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Budget de guerre mondiale pour le Pentagone

20 février 2016

Lors d’un discours à l’Economic Club de Washington le 2 février, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a esquissé des propositions de budget de la défense qui reviennent à déclarer la guerre à la Russie et la Chine. La modernisation de l’arsenal nucléaire, pour le rendre plus « utilisable », constitue un pan clé du budget, qui s’élève en tout à près de 583 milliards de dollars, même si Carter ne l’a pas mentionnée dans ses propos.

Le Pentagone, avec l’approbation évidente du président Obama, a désigné cinq défis principaux : la Russie et la Chine, suivies par la Corée du Nord, l’Iran et ensuite seulement Daech.

Faire face à l’ « agression russe »

Pour faire face à l’ « agression russe », Washington propose de quadrupler les dépenses pour les alliés de l’OTAN en Europe de l’Est. Le Pentagone demande 3,4 milliards d’euros pour l’initiative visant à rassurer ces pays (European Reassurance Initiative), par rapport aux 789 millions actuellement, afin d’assurer plus de forces de rotation, plus d’entraînements et d’exercices et plus d’équipements « pré-positionnés » pour pouvoir « répondre rapidement sur l’ensemble du théâtre le cas échéant ».

Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg s’est félicité de la proposition américaine d’augmenter massivement sa présence militaire en Europe.

Par ailleurs, le nouveau projet budgétaire, même si Carter ne l’a pas dit à cette occasion, prévoit l’investissement sur cinq ans de 13 milliards de dollars pour la production d’un nouveau sous-marin lanceur de missiles balistiques pour remplacer la flotte de sous-marins de classe Ohio. Sur cette somme, 4 milliards iront à la recherche et développement et le reste aux investissements à long terme permettant de passer à la construction des nouveaux vaisseaux dès 2021.

D’après d’autres sources, le projet du Pentagone prévoit aussi la nécessité de financer les trois composantes de la « triade » de dissuasion stratégique : en plus des nouveaux sous-marins, de nouveaux missiles balistiques intercontinentaux et un nouveau avion bombardier pour l’armée de l’Air.

« Daech n’est pas un ennemi mortel des Etats-Unis »

Peu après la présentation de Aston Carter, le directeur du Renseignement national d’Obama, James Clapper, a été cité dans tous les médias pour ses propos antirusses. « Daech n’est pas un ennemi mortel des Etats-Unis », a-t-il déclaré, contrairement à la Russie, en raison de sa puissance destructrice. Clapper est bien connu à Washington pour sa tendance à « manipuler » les renseignements de façon à se conformer à l’agenda politique de la Maison Blanche.

Hillary Clinton y a mis son grain de sel lors du débat du 4 février avec Bernie Sanders, en saluant la proposition d’accroître les dépenses militaires en Europe de l’Est, assorti de sa diatribe désormais habituelle contre Vladimir Poutine.