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Obama, Soros et la City en ligne d’attaque pour défendre l’UE

20 juin 2017

Barack Obama a conclu sa récente tournée internationale par une rencontre avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau le 6 juin. Il s’était affiché auparavant aux côtés d’Angela Merkel à Berlin et du chef du Parti démocrate italien Matteo Renzi. Le déploiement de l’ancien président américain avait deux objectifs : inciter des dirigeants nationaux à s’opposer à Donald Trump et organiser des révolutions de couleur contre le « populisme », comme il l’a expliqué lors de manifestations organisées par la Fondation Obama à Milan et à Berlin.

Le même programme a été endossé par le méga-spéculateur George Soros, à l’occasion d’un discours prononcé dans le cadre du Forum économique de Bruxelles le 1er juin. Soros a appelé à des initiatives « d’en haut et d’en bas » pour défendre l’Union européenne contre ses ennemis supposés :

A l’extérieur, l’UE est entourée de puissances hostiles – la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan, l’Egypte d’Al-Sissi et l’Amérique que Trump aimerait créer mais ne le peut pas.

Ce financier croit déceler l’émergence d’une dynamique qui « pourrait changer l’Union européenne pour le mieux. Il faudrait pour cela une combinaison d’éléments agissant du haut vers le bas et du bas vers le haut, et je vois ces deux tendances à l’œuvre ». Dans ce contexte, Soros s’est félicité de l’initiative « partant d’en bas » appelée « Pulse of Europe », qui a vu le jour à Francfort en novembre dernier « et s’est propagée dans 120 villes à travers le continent ».

Toutefois, un rapide coup d’œil sur cette organisation ne donne pas l’image d’une initiative « partant de la base » ou « spontanée ». Pulse of Europe, qui organise des manifestations contre Trump dans plusieurs grandes villes allemandes, a été fondée à Francfort par Daniel Röder, un avocat ayant fait ses débuts chez Freshfields, avant de créer avec d’anciens collègues son propre cabinet, baptisé Greenfort.

Freshfields fait partie du « cercle magique » de Londres, c’est-à-dire les cinq cabinets d’avocats ayant le plus gros chiffre d’affaires. C’est Freshfields Bruckhaus Deringer (son nom complet) qui a fait le plus de bénéfices l’année dernière, chaque associé ayant empoché 1,48 million de livres sterling en moyenne. Ses clients ne comptent pas uniquement des grandes banques, des fonds d’investissement et autres corporations domiciliées à Londres et ailleurs, mais aussi des gouvernements.

A titre d’exemple, Freshfields a rédigé les lois allemandes relatives au renflouement d’une banque par les contribuables (bail out), dont a bénéficié la Hypo Real Estate (à hauteur de 100 milliards d’euros), de même que la loi établissant le Mécanisme de stabilité européen (MSE), comme l’a confirmé le gouvernement allemand en réponse à une question parlementaire en 2012 :

Le gouvernement fédéral a bénéficié de l’expertise externe du cabinet d’avocats Freshfields Bruckhaus Deringer, sous forme de rapports, d’études et autres conseils concernant l’aspect suivant du programme d’ensemble visant à assurer la stabilité financière au sein de la zone euro : l’introduction au niveau européen de dispositions dans les conditions générales régissant les obligations d’Etat, permettant de modifier par décision majoritaire les prestations de service préalablement convenues ainsi que les droits et obligations des débiteurs et créanciers (conditions des obligations).