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Obama tente de rallier les dirigeants européens derrière son monde unipolaire

4 mai 2016

Le gouvernement américain et l’OTAN poursuivent leur escalade militaire vis-à-vis de la Russie et de la Chine, dans une tentative désespérée d’imposer un ordre mondial unipolaire. Tel est le dénominateur commun aux conflits en mer de Chine du sud, autour de la Corée et en Asie du Sud-ouest, et au renforcement de la présence militaire américaine dans la Baltique et la mer Noire.

Il n’en demeure pas moins que le centre de pouvoir international ne se situe plus au sein de la zone transatlantique, plongée dans le déclin économique et l’effondrement financier, comme le montre l’émergence du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), avec leurs nouvelles institutions financières.

Les BRICS renforcent leur coopération

Cette tendance s’est confirmée le 18 avril à Moscou, lors de la rencontre des ministres des Affaires étrangères de la Chine, de l’Inde et de la Russie, dans le cadre du 14e Sommet trilatéral. Au programme, le renforcement de la coopération sur de nombreux fronts stratégiques – lutte contre le terrorisme, développement économique, coordination de leur position face aux points chauds, (Ukraine et Syrie), etc.

En ce qui concerne la mer de Chine du sud, les trois ministres ont signé une déclaration conjointe soutenant la position de Beijing, selon laquelle tout conflit doit être résolu par la voie de négociations directes entres les parties concernées, en s’appuyant sur les traités internationaux en vigueur, contrairement à la position du gouvernement philippin, qui, poussé par Washington et Londres, a saisi la Cour permanente d’arbitrage sur cette affaire. Cette déclaration implique que l’Inde rejette elle aussi la volonté de Washington d’imposer un monde unipolaire, en dépit des pressions exercées par le secrétaire américain de la Défense Ash Carter, lors de sa récente visite à New Delhi.

Ce que demande Obama aux Européens

Une perspective bien différente a été défendue par Barack Obma lors de son séjour en Europe. Au Royaume-Uni, en plus des éloges prodigués à la Reine, il a demandé aux Anglais de rejeter le BREXIT, démasquant involontairement du même coup la nature réelle de l’Union européenne. Dans une tribune libre publiée le 22 avril dans le Daily Telegraph, il écrit que le peuple britannique devrait :

Être fier que l’UE ait contribué à diffuser les valeurs et usages britanniques – démocratie, état de droit, ouverture des marchés – sur tout le continent et dans sa périphérie. L’Union européenne n’atténue pas l’influence britannique, elle l’amplifie, (…) elle renforce le leadership qu’exerce la Grande-Bretagne au niveau mondial.

Helga Zepp-LaRouche a aussitôt réagi de façon cinglante :

Quelles sont donc ces valeurs britanniques ? Des guerres fondées sur des mensonges, responsables des vagues de réfugiés affluant vers l’Europe ; des paradis fiscaux et le financement d’opérations illégales, comme l’ont révélé récemment les Panama Papers, (…) le recyclage de l’argent de la drogue dans des banques comme HSBC, une politique de crédit qui a plongé le tiers monde dans la pauvreté, et la liste est loin d’être exhaustive.

Après le Royaume-Uni, Obama s’est rendu à Hanovre pour tenter de convaincre les Européens que le libre-échange débridé, incarné par le PTCI (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), serait une bonne chose pour eux. L’opposition populaire à cet accord est massive, y compris en Allemagne, mais les dirigeants européens pourraient bafouer une nouvelle fois les principes démocratiques en entérinant quand même l’accord dès qu’il sera finalisé.

Par ailleurs, lors d’une rencontre au sommet avec Angela Merkel, François Hollande, Matteo Renzi et David Cameron, le 25 avril, le président américain les a sommés de s’impliquer davantage dans sa guerre contre la Russie et la Chine.

Plus que jamais, deux visions du monde s’affrontent et les pays européens devront décider finalement s’ils abandonnent ou non la géopolitique pour se rallier à l’effort de développement entrepris par une grande majorité de la population mondiale.