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Une ceinture, une route, principal vecteur de la croissance mondiale

12 janvier 2018

Contrairement à l’incertitude et la morosité qui caractérisent l’Europe en ce début d’année 2018, le président chinois Xi Jinping a présenté des perspectives optimistes dans son allocution de Nouvel an. Il a notamment réitéré la « promesse solennelle » du gouvernement de sortir de la pauvreté tous les habitants ruraux d’ici 2020, ce qui marquera « la première fois que la nation chinoise aura ainsi éradiqué pleinement la pauvreté absolue dans son histoire longue de plusieurs milliers d’années ».

Rien qu’en 2017, plus de 10 millions de personnes ont été affranchies de la pauvreté, ce qui est une besogne gigantesque. De plus, l’accès aux allocations de retraite et d’assurance médicale a été considérablement étendu.

Selon le rapport des Nations unies intitulé Situation et perspectives de l’économie mondiale pour 2018, la Chine a contribué à elle seule pour un tiers de la croissance du PIB mondial en 2017, tout en consolidant sa transition vers le statut de pays producteur et exportateur de biens à forte valeur ajoutée. Au cours des 11 premiers mois de 2017, selon le ministère du Commerce, la Chine a consenti plus de 12 milliards de dollars d’investissements directs à l’étranger, dans des pays participant aux initiatives Une ceinture, une route (BRI en anglais).

Il s’agit effectivement du plus grand programme de développement de l’histoire, offrant la possibilité d’éradiquer la pauvreté et le sous-développement dans le monde en renforçant et approfondissant la connectivité. Il a déjà fait basculer la nature des relations internationales en faveur de la coopération gagnant-gagnant. L’Afrique et l’Amérique latine y voient de grandes opportunités, et même le Japon s’est déclaré prêt à financer des projets de la BRI, se proposant de réaliser quatre grands projets en Afrique conjointement avec la Chine.

La Russie de Vladimir Poutine s’est engagée à renforcer la coopération avec la Chine, notamment pour exploiter les vastes ressources en Sibérie, tout en ouvrant la route de l’Arctique baptisée « Route de la soie sur glace ». Le président Xi a invité à maintes reprises les pays européens et les Etats-Unis à participer à la Nouvelle Route de la soie. Malgré des réactions positives de certains pays de l’UE, Bruxelles s’efforce plutôt de miner les offres chinoises, tandis que les eurocrates les présentent comme une simple géopolitique à la chinoise.

Les Etats-Unis, quant à eux, auraient besoin de toute urgence de la coopération chinoise pour lancer un grand programme d’investissements dans l’infrastructure, à la place des propositions parfaitement inadéquates de PPP (partenariats public-privé) actuellement discutées au Congrès. Mais le président Trump est trop assailli par ses détracteurs pour se lancer résolument dans cette voie.

Entre-temps, un nouveau krach financier, pire que celui de 2008, menace de faire imploser à tout moment le système transatlantique. Le Wall Street Journal est d’ailleurs bien conscient du danger : son comité de rédaction a averti le 6 janvier que même si le Dow Jones vient de dépasser la barre de 25 000, Donald Trump aurait tort de présenter ce record comme le résultat de sa politique économique, car « cela ne durera pas ».