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Sommet UE-Chine : l’UE rate une occasion

6 juillet 2015

Le sommet du 29 juin entre l’UE et la Chine fournit un excellent exemple de la non viabilité de l’Union européenne. Alors que l’UE devrait se réjouir de la possibilité qui lui est offerte de coopérer avec la Chine sur le projet « Une Ceinture, une Route », sa nature même la rend incapable de prendre une telle décision, même si ses Etats membres le souhaitent.

La Chine a fait part de sa volonté d’investir dans des projets d’infrastructure européens, mais tout ce que l’UE a à offrir consiste à vendre aux Chinois des obligations sans valeur, associées au Fonds européen d’investissement stratégique devant permettre de financer le « Plan Juncker ».

Or l’objectif de doter ce fonds de 315 milliards d’euros reste un vœu pieux, alors que la politique qui l’inspire est tout à fait contraire à l’approche de « Une Ceinture, une Route ». Celle-ci vise en effet à construire une infrastructure moderne dans les régions sous-développées pour les rendre productives, dans une optique opposée au libre-échange, la rentabilité de tels investissements étant mesurée sur le long terme.

Le Plan Juncker, par contre, n’a aucune vision stratégique, et les obligations vendues sont censées financer uniquement des projets jugés rentables. Loin d’un concept unifié, une série de projets seront simplement hiérarchisés. En haut de l’échelle, les investissements dans des régions déjà développées offrant une forte rémunération, et en bas, les projets dans les régions sous-développées.

Pire encore, l’UE cherche à imposer à la Chine des objectifs de « décarbonisation », qui visent en fin de compte à ralentir et éventuellement à stopper sa croissance économique.

Ainsi, bien que la possibilité d’étendre la Nouvelle route de la soie à toutes les régions d’Europe du sud, de Méditerranée et d’Europe centrale, soit à portée de la main, l’UE laisse passer l’occasion. Tout simplement parce que son approche est dictée par les fonds spéculatifs.

Au cours de récents voyages en Russie et en Chine, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a discuté de la manière d’intégrer la Grèce à la Nouvelle route de la soie et à la dynamique des BRICS. Voici une perspective bien plus prometteuse que celle défendue à Bruxelles.