« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Conférence internationale de l’Institut Schiller :

L’avenir de l’humanité en tant qu’espèce créatrice

23 novembre 2019

A Bad Soden, en Allemagne, les 16 et 17 novembre, plus de 300 personnes venues du monde entier se sont rassemblées à la Conférence de l’Institut Schiller pour débattre du thème : « L’avenir de l’humanité en tant qu’espèce créatrice » et honorer la mémoire de Lyndon LaRouche.
Il est très difficile de rendre compte de la diversité et de la richesse des différentes interventions et des questions qui ont été posées aux orateurs.
C’est pourquoi, nous nous concentrons dans l’introduction ci-dessous sur les discours de la première session en ce qu’ils avaient pour fonction de donner un sens du contexte international permettant de situer les solutions proposées par l’Institut Schiller, développées dans les sessions consacrées à la science et à la culture.
(Voir plus bas, le programme de la conférence)

En cette période trouble, quel rôle pour l’Europe ?

C’est après une très émouvante interprétation de l’Et incarnatus est extrait de la messe de Schubert en mi bémol, qu’Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente de l’Institut Schiller, a ouvert cette conférence dédiée à son mari, Lyndon LaRouche, décédé en février 2019. « Mon mari fut un grand homme d’Etat, un économiste et un visionnaire », déclara-t-elle aux 300 personnes venues de toute l’Europe, des Etats-Unis et d’ailleurs. « Nous voulons prendre aujourd’hui l’engagement solennel que nous ferons vivre ses idées, car elles représentent plus que jamais la solution aux problèmes existentiels auxquels la civilisation est confrontée aujourd’hui. »

La solution LaRouche à la crise

Evoquant la crise qui sévit en Occident, Mme LaRouche est revenue sur les qualités de prévisionniste de son mari. En 1971, lorsque le président Nixon enterra le système de Bretton Woods en remplaçant les parités fixes entre les monnaies par des parités flottantes, LaRouche avait prédit que « si cette tendance se maintenait dans la politique monétaire, nous courrions le risque d’aller vers une nouvelle dépression et de nous retrouver devant le choix entre un nouveau fascisme ou un nouvel ordre monétaire mondial ».
Elle décrivit ensuite le processus de démantèlement des capacités industrielles occidentales dès les années 1970, ainsi que la dérégulation financière imposée par Thatcher et Reagan, conduisant à la grande crise de 2007-2008. Aggravé par le mécanisme d’assouplissement quantitatif des banques centrales, puis par les taux d’intérêts négatifs et les récentes injections quotidiennes de la Réserve fédérale pour maintenir à flot un système en faillite virtuelle, tout cela aboutit à gonfler la bulle d’actifs financiers à plus de 1,8 million de milliards de dollars ! Voir graphique

Il s’agit donc bien d’un combat contre le capital financier prédateur transnational, opérant à partir de la City de Londres et de Wall Street. C’est pourquoi M. LaRouche avait insisté de son vivant que seule une coalition des quatre grandes nations souveraines – Etats-Unis, Chine, Russie et Inde – avec l’appui de quelques autres, aurait suffisamment de puissance pour l’affronter et imposer un nouveau système de Bretton Woods. Outre le rétablissement des parités fixes entre les monnaies, ce nouveau Bretton Woods devrait mettre en œuvre les quatre grands principes élaborés par LaRouche : rétablir des banques nationales sous contrôle public, émettre du crédit à grande échelle pour les investissements productifs dans le monde et orienter la recherche vers les énergies les plus denses, telle que la fusion nucléaire, permettant d’effectuer plus de travail avec moins d’effort et de matière.
Une coopération stratégique de haut niveau existe déjà entre la Russie et la Chine, qui s’est aussi rapprochée de l’Inde, nota Mme LaRouche. On voit par ailleurs ces pays adopter des mesures conjointes : sortie du dollar, réorganisation de leurs échanges en monnaies bilatérales, achat massif l’or et création de cybermonnaies. Rien n’indique pourtant, précisa Mme LaRouche, qu’ils envisageraient un plan de contingence pouvant être appliqué avant le krach. Et surtout, ils n’incluent pas les Etats-Unis. Ce point peut être débattu, et elle-même s’y déclare favorable, craignant que, s’ils n’en font pas partie, l’effondrement ne les conduise à la guerre.
En Russie comme en Chine, un scepticisme existe quant à la possibilité de voir les Etats-Unis rejoindre ce projet. Mais en analysant les dernières déclarations de Donald Trump, Mme LaRouche en conclut qu’un rapprochement est possible. A l’ONU, Trump a en effet déclaré que « l’avenir appartient aux nations souveraines et indépendantes qui protègent leurs citoyens, respectent leurs voisins et honorent les différences qui rendent chaque pays spécifique et unique ». Or, l’Initiative une ceinture, une route (ICR) s’appuie sur le respect de la souveraineté et des différences des systèmes de chaque nation.
Elle revint ensuite sur l’importance de l’ICR, totalement cohérente avec les propositions de LaRouche, et qui représente aujourd’hui le plus vaste projet d’infrastructures de l’histoire. Au lieu de s’y opposer, les pays européens et les Etats-Unis devraient, au contraire, entamer une coopération avec la Chine dans des marchés tiers, en Amérique latine, en Afrique et en l’Asie du Sud-ouest.

L’Allemagne et l’Initiative une ceinture, une route

M. Wang Weidong, Ministre conseiller de l’Ambassade de Chine en Allemagne, présenta les progrès fantastiques réalisés par l’ICR depuis sont lancement en 2013. « A ce jour, plus de 160 pays et organisations internationales ont signé 195 accords gouvernementaux avec la Chine ; le commerce total de la Chine avec les Etats membres de l’ICR dépasse les 6000 milliards de dollars et les investissements directs dans les pays impliqués, 90 milliards de dollars. »
Pour ce qui est des échanges entre la Chine et l’Allemagne, 40 % des 17 000 trains partis de Chine avaient l’Allemagne pour destination, et au port de Duisburg, leur principal terminus en Europe, le nombre d’entreprises chinoises est passé de 40 à 100, créant ainsi 3000 emplois. En outre, de nombreuses entreprises allemandes ont engagé une coopération avec la Chine en pays tiers : Siemens et Voith ont ouvert des marchés étrangers avec une centaine d’entreprises chinoises, tandis que le port de Duisburg participe au développement d’un parc industriel sino-biélorusse.

Coopération russe avec l’ICR chinoise

Le Pr Andrei Ostrovsky, directeur adjoint de l’Institut d’études sur l’Extrême-Orient de l’Académie des sciences de Russie, évoqua à son tour les vastes perspectives ouvertes par la coopération entre l’Union économique eurasiatique (UEEA) et l’ICR, entérinée par la Russie et la Chine en mai 2015.
La croissance dans les pays de l’UEEA (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, Arménie et Kirghizistan) pourrait se développer très rapidement, affirma M. Ostrovsky, revenant sur l’expérience très réussie de la construction du transsibérien et du chemin de fer de l’Est en Chine, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
La Chine et la Russie ont besoin l’une de l’autre : la Chine pour garantir ses approvisionnements de gaz et de pétrole, par la voie continentale, plus sûre que par le détroit de Malacca. La Russie pour développer et peupler ces régions inhospitalières qui recèlent 30 % de ses réserves de charbon, 20 % des hydrocarbures, 25 % du bois et d’importants gisements de métaux rares et non ferreux. Grave problème, leur sous-équipement en infrastructures : une seule route pour véhicules entre Irkoutsk et Vladivostok, et deux chemins de fer, le Transsibérien et la BAM. Un seul port possible : Vladivostok. Seule une intégration de la Russie dans le développement de la région Asie-Pacifique et une coopération avec l’ICR lui permettront d’y parvenir.

Ukraine : histoire d’un saccage

D’une tout autre tonalité fut le discours de Natalia Vitrenko, économiste, dirigeante du Parti socialiste progressiste d’Ukraine et ancienne membre du Parlement ukrainien, un pays qui lutte encore pour sa survie.
Lors de la chute de l’URSS, l’Ukraine figurait parmi les dix premiers pays du monde par son PIB et parmi les six premiers maîtrisant le cycle complet de la production d’avions, bateaux, moteurs diesels, automobiles, missiles, machines agricoles et capacités de R & D avancées.
Conséquence d’avoir appliqué à la lettre les recettes du FMI, dès 1992, l’Ukraine, selon le bureau d’études GFK, se trouve désormais reléguée à la dernière place de 42 pays européens, en termes de pouvoir d’achat. Si le budget moyen d’un Européen est de 14 739 euros en 2019, il n’est que de 1 830 euros en Ukraine ! En 2018, le PIB n’a atteint plus que 2/3 de celui de 1991. En 2014, ce processus fut inexorablement mené à son terme : les Occidentaux ont imposé à la tête du pays les héritiers de la collaboration avec les nazis de la Deuxième Guerre mondiale.

La Grèce à la croisée des chemins

Selon Leonidas Chrysanthopoulos, ambassadeur grec ad honorem et ancien secrétaire général de l’Organisation de coopération économique de la mer Noire, « en dépit des rumeurs véhiculées par l’UE, la Grèce est toujours dans une situation économique catastrophique. (…) La dette publique en pourcentage du PIB est passée de 124 % en 2010 à 185 % aujourd’hui et continue à croître. Les retraites n’ont jamais été revalorisées après avoir été réduites de 60 % ; le système de santé ne s’est pas relevé de son effondrement et les impôts sont toujours aussi lourds. »
C’est la Chine qui a tendu à la Grèce la bouée de sauvetage. Depuis 2016, le géant du transport maritime Cosco est devenu propriétaire du Port de Pirée, dont il a fait bondir le trafic annuel de conteneurs de 685 000 en 2010 à 5 millions en 2018. Depuis, la Grèce a rejoint la Banque internationale pour les investissements en infrastructures, ainsi que l’Initiative de coopération entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale. Elle vient de signer un protocole d’accord de coopération avec l’ICR.

Pragmatisme contre idéologie

Conseiller en stratégie internationale, le colonel Alain Corvez a conclu cette session, faisant écho aux propos d’Helga Zepp-LaRouche sur la fin de l’ordre de la mondialisation et le retour des patriotismes et des souverainismes.
Après la chute du communisme, rappela M. Corvez, les Etats-Unis se sont crus voués à une destinée universelle sous la forme d’une nouvelle Rome. C’était ne pas compter avec une résistance acharnée qui s’est levée contre ce qui était devenu un impérialisme brutal, ravageant le monde par des guerres menées faussement au nom de grands principes.
Le président Trump a été assez pragmatique pour reconnaître qu’il fallait y mettre un terme. Les puissances émergentes ou réémergentes (Russie, Chine, Inde, Pakistan, etc.) ont décidé aussi de défendre pragmatiquement leurs intérêts, tout en respectant ceux des autres, au sein des organisations comme les BRICS ou l’OCS.
Alain Corvez a soutenu la démarche de l’ICR chinoise, saluant, dans ce contexte, le rôle de précurseur joué par LaRouche en 1975, avec son « Plan Oasis » de paix par le développement pour Israël et la Palestine.


Le Programme de la conférence

Samedi 16 novembre

1ère session

Une époque de bouleversement stratégique : l’Europe sera-t-elle capable de contribuer à façonner le nouveau paradigme ?

2ème session

Fondements scientifiques pour le futur et la Nouvelle Route spatiale de la soie

Dimanche 17 novembre

3ème session

Qui est Lyndon LaRouche ?

(Vidéo à venir)

  • Le pouvoir de Raison : l’héritage vivant de Lyndon LaRouche
    par Dennis Small, coordinateur pour l’Amérique latine de l’Institut Schiller
  • LaRouche et la science
    par Josef Miklosko, ancien Premier Ministre de Tchécoslovaquie
  • ’importance historique de LaRouche pour les Etats-Unis
    par Theo Mitchell, ancien Sénateur d’état de la Caroline du Sud
  • LaRouche et la Doctrine sociale de l’Eglise Catholique
    par Nino Galloni, ancien directeur général des Ministères du Budget et du Travail en Italie
  • Où vont les Etats-Unis ? La solution larouchiste pour sortir du chaos
    par Harley Schlanger, ancien porte-parole de Lyndon LaRouche et membre du Comité de direction de l’Institut Schiller

4ème session

Beauté et art classique sont le propre de l’homme : la Route de la Soie culturelle

  • La nécessité d’une renaissance classique pour les jeunes
    par Diane Sare, directrice du projet choral de Manhattan, New York, Etats-Unis
  • LaRouche et l’unité entre la science et l’art
    par Antonella Banaudi, chanteuse lyrique et professeur de chant, experte sur l’accord de Verdi
  • Véritable liberté et art véritable : la contribution unique des Negro spirituals à l’éducation classique aux Etats-Unis
    par Elvira Green, chanteuse lyrique, membre du Metropolitan Opera pendant 30 ans, fondatrice des Chanteurs pour une renaissance spirituelle de Greensboro Caroline du Nord)]