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Malgrè l’absence de preuve, le « Deep State » fait monter la pression sur Trump

5 juin 2017

Comme on a pu le constater lors des derniers sommets de l’OTAN et du G7, Donald Trump s’est montré prêt à rompre avec l’approche géopolitique poursuivie par ses prédécesseurs, en particulier dans ses relations avec la Russie, préférant la coopération à la provocation. Cette rupture explique en grande partie l’hystérie grandissante de ses opposants au sein du Deep State (le gouvernement secret), bien décidés à faire passer la Russie pour l’ennemi numéro 1 des Etats-Unis. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’étrange prestation, donnée le 23 mai devant la Commission de la Chambre sur le renseignement, par l’ancien directeur de la CIA John Brennan, qui avait collaboré étroitement avec Obama dans le choix des personnes destinées à être illégalement assassinées par drones.

Sous la pression de certains députés, Brennan a été obligé de reconnaître qu’en dépit de l’intense campagne médiatique, qui veut que les services de renseignement aient confirmé l’ingérence de la Russie dans l’élection américaine, avec la « complicité » de l’équipe de campagne de Trump, il n’existe aucune preuve en ce sens. Ses mots exacts furent :

Je ne dispose pas de suffisamment d’information pour me permettre de déterminer si une telle coopération ou complicité a eu lieu ou non.

Malgré cet aveu, Brennan a néanmoins affirmé par la suite qu’il savait que cela avait eu lieu. Lorsqu’on lui a demandé de prouver cette affirmation, il a déclaré :

Les preuves ne sont pas de mon ressort, je m’occupe du renseignement [!]

« Je sais ce que les Russes tentent de faire, a-t-il expliqué. Ils soudoient des gens, y compris des Américains, et cherchent à les faire agir pour leur compte, volontairement ou non. » En d’autres termes, tout Américain ayant des contacts avec un Russe peut être soupçonné d’être un espion ou une taupe, qu’il en soit conscient ou non ! Ainsi, les dernières fuites concernant les efforts d’un conseiller de Trump, Jared Kushner, pour établir un canal de communication informel avec la Russie (une pratique utilisée par presque tous les anciens présidents, y compris Kennedy et Reagan), feront l’objet d’une enquête. Cela fait partie de ce que le Washington Post appelle « la crise toujours plus intense qui menace de consumer sa présidence ».

Tandis que cette « crise toujours plus intense » monopolise la une des médias, ces derniers ont à peine relevé cette décision de la Cour de surveillance du renseignement extérieur (FISC), récemment déclassifiée. Selon elle, sous la présidence Obama, les agences de renseignement (y compris la CIA alors dirigée par Brennan) ont « régulièrement violé le droit à la vie privée, mené des recherches illégales et recueilli des renseignements aux dépens de citoyens américains ». Une telle collecte généralisée de communications interceptées par les services pose « un très grave problème par rapport au Quatrième amendement », a jugé la Cour, et le refus de l’administration Obama de divulguer ces violations démontre « un manque de franchise institutionnel ».

Il convient de rappeler que c’est auprès de cette Cour (FISC) que les hommes de main d’Obama avaient obtenu des mandats leur permettant de surveiller les responsables de la campagne de Trump !