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Lorsque les banques commencent à se retirer du système bancaire

29 juin 2016

Comme on aurait pu le prévoir, les taux d’intérêt négatifs pratiqués par les banques centrales n’a pas réussi à ressusciter l’économie réelle, mais elle désorganise bel et bien la fonction de gestion des dépôts et des paiements du système bancaire. Le plus gros groupe financier japonais, de même que le deuxième assureur mondial et la deuxième banque allemande, ont commencé à retirer leur liquidité du système, ou envisagent de le faire.

Au Japon

Le Japon a été le premier à se lancer, il y a quelques décennies déjà, dans l’assouplissement quantitatif. Aujourd’hui, les obligations souveraines à dix ans offrent un taux négatif de - 0,17 %. Le taux est nominalement positif pour les obligations à trente ans (+ 0,26 %) mais qui peut prévoir sa valeur d’ici 30 ans.

Et tout cela dans un pays dont la dette nationale s’élève à 218 % de son PIB, le ratio le plus élevé du monde. Normalement, un tel pays devrait offrir un taux à deux chiffres. Il fallait donc s’attendre à ce que les investisseurs se débarrassent de leurs obligations japonaises.

L’agence de presse nationale NHK rapportait le 8 juin que la Banque de Tokyo-Mitsubishi, la plus grande banque nippone, avait décidé de ne plus être le « négociant principal » de ces obligations, ni d’en acheter. NHK souligne que cette décision « pourrait avoir des répercussions parmi les autres grandes banques participant à ce type d’activités » et pourrait déstabiliser les marchés obligataires.

En Allemagne

En Allemagne, Munich Re, le deuxième groupe d’assurance mondial, commence à stocker ses excès de liquidités dans ses propres coffres, plutôt que de les déposer auprès de la BCE, qui exige un taux négatif de - 0,40 %. Nikolaus von Bomhard, le directeur exécutif du groupe, a déclaré en mars que le réassureur tenterait de garder au moins 10 millions d’euros de réserves en liquide, plus de l’or, pour voir si cela est praticable ou non.

Selon Reuters, la Commerzbank n’a pas encore décidé si elle doit faire de même. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, et le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, ont critiqué publiquement la politique de taux négatifs de la BCE. Le gouvernement allemand, le principal actionnaire de la BCE, a déclaré qu’il savait que la Commerzbank songe à ne plus déposer ses excès de liquidités auprès de la BCE.