« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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#3 - Beethoven et le sentiment de l’héroïque

2ème partie : Leonore

15 novembre 2020

note de Fred Haight

Personne n’a jamais dépeint une femme de façon plus héroïque que Beethoven. Son seul opéra, Fidelio, raconte l’histoire d’une femme nommée Leonore, qui se déguise en homme afin de pouvoir accéder à la prison où son mari Florestan est prisonnier politique. Au péril de sa vie, Leonore parviendra à le sauver.

Le livret original de l’opéra est de Jean-Nicolas Bouilly, un auteur français qui s’inspirait d’un épisode de la Terreur, mais tout porte à croire que Beethoven y ait superposé l’histoire vécue d’Adrienne LaFayette qui héroïquement rejoignit son mari, le Marquis de LaFayette, dans sa geôle de la forteresse d’Olmütz en Autriche, où il était détenu pour des raisons politiques. De la part du républicain qu’était Beethoven, le jeu de mot sur « Pizaro » , l’ennemi politique de Florestan, et « Pitt » (William Pitt) le premier ministre britannique ennemi de la révolution américaine, ne peut échapper à ceux qui connaissent les faits et les enjeux historiques de cet événement.

Une ouverture condense en quelques minutes les moments forts de tout l’opéra. Beethoven était tellement soucieux d’en capturer fidèlement l’esprit, qu’il a composé trois versions différentes de l’ouverture pour parvenir à ce qu’il voulait. Nous proposons ici, Leonore 3, à notre avis, la meilleure des trois.

Révélateur de l’importance que Beethoven accordait à cette œuvre, il a d’abord composée une très longue ouverture puis a fini par en composer une quatrième, plus courte, appelée Ouverture de Fidelio. Mais Leonore 3 est si grande qu’au début du XXe siècle, le compositeur/chef d’orchestre Gustav Mahler a commencé à l’utiliser pour introduire le troisième acte de l’opéra. Cette pratique est devenue la norme.