kissinger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re concernait la controverse politique qui nous opposait tous deux &#224; propos de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;former d'urgence le syst&#232;me mon&#233;taire international instaur&#233; en 1971. Cette controverse personnelle, datant de la p&#233;riode 1974-1976, avait &#233;t&#233; marqu&#233;e par diverses mesures prises par Kissinger en tant que secr&#233;taire d'&#201;tat et directeur du &lt;i&gt;Conseil national de S&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lettre officielle dat&#233;e du 18 mars 1976, sign&#233;e par Henry Kissinger et diffamatoire &#224; mon &#233;gard, a &#233;t&#233; diffus&#233;e internationalement. L'enjeu en &#233;tait ma campagne en faveur de r&#233;formes mon&#233;taires coh&#233;rentes avec la proposition de nouvel ordre &#233;conomique mondial, adopt&#233;e &#224; la conf&#233;rence de l'Organisation des nations non-align&#233;es en ao&#251;t 1976 &#224; Colombo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;tat d'esprit &#224; cette &#233;poque est refl&#233;t&#233; dans un document pr&#244;nant le g&#233;nocide, le &lt;i&gt;National Security Study Memorandum 200&lt;/i&gt;, qu'il fit r&#233;diger en 1974 en sa qualit&#233; de directeur du &lt;i&gt;Conseil national de s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; et qui fut par la suite d&#233;classifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des extraits du &lt;i&gt;NSSM 200 : implications de la croissance d&#233;mographique mondiale pour la s&#233;curit&#233; am&#233;ricaine et les int&#233;r&#234;ts outre-mer&lt;/i&gt;, du 10 d&#233;cembre 1974, ont &#233;t&#233; publi&#233;s dans l'&lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt; du 9 juin 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, j'avais lanc&#233; publiquement, en f&#233;vrier 1982, une campagne d'opposition &#224; la politique de contr&#244;le des armements men&#233;e par Kissinger. Voir le s&#233;minaire de l'EIR &#224; Washington, des 18 et 19 f&#233;vrier 1982, sur la d&#233;fense anti-missiles balistiques bas&#233;e sur de nouveaux principes physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;i&gt;Lyndon LaRouche, &#171; Seules les armes &#224; rayons pourraient mettre fin &#224; l'&#226;ge kissing&#233;rien de la terreur thermonucl&#233;aire : une proposition de politique militaire moderne pour les Etats-Unis &#187;, brochure &#233;dit&#233;e par le National Democratic Policy Committee (New York : 1982)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon initiative refl&#233;tait les discussions officieuses que je conduisais &#224; l'&#233;poque avec des repr&#233;sentants du gouvernement sovi&#233;tique et qui allaient d&#233;boucher le 23 mars 1983 sur la proposition d'&lt;i&gt;Initiative de d&#233;fense strat&#233;gique&lt;/i&gt; (IDS) faite par le pr&#233;sident Ronald Reagan au gouvernement sovi&#233;tique. Les cercles de Kissinger &#233;taient alors parfaitement au courant de ces discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs principales caract&#233;ristiques, les cinq minutes de conclusion du discours du Pr&#233;sident, le 23 mars 1983, suivaient l'esquisse que j'avais pr&#233;sent&#233;e comme option au gouvernement sovi&#233;tique, lors d'une r&#233;union priv&#233;e dans un h&#244;tel de Washington en 1982. Cette co&#239;ncidence n'&#233;tait pas fortuite. Cependant, la &lt;i&gt;Heritage Foundation&lt;/i&gt; du g&#233;n&#233;ral Daniel Graham, un farouche adversaire de l'IDS entre fin 1982 et d&#233;but 1983, intervint promptement, par l'interm&#233;diaire de certains canaux du Parti r&#233;publicain, pour imposer &#224; cette politique des modifications radicales qui d&#233;bouch&#232;rent sur une notion intrins&#232;quement incomp&#233;tente de la d&#233;fense anti-missiles balistiques, fort r&#233;pandue aujourd'hui dans certains milieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me raison avait pour origine la publication par nos soins d'un compte-rendu du discours public prononc&#233; par Kissinger le 10 mai 1982 au &lt;i&gt;Chatham House de Londres&lt;/i&gt;, dans lequel il se vantait d'avoir, &#224; l'insu de son Pr&#233;sident, servi les int&#233;r&#234;ts britanniques, alors qu'il &#233;tait secr&#233;taire d'&#201;tat et directeur du CNS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce discours, Kissinger se d&#233;crivait comme un disciple de Winston Churchill et un ennemi de la &#171; tradition intellectuelle am&#233;ricaine &#187; repr&#233;sent&#233;e par Franklin Roosevelt, lui-m&#234;me adversaire politique de Churchill mais son alli&#233; en temps de guerre. Notre compte-rendu se basait sur une transcription fournie par des collaborateurs de Kissinger membres du PFIAB, l'organisme qui allait mener plus tard des op&#233;rations contre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt; a obtenu cette transcription par l'interm&#233;diaire du bureau de Kissinger au &lt;i&gt;Centre des &#233;tudes strat&#233;giques et internationales&lt;/i&gt; (CSIS), dont le pr&#233;sident &#233;tait David Abshire, l'un de ceux ayant soutenu la demande de Kissinger d'ouverture d'une enqu&#234;te du &lt;i&gt;FBI&lt;/i&gt; sur LaRouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me point concernait nos enqu&#234;tes sur une potentielle implication personnelle de Kissinger, aux c&#244;t&#233;s de l'Isra&#233;lien Ariel Sharon et d'autres, dans une op&#233;ration de vente de terrains en Cisjordanie. Ce fut l'une des escroqueries immobili&#232;res parmi les plus sales et les plus rentables de l'&#233;poque. Voir : &#171; Moscow's Secret Weapon : Ariel Sharon and the Israeli Mafia &#187;, &lt;i&gt;EIR Special Report&lt;/i&gt; du 1er mars 1986, Chapitres I et II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;mement, peu avant l'envoi par Kissinger de sa lettre &#224; Webster (&#171; Dear Bill &#187;), j'avais publi&#233; un rapport sp&#233;cial intitul&#233; &lt;i&gt;Op&#233;ration Juarez&lt;/i&gt;, une proposition &#224; l'adresse du gouvernement am&#233;ricain sur la fa&#231;on de faire face &#224; la crise de la dette mexicaine qui, selon mon estimation, devait &#233;clater vers septembre 1982.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;clata effectivement quelques jours apr&#232;s publication de ce rapport. Dans les semaines suivantes, Kissinger, avec la b&#233;n&#233;diction du gouvernement, s'effor&#231;a d'emp&#234;cher le gouvernement mexicain de Lopez Portillo de mettre en oeuvre les propositions d'&lt;i&gt;Op&#233;ration Juarez&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette p&#233;riode, Kissinger fut nomm&#233; &#224; divers postes au sein de l'administration Reagan, y compris au PFIAB. Ces nominations sont en corr&#233;lation, dans la forme et dans l'intention, avec la cr&#233;ation de &lt;i&gt;Projet D&#233;mocratie&lt;/i&gt; et de son pendant, la &lt;i&gt;Fondation nationale pour la D&#233;mocratie&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;NED&lt;/i&gt;), dont Kissinger int&#233;gra le conseil d'administration. &lt;i&gt;Projet D&#233;mocratie&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;NED&lt;/i&gt; ont jou&#233; &#224; l'&#233;poque &#8212; et jouent encore -un r&#244;le cl&#233; dans les op&#233;rations &#171; anti-LaRouche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur chacun de ces points, les diff&#233;rences philosophiques fondamentales qui m'opposaient alors &#224; Kissinger restent les m&#234;mes. Dans les cinq cas, les enqu&#234;tes que nous menions n'&#233;taient pas plus agressives, et certainement moins importunes sur le plan personnel, que celles auxquelles les grandes agences de presse nous ont habitu&#233;s. Devant l'insistance de Kissinger, qui exigeait l&#226;chement du &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;PFIAB&lt;/i&gt; qu'ils neutralisent, par tous les moyens disponibles, la capacit&#233; de mes collaborateurs de poursuivre leurs activit&#233;s journalistiques, ses complices politiques au &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt; et au &lt;i&gt;PFIAB&lt;/i&gt; s'inclin&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'envoi ayant &#233;t&#233; donn&#233; par le &lt;i&gt;PFIAB&lt;/i&gt;, William Webster lan&#231;a le &lt;i&gt;FBI&lt;/i&gt; dans une op&#233;ration anti-LaRouche, tandis que John Keeney chargeait le &lt;i&gt;GLLAS&lt;/i&gt; d'entamer une action contre moi et mes collaborateurs, dans le cadre de l'&lt;i&gt;ordre ex&#233;cutif 12333&lt;/i&gt;, pour de pr&#233;tendues raisons de &#171; s&#233;curit&#233; nationale &#187; et de renseignement ext&#233;rieur. Les cercles du vice-pr&#233;sident Bush, notamment le colonel Oliver North et des conseillers &#224; la s&#233;curit&#233; nationale comme Roy Godson, jouent, depuis janvier 1983, un r&#244;le cl&#233; dans les actions contre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt;, le personnage central de cette op&#233;ration est, depuis 1983 jusqu'&#224; ce jour, le vice-ministre adjoint de la Justice, John Keeney, probablement l'homme le plus corrompu du &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt;. Voil&#224; o&#249; se situe le degr&#233; de moralit&#233; du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; et des autres m&#233;dias qui ont coop&#233;r&#233; &#224; cette op&#233;ration politique durant toute cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de cette op&#233;ration, men&#233;e comme une op&#233;ration de services secrets, peut &#234;tre r&#233;sum&#233; en consid&#233;rant les aspects cruciaux de trois proc&#232;s et d'une action sans pr&#233;c&#233;dent entreprise en octobre 1986. Voici, en gros, ces &#233;l&#233;ments et leurs ramifications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une interminable s&#233;rie de proc&#233;dures de type &#171; grand jury &#187; (1984-1988), suivie d'un proc&#232;s collectif &#224; Boston, implicitement perdu par l'accusation puisqu'il fut annul&#233; au printemps 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s qu'il a &#233;t&#233; mis fin &#224; ce proc&#232;s qui s'&#233;ternisait, mena&#231;ant les jur&#233;s d'&#233;puisement, certains d'entre eux ont d&#233;clar&#233; qu'ils auraient &#224; l'unanimit&#233; acquitt&#233; les pr&#233;venus de tous les chefs d'accusation, du fait que ce proc&#232;s mettait en &#233;vidence les intrigues gouvernementales. Une sentence juridique plus &#233;l&#233;gante sera fournie plus tard par le juge ayant pr&#233;sid&#233; ce proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'annulation du proc&#232;s de Boston, plusieurs jur&#233;s ont &#233;t&#233; &lt;i&gt;interview&#233;s&lt;/i&gt; par le &lt;i&gt;Boston Herald&lt;/i&gt;. Son num&#233;ro du 5 mai 1988 titrait : &#171; le jury de LaRouche aurait vot&#233; &#171; non-coupable &#187; &#187;. Selon cet article, les jur&#233;s ont &lt;i&gt;unanimement d&#233;cid&#233; qu'ils auraient jug&#233; LaRouche, six de ses collaborateurs et leur cinq organisations, innocents de tous les chefs d'accusation, d'apr&#232;s les d&#233;positions pr&#233;sent&#233;es depuis le d&#233;but du proc&#232;s le 7 d&#233;cembre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des jur&#233;s a cit&#233; les abus du gouvernement comme le facteur principal de cette d&#233;cision : &lt;i&gt;il semble que certains membres du gouvernement soient &#224; l'origine de ce probl&#232;me [pour LaRouche] [...] des d&#233;positions ont prouv&#233; que des gens travaillant pour le compte du gouvernement avaient d&#251; &#234;tre impliqu&#233;s dans certaines de ces fraudes pour discr&#233;diter sa campagne.&lt;/i&gt; Voir &lt;i&gt;Railroad !&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &lt;i&gt;Memorandum and Order&lt;/i&gt; du 10 ao&#251;t 1988, le juge Keeton faisait &#233;tat d'&lt;i&gt;irr&#233;gularit&#233;s institutionnelles et syst&#233;miques de la part du minist&#232;re public qui ont eu lieu lors du premier proc&#232;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224;, le gouvernement avait l'option d'intenter contre les pr&#233;venus un nouveau proc&#232;s, qu'il e&#251;t presque certainement perdu. Bien qu'une nouvelle date ait provisoirement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e pour janvier, les procureurs du gouvernement f&#233;d&#233;ral se mirent d'accord pour &#233;viter une d&#233;faite &#224; Boston en ouvrant un proc&#232;s dans une juridiction moins scrupuleuse, &#224; Alexandria (Virginie), avec des chefs d'accusation sp&#233;cialement concoct&#233;s pour l'occasion. Ils s'empress&#232;rent donc d'ouvrir ce nouveau proc&#232;s &#224; Alexandria avant janvier, date o&#249; il aurait d&#251; se tenir &#224; Boston.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but de 1987, la cellule multi-juridictionnelle regroupant diff&#233;rents agents d'&#201;tat et f&#233;d&#233;raux avait d&#233;j&#224; mis en place l'option qui serait utilis&#233;e au proc&#232;s ultra-exp&#233;ditif devant la cour f&#233;d&#233;rale d'Alexandria. Comme on pouvait s'y attendre, apr&#232;s la condamnation &#224; Alexandria, le parquet abandonna le nouveau proc&#232;s de Boston. L'ouverture d'un nouveau proc&#232;s alors qu'un autre est en instance constitue d&#233;j&#224; en soi une proc&#233;dure plus que douteuse. Mais sur l'insistance de la &lt;i&gt;GLLAS&lt;/i&gt; et au gr&#233; du juge Sporkin, ancien officier de la &lt;i&gt;CIA&lt;/i&gt;, la mascarade d'Alexandria devait poursuivre son cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de noter le nombre de fonctionnaires du &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt; et de la &lt;i&gt;GLLAS&lt;/i&gt;, impliqu&#233;s dans le coup mont&#233; contre LaRouche, qui l'&#233;taient aussi dans de faux t&#233;moignages dans l'affaire de l'officier de la &lt;i&gt;CIA&lt;/i&gt;, Edwin Wilson, au d&#233;but des ann&#233;es 1980, puis dans le maquillage des irr&#233;gularit&#233;s de proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, les 6 et 7 octobre 1986, une force arm&#233;e de plus de quatre cents hommes, certains lourdement arm&#233;s de mat&#233;riel militaire, compos&#233; d'agents f&#233;d&#233;raux, d'&#201;tat et locaux, avait envahi et occup&#233; le village de Leesburg, en Virginie. Certains &#233;l&#233;ments de cette &#233;quipe entendaient profiter de l'occasion pour lancer sur mon domicile, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;, une op&#233;ration &#171; de type Waco &#187; (comme on le dira plus tard), pour m'assassiner ainsi que ma femme et d'autres personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certains agents de l'&#233;quipe du &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt; ont reconnu par la suite que tel &#233;tait bien le but du d&#233;ploiement, ceci &#233;tait d&#233;j&#224; confirm&#233;, objectivement, par la fa&#231;on dont les &#233;quipes militaires avaient &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es autour de ma r&#233;sidence depuis le 6 octobre &#224; l'aube jusqu'au petit matin du 7. La fusillade fut cependant &#233;vit&#233;e gr&#226;ce &#224; l'intervention de personnes haut plac&#233;es &#224; Washington qui annul&#232;rent, contre la volont&#233; de William Weld, dirigeant de l'&#233;quipe et chef de la &lt;i&gt;Division criminelle&lt;/i&gt;, le raid contre ma r&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette descente arm&#233;e &#224; Leesburg eut lieu &#224; la veille de la rencontre entre Ronald Reagan et le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du &lt;i&gt;PCUS&lt;/i&gt; Mikha&#239;l Gorbatchev &#224; Reykjavik, en Islande. L'&lt;i&gt;IDS&lt;/i&gt; &#233;tait un th&#232;me central de cette rencontre, alors que le gouvernement Gorbatchev et la presse sovi&#233;tique m'avaient d&#233;nonc&#233;, dans les termes les plus violents, comme l'architecte et le porte-parole de cette doctrine de d&#233;fense. &#201;tant bien connu pour avoir lanc&#233; l'&lt;i&gt;IDS&lt;/i&gt;, telle que Ronald Reagan l'avait officiellement pr&#233;sent&#233;e le 23 mars 1983, mon assassinat &#224; ce moment pr&#233;cis aurait &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; comme un acte ex&#233;cut&#233; par le &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt; &#224; la demande du gouvernement sovi&#233;tique et, implicitement, comme une menace &#224; la vie du Pr&#233;sident am&#233;ricain lui-m&#234;me, avec la complicit&#233; m&#234;me de William Weld.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous am&#232;ne &#224; un autre proc&#232;s, en Virginie, devant d&#233;boucher sur la mise en faillite de nos soci&#233;t&#233;s par les autorit&#233;s f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1987, plusieurs organisations bas&#233;es en Virginie ont fait l'objet d'une saisie et d'une fermeture involontaire, en vertu de la loi f&#233;d&#233;rale sur les faillites d'entreprises. Au cours de proc&#233;dures ult&#233;rieures, cette d&#233;cision allait &#234;tre jug&#233;e comme le r&#233;sultat d'une &#171; tromperie de la Cour &#187; commise par le procureur en question, Henry Hudson. Mais entre-temps, le Tribunal des faillites avait ordonn&#233; la cessation permanente de toute activit&#233; lucrative et de paiements (dont remboursements de la dette) des organisations incrimin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge f&#233;d&#233;ral qui pr&#233;sidait l'affaire, Albert Bryan, refusa d'accorder aux organisations ainsi frapp&#233;es la possibilit&#233; de contester la d&#233;cision du gouvernement. Soulignons qu'au cours de proc&#233;dures post&#233;rieures au proc&#232;s d'Alexandria et &#224; la condamnation de mes co-d&#233;fendeurs et de moi-m&#234;me, la cour f&#233;d&#233;rale a jug&#233; que la mise en faillite constituait en soi un acte de tromperie de la part du &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, en d&#233;pit de ces d&#233;cisions, je suis rest&#233;, pendant plus de quatre ans encore, incarc&#233;r&#233; dans une prison f&#233;d&#233;rale. La cellule anti-LaRouche a pu ainsi continuer &#224; jouir de r&#233;sultats obtenus en trompant le Tribunal des faillites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulevons d'autre part un &#233;l&#233;ment connexe et ant&#233;rieur de cette machination intervenue en f&#233;vrier 1987. Certaines autorit&#233;s de l'&#201;tat de Virginie parvinrent &#224; convaincre une fonctionnaire de faire marche arri&#232;re au sujet des emprunts dont le remboursement allait &#234;tre compromis &#224; cause la mise en faillite des organisations, et de les requalifier en emprunts commerciaux ordinaires, alors que la majorit&#233; d'entre eux &#233;taient de nature politique non commerciale, comme les pr&#234;ts accord&#233;s &#224; l'&#233;poque &#224; certains hommes politiques virginiens pour financer leurs campagnes &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de ces pr&#234;ts &#233;taient &#233;mis sans int&#233;r&#234;t et habituellement ren&#233;goci&#233;s jusqu'au remboursement final. La choquante volte-face de cette fonctionnaire lui valut pour r&#233;compense un poste de juge &#224; la Cour supr&#234;me de l'&#201;tat. Cette combinaison de mesures - la mise en faillite d&#233;cid&#233;e par le gouvernement f&#233;d&#233;ral et la d&#233;cision pr&#233;paratoire de f&#233;vrier prise par des fonctionnaires corrompus - sont des &#233;tapes pr&#233;liminaires cruciales &#224; l'orchestration des inculpations bas&#233;es sur des parjures, prononc&#233;es le 14 octobre 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments produits apr&#232;s le proc&#232;s montrent incontestablement que non seulement des t&#233;moins de l'accusation mais aussi des membres du jury avaient fait de faux t&#233;moignages sous serment ! Les procureurs savaient pertinemment que ces t&#233;moignages &#233;taient faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, courant octobre 1988, le &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt; lan&#231;a, dans le district oriental de Virginie, des poursuites sommaires dont les chefs d'accusation reposaient uniquement sur la mise en faillite d&#233;cid&#233;e en vertu de la loi f&#233;d&#233;rale et les accusations frauduleuses de l'&#201;tat de Virginie. Il y avait douze chefs d'accusation de fraude postale [toute fraude ayant utilis&#233;, d'une fa&#231;on ou d'une autre, les services postaux tombe sous le coup de cette accusation] et un m'accusant personnellement de mener une &#171; conspiration Klein &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re et myst&#233;rieuse accusation signifie que j'avais l'intention &#171; d'emp&#234;cher et d'entraver le fonctionnement de l'&lt;i&gt;Internal Revenue Service&lt;/i&gt; &#187; (le fisc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accusations de fraude postale reposaient sur le non remboursement des emprunts par les soci&#233;t&#233;s que le gouvernement avait lui-m&#234;me ill&#233;galement mises en faillite. L'inculpation provenait du m&#234;me procureur - Henry Hudson - qui &#233;tait &#224; l'origine de la &#171; tromperie de la Cour &#187; ayant emp&#234;ch&#233; la poursuite des remboursements, y compris de certains emprunts d&#233;j&#224; en cause &#224; Alexandria, dans le proc&#232;s pr&#233;sid&#233; par le m&#234;me juge Bryan qui avait interdit &#224; ces soci&#233;t&#233;s toute activit&#233; qui leur aurait permis de continuer &#224; rembourser leurs pr&#234;ts. Cependant, en raison de d&#233;cisions prises avant l'ouverture du proc&#232;s et pendant le proc&#232;s, sur ordre brutal du juge Bryan, il fut interdit aux accus&#233;s d'invoquer la mise en faillite ainsi que la nature des pr&#234;ts en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la d&#233;cision la plus d&#233;terminante fut celle &lt;i&gt;in limine&lt;/i&gt; (restreignante), adopt&#233;e par le juge avant le proc&#232;s, interdisant &#224; la d&#233;fense de produire des &#233;l&#233;ments - que l'accusation savait &#234;tre pertinents - relatifs &#224; la mise en faillite et &#224; d'autres points aff&#233;rents. L'exclusion de ces pi&#232;ces &#233;loquentes &#233;tait destin&#233;e &#224; assurer que l'inculpation d'Alexandria ne soit pas rejet&#233;e par le jury comme l'avait &#233;t&#233; celle de Boston. Si les chefs sp&#233;cifiques de fraude postale pr&#233;sent&#233;s &#224; Alexandria &#233;taient nouveaux et portaient sur des probl&#232;mes l&#233;gaux complexes qui n'avaient pas &#233;t&#233; examin&#233;s &#224; Boston, le chef d'accusation global de conspiration &#233;tait presque une copie conforme, au niveau de ses axiomes, de celui de Boston - la th&#233;orie farfelue de conspiration dont j'aurais &#233;t&#233; l'auteur subsistant dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe multi-juridictionnelle du procureur &#233;tait d&#233;termin&#233;e &#224; exclure toute production des faits, communs aux deux proc&#232;s, qui avaient amen&#233; le jury &#224; r&#233;agir comme il le fit &#224; Boston. Le juge Bryan exclut &#233;galement toute audition de faits relatifs aux nouvelles questions l&#233;gales pos&#233;es par les accusations de fraude postale. Cette d&#233;cision et d'autres prises avant l'ouverture du proc&#232;s devaient assurer qu'il soit, lui-m&#234;me, une fraude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les questions cruciales du proc&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; &#233;tabli que notre mise en faillite ill&#233;gale par la &lt;i&gt;Cour f&#233;d&#233;rale&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; entreprise en vue de justifier des inculpations, autrement intenables, pour fraude sur emprunt. L'opinion partag&#233;e par les membres de l'&#233;quipe multi-juridictionnelle de l'accusation &#233;tait qu'il serait impossible de porter contre LaRouche de telles accusations, &#224; moins de mettre non seulement en faillite les soci&#233;t&#233;s concern&#233;es mais aussi d'en ordonner la fermeture pour les forcer &#224; interrompre tout remboursement de pr&#234;t. Ces &#233;l&#233;ments montrent que la proc&#233;dure de mise en faillite fut lanc&#233;e pour tromper intentionnellement, et pas seulement objectivement, le tribunal des faillites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le recrutement syst&#233;matique de t&#233;moins &#224; charge pour le proc&#232;s d'Alexandria ne commen&#231;a qu'apr&#232;s la proc&#233;dure de mise en faillite. C'est seulement lors de la mise en faillite ill&#233;gale que le &lt;i&gt;FBI&lt;/i&gt; a commenc&#233; a interroger des sympathisants politiques ayant pr&#234;t&#233;s de l'argent au mouvement de LaRouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces soci&#233;t&#233;s utilisaient les services postaux nationaux pour adresser aux pr&#234;teurs des lettres de confirmation sur le statut de leur pr&#234;t, &#224; la fois pour la bonne tenue des livres comptables et afin d'&#233;viter tout malentendu. Par cons&#233;quent, dans la logique irrationnelle du procureur, il s'agissait de &#171; fraude postale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;tabli que l'ensemble de l'accusation de fraude sur les emprunts fut une concoction de l'&#233;quipe de procureurs de Boston et d'Alexandria. L'intention des procureurs f&#233;d&#233;raux &#233;tait de fabriquer un dossier &#224; partir des deux op&#233;rations de f&#233;vrier et d'avril 1987. Il fut d&#233;cid&#233; de maintenir en r&#233;serve ces accusations pour le cas o&#249; les poursuites f&#233;d&#233;rales de Boston &#233;choueraient. Comme le montr&#232;rent d'autres poursuites juridiques lanc&#233;es en d'autres endroits, la qualification de ces emprunts dans ces cas &#233;tait d&#233;lib&#233;r&#233;ment frauduleuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inculpation d'Alexandria fut signifi&#233;e le 14 octobre 1988, deux jours apr&#232;s un discours historique, et m&#234;me proph&#233;tique, que j'avais prononc&#233; &#224; Berlin. Lors de cette conf&#233;rence de presse, LaRouche a pr&#233;vu l'effondrement imminent du syst&#232;me du &lt;i&gt;COMECON&lt;/i&gt; et le r&#233;tablissement de Berlin comme capitale d'une Allemagne r&#233;unifi&#233;e. Le proc&#232;s s'ouvrit le 21 novembre et la condamnation fut prononc&#233;e le 16 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis la sophistication de cette fiction l&#233;gale, la seule raison pour laquelle un proc&#232;s aussi exp&#233;ditif portant sur des questions aussi complexes a pu &#234;tre arrang&#233;, c'est qu'aucun pr&#233;venu n'a &#233;t&#233; autoris&#233; &#224; t&#233;moigner pour sa propre d&#233;fense, en d&#233;pit du fait que j'avais inform&#233; &#224; maintes reprises toutes les parties concern&#233;es de mon intention de le faire. L'un des co-d&#233;fendeurs, lui aussi personnellement d&#233;termin&#233; &#224; t&#233;moigner, n'en a pas eu la possibilit&#233; parce que son avocat ne l'y avait pas pr&#233;par&#233; de mani&#232;re ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'&#233;tais la personne la plus fr&#233;quemment mentionn&#233;e par les procureurs, &#233;tant le principal accus&#233; bien que totalement innocent, le fait que l'on ne m'ait pas permis de r&#233;pondre aux accusations pr&#233;sent&#233;es dans l'inculpation et au cours de la proc&#233;dure signifie que ce proc&#232;s dans son ensemble a forc&#233;ment &#233;t&#233; une mascarade. On peut estimer que mes d&#233;positions &#224; elles seules, lors de l'interrogatoire et du contre-interrogatoire, auraient n&#233;cessit&#233; deux &#224; trois semaines de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs probl&#232;mes se sont pos&#233;s. Premi&#232;rement, apr&#232;s la mise en accusation, certains pr&#233;venus n'ont pas eu suffisamment de temps pour trouver un avocat avant la fixation de la date du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, encore plus significatif, ces avocats, dont certains furent engag&#233;s &#224; la h&#226;te, n'&#233;taient pas tous d'accord pour me laisser d&#233;poser pour ma propre d&#233;fense, de peur que cela ne porte, &#224; leur avis, tort &#224; d'autres accus&#233;s. Comme la plupart de ces avocats refus&#232;rent de se pr&#233;parer en vue de mon t&#233;moignage, je me trouvai de fait priv&#233; de ce droit. Des motions de disjonction furent d&#233;pos&#233;es, mais sommairement rejet&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement, l'issue du proc&#232;s aurait &#233;t&#233; diff&#233;rente. Il s'av&#233;ra plus tard que le refus de me laisser t&#233;moigner fut en grande partie l'oeuvre d'une taupe dans l'&#233;quipe de la d&#233;fense qui allait montrer ses vraies couleurs de mani&#232;re flagrante pendant le proc&#232;s et plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre l'importance que ma d&#233;position aurait eue, certains t&#233;moins &#224; charge ont fait sous serment des d&#233;clarations tout &#224; fait fausses d'une importance cruciale, portant sur plusieurs questions dont j'avais personnellement connaissance et qui pouvaient &#234;tre corrobor&#233;es. Il aurait &#233;t&#233; crucial que le jury m'entende r&#233;futer ces t&#233;moins au cours du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'en pratique, certaines de ces questions, y compris les plus importantes, avaient &#233;t&#233; volontairement et injustement &#233;cart&#233;es par les d&#233;cisions &lt;i&gt;in limine&lt;/i&gt; du juge. N&#233;anmoins, pour ce qui est de nombreux points soulev&#233;s par l'accusation, si l'on avait pu pr&#233;senter les faits, cela aurait permis de constater &#224; quel point les d&#233;positions de certains t&#233;moins &#224; charge &#233;taient mensong&#232;res et l'argumentation des procureurs frauduleuse. Faute pour moi de pouvoir les d&#233;voiler au cours de l'interrogatoire et du contre-interrogatoire, ces questions cruciales n'allaient pas &#234;tre prises en consid&#233;ration par le jury, m&#234;me si bon nombre d'entre elles ont &#233;t&#233; abord&#233;es ou mentionn&#233;es par les avocats de la d&#233;fense dans leurs conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend mieux la port&#233;e de ce point, si on consid&#232;re le nombre de faux t&#233;moignages faits sous serment par des t&#233;moins qui, de toute &#233;vidence, &#233;taient corrompus, et si on tient compte, &#224; partir de la transcription du proc&#232;s, du flot de fausses d&#233;clarations &#233;nonc&#233;es, en toute connaissance de cause, par les avocats de l'accusation. Le fait le plus important, celui que les avocats engag&#233;s &#224; la h&#226;te n'&#233;taient pas qualifi&#233;s pour comprendre, est que toute poursuite &#224; motivation politique est avant tout, par d&#233;finition, un proc&#232;s politique, quels que soient les pr&#233;textes vrais ou faux ayant formellement &#233;t&#233; avanc&#233;s par les procureurs pour obtenir l'inculpation. La d&#233;fense l'a effectivement fait remarquer au juge Bryan, mais celui-ci n'&#233;tait pas dispos&#233; &#224; laisser des consid&#233;rations de v&#233;racit&#233; ralentir le calendrier pr&#233;vu pour son proc&#232;s exp&#233;ditif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit de l'intention m&#234;me du procureur ou du point de vue des implications d&#233;coulant in&#233;vitablement de toute action en justice contre un homme politique en vue, de tels proc&#232;s visent &#224; produire des r&#233;sultats politiques en utilisant des voies juridiques. Dans tous les cas, lorsque toute &#233;vocation des implications politiques est interdite au cours du proc&#232;s, celui-ci devient en soi une fraude, en raison de la falsification du processus. Une personnalit&#233; politique tra&#238;n&#233;e en justice est, par d&#233;finition, un sujet de controverse politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre cas, m&#234;me les chefs d'accusation faisaient &#233;tat d'une motivation politique comme caract&#233;ristique de la pr&#233;tendue fraude postale. Pour ma part, j'avais fait l'objet d'une attaque politique majeure, au cours des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, dans les principaux m&#233;dias de la r&#233;gion o&#249; le jury allait &#234;tre s&#233;lectionn&#233;. Durant les douze ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant le proc&#232;s (surtout les quatre derni&#232;res), l'&#233;tat d'esprit de la population, repr&#233;sent&#233;e par ces jur&#233;s potentiels, avait &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233; par cette propagande. Les d&#233;cisions rendues avant l'ouverture du proc&#232;s par le juge Bryan, ainsi que son examen des jur&#233;s potentiels, n'&#233;taient pas seulement erron&#233;s, mais clairement frauduleux, &#233;tant donn&#233; ce contexte qu'il connaissait parfaitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis &#224; part le probl&#232;me pos&#233; par la s&#233;lection des jur&#233;s, ni eux ni l'ensemble de la Cour ne pouvaient voir clair dans le brouillard entourant cette affaire, si la question du mobile politique n'&#233;tait pas mise en &#233;vidence pour leur permettre de juger de sa pertinence au regard des chefs d'accusation. L'inculpation et le proc&#232;s d'une personnalit&#233; politique sont parfois justifi&#233;s et les accusations port&#233;es peuvent alors repr&#233;senter un simple d&#233;lit du code p&#233;nal ; cependant, m&#234;me dans ce cas, il faut bien pr&#233;senter &#224; la Cour et aux jur&#233;s la question d'une prudente s&#233;paration entre les associations politiques li&#233;es &#224; l'accus&#233; et les faits qui lui sont reproch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans le proc&#232;s de Boston, la capacit&#233; de d&#233;terminer si les accusations au p&#233;nal ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;es pour des raisons politiques ou si elles sont port&#233;es de bonne foi contre une personnalit&#233; politique connue, repr&#233;sente le probl&#232;me le plus important que le jury, et lui seul, doit pouvoir r&#233;soudre dans tout proc&#232;s d'une personnalit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Alexandria, les procureurs aussi bien que le juge d'instance se sont efforc&#233;s, notamment par leur d&#233;cision d'exclure des &#233;l&#233;ments de preuve pertinents, d'emp&#234;cher les membres du jury d'avoir connaissance de l'enjeu r&#233;el de l'affaire. Ainsi, le juge Bryan a d&#233;lib&#233;r&#233;ment tromp&#233; la Cour en falsifiant la pr&#233;sentation des faits. Cette r&#232;gle doit avant tout &#234;tre appliqu&#233;e dans le cas d'une personnalit&#233; politique connue, surtout si elle a &#233;t&#233; victime de calomnies aussi virulentes et frauduleuses que celles auxquelles le &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; et d'autres journaux ont habitu&#233; les membres potentiels du jury dans cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jury ne pouvait rendre qu'une d&#233;cision fortement influenc&#233;e par les consid&#233;rations politiques que les m&#233;dias corrompus avaient divulgu&#233;es pendant de nombreuses ann&#233;es, avant et pendant le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que la population de Virginie a &#233;t&#233; satur&#233;e pendant des mois par la propagande &#233;hont&#233;e r&#233;pandue contre moi par le &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; et pratiquement tous les m&#233;dias &#233;crits et &#233;lectroniques de la r&#233;gion. Ensuite, il faut consid&#233;rer les d&#233;cisions prises avant et pendant le proc&#232;s par le juge d'instance, ainsi que la m&#233;thode exp&#233;ditive et corrompue de s&#233;lection des membres du jury. C'est en toute connaissance de cause que le juge Bryan s'est pr&#234;t&#233; &#224; ce type de manipulations fanatiques avant et pendant le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la personnalit&#233; politique en question, en tant que d&#233;fendeur, a &#233;t&#233; accus&#233;e sur des bases frauduleuses et que la Cour joue le jeu, comme ce fut le cas du juge Bryan, si les m&#233;dias ont fait na&#238;tre, parmi la population, un &#233;tat d'esprit propice au lynchage, comme ce fut le cas ici, et si cet homme politique ne peut prendre la parole pour se d&#233;fendre, au cours de l'interrogatoire, il est presque certain qu'il sera condamn&#233;, aussi innocent soit-il et en d&#233;pit des preuves accablantes le disculpant, pr&#233;sent&#233;es aux jur&#233;s honn&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme devaient le montrer des enqu&#234;tes men&#233;es ult&#233;rieurement, ce jury n'&#233;tait pas honn&#234;te. Voir la &#171; Motion to Vacate, Set Aside, Correct Sentence Under 28 U.S.C. Section 2255 &#187; , USA vs. LaRouche et al, US Court of Appeals, Docket No 92-6701.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce proc&#232;s et son verdict ont inspir&#233; &#224; une &#233;minente autorit&#233; juridique sur le plan international, le professeur Friedrich-August von der Heydte, deux observations g&#233;n&#233;rales. D'abord, il a compar&#233; le proc&#232;s d'Alexandria &#224; celui du c&#233;l&#232;bre capitaine Dreyfus, dont la condamnation inique n'aura n&#233;cessit&#233; que cinq jours de plus que dans le cas du proc&#232;s bien plus complexe contre moi et six de mes collaborateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir : &#171; LaRouche Case Like Dreyfus Affair &#187;, &lt;i&gt;International Commission for Human Rights&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; du 3 mars 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question du droit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur von der Heydte souleva aussi un autre point que je soutenais &#224; l'&#233;poque. La conduite du juge dans cette affaire refl&#233;tait tr&#232;s clairement une corruption sp&#233;cifique et grandissante du droit am&#233;ricain, encore plus inqui&#233;tante que le droit nazi associ&#233; &#224; l'h&#233;ritage de Carl Schmitt et Roland Freisler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette corruption, refl&#233;t&#233;e dans la tendance des cours f&#233;d&#233;rales &#224; adh&#233;rer au principe de John Locke du &#171; profit aux actionnaires &#187;, repr&#233;sente une combinaison de positivisme radical et de conceptions interchangeables sp&#233;cifiques du &#171; profit aux propri&#233;taires d'esclaves &#187; (&lt;i&gt;slaveholders&lt;/i&gt;) et du &#171; profit aux actionnaires &#187; (&lt;i&gt;shareholders&lt;/i&gt;), associ&#233;e &#224; la doctrine de la Conf&#233;d&#233;ration des &#201;tats du Sud et &#224; la doctrine actuelle soutenue par un important &#233;l&#233;ment de la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis, comme en t&#233;moigne le fr&#233;quent recours du juge Scalia au sophisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut comparer le r&#233;sultat d'une telle union entre Locke et le droit positiviste au point de vue qu'incarne, en termes de droit, le personnage fictif de la R&#233;publique de Platon, le tristement c&#233;l&#232;bre Thrasymaque, ou encore aux notions perverties de certains empereurs romains, bien r&#233;els ceux-l&#224;, comme Tib&#232;re, N&#233;ron, Caligula et Diocletien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, dans ce mode positiviste, la table de justice est truqu&#233;e, tout comme une table de jeu, avant m&#234;me que la victime ne s'y assoye. Par la suite, ces repr&#233;sentants de la justice corrompus invoquent les r&#232;gles du truquage pour montrer que le proc&#232;s s'est d&#233;roul&#233; suivant &#171; les r&#232;gles du droit &#187;. Dans notre cas, comme en t&#233;moignent les d&#233;cisions &lt;i&gt;in limine&lt;/i&gt;, il s'agissait des absurdes &#171; r&#232;gles sp&#233;ciales &#187; que ces sophistes avaient concoct&#233;es pour l'occasion. En bons hypocrites, ces m&#234;mes &#171; pharisiens &#187; proclament que puisque le proc&#232;s s'est d&#233;roul&#233; selon leurs r&#232;gles, les proc&#233;dures &#233;taient &#171; loyales &#187; (pour reprendre le terme d'une taupe parmi les avocats de la d&#233;fense).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions d&#233;finies par ces deux observations du professeur von der Heydte, tout comme dans l'ignoble proc&#232;s de Socrate, le mot &#171; justice &#187; n'a plus de sens. Seuls les niais se r&#233;crieraient, dans ces conditions, &#171; mais son proc&#232;s s'est d&#233;roul&#233; en bonne et due forme, suivant les r&#232;gles, n'est-ce pas ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fixe les r&#232;gles et comment ? Comme juger les faiseurs de r&#232;gles ? Peut-on consid&#233;rer les juges comme des membres privil&#233;gi&#233;s d'un club priv&#233; ou ne devraient-ils pas r&#233;pondre &#224; des normes sup&#233;rieures, moins capricieuses ? Si ces r&#232;gles excluent la v&#233;rit&#233;, alors, comme dans le proc&#232;s de Socrate, ce sont les juges qui doivent &#234;tre condamn&#233;s comme repr&#233;sentant un danger pour la r&#233;publique et le bien-&#234;tre de son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre juste, il faudrait inclure ici une autre observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, notre Congr&#232;s a adopt&#233; beaucoup de mauvaises mesures. Certains Pr&#233;sidents ont propos&#233; ou accept&#233; des lois auxquelles, selon toute norme morale concevable, ils auraient d&#251; s'opposer. Suivant la forme de gouvernement &#233;tablie par notre Constitution, la r&#233;paration de ce type d'erreurs doit &#234;tre recherch&#233;e aupr&#232;s de la Cour f&#233;d&#233;rale, qui doit trancher sur ces questions avec une conscience inform&#233;e et cultiv&#233;e, quitte &#224; d&#233;fier l'opinion contraire dominant les autres branches du gouvernement. Cependant, si la Cour f&#233;d&#233;rale se fourvoie, comme cela s'est vu ces vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, seules les forces conjugu&#233;es des deux autres branches ont l'autorit&#233; imm&#233;diate d'en corriger les erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que se passe-t-il si les trois branches ne dissipent pas l'erreur ? Dans ce cas, il n'existe que deux &#171; autorit&#233;s &#187; sup&#233;rieures auxquelles se r&#233;f&#233;rer. L'une est l'expression, m&#251;rement r&#233;fl&#233;chie, de l'int&#233;r&#234;t propre du peuple, en mati&#232;re de d&#233;fense nationale et de bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral ; c'est l'autorit&#233; morale et politique de cette expression du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral qui constitue le fondement de notre D&#233;claration d'Ind&#233;pendance et notre Constitution f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette option &#233;choue, il ne reste plus qu'une autorit&#233;, celle qu'on appelle parfois le jugement de l'histoire. Ainsi, l'histoire punit, ou m&#234;me &#233;limine des nations et des cultures &#224; qui il manque manifestement et incurablement la capacit&#233; morale de survivre. L'autorit&#233; ultime du principe de bien-&#234;tre du peuple est r&#233;volutionnaire, comme l'affirment les premiers paragraphes de la D&#233;claration d'Ind&#233;pendance. Le pouvoir de cette autorit&#233; encore sup&#233;rieure, l'histoire elle-m&#234;me, est d'une qualit&#233; encore plus redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, la seule autorit&#233; v&#233;ritable de la loi humaine est la raison. L'autorit&#233; du gouvernement, son droit d'exister lui-m&#234;me, repose uniquement sur le devoir qui lui incombe de promouvoir efficacement le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral de l'ensemble de la population et de sa post&#233;rit&#233;, comme il est &#233;tabli dans les quatre premiers paragraphes de notre D&#233;claration d'Ind&#233;pendance et dans le Pr&#233;ambule de notre Constitution f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement que l'on doit porter sur tel ou tel syst&#232;me de lois ou sur la mauvaise application chronique de ce syst&#232;me, doit &#234;tre consid&#233;r&#233; &#224; deux niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau le plus simple, on peut le comparer, en premi&#232;re approximation, au mod&#232;le d&#233;ductif d'une g&#233;om&#233;trie euclidienne ; &#224; la d&#233;duction de preuves &#224; partir d'un ensemble sous-jacent de d&#233;finitions, axiomes et postulats d&#233;clar&#233;s et implicites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, au niveau sup&#233;rieur, dans le processus d'&#233;tablissement de lois et de proc&#233;dures judiciaires, on doit reconna&#238;tre que, dans l'art de gouverner comme en sciences physiques, tous les ensembles existants de d&#233;finitions, d'axiomes et de postulats sont sujets &#224; changement, de la m&#234;me mani&#232;re que l'on d&#233;couvre, en science, de nouveaux principes physiques prouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un principe prouv&#233; reste vrai, non seulement de fausses hypoth&#232;ses doivent &#234;tre purg&#233;es mais de nouveaux principes valid&#233;s, auparavant omis, doivent &#234;tre incorpor&#233;s &#224; cette multiplicit&#233; multi-connexe de principes universels v&#233;rifiables. La consid&#233;ration la plus importante &#224; avoir &#224; l'esprit est la distinction entre ce qui est sujet &#224; un tel changement et ce qui ne l'est pas. Ce qui ne peut pas changer, dans un &#201;tat de droit sain, c'est la d&#233;finition de l'&#234;tre humain comme &#233;tant d'une nature diff&#233;rente de celle de toutes les esp&#232;ces inf&#233;rieures. L'adh&#233;sion &#224; ce principe durable d&#233;finit absolument la distinction entre des formes civilis&#233;es de soci&#233;t&#233; et la bestialit&#233; de l'esclavage, du cannibalisme et d'autres formes de barbarie inhumaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant un principe v&#233;rifiable, il faut classer l'empirisme et le positivisme dans la cat&#233;gorie d'id&#233;es fausses et bestiales sur la nature de l'homme, aux c&#244;t&#233;s de l'esclavage, du cannibalisme et du servage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les &#234;tre humains, sommes uniques, par rapport aux autres esp&#232;ces, non seulement en raison de notre pouvoir d'apprendre, mais aussi de d&#233;couvrir de nouveaux principes physiques universels et autres, permettant &#224; notre esp&#232;ce d'accro&#238;tre son pouvoir par t&#234;te dans et sur l'univers. En ceci, nous sommes tous &#233;galement distincts des animaux et, au m&#234;me chef, cr&#233;&#233;s &#233;galement &#224; l'image du &#171; Cr&#233;ateur &#187; de cet univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l&#233;gislation digne de ce nom doit proc&#233;der de la reconnaissance et du respect de ce principe. Comme la D&#233;claration d'Ind&#233;pendance et le Pr&#233;ambule de notre Constitution le reconnaissent sous diverses formes, ce principe de promotion du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral repr&#233;sente la seule base l&#233;gitime de l'existence du gouvernement, c'est la pierre angulaire sous-jacente, invariable, de toute bonne loi et de toute bonne justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans un syst&#232;me de droit honn&#234;te, les probl&#232;mes pos&#233;s par les axiomes sous-jacents sont toujours latents. Les conclusions doivent &#234;tre prouv&#233;es et nous devons toujours garder &#224; l'esprit ces axiomes. Dans chaque aspect &#224; examiner, la question latente reste : quel est le point de vue axiomatique des parties respectives, et de la Cour elle-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une de ces hypoth&#232;ses axiomatiques est-elle fausse, par rapport au sujet en question ? Dans un droit positiviste, ces consid&#233;rations cruciales sont axiomatiquement exclues ; l'affaire est plut&#244;t trait&#233;e comme le feraient les c&#233;l&#232;bres juges **** et ***** de Rabelais, ou d'une mani&#232;re tout aussi haineuse et irrationnelle. Dans un proc&#232;s honn&#234;te, il faut toujours consid&#233;rer implicitement les hypoth&#232;ses axiomatiques sous-jacentes des parties adverses et celles de la Cour. Il faut les traiter activement comme probl&#232;mes axiomatiques, &#224; chaque fois que ce point de controverse axiomatique risque d'influer sur le sujet du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, selon ce principe simple et supr&#234;me de la loi naturelle, le pouvoir cognitif de raison par lequel l'humanit&#233; d&#233;couvre de vrais principes universels, par lequel elle accro&#238;t le pouvoir de notre esp&#232;ce, est en lui-m&#234;me la plus haute autorit&#233; en mati&#232;re d'&#233;tablissement et d'application de la loi nationale et internationale. Ainsi, c'est dans notre d&#233;couverte des moyens d'accro&#238;tre le pouvoir de l'humanit&#233; sur la nature que nous trouvons la preuve de ce que nous appelons &#224; juste titre la raison. C'est &#224; partir de ces pouvoirs de raison, ainsi cultiv&#233;s, que nous pouvons d&#233;terminer les lois qui devraient r&#233;gir nos &#201;tats et aussi nous gouverner nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque notre notion de la loi devient aussi pervertie dans la pratique qu'elle a tendu &#224; le devenir ces trente derni&#232;res ann&#233;es, sans que le peuple intervienne pour la changer, alors le pouvoir de raison r&#233;agira au fait que nous sommes un peuple ayant &#233;gar&#233;, ou m&#234;me perdu, la capacit&#233; morale qui garantit qu'une nation puisse survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un point sur lequel je reviendrai dans ma conclusion. Maintenant, nous devons consid&#233;rer un autre point connexe. La majeure partie des lois, des pratiques juridiques et de l'opinion publique que nous connaissons aujourd'hui est essentiellement irrationnelle. C'est de cette irrationalit&#233; que notre nation doit se lib&#233;rer, si elle veut survivre. Les pires manifestations en sont la violation, ou le non respect, par notre gouvernement de son devoir de promouvoir efficacement le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral ; la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me du gouvernement et des tribunaux en d&#233;pend absolument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soumission du pr&#233;sident Clinton &#224; la pression exerc&#233;e par le vice-pr&#233;sident Al Gore pour qu'il approuve la &#171; r&#233;forme de l'aide sociale &#187; propos&#233;e par le pr&#233;sident de la Chambre Newt Gingrich, ou encore le soutien du &lt;i&gt;Comit&#233; national d&#233;mocrate&lt;/i&gt; &#224; la motion raciste que l'avocat John Keeney continue de pr&#233;senter en son nom, sont typiques du genre d'actes par lesquels un gouvernement, un parti politique, voire toute une nation, sape son autorit&#233; morale &#224; continuer &#224; diriger et &#224; exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir : &#171; Motion to Affirm &#187; [99-1212], soumise &#224; la Cour supr&#234;me par les avocats du &lt;i&gt;DNC&lt;/i&gt;, Joseph Sandler et John Keeney.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'importance suppl&#233;mentaire de l'&#171; affaire LaRouche &#187; est de mettre en &#233;vidence le type de personnalit&#233;s d&#233;sorient&#233;es, sinon folles, qui exercent tant de pouvoir et d'influence dans notre nation. La parodie de justice flagrante et persistante que cette affaire refl&#232;te devrait nous alerter sur ce que nous devons changer, pour assurer que cette nation puisse survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cadre historique de l'affaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la phase finale de la chute du prince Clement Metternich, chancelier d&#233;cadent de l'Empire des Habsbourg, en 1848, le conflit entre deux principes de gouvernement mutuellement incompatibles domine toutes les grandes affaires de chacune des nations de la civilisation europ&#233;enne telle qu'elle s'est r&#233;pandue dans le monde. L'affaire LaRouche, r&#233;sum&#233;e ci-dessus, ne fait pas exception &#224; cette r&#232;gle. Le grand conflit actuel au sein d'un Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain en pleine crise morale non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle, le d&#233;clin et la chute de la vieille aristocratie fonci&#232;re f&#233;odale et princi&#232;re a laiss&#233; la civilisation europ&#233;enne en proie &#224; un conflit entre deux forces sociales oppos&#233;es. D'un c&#244;t&#233;, la forme moderne triomphante de l'oligarchie financi&#232;re au pouvoir, une forme de soci&#233;t&#233; et d'&#201;tat produite en Hollande et en Angleterre sous l'influence directe des familles de l'oligarchie financi&#232;re v&#233;nitienne, dirig&#233;es successivement par des personnalit&#233;s comme Paolo Sarpi et l'abb&#233; Antonio Conti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette oligarchie financi&#232;re que nos compatriotes combattirent, en s'opposant autant &#224; la tyrannie sanglante de Guillaume d'Orange qu'&#224; la nouvelle monarchie britannique &#233;tablie lors de l'accession de George Ier au tr&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique des &#201;tats-Unis, cr&#233;&#233;e dans ces circonstances, &#233;tait d'une forme toute nouvelle. Elle plongeait ses racines dans les r&#233;formes de Solon &#224; Ath&#232;nes, dans le combat de la Gr&#232;ce classique pour la cr&#233;ation de r&#233;publiques et dans la conception oecum&#233;nique de l'homme qu'apport&#232;rent &#224; la culture grecque classique des ap&#244;tres de J&#233;sus-Christ comme Pierre, Jean et Paul. Les fondateurs de notre R&#233;publique constitutionnelle suivirent les pr&#233;c&#233;dents de l'art de gouverner &#233;tablis par le roi fran&#231;ais Louis XI et par Henri VII d'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des XVI&#232;me et XVII&#232;me si&#232;cles, alors que la situation en Europe n'&#233;tait pas politiquement favorable &#224; la mise sur pied de vraies r&#233;publiques conformes aux principes du bien commun d&#233;fendus par Louis XI et Henry VII, les Europ&#233;ens vou&#233;s &#224; cette cause &#233;tablirent des colonies dans les Am&#233;riques. Ces colonies, du moins les meilleures d'entre elles, comme la colonie du Massachusetts des Winthrop et Mather, cherch&#232;rent &#224; b&#226;tir de v&#233;ritables &#171; &lt;i&gt;commonwealths&lt;/i&gt; &#187;, ou r&#233;publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur but &#233;tait non seulement de voir prosp&#233;rer ces r&#233;publiques naissantes, mais qu'elles deviennent, pour reprendre les mots prononc&#233;s plus tard par notre ami le marquis de Lafayette, &lt;i&gt;des temples de libert&#233; et des phares d'espoir pour nos amis et alli&#233;s politiques parmi les peuples d'Europe et d'ailleurs ravag&#233;s par les conflits.&lt;/i&gt; Ce r&#244;le et cette mission, &#224; savoir la promotion d'une communaut&#233; de principes parmi des r&#233;publiques parfaitement souveraines, ont jou&#233; un r&#244;le crucial dans la persistance de notre r&#233;publique. Tous nos grands patriotes ont reconnu que telle &#233;tait la v&#233;ritable destin&#233;e manifeste des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, m&#234;me &#224; ce jour, l'Europe n'a pas encore r&#233;ussi &#224; &#233;tablir des formes durables de v&#233;ritables r&#233;publiques constitutionnelles. De grandes r&#233;formes, inspir&#233;es en particulier par notre propre combat pour la libert&#233; contre notre oppresseur, l'oligarchie britannique, ont bien eu lieu. Pendant un temps, certains d'entre nous avaient de bonnes raisons d'esp&#233;rer que le pr&#233;sident Charles de Gaulle am&#232;nerait la France &#224; devenir une vraie r&#233;publique. H&#233;las, malgr&#233; les grandes r&#233;formes de d&#233;mocratisation qui se sont produites dans le vieux monde, les constitutions europ&#233;ennes ne sont encore que des reliques r&#233;form&#233;es d'institutions de pouvoir f&#233;odales, dans une configuration o&#249; les parlements sont tant&#244;t les victimes d'une oligarchie financi&#232;re op&#233;rant comme un marionnettiste derri&#232;re le rideau, tant&#244;t le ma&#238;tre des affaires de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les int&#233;r&#234;ts oligarchiques anglo-am&#233;ricains d&#233;truisent, depuis 1992, le syst&#232;me politique souverain de l'Italie et que les centres oligarchiques anglo-am&#233;ricains ont r&#233;cemment d&#233;clench&#233; une d&#233;stabilisation similaire des institutions politiques repr&#233;sentatives de l'Allemagne, et potentiellement de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, depuis la cr&#233;ation de notre propre r&#233;publique constitutionnelle, nous nous sommes souvent trahis nous-m&#234;mes. Aujourd'hui, comme souvent dans le pass&#233;, notre nation est plus souvent victime de puissantes forces internes, intrins&#232;quement perverses, que de quelque puissance &#233;trang&#232;re. Nos rangs comptent essentiellement deux ennemis puissants, et une troisi&#232;me cause des malheurs r&#233;currents que nous nous infligeons &#224; nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier des deux ennemis de marque que notre r&#233;publique a nourri en son sein, c'est l'oligarchie financi&#232;re qui a &#233;tabli &#224; l'&#233;poque son centre &#224; &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; (New York), autour des cercles de l'agent du &lt;i&gt;Foreign Office&lt;/i&gt; britannique Aaron Burr ; et, deuxi&#232;mement, la tradition oligarchique des planteurs propri&#233;taires d'esclaves, associ&#233;e &#224; la Conf&#233;d&#233;ration des &#201;tats du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me ennemi, c'est la folie persistante qui r&#232;gne chez le citoyen ordinaire de notre nation &#8212; celui &#224; propos duquel le pr&#233;sident Abraham Lincoln fit observer qu'&lt;i&gt;on pouvait duper tout le monde pendant un temps et la plupart des gens, comme aujourd'hui, tout le temps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propension persistante qu'a la majorit&#233; d'entre nous &#224; se laisser duper est la troisi&#232;me source, et la plus importante, de tous les malheurs dont nous avons endur&#233;s depuis la cr&#233;ation de notre r&#233;publique. Tout au long de notre histoire, la minorit&#233; perverse, les int&#233;r&#234;ts financiers oligarchiques concert&#233;s de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; dans la tradition de la &lt;i&gt;Bank of Manhattan&lt;/i&gt; d'Aaron Burr et des propri&#233;taires d'esclaves, cette minorit&#233; a trop souvent r&#233;ussi &#224; prendre le gouvernail, uniquement &#224; cause de la disposition de la majorit&#233; de notre peuple &#224; se comporter en dupes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que l'h&#233;ritage oligarchico-financier, repr&#233;sent&#233; par les int&#233;r&#234;ts de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; et ses cabinets juridiques, et l'h&#233;ritage de John Locke transmis aux propri&#233;taires d'esclaves, sont les seuls v&#233;ritables ennemis politiques que je rencontre aux &#201;tats-Unis. Les autres adversaires que j'ai sont simplement des gens de divers horizons qui se comportent, sans originalit&#233;, de mani&#232;re irrationnelle. Comprendre le conflit qui m'oppose &#224; ces ennemis politiques et &#224; certains de leurs laquais comme John Keeney du d&#233;partement de la Justice, c'est comprendre les principaux enjeux de l'op&#233;ration en cours depuis trente ans pour arr&#234;ter LaRouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question politique qui sous-tend le comportement criminel de la bureaucratie permanente du &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt; est, au fond, la m&#234;me que celle d&#233;crite par Henry Kissinger, dans son discours &#224; &lt;i&gt;Chatham House&lt;/i&gt;, comme le conflit entre le pr&#233;sident Franklin Roosevelt et Winston Churchill. C'est le seul conflit essentiel qui nous oppose, Kissinger et moi, ces trente derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, comme ces mod&#232;les de corruption que furent en leur temps Fouch&#233; et Talleyrand, les cr&#233;atures actuelles comme John Keeney et Henry Kissinger, ou encore M. Zbigniew Brzezinski de la &lt;i&gt;Trilat&#233;rale&lt;/i&gt;, ne sont que des laquais en livr&#233;e d&#233;guis&#233;s en officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour situer les enjeux actuels, on doit d'abord les aborder selon la fameuse prescription de l'Anglais Alexander Pope : &lt;i&gt;pardon, Monsieur, de qui &#234;tes-vous le chien ?&lt;/i&gt; Il faut identifier les simples laquais d'apr&#232;s leurs ma&#238;tres. L'origine approximative de ce conflit politique actuel remonte &#224; l'assassinat du pr&#233;sident William McKinley en 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet assassinat, arrang&#233; par l'interm&#233;diaire d'Emma Goldman, permit &#224; un rejeton de la Conf&#233;d&#233;ration, Theodore Roosevelt, d'acc&#233;der &#224; la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir : &#171; Why the British Kill American Presidents &#187;, pamphlet du &lt;i&gt;New Federalis&lt;/i&gt;t, d&#233;cembre 1994, pages 24 &#224; 31 ; et &#171; Why the British Kill American Presidents &#187; d'Anton Chaitkin, manuscrit d'un livre non-publi&#233;, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce Roosevelt, ainsi que Woodrow Wilson (qui devint Pr&#233;sident gr&#226;ce &#224; lui), qui op&#233;r&#232;rent dans nos institutions les changements d&#233;sastreux qui nous ont conduits &#224; plusieurs reprises au bord de l'ab&#238;me au cours des cent derni&#232;res ann&#233;es. La Division criminelle du &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt;, telle que le repr&#233;sentent John Keeney et le &lt;i&gt;FBI&lt;/i&gt; de J. Edgar Hoover, est une cr&#233;ation exemplaire de la pr&#233;sidence de Theodore Roosevelt contr&#244;l&#233;e par &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette division est, aujourd'hui encore, l'une des marionnettes d&#233;cisives de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; dans la bureaucratie permanente de notre gouvernement. La personnalit&#233; satanique du bureaucrate Keeney est typique de ces simples marionnettes &#224; la botte des int&#233;r&#234;ts financiers de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; et de ses cabinets juridiques. Fait r&#233;v&#233;lateur : l'anc&#234;tre du &lt;i&gt;FBI&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;National Bureau of Investigation&lt;/i&gt; (Bureau national d'enqu&#234;te), fut cr&#233;&#233; par le ministre de la Justice de Theodore Roosevelt, Charles Bonaparte, membre authentique de la famille Bonaparte qui ne cacha pas son intention de cr&#233;er aux &#201;tats-Unis un bureau de police politique de style bonapartiste. Il proposa une police politique secr&#232;te, comme celle qui s&#233;vissait sous l'empereur Napol&#233;on et son neveu Napol&#233;on III, d&#233;l&#233;gu&#233; par lord Palmerston pour gouverner la France. Le &lt;i&gt;FBI&lt;/i&gt; de J. Edgar Hoover m&#233;ritait bien la qualification de police politique secr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir l'appendice C : &#171; The FBI : An American Okhrana &#187; in &lt;i&gt;Dope Inc&lt;/i&gt;. : le livre qui a rendu fou Kissinger (Washington : &lt;i&gt;Executive Intelligence Review&lt;/i&gt;, 1992).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre fait r&#233;v&#233;lateur : le mentor de Theodore Roosevelt, son oncle farouchement anglophile, le capitaine James Bulloch, qui dirigea le service de renseignement ext&#233;rieur des &#201;tats conf&#233;d&#233;r&#233;s d'Am&#233;rique, est c&#233;l&#232;bre pour sa trahison &#224; la cause des &#201;tats-Unis. &#171; Teddy &#187; repr&#233;sentait, tout comme son patron adoptif, le courant anglophile du Parti r&#233;publicain fid&#232;le &#224; &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt;, qui &#233;tait le pire ennemi des r&#233;publicains de la tradition de Lincoln, comme Garfield, Blaine et McKinley.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Woodrow Wilson, l'homme mis &#224; la pr&#233;sidence par Theodore Roosevelt, &#233;tait un admirateur fanatique du &lt;i&gt;Ku Klux Klan&lt;/i&gt;. C'est lui qui lan&#231;a la mobilisation de masse en faveur d'un renouveau du &lt;i&gt;Klan&lt;/i&gt;, &#224; partir de la &#171; Maison de l'Ex&#233;cutif &#187; que Theodore Roosevelt avait rebaptis&#233;e &#171; Maison Blanche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, r&#233;publicains et d&#233;mocrates de New York &#233;taient des pi&#232;ces interchangeables. La campagne de Tilden avait mis fin &#224; la &lt;i&gt;Reconstruction&lt;/i&gt; [r&#233;int&#233;gration des &#201;tats du Sud dans les &#201;tats-Unis] et la pr&#233;sidence de Cleveland avait instaur&#233;, sous le nom usurp&#233; de &#171; r&#233;forme &#187;, une bureaucratie f&#233;d&#233;rale permanente contr&#244;l&#233;e par &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt;, ainsi que la doctrine Jim Crow [de s&#233;gr&#233;gation des Noirs] connue par le slogan &#171; races s&#233;par&#233;es mais &#233;gales &#187;. Ainsi les fils de la Conf&#233;d&#233;ration et &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; ne faisaient qu'un dans leur d&#233;termination &#224; arracher et &#233;radiquer l'h&#233;ritage de pr&#233;sidents comme Washington, Monroe, Quincy Adams, Lincoln, Garfield et McKinley.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une perfidie typique, Theodore Roosevelt r&#233;compensa ceux qui l'avaient port&#233; &#224; la pr&#233;sidence en pr&#233;cipitant le rachat par des financiers de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; et de Londres des avoirs des entrepreneurs productifs am&#233;ricains, sous pr&#233;texte de &#171; d&#233;mant&#232;lement des trusts &#187;. La conception du syst&#232;me de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, d&#233;cid&#233;e &#224; l'initiative de Jacob Schiff, principal agent financier du roi Edward VII aux &#201;tats-Unis, et la mise en place de ce syst&#232;me par le pr&#233;sident Woodrow Wilson sont typiques du caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire des changements introduits aux &#201;tats-Unis, y compris au niveau &#233;conomique, sous les pr&#233;sidences successives de Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson et Calvin Coolidge. Sans le &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt; du pr&#233;sident Franklin Roosevelt, les &#201;tats-Unis en tant que r&#233;publique n'auraient pas pu survivre aux ravages de ces gouvernements pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es suivant l'assassinat du pr&#233;sident John F. Kennedy [1963], qui s'&#233;tait en toute connaissance de cause engag&#233; &#224; faire revivre le legs de Franklin Roosevelt, je suis entr&#233; dans une phase nouvelle de ma vie personnelle. Mes principes restaient, axiomatiquement, les m&#234;mes que ceux ayant d&#233;fini les trente premi&#232;res ann&#233;es de ma vie. Par contre, au milieu des ann&#233;es 1960, j'ai pris conscience d'un nouveau sens de responsabilit&#233; et de mission personnelles, vou&#233; &#224; d&#233;fendre notre nation contre les plus grands dangers dont je pr&#233;voyais &#224; l'&#233;poque l'&#233;mergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit il y avait, &#224; cette &#233;poque, tr&#232;s peu d'individus pr&#234;ts &#224; accepter cette responsabilit&#233;, soit, s'ils existaient, ils ont disparu sans crier gare. Ainsi mon propre r&#244;le &#233;mergent dans la vie politique a &#233;t&#233; unique, d'abord sur le plan national puis, de plus en plus, dans le monde entier. Corr&#233;lativement, l'unicit&#233; relative de mes qualifications explique en contrepartie la relative unicit&#233; des campagnes d'assassinat, de diffamation et de poursuites que le &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt; et ses ma&#238;tres de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; ont men&#233;es contre moi, &#224; travers le monde, au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, surtout apr&#232;s l'assassinat de Martin Luther King, je me suis trouv&#233; au milieu d'un vide politique de plus en plus grand en mati&#232;re de &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt; politique, un manque g&#233;n&#233;ral des qualit&#233;s sp&#233;cifiques de &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt; n&#233;cessaires pour ramener la nation au moins au niveau de qualit&#233; de vision caract&#233;ristique des meilleurs aspects de la tradition de Lincoln et du legs de Franklin Roosevelt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976, j'&#233;tais d&#233;j&#224; le plus comp&#233;tent des candidats &#224; la Pr&#233;sidence. Pour le salut de notre nation, j'aurais d&#251; devenir Pr&#233;sident en 1980 ou 1988. Aujourd'hui, je suis le seul candidat v&#233;ritablement qualifi&#233; pour &#234;tre Pr&#233;sident dans la conjoncture de crise actuelle. Prenez la question sous un autre angle ; pourquoi aucun autre candidat qualifi&#233; ne s'est-il pr&#233;sent&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent ? Il devrait y avoir des dizaines de candidats qualifi&#233;s en lice pour les conventions respectives des partis. Le processus d'&#233;limination a exclu du choix r&#233;el de nos citoyens le candidat que les int&#233;r&#234;ts oligarchiques sont le plus fanatiquement d&#233;termin&#233;s &#224; &#233;craser et &#233;liminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, mon r&#244;le dans notre vie politique &#233;tait celui d'un &#171; trouble-f&#234;te &#187;, d'un critique des absurdit&#233;s pr&#233;valant &#224; l'&#233;poque. Apr&#232;s les d&#233;cisions insens&#233;es du pr&#233;sident Richard Nixon annonc&#233;es &#224; la mi-ao&#251;t 1971, ma situation a vite chang&#233;. Etant donn&#233; la conjugaison exceptionnelle entre mes qualifications de penseur original cultiv&#233; et d'&#233;conomiste et mon temp&#233;rament, j'ai commenc&#233; &#224; devenir une nouvelle personnalit&#233; politique significative pour notre nation et parmi des nations &#233;trang&#232;res. Ceci a amen&#233; les ma&#238;tres de nos enclos &#224; moutons et de nos abattoirs politiques &#224; r&#233;agir promptement ; d&#232;s la fin 1973, ils avaient d&#233;cid&#233; d'orchestrer mon assassinat [devant &#234;tre perp&#233;tr&#233;] par des pantins du &lt;i&gt;FBI&lt;/i&gt; au sein du &lt;i&gt;Comit&#233; national du Parti communiste des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en t&#233;moigne le comportement des principaux m&#233;dias depuis 1973 et comme le confirment les trois d&#233;cennies des op&#233;rations toujours en cours du &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice contre moi&lt;/i&gt;, les g&#233;rants oligarchiques de nos enclos &#224; moutons politiques sont toujours &#224; l'oeuvre. Pensez &#224; la mani&#232;re dont les &#233;leveurs de b&#233;tail g&#232;rent leurs troupeaux. Les cr&#233;atures grasses, les plus rentables et bien g&#233;rables, seront gard&#233;es ; celles qui sont difficiles &#224; contr&#244;ler ou peu dispos&#233;es au travail, ou celles qui sont simplement jug&#233;es trop nombreuses par rapport aux besoins de leur propri&#233;taire, sont &#233;limin&#233;es pour en faire de l'engrais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de la m&#234;me mani&#232;re que les n&#233;griers triaient leurs captifs. C'est de la m&#234;me mani&#232;re que les oligarchies, &#224; travers les &#226;ges de l'histoire connue, ont g&#233;r&#233; les troupeaux politiques qu'elles gouvernaient. Traditionnellement, comme en atteste le cas de l'assassinat de Martin Luther King, pris pour cible par Edgar Hoover, les oligarchies et leurs laquais n'attendent pas qu'un sp&#233;cimen insolent devienne une menace s&#233;rieuse &#224; leurs manigances, comme le devint le pr&#233;-candidat pr&#233;sidentiel Robert Kennedy, elles ont tendance &#224; les faire assassiner avant qu'ils n'aient l'occasion de se d&#233;velopper et de devenir une menace s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est presque une question d'instinct : l'instinct de tuer ce qu'ils n'aiment pas. Chez les g&#233;rants plus avis&#233;s de troupeau politique, on a des motifs plus recherch&#233;s pour justifier les meurtres et autres mesures destin&#233;es &#224; purger le troupeau populaire de ses &#233;l&#233;ments ind&#233;sirables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En y r&#233;fl&#233;chissant s&#233;rieusement, on comprend que Martin Luther King &#233;tait la personne la plus qualifi&#233;e, personnellement, pour devenir Pr&#233;sident en 1968 et il aurait d&#251; le devenir, s'il avait v&#233;cu, en 1972 ou 1976. Il avait fait la preuve de sa capacit&#233; &#224; mobiliser la majeure partie de la nation pour la cause de la justice pour tous, qualit&#233; rare parmi les candidats des trois derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est dans la nature de toute soci&#233;t&#233; oligarchique de s'enfoncer dans des crises auto-inflig&#233;es dont les implications sont existentielles. De telles crises tendent &#224; susciter une r&#233;ceptivit&#233; populaire grandissante, n&#233;e du d&#233;sespoir, &#224; de nouvelles id&#233;es. J'appelle ce ph&#233;nom&#232;ne l'&#171; effet Pearl Harbor &#187; : ce sont les modifications souvent soudaines du caract&#232;re et de la vision de la majorit&#233; de la population qui surviennent au moment o&#249; &#171; la bombe tombe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans de telles circonstances, de nouveaux dirigeants potentiels se font entendre, il est possible d'effectuer d'importants changements dans la soci&#233;t&#233;. Si de tels dirigeants font d&#233;faut ou ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s au pr&#233;alable, la vieille oligarchie gardera le pouvoir ou le regagnera bient&#244;t, et le &#171; m&#234;me bon vieux foutoir repart pour un tour &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;tat de b&#233;tail humain est &#233;tranger &#224; l'authentique nature humaine, l'impulsion qu'aura la population, en particulier les jeunes, &#224; &#233;tablir de nouvelles institutions conformes &#224; la nature humaine r&#233;elle, est relativement forte, surtout pendant des crises de choc - au moins pendant une p&#233;riode relativement courte. Dans ces circonstances, de grands changements pour le meilleur peuvent se produire. L'int&#233;r&#234;t propre de l'oligarchie consiste soit &#224; emp&#234;cher de tels changements, soit &#224; s'y adapter dans l'intention de regagner sa vieille puissance, peut-&#234;tre m&#234;me sous une forme l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e, une fois que la population sera retomb&#233;e dans les banales pr&#233;occupations de ses petits int&#233;r&#234;ts personnels et locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re, de ce point de vue historique, les cas de Franklin Roosevelt et de John Kennedy, on comprend ais&#233;ment la haine &#233;prouv&#233;e par l'oligarchie envers ces deux hommes, aujourd'hui encore. Alors, comme aujourd'hui, l'oligarchie et ses laquais se disent : &lt;i&gt;il faut emp&#234;cher que cela se reproduise jamais !&lt;/i&gt; Cette r&#233;action est pratiquement une question d'instinct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'est pas dirig&#233;e uniquement contre les originaux qui pourraient devenir Pr&#233;sidents. La r&#232;gle de l'oligarchie est d'&#233;liminer &#224; tous les niveaux les vraies impulsions r&#233;publicaines qui risquent de devenir g&#234;nantes. Tuer ces individus, les emprisonner, les diffamer ou les neutraliser autrement, m&#234;me en faisant appel &#224; des t&#233;moins &#224; charge qui ont &#233;t&#233; corrompus personnellement ou financi&#232;rement, comme ce fut le cas lors des proc&#232;s de Boston et d'Alexandria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, les coupables au &lt;i&gt;d&#233;partement de la Justice&lt;/i&gt;, au &lt;i&gt;FBI&lt;/i&gt;, dans la bureaucratie du &lt;i&gt;Comit&#233; national d&#233;mocrate&lt;/i&gt; et les m&#233;dias, sont simplement des laquais. Mais comme l'histoire f&#233;odale nous l'enseigne, ce sont les laquais qui font d'habitude le sale boulot de leurs ma&#238;tres et qui semblent, comme les SS nazis, y prendre le plus de plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 1973, les laquais du &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt; ont dit : &lt;i&gt;tuez-le !&lt;/i&gt; Plus tard, lorsque j'ai commenc&#233; &#224; jouer un r&#244;le marginal sur le plan international et que je me suis pr&#233;sent&#233; &#224; la Pr&#233;sidence, l'oligarchie a jug&#233; que j'&#233;tais potentiellement encore plus dangereux qu'en 1973. En 1982, mon influence internationale &#233;tait telle que les oligarques ont d&#233;cid&#233; de m'&#233;liminer ainsi que tout ce qui m'&#233;tait associ&#233;. Ils avaient effectivement peur que quelqu'un ne reprenne ce que j'&#233;tais engag&#233; &#224; faire, c'est-&#224;-dire utiliser la crise globale qui se profilait pour r&#233;tablir le &#171; syst&#232;me am&#233;ricain &#187; et son h&#233;ritage. Et c'est en effet ce que je ferai, si j'en ai les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, ceci est la seule et unique v&#233;ritable raison des poursuites et autres sales op&#233;rations contre moi et mes amis. Le souci de l'oligarchie et de ses laquais est de se d&#233;barrasser de moi co&#251;te que co&#251;te. Seules des consid&#233;rations d'avantages factieux et d'opportunit&#233; politique les dissuadent de m'&#233;liminer purement et simplement &#224; n'importe quel moment. Je redoute ce qu'il adviendra de vous tous qui me survivrez, si je suis emport&#233; de cette fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu historique de ces proc&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison principale pour laquelle &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; et la Cour supr&#234;me s'oppos&#232;rent avec acharnement au pr&#233;sident Roosevelt, c'est qu'il d&#233;fendait la cause pour laquelle les fondateurs de notre nation avaient d&#233;clar&#233; l'ind&#233;pendance et &#233;tabli notre R&#233;publique f&#233;d&#233;rale constitutionnelle. Cette cause est exprim&#233;e, comme je l'ai d&#233;j&#224; soulign&#233; ici, dans les trois premiers paragraphes de la D&#233;claration d'ind&#233;pendance de 1776 et dans le Pr&#233;ambule de la Constitution f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce Pr&#233;ambule, le plus important principe fondamental de droit sur lequel reposent axiomatiquement les autres aspects distincts de la Constitution, est le principe du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral. Tel fut le point fondamental de d&#233;saccord entre le pr&#233;sident Franklin Roosevelt et les forces oligarchiques de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; et de la Cour Supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est &#233;galement aujourd'hui le motif axiomatique de la haine que me vouent nos oligarques. C'est enfin le principe qui permet de comprendre ce qui est moralement pourri dans le caract&#232;re politique et autre de la majorit&#233; des pr&#233;tendus chr&#233;tiens et autres hypocrites aux &#201;tats-Unis aujourd'hui. C'est ainsi que l'histoire politique des &#201;tats-Unis au XX&#232;me si&#232;cle est devenue le conte des deux pr&#233;sidents Roosevelt : Teddy le r&#233;n&#233;gat contre Franklin le patriote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la racine de cette opposition se trouvent deux conceptions mutuellement incompatibles de la nature humaine individuelle : d'une part la notion de l'homme dot&#233; du pouvoir de cognition, pour qui nous sommes tous &#233;galement faits &#224; l'image du &#171; Cr&#233;ateur de l'univers &#187;, et d'autre part, la notion oligarchique oppos&#233;e, celle d'une nature humaine axiomatiquement bestiale et empiriste, telle qu'elle s'exprime &#224; la fois dans la fable satanique de Bernard de Mandeville (La Fable des abeilles) et dans les notions apparent&#233;es de &#171; profit aux propri&#233;taires d'esclaves &#187; et de &#171; profit aux actionnaires &#187;, ce dernier &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme axiomatiquement supr&#234;me dans la proc&#233;dure l&#233;gislative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir : Bernard de Mandeville, &lt;i&gt;La fable des abeilles ou Vices priv&#233;s&lt;/i&gt;, b&#233;n&#233;fices publics (Londres ; 1714).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mandeville recommanda la l&#233;galisation de tous les vices, arguant que les processus myst&#233;rieux d'interactions entre les impulsions des individus doivent automatiquement produire un r&#233;sultat conforme &#224; l'int&#233;r&#234;t public. Cette m&#234;me doctrine satanique de Mandeville fut explicitement adopt&#233;e par Friedrich von Hayek comme pr&#233;misse &#171; religieuse &#187; de la &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin&lt;/i&gt; qu'il co-fonda avec le professeur Milton Friedman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233; est l'inspiratrice de la &lt;i&gt;Heritage Foundation&lt;/i&gt; de Washington et d'un certain nombre d'organisations pratiquant le culte du &#171; libre &#233;change &#187; qui polluent aujourd'hui la sc&#232;ne politique. Adam Smith, pantin de lord Shelburne, adopta la doctrine satanique de Mandeville comme aspect central de sa Th&#233;orie des sentiments moraux de 1759 et il adopta aussi le dogme implicitement frondiste du laissez-faire pro-f&#233;odal du Dr Fran&#231;ois Quesnay. C'est l'un des nombreux aspects du dogme physiocrate, dont Smith s'est fait le plagiaire dans &lt;i&gt;La richesse des nations&lt;/i&gt;. On peut se demander si le juge Scalia de la Cour Supr&#234;me reconna&#238;t les origines sataniques de sa propre r&#233;ponse au dogme du profit aux actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit mieux l'enjeu de cette bataille juridique lorsqu'on consid&#232;re le fait que la Cour f&#233;d&#233;rale tol&#232;re le meurtre de masse des citoyens que constitue l'application de la th&#233;orie du &#171; profit aux actionnaires &#187; aux organisations de sant&#233; priv&#233;es (HMO), &#224; la r&#233;forme de l'aide sociale, &#224; la S&#233;curit&#233; sociale [les retraites], etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Implicitement, &#224; chaque fois que la Cour, entre autre, d&#233;fend les pr&#233;misses du profit aux actionnaires ou des pr&#233;misses apparent&#233;es, dans des d&#233;cisions d&#233;favorables au principe du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral, cela revient &#224; uriner sur la D&#233;claration d'Ind&#233;pendance et la Constitution f&#233;d&#233;rale, autant d'actes qui sont consid&#233;r&#233;s &#224; juste titre comme incriminables. Consid&#233;rons, &#224; titre d'exemple pertinent, les grandes d&#233;cisions associ&#233;es aux r&#233;gimes des gouverneurs dirigeant (et ruinant) les &#201;tats f&#233;d&#233;raux du Texas, de Floride et de Virginie. Consid&#233;rons &#224; cette lumi&#232;re l'histoire r&#233;cente des d&#233;cisions pertinentes de la Cour supr&#234;me. Gardons en t&#234;te, en consid&#233;rant ce sujet, l'expression &#171; purifier le b&#233;tail populaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envisageons le cas dans lequel un condamn&#233; &#224; mort peut encore compter sur la production future d'&#233;l&#233;ments de preuve montrant soit qu'il est en toute probabilit&#233; innocent, soit que le proc&#232;s lui-m&#234;me a &#233;t&#233; si entach&#233; d'injustice qu'il faut en ouvrir un nouveau. Consid&#233;rons le nombre de condamn&#233;s &#224; mort qui ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s &#224; la h&#226;te, au m&#233;pris d'indications tendant &#224; prouver des irr&#233;gularit&#233;s de ce type au niveau du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons aussi le nombre de fois que les autorit&#233;s judiciaires et autres aux niveaux des &#201;tats et f&#233;d&#233;ral ont argu&#233; que le d&#233;sir d'&#233;tablir la &#171; finalit&#233; &#187; parfaite des condamnations &#224; mort &#233;tait plus important que les consid&#233;rations de v&#233;rit&#233; et de justice. Dans combien de cas la Cour supr&#234;me a-t-elle, par ses d&#233;cisions, ordonn&#233; l'accomplissement de l'ex&#233;cution ou implicitement autoris&#233; des instances de moindre niveau &#224; mettre fin aux recours. Consid&#233;rons alors l'&#233;tat d'esprit perverti affich&#233; dans ce domaine par les deux fils de l'ancien pr&#233;sident George Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que laisse &#224; penser la seule existence d'une telle situation, au sujet de tout le syst&#232;me de la justice f&#233;d&#233;rale aujourd'hui ? Que le syst&#232;me de justice f&#233;d&#233;ral est devenu un jeu de d&#233;s, truqu&#233;, de surcro&#238;t. Que la justice n'est plus une consid&#233;ration de notre syst&#232;me f&#233;d&#233;ral de justice et que les cours f&#233;d&#233;rales tendent &#224; devenir les simples ex&#233;cutants de d&#233;cisions prises par la bureaucratie du &lt;i&gt;DOJ&lt;/i&gt;, comme John Keeney.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a autre chose d'une grande importance &#224; consid&#233;rer : le r&#244;le de l'&#171; opinion populaire &#187; orchestr&#233;e par les m&#233;dias, cette opinion populaire &#224; qui la canaille ordinaire d'aujourd'hui fait appel en dernier ressort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce culte moderne de l'opinion populaire orchestr&#233;e par les m&#233;dias, comme le d&#233;crivit Walter Lippmann, n'est autre qu'un &#233;cho moderne du culte de &lt;i&gt;vox populi&lt;/i&gt;, sous le r&#232;gne duquel la Rome antique sombra dans la d&#233;g&#233;n&#233;rescence morale devant amener le grand &lt;i&gt;Age des t&#233;n&#232;bres&lt;/i&gt; du premier si&#232;cle av. J.C. Ainsi, &#224; travers le culte de l'opinion populaire, Rome consacra la perte fatale de l'aptitude morale et culturelle de survivre. Nous, en tant que nation, avons suivi cette m&#234;me pente infernale au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pathologie caract&#233;ristique dominante de cette culture romaine fut la corruption de la masse de la population &#224; travers &#171; le pain et les jeux &#187;. Il n'y a, du point de vue moral, pratiquement aucune diff&#233;rence entre la forme de distraction &#224; laquelle se livraient les Romains au Colis&#233;e sous le r&#232;gne des pires des C&#233;sar, et les distractions populaires d'aujourd'hui, que ce soit &#224; la t&#233;l&#233;vision, dans les stades ou &#224; d'autres &#233;v&#233;nements sportifs de m&#234;me acabit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on compare la pornographie et les aspects sanguinaires des distractions de masse &#224; ce qui passe pour &#234;tre des informations t&#233;l&#233;vis&#233;es, force est de constater, avec horreur, la similitude syst&#233;mique, en terme de d&#233;pravation morale, entre la culture de l'ancienne Rome et la n&#244;tre. Pire, cette d&#233;pravation orchestr&#233;e a exerc&#233; la plus forte influence sur la conduite et les r&#233;sultats de nos campagnes &#233;lectorales nationales et ailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul rem&#232;de &#224; une telle maladie morale imminemment fatale, est une forte dose &#224; la fois de r&#233;alit&#233; et de v&#233;racit&#233;, suivant la m&#233;thode de d&#233;finition de ces deux termes l&#233;gu&#233;e par Platon &#224; la civilisation moderne. Nous ne pouvons qu'esp&#233;rer que le choc brutal qui nous attend, d&#251; &#224; l'effondrement en s&#233;rie du syst&#232;me financier mondial actuel, dissipera les illusions de la population &#224; propos des march&#233;s financiers actuels, irr&#233;m&#233;diablement condamn&#233;s, pour qu'elle retrouve un sens du monde r&#233;el, dans lequel ce que nous consommerons sera simplement ce que notre nation est capable de produire ; ce sera un retour soudain &#224; la r&#233;alit&#233;, d&#233;clench&#233; par un choc comparable dans ses effets au bombardement de Pearl Harbor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le choc de la r&#233;alit&#233; fera revenir &#224; lui votre voisin, souvenez-vous de ce que je vous ai dit &#224; propos des grandes querelles de l'histoire, de la justice et de la bataille entre oligarques et &#234;tres humains r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, spectateurs, je vous ai donn&#233; la fiche de scores. Choisissez votre camp en fonction de cela. Reconnaissez qu'il arrive de plus en plus souvent que seuls ceux qui parlent honn&#234;tement de leurs convictions, par les temps qui courent, disent la v&#233;rit&#233;. C'est ainsi que j'ai dit la v&#233;rit&#233; que vous avez de toute urgence besoin de conna&#238;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Frederick Douglass ou l'&#233;mancipation par la connaissance
</title>
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		<dc:date>2022-04-02T14:41:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Lantrade
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Etats-Unis
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		<dc:subject>Education
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Education du cacact&#232;re
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		<dc:subject>Droits Civiques
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		<description>
&lt;p&gt;Frederick Douglass (v.1817-1895) a &#233;t&#233; l'un des chefs de file du mouvement am&#233;ricain pour les droits civiques au XIXe si&#232;cle, et l'un des principaux associ&#233;s d'Abraham Lincoln dans la lutte pour sauver l'Union. &lt;br class='autobr' /&gt; . de Denise Henderson &lt;br class='autobr' /&gt;
Frederick Douglas a &#233;t&#233; une source d'inspiration pour l'&#339;uvre des King, ainsi que pour celle de l'auteur et fid&#232;le associ&#233;e de Lyndon LaRouche, la regrett&#233;e Denise Henderson &lt;br class='autobr' /&gt;
Les notes ne sont pas celles de l'auteur mais ont &#233;t&#233; ajout&#233;es par la r&#233;daction. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Science-de-l-esprit-humain" rel="directory"&gt;Science de l'esprit humain
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Histoire" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L114xH150/fd-b6101.png?1775630534' class='spip_logo spip_logo_right' width='114' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Frederick Douglass (v.1817-1895) a &#233;t&#233; l'un des chefs de file du mouvement am&#233;ricain pour les droits civiques au XIXe si&#232;cle, et l'un des principaux associ&#233;s d'Abraham Lincoln dans la lutte pour sauver l'Union.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Durant la guerre de S&#233;cession, l'Union (ou &#171; le Nord &#187;) est le nom utilis&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#FFF8DC;&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
de Denise Henderson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/png/fd.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH658/fd-ace7a.png?1775630536' width='500' height='658' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frederick Douglas a &#233;t&#233; une source d'inspiration pour l'&#339;uvre des King, ainsi que pour celle de l'auteur et fid&#232;le associ&#233;e de Lyndon LaRouche, la regrett&#233;e Denise Henderson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les notes ne sont pas celles de l'auteur mais ont &#233;t&#233; ajout&#233;es par la r&#233;daction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La connaissance comme gage de libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article publi&#233; dans l'EIR Volume 33, num&#233;ro 7, r&#233;imprim&#233; le 17 f&#233;vrier 2006. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ancien esclave et t&#234;te de file de la lutte contre l'esclavage, Douglass s'est retrouv&#233; au premier plan dans la lutte pour la Constitution am&#233;ricaine elle-m&#234;me. Sa compr&#233;hension de la lutte contre l'esclavage comme une lutte pour la Constitution est n&#233;e de sa propre int&#233;grit&#233; intellectuelle et de sa volont&#233; de r&#233;fl&#233;chir &#224; des id&#233;es profondes et de penser par lui-m&#234;me, qu'on le lui ait permis ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que &lt;i&gt;self-made man&lt;/i&gt;, comme il se d&#233;crivait lui-m&#234;me, il connaissait l'importance de l'&#233;ducation, du simple fait d'apprendre &#224; lire &#224; un esclave jusqu'au d&#233;veloppement de la capacit&#233; &#224; penser par soi-m&#234;me. L'histoire de sa vie est un exemple brillant du haut calibre intellectuel et moral des &lt;i&gt;leaders&lt;/i&gt; du mouvement des droits civiques de son &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Droits-civiques-et-sante-publique-un-meme-combat.html&#034;&gt;&#192; voir aussi : Droits civiques et sant&#233; publique, un m&#234;me combat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfance : &lt;i&gt;pourquoi suis-je un esclave ?&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frederick Douglass est n&#233; sur la c&#244;te Est du Maryland [Nord-Est des &#201;tats-Unis], probablement en f&#233;vrier 1817, bien que sa date de naissance n'ait pas &#233;t&#233; enregistr&#233;e. On suppose g&#233;n&#233;ralement qu'il &#233;tait le fils de son ma&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans sa biographie, Frederick Douglass explique que le relatif r&#233;gime de &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il &#233;tait b&#233;b&#233;, il a &#233;t&#233; plac&#233; dans le foyer de sa grand-m&#232;re, &#224; laquelle il avait &#233;t&#233; laiss&#233; par sa m&#232;re, qu'il n'a vue qu'une seule fois. &#192; l'&#226;ge de six ans, il est amen&#233; dans la &#171; grande maison &#187;, o&#249; on lui donne &#224; peine de quoi survivre et o&#249; il est destin&#233; &#224; &#234;tre form&#233; aux travaux des champs dans la plantation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t, Douglass a d&#233;velopp&#233; une haine passionn&#233;e de l'esclavage. Il savait que les relations fauss&#233;es entre les &#234;tres humains sur la plantation n'&#233;taient pas justes. D&#232;s l'&#226;ge de neuf ans, il s'interrogeait &lt;i&gt;sur l'origine et la nature de l'esclavage. Pourquoi suis-je esclave ? Pourquoi certaines personnes sont-elles esclaves et d'autres ma&#238;tres ? Ce sont des questions qui me laissent perplexe et qui ont perturb&#233; mon enfance. Quelqu'un m'a dit tr&#232;s t&#244;t que Dieu, l&#224;-haut dans le ciel avait fait toutes choses, et avait fait des Noirs des esclaves et des Blancs des ma&#238;tres. Je ne comprenais pas comment quelqu'un pouvait savoir que Dieu avait fait des noirs des esclaves.&lt;/i&gt;. Douglass ajoute : &lt;i&gt;&#224; neuf ans, j'&#233;tais tout aussi conscient que je le suis maintenant du caract&#232;re injuste, contre nature et meurtrier de l'esclavage.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1825, Douglass, qui avait environ huit ans &#224; l'&#233;poque, est envoy&#233; vivre &#224; Baltimore [principale ville de l'&#233;tat du Maryland] chez le cousin de son ma&#238;tre, Hugh Auld, et sa femme. Le d&#233;m&#233;nagement dans cette ville, l'un des principaux centres industriels et de construction navale de la c&#244;te Est des &#201;tats-Unis, devait donner &#224; Frederick une chance d'&#233;largir ses horizons, tant mentalement que physiquement. C'est chez les Auld que Douglass prend conscience de sa haine de l'esclavage et de sa soif d'apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2001 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/png/immagine1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH320/immagine1-52f4f.png?1775630538' width='500' height='320' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglass a tr&#232;s t&#244;t d&#233;velopp&#233; une passion pour la lecture. Ironie de la vie, cette passion lui a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la conception d&#233;valorisante que son maitre Hugh Auld avait de la lecture. Ainsi interdisait-il &#224; sa propre femme d'apprendre &#224; lire au jeune Frederick. &lt;i&gt;Il ne sert &#224; rien d'apprendre &#224; lire &#224; un esclave.&lt;/i&gt; Cette phrase fut une r&#233;v&#233;lation pour Douglass qui l'incita &#224; apprendre tout ce qu'il pouvait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;The Life and Times&lt;/i&gt; de Frederick Douglass, l'auteur explique : &lt;i&gt;le fait d'entendre fr&#233;quemment ma ma&#238;tresse lire la Bible &#224; haute voix a &#233;veill&#233; ma curiosit&#233; pour le myst&#232;re de la lecture, et a suscit&#233; en moi le d&#233;sir d'apprendre. Jusqu'alors, j'ignorais tout de cet art merveilleux, et mon ignorance et mon inexp&#233;rience de ce qu'il pouvait m'apporter, ainsi que ma confiance en ma ma&#238;tresse, m'ont enhardi &#224; lui demander de m'apprendre &#224; lire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ma ma&#238;tresse semblait presque aussi fi&#232;re de mes progr&#232;s que si j'avais &#233;t&#233; son propre enfant, et supposant que son mari serait aussi satisfait, elle ne cacha pas ce qu'elle faisait pour moi. En effet, elle lui fit part avec exaltation de l'aptitude de son &#233;l&#232;ve et de son intention de pers&#233;v&#233;rer, comme elle estimait devoir le faire, pour m'apprendre, au moins, &#224; lire la Bible.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle a &#233;t&#233; la r&#233;action du propri&#233;taire d'esclaves, Hugh Auld ? : &lt;i&gt;bien s&#251;r, il lui a interdit de me donner d'autres instructions, lui disant tout d'abord qu'il &#233;tait ill&#233;gal de le faire, et que c'&#233;tait &#233;galement dangereux, car&lt;/i&gt;, disait-il, &lt;i&gt;si vous donnez un pouce &#224; un n&#232;gre, il prendra les autres doigts. L'apprentissage g&#226;chera le meilleur n&#232;gre du monde. S'il apprend &#224; lire la Bible, il sera &#224; jamais inapte &#224; &#234;tre esclave&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment inconscient de l'aveu plut&#244;t extraordinaire qu'il venait de faire, Auld poursuivit : &lt;i&gt;il ne devrait rien savoir d'autre que la volont&#233; de son ma&#238;tre, et apprendre &#224; lui ob&#233;ir. Quant &#224; lui, l'apprentissage ne lui fera aucun bien, mais beaucoup de mal, le rendant inconsolable et malheureux. Si vous lui apprenez &#224; lire, il voudra savoir &#233;crire, et cela fait, il se sauvera lui-m&#234;me.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle &#233;tait la teneur de l'expos&#233; oraculaire de Ma&#238;tre Hugh, et &lt;i&gt;il faut avouer qu'il comprenait tr&#232;s clairement la nature et les exigences de la relation ma&#238;tre-esclave&lt;/i&gt;, ajoute Douglass. &lt;i&gt;L'expos&#233; d'Auld&lt;/i&gt;, &#233;crit Douglass, &lt;i&gt;&#233;tait une r&#233;v&#233;lation nouvelle et unique, dissipant un myst&#232;re douloureux contre lequel mon jeune entendement avait lutt&#233; (mais en vain) : celui de comprendre le pouvoir de l'homme blanc &#224; perp&#233;tuer l'esclavage de l'homme noir.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tr&#232;s bien,&lt;/i&gt; me disais-je, &lt;i&gt;le savoir permet &#224; un enfant de ne pas &#234;tre esclave. J'ai instinctivement pris au mot cette id&#233;e nouvelle, et &#224; partir de ce moment, j'ai compris le chemin direct de l'esclavage &#224; la libert&#233;. C'&#233;tait exactement ce dont j'avais besoin, et cela m'&#233;tait venu &#224; un moment et d'un homme desquels je m'y attendais le moins.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aussi sage que f&#251;t M. Auld, il sous-estimait ma compr&#233;hension et n'avait qu'une faible id&#233;e de l'usage que je pouvais faire de l'impressionnante le&#231;on qu'il donnait &#224; sa femme. Il voulait que je sois esclave ; j'avais d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; le contraire sur la plantation familiale. Ce qu'il aimait le plus, je le d&#233;testais le plus, et la volont&#233; qu'il exprimait de me maintenir dans l'ignorance ne faisait que me rendre plus r&#233;solu &#224; rechercher l'intelligence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire compl&#232;te de la lutte de Douglass pour apprendre &#224; lire - comment il a &#171; harcel&#233; &#187; des gar&#231;ons blancs dans les rues de Baltimore en leur demandant de lui &#233;peler des mots, et les autres stratag&#232;mes qu'il a utilis&#233;s - se trouve dans &lt;i&gt;The Life and Times&lt;/i&gt;, son livre de 1892&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Frederick Douglass a &#233;crit plusieurs versions, plus ou moins d&#233;taill&#233;es, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de la m&#234;me mani&#232;re que Douglass n'&#233;tait pas int&#233;ress&#233; par le fait d'&#234;tre transform&#233; en b&#234;te de somme, il n'apprenait pas non plus pour le plaisir d'apprendre : Douglass &#233;tait incapable de garder ses connaissances pour lui-m&#234;me. Bien que sachant le risque qu'il courait en tant qu'esclave s'il enseignait &#224; d'autres esclaves - il pouvait &#234;tre vendu plus au sud, dans les hideuses plantations du Mississippi ou de la Louisiane, ou &#234;tre assassin&#233; l&#233;galement - il a malgr&#233; tout enseign&#233; &#224; d'autres esclaves lorsqu'il a &#233;t&#233; renvoy&#233; sur la c&#244;te Est du Maryland. [En effet, comme nous le verrons, vers ses vingt ans, Douglass &#233;chappe &#224; son ma&#238;tre et fuit vers le Massachusetts, dans le Nord].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de sa vie, Frederick Douglass a consid&#233;r&#233; que l'&#233;ducation universelle &#233;tait une question non n&#233;gociable. Cela le mettait en d&#233;saccord avec ceux du mouvement abolitionniste qui ne voulaient pas &#233;duquer les affranchis &lt;i&gt;au-del&#224; de leur condition&lt;/i&gt;. Probl&#232;me qui perdure aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/La-necessite-de-l-education-scientifique-pour-la-jeunesse-africaine.html&#034;&gt;&#192; voir aussi : la n&#233;cessit&#233; de l'&#233;ducation scientifique pour la jeunesse africaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prise de parole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#226;ge de 13 ans, Douglass ach&#232;te, avec son propre argent de poche, &lt;i&gt;The Columbian Orator&lt;/i&gt; de Caleb Bingham. Ces textes sur l'art oratoire, qu'il a trouv&#233;s pour 50 centimes, lui ont permis de s'exprimer publiquement contre l'esclavage lorsqu'il s'est &#233;chapp&#233; vers le Nord en 1838.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1820 et 1830 sont l'&#226;ge des grands orateurs en Am&#233;rique. Ce sont les d&#233;cennies des orateurs experts tels que Daniel Webster, John Quincy Adams et John Calhoun. Les probl&#232;mes auxquels est confront&#233;e la r&#233;publique am&#233;ricaine sont profonds : l'esclavage et le danger de s&#233;cession du Sud des &#201;tats-Unis &#224; la fin des ann&#233;es 1820.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;The Columbian Orator&lt;/i&gt; devient donc une bible pour le jeune homme, qui cherche les mots pour exprimer ses pens&#233;es. C'&#233;tait un livre con&#231;u pour ceux qui voulaient apprendre &#224; s'exprimer, &#224; la mani&#232;re des grands orateurs, sur des questions qui touchaient l'&#226;me des hommes. C'&#233;tait un livre destin&#233; &#224; ceux qui voulaient &lt;i&gt;transmettre des conceptions profondes et passionn&#233;es concernant l'homme et la nature&lt;/i&gt;, comme l'aurait dit le po&#232;te anglais Percy Shelley.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Douglass &#233;tait pouss&#233; &#224; faire. Il a &#233;crit : &lt;i&gt;la lecture de ces discours a beaucoup enrichi mon maigre bagage lexical, et m'a permis de donner corps &#224; de nombreuses pens&#233;es int&#233;ressantes qui avaient souvent travers&#233; mon esprit et s'&#233;taient &#233;teintes, faute de mots pour les exprimer. La puissance et la franchise de la v&#233;rit&#233;, p&#233;n&#233;trant le c&#339;ur d'un esclavagiste et le contraignant &#224; abandonner ses int&#233;r&#234;ts terrestres aux revendications de la justice &#233;ternelle, y &#233;taient finement illustr&#233;es et j'ai tir&#233; des&lt;/i&gt; discours de Sheridan &lt;i&gt;une d&#233;nonciation audacieuse et puissante de l'oppression et une d&#233;fense des plus brillantes des droits de l'homme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglass conclut : &lt;i&gt;la lumi&#232;re avait p&#233;n&#233;tr&#233; dans le cachot moral o&#249; je couchais, et j'ai vu le fouet sanglant menacer mon dos et la cha&#238;ne de fer attendre mes pieds. Et mon &#171; bon et gentil ma&#238;tre &#187; m'enfermait dans ma condition d'esclave. Cette r&#233;v&#233;lation m'a hant&#233;, me piquait, et me rendait sombre et mis&#233;rable. Je voyais que les esclavagistes m'auraient volontiers fait croire qu'en faisant de moi et des autres des esclaves, ils agissaient simplement sous l'autorit&#233; de Dieu, et je les ressentais comme des voleurs et des trompeurs. Le fait de me nourrir et de me v&#234;tir &#224; peu pr&#232;s convenablement ne pouvait expier le fait de m'avoir enlev&#233; ma libert&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fuite vers le Nord&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglass doit &#234;tre converti en ouvrier agricole. Mais &#224; l'&#226;ge de 16 ans, un autre tournant se produit dans sa vie et ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne d&#233;cide de s'&#233;chapper vers le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de son combat physique dramatique de deux heures avec William Covey, le briseur d'esclaves &#224; qui il avait &#233;t&#233; lou&#233;, afin de briser sa volont&#233; et de le convertir en ouvrier agricole manipulable. Ayant longtemps subi l'oppression de cet esclavagiste, Douglass s'est rebell&#233;. Au bout de deux heures, Covey l'a l&#226;ch&#233;. &lt;i&gt;Cette bataille avec M. Covey, aussi indigne qu'elle ait &#233;t&#233;, a marqu&#233; un tournant dans ma vie d'esclave&lt;/i&gt;, &#233;crit Douglass. &lt;i&gt;Elle a fait rena&#238;tre mes r&#234;ves de Baltimore et le sentiment de ma propre virilit&#233;. J'&#233;tais un &#234;tre diff&#233;rent apr&#232;s ce combat. Je n'&#233;tais rien avant, j'&#233;tais un homme maintenant. Il a rappel&#233; &#224; la vie mon amour-propre &#233;cras&#233; et ma confiance en moi, et m'a inspir&#233; une d&#233;termination renouvel&#233;e d'&#234;tre un homme libre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un homme sans force est d&#233;pourvu de la dignit&#233; essentielle &#224; l'humanit&#233;. La nature humaine est ainsi faite qu'elle ne peut honorer un homme sans d&#233;fense, bien qu'elle puisse le plaindre. Et m&#234;me cela, elle ne peut le faire longtemps si des signes de puissance ne se manifestent pas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le 3 septembre 1838, avec l'aide de l'&lt;i&gt;Underground Railroad&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;le &#171; chemin de fer clandestin &#187; &#233;tait un r&#233;seau de routes, d'itin&#233;raires et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Avec l'aide de ce r&#233;seau, donc, Douglass s'est &#233;chapp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il est assis sur le quai de Kennard [en Virginie, c&#244;te Est des &#201;tats-Unis], attendant de partir, Douglass &#233;crit qu'il a vu &lt;i&gt;des hommes et des femmes encha&#238;n&#233;s et mis sur un bateau pour aller &#224; la Nouvelle-Orl&#233;ans [en Louisiane, sud des &#201;tats-Unis]. J'ai alors d&#233;cid&#233; que tout le pouvoir que j'avais devrait &#234;tre consacr&#233; &#224; la lib&#233;ration de ma race. Pendant 30 ans, accabl&#233; par toutes les oppositions, je me suis efforc&#233; de tenir ma promesse.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglass s'installe &#224; New Bedford, dans le Massachusetts [Nord Est des &#201;tats-Unis], avec sa femme, Anna Murray, et occupe divers emplois qualifi&#233;s pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1841, apr&#232;s avoir pris la parole lors de sa premi&#232;re r&#233;union abolitionniste, Douglass est adopt&#233; par William Lloyd Garrison et les abolitionnistes. Douglass, ainsi que plusieurs autres esclaves affranchis, deviendront les orateurs vedettes du mouvement abolitionniste. Et ce, malgr&#233; ce que certains abolitionnistes consid&#232;rent comme le grand &#171; handicap &#187; de Douglass : bien que Douglass ait d&#233;clar&#233; avoir &#233;t&#233; esclave, il &#233;tait non seulement alphab&#233;tis&#233;, mais aussi un orateur &#233;loquent. L'influence de l'&#233;tude de l'art oratoire de Douglass se fait donc certainement sentir dans ses discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1841, le r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Concord Massachusetts Herald of Freedom&lt;/i&gt; &#233;crit : &lt;i&gt;en tant qu'orateur, il a peu d'&#233;gaux. Ce n'est pas de la d&#233;clamation, mais de l'art oratoire, du pouvoir de d&#233;battre. Il a de l'esprit, des arguments, du sarcasme, des pathos - tout ce que les hommes de premier ordre montrent dans leurs efforts de ma&#238;tre. Sa voix est tr&#232;s m&#233;lodieuse et riche, et son &#233;nonciation tr&#232;s &#233;l&#233;gante, et pourtant il n'est sorti que depuis deux ou trois ans de la maison de servitude.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;fense de la Constitution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/wlg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH643/wlg-79a17.jpg?1775630539' width='500' height='643' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2009 '&gt;William Lloyd Garrison
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des ann&#233;es 1840, Douglass est proche de la faction abolitionniste de William Lloyd Garrison. Garrison (comme l'aristocratie britannique, qui tente de d&#233;truire la r&#233;publique am&#233;ricaine depuis sa fondation) pr&#244;ne la d&#233;sunion avec le Sud, ce qui aurait signifi&#233; l'&#233;clatement des &#201;tats-Unis en au moins deux parties. La raison pour laquelle Garrison a agi ainsi &#233;tait qu'il soutenait que la Constitution am&#233;ricaine &#233;tait intrins&#232;quement favorable &#224; l'esclavage. Garrison &#233;tait c&#233;l&#232;bre, en fait, pour avoir br&#251;l&#233; la Constitution des &#201;tats-Unis en public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; peu pr&#232;s au moment o&#249; Frederick Douglass commence &#224; publier son propre journal, en 1847, il commence &#224; adopter un point de vue plus m&#251;r intellectuellement, en partant non pas de la question de l'esclavage mais de la question de la cr&#233;ation de la r&#233;publique am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1849, Douglass, avait rompu avec Garrison. Dans &lt;i&gt;The Life and Times&lt;/i&gt;, Douglass d&#233;crit le processus intellectuel qu'il a suivi sur la question de la Constitution : &lt;i&gt;j'&#233;tais alors un disciple fid&#232;le de William Lloyd Garrison et j'adh&#233;rais pleinement &#224; sa doctrine concernant le caract&#232;re pro-esclavagiste de la Constitution des &#201;tats-Unis.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comme lui, je consid&#233;rais que le premier devoir des &#201;tats non esclavagistes &#233;tait de dissoudre l'union avec les &#201;tats esclavagistes. Mon cri, comme le sien, &#233;tait&lt;/i&gt; pas d'union avec les esclavagistes. &lt;i&gt;Ma nouvelle situation (c'est-&#224;-dire celle d'&#233;diteur de journaux) m'a oblig&#233; &#224; repenser tout le sujet et &#224; &#233;tudier avec soin non seulement les r&#232;gles justes et appropri&#233;es d'interpr&#233;tation juridique, mais aussi l'origine, la conception, la nature, les droits, les pouvoirs et les devoirs des gouvernements civils, ainsi que les relations que les &#234;tres humains entretiennent avec ces gouvernements.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avec une telle m&#233;thode de pens&#233;e et de lecture, j'ai &#233;t&#233; conduit &#224; la conclusion que la Constitution des &#201;tats-Unis - inaugur&#233;e pour&lt;/i&gt; former une union plus parfaite, &#233;tablir la justice, assurer la tranquillit&#233; domestique, pourvoir &#224; la d&#233;fense commune, promouvoir le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral et garantir les bienfaits de la libert&#233; &lt;i&gt;ne pouvait pas avoir &#233;t&#233; con&#231;ue en m&#234;me temps pour maintenir et perp&#233;tuer un syst&#232;me de rapine et de meurtre tel que l'esclavage. Je me suis rendu compte que la Constitution des &#201;tats-Unis, non seulement ne contenait aucune garantie en faveur de l'esclavage, mais au contraire, &#233;tait, dans sa lettre et son esprit, un instrument anti-esclavagiste, exigeant l'abolition de l'esclavage, comme condition de son existence en tant que loi supr&#234;me du pays&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans sa r&#233;ponse de 1857 &#224; l'inf&#226;me affaire &lt;i&gt;Dred Scott&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;pol&#233;mique juridique sur le refus de la Cour supr&#234;me am&#233;ricaine d'accorder la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Douglass notait que les esclavagistes &lt;i&gt;ne se r&#233;ferraient pas &#224; la Constitution, parce qu'il n'y avait rien dedans de suffisamment explicite pour leur objectif ; mais ils se d&#233;lectent d'intentions inavou&#233;es - des intentions qui ne sont exprim&#233;es nulle part dans la Constitution, et qui sont partout contredites dans la Constitution.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la guerre de S&#233;cession, Douglass, tant dans son journal qu'&#224; la tribune des orateurs, milite aupr&#232;s du pr&#233;sident Lincoln et de tous ceux qu'il peut convaincre pour permettre aux affranchis du Nord de s'enr&#244;ler dans l'arm&#233;e de l'Union. Il d&#233;nonce &#233;galement la politique de l'arm&#233;e de l'Union consistant &#224; rendre les esclaves &#224; leurs ma&#238;tres, m&#234;me dans les zones captur&#233;es du Sud, et appelle &#224; encourager la d&#233;sertion des esclaves dans le Sud. Il fait &#233;galement pression sur Lincoln, en difficult&#233;, pour qu'il publie la &lt;i&gt;Proclamation d'&#233;mancipation&lt;/i&gt; en 1862, un an avant que Lincoln ne consente &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1863, Douglass joue un r&#244;le crucial dans l'organisation de plusieurs r&#233;giments de troupes de couleur du Massachusetts et d'autres &#201;tats, dont le c&#233;l&#232;bre 54e r&#233;giment, dans lequel son fils Lewis s'est engag&#233;. Douglass a, en effet, jou&#233; un r&#244;le crucial pendant les ann&#233;es de guerre civile : il &#233;tait un militant, un homme appelant &#224; la droiture, un collecteur de fonds, enr&#244;lait les abolitionnistes h&#233;sitants sous la banni&#232;re r&#233;publicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, Douglass commence &#224; se rendre compte que la &#171; Reconstruction &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;p&#233;riode suivant la guerre de S&#233;cession, tentant une int&#233;gration des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est un combat aussi difficile que l'avait &#233;t&#233; la guerre civile, que &#171; l'ann&#233;e du jubil&#233; &#187; (1863, ann&#233;e de la proclamation d'&#233;mancipation) s'est transform&#233;e en une ann&#233;e d'embrigadement. La Reconstruction n'est bient&#244;t plus qu'un mot creux, investi par des l&#233;gislateurs populistes et conservateurs, tant dans le parti r&#233;publicain que dans le parti d&#233;mocrate, qui sont d&#233;termin&#233;s &#224; &#171; tenir la ligne &#187; en ce qui concerne les droits des esclaves nouvellement lib&#233;r&#233;s. En cons&#233;quence, Douglass a fond&#233; un nouveau journal, &lt;i&gt;The New National Era&lt;/i&gt;, pour faire face aux conditions politiques de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; sa mort, le 26 f&#233;vrier 1895, Douglass a jou&#233; un r&#244;le dans la politique am&#233;ricaine. Qu'une administration soit d'accord ou non avec Douglass, elle est oblig&#233;e de reconna&#238;tre &#171; le grand vieillard &#187; comme une voix de la raison qui est &#233;cout&#233;e avec respect, non seulement par les Noirs, mais par de tr&#232;s nombreux &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a occup&#233; de nombreux postes gouvernementaux et, jusqu'&#224; sa mort, a v&#233;cu selon les mots : &lt;i&gt;Agissez ! Agissez ! Agissez !&lt;/i&gt; Bien qu'&#226;g&#233; de plus de 70 ans, Douglass se retrouvait &#224; militer avec Ida Wells&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;journaliste afro-am&#233;ricaine et figure centrale du mouvement des droits civiques&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et d'autres contre le lynchage des Noirs dans le Sud [des &#201;tats-Unis]. La promesse de Lincoln s'est &#233;vanouie, et les Noirs am&#233;ricains devront attendre l'apparition d'un autre grand dirigeant, Martin Luther King, pour obtenir leur libert&#233;. Mais Douglass est certainement un personnage cl&#233; qui a trac&#233; le sillage de King.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/Bruce-Fein-les-principes.html&#034;&gt;&#192; voir aussi : Bruce Fein : les principes fondateurs de toute civilisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2010 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;180&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/mary_garrity_-_ida_b._wells-barnett_-_google_art_project_crop.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH710/mary_garrity_-_ida_b._wells-barnett_-_google_art_project_crop-e36be.jpg?1775630540' width='500' height='710' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2010 '&gt;Ida B. Wells (1862-1831) - Journaliste, r&#233;dactrice en chef d'un journal, figure du mouvement des Droits civiques. Elle documente l'ampleur des lynchages aux Etats-Unis.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-2010 '&gt;Wikipedia
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ducation subvertira le syst&#232;me esclavagiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er d&#233;cembre 1850, Frederick Douglass a prononc&#233; un discours intitul&#233; &lt;i&gt;la nature de l'esclavage&lt;/i&gt;, &#224; Rochester, dans l'&#201;tat de New York, dans lequel il a soulign&#233; que l'esclave qui avait &#233;t&#233; bestialis&#233; par son ma&#238;tre &#233;tait toujours un homme, et que l'une des grandes armes qui pouvait &#234;tre mise entre les mains de cet esclave &#233;tait le droit d'apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'esclave est un homme,&lt;/i&gt; disait Douglass, &lt;i&gt;&#224; l'image de Dieu, mais un peu plus bas que les anges ; il poss&#232;de une &#226;me, &#233;ternelle et indestructible, et il est dot&#233; de ces pouvoirs myst&#233;rieux gr&#226;ce auxquels l'homme s'&#233;l&#232;ve au-dessus des choses du temps et des sens, et saisit, avec une t&#233;nacit&#233; in&#233;branlable, l'id&#233;e &#233;lev&#233;e et sublimement glorieuse d'un Dieu. C'est un tel &#234;tre qui est frapp&#233; et an&#233;anti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#339;uvre de l'esclavage, c'est d'entacher et de d&#233;figurer les caract&#233;ristiques de ses victimes qui distinguent les hommes des choses, et les personnes des biens. Son premier objectif est de d&#233;truire tout sentiment de haute responsabilit&#233; morale et religieuse. Il r&#233;duit l'homme &#224; une simple machine. Il le coupe de son Cr&#233;ateur, il lui cache les lois de Dieu et le laisse t&#226;tonner dans l'obscurit&#233;, sous le contr&#244;le arbitraire et despotique d'un semblable, fr&#234;le, d&#233;prav&#233; et p&#233;cheur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime consistant &#224; apprendre &#224; lire &#224; un esclave est puni d'amendes s&#233;v&#232;res et d'emprisonnement, et, dans certains cas, de la mort elle-m&#234;me. La grande majorit&#233; des esclavagistes consid&#232;rent l'&#233;ducation des esclaves comme un moyen de subversion totale du syst&#232;me esclavagiste. &lt;i&gt;Il est parfaitement compris dans le Sud qu'&#233;duquer un esclave, c'est le rendre m&#233;content de l'esclavage, et l'investir d'un pouvoir qui lui ouvrira les tr&#233;sors de la libert&#233; ; et comme l'objectif du propri&#233;taire d'esclaves est de maintenir une autorit&#233; compl&#232;te sur son esclave, il exerce une vigilance constante. Or l'&#233;ducation &#233;tant l'une des influences les plus mena&#231;antes, et peut-&#234;tre la plus dangereuse, c'est contre elle qu'il faut se pr&#233;munir le plus soigneusement. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, l'obscurit&#233; r&#232;gne donc sur les demeures des esclaves, et comme cette obscurit&#233; est grande !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ducation universelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de sa vie, Douglass a compris que l'&#233;ducation universelle &#233;tait une question non n&#233;gociable. Dans les ann&#233;es 1890, alors que les &lt;i&gt;lois Jim Crow&lt;/i&gt; &#233;tait en vigueur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lois entravant l'exercice des droits constitutionnels des Afro-am&#233;ricains&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que les lynchages de Noirs devenaient courants, Douglass savait que si le Noir am&#233;ricain ne devait pas b&#233;n&#233;ficier d'une &#233;galit&#233; totale, il devait s'instruire afin de se battre pour ce droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Douglass, qui pendant la guerre avait fait le tour du Nord des &#201;tats-Unis pour donner un discours sur &lt;i&gt;le r&#244;le de la guerre&lt;/i&gt; ; apr&#232;s la guerre, il a fait le tour des &#233;coles et des coll&#232;ges pour encourager l'alphab&#233;tisation des citoyens. Il appr&#233;ciait la diff&#233;rence entre les &#233;lecteurs ignorants et ceux qui &#233;taient inform&#233;s de leurs droits et privil&#232;ges, et qui pouvaient donc &#224; leur tour enseigner les droits et privil&#232;ges de ceux que l'on appelle les opprim&#233;s. Son message &#233;tait toujours le m&#234;me : l'homme analphab&#232;te est un esclave, et celui qui sait lire et &#233;crire, un citoyen d'une r&#233;publique libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglass lit avidement, notamment Shakespeare, Robert Burns et d'autres grands po&#232;tes de langue anglaise. Lorsqu'il est invit&#233; &#224; prendre la parole au festival de l'anniversaire de Robert Burns &#224; Rochester, dans l'&#201;tat de New York, il d&#233;clare : &lt;i&gt;bien que je ne sois pas &#233;cossais et que j'aie la peau de couleur, je suis fier d'&#234;tre parmi vous ce soir. Et si quelqu'un pense que je ne suis pas &#224; ma place en cette occasion (en montrant la photo de Burns), je consid&#232;re que la faute doit en est imput&#233;e &#224; celui qui m'a appris qu'un homme &#233;tait un homme pour ce qu'il est.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la po&#233;sie et de l'&#233;loquence, Douglass avait appris un autre langage, celui de la musique, &#224; la fois par le chant (&lt;i&gt;Parfois Douglass sortait son violon, chantait des chansons &#233;cossaises qu'il aimait beaucoup, et jouait quelques airs&lt;/i&gt;, &#233;crit Mary Church Terrell [militante proche de Douglass]) et en jouant du violon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'assura, lorsqu'il parvint finalement &#224; s'&#233;chapper du Maryland, d'avoir ses livres de musique. Quand Frederick et Anna Douglass arriv&#232;rent &#224; New Bedford, ils n'avaient pas de quoi payer le cocher qui les avait amen&#233;s. Au lieu de s'y opposer, le cocher &lt;i&gt;prit nos bagages, y compris trois livres de musique - deux collections de Dyer et une de Shaw - et les garda jusqu'&#224; ce que je puisse les racheter en lui payant les sommes dues pour nos voyages.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1838, alors qu'il &#233;tait encore esclave &#224; Baltimore, que Douglass, avec la permission des Auld, se met au service de la famille Merryman. L'une de ses t&#226;ches consistait &#224; conduire l'un des enfants des Merryman &#224; l'&#233;cole. Apparemment, soit un professeur de l'&#233;cole soit la future femme de Douglass, Anna Murray, une noire libre, s'est int&#233;ress&#233;e &#224; Douglass, qui aurait &#233;t&#233; un bon chanteur, et a commenc&#233; &#224; lui apprendre le violon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de sa vie, Douglass a continu&#233; &#224; jouer du violon, et lui et son petit-fils Joseph, qui est devenu un violoniste de concert, ont jou&#233; des duos ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;125&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L320xH380/immagine2_-_frederick_douglass_with_his_grandson_concert_violinist_joseph_douglas__the_two_played_duets_together-50876.jpg?1775630540' width='320' height='380' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-2008 '&gt;Frederick Douglass avec son petit-fils, le violiniste Joseph Douglas. Grand-p&#232;re et petit-fils ont tous deux jou&#233; ensemble.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1886, &#224; l'&#226;ge de 69 ans, Douglass visite l'Europe pour la deuxi&#232;me fois. &#192; G&#234;nes, en Italie, il reste fig&#233; devant le violon de Paganini, non pas &lt;i&gt;&#224; cause de l'instrument lui-m&#234;me&lt;/i&gt;, comme il l'&#233;crit, mais parce qu'&lt;i&gt;il y a des choses et des lieux rendus sacr&#233;s par leur usage et par les &#233;v&#233;nements auxquels ils sont associ&#233;s, en particulier ceux qui ont, dans une certaine mesure, chang&#233; le courant du go&#251;t, de la pens&#233;e et de la vie des hommes, ou qui ont r&#233;v&#233;l&#233; de nouveaux pouvoirs et triomphes &#224; l'&#226;me humaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le stylo avec lequel Lincoln a r&#233;dig&#233; la&lt;/i&gt; Proclamation d'&#233;mancipation, &lt;i&gt;l'&#233;p&#233;e port&#233;e par Washington pendant la guerre de la R&#233;volution, bien qu'ils soient de la m&#234;me mati&#232;re et de la m&#234;me forme que d'autres stylos et &#233;p&#233;es, ont un caract&#232;re individuel et suscitent dans l'esprit des hommes des sensations particuli&#232;res. [Ce violon] avait m&#234;me remu&#233; les c&#339;urs ternes des cours, des rois et des princes, et leur avait r&#233;v&#233;l&#233; leur parent&#233; avec le commun des mortels, comme aucun autre instrument ne l'avait peut-&#234;tre fait.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des articles de Douglass, &lt;i&gt;What Are the Colored People Doing for Themselves ?&lt;/i&gt; (Que font les gens de couleur pour eux-m&#234;mes ?), paru dans son premier journal, &lt;i&gt;The North Star&lt;/i&gt;, soulignait qu'en d&#233;pit des pr&#233;jug&#233;s, les Afro-Am&#233;ricains pouvaient encore d&#233;velopper leur potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il ne faut jamais perdre de vue que notre destin, pour le bien ou pour le mal, pour le temps et pour l'&#233;ternit&#233;, nous est confi&#233; par Dieu, et que toutes les aides ou tous les obstacles que nous pouvons rencontrer sur la terre peuvent nous aider &#224; nous d&#233;velopper. Il est &#233;vident que nous ne pouvons nous am&#233;liorer et nous &#233;lever que dans la mesure o&#249; nous nous am&#233;liorons et nous &#233;levons par nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglass ne parlait pas &#224; la l&#233;g&#232;re ; ce qu'il &#233;crivait, il l'avait v&#233;cu. Il poursuit : &lt;i&gt;le fait que nous soyons limit&#233;s et circonscrits devrait plut&#244;t nous inciter &#224; utiliser avec plus de vigueur et de pers&#233;v&#233;rance les moyens d'&#233;l&#233;vation qui sont &#224; notre port&#233;e, plut&#244;t que de nous d&#233;courager. Les moyens d'&#233;ducation, bien qu'ils ne soient pas aussi libres et ouverts pour nous que pour les Blancs, sont n&#233;anmoins &#224; notre port&#233;e dans une mesure telle qu'ils rendent l'&#233;ducation possible ; et ces moyens, gr&#226;ce &#224; Dieu, augmentent. &#201;duquons donc nos enfants, m&#234;me s'ils doivent &#234;tre soumis &#224; un r&#233;gime plus grossier et plus pauvre, qui les d&#233;pouille de leurs quelques beaux v&#234;tements. &#171; Obtenir la sagesse, obtenir la compr&#233;hension &#187;, est une exhortation particuli&#232;rement pr&#233;cieuse pour nous, et l'observation de cette exhortation est notre seul espoir dans ce pays.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il est oiseux, c'est une moquerie creuse, pour nous que de prier Dieu afin qu'il brise le pouvoir de l'oppresseur, alors que nous n&#233;gligeons les moyens de connaissance qui nous donneraient la capacit&#233; de briser ce pouvoir. Dieu nous aidera quand nous nous aiderons nous-m&#234;mes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frederick Douglass avait d&#233;j&#224; appris &#224; l'&#226;ge de dix ans, que la diff&#233;rence entre un esclave et un &#234;tre humain &#233;tait la capacit&#233; de pouvoir communiquer des id&#233;es librement. Et qu'il en ait &#233;t&#233; conscient ou non &#224; ce moment-l&#224;, il s'&#233;tait choisi pour devenir le repr&#233;sentant de ceux qui n'avaient pas de voix. L'objectif pour lequel il s'est battu est aussi vital &#224; notre &#233;poque qu'il l'&#233;tait &#224; la sienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Durant la guerre de S&#233;cession, l'Union (ou &#171; le Nord &#187;) est le nom utilis&#233; pour faire r&#233;f&#233;rence aux &#201;tats des &#201;tats-Unis qui ne faisaient pas partie de la Conf&#233;d&#233;ration (ou &#171; le Sud &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article publi&#233; dans l'&lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt; Volume 33, num&#233;ro 7, r&#233;imprim&#233; le 17 f&#233;vrier 2006. &#201;dition originale, &lt;i&gt;EIR&lt;/i&gt;, 3 f&#233;vrier 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans sa biographie, Frederick Douglass explique que le relatif r&#233;gime de &#171; faveur &#187; dont il a pu b&#233;n&#233;ficier, notamment en &#233;tant dans la maison des Auld, tenait probablement &#224; son statut de fils naturel&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Frederick Douglass a &#233;crit plusieurs versions, plus ou moins d&#233;taill&#233;es, de sa biographie. Il existe en fran&#231;ais plusieurs &#233;ditions de ses biographies, dont &#171; M&#233;moires d'un esclave &#187;, ed. LUX&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;le &#171; chemin de fer clandestin &#187; &#233;tait un r&#233;seau de routes, d'itin&#233;raires et de refuges s&#251;rs utilis&#233; par les esclaves afro-am&#233;ricains fuyant vers la libert&#233; jusqu'au Canada avec l'aide des abolitionnistes qui adh&#233;raient &#224; leur cause.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;pol&#233;mique juridique sur le refus de la Cour supr&#234;me am&#233;ricaine d'accorder la citoyennet&#233; am&#233;ricaine &#224; Dred Scott, esclave afro-am&#233;ricain pourtant n&#233; aux &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;p&#233;riode suivant la guerre de S&#233;cession, tentant une int&#233;gration des Afro-Am&#233;ricains aux &#201;tats-Unis et des &#233;tats du Sud au reste du pays&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;journaliste afro-am&#233;ricaine et figure centrale du mouvement des droits civiques&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;lois entravant l'exercice des droits constitutionnels des Afro-am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les grues d'Ibykus
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/Les-grues-d-Ibykus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.institutschiller.org/Les-grues-d-Ibykus</guid>
		<dc:date>2022-03-21T16:36:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Lantrade
</dc:creator>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Justice
</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'une des ballades embl&#233;matiques de Friedrich Schiller. Il y raconte la mort tragique du po&#232;te Ibykus et comment justice lui est rendue. Un po&#232;me d'une actualit&#233; br&#251;lante, tant le mensonge et l'injustice ont aujourd'hui &#233;t&#233; &#233;rig&#233;s en instruments de &#171; gouvernance &#187; au vu et au su de tout le monde. Bien que la traduction en fran&#231;ais ne puisse rendre ce que transmet la langue d'origine, le po&#232;me garde n&#233;anmoins toute sa puissance d'&#233;vocation. &lt;br class='autobr' /&gt; . &lt;br class='autobr' /&gt; Ibycus se rendait &#224; la lutte des chars et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Friedrich-Schiller" rel="directory"&gt;Friedrich Schiller
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Justice" rel="tag"&gt;Justice
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH130/diekranichedesibykus-9235a.jpg?1775630540' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'une des ballades embl&#233;matiques de Friedrich Schiller. Il y raconte la mort tragique du po&#232;te Ibykus et comment justice lui est rendue. Un po&#232;me d'une actualit&#233; br&#251;lante, tant le mensonge et l'injustice ont aujourd'hui &#233;t&#233; &#233;rig&#233;s en instruments de &#171; gouvernance &#187; au vu et au su de tout le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que la traduction en fran&#231;ais ne puisse rendre ce que transmet la langue d'origine, le po&#232;me garde n&#233;anmoins toute sa puissance d'&#233;vocation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#FFF8DC;&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/diekranichedesibykus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH432/diekranichedesibykus-60acc.jpg?1775630540' width='500' height='432' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1988 '&gt;Die Kraniche des Ibykus - Heinrich Schwemmingen
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ibycus se rendait &#224; la lutte des chars et des chants, qui, sur l'isthme de Corinthe, rassemble joyeusement les peuples de la Gr&#232;ce : Ibycus, l'ami des dieux, &#224; qui Apollon accorda le don du chant, une voix aux accents m&#233;lodieux. S'appuyant sur son l&#233;ger b&#226;ton, il s'&#233;loigne de Rh&#233;gium, plein du dieu qui l'inspire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;D&#233;j&#224;, sur le dos &#233;lev&#233; de la montagne, l'Acrocorinthe attire les yeux de notre voyageur, et il p&#233;n&#232;tre avec une horreur pieuse dans la for&#234;t de pins de Neptune. Rien ne se meut autour de lui ; il n'est accompagn&#233; que d'essaims de grues qui, form&#233;es en escadron gris&#226;tre, vont chercher au loin les chaleurs du Midi.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Salut, troupes amies, qui m'escortiez sur mer ! Je vous prends pour un heureux pr&#233;sage. Mon sort ressemble au v&#244;tre. Nous venons de loin, vous et moi, et nous cherchons un toit hospitalier... Que le Dieu de l'hospitalit&#233; nous soit propice, lui qui &#233;carte l'outrage de l'&#233;tranger ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il presse gaiement le pas, et bient&#244;t se voit au milieu de la for&#234;t. Tout &#224; coup, dans l'&#233;troit sentier, deux assassins lui barrent le passage. Il faut qu'il s'appr&#234;te au combat, mais bient&#244;t sa main retombe &#233;puis&#233;e. Elle a tendu les cordes l&#233;g&#232;res de la lyre, mais jamais l'arc puissant.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il invoque et les hommes et les dieux : nul sauveur n'entend sa pri&#232;re ; aussi loin qu'il lance sa voix, pas un &#234;tre vivant ne se montre : &#171; il me faut donc mourir ici, d&#233;laiss&#233;, sur la terre &#233;trang&#232;re, o&#249; nul ne me pleurera ! p&#233;rir de la main de ces mis&#233;rables, sans m&#234;me voir para&#238;tre un vengeur. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Atteint d'un coup mortel, il tombe. &#192; ce moment retentissent les ailes des grues. Il entend, car d&#233;j&#224; il ne peut plus voir, il entend pr&#232;s de lui leurs voix rauques pousser un cri terrible : &#171; &#212; grues qui volez l&#224;-haut, si nulle autre voix ne parle, vous du moins, d&#233;noncez le meurtre ! &#187; Tel est son dernier cri, et son &#339;il s'&#233;teint.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;On trouve le cadavre d&#233;pouill&#233;, et bient&#244;t, malgr&#233; les plaies qui le d&#233;figurent, son h&#244;te, &#224; Corinthe, reconna&#238;t les traits qui lui sont chers : &#171; est-ce ainsi que je devais te retrouver ? Et pourtant j'esp&#233;rais ceindre de la couronne de pin les tempes du chanteur, brillant moi-m&#234;me d'un rayon de sa gloire. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tous les &#233;trangers r&#233;unis pour la f&#234;te de Neptune g&#233;missent en apprenant cette nouvelle ; la Gr&#232;ce enti&#232;re est saisie de douleur : tous les c&#339;urs ont ressenti sa perte, et le peuple afflue en tumulte chez le Prytane ; sa fureur exige qu'on venge les m&#226;nes de la victime, qu'on les apaise avec le sang du meurtrier.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais o&#249; est la trace qui, dans ces flots press&#233;s, dans la foule des peuples attir&#233;s par l'&#233;clat des jeux, fera reconna&#238;tre l'auteur d'un si noir forfait ? Sont-ce des brigands qui l&#226;chement l'ont assassin&#233; ? Est-ce un ennemi secret pouss&#233; par l'envie ? H&#233;lios seul peut le dire, lui qui &#233;claire toute chose terrestre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Peut-&#234;tre, en ce moment m&#234;me, marche-t-il effront&#233;ment au milieu des Grecs, et, tandis que la Vengeance le cherche, jouit-il du fruit de son crime. Peut-&#234;tre, sur le seuil m&#234;me de leur temple, brave-t-il les dieux, ou se m&#234;le-t-il hardiment &#224; ces vagues humaines, l&#224;-bas, qui se pressent vers le th&#233;&#226;tre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Car d&#233;j&#224;, serr&#233;s banc contre banc (les &#233;tais de l'amphith&#233;&#226;tre rompent presque sous le poids), les peuples de la Gr&#232;ce, accourus de pr&#232;s et de loin, sont assis et attendent. R&#233;sonnant sourdement comme les flots de la mer, les gradins, en arcs de plus en plus ouverts, montent, fourmillant d'hommes, jusqu'&#224; l'azur des cieux.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Qui peut compter, qui peut nommer les peuples que l'hospitalit&#233; rassemble en ce lieu ? Ils sont venus de la ville de C&#233;crops [Th&#233;s&#233;e], du rivage d'Aulis, de la Phocide, du pays des Spartiates, des c&#244;tes lointaines de l'Asie, de toutes les &#238;les ; et, de l'estrade o&#249; ils si&#232;gent, ils &#233;coutent l'affreuse m&#233;lodie du ch&#339;ur.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Qui, grave et aust&#232;re, selon l'antique usage, sort du fond de la sc&#232;ne, d'un pas lent et mesur&#233;, et fait le tour du th&#233;&#226;tre. Ce n'est point ainsi que marchent des femmes terrestres ; elles ne sont pas filles d'une race mortelle ! Leur taille gigantesque s'&#233;l&#232;ve bien au-dessus des proportions humaines.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un manteau noir bat leurs flancs ; elles agitent dans leurs mains d&#233;charn&#233;es la lueur rouge-sombre des torches ; dans leurs joues il ne coule point de sang, et l&#224; o&#249; les cheveux ondoient gracieusement et voltigent avec charme autour des fronts mortels, on voit ici des serpents et des vip&#232;res gonfler leurs ventres gros de venin.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et tourn&#233;es en cercle, elles entonnent le mode effrayant de l'hymne qui p&#233;n&#232;tre et d&#233;chire le c&#339;ur, et serre autour du coupable les liens du remords. Ali&#233;nant le sens, &#233;garant le c&#339;ur, le chant des Furies &#233;clate : il &#233;clate, consumant l'auditeur jusqu'&#224; la moelle de ses os, et ne souffre pas les accords de la lyre :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Heureux qui, exempt de faute et d'erreur, conserve son &#226;me na&#239;ve et pure ! Nous ne pouvons approcher de lui nos mains vengeresses ; il suit librement le chemin de la vie. Mais malheur, malheur &#224; qui commit dans l'ombre l'&#339;uvre impie de l'homicide ! Nous nous attachons &#224; ses pas, nous, les filles terribles de la Nuit.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Et croit-il, par la fuite, nous &#233;chapper, nous avons des ailes et nous sommes l&#224;, lan&#231;ant nos lacs autour de son pied fugitif : il faut qu'il tombe &#224; terre. Nous le poursuivons sans rel&#226;che (point de repentir qui nous d&#233;sarme !), en avant, toujours en avant, jusqu'au s&#233;jour des ombres, et l&#224; m&#234;me nous ne le laissons pas libre. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Chantant ainsi, elles dansent leur ronde, et le silence, un silence de mort, p&#232;se lourdement sur l'assembl&#233;e, comme si la divinit&#233; &#233;tait proche. Et solennellement, selon l'antique usage, faisant le tour du th&#233;&#226;tre, d'un pas lent et mesur&#233;, elles disparaissent au fond de la sc&#232;ne.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et tous les c&#339;urs tremblent et flottent, incertains encore, entre l'illusion et la r&#233;alit&#233;, et ils rendent hommage &#224; la puissance terrible qui veille et juge dans le secret des &#226;mes ; qui, imp&#233;n&#233;trable, inscrutable, tresse le sombre n&#339;ud du destin, et se r&#233;v&#232;le au fond du c&#339;ur, mais fuit la lumi&#232;re du soleil.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tout &#224; coup, sur les plus hauts gradins, on entend une voix qui crie : &#171; Vois donc, vois donc, Timoth&#233;e ! les grues d'Ibycus !&#8230; &#187; et en m&#234;me temps le ciel s'obscurcit, et, au-dessus du th&#233;&#226;tre, on voit passer en noir tourbillon une arm&#233;e de grues.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; D'Ibycus !&#8230; &#187; Ce nom ch&#233;ri rallume la douleur dans toutes les &#226;mes, et, comme dans la mer le flot succ&#232;de au flot, ces mots volent de bouche en bouche : &#171; d'Ibycus ? que nous pleurons, qu'une main meurtri&#232;re a frapp&#233; ? Que dit-il de lui ? quelle peut &#234;tre sa pens&#233;e ? Qu'a-t-il &#224; dire de cette vol&#233;e de grues ?&#8230; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;La question se r&#233;p&#232;te de plus en plus bruyante ; et, prompt comme l'&#233;clair, un pressentiment traverse tous les c&#339;urs : &#171; Prenez garde ! C'est la puissance des Eum&#233;nides ! Le pieux po&#232;te est veng&#233; ! le meurtrier s'offre lui-m&#234;me ! Saisissez l'homme qui a dit cette parole, et celui &#224; qui elle s'adressait. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Cependant, &#224; peine ce mot lui a-t-il &#233;chapp&#233;, qu'il voudrait le retenir dans son sein ; mais c'est en vain : l'effrayante p&#226;leur de leurs l&#232;vres trahit aussit&#244;t les deux complices. On les arrache de leur place, on les tra&#238;ne devant le juge ; la sc&#232;ne est transform&#233;e en tribunal, et les sc&#233;l&#233;rats font l'aveu de leur crime, atteints des foudres de la Vengeance.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Friedrich Schiller&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/-Publications-.html&#034;&gt;Publications&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>#13 - Goethe et Beethoven : &#171; S'entendre avec les filles &#187;
</title>
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		<dc:creator>Odile
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Musique
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		<dc:subject>Beethoven
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		<description>
&lt;p&gt;par Fred Haight &lt;br class='autobr' /&gt; . Les classiques sont souvent associ&#233;s &#224; l'image du vieux m&#226;le blanc guind&#233; qui n'a rien &#224; voir avec la g&#233;n&#233;ration des jeunes d'aujourd'hui. Nous ne sommes pas d'accord. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mit M&#228;deln sich Vertragen (S'entendre avec les filles) de Goethe, &#233;crit en 1787, est un po&#232;me qui se moque hilare de la mentalit&#233; &#171; machiste &#187; de tout jeune Don Juan trop s&#251;r de lui. Beethoven capture parfaitement l'imagerie de Goethe (y compris un simulacre de combat &#224; l'&#233;p&#233;e), dans cette courte &#339;uvre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven-l-etincelle-de-joie" rel="directory"&gt;Beethoven : l'&#233;tincelle de joie
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Musique" rel="tag"&gt;Musique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven" rel="tag"&gt;Beethoven
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH106/beethoven-concerto-background-1-710x504-2-eebca.jpg?1775334150' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;par Fred Haight&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#FFF8DC;&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les classiques sont souvent associ&#233;s &#224; l'image du vieux m&#226;le blanc guind&#233; qui n'a rien &#224; voir avec la g&#233;n&#233;ration des jeunes d'aujourd'hui. Nous ne sommes pas d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mit M&#228;deln sich Vertragen&lt;/i&gt; (S'entendre avec les filles) de Goethe, &#233;crit en 1787, est un po&#232;me qui se moque hilare de la mentalit&#233; &#171; machiste &#187; de tout jeune Don Juan trop s&#251;r de lui. Beethoven capture parfaitement l'imagerie de Goethe (y compris un simulacre de combat &#224; l'&#233;p&#233;e), dans cette courte &#339;uvre pour basse et orchestre, WoO 90 (compos&#233;e vers 1790-92).&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Lnboxr-Vngw&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mit M&#228;deln sich Vertragen&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Mit M&#228;deln sich vertragen,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mit M&#228;nnern &#8216;rumgeschlagen,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Und mehr Credit als Geld ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;So kommt man durch die Welt.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ein Lied, am Abend warm gesungen,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Hat mir schon manches Herz errungen ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Und steht der Neider an der Wand,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Hervor den Degen in der Hand ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#8216;Raus, feurig, frisch,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Den Flederwisch !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Kling ! Kling ! Klang ! Klang !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Dik ! Dik ! Dak ! Dak !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Krik ! Krak !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mit M&#228;deln sich vertragen,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mit M&#228;nnern &#8216;rumgeschlagen,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Und mehr Credit als Geld ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;So kommt man durch die Welt.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec les filles, je m'entends bien,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les hommes, je me bagarre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec plus de cr&#233;dit que d'argent ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'on traverse le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chanson, chant&#233;e lors d'une chaude soir&#233;e,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a d&#233;j&#224; gagn&#233; beaucoup de c&#339;urs pour moi ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je renvoie le jaloux contre le mur, Son &#233;p&#233;e &#224; la main ; Dehors, ardent, frais, Le plumeau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clink ! Clink ! Clang ! Clang !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dick ! Dick ! Dack ! Dack !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crick ! Crack !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les filles, je m'entends bien,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les hommes je me bagarre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec plus de cr&#233;dit que d'argent ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'on traverse le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>#12 - Beethoven et la trag&#233;die : l'ouverture de Coriolan
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile
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		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Musique
</dc:subject>
		<dc:subject>Beethoven
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		<description>
&lt;p&gt;par Fred Haight &lt;br class='autobr' /&gt; . Nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; du sens de l'h&#233;ro&#239;sme de Beethoven, ainsi que de la puissance et de l'optimisme exprim&#233;s dans sa troisi&#232;me symphonie, son unique op&#233;ra Fidelio et l'ouverture d'Egmont. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l'&#233;tude de la trag&#233;die est, paradoxalement, un &#233;l&#233;ment important dans toute recherche d'une issue positive pour la soci&#233;t&#233;. Il ne s'agit ici pas de la mani&#232;re habituelle dont les gens utilisent le terme aujourd'hui, par exemple dans le sens d'une catastrophe naturelle, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven-l-etincelle-de-joie" rel="directory"&gt;Beethoven : l'&#233;tincelle de joie
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Musique" rel="tag"&gt;Musique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven" rel="tag"&gt;Beethoven
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH106/beethoven-concerto-background-1-710x504-fff8c.jpg?1775334150' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;par Fred Haight&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/L7x8jwzA274&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#FFF8DC;&#034;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; du sens de l'h&#233;ro&#239;sme de Beethoven, ainsi que de la puissance et de l'optimisme exprim&#233;s dans sa troisi&#232;me symphonie, son unique op&#233;ra &lt;i&gt;Fidelio&lt;/i&gt; et l'ouverture d'&lt;i&gt;Egmont&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant,&lt;strong&gt; l'&#233;tude de la trag&#233;die est, paradoxalement, un &#233;l&#233;ment important dans toute recherche d'une issue positive pour la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;. Il ne s'agit ici pas de la mani&#232;re habituelle dont les gens utilisent le terme aujourd'hui, par exemple dans le sens d'une catastrophe naturelle, mais de ce qui se passe lorsque les d&#233;fauts d'un dirigeant et d'une soci&#233;t&#233; entra&#238;nent &#233;chec et trahisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heinrich Joseph von Collin a &#233;crit sa pi&#232;ce, &lt;i&gt;Coriolan&lt;/i&gt;, en 1804, l'ann&#233;e o&#249; Napol&#233;on s'est couronn&#233; empereur. Cette m&#234;me ann&#233;e, Beethoven a ray&#233; la d&#233;dicace de sa troisi&#232;me symphonie &#224; Bonaparte, se lamentant que Napol&#233;on ne serait plus qu'un tyran parmi d'autres, et qu'il pi&#233;tinerait les droits des hommes. La m&#234;me ann&#233;e, Schiller cr&#233;e sa derni&#232;re pi&#232;ce, &lt;i&gt;Guillaume Tell&lt;/i&gt;, qui c&#233;l&#232;bre l'ancien triomphe des Suisses ordinaires sur la menace d'assujettissement par l'Empire des Habsbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante, en 1805, l'arm&#233;e fran&#231;aise a occup&#233; Vienne, entra&#238;nant la fuite de nombreux dirigeants de la ville. Von Collin &#233;tait un opposant &#224; l'occupation fran&#231;aise et il semble &#233;galement avoir appartenu &#224; des r&#233;seaux diplomatiques. Il &#233;tait non seulement familier de Shakespeare, mais &#233;galement un classiciste au sens de l'&#233;tude approfondie de la Gr&#232;ce et de la Rome antiques. En 1807, sa pi&#232;ce fut jou&#233;e avec en pr&#233;lude un morceau compos&#233; par Ludwig van Beethoven. La pi&#232;ce de Von Collin est une r&#233;&#233;criture pour un public allemand de l'histoire de Gaius Marcius Corialanus, sur laquelle Shakespeare a &#233;galement &#233;crit une pi&#232;ce &lt;i&gt;Coriolanus&lt;/i&gt;. Nous utiliserons la pi&#232;ce &lt;i&gt;Coriolanus&lt;/i&gt; de Shakespeare, compl&#233;t&#233;e par les &#233;crits historiques de Tite-Live et de Plutarque, pour donner un bref compte-rendu de cette trag&#233;die d'un chef militaire imparfait et d'une R&#233;publique romaine imparfaite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaius Marcius Coriolanus a &#233;t&#233; promu g&#233;n&#233;ral apr&#232;s avoir fait preuve d'un grand courage personnel en battant les Volsques dans la ville de Corioli, et a re&#231;u le nom honorifique de Coriolanus. Il s'est efforc&#233; de briguer un poste politique plus &#233;lev&#233;, mais il avait un d&#233;faut majeur, celui de m&#233;priser les gens ordinaires, les pl&#233;b&#233;iens. Coriolanus &#233;tait loins d'&#234;tre le seul dans ce cas. Il y avait en effet dans l'Empire romaine une profonde division entre pl&#233;b&#233;iens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citoyens du peuple, ne jouissant pas des droits r&#233;serv&#233;s aux patriciens.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et patriciens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Classes &#171; sup&#233;rieures &#187;, g&#233;n&#233;ralement des familles install&#233;es de longue date (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour &#234;tre promu, il lui fallait gagner leur approbation, mais il refusait absolument d'ob&#233;ir au rituel standard consistant &#224; leur montrer ses blessures de guerre. Pire encore, c'&#233;tait un sp&#233;culateur, qui accumulait les c&#233;r&#233;ales alors que le peuple mourait de faim et n'h&#233;sitait pas &#224; insulter le peuple en le traitant de &#171; corbeaux picorant des aigles &#187;. En cons&#233;quence, Coriolanus, le h&#233;ros de guerre, finit par &#234;tre a &#233;t&#233; exil&#233; de Rome. &lt;strong&gt;Son ego bless&#233;, il devient si enrag&#233; qu'il se rend chez ses anciens ennemis&lt;/strong&gt;, les Volsques, et propose de prendre la t&#234;te de leur arm&#233;e pour attaquer Rome. Ensemble, ils marchent sur Rome. Les Romains sont si effray&#233;s qu'&#224; l'approche de Coriolanus et des Volsques, ils envoient la m&#232;re de Coriolanus, sa femme et ses enfants pour le dissuader et, &#224; force de supplications, l'am&#232;nent &#224; c&#233;der. Ainsi, &lt;strong&gt;celui qui fut un h&#233;ros mais qui s'av&#233;ra incapable de r&#233;sister &#224; son &#233;go fait dor&#233;navant figure de tra&#238;tre&lt;/strong&gt;, tant pour les Romains que pour les Volsques, que se trouvaient aux portes de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pi&#232;ce de Shakespeare, il est assassin&#233;. Dans celle de von Collin, il se suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce de Shakespeare &lt;i&gt;Jules C&#233;sar&lt;/i&gt;, aborde cette m&#234;me probl&#233;matique caract&#233;ristique de la R&#233;publique romaine (et qui pourrait rappeler d'autres R&#233;publiques modernes ...) : un gouffre b&#233;ant entre le peuple et ceux qui sont au pouvoir - les pl&#233;b&#233;iens et les patriciens. Les patriciens n'avaient aucun respect pour les pl&#233;b&#233;iens, et les pl&#233;b&#233;iens &#233;taient inconstants, ayant perdu tout sens de loyaut&#233; envers les patriciens. En 1804, &lt;strong&gt;cette histoire r&#233;sonne puissamment dans les esprits, alors que la R&#233;volution fran&#231;aise sombre dans la terreur, que les &#171; sans-culottes &#187; d&#233;capitent en masse tout ce qui s'apparente &#224; l'ordre ha&#239; et qu'un grand g&#233;n&#233;ral, qui avait promis de lib&#233;rer le peuple, devient un tyran&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpr&#233;tation de l'Ouverture de Coriolan propos&#233;e ici est dirig&#233;e par Wilhelm Furtwangler, et a &#233;t&#233; enregistr&#233;e en 1943, en plein c&#339;ur d'une trag&#233;die une trag&#233;die encore bien plus sombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Citoyens du peuple, ne jouissant pas des droits r&#233;serv&#233;s aux patriciens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Classes &#171; sup&#233;rieures &#187;, g&#233;n&#233;ralement des familles install&#233;es de longue date et d&#233;tenant diverses pr&#233;rogatives politiques et religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>#11 - L'humour de Beethoven - Battre ou ne pas battre (la mesure)
</title>
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		<dc:subject>Beethoven
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		<description>
&lt;p&gt;En ce 16 d&#233;cembre, jour anniversaire de la naissance de Beethoven, l'Institut Schiller lui souhaite un tr&#232;s bon anniversaire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la premi&#232;re partie consacr&#233;e &#224; l'humour de Beethoven, nous avons parl&#233; de la pi&#232;ce Col&#232;re pour un sou perdu. Aujourd'hui, nous parlerons du deuxi&#232;me mouvement de sa 8&#232;me symphonie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Contemporain de Beethoven, Johann Nepomuk Maelzel s'&#233;tait en quelque sorte essay&#233; &#224; &#171; l'intelligence artificielle &#187; sans rencontrer le succ&#232;s escompt&#233;. Il avait, en 1821, emport&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven-l-etincelle-de-joie" rel="directory"&gt;Beethoven : l'&#233;tincelle de joie
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven" rel="tag"&gt;Beethoven
&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ce 16 d&#233;cembre, jour anniversaire de la naissance de Beethoven, l'Institut Schiller lui souhaite un tr&#232;s bon anniversaire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/IMsgM4fevpM&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Dans la &lt;a href=&#034;https://www.institutschiller.org/L-humour-de-Beethoven-Colere-pour-un-sou-perdu.html&#034;&gt;premi&#232;re partie consacr&#233;e &#224; l'humour de Beethoven&lt;/a&gt;, nous avons parl&#233; de la pi&#232;ce &lt;i&gt;Col&#232;re pour un sou perdu&lt;/i&gt;. Aujourd'hui, nous parlerons du deuxi&#232;me mouvement de sa 8&#232;me symphonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contemporain de Beethoven, Johann Nepomuk Maelzel s'&#233;tait en quelque sorte essay&#233; &#224; &#171; l'intelligence artificielle &#187; sans rencontrer le succ&#232;s escompt&#233;. Il avait, en 1821, emport&#233; avec lui aux &#201;tats-Unis pour une grande tourn&#233;e un joueur d'&#233;checs automate baptis&#233; &#171; le Turc &#187; construit en 1769 par un certain &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_von_Kempelen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Johann Wolfgang von Kempelen&lt;/a&gt; mais dont il affirmait &#234;tre l'inventeur. En outre, il s'est av&#233;r&#233; plus tard que son automate joueur d'&#233;checs fonctionnait en r&#233;alit&#233; gr&#226;ce &#224; un homme cach&#233; &#224; l'int&#233;rieur. Cette supercherie qui ne fut d&#233;couverte qu'apr&#232;s plusieurs d&#233;cennies inspira d'ailleurs un essai &#224; Edgar Allan Poe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L240xH219/240px-racknitz_-_the_turk_3-a2e4b.jpg?1775334150' width='240' height='219' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maelzel pr&#233;tendait &#233;galement avoir invent&#233; le m&#233;tronome. L&#224; encore, s'il le fit breveter, il semble &#233;tabli qu'il n'avait fait que reprendre les travaux de &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Dietrich_Nikolaus_Winkel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dietrich Nikolaus Winkel&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1813, Maelzel encouragea Beethoven &#224; composer ce qui peut &#234;tre qualifi&#233; comme sa plus mauvaise composition, &lt;i&gt;La victoire de Wellington&lt;/i&gt;, qui c&#233;l&#232;bre la victoire militaire de Wellington sur Napol&#233;on. Il sugg&#233;ra le recours &#224; des &#233;l&#233;ments tel que des citations de &lt;i&gt;Rule Britannia&lt;/i&gt; ou encore l'utilisation d'effets sp&#233;ciaux pour que le morceau ressemble &#224; une bataille. Les repr&#233;sentations comportaient des interludes avec le trompettiste automate de Maelzel et son &lt;i&gt;Panharmonikon&lt;/i&gt;, un orchestre automatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le succ&#232;s commercial de la composition, Beethoven a fini par poursuivre Maelzel lorsque celui-ci essaya de faire passer l'&#339;uvre pour la sienne. Contrairement &#224; la l&#233;gende qui pr&#233;sente Maelzel comme l'ami de Beethoven, il appara&#238;t d'ailleurs que ce dernier ne portait pas pr&#233;cis&#233;ment dans son c&#339;ur le dit &#171; inventeur &#187; qu'il d&#233;crit comme &#171; un homme grossier, malicieux, enti&#232;rement d&#233;pourvu d'&#233;ducation ou de culture &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tout le moins, Maelzel et son invention suscitait chez Beethoven une certaine forme d'ironie comme cela transpara&#238;t dans un &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_(musique)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;canon&lt;/a&gt; en &#171; l'honneur &#187; de Maelzel. Certains sp&#233;cialistes affirment qu'il cette pi&#232;ce toujours pr&#233;sent&#233;e comme un &#233;loge de Maelzel par Beethoven aurait &#233;t&#233; &#233;crite en r&#233;alit&#233; par Anton Schindler, le secr&#233;taire de Beethoven, ce qui reste &#224; prouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avouons toutefois qu'en paroles aussi bien qu'en musique la dimension &#233;logieuse y est peu convaincante mais que l'on y entend bien davantage un ton sarcastique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ta ta ta, cher Maelzel&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ta ta ta, adieu, adieu&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ta ta ta, banni&#232;re du temps&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ta ta ta, grand m&#233;tronome.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ta ta ta ta ta ta ta.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/GVHYtaKREAc&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Concernant la mention par Beethoven d'indications m&#233;tronomiques dans certaines de ces &#339;uvres, il est utile de rapporter ce que disait Anton Schindler &#224; ce propos. Il se montrait critique lorsque celles-ci &#233;taient prises au pied de la lettre, car il avait personnellement vu le compositeur changer d'avis sur le tempo auquel ses &#339;uvres devaient &#234;tre jou&#233;es. Celui-ci lui aurait notamment ce commentaire : &lt;i&gt;Assez du m&#233;tronome ! Quiconque peut sentir la musique avec justesse n'en a pas besoin ; et pour celui qui ne le peut pas, on ne peut rien faire ; il partira &#224; la d&#233;rive avec tout l'orchestre&lt;/i&gt;. Certes, on se perdrait en conjectures sur la raison qui avait pouss&#233; Beethoven &#224; porter ces indications qui n'&#233;taient visiblement ... qu'indicatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutons maintenant le deuxi&#232;me mouvement de la 8e symphonie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il reprend ce &#171; fameux &#187; canon &#224; Maelzel et, cher lecteur, serez-vous d'accord qu'il ne fait gu&#232;re de doute que Beethoven s'y moque d'un tempo trop m&#233;canique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>#10 - L'humour de Beethoven - Col&#232;re pour un sou perdu
</title>
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		<dc:creator>Odile
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Musique
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		<dc:subject>Beethoven
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		<description>
&lt;p&gt;En ce 16 d&#233;cembre, jour anniversaire de la naissance de Beethoven, l'Institut Schiller lui souhaite un tr&#232;s bon anniversaire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne sait vraiment quelle est l'histoire derri&#232;re le Rondo a capriccio, op.129 intitul&#233; Col&#232;re pour un sou perdu.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le titre Wuth &#252;ber den verlornen Groschen ausgetobt in einer Kaprize (&#171; Col&#232;re &#224; cause du sou perdu d&#233;charg&#233;e dans un Caprice &#187;) n'est probablement pas de Beethoven lui-m&#234;me, l'indication &#171; caprice l&#233;ger &#187; sur la page de garde du manuscrit (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven-l-etincelle-de-joie" rel="directory"&gt;Beethoven : l'&#233;tincelle de joie
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Musique" rel="tag"&gt;Musique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven" rel="tag"&gt;Beethoven
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton1286-9bdc8.jpg?1775334150' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ce 16 d&#233;cembre, jour anniversaire de la naissance de Beethoven, l'Institut Schiller lui souhaite un tr&#232;s bon anniversaire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/ZHetvDqnkzE&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Personne ne sait vraiment quelle est l'histoire derri&#232;re le &lt;i&gt;Rondo a capriccio&lt;/i&gt;, op.129 intitul&#233; &lt;i&gt;Col&#232;re pour un sou perdu&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le titre &lt;i&gt;Wuth &#252;ber den verlornen Groschen ausgetobt in einer Kaprize&lt;/i&gt; (&#171; Col&#232;re &#224; cause du sou perdu d&#233;charg&#233;e dans un Caprice &#187;) n'est probablement pas de Beethoven lui-m&#234;me, l'indication &#171; caprice l&#233;ger &#187; sur la page de garde du manuscrit original est bien de sa main. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, il semble vraisemblable que, dans cette pi&#232;ce, Beethoven se moque de ceux qui sont obs&#233;d&#233;s par des choses insignifiantes et &#233;voque avec humour leur rage d&#233;bordante.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;coutez et dites-nous ce que vous en pensez !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>#8 - Le final de la 3&#232;me symphonie : cr&#233;ativit&#233; et humour h&#233;ro&#239;que
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/8-Le-final-de-la-3eme-symphonie-creativite-et-humour-heroique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.institutschiller.org/8-Le-final-de-la-3eme-symphonie-creativite-et-humour-heroique</guid>
		<dc:date>2020-11-20T19:38:10Z</dc:date>
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		<dc:creator>Odile
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Musique
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		<dc:subject>Beethoven
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;note de Fred Haight &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans deux &#233;pisodes r&#233;cents, nous avons examin&#233; le premier mouvement monumental de la Symphonie n&#176; 3 &#171; H&#233;ro&#239;que &#187; de Beethoven, qui aborde l'id&#233;e d'un h&#233;ros, une figure historique mondiale. Nous avons &#233;galement entendu son deuxi&#232;me mouvement &#233;pique, une Marche fun&#232;bre, qui exprime la perte ressentie &#224; la disparition d'un tel personnage h&#233;ro&#239;que. Comment Beethoven a-t-il r&#233;ussi &#224; combiner des contraires apparemment irr&#233;conciliables pour aboutir &#224; une conclusion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven-l-etincelle-de-joie" rel="directory"&gt;Beethoven : l'&#233;tincelle de joie
&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton1081-e1fc2.jpg?1775334150' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;note de Fred Haight&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/XtzvSWKBgRc&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Dans deux &#233;pisodes r&#233;cents, nous avons examin&#233; le premier mouvement monumental de la Symphonie n&#176; 3 &#171; H&#233;ro&#239;que &#187; de Beethoven, qui aborde l'id&#233;e d'un h&#233;ros, une figure historique mondiale. Nous avons &#233;galement entendu son deuxi&#232;me mouvement &#233;pique, une Marche fun&#232;bre, qui exprime la perte ressentie &#224; la disparition d'un tel personnage h&#233;ro&#239;que. Comment Beethoven a-t-il r&#233;ussi &#224; combiner des contraires apparemment irr&#233;conciliables pour aboutir &#224; une conclusion satisfaisante de sa symphonie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous pr&#233;sentons l'&#233;tonnant quatri&#232;me mouvement. Le grand po&#232;te fran&#231;ais, Fran&#231;ois Rabelais, l'a bien exprim&#233; en disant que &#171; le rire est le propre de l'homme &#187;. L'h&#233;ro&#239;sme implique toujours la cr&#233;ativit&#233;, et donc le rire et la joie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une br&#232;ve fanfare, nous entendons un th&#232;me simple, mais ludique, en 2/4, jou&#233; en pizzicato, avec de longs silences entre les notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mi&#9837; /Si&#9837; /Si&#9837; /Mi&#9837; /R&#233; /Mi&#9837; /Mi /Fa /R&#233; /Mi&#9837; /A /Si&#9837; (r&#233;p&#233;tition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mi&#9837; Si&#9837; Si&#9837;/ /Si&#9837; /La /Sol /La /La /Si&#9837; /Si&#9837; /Mi&#9837; (r&#233;p&#233;tition)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la premi&#232;re audition, le public a d&#251; se demander si Beethoven &#233;tait s&#233;rieux. Un th&#232;me aussi trivial pour mettre fin &#224; une &#339;uvre aussi titanesque ? Le th&#232;me, cependant, provenait du finale de l'unique ballet de Beethoven, &lt;i&gt;Les cr&#233;atures de Prom&#233;th&#233;e&lt;/i&gt;. Dans le drame grec ancien, Prom&#233;th&#233;e &#233;tait un Dieu, un Titan, qui a d&#233;fi&#233; le Dieu principal, Zeus, en faisant don du feu &#224; l'homme - le feu de la connaissance de la science et de l'art &#224; l'homme. Beethoven n'aurait jamais trait&#233; un tel concept de mani&#232;re triviale. Il a v&#233;cu pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, Beethoven proposait parfois un th&#232;me comme hypoth&#232;se, la &#171; preuve &#187; de cette hypoth&#232;se ne r&#233;sidant pas en elle-m&#234;me, mais dans son d&#233;veloppement contrapuntique. Dans le cas pr&#233;sent, Beethoven a d&#233;velopp&#233; ce th&#232;me dans trois &#339;uvres diff&#233;rentes, le Finale des &lt;i&gt;Cr&#233;atures de Prom&#233;th&#233;e&lt;/i&gt;, dans ses &lt;i&gt;Variations et Fugue pour piano en Mi&#9837; major, op. 35&lt;/i&gt; (&#233;galement appel&#233;es &lt;i&gt;Variations h&#233;ro&#239;ques&lt;/i&gt;) et cette symphonie. Le th&#232;me commence simplement, puis se d&#233;veloppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si vous comparez l'ouverture du mouvement symphonique au Finale du ballet, vous risquez d'avoir du mal &#224; trouver la ressemblance. C'est parce que Beethoven ne cite pas le th&#232;me principal mais la ligne de basse sous-jacente, que l'on entend &#224; peine - la fondation de l'&#233;difice - comme sa source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement symphonique est un &#171; Th&#232;me et Variations &#187;. Deux de ces mouvements se retrouvent dans les &lt;i&gt;Variations sur Dieu sauve le Roi&lt;/i&gt;, et le mouvement lent de son &lt;i&gt;Trio avec piano en do mineur, op. 1 n&#176; 3&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous souhaitez entendre les progr&#232;s consid&#233;rables de Beethoven en quelques ann&#233;es, il vous suffit de faire la comparaison. Les premi&#232;res &#339;uvres sont inventives, mais relativement lin&#233;aires par comparaison. Le Finale de la troisi&#232;me symphonie est facile &#224; suivre sous la forme d'un ensemble de variations pendant le d&#233;but du mouvement (bien que la m&#233;lodie telle que pr&#233;sent&#233;e dans les versions pr&#233;c&#233;dentes n'entre pas avant 2:12). Puis, &#224; 3:09, les variations font place &#224; une fugue ! Difficile &#224; suivre de fa&#231;on lin&#233;aire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, Beethoven bouleverse la forme de ce mouvement, tout en restant fid&#232;le &#224; celle-ci. C'est la raison, et non la forme, qui doit guider, si vous souhaitez comprendre Beethoven.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>#7 - La marche fun&#232;bre de la symphonie h&#233;ro&#239;que
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/7-La-marche-funebre-de-la-symphonie-heroique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.institutschiller.org/7-La-marche-funebre-de-la-symphonie-heroique</guid>
		<dc:date>2020-11-18T16:41:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile
</dc:creator>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Musique
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;une note de Fred Haight &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233; le premier mouvement de la Symphonie n&#176;3 de Beethoven dite L'H&#233;ro&#239;que. Aujourd'hui, nous pr&#233;sentons le deuxi&#232;me mouvement, La marche fun&#232;bre. Quel est le rapport entre une marche fun&#232;bre et la joyeuse c&#233;l&#233;bration de la cr&#233;ativit&#233; et du courage que nous avons entendue dans le premier mouvement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait consid&#233;rer que l'introduction d'une marche fun&#232;bre &#171; casse l'ambiance &#187; et que le retour soudain &#224; la joie dans le troisi&#232;me mouvement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton1078-f51f7.jpg?1775334150' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;une note de Fred Haight&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Szwhb-nuRzI&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233; le premier mouvement de la Symphonie n&#176;3 de Beethoven dite &lt;i&gt;L'H&#233;ro&#239;que&lt;/i&gt;. Aujourd'hui, nous pr&#233;sentons le deuxi&#232;me mouvement, &lt;i&gt;La marche fun&#232;bre&lt;/i&gt;. Quel est le rapport entre une marche fun&#232;bre et la joyeuse c&#233;l&#233;bration de la cr&#233;ativit&#233; et du courage que nous avons entendue dans le premier mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait consid&#233;rer que l'introduction d'une marche fun&#232;bre &#171; casse l'ambiance &#187; et que le retour soudain &#224; la joie dans le troisi&#232;me mouvement sape le s&#233;rieux du deuxi&#232;me mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tournons-nous de nouveau vers Friedrich Schiller pour obtenir des conseils. Dans ses &lt;i&gt;Lettres sur l'&#233;ducation esth&#233;tique de l'homme&lt;/i&gt;, Schiller &#233;crit que le but de l'art est d'&#233;duquer nos &#233;motions afin que nous puissions passer de la joie &#224; la tristesse, et revenir &#224; la joie, sans &#171; partir en vrille &#187;, parce que notre intelligence et nos &#233;motions se d&#233;veloppent de telle mani&#232;re qu'elles sont int&#233;gr&#233;es. Nous restons la m&#234;me personne dans la joie et dans la douleur, parce que nous avons r&#233;fl&#233;chi &#224; ces questions et d&#233;velopp&#233; une force int&#233;rieure, une profondeur et un sens de soi qui &#171; peut faire face aux temp&#234;tes et n'&#234;tre jamais &#233;branl&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La profonde tristesse de Beethoven dans ce mouvement, est un effet miroir de sa joie profonde dans le premier. Ce mouvement invoque quelque chose de plus grand que la perte personnelle : le deuil de toute une soci&#233;t&#233; apr&#232;s la perte d'un dirigeant respect&#233;, universel ; ou encore, le changement du cours de l'histoire lui-m&#234;me lorsque personne ne se l&#232;ve pour relever le flambeau ? Les exemples d'Abraham Lincoln, Franklin Roosevelt, John F Kennedy, Martin Luther King, de Gaulle, Indira Gandhi, Socrate ou Beethoven lui-m&#234;me sont quelques uns parmi ceux qui viennent &#224; l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la 5&#232;me minute de l'enregistrement, le spectacle &#233;voque un souvenir heureux de la vie de ce personnage historique et de ce qu'il a donn&#233; &#224; l'humanit&#233; qui vit apr&#232;s lui. Puis, &#224; 8:12, nous entendons une section fugitive qui &#233;voque la crise que repr&#233;sente pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233; le vide laiss&#233; par la mort de celui-ci. que ce moment surgisse lors de la mort de ce personnage ou bien quand &#171; tout est jou&#233; &#187;, comme avec Napol&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup de vie dans cette &lt;i&gt;marche fun&#232;bre&lt;/i&gt;. Plut&#244;t que de continuer plus avant, nous vous invitons &#224; partager votre relation personnelle avec Beethoven, et &#224; nous dire ce que vous entendez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>#6 - Beethoven et le sentiment de l'h&#233;ro&#239;que
</title>
		<link>https://www.institutschiller.org/6-Beethoven-et-le-sentiment-de-l-heroique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.institutschiller.org/6-Beethoven-et-le-sentiment-de-l-heroique</guid>
		<dc:date>2020-11-17T16:43:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odile
</dc:creator>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Musique
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;une note de Fred Haight &lt;br class='autobr' /&gt;
Vers la fin du 18&#232;me si&#232;cle, la cause de la libert&#233;, dans toutes ses dimensions, &#233;tait au c&#339;ur des d&#233;bats politiques. C'est dans ce contexte que les po&#232;tes Goethe et Schiller collabor&#232;rent pour raconter l'histoire du combat de la Suisse pour la libert&#233;. Dans sa pi&#232;ce Wilhelm Tell, Schiller a pr&#233;sent&#233; &#224; le fameux &#171; Serment de Rutli &#187; (acte fondateur de la Conf&#233;d&#233;ration helv&#233;tique prononc&#233; en 1291), d'une mani&#232;re qui fait &#233;cho &#224; la D&#233;claration d'ind&#233;pendance des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.institutschiller.org/Beethoven-l-etincelle-de-joie" rel="directory"&gt;Beethoven : l'&#233;tincelle de joie
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton1076-b2aaf.jpg?1775334150' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;une note de Fred Haight&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/ONDQHSy7aEs&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin du 18&#232;me si&#232;cle, la cause de la libert&#233;, dans toutes ses dimensions, &#233;tait au c&#339;ur des d&#233;bats politiques. C'est dans ce contexte que les po&#232;tes Goethe et Schiller collabor&#232;rent pour raconter l'histoire du combat de la Suisse pour la libert&#233;. Dans sa pi&#232;ce Wilhelm Tell, Schiller a pr&#233;sent&#233; &#224; le fameux &#171; Serment de Rutli &#187; (acte fondateur de la Conf&#233;d&#233;ration helv&#233;tique prononc&#233; en 1291), d'une mani&#232;re qui fait &#233;cho &#224; la D&#233;claration d'ind&#233;pendance des &#201;tats-Unis, r&#233;dig&#233;e pr&#232;s de 500 ans plus tard :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Non, il y a une limite &#224; la tyrannie. Lorsque l'opprim&#233; ne peut plus trouver justice nulle part, lorsque le fardeau devient insupportable, il &#233;l&#232;ve, le coeur confiant, ses mains vers le ciel et il en fait descendre ses droits &#233;ternels qui sont suspendus l&#224;-haut, inali&#233;nables et indestructibles comme les &#233;toiles elles-m&#234;mes.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Que la pi&#232;ce ait &#233;t&#233; mise en sc&#232;ne par Goethe, en 1804, l'ann&#233;e m&#234;me o&#249; Napol&#233;on se couronnait empereur, ne rel&#232;ve pas du hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goethe et Schiller ont &#233;galement &#233;crit sur le combat men&#233; &#224; cet &#233;poque par les Pays-Bas pour gagner leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'Espagne : Schiller dans son &lt;i&gt;Don Carlos&lt;/i&gt; et son &lt;i&gt;Histoire de la r&#233;volte des Pays-Bas&lt;/i&gt; ; Goethe, dans sa pi&#232;ce &lt;i&gt;Egmont&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brutalit&#233; et l'extr&#234;me cruaut&#233; exerc&#233;es par l'Inquisition espagnole aux Pays-Bas a &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233; de mani&#232;re particuli&#232;rement forte par le grand peintre Pieter Brueghel en 1562 dans son tableau &lt;i&gt;Le triomphe de la mort&lt;/i&gt;. (Peinture ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire mise en sc&#232;ne est celle du comte Egmont, un noble n&#233;erlandais - gouverneur de la Flandre et de l'Artois, membre du conseil d'&#233;tat des Pays-Bas - acquis &#224; la cause de son peuple bien que fid&#232;le au roi Philippe d'Espagne. Son pair, le bien plus avis&#233; Guillaume le Taciturne, s'est enfui de Bruxelles et l'a averti d'une trahison potentielle de la part du tra&#238;tre et despotique duc d'Albe d'Espagne, repr&#233;sentant l'envahisseur espagnol et ennemi jur&#233; d'Egmont. Ce dernier accepte stupidement une invitation &#224; d&#238;ner pour discuter de ses griefs avec Albe. Il est arr&#234;t&#233; lors de ce d&#238;ner et est bient&#244;t ex&#233;cut&#233;, avec un millier d'autres personnes, en 1568.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, bien que le duc d'Albe ait &#171; gagn&#233; &#187; sur le court terme en s'appuyant sur un r&#232;gne de terreur, cela se retourne finalement contre lui, l'ex&#233;cution d'Egmont contribuant &#224; d&#233;clencher le soul&#232;vement populaire des Pays-Bas contre le roi d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Parfois, un long train d'usurpations et d'abus, conduit les gens &#224; penser qu'ils n'ont aucun recours, sauf &#224; se d&#233;barrasser d'un tel gouvernement.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans son &lt;i&gt;Ouverture d'Egmont&lt;/i&gt; d'apr&#232;s la pi&#232;ce de Goethe, Beethoven condense le long processus historique en un moment de changement optimiste. Dans l'atmosph&#232;re dramatique compos&#233;e par Beethoven, des lueurs d'espoir alternent avec les moments les plus sombre menant &#224; la repr&#233;sentation des ex&#233;cutions publiques, (6:42), et l'ex&#233;cution d'Egmont (7:02). Apr&#232;s un moment de tristesse et de r&#233;flexion, quelque chose commence progressivement &#224; &#233;merger du silence. La magnifique fin de Beethoven met en sc&#232;ne l'esprit du peuple qui s'&#233;l&#232;ve contre la tyrannie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_895 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.institutschiller.org/IMG/jpg/1200px-the_triumph_of_death_by_pieter_bruegel_the_elder.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.institutschiller.org/local/cache-vignettes/L500xH357/1200px-the_triumph_of_death_by_pieter_bruegel_the_elder-fc8c6.jpg?1775334150' width='500' height='357' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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