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Liborgate : C’est l’enterrement du système !

19 juillet 2012

Le véritable scandale derrière les révélations sur la manipulation du taux d’intérêt interbancaire fixé à Londres (Libor) qui défraye la chronique depuis quelques semaines, est moins la fraude perpétrée par Barclays que le système du Libor en tant que tel. D’où vient-il ? Suite au démantèlement du système de Bretton Woods, le financement à moyen et à long termes de l’économie s’est fait progressivement supplanter par le financement à court terme, à un taux déterminé par les fluctuations de devises. Le tournant majeur est intervenu en 1986 lors du « Big Bang » de Londres (libéralisation des marchés financiers), lorsqu’un comité de banques fut créé pour fixer le taux interbancaire quotidien (Libor). Si le marché interbancaire était d’abord réservé aux banques d’affaires, après l’abrogation du principe de Glass-Steagall, les dépôts interbancaires à court terme sont devenus la principale source de financement de toutes les banques.

Lyndon LaRouche vient d’observer que toute cette « combine criminelle » arrive à sa fin. Nous assistons à l’enterrement du système, dit-il, et on voit arriver toutes sortes de gens, chacun apportant une partie du cadavre, que ce soit la Barclays Bank, la faillite des différentes villes et Etats, ou bien le rôle de la Réserve fédérale de New York et Tim Geithner. La nouvelle se répand – le système est mort, et l’enterrement est imminent.

Ce qu’on a fait à des centaines de villes dans tous les Etats-Unis, nota LaRouche, en leur vendant des swaps de produits dérivés à titre frauduleux, qui leur ont coûté des milliards de dollars, revient à un homicide. Il a également dénoncé le rôle des agences de notation qui manipulent ouvertement à des fins politiques les classements.

Aujourd’hui, la seule alternative consiste à créer un système entièrement nouveau. Les révélations sur le Libor montrent que le système actuel est pourri. Pour LaRouche, il ne peut y avoir de réforme graduelle, il faut un changement abrupt du système. Il faut le faire dans le respect des critères de Glass-Steagall, tout en engageant des poursuites contre les responsables de la fraude.

En effet, les organismes nationaux de régulation sont appelés à en examiner les répercussions, tout en ouvrant une grande enquête sur le modèle de la « Commission Pecora » de 1933, comme nous le proposons ici. Les chances d’y parvenir sont bonnes, d’autant plus que différentes auditions et enquêtes ont commencé aux Etats-Unis, et des actions sont en cours au Royaume-Uni et en Europe.

Dans ce contexte, UBS s’est mise d’accord avec le département de la Justice américain pour aider les autorités dans leur enquête sur la manipulation des taux en échange de l’immunité juridique, et Barclays et Deutsche Bank ont fait plus ou moins de même avec les autorités américaines et respectivement celles du Royaume-Uni et de la Suisse.

En principe, ces accords obligent les banques à effectivement dévoiler des informations sur le fonctionnement des marchés, mais il est peu probable que le département de la Justice d’Obama dirigé par Eric Holder, qui a systématiquement bloqué les poursuites contre les banques, insiste. C’est pourquoi les dirigeants politiques devront saisir l’initiative pour mener à bien des enquêtes exhaustives.