« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Visioconférence des 26 et 27 juin 2021

Pourquoi le défi de la santé publique, de l’éducation et de la politique alimentaire constitue un tout

3ème session

5 juillet 2021

Jacques Cheminade, président de Solidarité et Progrès, ancien candidat à l’élection présidentielle française

Comme on le sait, la brève « Déclaration présidentielle conjointe Etats-Unis-Russie sur la stabilité stratégique » présentée au monde par le président américain Joe Biden et le président russe Vladimir Poutine (à l’issue du sommet de Genève du 16 juin 2021), repose sur un engagement commun : « Aujourd’hui, nous réaffirmons le principe selon lequel une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée. »

Du point de vue de notre avenir, c’est un petit pas qui nous éloigne du gouffre.

Cependant, le fait même qu’une chose si évidente ait dû être réaffirmée montre à quel point le danger était grand et immédiat. Était ? Tout porte à croire qu’il persiste... Parce que l’aspect positif nécessaire pour assurer la paix fait toujours défaut. Ce qu’il faut changer, c’est la façon de penser et d’agir, principalement au sein de notre monde occidental. Cela signifie qu’on doit changer de comportement, ce qui est le but de cette conférence.

[L’économiste et penseur américain] Lyndon LaRouche avait déjà abordé ce défi en mars 1984, dans un document intitulé, « La doctrine LaRouche : Projet de protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’URSS ». Depuis, l’URSS a été dissoute, mais 37 ans plus tard, la situation mondiale non seulement ne s’est pas améliorée, mais elle a empiré.

La « souveraineté inconditionnelle de chacun et de tous les États-nations » (que prônait LaRouche) n’est toujours pas reconnue. Absentes également, une « coopération entre les États-nations souverains pour promouvoir des opportunités illimitées permettant à chacun de participer aux bénéfices du progrès technologique, pour l’avantage de tous ».

Hormis l’initiative chinoise « Une ceinture, une route » (les Nouvelles Routes de la soie), il n’existe aucun autre projet de civilisation. Le but de cette table ronde est d’expliquer quelle est l’épée de Damoclès financière, militaire et sociale suspendue au-dessus de nos têtes et quoi faire pour s’en débarrasser. Les puissances occidentales ont permis aux banques centrales, les moneychangers, comme disait Roosevelt, et à leurs contrôleurs oligarchiques, de nous entraîner dans un cul-de-sac entre destruction hyperinflationniste et effondrement déflationniste.

[Le conférencier suivant] Paul Gallagher expliquera comment cela a été organisé et aggravé à partir de la réunion d’août 2019 des banquiers centraux à Jackson Hole, au Wyoming (Etats-Unis). Ils ont appelé de leurs vœux une politique de « changement de régime », employant le même mot pour leur politique de pillage financier que celui qu’ils utilisent pour soumettre politiquement des nations à leur ordre financier féodal, au nom de la « responsabilité de protéger », sous le prétexte hypocrite de défendre « la démocratie ».

Sous une telle domination, la richesse réelle s’effondre, le monde s’appauvrit car de moins en moins d’argent est injecté dans la production, au fur et à mesure que l’on émet de plus en plus de fausse monnaie. Au cours des six derniers mois, le volume des titres au bilan de la Réserve fédérale a augmenté de 94 % alors que la production réelle, physique, ne s’est pas du tout accrue, malgré le blabla des médias.

Paul vous donnera tous les chiffres pertinents, mais laissez-moi vous en donner un. Après la Seconde Guerre mondiale, il suffisait d’émettre un dollar papier de crédit pour engendrer un dollar de production réelle. Rapidement, il a fallu environ un dollar et demi. Au cours des cinq dernières années, pour engendrer un dollar de production, il aura fallu émettre environ 4,5 dollars de dette. Et en réalité, le chiffre est beaucoup plus élevé si l’on inclut l’effet de l’inflation.

Deux autres chiffres reflètent la situation sur les « murs de la caverne » financière :
la capitalisation boursière totale est de 317 % par rapport au produit national brut (PNB) américain (il n’atteignait « que » 210 % à la fin du troisième trimestre 2007). Même type d’augmentation pour les ratios de l’immobilier par rapport au PNB. C’est ce qui définit l’hyperinflation : un flux toujours plus important de fausse monnaie émise par le système financier afin d’accumuler de la richesse monétaire, au détriment de la production et du niveau de vie de la population. En clair, une accumulation primitive contre le bien commun et les générations futures !

Paul vous montrera ce qu’a fait Hjalmar Schacht, ministre des Finances d’Hitler, pour amener les nazis au pouvoir en Allemagne et comment il a imposé une austérité économique brutale. Mais cela ne suffisait pas, cela aurait provoqué un mécontentement trop violent à l’intérieur du pays. Il fallait autre chose pour soutenir « la monnaie ». La seule option disponible alors pour cette oligarchie était le pillage d’autres nations, hors des frontières allemandes. Paul souligne qu’en deux ans seulement, Schacht a fait passer la production d’armes de 2 % du PIB allemand à 20 % !

Comparons maintenant avec la situation des États-Unis aujourd’hui. Vous me direz qu’il y a eu un accord bipartisan pour voter un plan d’infrastructure de 1200 milliards de dollars sur huit ans et que Biden et les démocrates essaient de faire passer un plan de 1000 milliards pour aider les ménages américains. Ce sont, dans une certaine mesure, des dépenses nécessaires, mais en ce qui concerne les infrastructures, il s’agit simplement de remettre en état l’existant, et l’argent de ce Family Plan stimulera la consommation sans nécessairement relancer la production du pays.

A cela s’ajoute que cette politique s’inscrit entièrement dans les contraintes du Green New Deal , la bulle de toutes les bulles financières. Par ailleurs, précisons qu’officiellement, les dépenses militaires des Etats-Unis sont d’environ 740 milliards de dollars par an. Et en y ajoutant les dépenses indirectes, on obtient plus de 900 milliards de dollars. Ainsi, rien qu’en deux ans, les dépenses militaires (1480 milliards selon l’estimation basse) dépassent ce qui est prévu pour huit ans de dépenses en infrastructures ! De plus, les innovations technologiques les plus avancées ne sont pas liées au civil, mais à la Defense Advanced Projects Agency (DARPA) du Pentagone et au fonds d’investissement IN-Q-TEL de la CIA. La Silicon Valley est depuis le début leur projet favori, basé sur le contrôle systémique des données informatiques. Globalement, le budget américain de la Défense est supérieur à celui des dix pays les plus importants arrivant derrière eux !

Il peut sembler exagéré de dire que la politique actuelle des USA est consciemment celle d’un nouveau Lebensraum (espace vital) nazi. Cependant, comme le soulignait Eisenhower en 1961, le complexe militaro-industriel, ou plus exactement le complexe militaro-financier, porte en lui, de plus en plus, une logique de guerre économique et commerciale à l’échelle mondiale, qui peut dégénérer en une véritable guerre cybernétique puis nucléaire si elle est menée jusqu’à ses ultimes conséquences. Le facteur déclenchant serait le « cerveau » maléfique britannique, ce monstre aux cinq yeux (Five Eyes) poussant le « muscle » américain dans un conflit qui aboutirait à un désastre pour nous tous.

L’effondrement du système financier anglo-américain risque de rendre possible l’impossible conflit nucléaire, comme l’a exprimé avec ses propres mots l’amiral Charles A. Richard, commandant du STRATCOM (US Strategic Command). Existe-t-il une opposition pertinente de la part d’un autre pays occidental ? On peut la trouver dans certaines déclarations, mais tous sont pris dans le même système. En d’autres termes, ils déplorent la croisade de l’OTAN contre la Chine, mais jusqu’à présent, ils ne l’ont fait qu’en paroles. Entre-temps, on a vu le destroyer britannique HMS Defender provoquer les forces russes en mer Noire et être promptement la cible de tirs de sommation et de bombes larguées [par l’armée russe] devant lui. L’épée de Damoclès, dans ce contexte financier mondial, est un autre incident de type Sarajevo, conduisant à une guerre ouverte.

Revenons maintenant au titre de ma présentation : « Pourquoi le défi de la santé publique, de l’éducation et de la politique alimentaire, constitue un tout ? » Parce que, pour créer les conditions de ce « tout », il faut d’abord un changement de paradigme pour nous tous.

Cela signifie, par exemple, parvenir à ce que la Chine a accompli : une espérance de vie en constante amélioration, et sur ce plan, la Chine vient de dépasser les États-Unis.

Comme Helga-Zepp LaRouche l’a maintes fois souligné, un système de santé pour tous est ce qui rendra possible la « coïncidence des contraires ». Dans ce contexte, la France et l’Allemagne, le Japon et la Chine, les Etats-Unis et la Chine pourront travailler ensemble pour une cause commune.

Dennis Small et les intervenants suivants expliqueront comment cela peut être accompli économiquement, grâce au Programme LaRouche pour la survie de l’humanité, une loi de séparation bancaire à la Glass-Steagall à l’échelle mondiale pour nous mettre à l’abri de l’hyperinflation et enfin, les trois autres mesures définies par les « quatre principes de LaRouche ».

Mais je vous préviens : Microsoft et ses sponsors financiers préparent déjà ce qu’ils appellent un Hub Health pour contrôler les données de chaque habitant de cette planète. Cela pourrait être une bonne chose si l’intention était de fournir de meilleurs soins. Mais c’est tout le contraire : s’il n’y a pas de changement de paradigme, les informations seront transmises aux compagnies d’assurance qui détermineront alors combien chacun doit payer, en tenant compte de son profil de médecine prédictive. Cela signifierait que les pauvres et même les classes moyennes de nos pays occidentaux seraient laissés de côté, incapables de payer, et que les pays les plus pauvres du monde se verraient imposer une dépopulation malthusienne, un massacre schachtien. Même s’il n’y a pas de guerre, c’est ce qui se prépare déjà.

Donc, quels que soient nos désaccords sur certaines questions, nous devrions tous nous unir pour faire de ce « tout » de mon titre la priorité humaine absolue. Si nous ne le faisons pas, nous devenons complices d’une destruction mutuellement assurée de notre humanité.

Permettez-moi de conclure par une citation d’Emile Zola, l’auteur du « J’accuse », qui s’est levé pour défendre le capitaine Dreyfus comme la plupart d’entre nous ici se sont levés pour défendre [le « dissident » américain] Lyndon LaRouche.

Zola nous dit : « Lorsque l’avenir est sans espoir, le présent prend une amertume ignoble. » Réalisons donc le meilleur et le plus sain de tous les futurs possibles. Et notre présent, notre « tout », deviendra une occasion de joie pour nous tous.

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