« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Qui cherche à renverser le gouvernement Kirchner en Argentine, et pourquoi ?

12 juillet 2013

La campagne de Wall Street et de la City de Londres contre les gouvernements de Cristina Fernandez de Kirchner en Argentine et de Dilma Rousseff au Brésil s’est fortement amplifiée au cours des dernières semaines. Les motifs ne relèvent ni de considérations internes à ces pays ni même à la région. Ils s’inscrivent dans la décision globale de répondre à l’effondrement inévitable du système financier transatlantique par le fascisme financier au niveau international.

Les gouvernements d’Argentine, d’abord de Nestor Kirchner et aujourd’hui de sa veuve Cristina Fernandez de Kirchner, ont tenu bon en refusant que leur nation se laisse pillér par les fonds vautours et autres spéculateurs internationaux, politique qui pourrait bien servir d’exemple aux nations européennes qui sont aujourd’hui visées par cette même politique de pillage.

Font partie de l’opération britannique pour isoler le gouvernement actuel, avant de le faire tomber, les récentes tentatives de réseaux associés au mégaspéculateur George Soros – qui finance la campagne pour la légalisation de la drogue – en cherchant à provoquer une rupture entre le gouvernement Kirchner et le « pape des pauvres », François, originaire d’Argentine.

Quant au Brésil, la présidente Dilma Rousseff s’efforce de faire face aux turbulences politiques à la suite des grandes manifestations ayant rassemblé plus d’un million de personnes à partir de début juin, au départ pour contester les hausses de tarif des transports. En un sens, l’explosion n’était pas une surprise. Le Brésil est une poudrière politique, en grande partie à cause d’une décennie de pillage dû au carry-trade dirigé par les banques Inter-alpha et par une élite nationale qui est traditionnellement oligarchique dans son indifférence au sort du peuple. Mais en l’occurrence, ce sont des intérêts liés à la City de Londres et à Wall Street qui ont déclenché les manifestations.

Le 8 juin 2013, un article paru dans The Economist de Londres était explicite à cet égard. Il attaque Rousseff et son ministre des Finances, Guido Mantega, pour avoir osé baisser les taux d’intérêt, alors que le carry-trade international dépend d’un large écart entre le crédit gratuit aux Etats-Unis et en Europe d’un côté, et des taux d’intérêt élevés sur les marchés émergents comme le Brésil, de l’autre. Rousseff a choisi d’« imiter le capitalisme d’Etat chinois », lit-on. Le gouvernement a abandonné la réforme du marché et a dépensé sans scrupule ».

Début juillet, l’agence de notation Standard & Poors a conforté l’opération contre le Brésil, en menaçant de baisser les notes de crédit du pays, s’il venait à augmenter ses dépenses sociales en réponse aux protestations populaires.