« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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2019 : le monde à la croisée des chemins de l’histoire

3 janvier 2019

Les voeux de bonne année d’Helga Zepp-LaRouche

Certains d’entre vous se souviendront qu’il y a tout juste un an, j’avais déclaré que l’objectif prioritaire pour l’année 2018 serait de surmonter la géopolitique. Beaucoup d’entre vous ont probablement pensé : « La géopolitique ? Qu’est-ce que c’est ? Est-ce vraiment si important ? » Et j’avais fait valoir que puisque la géopolitique avait été la source de deux guerres mondiales, il n’était plus possible de poursuivre une telle politique d’affrontement à l’ère de l’arme thermonucléaire.

Considérons ce qui s’est passé au cours de l’année qui vient de s’écouler. On a vu quantité de percées en de nombreuses régions du monde, qui sont en passe de surmonter la géopolitique. Pour n’en citer que quelques-unes : le sommet historique entre le président américain Trump et le président nord-coréen Kim Jong-un à Singapour, qui mène à un rapprochement entre les deux Corées. Du coup, le Japon a commencé à coopérer avec la Chine sur l’Initiative une ceinture, une route. Suite à un sommet très important à Wuhan entre le président Xi Jinping et le Premier ministre Narendra Modi, la Chine et l’Inde travaillent ensemble sur des projets. Et l’élection d’un nouveau Premier ministre au Pakistan ouvre la voie à un optimisme prudent pour ce qui est des relations entre le Pakistan et l’Inde.

Prenons le continent africain : dans la corne de l’Afrique, des nations qui n’avaient aucune relation ou seulement des relations négatives – à savoir la Somalie, Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie – coopèrent désormais dans des projets d’infrastructure et ont noué des relations diplomatiques. L’ensemble du continent africain est gagné par un esprit d’optimisme grâce à l’apport de la Chine, qui a attiré aussi des investissements d’autres pays du monde.

Mais le plus intéressant de tout, c’est sans doute l’annonce par le président Trump du retrait militaire des Etats-Unis de la Syrie. Il est particulièrement ironique que beaucoup de ceux qui criaient « US go home ! » il y a quelques années encore, affirment maintenant que les Etats-Unis doivent absolument y rester, que leur retrait mènerait au chaos, que cela revient à faire un cadeau aux présidents Poutine et Rouhani, etc.

Réfléchissons un peu : ne vaut-il pas mieux voir Trump tenir sa promesse électorale de mettre fin aux guerres permanentes de ses prédécesseurs ? Et il a promis de faire de même en Afghanistan, où après de vaines tentatives de résoudre le conflit par des moyens militaires, on voit maintenant se développer une intention de le résoudre par la négociation en y associant tous les grands voisins du pays. Ne vaut-il pas mieux suivre cette direction, en recherchant des solutions par la diplomatie et la négociation ?

Sortir l’Europe du vieil ordre en désintégration

Cependant, on voit encore des forces qui restent embourbées dans le vieux paradigme géopolitique, notamment le gouvernement britannique. Prenons par exemple le rapport récent de la Chambre des Lords, qui est un véritable chef d’œuvre de géopolitique de la pire espèce « U.K. Foreign Policy In A Shifting World Order ». Puis, on a bien sûr l’Union européenne et aussi le gouvernement de Berlin, qui s’obstinent à dire que « l’ordre fondé sur leurs règles » doit être maintenu. Sans convaincre grand-monde…

Je vous incite à décider par vous-même quelle est la meilleure voie. Ecoutez le message de Nouvel An du président chinois Xi Jinping, qui énumère les nombreux accomplissements de la Chine au cours de l’année passée : le magnifique pont entre Macao, Zhuhai et Hong Kong et bien d’autres projets, le fait que la Chine ait sorti dix millions de personnes de la pauvreté en une seule année et s’engage à en sortir tous ceux qui le sont encore d’ici 2020. C’est le message de quelqu’un qui a à cœur l’intérêt de son pays et de son peuple. Je vous encourage tous à lire ce message, surtout à cause de l’hystérie ambiante contre la Chine.

Puis, comparez ce message à celui de la chancelière allemande Angela Merkel, qui a annoncé que l’événement le plus important de 2018 serait sa démission [de la tête de la CDU], sans offrir par ailleurs aucune vision pour l’avenir.

Je pense que nous allons vivre des changements dramatiques pendant l’année 2019. On ne sait pas clairement en quoi ils consisteront. Le vieil ordre se désintègre et un nouvel ordre émerge, mais sans que l’on puisse encore définir quels en seront les paramètres ni les principes. Néanmoins, si nous considérons les concepts des grands penseurs du passé, qui avaient une vision de l’humanité comme un tout, c’est vers eux que nous pouvons nous tourner pour nous conseiller. Pensons à Confucius, Nicolas de Cues, Gottfried Wilhelm Leibniz, John Quincy Adams, pour ne citer qu’eux, et tant d’autres.

Nous sommes réellement à un tournant de l’histoire. La possibilité s’offre à nous de façonner une nouvelle ère de civilisation dans laquelle nous surmonterons définitivement la géopolitique. Je vous invite à travailler avec l’Institut Schiller, afin de convaincre les nations qui s’accrochent encore aux vieilles méthodes, notamment en Europe, de se joindre au nouveau paradigme. Nous pourrons alors bâtir un avenir plein de promesses si nous y travaillons ensemble.


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