« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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75e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945

Les peuples solidaires sont porteurs d’histoire

19 mai 2020

Message de Jean Quétier, maire de Sainte-Mère-Eglise

Avant-propos

Avant de visionner l’intervention de M. Jean Quétier, maire de Sainte-Mère-Eglise, en Normandie, Jacques Cheminade a contextualisé, pour les auditeurs internationaux, le rôle qu’a joué ce village aux avant-postes de la libération de la France par des parachutistes américains.

Jacques Cheminade :

« Sainte-Mère-Eglise est un lieu très important car c’est là que les parachutistes américains ont sauté les premiers, dans la nuit précédant le Débarquement de Normandie. Il y eut une grande bataille là-bas. Ce fut extrêmement lourd, terrible... Aujourd’hui, on peut voir, accroché au toit de l’église, le mannequin d’un soldat américain. Il représente l’un de ces soldats, qui, dans sa chute, resta accroché à l’édifice. Il dut attendre un certain temps avant d’être libéré, craignant de se faire tirer dessus, ce qui, heureusement, n’a pas eu lieu. Il y a même un vitrail dans l’église, représentant ce parachutiste. Vous avez donc là ce sens d’une véritable amitié franco-américaine. Sans aucune prétention d’être la première, ou la meilleure. Juste une véritable amitié.

« Dans un premier temps, les morts furent enterrés sur place avant d’être transférés vers d’autres cimetières. Parmi eux, le brigadier général Théodore Roosevelt (fils du président Théodore Roosevelt), un cousin de Franklin Delano Roosevelt. Dès le mois d’août 1944, un photographe envoyé par le magazine américain Life demanda au maire de l’accompagner sur la tombe de Roosevelt. Pris par d’autres occupations, le maire demanda alors à sa femme, qui parlait couramment l’anglais, d’accompagner le photographe. Celui-ci prit alors plusieurs clichés qui firent le tour du monde, montrant la femme du maire déposant des fleurs sur les tombes américaines, devenue le symbole de cet engagement à lutter ensemble et à honorer les morts au nom de la liberté et de la civilisation. »

Mesdames et Messieurs,

A nos amis américains,

Aujourd’hui nous célébrons la fin de la Deuxième Guerre mondiale et surtout la victoire contre le nazisme.

Tout cela se déroulera de façon presque confidentielle, puisque nous vivons une étrange période à cause de la pandémie mondiale.

Cette célébration n’en a que plus d’importance. Il convient de nous souvenir du sacrifice de ces hommes, venus nous libérer, et libérer aussi le peuple allemand de cette sombre idéologie.

La solidarité entre les peuples nous a permis de sortir de l’obscurité et d’envisager des lendemains meilleurs. Ne l’oublions pas. En ce moment nous pourrions être tentés par le repli sur nous-mêmes.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, dès 0h30, les premiers soldats sautaient sur Sainte-Mère-Eglise et entamaient cette longue marche pour libérer l’Europe.

N’oublions pas les 13 700 soldats enterrés dans les 3 cimetières provisoires, ouverts dès le 7 juin 1944 dans la commune. Le 7 juin 2019, nous avons inauguré un monument érigé pour rappeler cet épisode des cimetières provisoires.

J’étais accompagné de George Ciampa, vétéran de la 607e compagnie d’intendance, dont la mission était de prendre en charge les soldats tués lors des combats et d’aménager des cimetières provisoires.

Il avait alors18 ans. Ce moment restera dans la mémoire. George connaît le prix entier de la liberté.

Célébrons ce 8 mai et regardons devant nous.

Les peuples solidaires sont porteurs d’histoire.

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