« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Le plan Oasis exposé par un expert turc de l’eau

18 mai 2024

L’urgence pour trouver une solution de paix viable au Moyen-Orient remet la question de l’eau sur la table. L’élan donné par les conférences de l’Institut Schiller sur le plan Oasis suscite des réflexions et trouve des échos un nombre croissant de pays.

Dans le dernier article paru le 17 mai dans World Water Management, Diplomacy & Science News, l’expert turc de l’eau, Dursun Yıldız, discute de l’approche et des mérites du plan Oasis de LaRouche, y compris la nouvelle carte du projet établie par l’Institut Schiller.

Yıldız est un spécialiste renommé de l’hydropolitique avec des décennies d’expérience et le directeur de l’association Hydropolitics Academy située à Ankara, Turquie. Il est ingénieur civil et ancien directeur adjoint des travaux hydrauliques de l’État turc.

Le Moyen-Orient, écrit-il, est depuis longtemps en proie à l’instabilité, alimentée par des tensions géopolitiques et des défis internes. Cet article examine le potentiel des plans de développement économique régional pour instaurer la paix et la stabilité dans la région. Il explore des facteurs historiques tels que l’accord Sykes-Picot et les conflits actuels entre Israël et la Palestine. En outre, il examine diverses propositions de développement économique, y compris le plan d’oasis « Blue Peace » de LaRouche, et évalue leur faisabilité et leur potentiel de promotion de la paix.

Yıldız écrit : « La paix au Moyen-Orient est la seule option pour l’avenir. Le massacre de Gaza a montré à quel point il est important pour l’humanité de parvenir à la paix au Moyen-Orient. Par conséquent, toutes sortes de solutions alternatives devraient être essayées pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient. Il convient d’accorder une plus grande attention aux obstacles qui se dressent sur la voie d’une solution de développement régional. La guerre n’apportera jamais la paix, la paix apportera la stabilité et la prospérité économique. À cet égard, le système international doit également soutenir de nouvelles alternatives pour la paix. Il est donc nécessaire d’adopter une nouvelle vision qui donne la priorité aux développements économiques et sociaux au Moyen-Orient. »

Dans la section 3.1, Yıldız présente le plan d’oasis « Blue Peace » de LaRouche, comme « l’un des plans à mettre sur la table des négociations diplomatiques en tant que ’colonne vertébrale’ d’un accord de paix durable dans la région ».

« Dans ce plan, certains projets impliquent le transfert de grandes quantités d’eau, comme Red-Dead (de la Mer rouger vers la Mer morte) et Med-Dead (de la Méditerranée vers la Mer morte). Dans ce contexte, des projets tels que l’usine de dessalement à propulsion nucléaire, la création de nouvelles villes et d’un »corridor de développement" autour des nouveaux systèmes de transport d’eau, et de nouvelles zones de peuplement (Blueprint Negev) sont prévus.

Selon ce plan, une partie de l’eau de mer passant par le système de transport Med-Dead Water sera dessalée à Beersheba, la « capitale du Néguev », dont la population pourra être doublée grâce à de nouveaux approvisionnements en eau douce.

« En 1975, LaRouche s’est rendu à Bagdad et a proposé, dans le courant de l’année, la création d’une banque internationale de développement pour financer des projets d’infrastructure d’intérêt commun au Moyen-Orient et dans d’autres régions. En 1986, Peres, alors premier ministre d’Israël, a appelé à une approche de type »plan Marshall", impliquant des infrastructures de haute technologie, notamment des usines de dessalement, des réseaux électriques internationaux, ainsi que des réseaux ferroviaires et routiers. Les objectifs du plan Oasis s’inscrivent dans cette logique, ainsi que dans le programme élaboré par des économistes palestiniens tels que Yousef Sayegh.

« Lyndon LaRouche (1922-2019) a proposé son »Plan Oasis pour la paix et le développement au Moyen-Orient« . Mais ce plan, comme d’autres propositions allant dans le même sens, a été bloqué du côté israélien. »

Le plan Oasis de LaRouche comportait trois axes majeurs :
1) l’abandon par Israël du contrôle exclusif sur les ressources en eau ;
2) le développement économique de la bande de Gaza ;
3) la construction des systèmes d’adduction d’eau Golfe d’Aqaba-Mer morte et Mer morte-Méditerranée.

« Lyndon LaRouche a proposé d’utiliser l’énergie nucléaire pour produire l’électricité nécessaire au développement économique et de dessaler l’eau de mer pour obtenir de l’eau potable en quantité suffisante. »

Avant d’exposer toutes les difficultés et les obstacles à surmonter, notamment les questions de sécurité et les menaces perçues soulevées par le dessalement nucléaire, Yıldız souligne à nouveau : « Un plan de développement économique solide peut stabiliser la région en attirant les investissements, en améliorant les infrastructures et en renforçant l’environnement des entreprises. Cette stabilité peut créer un environnement propice aux efforts de consolidation de la paix. Les interdépendances économiques créées par le commerce, l’investissement et la prospérité partagée peuvent inciter les parties en conflit à coopérer et à trouver des solutions pacifiques à leurs différends ».

Le 14 mai, l’Hydropolitics Academy a publié un lien vers un rapport de l’EIR sur la « Conférence sur l’eau pour la paix » de Paris, publié il y a quelques semaines en Turquie par United World International. En plus de publier son nouvel article sur le site de l’académie aujourd’hui, Yıldız a également publié l’article sur la conférence sur l’eau de Schiller.

English version

In an article published on may 17th in World Water Management, Diplomacy & Science News, the Turkish water expert Dursun Yıldız discusses the approach and merits of LaRouche’s Oasis plan, including the new Schiller Institute map of the project.

Yıldız is a renowned hydropolitics specialist with decades of experience and the Director of the Hydropolitics Academy Association located in Ankara, Türkiye. He is a civil engineer and former deputy director of Türkiye’s State Hydraulic Works.

The Middle East, he writes, has long been plagued by instability, fueled by geopolitical tensions and internal challenges. This article examines the potential of regional economic development plans to bring about peace and stability in the region. It explores historical factors such as the Sykes-Picot Agreement and ongoing conflicts between the Israel and Palestine. Additionally, it discusses various economic development proposals, including LaRouche’s “Blue Peace” Oasis Plan, and evaluates their feasibility and potential for fostering peace.

Yıldız writes : “Peace in the Middle East is the only option for the future. The massacre in Gaza revealed how important it is for humanity to achieve peace in the Middle East. Therefore, all kinds of alternative solutions should be tried for peace and stability in the Middle East. More attention must be paid to obstacles on the way to a regional development solution. War will never bring peace, Peace will bring stability and economic prosperity. In this regard, the international system must also support new alternatives for peace. Therefore, there is a need for a new vision that prioritizes economic and social developments in the Middle East.”

In section 3.1, Yıldız presents LaRouche’s “Blue Peace” Oasis Plan, "one of the plans to be put on the table of diplomatic negotiations as the ‘spine’ of a durable peace agreement in the region.

“In this plan, some projects involve large amounts of water transfer such as Red-Dead, and Med-Dead. In this context, projects such as The nuclear-powered desalination plant, the creation of new cities and a ‘development corridor’ around new water transmission systems, and new settlement areas (Blueprint Negev) are planned.

“According to the plan part of the seawater going through the Med-Dead Water conveyance system will be desalinated in Beersheba, the ‘capital of the Negev’ whose population, with new fresh water supplies, can be doubled.

“In 1975, LaRouche visited Baghdad, and subsequently in the year proposed an International Development Bank to fund common-interest infrastructure projects in the Mideast and other regions. In 1986, Peres, then prime minister of Israel, called for a ‘Marshall Plan’ approach, involving high-technology-vectored infrastructure including desalination plants, international electricity grids, and rail and road networks. The Oasis Plan goals cohere with this and also with the program elaborated by Palestinian economists such as Yousef Sayegh.

“Lyndon LaRouche (1922-2019) proposed his ‘Oasis Plan for Peace and Development in the Middle East.’ But this plan, like other proposals along similar lines, was blocked on the Israeli side.”

LaRouche’s Oasis plan included three major axes :
1) Israel’s relinquishment of exclusive control over water resources ;
2) economic development of the Gaza Strip ;
3) construction of the Gulf of Aqaba-Dead Sea and Dead Sea-Mediterranean water conveyance systems.

“Lyndon LaRouche proposed the use of nuclear energy to generate the electricity needed for economic development and desalinate seawater to obtain drinking water in the quantities needed.”

Before outlining all the difficulties and obstacles to be overcome, notably the security issues and perceived threats raised by nuclear desalination, Yıldız underscores again : “A robust economic development plan can stabilize the region by attracting investment, improving infrastructure, and enhancing the business environment. This stability can create an environment conducive to peace building efforts. Economic inter-dependencies created through trade, investment, and shared prosperity can incentivize conflicting parties to cooperate and find peaceful resolutions to their differences.”

On May 14, the Hydropolitics Academy published a link to an EIR report on the Paris Water for Peace Conference published some weeks ago in Türkiye by United World International. Besides posting his new article on the academy’s website today, Yıldız also posted the article on the Schiller water conference.

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