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L’OCI s’engage pour aider l’Afghanistan

21 décembre 2021

Dimanche 19 décembre , le Conseil des ministres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) s’est réuni en session extraordinaire au Pakistan et a adopté des résolutions pour une aide humanitaire coordonnée à l’Afghanistan et des mesures pour le fonctionnement économique. Des mécanismes de suivi ont été spécifiés pour mettre en œuvre les décisions de l’OCI. Soixante-dix délégués représentant les pays membres, les nations invitées, les agences financières internationales et les agences d’aide de l’ONU ont assisté à la réunion. L’OCI, avec 57 nations membres, est le plus grand organisme mondial de ce type après les Nations unies. Mais même ainsi, ce qui déterminera ce qui arrivera au peuple et à la nation afghane, à la région élargie et à la situation mondiale, nécessite un changement d’approche pour abandonner la géopolitique mortifère et lancer une action positive concertée entre les grandes puissances.

C’est ce qu’a souligné vendredi, jour d’ouverture des réunions de trois jours de l’OCI à Islamabad, la présidente de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, lors d’un débat sur la télévision nationale pakistanaise PTV, qui a couvert intensivement les travaux de l’OCI. Elle a déclaré : « Dans un certain sens, réunir toutes les forces internationales pour aider l’Afghanistan est, à mon avis, l’une des missions historiques les plus importantes. D’une certaine manière, je pense que le destin entier de l’humanité est en quelque sorte comme avec un laser, concentré sur ce qui se passe en Afghanistan. J’espère donc vraiment que tous les pays participants et concernés redoubleront et multiplieront leurs efforts pour faire de la sauvegarde de l’Afghanistan un enjeu pour le monde entier. Et je pense que tous les canaux doivent être utilisés : médias, Nations unies, conférences. Il doit y avoir un roulement de tambour, un roulement de tambour pour éveiller la conscience du monde, car je pense que c’est une sorte de jugement de notre capacité en tant qu’espèce humaine : sommes-nous moralement aptes à survivre ou pas ? »

Ce soir, les pays de l’OCI commencent à faire des promesses de dons pour les opérations de secours d’urgence. D’après les rapports préliminaires, le cadre adopté pour gérer l’aide en cours comprend plusieurs caractéristiques. Une résolution a été adoptée à l’unanimité selon laquelle l’OCI mettra en place un Fonds fiduciaire humanitaire et un programme de sécurité alimentaire. La réunion de l’OCI a demandé que l’Organisation islamique pour la sécurité alimentaire (OISA) travaille avec ce nouveau programme de sécurité alimentaire pour l’Afghanistan, y compris en utilisant les réserves de l’OISA, lorsque cela est justifié. Le Fonds fiduciaire humanitaire doit entrer en fonction au cours du premier trimestre de 2022, sous les auspices de la Banque islamique de développement.

À Kaboul, la mission existante de l’OCI doit être renforcée par des ressources logistiques, financières et humaines supplémentaires afin de lui permettre de coordonner les opérations avec les agences et les partenariats mondiaux. Ceci inclut les agences des Nations unies, de l’UNICEF au Programme alimentaire mondial et d’autres organisations. La collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé pour les vaccins et les fournitures médicales constituera une priorité.

Un soutien sera apporté aux réfugiés afghans qui ont fui vers les pays voisins et aux personnes déplacées à l’intérieur de l’Afghanistan. On estime que 665 000 personnes ont été déplacées entre janvier et septembre 2021, en plus des 2,9 millions de personnes déjà déplacées à l’intérieur du pays. En bref, 60% de la population de 38 millions de personnes sont confrontés à des niveaux de crise de la faim, et le manque de produits de première nécessité.

La conférence a salué l’offre de l’Ouzbékistan de créer, avec les efforts de l’ONU, un centre logistique régional dans la ville de Termez, pour gérer l’expédition de matériel humanitaire en Afghanistan. La réunion de l’OCI a approuvé la désignation de l’ambassadeur Tarig Ali Bakhit Salah, secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires, culturelles et familiales au secrétariat de l’OCI, comme envoyé spécial de l’OCI en Afghanistan pour le secrétaire général de l’OCI, afin de coordonner les efforts et de fournir des rapports à l’OCI. Le Fonds fiduciaire humanitaire doit être opérationnel au cours du premier trimestre de 2022.

Selon l’APP (Associated Press Pakistan), un appel urgent a été lancé pour des projets à grande échelle dans la région plurinationale, afin de servir la reconstruction et le développement. En général, ils concernent l’énergie, le transport et les communications. Le pipeline TAPI et la ligne de transmission électrique TAP (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan) sont deux des projets mentionnés. Les participants à la délibération ont attiré l’attention sur l’importance du 15e sommet de l’Organisation de coopération économique, qui s’est réuni le 28 novembre 2021 à Ashgabat, au Turkménistan.

Le deuxième domaine d’action de l’OCI, à côté de l’action humanitaire, de l’aide alimentaire et de la lutte contre les pandémies, concerne la création des conditions bancaires, de crédit et autres pour servir une économie fonctionnelle rétablie et pour la reconstruction. Le Conseil des ministres des affaires étrangères a décidé, selon le rapport de l’APP, que des discussions exploratoires « pour débloquer les canaux financiers et bancaires afin de rétablir la liquidité et le flux de l’aide financière et humanitaire » devraient commencer sous la direction du Secrétariat général de l’OCI et de la Banque islamique de développement. L’APP a ajouté que les participants ont discuté de « l’exploration de voies réalistes vers le déblocage des avoirs financiers de l’Afghanistan ».

C’est ici qu’intervient l’affrontement direct avec les réseaux de Londres, de Washington D.C. et leurs acolytes, qui insistent pour retenir 9,5 milliards de dollars d’actifs de l’État afghan, qui font cruellement défaut au gouvernement et au fonctionnement de l’économie. Une campagne de relations publiques particulièrement ignoble et mensongère est en cours aux États-Unis, où deux déclarations ouvertes ont été publiées la semaine dernière, affirmant qu’une partie des 9,5 milliards de dollars devrait être dégelée et utilisée pour « aider directement le peuple afghan », mais uniquement si elle est allouée directement par des agences autres que le gouvernement de Kaboul, les Talibans et l’ONU. L’une des lettres provient d’anciens militaires, en relation avec le tristement célèbre Conseil atlantique, et l’autre d’un groupe de 39 membres du Congrès, soit ignorants, soit crédules, soit corrompus, soit les trois.

Aucune nation n’existe sans institutions qui fonctionnent. Il n’y a pas d’indépendance sans souveraineté économique. Retenir les fonds, ou s’arroger le pouvoir de décision sur leur utilisation signifie détruire une nation. Les conséquences en seront celles d’un génocide que 20 ans de présence militaire et de non-développement n’avaient pas produit en Afghanistan. C’est un test moral pour l’Occident.

Ce qu’il faut faire avec les fonds, et en général en Afghanistan, est présenté dans l’interview du Dr. Shah Mehrabi, qui siège depuis 20 ans au conseil des gouverneurs de la Da Afghanistan Bank, la banque centrale de l’Afghanistan.

Notre rôle est indispensable pour faire connaître ces interventions politiques, ainsi que la vérité sur l’ampleur de la situation d’urgence en Afghanistan, qui est sévèrement occultée par les médias transatlantiques. L’appel de Zepp-LaRouche à l’Opération Ibn Sina pour apporter une plateforme de soins de santé moderne au pays est un appel à l’action mondiale. Mettre en lumière l’Afghanistan et se mobiliser pour ce qui doit être fait, c’est faire comprendre la nécessité de mettre fin à l’emprise de la politique étrangère impérialiste et du système financier mondialiste partout dans le monde, aujourd’hui en panne, et menaçant de guerre nucléaire.

Helga Zepp-LaRouche a terminé ses remarques sur PTV (Pakistan Television) le 17 décembre en résumant : Donc, dans un sens, je pense que le sort de l’Afghanistan et le sort de l’humanité sont beaucoup plus étroitement liés que la plupart des gens peuvent l’imaginer.