« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Visioconférence internationale du 8 mai 2021

Notre espèce pourra-t-elle survivre après avoir frôlé la mort ? Un point de vue du Pérou

2ème session

20 juillet 2021

Luis Vásquez, Responsable de l’Institut Schiller au Pérou

Je suis Luis Vásquez, un militant du mouvement de Lyndon LaRouche depuis plus de 45 ans. Je vis au Pérou, et je remercie l’Institut Schiller de m’avoir invité à dire certaines vérités très importantes pour comprendre la situation actuelle.

Vous me pardonnerez de commencer par parler de mon cas, car il est pertinent pour mettre en lumière une réalité que tout le monde ne voit pas. En fait, elle n’était même pas claire pour moi, et elle l’est encore moins pour la population mondiale. La réalité est que je vis dans une sorte de « camp de concentration », un camp de concentration qui ne se limite pas au Pérou mais qui est mondial. Et je vais vous expliquer pourquoi.

Il y a six semaines, ma femme et moi avons contracté la COVID-19, dans un pays comme le Pérou qui détient le record mondial de cas par nombre d’habitants. Un pays où, à cause des politiques économiques néolibérales, avec ce capitalisme sauvage qui ne conçoit le profit que sous forme d’argent, l’économie a été détruite. Le résultat est qu’il n’y a plus de services publics : pas d’éducation, pas de transports et pas de services de santé. Dans cette situation, pour des gens d’un certain âge comme nous, attraper la COVID signifie pratiquement une condamnation à mort.

Nous sommes tombés malades, et nous nous sommes donc rendus dans un hôpital privé pour demander à être admis en unité de soins intensifs, où nous pourrions recevoir de l’oxygène. Il n’y avait aucun lit de soins intensifs disponible dans tout Lima, la capitale. Pour chaque lit, il y avait une liste d’attente de 200 à 300 personnes. Il n’y en avait tout simplement aucun de libre.

Nous avons dû installer des lits de soins intensifs chez nous, à la maison. Avec l’aide de notre famille, grâce à nos enfants, la logistique a pu être mise en place pour nous maintenir en vie avec de l’oxygène pendant ces terribles semaines de pneumonie grave, due à la COVID-19.

Comme vous le comprendrez aisément, tout le monde n’a pas les moyens de faire cela. Sur cette photo, vous voyiez les gens faire la queue pour remplir leur bouteille d’oxygène afin de sauver leurs proches. Une bouteille vide coûte aujourd’hui 1000 dollars et il en coûte 200 pour la remplir de 10 mètres cubes d’oxygène. Tout le monde ne peut se l’offrir. Seul un infime pourcentage de la population peut se le payer, les autres sont condamnés à mourir.

C’est un holocauste. Et on doit le comprendre d’un point de vue scientifique, et du point de vue moral de la situation que nous vivons. Parce que ce qui se passe au Pérou, comme ce qui se passe en Inde, au Brésil, au Yémen, en Syrie, etc. (et on pourrait en citer tant d’autres), ce ne sont que les situations où les extrêmes ont été atteints. C’est là que sont les fours de ce camp de concentration mondial.

Si vous ne croyez pas que c’est mondial, vous vous trompez. Et c’est précisément à cause de cette erreur que nous pourrions disparaître en tant qu’espèce. Cette situation ne concerne pas seulement une région, elle implique l’ensemble du système social mondial en général, l’ensemble du système de pouvoir politique. Nous en sommes arrivés là précisément parce que des décisions erronées ont été prises à partir de 1970, sous l’impulsion de l’usure financière, détruisant les processus qui, malgré tous leurs défauts, donnaient certains résultats en matière de développement dans le monde.

Aujourd’hui, comme vous le savez, l’économie mondiale est un casino au bord de la faillite. Non seulement elle ne permet pas de trouver des solutions sanitaires, nous l’avons vu, mais elle instaure malheureusement une situation où les « cavaliers de l’Apocalypse » vont se déchaîner : la guerre, et après la peste, la famine qui s’annonce, signifieront finalement le triomphe de la mort.

De nouvelles souches du virus prolifèrent. J’ai été atteint par la souche brésilienne : très mortelle, avec un taux de létalité très élevé, et très contagieuse - bien plus que le premier variant.. Il est probable que de nouveaux variants, de nouvelles mutations, de nouvelles souches vont apparaître, y compris au niveau régional. C’est pourquoi nous devons rétablir un système décentralisé de recherche sur les vaccins.

Ici, en Amérique du Sud, par exemple, nous devons ouvrir un centre de recherche sur les nouveaux vaccins qui s’attaqueront aux souches susceptibles d’apparaître dans cette région. Il en va de même pour l’Inde, et partout ailleurs. Cela impliquera de véritables transferts de capacités scientifiques, si nous voulons sauver la population.

Pourquoi faut-il le faire ? Pourquoi devrions-nous nous battre ainsi ? Il ne s’agit pas seulement de notre intérêt, celui des pays pauvres, de ces pauvres Africains qui meurent, des Indiens, etc. C’est aussi l’intérêt des pays riches, des populations qui ne pensent pas être dans le camp de concentration. Parce que, comme l’a très bien expliqué le penseur américain Lyndon LaRouche, si l’on prend la biosphère et qu’on y ajoute ce qu’il appelait la noosphère, qui est le domaine de la pensée et de l’activité humaine, cela ne fait qu’un.

Avec les moyens de transport modernes, les nouvelles formes de transport de biens et de personnes, ce processus de transmission des épidémies s’est accéléré. Il n’y a plus de barrières ; le monde est un. Et puisque le camp de concentration est mondial, la guerre contre l’ennemi doit aussi être mondiale. Si les États-Unis ou l’Europe veulent arrêter la troisième ou quatrième variante du virus qui émergera d’Inde, cette nouvelle souche plus virulente et mortelle, ils doivent mener la bataille en Inde. Ils doivent venir ici, en Amérique du Sud, pour mener ce combat. Parce que cette nouvelle souche fera aussi des victimes aux États-Unis.

La question de la moralité, la question de partager la souffrance de chaque être humain, quelle que soit sa couleur, n’est pas seulement une question morale. On peut le faire en pensant qu’on ira au paradis, ou autres choses du même genre, ok, pourquoi pas ! Mais fondamentalement, c’est une question scientifique, un principe scientifique universel. Les États-Unis, l’Europe et les pays avancés doivent comprendre que la guerre doit être gagnée dans les pays à la périphérie. S’ils veulent se défendre, ils doivent vaincre ce fléau en Inde, en Amérique du Sud, au Brésil, au Pérou et partout.

Merci

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