« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

Accueil > Veille stratégique

Quand le « Russiagate » risque de se transformer en « Muellergate »

14 décembre 2017

Alors que les medias français d’une seule et même voix tressent des couronnes à Robert Mueller, ancien patron du FBI et procureur spécial dans l’enquête sur le "Russiagate", dépeint comme un "fin limier", "intouchable", il se trouve qu’outre-Atlantique, cette belle image est sérieusement écornée.

Là où l’inculpation du général Michael Flynn, l’ancien conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, accusé d’avoir « menti » au FBI nourrissait l’espoir chez certains de forcer Trump à la démission, Robert Mueller et son équipe font désormais l’objet de révélations portant un coup sérieux à leur crédibilité.

Les projecteurs se sont braqués sur l’un des collaborateurs de Mueller, Peter Strzok, numéro deux du contre-espionnage au FBI qui a dû être écarté suite à la divulgation de SMS contre Trump qu’il échangeait avec sa maîtresse et pour avoir utilisé un dossier fabriqué de toutes pièces par Christopher Steele, un « ancien » du MI6 (services de renseignements extérieurs de Grande-Bretagne), dans le but de prouver une collusion entre Trump et « les Russes ». Les révélations sont accablantes et l’on évoque dorénavant à Washington un « Muellergate ».

L’Institut Schiller et le LaRouchePac se sont attachés depuis le début à montrer que les attaques contre Trump, quoique l’on puisse penser du nouveau locataire de la Maison-Blanche, étaient d’abord et avant toutes choses motivées par l’intention affichée de Donald Trump de rejeter l’agenda néolibéral et néoconservateur au profit de l’établissement de bonnes relations avec la Russie et la Chine. Conscient de l’importance des enjeux, le LaRouchePAC a donc mené sa propre enquête aboutissant à la publication d’un dossier sur la carrière de Robert Mueller, « Robert Mueller est un assassin légal et immoral », qui dévoile ses méthodes et sa collusion avec les services de renseignements britanniques.

Examinons le rôle joué par Peter Strzok, que l’on retrouve dans tous les aspects de la campagne contre Trump. C’est lui qui a lancé l’enquête contre la Russie, aboutissant au fameux "Russiagate". Haut placé dans le FBI et présenté comme un « expert » de la Russie, il a été « prêté » à l’équipe de Mueller à la mi-2017, avant d’être débarqué deux mois plus tard sans explication aucune – du moins, jusqu’aux récentes enquêtes menées au Sénat et à la Chambre.

Celles-ci ont récemment montré que Strzok avait joué un rôle clé dans la disculpation d’Hillary Clinton. Peter Strzok a participé à l’interrogatoire de Mme Clinton par le FBI, le 2 juillet 2016, à la suite duquel James Comey, directeur du FBI, a annoncé qu’aucune poursuite ne serait intentée contre elle et c’est Strzok en personne qui a modifié les termes utilisés par James Comey dans sa déclaration publique, les actions d’Hillary Clinton étant qualifié de « grande imprudence » au lieu de « négligence caractérisée » comme cela figurait dans sa note précédente. Or, la formulation retenue n’entraîne pas de violation de la loi, au sens juridique du terme.

Deuxièmement, Strzok a été parmi les tout premiers agents du FBI à s’emparer du dossier de Christopher Steele (dans lequel il était affirmé Poutine était en mesure de faire chanter Trump à cause de ses aventures sexuelles), dossier partiellement financé par la campagne de Hillary Clinton. Les enquêteurs soupçonnent Strzok de l’avoir utilisé comme élément central pour justifier une requête du FBI auprès de la Cour FISA (chargée de surveiller les agents de renseignement étrangers) afin d’obtenir l’autorisation de surveiller l’équipe de Trump.

Troisièmement, Strzok était impliqué dans l’interrogatoire du général Michael Flynn du 24 janvier 2017 par le FBI, où celui-ci dû s’expliquer au sujet de ses entretiens avec l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis. Or, il n’y avait pas lieu de mener cet interrogatoire puisque le FBI disposait déjà de la transcription des entretiens en question, sauf à vouloir tendre un piège à Flynn en l’amenant à dire quelque chose en contradiction avec la transcription. C’est ainsi que le général Flynn a été amené en fin de compte à plaider coupable d’avoir « menti au FBI ». Désormais Mueller espère sans doute marchander avec l’ancien conseiller de Trump une peine plus légère s’il "reconnaît" une prétendue « collusion » entre Poutine et Trump ou bien une faute commise en congédiant James Comey du FBI. Il faut souligner que le contenu des entretiens entre Flynn et l’ambassadeur russe n’avait rien d’illégal ni même d’inhabituel.

Et les révélations continuent. Pendant la campagne présidentielle, un haut responsable du ministère de la Justice, Bruce Ohr, avait rencontré non seulement Glenn Simpson de Fusion GPS (l’entreprise ayant recruté Christopher Steele), mais Steele lui-même. Et son épouse elle-même était employée par Fusion GPS pendant l’été et l’automne 2016 ! Ainsi, le FBI et le ministère de la Justice s’étaient activement impliqués dès le début dans le montage du Russiagate, main dans la main avec le renseignement britannique, dont le Global Communications Headquarters (GCHQ), l’équivalent britannique de la NSA américaine.

Selon le Wall Street Journal du 8 décembre, Andrew Weissmann, autre membre de l’équipe de Robert Mueller, avait aussi des liens avec Hillary Clinton au point d’être invité à la fête new-yorkaise où sa victoire (sic) devait être annoncée le 8 novembre 2016. Or l’impartialisaAu mois de janvier 2017, Weissmann a envoyé un courriel à Sally Gates, ministre de la Justice par intérim, la félicitant d’avoir refusé de mettre en œuvre le décret exécutif de Trump sur l’accès au territoire américain.

A cela s’ajoute que CNN et ABC News ont dû reconnaître la semaine dernière avoir publié de fausses informations sur l’équipe présidentielle. L’article d’ABC News était rédigé par Brian Ross, qui n’en est pas à son premier coup au service des SR, s’étant aussi rendu fort utile dans la machination judiciaire contre Lyndon LaRouche dans les années 80.

Le 5 décembre, le Wall Street Journal a publié un éditorial rédigé en ces termes : « Le public a le droit de savoir si le dossier de Steele était à l’origine de l’enquête de James Comey et a mené à des écoutes importunes. » Il est permis de douter, selon de journal de Wall Street, que « Mueller soit en mesure de diriger une enquête équitable et crédible relative au rôle majeur joué par le FBI dans le feuilleton Russie-Trump. » Le même doute est exprimé dans d’autres médias moins connus.

Selon un sondage de CBS News, 48 % de la population américaine voit des « motivations politiques » derrière le Russiagate contre 46 %. On peut supposer donc qu’elle accueillerait avec soulagement le clap de la fin du drame orchestré par Robert Mueller.