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Une frappe militaire soigneusement orchestrée contre l’Iran

7 novembre 2011

Lors du sommet du G 20 à Cannes, le président Barack Obama s’en est pris au régime de Téhéran, voyant dans le nouveau rapport de l’AIEA sur le programme nucléaire iranien un bon prétexte pour attiser les tensions.

Ce rapport, qui doit être rendu public le 8 novembre, porterait des accusations plus explicites contre l’Iran, mais sans aucune substance pour les étayer. Les « nouveaux détails » qu’il révèle rappellent plutôt les fameuses histoires sur le « yellow cake » et les « laboratoires d’armement mobiles » invoquées à l’époque pour justifier la guerre contre l’Irak.

En fait, le rapport officiel (National Intelligence Estimate), préparé par seize services de renseignement américains, dément toute menace nucléaire en provenance de l’Iran. Néanmoins, au-delà de sanctions économiques, il est probable que des actions militaires contre Téhéran aient été discutées en marge du sommet par les mêmes chefs d’Etat et de gouvernement ayant mené en toute illégalité la guerre en Libye et fait exécuter Kadhafi.

En tous cas, Londres, qui avait si savamment orchestré la guerre contre l’Irak, est encore à la tête des opérations. Selon un article mis sur le site du Guardian, le 2 novembre, le ministère britannique de la Défense « croit que les Etats-Unis pourraient décider d’accélérer les plans de frappes ciblées par missile contre certaines installations iraniennes. De hauts responsables britanniques indiquent que si Washington va de l’avant avec ses plans, il demandera, et obtiendra, l’aide militaire du Royaume-Uni pour ces missions, en dépit des réserves exprimées au sein de la coalition au pouvoir. »

Plus qu’une aide, Londres serait plutôt au centre de la planification. Le chef d’état-major, le général David Richards, a effectué une visite secrète en Israël début novembre pour des entretiens, et le 3 novembre, le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak est arrivé à Londres pour rencontrer, entre autres, le chef de la diplomatie William Hague, le secrétaire à la Défense Philip Hammond et le Conseiller à la sécurité nationale, Sir Peter Ricketts.

Pendant la visite de Barak, le bureau du Premier ministre britannique a publié un communiqué avançant que l’Iran disposerait dans seulement douze mois de tous les éléments nécessaires pour fabriquer une bombe nucléaire. Quant à Tony Blair, un inconditionnel de la guerre préventive, il s’entretenait dans le plus grand secret avec le président Obama à la Maison Blanche le 1er novembre.

Contribuant à la dynamique de guerre, on assiste à un renforcement notable de la présence militaire américaine au Moyen-Orient et dans l’océan Indien. Outre l’accroissement des troupes basées au Koweit (actuellement au nombre de 23 000 hommes), le président Obama prévoit d’augmenter la présence navale dans le golfe Persique, d’ouvrir de nouvelles bases et escales aériennes et navales et d’améliorer la coordination militaire avec les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe.

Tout en démentant les accusations, les responsables iraniens ont fait savoir que toute attaque provoquerait des représailles contre les forces américaines, britanniques et israéliennes dans la région, de même que leurs bases. Les Etats-Unis comptent déjà 100 000 soldats en Afghanistan, 30 000 en Irak et 27 000 dans les pays du Golfe.

Comme le souligne Lyndon LaRouche, toute attaque impliquerait d’office la Russie, la Syrie, le Liban et l’Irak, et revêtirait aussitôt une dimension mondiale.