« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller

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Pour son développement économique la Serbie se tourne vers la Chine

21 décembre 2016

Après des décennies de guerres régionales et de destruction économique et sociale, la population serbe se montre désormais plus optimiste pour l’avenir, grâce aux perspectives offertes par la Chine et son initiative de Nouvelle Route de la soie. C’est ce qu’a pu constater une délégation de deux représentants de l’Institut Schiller, au cours d’un séjour en Serbie du 22 au 25 novembre.

Un point fort de la visite effectuée par Elke et Klaus Fimmen était une présentation sur le thème « Nouvelle Route de la soie – une politique de paix régionale et globale par le développement », organisée par l’association régionale des économistes à Novi Sad, la deuxième ville du pays. Ils ont également rencontré de nombreux économistes, professeurs et représentants d’organisations diverses, qui connaissent bien et apprécient le travail de l’Institut Schiller, en particulier sur le Pont terrestre mondial. Un homme politique à la retraite a fait remarquer que dans cette optique, la Serbie peut enfin faire valoir sa situation géographique et stratégique pour le développement, plutôt que de subir les calculs géopolitiques des grands empires.

La modernisation des infrastructures

En effet, la Serbie tient une place importante dans l’approche de la Chine à l’égard des pays d’Europe du centre et de l’est. Lors du récent sommet des 16 pays plus la Chine qui s’est tenu en Lettonie, les derniers détails du projet de liaison ferroviaire Belgrade-Budapest ont été arrêtés, et les travaux de construction et de modernisation, assurés par la Chine, doivent bientôt démarrer. Sur les 350 km au total, 184 sont en Serbie, et le temps de parcours entre les deux capitales sera réduit de 8 à 3 heures. Le trajet de 80 km entre Belgrade et Novi Sad prend aujourd’hui presque deux heures.

De plus, le groupe chinois Hesteel s’est porté acquéreur de l’usine sidérurgique de Smederovo, qui emploie à l’heure actuelle 3000 personnes. L’usine sera modernisée, et se verra équipée d’un port sur le Danube, et ce malgré les tentatives de l’UE pour reporter la conclusion de l’accord. On prévoit aussi de développer l’une des plus grandes mines de cuivre, d’argent et d’or de l’Europe, située à Bor, qui manque d’investissements depuis 25 ans. Ainsi, la Chine contribue à revitaliser des projets et des secteurs d’activités qui depuis des décennies tournent au ralenti.

Le pays a réellement besoin d’un tel stimulus. Bien que le PIB soit passé de 2 à 3 % l’an dernier, dû à la coopération entre la Chine et la Serbie, la production industrielle est à un niveau abyssal, et le secteur des services est beaucoup trop grand par rapport au reste de l’économie. Le taux de chômage se situe officiellement à 16 %, mais le chiffre réel est bien plus élevé.

L’UE, obsédée par sa politique d’austérité et son refus de financer l’infrastructure, est vue plutôt comme un obstacle au développement, en particulier en raison des « réformes » brutales qu’elles exige de la Serbie pour pouvoir rejoindre l’Union.