« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Quelle Europe voulons-nous au juste ?

29 mars 2012

Il est plus que temps de lancer un débat public intense sur l’Europe que les citoyens veulent construire. Comme l’a noté Helga Zepp-LaRouche dans a conférence Internet du 17 mars, la civilisation européenne peut se targuer d’avoir une longue et belle histoire, allant de la Grèce classique à la Renaissance italienne, de la création du premier Etat-nation dans la France de Jeanne d’Arc aux classiques allemands. Mais cette Europe-là n’a rien à voir avec celle représentée aujourd’hui par Hermann van Rompuy et la baronne Ashton.

En effet, le concept de l’Union européenne a été vendu aux peuples en leur assurant que la guerre n’éclaterait plus jamais entre pays membres et qu’elle serait suffisamment forte pour résister à la concurrence des pays émergents. Et quelle est la réalité aujourd’hui ? Pour ce qui est du premier, l’antagonisme entre nations n’a jamais été aussi grand depuis la Deuxième guerre mondiale, comme en témoignent les images brandies en Europe du sud montrant une Angela Merkel en uniforme nazi, ou les rapports dans les médias allemands traitant de « paresseux » les Grecs, Italiens et Espagnols. Quant au deuxième, les puissances émergentes observant les querelles entre pays membres ne peuvent que sourire à l’idée que l’Europe serait une superpuissance.

Autrement dit, ce que l’Union européenne devait être et ce qu’elle est devenue sont deux choses diamétralement opposés. Ce constat amène Helga Zepp-LaRouche à appeler à un débat public dans tous les pays sur le type d’Europe dont nous avons besoin. Voulons-nous une Europe des patries, comme le pensait de Gaulle, avec une alliance de républiques souveraines ayant une mission commune, ou préférons-nous un appareil bureaucratique surgonflé composé de technocrates assis à Bruxelles, Strasbourg ou Luxembourg, qui n’ont de comptes à rendre à personne ?

La Grèce est l’exemple le plus flagrant de l’échec total de la politique actuelle et de la nécessité de chercher d’autres solutions. A la place de coupes budgétaires sans fin qui sabrent le niveau de vie et les capacités productives, il faut plutôt un plan Marshall permettant d’assurer une croissance saine de l’économie physique. La conception que certains homme politiques ont toutefois d’un plan Marshall consisterait à recouvrir la Grèce de panneaux solaires afin d’exporter l’énergie vers l’Allemagne, ce qui est une proposition tout à fait farfelue de tout point de vue. Mais avant tout parce qu’une économie, pour se maintenir, doit avancer constamment vers des flux de densité énergétique supérieurs, alors que celui du solaire est très faible.

Un véritable plan Marshall pour la Grèce impliquerait aussi les autres pays du sud de l’Europe, et serait partie intégrante du pont terrestre eurasiatique, reliant l’Est et l’Ouest par des corridors d’infrastructure et d’industrie. En outre, l’Europe du sud devrait servir de plate-forme pour le développement de l’Afrique. Comme le dit Zepp-LaRouche : « Si nous, Européens, ne réussissons pas à développer le continent africain, c’en sera fini de notre civilisation, non pas parce que les Africains auront une bombe nucléaire, mais du fait de notre incapacité morale à stopper le génocide. »

Par conséquent, le débat public doit focaliser sur la question : Voulons-nous une Europe de dictatures, d’une Europe qui a écrasé la souveraineté nationale et la démocratie, où la population est toujours plus aliénée des structures de gouvernement ? Ou voulons-nous une Europe dans laquelle la grande culture – antiquité grecque, renaissance italienne, classiques allemands – redevient la base du dialogue et de la coopération entre nations ?

Ceux qui prétendent que la fin de l’euro signifierait la disparition de l’Europe ont tort. L’euro va s’effondrer soit à la suite d’une insolvabilité incontrôlée, soit à cause de l’hyperinflation. Mais pourquoi cela se traduirait-il par la fin de l’Europe ? Pour Zepp-LaRouche, la coopération entre nations européennes fonctionne le mieux « lorsqu’elles sont souveraines et adoptent une stratégie de développement et de renaissance de nos grandes cultures ».