« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

Accueil > Notre action > Conférences

Un projet Manhattan pour la musique Classique à New York et à Rome

11 février 2016

JPEG - 66.8 ko
Alessio Magnaguagno et Fausta Ciceroni dans un duo.
© Sabrina Ciferri

Le 7 janvier 2016 – Alessio Magnaguagno (basse) et Fausta Ciceroni (soprano), deux chanteurs d’opéra, répondent aux questions de Liliana Gorini, présidente de MOVISOL le mouvement de M. LaRouche en Italie, sur leur participation au Projet Manhattan à New York, et leur propre projet Manhattan à Rome.

Liliana Gorini : Le 7 novembre vous avez chanté des arias au Musikabend (soirée musicale) célébrant le 257e anniversaire de Friedrich Schiller dans le cadre du Projet Manhattan à New York. Comment avez-vous rencontré l’Institut Schiller ?

Les chanteurs : L’opportunité s’est présentée tout à fait par hasard. Nous étions en contact avec une association italienne à New York, qui était conviée au Musikabend, et elle nous a invité. Puisque nous sommes deux chanteurs d’opéra, nous avons proposé de chanter des arias de Verdi à la soirée. Notre proposition a été acceptée.

Avec d’autres artistes, nous avons chanté accompagnés du merveilleux maître Robert Wilson au piano. C’était doublement émouvant pour nous, d’abord à cause du prestigieux auditoire et de l’excellent pianiste, mais aussi parce que c’était notre première expérience du chant au diapason au Do=432 hz. C’était incroyable de tester combien ce diapason est naturel. Si précédemment nous soutenions le diapason de Verdi (Do=432 hz), maintenant nous le faisons d’autant plus.

Vous avez aussi assisté au concert du Messie de Handel du Projet Manhattan à New York. Que pensez-vous du Projet Manhattan et du « chœur local de citoyens » qui chante dans ces concerts ? Comment le public a-t’il réagi ?

Nous avons eu la chance d’assister aux deux représentations du Messie, à Brooklyn et à Manhattan. Les concerts étaient formidables, le chœur était particulièrement sensationnel. Les églises étaient pleines, et le public était très attentif et respectueux, et à la fin, il a applaudi chaleureusement. Même si les conditions sociales et logistiques étaient différentes pour les deux concerts, ce qui est commun aux deux représentations, c’est que la concentration du public était totale pendant le programme musical, et faisant partie du public nous avons apprécié le diapason de Verdi.

C’était très intéressant de voir des familles entières participer au concert, prouvant que la musique peut être un pont générationnel, et une occasion pour partager ensemble les émotions du grand art. Beaucoup étaient de jeunes gens venus par eux-mêmes participer à cet événement. Au début ils étaient un peu gênés, comme s’ils devaient justifier qu’ils étaient en train de consacré deux heures de leur temps à la culture Classique. Mais leurs applaudissements à la fin et l’expression de leur visage montre bien que les grandes œuvres d’art n’ont pas de frontières temporelles, générationnelles, ou géographiques.

Vous semblez avoir votre propre Projet Manhattan à Rome, grâce auquel vous avez monter, sans aucune aide du gouvernement italien, 35 opéras dans des écoles, et vous impliquez des élèves dans les représentations, après leur avoir appris le chant, à partir de zéro. Le vôtre est un projet louable, qui devrait être répliqué ailleurs, car il apporte notre patrimoine d’opéras aux plus jeunes. Comment avez-vous eu cette idée ?

C’est une question sensible et intéressante. Nous venons de milieux et de familles très différents, mais nos deux familles ont toujours cru dans la valeur de l’enseignement et de la connaissance comme étant la seule source d’une vraie liberté et indépendance. C’est pourquoi nous avons eu l’idée d’impliquer toute personne qui souhaite partager notre passion pour l’opéra, et qui veut se perfectionner et apprendre.

Nous avons aussi enseigné le chant à des personnes qui n’en avait jamais eu la possibilité, et aujourd’hui pour la première fois elles peuvent monter sur une scène d’opéra. Notre travail dans les écoles consistait principalement à apprendre aux élèves à écouter, parce qu’un bon concert ne dépend pas seulement de ceux qui sont sur scène, mais aussi des spectateurs. L’un ne peut aller sans l’autre. Et c’est ce que nous avons essayé de réaliser avec notre projet qui s’appelle « Les Garçons et les Filles Vont à l’Opéra ». L’Opéra va dans les écoles et les écoles vont à l’opéra !

Lorsqu’un opéra est programmé, nous organisons, pour les personnages principaux, d’aller dans les écoles participantes pour rencontrer les élèves dans leur propre environnement. Nous leur expliquons ce qu’ils verront et entendront, ainsi que l’intention du compositeur et du librettiste. Nous jouons des compositions de l’auteur, mais pas celles de l’opéra – d’autres œuvres – de manière à ce que les élèves puissent reconnaître la méthode de composition, mais sans en gâcher la surprise à la représentation.

Ces « leçons de concert » fournit une formidable occasion pour leur expliquer l’idée de l’opéra, les aider à mieux cerner la dimension de l’écoute, répondre à leur questions, et les amener à un niveau supérieur de participation. Avoir 500 jeunes élèves dans un théâtre, écoutant un opéra pendant trois heures et applaudissant de manière tonitruante à la fin, est une grande récompense.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’opéras que vous avez mis-en-scène à Rome ?

Nous avons procéder par étape, en commençant d’abord avec un seul acte d’opéras tels que La Servante Maîtresse de Pergolese, Bastien et Bastienne de Mozart, Rita ou le marie battu de Donizetti, et son Betly ou le Chalet suisse. Le succès de ces opéras nous a encouragé à prendre un répertoire plus important, avec Cosi Fan Tutte de Mozart, à Verdi, Rossini, donizetti, Bizet, et Puccini.

L’opéra Carmen de Bizet est vraiment un bon souvenir. La partition contient un chœur de gamins de la rue avec des voies blanches [sans vibrato, sans brillance], alors nous avons décidé de l’apprendre aux élèves dans l’une des écoles. Pendant trois mois nous sommes aller à l’école deux fois par semaine pour apprendre aux garçons, – d’une part à comment se comporter dans une salle d’opéra, et ensuite les bases du solfège et du chant, jusqu’à ce que l’exécution soit parfaite au niveau de l’intonation et du rythme. Alors après, il y a eu l’enthousiasme des ces petits qui, bien conscients de leur rôle et de leur responsabilité, étaient capables de monter sur scène et de jouer entièrement par eux-mêmes !

Les prestations de Alessio Magnaguagno et Fausta Ciceroni au Musikabend le 7 novembre à New York, se trouvent ici.