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Pour les vétérans du renseignement américain : une « fuite » n’est pas du « hacking »

30 décembre 2016

Les affirmations de la CIA selon lesquelles les « Russes » et Vladimir Poutine lui-même sont responsables du hackage de l’élection américaine sont tellement dénuées de fondement que les autres services de renseignement ont dû mettre la pédale douce. C’est ainsi que le directeur du Renseignement national James Clapper a précisé qu’il n’y a pas de preuve indiquant que la Russie voulait venir en aide à Donald Trump, tandis que Mike Rogers, le chef de la NSA, estime que les mails hackés n’avaient pas affecté les résultats du scrutin et le directeur de la Sécurité intérieure, Jeh Johnson, n’a trouvé aucun élément de hackage au niveau du vote.

Il s’agit là de nuances. Mais une répudiation en bonne et due forme des allégations de la CIA a été fournie par le Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS), un groupe d’anciens officiers du renseignement de haut niveau, dans un mémorandum publié le 13 décembre. Pour ces experts, tous dotés d’une longue expérience dans le cyber-renseignement et la sécurité, « réfuter les allégations est un jeu d’enfants ». Les mails diffusés sont le résultat de « fuites » et non de « hackings », et ils expliquent la différence :

Une fuite, c’est lorsque quelqu’un dérobe physiquement des données à une organisation pour les donner à une autre personne ou organisation, comme Edward Snowden et Chelsea Manning l’ont fait.

Le hacking, c’est lorsque quelqu’un, depuis un endroit éloigné, pénètre électroniquement des systèmes, des pare-feux ou d’autres systèmes cyber-protecteurs, pour extraire des données.

Dans le cas présent, tout semble indiquer qu’il s’agit de fuites, concluent-ils.

S’il s’agissait de hacking, la National Security Agency le saurait – et connaîtraient à la fois l’expéditeur et le destinataire.

Le vaste réseau de la NSA est tel qu’il collecte toutes les données passant par les serveurs du DNC (Comité national démocrate) ou de Hillary Clinton. Les auteurs expliquent alors comment le système marche.

Les déclarations des « porte-paroles restant anonymes », continuent-ils, sont « équivoques », ils évoquent : « notre meilleure conjecture », « notre opinion », etc., ce qui veut dire qu’ils sont dans l’incapacité de tracer les mails à travers le réseau, sinon ils pourraient fournir les preuves « sans crainte d’exposer des sources et des méthodes. Ainsi, nous en concluons que les courriels ont été fuités par un initié. »

Le mémo est signé par quatre membres du Comité exécutif du VIPS : William Binney, Mike Gravel, Larry Johnson, Ray McGovern, Elizabeth Murray, et Kirk Wiebe.

Selon Mike Gravel, également un ancien sénateur de l’État d’Alaska, dans une interview accordé à LaRouchePAC le 15 décembre, dans laquelle il est revenu sur ce thème, qualifiant de « ridicules » et de « fantaisistes » les affirmations. Quant à la menace de Barack Obama de lancer « des représailles » contre la Russie, Gravel a fait valoir que le gouvernement américain « est incontestablement le plus actif dans le monde cybernétique ». Si la Russie arrive peut-être en deuxième place, c’est loin derrière. « Aucun autre pays ne dispose de capacités comparables aux nôtres en la matière ».