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« Passage africain » : un projet d’infrastructure révolutionnaire pour la région afro-méditerranéenne

8 juin 2012

Au-delà des bouleversements politiques récents en Egypte, le désir du développement économique est reflété dans une étude préliminaire diffusée par l’ingénieur égyptien Aiman Rsheed dans les mois suivant la révolution de janvier 2011, qui prévoit un corridor de développement allant des Grands Lacs jusqu’à la Méditerranée.

Baptisé « Passage africain », le projet a a été soumis en février dernier au bureau du Premier ministre égyptien Kamal Al-Ganzouri, et soulève déjà l’enthousiasme de milliers d’ingénieurs, de professeurs d’université, et d’une large partie de la population du pays. Forte de ses 470 000 ingénieurs et ses 20 000 nouveaux diplômés tous les ans, l’Egypte dispose aussi d’une force de travail en mesure de le réaliser.

Le projet s’articule autour de deux grands volets : des corridors de transport et le développement des ressources en eau.

La première phase commence par la construction d’un grand port à Sidi Barrani, dans le nord-ouest de l’Egypte, qui serait relié aux pays situés dans la région des Grands Lacs (Rwanda, Burundi, Ouganda, République démocratique du Congo, République centrafricaine) et au Sud et Nord Soudan, par des voies ferrées à grande vitesse et des autoroutes modernes, étendues par la suite à la Somalie et l’Ethiopie. Dans une phase ultérieure, l’Égypte serait reliée à l’Asie par un tunnel sous le Canal de Suez et un pont franchissant le Golfe d’Aqaba reliant Charm el Cheikh avec l’Arabie Saoudite, par l’Ile de Tiran. Vers l’Ouest, le projet prévoit un réseau de voies ferrées à grande vitesse traversant l’Afrique du Nord, et rejoignant l’Europe grâce à un tunnel sous le détroit de Gibraltar.

Le long du Passage africain seraient construites cinq grandes villes comme un collier de perles, séparées de 250 km, et destinées à soulager la pression démographique dans le couloir du Nil et contribuant à verdir le désert grâce à l’eau du Congo.

Un canal d’irrigation de 40 mètres de large et 15 mètres de profondeur franchirait les 3800 km séparant les hautes terres du Congo, là ou naît le puissant fleuve Congo, de la Méditerranée. Le canal suivrait les nouvelles voies ferrées et autoroutes à travers la République centrafricaine, le Sud et le Nord Soudan, puis l’Egypte, remplissant la dépression de Qattara avec de l’eau douce. Le long de la route, sept centrales hydroélectriques seraient construites.

Autour de la dépression de Qattara, on créerait des millions d’hectares de terres agricoles, permettant à l’Egypte de produire sa propre nourriture au lieu de l’importer. L’apport l’eau douce produira des effets climatiques notables, augmentant entre autres les précipitations.