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La COP26 en Ecosse : beaucoup d’argent, d’émissions de carbone et… de vent

4 novembre 2021

« Il est minuit moins une ! », s’est exclamé Boris Johnson, il est temps de « reléguer le charbon aux oubliettes de l’histoire ». C’est une « menace existentielle à l’existence humaine telle que nous la connaissons », a renchérit Joe Biden. « Il nous faut opérer une transformation globale de notre façon de vivre, de travailler et d’exercer nos activités », a sermoné Angela Merkel, tandis que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est révolté de « voir la nature traitée comme des toilettes » alors qu’une « catastrophe climatique » est imminente.

Le sommet de la COP26 (plus pertinemment rebaptisée FLOP26) était censé enfoncer le dernier clou dans le cercueil de la société industrielle, acter la fin du progrès humain et le retour à une existence primitive, où le vent et le soleil fourniraient assez d’énergie pour le petit milliard d’humains survivants. La « Grande Réinitialisation » et la « Transition Verte » des banquiers devaient s’imposer au monde entier. Mais c’était sans compter avec l’opposition de la majorité de la population et des dirigeants mondiaux, qui refusent de sacrifier la sécurité énergétique et le développement économique à des objectifs irréalistes de CO2. Hormis le Premier ministre indien Narendra Modi, aucun des dirigeants des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) n’assiste à la conférence de Glasgow.

• Dans son message écrit, le président chinois Xi Jinping s’est engagé à accélérer la réduction des émissions de carbone, mais sans prendre d’engagement ferme. Son Premier ministre avait tout récemment expliqué que la Chine prévoit d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060, mais grâce à des centrales au charbon propres et modernes, tout en renforçant la prospection pétrolière et gazière.

• La Russie entreprend de parvenir à un niveau d’émissions nettes de carbone égal à zéro en 2060, mais continuera à développer ses ressources en gaz naturel et son énergie nucléaire. Le président Poutine n’envoie qu’une courte vidéo préenregistrée à une session de la COP26 sur la foresterie et l’utilisation des terres.

• La présence de Narendra Modi à Glasgow n’a pas vraiment rassuré les promoteurs de l’évènement. Le dirigeant indien rappelle aux pays développés leur engagement d’allouer aux pays pauvres 100 milliards de dollars par an pour financer leur sortie des combustibles fossiles. Mais selon lui, cet argent devrait servir, non pas à réduire les émissions de carbone, mais à assurer que tous aient « de l’eau potable au robinet et du combustible propre pour cuisiner ». L’Inde est le troisième émetteur de CO2 de la planète.

• Le président nigérian Muhamadu Buhari, présent sur place, devrait défendre la position de la plupart des pays africains. Dans une tribune parue le 1er novembre dans Newsweek, intitulée « On ne résoudra pas la crise climatique en provoquant une crise énergétique en Afrique », il affirme que sans énergie fiable, on ne pourra pas « construire les usines permettant de faire passer l’Afrique, d’une économie avec peu d’emplois et dépendant des industries extractives, en continent à revenu intermédiaire et à fort taux d’emploi ». Il réclame la levée du « moratoire » sur les investissements dans les combustibles fossiles imposé par les pays occidentaux, et soutient l’énergie nucléaire pour l’Afrique. En fin de compte, affirme le président Buhari, « nul n’a le droit de nier le progrès à notre continent ».

• Autre porte-parole pour l’Afrique, le président ougandais Yoweri Museveni a publié dans le Wall Street Journal du 24 octobre une tribune intitulée « Le solaire et l’éolien condamnent l’Afrique à la pauvreté ». Il y met en garde que « le continent devrait équilibrer son mix énergétique, sans se précipiter directement sur les énergies renouvelables, même si cela risque de décevoir certains de ceux qui se réuniront la semaine prochaine » à Glasgow.

Malgré l’échec prévisible de la « Flop26 », il est fort improbable que les élites derrière les Green New Deals et l’empire bancaire mondial abandonnent leurs projets de désindustrialisation et de dépeuplement de la planète.

De nouveau, les conclusions apocalyptiques du GIEC remises en cause

La parution de la nouvelle étude du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en août dernier, a déclenché une vague d’alarmisme dans les médias à propos du prétendu danger du CO2 pour la planète. Or, la plupart des commentateurs n’en ont lu que le « Résumé à l’intention des décideurs » (SPM en anglais). Entre-temps, un examen de ce résumé par rapport au texte complet a été effectué par CLINTEL (Climate Intelligence, un groupe fondé et dirigé par Guus Berkhout, et composé d’une centaine de scientifiques, ingénieurs et professionnels). Ils ont trouvé entre les deux versions des divergences suffisantes pour remettre en question les actions proposées.

Il y a quelques semaines, l’Institut Schiller et CLINTEL avaient publié une déclaration commune intitulée « Il est temps de se réveiller ! Le danger pour l’humanité n’est pas le climat, mais l’acceptation d’une politique qui se sert du climat pour nous détruire ! ». Cet appel réfute les prémisses scientifiques et économiques sous-tendant la thèse du changement climatique et les divers « green deals » poussés par l’oligarchie financière internationale et ses dupes. Nous invitons nos lecteurs à faire circuler cette déclaration aussi largement que possible.

Dans cette lettre récente adressée à Hoesung Lee, le président du GIEC, Guus Berkhout et Jim O’Brien, président du Forum irlandais de climatologie, attirent son attention sur six cas de déclarations erronées retrouvées dans le SPM. Tout d’abord, ils affirment qu’il « n’est pas ‘incontestable’ que seule l’influence humaine ait réchauffé la planète ; le modeste réchauffement d’environ 1°C observé depuis 1850-1900 est le résultat d’une combinaison non encore expliquée d’influences anthropiques et naturelles ». L’ensemble des six points est à lire sur https://clintel.org.

Les auteurs concluent « à regret » que le SPM fait état d’une « crise climatique » qui n’existe pas en réalité. Ce résumé sert ainsi à justifier à tort de « drastiques changements sociaux, économiques et humains », alors qu’il serait bien plus judicieux de s’adapter prudemment à « tout changement climatique modeste pouvant survenir dans les décennies à venir ». Ils notent aussi que le SPM fait l’impasse sur « les impacts positifs de niveaux légèrement supérieurs de CO2 sur l’agriculture, la sylviculture et la vie humaine sur Terre ».