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Une 50aine de pays ont répondu à l’appel de la Chine pour la Banque asiatique d’investissement dans l’infrastructure

18 avril 2015

Malgré les pressions exercées par l’administration Obama, la très grande majorité des gouvernements du monde ont répondu positivement à l’appel à rejoindre la Banque asiatique d’investissement dans l’infrastructure (BAII) proposée par la Chine. Illustrant un basculement fondamental des relations internationales, ils ont ainsi opté pour la perspective de développement inclusif promue par les dirigeants chinois, diamétralement opposée aux provocations de guerre et à la politique d’austérité draconienne des puissances associées à Wall Street et à la City de Londres.

Au final, au moins une cinquantaine de pays ont demandé à devenir membre fondateur de la BAII, dont les statuts ont été rédigés le 31 mars à Almaty, au Kazakhstan. Si la plupart des pays européens ont fini par rallier la nouvelle institution, les Etats-Unis de Barack Obama ont commis une erreur stratégique monumentale en cherchant à saboter l’accord jusqu’à la dernière minute.

Juste avant, se tenait les 28 et 29 mars le Forum annuel de Boao, sur l’île de Hainan en Chine. Occasion pour le gouvernement chinois d’y présenter son plan global de développement, baptisé « Une ceinture, une route », qui va bien au-delà de l’Asie en tant que telle. Ce Forum, dont la date coïncidait cette année avec le lancement de la BAII, a attiré 48 dirigeants mondiaux, soit davantage que les forums des années précédentes.

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Les Nouvelles routes de la soie terrestres et maritimes : le programme chinois « Une Ceinture, une Route »

Le document des autorités chinoises, intitulé Visions et actions pour une construction conjointe de la Ceinture et de la Route, aborde les différents aspects du processus envisagé — économie, finance, culture, sécurité. La charpente du projet consiste à relier l’Asie, l’Europe et l’Afrique par la Ceinture économique de la Route de la soie, en passant d’une part par la Chine, l’Asie centrale, la Russie et l’Europe, et d’autre part, depuis l’Asie centrale et occidentale vers le golfe Persique et la Méditerranée, le tout combiné à un couloir mer-terre entre la Chine et l’Asie du sud-ouest, l’Asie du sud, l’océan Indien et un autre reliant la mer de Chine méridionale au Sud-Pacifique.

Au centre des priorités économiques se trouvent la coordination, le renforcement et l’essor du commerce et des moyens de transports, en éliminant les obstacles aux frontières associés aux droits de douanes et aux transferts multimodaux, en favorisant la connectivité de l’infrastructure énergétique et en créant des centres scientifiques ainsi que des zones d’activité économique et d’investissement transfrontalières.

Dans sa présentation au Forum, le président Xi Jinping a développé la pensée sous-tendant cette stratégie « gagnant-gagnant », qui est fermement enracinée dans la tradition confucéenne. 

Ce dont la Chine a le plus besoin, c’est d’un environnement harmonieux et stable sur le plan interne, ainsi que d’un environnement pacifique et serein au niveau international, a-t-il déclaré. Les turbulences et la guerre vont à l’encontre des intérêts fondamentaux du peuple chinois. (…) La Chine a souffert de troubles et de guerres pendant plus d’un siècle dans la période moderne, et jamais le peuple chinois ne voudrait infliger la même tragédie à d’autres pays ou peuples. L’histoire nous enseigne qu’aucun pays ayant tenté d’arriver à ses fins par la force n’a réussi.