« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Visioconférence internationale du 8 mai 2021

Adhérer ou mourir : pourquoi une plateforme internationale de santé protégerait chacun d’entre nous

2ème session

27 juillet 2021

Dr Joycelyn Elders, Pédiatre et ancienne directrice générale de la santé des Etats-Unis

Bonjour à tous ! Je suis particulièrement heureuse de m’adresser à vous aujourd’hui, à la fois à ceux d’entre vous qui ont participé à cet effort depuis ses débuts, l’année dernière, et à ceux qui se joignent à nous pour la première fois ce matin.

Je salue Mme Helga Zepp-LaRouche et vous tous, réunis dans le monde entier pour cette conférence de l’Institut Schiller.

D’emblée, je suis heureuse de vous annoncer que notre Comité a réalisé des progrès tangibles dans ses efforts pour rassembler nos forces parfois divergentes, en vue de ce que nous appelons une coïncidence des opposés. Nous avons réussi, tant aux États-Unis qu’au niveau international, à lancer nos principaux projets pilotes, et mon travail aujourd’hui consiste à dire quelques mots sur le contexte de ces projets, qui ne sont qu’un début, mais qui démontrent incontestablement ce qui peut être fait.

Le thème de cette conférence s’intitule « L’effondrement moral du monde transatlantique appelle un nouveau paradigme ». Quel est cet effondrement moral ? C’est l’effondrement des normes d’excellence, des normes qui exigent de nous plus que ce que nous croyons pouvoir faire, plus que ce que nous croyons pouvoir donner et, parfois, plus que ce que nous croyons pouvoir supporter.

Dans un monde en pleine tourmente comme celui dans lequel nous vivons, l’excellence n’est pas une option mais une nécessité. Nous devons être physiquement capables, intellectuellement qualifiés et émotionnellement engagés à ne pas abandonner jusqu’à ce qu’on ait résolu le problème, jusqu’à ce qu’on ait fait le travail.

Cependant, ceux d’entre nous qui ont essayé de vivre selon ces critères et les ont recommandés à tous, sont très inquiets de voir notre pays y renoncer désormais en faveur d’une médiocrité confortable mais peut-être mortelle.

Laissez-moi vous donner un exemple. Nous parlons de vaincre une pandémie avec des vaccins, mais qu’en est-il de l’eau et de la nourriture ? Il devrait être évident pour chacun d’entre nous que sans eau potable et sans alimentation, il n’y a pas de santé.

Il serait stupide de notre part de nous engager dans un effort pour contenir la pandémie sans concevoir simultanément comment aborder le problème de la nourriture et de l’eau dans les pays les plus pauvres de la planète.

Plus de 2 milliards de personnes sur cette planète n’ont pas accès à l’eau potable, 2,5 milliards de personnes souffrent, à un degré ou un autre, d’insécurité alimentaire, dont 41 millions ici même, aux États-Unis. David Beasley, le patron du Programme alimentaire mondial (PAM), affirme que plus de 270 millions de personnes risquent de mourir de faim cette année. Selon la Banque mondiale et l’OMS, la moitié de la population mondiale n’a pas accès aux services de santé de base. 1,6 milliard de personnes n’ont pas de logement décent et on estime que 1,2 milliard de personnes n’ont pas accès à l’électricité. L’accès ou non à l’électricité révèle la présence, ou l’absence, d’un outil majeur pour vaincre la maladie. Sans lui, comment faire fonctionner un hôpital, stocker des médicaments vitaux ou conserver de grandes quantités de nourriture ? 

Compte tenu de cette situation, est-il vraiment surprenant que nous ayons une pandémie de COVID ? Compte tenu de l’incapacité de nombreux gouvernements, notamment en Europe et dans les Amériques, à réagir rapidement, scientifiquement et avec compassion à cette épidémie, est-il surprenant que cette pandémie ne soit toujours pas sous contrôle et que nous observions des taux alarmants de propagation à l’échelle planétaire, y compris de nouveaux variants de l’Inde au Brésil en passant par San Francisco ? Au début de cette pandémie, j’ai dit qu’on aurait toujours des maladies dans le monde. En effet, on aura des épidémies, mais on ne doit pas nécessairement avoir des pandémies. Le fait qu’une pandémie éclate au XXIe siècle traduit l’échec cuisant de la moralité, pas de la médecine.

En vérité, cet effondrement moral se manifeste par une indifférence à la misère et à la souffrance de nos semblables dans le monde entier. Il n’est pas seulement immoral, mais aussi autodestructeur, d’un point de vue médical, entre autres, d’accepter simplement ces conditions. L’eau potable et la nourriture sont des droits fondamentaux, comme le droit à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Vous ne serez pas vivant si vous n’avez pas d’eau et de nourriture, vous ne serez pas libre parce que vous ne serez pas vivant, et vous ne serez certainement pas heureux.

Ainsi, si l’on croit à ce qu’on appelle les droits inaliénables de la Déclaration d’indépendance [américaine], on doit croire également que c’est le droit inaliénable de chaque individu, sur la Terre entière, en particulier des jeunes qui ne sont pas responsables des conditions de leur naissance, d’avoir de l’eau potable, de la nourriture et des médicaments, si ce n’est pour leur bien, du moins pour votre propre sécurité et celle de votre pays.

L’eau, la nourriture, le logement et la santé ne sont pas un privilège ou un luxe. C’est une nécessité pour nous tous, et pour chacun d’entre nous, car comme nous le voyons aujourd’hui, c’est à nos risques et périls que nous négligeons ces choses pour nos semblables. Elles ne peuvent être fournies uniquement à ceux qui ont les moyens de se les offrir. C’est l’économie suicidaire de l’indifférence. Aucun d’entre nous, dans notre monde électroniquement interconnecté, ne peut se permettre que ces nécessités ne soient pas accessibles à tous. C’est l’économie de la compassion durable.

Sans la fourniture de ces produits de première nécessité, il ne peut y avoir de défense efficace de la santé publique, qui doit être une préoccupation mondiale. C’est ce que nous enseigne la pandémie. Si nous n’arrivons pas à reconnaître cette vérité fondamentale, nous risquons tous d’en mourir.

Comme l’ont souligné Helga et le Comité pour la coïncidence des opposés, nous devons créer une plateforme mondiale de la santé. Chaque nation doit disposer d’un système de santé moderne. Cela signifie non seulement des hôpitaux et du personnel qualifié, mais aussi des infrastructures, des routes, des ponts, des réseaux de transport, de l’électricité, etc.

On peut le faire. Nous avons les ressources nécessaires pour cela. Mais nous devons réacquérir les normes d’excellence morale requises pour faire ce qui paraît impossible. Les nations, travaillant ensemble, peuvent y parvenir. Avec les projets pilotes du Comité, les personnels de santé de la ville de Washington et notre projet d’aide alimentaire et médicale au Mozambique, démontrent comment un effort unissant des personnes d’origines et d’intérêts divers peut aboutir à quelque chose. Vous en apprendrez beaucoup plus à ce sujet par nos orateurs suivants qui sont directement impliqués dans ces projets.

Mais, je le répète, l’indifférence, la complaisance, l’apathie sont nos ennemis. Elles sont la pandémie que nous devons vaincre. Nous avons besoin d’individus de tous âges, et surtout de jeunes, qui se lèvent et disent : Je ferai ma part pour corriger ces injustices et je travaillerai à partir d’aujourd’hui, de toutes les manières possibles, pour créer un monde meilleur pour toute l’humanité.

C’est la norme d’excellence qui pourrait devenir la condition minimale de notre survie sur cette planète, et de notre santé en tant que genre humain unique, en choisissant l’unité plutôt que la division, la santé plutôt que la maladie, et la vie plutôt que la mort. 

Merci et mettons-nous au travail.

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