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Syrie - Russie : le parti de la guerre américain poursuit les provocations

5 novembre 2016

Lors de la rencontre annuelle du Conseil national pour les relations américano-arabes à Washington le 27 octobre, le général David Petraeus a plaidé pour une escalade militaire majeure en Syrie. Ancien directeur de la CIA et chef du Commandement central des forces armées américaines, Petraeus a proposé que les États-Unis, proclament une zone d’exclusion aérienne en Syrie et des zones de sécurité pour réfugiés et combattants rebelles, et utilisent même des missiles de croisière lancés de l’air ou de la mer pour neutraliser les forces aériennes syriennes.

Escalade militaire

Le général à la retraite a reconnu ouvertement qu’une action de ce type aurait un impact direct sur les forces aériennes russes opérant en Syrie, mais il a rejeté d’un revers de la main le danger d’une guerre entre la Russie et les États-Unis, pour prétendre que, face à une action résolue de la part des États-Unis, le président Poutine céderait et se replierait sur la diplomatie. Or, cette affirmation fait fi de toute évaluation compétente en la matière.

Hillary Clinton appelle de son côté à une escalade miliaire similaire de la part des États-Unis en Syrie, assortie de la création d’une zone d’exclusion aérienne le long des frontières turque et jordanienne. Jusqu’ici tout incident majeur susceptible de mener à une guerre générale a pu être évité grâce aux mesures de « déconfliction » entre la Russie et la Syrie d’une part, et les États-Unis et la coalition anti-Assad d’autre part. Mais à plusieurs occasions Clinton a menacé de ne plus respecter cette entente.

Rappelons que l’intervention américaine en Syrie, n’ayant pas obtenu l’aval du Conseil de sécurité des Nations unies, est parfaitement illégale, tandis que les Russes y sont à l’invitation du gouvernement syrien.

Sur le terrain, on s’attend à ce que la ville d’Alep soit entièrement reprise par le gouvernement syrien d’ici quelques semaines ou mois. Comment Washington entend-il poursuivre sa politique de « changement de régime » en Syrie, est un sujet chaudement débattu au sein du Conseil national de sécurité.

Mossoul

Entre-temps, Washington concentre son intervention sur Mossoul, en Irak, ville occupée depuis plus de deux ans par Daech. Les experts militaires estiment que les combats pour reprendre la ville devraient se prolonger et s’avérer sanglants, avec de lourdes pertes de civils. Selon certains, des djihadis de Daech vont s’échapper de Mossoul avant l’intensification des combats pour se replier sur Raqqa, la « capitale » syrienne du soi-disant califat. La route entre les deux villes est toutefois à découvert, et si un grand nombre de combattants devaient tenter de se rendre à Raqqa, ils pourraient être facilement repérés et frappés depuis l’air ou par d’autres moyens. S’ils y arrivent quand même, ce serait seulement en raison de la volonté des forces de la « coalition » de renforcer les djihadistes à Raqqa contre les forces syriennes et russes.