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Michel Aoun plaide pour une Banque arabe de reconstruction et de développement

30 janvier 2019

Se faisant l’écho de propositions énoncées depuis des années par l’Institut Schiller, le président libanais Michel Aoun a appelé à la création d’une Banque arabe pour la reconstruction et le développement. C’est en ouvrant le Sommet économique arabe, le 20 janvier à Beyrouth, qu’il déclara que la reconstruction des pays arabes touchés par la guerre et le terrorisme ces dernières années, devait devenir une priorité. Dans cet esprit, il a choisi comme thème du sommet « La prospérité est le nouveau nom de la paix ».

« Je souhaite vous présenter ici mon initiative visant à faire adopter une stratégie de reconstruction pour le développement, en appelant à mettre en place des mécanismes efficaces pour relever les défis et répondre aux exigences de reconstruction, le tout sous l’égide d’une Banque arabe pour la reconstruction et le développement », a-t-il affirmé, selon le Kuwaiti News Agency (KUNA). « Dans ce contexte, j’appelle toutes les institutions et fonds de financement arabes à se retrouver à Beyrouth au cours des trois prochains mois pour évoquer et finaliser ces mécanismes », a-t-il ajouté.

En novembre 2017, dans son dossier Extending the New Silk Road to West Asia and Africa, (étendre la Nouvelle Route de la soie au Moyen-Orient et à l’Afrique), l’Institut Schiller avait relancé un appel à créer une banque régionale pour la reconstruction et le développement. Le chapitre consacré au « financement de l’infrastructure régionale et nationale » décrit le mécanisme de crédit par lequel une telle banque devrait fonctionner, conformément au concept de crédit productif de Lyndon LaRouche et d’Alexander Hamilton. Le même appel avait déjà été publié dans la version arabe du dossier, Les Nouvelles Routes de la soie deviennent le pont terrestre mondial, présenté en février 2016 en Egypte, lors d’une conférence placée sous l’égide du ministère égyptien des Transports.

Un tel projet avait également été évoqué en 2017, lorsque Jacques Cheminade, alors candidat à la présidence de la République française, avait rencontré le président Aoun à Beyrouth en avril pour évoquer les perspectives de paix et de développement en Syrie et dans l’ensemble de la région. Lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de cette rencontre, Cheminade avait insisté sur l’importance du développement économique comme base pour une paix durable dans la région.

En juillet 2018, lors du Forum de coopération Chine-Etats arabes, le président chinois Xi Jinping s’est engagé à mettre à disposition 20 milliards de dollars pour un fonds de reconstruction destiné principalement à la Syrie, au Liban, à la Jordanie et au Yémen. Par la suite, des responsables chinois et arabes se sont rencontrés au Liban pour discuter du mécanisme d’un fonds de reconstruction conjoint, réunissant fonds chinois et arabes.
 
Il serait toutefois prématuré de se réjouir trop vite sachant que parmi les pays arabes les plus riches, la plupart sont sous la coupe de Londres, tandis que le FMI et la Banque mondiale font pression depuis toujours sur les plus pauvres. En clair, autant la proposition doit être soutenue - dans son intention originale - autant les tentatives pour la faire dériver vers une coquille vide seront nombreuses et variées.


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