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Le projet Transaqua : un antidote au terrorisme de Boko Haram

29 janvier 2015

Suite à la prise du village de Baga début janvier, par des militants du groupe terroriste Boko Haram, massacrant des centaines d’habitants et rasant des milliers de maisons sur leur passage, on commence enfin à s’intéresser au problème principal de la région : le manque cruel de développement économique, récemment aggravé par la fulgurante propagation du chaos et de l’ingouvernabilité provoquée par l’activité des groupes terroristes.

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Projet Transaqua
© Solidarité & Progrès

Baga et les autres villages environnants pris d’assaut dans le nord-est du Nigeria, sont situés sur les rives du lac Tchad asséché. Depuis de nombreuses années, le mouvement politique de M. LaRouche a fait campagne pour le projet Transaqua, un projet de remise en eau du lac Tchad. En dépit de leurs efforts, les pays occidentaux ont refusé de réaliser ne serait-ce qu’une simple étude de faisabilité.

Cependant il semblerait qu’une partie de l’establishment britannique commence à envisager ce projet, comme le montre la publication d’un article dans le Sunday Times du 18 janvier, présentant le projet de remise en eau du lac Tchad comme un antidote à l’expansion du mouvement djihadiste Boko Haram.

L’auteur de l’article, Miles Amoore, est le correspondant du quotidien pour le continent africain. Ancien correspondant de guerre auprès des troupes britanniques déployées en Afghanistan, il avait suivi les rebelles libyens avant de se consacrer à Boko Haram.

Miles Amoore écrit : «  Le transport de milliards de mètres cubes d’eau dans un lac africain en voie de disparition peut paraître une drôle de solution pour affaiblir l’un des groupes terroristes les plus brutaux de ce monde. Certains experts estiment pourtant qu’un projet ambitieux visant à creuser un canal de 1500 kilomètres de long au cœur de l’Afrique, pour inverser l’une des pires catastrophes écologiques des temps modernes, pourrait aussi freiner l’influence de Boko Haram.

Au cours des cinquante dernières années, le lac Tchad, anciennement le troisième d’Afrique, a vu sa surface réduite de 90 %, détruisant la vie d’un grand nombre des 30 millions de riverains qui en dépendaient pour la pêche, l’agriculture et les activités de pâturage. Des experts affirment que ceci a contribué à transformer les anciennes rives du lac en terrain fertile de recrutement pour Boko Haram, le groupe djihadiste meurtrier qui a entrepris de se créer un califat dans le nord-est du Nigeria.  »

Après avoir décrit les dernières atrocités commises par le groupe terroriste, il conclut que de nombreux experts estiment qu’en l’absence de développement économique, toute intervention militaire est vouée à l’échec.

L’article reprend ensuite les propos du vice-président du sous-comité scientifique de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) M. Lawrence Freeman : « Il n’y a aucune chance que ce problème de terrorisme soit résolu par des moyens militaires. Le canal est l’un des moyens permettant de contrer Boko Haram. Si vous mettez les gens dans une situation désespérée, ils vont chercher des moyens désespérés pour survivre. C’est exactement ce que l’on voit dans la région. »